Le premier jour de classe après les rencontres familiales, Harry descendit pour prendre son petit-déjeuner et découvrit la Grande Salle animée comme jamais, en particulier à la table des Gryffondors. Alors qu'il s'asseyait à côté d'Hermione, celle-ci lui mit d'autorité la Gazette du jour entre les mains.
LE MINISTÈRE FACE A LA PLUS GROSSE ERREUR JUDICIAIRE DE SON HISTOIRE
PETER PETTIGREW VIVANT ET COUPABLE
SIRIUS BLACK MORT ET INNOCENT
Harry ne prit pas la peine de lire la suite de l'article. Il conjura une assiette en plastique pour y mettre des toasts, du bacon et des œufs brouillés avant de partir en direction de la Salle des Épées. Il entendit à peine son nom être appelé et mangea son assiette en chemin. Une fois dans la Salle des Épées, il écrit un mot sur un papier qu'il envoya ensuite au professeur McGonagall disant qu'il raterait les cours de la journée pour raisons familiales. Puis quitta le château par la cheminée.
Arrivé au Chaudron Baveur, il ne s'y attarda pas et se dirigea à l'autre bout du chemin, là où il débouche sur le boulevard des Hippogriffes, où tous les professionnels du droit magique et des relations avec le Ministère sont localisés. Il entra dans un bâtiment sans fracas mais dès qu'il fut reconnu, un silence de mort régna dans le cabinet d'avocat.
- Je pense que je n'ai pas besoin de vous dire qui je suis. Par contre je vais vous dire pourquoi je suis ici : j'ai besoin d'un avocat pour traîner le Ministère en justice par rapport à l'injustice dont mon parrain à été frappé.
Albus était à la fois furieux et inquiet. Furieux car Harry avait pris trop d'indépendance. La preuve était la nouvelle Une de la Gazette qui parlait de l'action en justice que le jeune homme intentait au Ministère à cause du bazar qu'est toujours Sirius Black, même dans la mort. Il avait fait appel à un avocat du boulevard des Hippogriffes. Ce qui l'amenait au côté inquiet : il s'était assuré pour qu'Harry et aucun élève élevé dans le monde moldu par la même occasion, ne soit au courant de certaines sphères de la vie magique. Le Chemin de Traverse, l'Allée des Embrumes, le Ministère, Ste-Mangouste ainsi que Poudlard et Pré-au-Lard était tout ce qu'ils avaient besoin de connaître. Il n'y avait qu'une personne pour avoir informé Harry sur le Boul'Hippo.
Tom.
Tom qui était également la seule personne pouvant vendre Peter au Ministère. Bien évidemment, il lui avait effacé la mémoire donc à part le fait d'avouer ces crimes de 1981 et sa participation dans la résurrection de Tom, il n'avait aucune information importante. De toute façon, il n'avait pas eu l'occasion de s'approcher de lui avant qu'il ne serve de dîner aux Détraqueurs. Quand il avait été découvert que Sirius n'avait pas reçu de procès, Amelia Bones avait ouvert une enquête et bien que Chef Sorcier du Magenmagot, il n'était plus autorisé à présider les procès tant que celle-ci serait en cours. Le pire avait été le fait qu'Amelia cautionne l'action d'Harry. Pour le moment, personne n'avait relevé les points aberrants autour du décès de Sirius. Comme le fait qu'il se cachait dans sa maison ancestrale et qu'Harry s'y trouvait également. Sans parler de son intervention pour récupérer le corps. Il le savait, il aurait dû laisser Malfoy s'occuper de ce point.
En attendant, le seul moyen pour limiter les dégâts étaient de pousser Harry à renoncer à ses poursuites judiciaires. Parce que malheureusement, Fudge ferait tout pour plaire aux membres héréditaires du Magenmagot et dans l'état des choses, plaire à Harry revenait à plaire à Voldemort, à Malfoy et à une part non négligeable du Magenmagot qui n'était pas dans sa poche. Il fallait absolument qu'il travaille à gagner à ses causes tous les jeunes dans la situation de Théodore Nott… pardon, Théodore Croupton, qui ont été reniés par leur famille et qui ont la possibilité de ressusciter d'anciennes maisons.
