Seamus était assis dans la bibliothèque avec Dean, en train de réviser leur cours de potions. Il s'était trouvé un goût pour l'antre littéraire depuis l'annonce des couples, dans la mesure où les chances d'y croiser Ron étaient très faibles, pour ne pas dire quasi nulles. De toute façon, dès qu'il n'était pas en cours ou en entraînement pour le Quidditch, Ron se trouvait immanquablement dans la salle commune. Et s'il avait le malheur de s'y trouver également, il sentait un regard haineux rivait sur lui en provenance de son camarade. Ce qui faisait qu'il ne pouvait parler aux personnes qui se trouveraient autour de lui. Il ne pouvait donc pas demander à Hermione comment ça se passait avec Malfoy. Idem pour Harry et Lord Je-peux-t'amener-au-7e-ciel-juste-avec-mes-yeux (surnom donné par Lavande et les jumelles Patil). De plus, lui et Harry avait un point commun par rapport à leurs couples. Indépendamment du fait que Ron l'évitait comme la peste, il était un hétéro finissant avec un autre homme, comme Harry. Bien que, si ce qu'il avait entendu était vrai, il semblerait que son camarade de classe soit plutôt bisexuel. Bien étant sorti brièvement avec Cho Chang en 5e année (ce qui certifie en théorie le côté hétéro), le jeune homme semblait complétement accro à son lié.
Comme d'habitude, Harry Potter était un mystère ambulant.
Comme nous disions, Seamus était dans la bibliothèque en train de réviser avec son meilleur ami. Sauf que Dean ne révisait pas. Il tentait depuis plusieurs jours d'écrire une lettre à Knightley Shackelbolt, son père biologique. Il en était à sa 19e tentative. Enfin, plutôt vingtième, vu qu'il venait de froisser sa dernière tentative dans un élan de rage subite.
- Mec, ce n'est pas en écrivant une énième fois la lettre qu'elle sera meilleure.
- Je sais mais je n'y arrive pas.
- Temps mort, temps mort. Tu veux lui dire quoi à ton daron ?
- Que j'aimerais le connaître, que je voudrais savoir pourquoi il est parti, pourquoi il a eu une relation avec Maman alors qu'il était marié et qu'il savait qu'il ne pouvait pas divorcer, pourquoi il n'était pas dans les parages…
- Okayyyy…. On va faire plus simple. Quel est le but de cette lettre ?
- Avoir un premier contact avec lui et laisser la porte ouverte pour une rencontre en face-à-face.
- Bah voilà. Contente-toi de lui dire qui tu es, comment tu es au courant pour votre relation biologique et lui dire que tu voudrais bien le rencontrer car tu as un tas de questions.
- Dis comme ça, ça parait très simple. Je ne comprends pas pourquoi j'arrive pas à écrire.
- Car tu veux y glisser tes questions par la même occasion.
- Merci, mec.
- De rien.
Ils replongèrent dans le silence, chacun retournant à son activité initiale. Dean réussit à écrire sa lettre. Il ne restait plus qu'à l'envoyer.
- Hey, Seam'. Tu as un contrat ? Je veux dire… avec Ron ?
- Non. Déjà parce que ça ne fait pas dans ma famille. Et même si ça se faisait, je doute que cela aurait abouti. Faut voir la galère entre Ginny et Rogue.
- A ce propos… Hermione a demandé à Daphné si nous avions un contrat. Elle voulait plus de renseignement sur une certaine clause de proximité. Daphné lui a dit que nous n'avions pas de contrat pour la période de fiançailles donc que nous n'étions pas assujettis à une telle clause. Bref, j'ai demandé à Daph' en quoi cette fameuse clause consistait. Et autant dire que Ginny est bien dans la merde d'hippogriffe.
- Elle fait quoi cette clause ?
- C'est une clause qui, grosso modo, est là pour s'assurer que t'apprennes à connaître ton futur époux. Le Ministère ne le dit pas mais il ne valide aucun contrat qui ne comporte pas cette clause dans le cadre de la loi. Et comme il s'agit de contrats magiques, les conditions de respect de la clause s'adaptent en fonction des situations de chacun.
- Je ne vois pas le problème. Ginny a cours de potion trois fois par semaine comme nous. Elle passe du temps avec Rogue.
- Mais tu n'écoutes pas ! Je te dis que les conditions s'adaptent ! Ginny a beau voir son promis un total de six heures par semaine, ce n'est pas dans un contexte intime. Ça ne va pas compter pour la clause de proximité.
- Mais si ça ne compte pas…
- La clause va s'activer et va magiquement obliger Gnny et Rogue à passer du temps ensemble. En prenant en compte les emplois du temps de chacun, Hermione a pensé que la solution la plus probable serait…
- Serait de quoi ?
- Serait que Ginny emménage dans les cachots.
- Oh la vache !
- Mais ce n'est pas ça le pire. Tu crois que Ginny va rester bien sagement à discuter avec Rogue ?