Il fut interrompu dans ses pensées par un toc à la porte.
- Bonjour, Directeur. Vous vouliez me voir, fit Harry.
- Oui, Harry, mon garçon. Prend un siège. Un bonbon au citron ?
- Vous n'êtes pas diabétique depuis le temps ?
- Nous autres, sorciers, avons une plus grande résistance aux maladies moldues… Si je t'ai demandé de venir aujourd'hui, Harry, c'est pour te parler de ton action à l'encontre du Ministère concernant Sirius.
Harry ne répondit que par un haussement de sourcil.
Attitude totalement Serpentard.
Totalement Tom.
- C'était très irresponsable. Tu aurais dû venir m'en parler
- A quoi bon Directeur ? Fudge ne vous avait pas écouté en troisième année, je doute fortement qu'il allait le faire maintenant. Après, je ne sais pas comment Pettigrew s'est retrouvé aux mains du Ministère mais j'allais pas rater une telle occasion.
Pendant quelques instants, Albus cru qu'Harry doutait de lui. Puis il fut obligé de s'avouer que même s'il avait cherché à parler à Fudge de la situation (pas qu'il l'aurait fait), ses paroles seraient tomber dans de sourdes oreilles.
- Sirius mérite bien cela, vous ne pensez pas ?
- Humm…comment ? Oui, oui mon garçon. Il le mérite. Je pense juste que l'annoncer dans les journaux n'était pas forcement opportun. Nous vivons des temps sombres.
- Oh je l'ai pas annoncé aux journaux. Mais Rita Skeeter semble avoir un don pour obtenir des informations, j'ai pensé qu'il ne servait à rien de démentir. C'est déjà bien difficile de demander rétractation sur des mensonges alors sur la vérité… C'est tout ce dont vous vouliez parler, professeur ?
Albus fixa le jeune Gryffondor. Il voyait déjà le charisme de Tom faire des ravages sur le jeune homme. Devait-il tout avouer au jeune homme fragile devant lui, au risque de le briser totalement et d'en faire la parfaite marionnette ? Ou devait-il garder son secret encore quelques temps, dans l'espoir que celui-ci obtienne quelques informations de son lié ?
- Oui, Harry, ce sera tout.
- Bonne journée, professeur.
- Bonne journée, mon garçon.
En sortant de la tour du directeur, Harry eu presque envie de rire. Tom et Severus lui avait appris l'occlumensie au point qu'il pouvait entrer dans l'esprit de l'un comme de l'autre sans être détecté. Et apparemment, il en allait de même avec l'esprit de ce cher directeur. Cher directeur qui connaissait particulièrement l'identité de son lié et avait hésité jusqu'à la dernière minute pour le lui révéler avant d'opter pour le lâcher de nouveau en pâture au loup. Pour quoi ? Obtenir des informations. Pensait-il vraiment que Tom allait divulguer des informations importantes devant un inconnu ? Il le connaissait bien mal, alors.
- Tom.
- ...
- Jedusor !
- ...
- Tom Elvis Jedusor !
- ...
- Voldemort !
- ...
- Face de serpent !
- Ai-je envie de savoir d'où proviens cet horrible surnom ?
- Tu sais très bien d'où il vient.
- ...
- ...
- Tu voulais me dire quelque chose, Harry ?
- Oui. Pourquoi ?
- Quelqu'un m'a fait revoir mes priorités.
- Oh.
- Je suis désolé de ne pas l'avoir fait avant.
- Tu es pardonné.
- Merci. Par contre, je ne sais pas si moi, je me le pardonnerais.
- Pardon ?
- Je me suis involontairement privé de l'opportunité de me faire menacer par un meurtrier ! Un évadé d'Azkaban qui plus est ! Fut la réponse faussement dramatique
- Ahahah ! Tu t'es fait menacer par un loup garou à la place ! Ne sois pas trop déçu, je te ferais un bisous la prochaine fois qu'on se voit pour te consoler.
- Humm... Il faudra un peu plus qu'un bisou pour me consoler
- Pervers.
- Cela n'avait pas l'air de te déranger il y a deux semaines.
- Je ne connaissais pas encore l'étendue de ta perversité !
- Voyez-vous cela.
- Sinon, je sors d'un entretien avec le citronné.
- Que voulait-il ?
- Me faire la morale sur l'action en justice à propos de Sirius. Et il a hésité à me dire qui tu étais et a préféré se restreindre dans l'espoir que tu laisses échapper des informations intéressantes en ma présence.
- Aucun risque sur ce... Comment tu sais qu'il a hésité ?
- ...
- Harry ?
- ...
- Henry ?
- ...
- Potter !
- ...
- Henry James Potter !
- …
- Espèce de gryffon…
- D'accord, d'accord ! Je suis allé regarder dans son esprit !
- Inconscient ! Il a pu détecter ta présence ! Et tu vas lui expliquer comment ta maîtrise de la légimencie alors que tu n'es même pas censé être un occlumens.
- Si je suis capable d'aller fouiner dans ton esprit sans que tu t'en rendes compte, je suis bien capable de faire la même chose avec Dumbledore qui a du mal à tenir la cadence face à toi, non ?
- ...la flatterie ne vous mènera à rien, Lord Potter-Black.
- Elle me mènera là où je veux, Lord Gaunt. Je peux certifier qu'il ne s'est rendu compte de rien.
- J'espère pour toi.
- Sinon, on pourra toujours faire passer cela pour une possession de ta part.
- Tu commences à devenir un peu trop Serpentard à mon goût.
- Faut savoir ce que vous voulez, Lord Gaunt.
- Oh mais je sais ce que je veux, Lord Potter. Vous.
- Dans ce cas, de quoi vous plaignez-vous ?
Cher Lord Shackelbolt,
Vous n'êtes pas sans savoir que ma fille aînée et héritière, Daphné, est sujette à la loi d'union de notre estimé Ministre. Dans ce cadre, elle a été couplée avec un jeune garçon de sa connaissance prénommé Dean Thomas. Ce jeune homme n'a jamais connu son père biologique, même s'il n'a pas souffert d'un manque de présence masculine dans sa vie grâce au second compagnon de sa mère. Cependant, il s'agit d'une question qui l'a toujours taraudé. Etant né à une période où une relation intime entre un sorcier et une moldue était mal vue par certains et recelait un certain potentiel de dangerosité, j'ai émis l'hypothèse que le géniteur du jeune Dean puisse être un sorcier. Nous avons donc, il y a quelques jours de cela, effectué un test de généalogie.
Face aux résultats du test, Dean a émis le souhait de rencontrer son père biologique et je lui ai fait savoir qu'un un hibou serait amplement suffisant pour une première prise de contact. Il lui faudra sans doute quelques temps pour rassembler ses idées avant d'envoyer sa lettre. Je ne fais que vous informer en amont de cette nouvelle, qui ne pourra que bouleverser votre maison.
Avec toute mon amitié,
Lord Greengrass
Knightley Shackelbolt reposa la lettre sur son bureau. Il s'était abstenu de voter sur la loi de mariage et sa femme le lui avait reproché. Queenie aurait voulu qu'il donne un vote positif, ce qu'il ne comprenait pas dans la mesure où leur unique enfant, Kingslsey, était déjà marié donc non assujetti à la nouvelle législation. Certes, il prenait un peu de temps à fonder une famille mais rien ne laissait sous-entendre qu'ils ne seraient pas grands-parents d'ici quelques années. Mais il était vrai que sa femme avait une vision très fermée du fonctionnement idéal pour la société magique, ce qui ne l'empêchait pas d'aller à l'encontre dudit système idéal quand cela l'arrangeait. Elle qui jurait par une société régentée par les mariages de raison n'était même pas capable de respecter son propre contrat de mariage. Le coinçant, lui, dans un mariage sans amour et dans une famille incomplète.