- Bah, non. Elle a les tempéraments Weasley et Gryffondor.
- En plein dans le mile. Donc si Ginny minimise au maximum le temps qu'elle passe dans les cachots, le contrat va considérer qu'elle cherche à se soustraire au mariage, ce qui en soi sera sûrement vrai, et va provoquer la réalisation des rites de fiançailles.
- Les rites de fiançailles ?
- Ouai, mec. Et pour te donner un indice, les rites de mariage, c'est le fait de passer à la casserole.
Seamus resta immobile pendant quelques instants, le temps que l'information fasse son chemin.
- PAR LES CALECONS DE MERLIN !
- Chuuuut ! firent plusieurs personnes autour du duo
- Désolé… T'es en train de me dire que Ginny… devra sucer Rogue ?
Dean se contenta d'hocher de la tête.
- Oh j'ai envie de gerber.
- Attends d'être aux toilettes. Je n'ai pas envie d'être banni éternellement de la bibliothèque en année d'Aspic.
Hermione n'était pas la seule à avoir songé aux conséquences d'une clause de proximité non respectée.
En tant que principal concerné, Severus y avait également songé. Personnellement, il voulait retarder au maximum le moment où il devrait honorer le contrat et se passer la corde au cou et en même temps, il ne voulait pas non plus être victime des caprices de sa liée ni de l'autorité mal placée de Dumbledore. Après son absence aux rencontres familiales, Severus avait tenté à plusieurs reprises de parler à Ginny, le plus souvent à la fin d'un cours de potion. Malheureusement (ou heureusement, tout dépendait du point de vue) elle était souvent la première à sortir de classe à la sonnerie. De plus, elle avait dû se plaindre auprès de qui il fallait car Albus l'avait de nouveau convoqué dans son bureau pour lui demander gentiment de laisser Ginny venir à lui plutôt que de forcer les choses. Il lui avait rappelé que le contrat comportait des impératifs et également qu'il ne se souvenait pas l'avoir mandaté comme intermédiaire dans ses relations avec la famille Weasley. La réponse avait mentionné le fait que Molly et Arthur ne pouvaient se permettre de venir à Poudlard pour des balivernes et qu'il serait injuste d'imposé les termes d'un contrat à une jeune fille qui n'a pas eu son mot à dire dans son élaboration.
Voyant qu'il n'arriverait à rien, Severus laissa tomber. Officiellement. Il savait que la clause de proximité ne tarderait pas à s'activer. Avec un peu de chance, cela ne sera le cas qu'après les vacances de Noël. Si elle s'activait avant, cela risquerait d'être problématique. Pas pour lui directement. Le Maître avait l'intention de dévoiler son identité officielle ainsi que celle de son lié lors d'un bal à l'occasion du nouvel an (et de son anniversaire) et si l'équation Ginny + Mangemorts présageait déjà un résultat catastrophique, l'équation Ginny + Harry + Seigneur des Ténèbres + Mangemortsserait juste apocalyptique. Il existait bien des moyens pour l'empêcher de parler mais cela appellerait à des complications avec Dumbledore.
Et s'il y a bien une chose que Severus souhaitait par-dessus tout, c'était d'avoir une existence sans complication.
Suite à sa rencontre avec ses futures beaux-parents, Drago se renseignait en profondeur sur le monde moldu. Quand ses camarades de Serpentard avaient découvert la chose, il s'était fait charrié dans un premier temps. Puis il avait fermé le clapet de tous ces idiots en leur apprenant que les moldus étaient aller sur la Lune et dans l'espace de manière générale. Sans parler du fait qu'ils étaient dotés de moyens de faire disparaitre toute la communauté magique du pays en un claquement de doigts. Ou une pression de bouton. D'ailleurs, il se demander toujours comment un bouton de chemise ou de robe pouvait annihiler toute une communauté.
Il devait reconnaître que les moldus étaient plutôt doués, aux vues de ce qu'ils ont pu réaliser sans magie : voyage dans l'espace, les différentes sources de chauffage, Aternet etc… Mais la chose qui l'intriguer le plus, c'était cette histoire d'adéhen. Et il voulait en savoir plus.
Ni une, ni deux. Drago se leva de son fauteuil dans la salle commune des Serpentard et se dirigea vers l'extérieur du château, avec l'intention d'accueillir sa promise à son retour de son « cours » d'avec sa mère.
Un peu moins de 5 minutes après son arrivée aux grilles de l'école, Hermione faisait son apparition dans son champ de vision.
- Drago, que fais-tu ici ?
- Ne puis avoir l'envie de passer du temps avec ma promise ? répondit-il avec un sourire en coin.
- Ah…Euh… Oui, tu as… tout à fait le droit.
Drago présenta son bras à Hermione. Celle hésita à peine avant d'y joindre son propre bras. Ils commencèrent leur avancée vers le château.