Il avait rencontré Shonda alors qu'il était assigné à la sécurité du chef du gouvernement moldu de l'époque, Margareth Thatcher. Elle était une des nombreuses assistantes parlementaires dont il croisait régulièrement le chemin. Un jour, il avait renversé son café. Il lui en avait repayé un. Et de fils en aiguille… Ils étaient restés 3 ans ensemble. Trois merveilleuses années dont leur fils, Dean, était le fruit. Cela le faisait toujours sourire de se dire qu'elle avait inconsciemment baptisé leur fils d'après la tradition familiale des Shackelbolt, qui est de donner des noms de grade à leur enfant. Heureusement, personne n'avait été encore assez fou dans la famille pour appeler son enfant Lord ou Lady. Le plus proche avait été Éminence.
Ce n'était pas la guerre qui l'avait fait quitté celle qu'il considérait comme la femme de sa vie. C'était son épouse. Comme son prénom l'indiquait, Queenie se comportait comme une reine. Issue d'une famille de diplomate, elle avait été initialement promise à un grand sorcier vaudou africain. Mais alors qu'elle venait de fêter ses 17 ans, il avait été découvert que le jeune homme avait la chance d'avoir une âme sœur, même si celle-ci était encore très loin à l'époque d'être en âge de se marier. Cependant, Queenie n'avait pas envie d'être une épouse par intérim et avait donc rompu les fiançailles avant de demander à son père de lui trouver un autre prétendant. Son dévolu était tomber sur la Maison Shackelbolt et l'affaire avait été scellée en moins de deux, d'autant que son père, le regretté Major Shackelbolt, avait fait remarqué qu'elle avait le prénom parfait pour entrer dans la famille.
Il n'avait pas été contre l'union, même s'il aurait préféré un mariage d'amour. Mais il fallait faire avec ce qu'il y avait et rien ne l'empêchait de divorcer par la suite. C'était là que le bât blessait. Le contrat était rédigé de telle manière qu'aucune dissolution de l'union n'était possible tant que les termes du contrat n'étaient pas remplis ou, à défaut, qu'une preuve irréfutable de l'impossibilité de remplir lesdites clauses ne soit produites. Et l'une des clauses étaient de mettre au monde un minimum de 2 enfants. La famille Shackelbolt, comme la plupart des familles sang-pur de l'aristocratie, voyait sérieusement sa taille se réduire d'une génération à une autre. Elle avait néanmoins un avantage par rapport à leurs consœurs : son absence de préjudice envers les unions avec les nés-moldu ou les sang-mêlés, lui permettant d'obtenir un ratio de 2,7 enfants par mariage, contre le 1,2 de toutes les lignées sang-purs réunis. Point faible de ce bon ratio : un seul des presque 3 enfant était un garçon pouvant transmettre nom et titre, ce qui n'aidait que temporairement à la survie de la famille. Knightley avait été une exception en étant enfant unique. Sa mère, Meena, avait été frappée accidentellement par un sort de stérilité lancé par un dégénéré échappé de Ste-Mangouste un peu moins d'un an après sa naissance. De fait, depuis le moment où il imaginait son avenir, il l'avait toujours imaginé avec plusieurs enfants, au moins trois ou quatre. Sauf qu'il n'était même pas arrivé à en avoir deux avec sa femme. En effet, estimant son devoir d'épouse remplie après la naissance de Kingsley, Queenie lui avait interdit l'accès à son lit.
Il avait quitté Shonda car il avait craint pour sa vie et celle de Dean. En effet, il lui avait toujours été difficile de cacher des choses à son père et donc lui avait fait part dans un premier lieu de son envie d'avoir une 2e enfant et le refus de Queenie sur le sujet, malgré le contrat. Etant donné que son épouse brisait volontairement les termes du contrat et bien que cela ne soit pas suffisant pour une dissolution de leur union, cela lui permettait d'aller voir ailleurs sans risque de représailles. En parallèle, Major s'était lancé dans une campagne envers de sa belle-fille pour la pousser à avoir ce deuxième enfant. Au début, elle avait parlé du fait qu'elle voulait attendre que Kingsley soit plus grand, d'avoir « suffisamment d'expérience de la maternité ». Puis elle n'était pas encore prête à avoir un autre enfant. Et enfin, quelques temps avant la naissance de Dean et alors que leur fils entrait en plein cœur de l'adolescence, elle avait déclaré que l'écart d'âge entre Kings et son/a potentiel(le) petit(e) frère/sœur serait trop grand et que cela serait déraisonnable. Cela avait été le déclic. Et apparemment, pas que pour lui.
FLASHBACK
- Fils , fit Major Kingsley depuis son bureau dans la résidence familiale, interpellant Knightley qui passait dans le couloir.
- Père.
- Je t'ai fait un tort irréparable, il y a pratiquement vingt ans de cela.
- Vous ne pouviez savoir, pour Queenie et son caractère…
- Si, je le pouvais. En réalité, je le savais mais j'ai pensé que sa famille l'inciterait à suivre les usages familiaux dans l'idée de ne pas compromettre la seule alliance politique britannique qu'ils pouvaient obtenir. Rares étaient et sont toujours les personnes prêtes à intégrer dans leur famille l'ancienne promise d'un maître vaudou. Nous étions en position de force, le contrat était notre arme et regarde où tu en es maintenant. Coincé avec une femme égoïste et ingrate, obligé d'aller contre la morale et la décence pour obtenir ce qui te revient de droit.
Knightley resta interdit face aux déclarations de son père. Il ne pouvait…
- Te rend-elle heureux ? fut la demande susurrée de Major
- Elle est celle que j'attendais, fut la réponse murmurée
- Alors, va. C'est à cause de moi que tu ne peux faire d'elle ta femme, je te dois bien ma bénédiction.
FIN FLASHBACK
Il ne sait comment son père était au courant, car Queenie ne le portait pas dans son cœur et n'avait de contact avec lui qu'aux repas familiaux et ne pouvait donc lui faire part de ses horaires alambiqués (qui, de toute façon, s'expliquait par son poste). Pour avoir actualiser la tapisserie familiale à plusieurs reprises de lui-même, les enfants illégitimes n'apparaissaient pas dessus (sauf à ce qu'ils reprennent la gestion de la famille ou soit ajouté manuellement) donc Major n'avait pu apprendre la naissance prochaine de Dean par ce biais.
Malheureusement, il n'aura jamais de réponse à cette question.
Un mois plus tard, Major, bien qu'en excellente santé, décéda.
Réaction allergique à la mandragore.
Ce qui était étonnant car l'allergie de son père était connue et rien contenant de la mandragore n'entrait dans la demeure du chef de famille. Mais il savait que sa femme, sensible au vaudou de par son histoire, manipulait de la mandragore dans son laboratoire personnel. Alors il prit peur. Peur qu'elle s'en prenne aux amours de sa vie. Pour les protéger, il quitta Shonda alors que la naissance était imminente. Cela lui brisa le cœur et il en pleura pendant des mois. Mais il la surveilla, de loin. Quand Dean vint au monde, il passa une nuit à la maternité. Ce fut la seule fois où il tient son deuxième fils dans ses bras. L'un de ses plus beaux souvenirs mais aussi l'un des plus tristes. Il ouvrit un compte pour son fils, qui lui reviendrait à sa mort avec une lettre explicative. Il paya sa scolarité à Poudlard en la faisant passer pour une bourse, avec l'aide d'amis du Conseil d'Administration. Il regarda celle qui aurait dû être sa femme tomber amoureuse d'un autre homme et l'épouser. Il regarda un homme, élever son fils et avoir la famille dont il rêvait depuis tout petit avec celle qui faisait battre son cœur. En trois phrases :
Il était jaloux de Nataniel Mallory.
Il était toujours amoureux de Shonda, bien qu'il l'ait perdue à jamais.
Et il ferait tout pour connaître Dean, qu'importe les réactions de Queenie, Kingsley et le reste de la communauté sur le sujet.
Hermione n'avait pas cours le jeudi après-midi. Au début de l'année, elle avait utilisé ce temps libre supplémentaires pour prendre de l'avance sur ces cours. Après avoir reçu le livre de Drago, elle l'avait utilisé pour faire sa culture sociologique magique. Et avec ce que leurs parents avaient décidé lors de la rencontre familiale, cette grande tranche horaire serait désormais consacrée à ses cours de civilisation sorcière avec Narcissa. Elles avaient échangé par lettres pendant une semaine afin de déterminer les attentes de chacune en la matière. La matriarche Malfoy voulait que sa future belle-fille comprenne les tenants et aboutissants de la Société dont elle allait faire partie. Hermione voulait comprendre le fonctionnement de la société magique au-delà de ce qu'elle pouvait voir depuis Poudlard. Elle voulait également comprendre pourquoi toute une franche de la société sorcière était volontairement gardé dans l'ignorance et même si elle n'explicita pas ce besoin dans ses lettres, elle savait que cela n'avait pas échappé à sa future belle-mère. Elles avaient donc convenu d'une organisation pour leurs leçons. Durant les quatre heures qu'elles passeraient ensemble, une moitié serait consacrée aux traditions et au fonctionnement de la Haute Société, tandis que la deuxième serait plutôt orientée autour de la civilisation magique dans sa globalité. Le tout saupoudré d'anecdotes sur la famille Malfoy, et sans doute la famille Black également.
C'est ainsi que le deuxième jeudi après les rencontres familiales, Hermione quitta le château pour se diriger vers le centre de Pré-au-Lard, où elle activa un portoloin qui l'amena au Manoir Malfoy. Elle arriva dans un salon respirant le luxe mais très impersonnel. Alors qu'elle était en train de se dire qu'elle ne laisserait pas les choses arriver à ce stade dans sa future maison avec Drago, la jeune femme fut coupée dans ses pensées par l'arrivée d'un elfe de maison.
- Miss Herminy, Maîtresse Narcissa vous attend dans son petit salon.
Hermione suivit alors la petite créature dans les couloirs du Manoir, elle put observer des tableaux de ce qui ne pouvaient être que les précédentes générations de la famille au regard des chevelures. Elle tenta de faire abstraction du fait que les portrait la regardait fixement et dévisageait sans vergogne. Elle se rendit également compte que la décoration devenait de plus en plus personnelle au fur et à mesure qu'elle s'enfonçait dans la bâtisse. Ainsi, quand l'elfe ouvrit la porte dudit petit salon (esprit « salade d'agrumes » vu la quantité de jaune, de vert et de rose qu'on pouvait observer), Hermione ne put conclure que seules les pièces d'apparat et de réception étaient dotée de ce côté aseptisé.
- Ah, bonjour Hermione. Comment allez-vous ? Avez-vous des difficultés pour venir ?
- Bonjour Narcissa. Je vais bien merci, et vous ? Non, aucune difficulté mais c'est vrai que rares sont les personnes à Poudlard qui connaissent ma nouvelle organisation.
- Très bien, merci. J'ai opté pour la facilité pour notre première leçon sur les traditions aristocratiques magiques. Nous discuterons des contrats d'union. Qu'est-ce que vous pouvez m'en dire ?
- Un contrat d'union est la forme contractuelle d'un mariage arrangé. Le but d'un mariage arrangé dans le monde magique est de lié deux familles dans l'espoir de permettre l'émergence de capacités magiques particulières sur les générations à venir, qui deviendront un trait de famille. Par exemple, la métamorphomagie est une capacité magique propre à la lignée des Black.
- Alors oui, la raison première d'une union arrangé dans notre communauté est la volonté de permettre l'éclosion de capacités magiques rares, si ce n'est unique. Si l'on ne compte pas ma nièce Nymphadora, il n'y a eu que 5 métamorphages dans la lignée des Black, le premier ayant développé la capacité étant Magnus Black, devenu le 8e chef de famille en 1205, et la dernière fut Barbara Selwyn, fille de Oriane Black, nièce d'Arturus Ier et petite-fille de Cepheus Black, née en 1843. L'émergence de ces capacités est souvent due à l'alliance de compétences particulières. Nous ne savons pas quelle est la combinaison qui soit à l'origine du don de métamorphomagie mais il ne serait pas étonnant qu'elle comprenne un don en métamorphose.
- Donc le but premier est d'enrichir ce qu'on pourrait décrire comme étant…la magie familiale ?
- Effectivement. Généralement, on désigne par le terme magie familiale la magie qui lie chaque membre d'une même famille entre eux. Le chef de famille en a le contrôle. Une autre raison pour les mariages arrangés sont les alliances politiques ou financières. Une famille aux bords de la ruine a intérêt à marier son fils avec une jeune femme qui ramènera une dot importante. Et il est assez mal vu de s'opposer politiquement à la famille dans laquelle on a marié sa fille, sauf à ce qu'elle soit initialement de standing inférieur.
- Il y a la même chose dans le monde moldu. Aujourd'hui, cela n'est pratiqué que dans certaines cultures mais jusqu'au début du siècle, cela concernait majoritairement la classe dirigeante : les familles royales et aristocratiques.
- Oh, vraiment ? Dans ce cas, pourquoi il y a-t-il eu des manifestations de jeunes d'origine moldue quand le Ministère a promulgué sa loi ?
- Eh bien… comme je vous disais, cela ne concernait qu'une certaine classe sociale. Sans compte qu'il ne viendrait jamais à l'esprit du gouvernement moldu de mettre son nez à ce point dans les histoires personnelles des citoyens.
- Je vois… mais comment savez-vous que cela se pratiquait dans la classe sociale dirigeante? De ce que vos parents m'ont dit, vous n'êtes pas éduqués dans les mêmes établissements.
- Certes mais en ce qui concerne les souverains, les livres d'histoires nous permettent de connaître les raisons des mariages d'état. Par exemple, au 16e siècle, un roi a voulu divorcer de sa femme parce qu'elle ne lui donnait pas de fils et il avait besoin de l'autorisation d'un chef religieux. Or celui-ci a refusé la dissolution de l'union car il ne voulait pas perdre son protecteur, qui n'était autre que le neveu de la reine. Donc le roi a décidé de créer sa propre religion, a répudié la reine et épouser une autre femme.
- Intéressant… En tout cas, qu'importe les raisons évoquées pour la conclusion d'un mariage arrangé, un contrat d'union contient toujours des clauses qui régiront la validité de l'union. Je vais donc d'abord vous présenter les clauses classiques que l'on retrouve dans un peu tout les contrats, puis les clauses classiques dans les contrats de la maison Malfoy…
Pendant plus d'une vingtaine de minutes, Narcissa présenta lesdites clauses classiques à Hermione, leur but, les conséquences en cas de non-respect, les variantes plus ou moins courantes. Jusqu'à ce qu'elle arrive à une clause en particulier
- La clause de proximité. Elle permet de s'assurer que les promis se connaissent un minimum avant la célébration de l'union. Il est récurrent que l'avis des futurs époux n'ait pas été pris en compte dans l'élaboration du contrat, en particulier quand il s'agit d'un contrat d'union et non d'un contrat de mariage.
- Quelle est la différence ?
- Un contrat de mariage est un contrat d'union nominal, il n'est valable que pour les personnes dont le nom est indiqué. Un contrat d'union non-nominal lie deux familles, de fait n'importe quel membre peut être choisi pour le remplir. Le contrat qui me lie à Lucius est un contrat d'union, il aurait très bien pu épouser l'une de mes sœurs. Par contre, le contrat qui liait mes parents étaient un contrat de mariage, si ma mère avait épousé mon oncle Alphard, cela n'aurait pas été considéré comme valide.
- Vous disiez donc qu'il était récurrent que l'avis des futurs mariés soit ignoré…
- C'est cela, oui. Parfois même, un des parents, bien souvent la mère,n'était pas non plus consulté. Dans la mesure où l'éducation des filles revenaient à leur mère et qu'il en allait de même pour l'organisation d'événements mondains, les mères qui n'étaient pas favorables aux unions arrangées pour leurs enfants avaient une tendance à les empêcher de passer du temps avec leur promis, dans l'espoir que cela entraîne l'abandon de l'union. Les clauses de proximité ont été rajouté pour éviter ce genre de situation. Si jamais une mère décide tout de même s'acharner sur le sujet, la magie poussera les promis à passer du temps ensemble et, dans les cas les plus extrêmes, les amènera à effectuer les rites de fiançailles voir de mariage.
- Les rites de fiançailles et de mariage ?
- La validité d'un mariage est qualifié par la consommation physique ou, si la consommation n'est pas réalisable, par la production d'une méthode alternative de production d'un héritier. Les rites de fiançailles correspondent aux préliminaires de l'acte sexuel.
Hermione rougit comme une tomate à la découverte de cette information. Ses parents avaient négocié le contrat en son nom et même si elle avait pu le lire et qu'elle savait qu'il était juste et qu'elle serait à l'aise avec toute les clauses qu'il contenait, elle n'avait pu trouver jusqu'à présent d'informations sur lesdits rites de fiançailles et de mariage. Oh, elle savait qu'il faudrait qu'elle passe à la casserole à un moment ou à un autre mais savoir que tout le processus incluait deux expériences sexuelles… et vu l'état de ses relations avec Drago… Par le caleçon de Merlin, elle n'était pas dans la bouse d'hippogriffe. On ne pouvait pas dire qu'elle avait eu la chance d'arriver et d'avoir le coup de foudre pour son lié…
- Narcissa… Est-ce que la clause de proximité est une exigence du Ministère concernant les contrats dans le cadre de la loi?
- Le sujet est assez flou…Tous les couples formés par la loi ne sont pas obligés de formaliser la situation avec un contrat mais dans le cas où ils décident de ne pas y avoir recours, ils doivent en informer l'Administration. A l'inverse, l'avocat de la famille a été confronté à des réécritures de contrats dans le cadre de la loi car il avait été estimé que les contrats concernés étaient contraires aux mœurs. Leur point commun à tous était l'absence d'une clause explicite de proximité.
- Donc tous les couples qui ont recours à un contrat de mariage dans le cadre de la loi ont une clause de proximité ?
- C'est cela. En fonction des situations de chaque couple, le non-respect de la clause amènera une réaction magique plus ou moins sévères.
Hermione ne put s'empêcher de penser que la famille de Seamus avait bien fait de ne pas recourir à un contrat pour son couple avec Ron. Par contre, si ce qu'elle avait entendu était vrai, il y avait une forte probabilité que Ginny soit obligée d'emménager dans les cachots afin de satisfaire son contrat avec le professeur Rogue.
Le clin d'oeil TV dans la généalogie de Dean portait sur la série How to get away with murder, créée et produite par Shonda Rhimes. Et donc l'un des acteurs principaux n'est autre qu'Alfred Enoch, l'interprète de Dean Thomas !