- Bon, je dois avouer que je suis également venue t'attendre pour te poser des questions sur le monde moldu. Le livre conseillé par tes parents est incroyable et j'arrive à tout comprendre. Enfin une bonne partie, on va dire. Mais il y a un truc que je n'arrive pas à comprendre et que pourtant, je trouve fascinant, c'est cette histoire d'adéhen.
- On dit ADN. L'ADN est une combinaison d'éléments, appelés gênes, qui déterminent nos caractéristiques physiques, de la couleur de nos cheveux, à notre taille et notre résistance aux virus. Ainsi que nos capacités magiques. En tout cas, c'est une forte possibilité.
- Donc tu veux dire que quand mes parents m'ont conçu, le fait que j'ai la même couleur de cheveux que mon père et la même couleur d'yeux que ma mère était déjà déterminée ? Mais les gènes viennent d'où ?
- Chaque caractéristiques est déterminée par une paire de gènes donnés par nos parents, 50% pour chacun d'entre eux.
- Wow ! Et tu penses que les gènes déterminent le fait d'avoir de la magie ou non ?
- Tout à fait, même si cela devient un peu plus complexe que la simple transmission des gènes.
Devant le regard interrogatif que lui lança Drago, Hermione continua dans sa lancée.
- J'ai voulu expliquer ma condition de sorcière avec la génétique. Si j'ai des pouvoirs magiques, c'est que j'ai quelque part dans mon ADN une paire de gênes qui me permet d'utiliser la magie.
- Donc si la magie est déterminée par une paire spécifique, cela voudrait dire qu'au moins un de tes parents, ton père par exemple, t'a donné le gène de la magie. Mais dans ce cas, pourquoi il n'a lui-même pas de magie ?
- Les gens qui étudient la science des gênes ont prouvé que les caractéristiques exprimées par les gênes pouvaient être défectueuses. Parfois, le défaut est spontané, un peu comme avoir une couture mal faite sur une robe fabriquée en plusieurs exemplaires. Dans d'autres cas, c'est la combinaison même qui a un problème. Et ils ont déterminés que le risque de combinaison défectueuses était très élevé chez les personnes ne cherchant qu'à se marier au sein de leur communauté, voire de leur famille élargie.
Drago resta silencieux pendant quelques instant, qu'Hermione lui accorda volontiers afin d'assimiler ce vers quoi ses propos tendaient.
- Donc ça voudrait dire que les cracmols seraient atteint d'une déficience génétique qui empêche la magie de s'exprimer. Pour certains, c'est la faute à pas de chance. Pour d'autres, c'est à cause de la consanguinité. Mais toutes les familles magiques du pays sont plus ou moins apparentées ! Et cela voudrait dire que les nés-moldus sont les descendants de cracmols, et que donc ils ne sont pas nés-moldus mais des sang-mêlés.
- J'en suis arrivé à la même conclusion. Ayant été exclu du monde magique, les cracmols se marient donc dans la population moldue et petit à petit, la déficience génétique l'origine du blocage de la magie se résorbe jusqu'à ce que qu'un né-moldu apparaisse. Quant au fait que toutes les familles magiques soient apparentées, effectivement c'est un assez gros problème. Pour les puristes qui ne veulent épouser que des 100% sorciers, je leur conseillerais d'éviter d'épouser leur cousin germain d'abord. Ensuite, je pense qu'il serait judicieux de faire des tests de consanguinité pour vérifier le niveau de parenté. Car à défaut de créer un cracmol, un couple ayant un trop grand niveau de consanguinité aura tout simplement des difficultés à concevoir.
Cette dernière affirmation sembla avoir un certain effet sur Drago, qui pâlit légèrement. Hermione le remarqua et se donna mentalement une claque pour ne pas y avoir penser. Drago était enfant unique né plus de 10 ans après le mariage de ses parents et, sauf à penser que les Malfoy ont passé la décennie en question à préparer un sombre rituel pour avoir un puissant héritier, il est fort à parier qu'ils avaient connu des difficultés à fonder une famille.
- Après, il s'agit juste de moi tentant d'expliquer l'existence de la magie avec des méthodes moldues. Rien ne garantit…
- Mais ta théorie se tient. Crabbe et Goyle, enfin surtout Crabbe, en sont de beaux exemples. La rumeur voudrait même que la mère de Crabbe soit la demi-sœur adultérine de son père et que le mariage a été organisé afin qu'elle puisse officiellement faire partie de la famille et s'appeler Crabbe.
- Là, c'est un cas un peu extrême. Mais son père ne pouvait pas la reconnaître ? Dans le monde moldu, cela n'aurait pas poser de problème.
- Juridiquement parlant, il n'y a aucun obstacle. Mais pour les aristocrates, cela aurait un impact social qui ensuite, risquerait d'entraîner des précédents en matière d'héritage.
- Oh ? En quoi ? demanda Hermione, soudain tout excitée.
- Si j'ai une fille illégitime et que je la reconnais, cela sera suffisant pour qu'un de mes descendants s'octroie le droit de reconnaître un fils illégitime qui pourra alors hériter du titre familial s'il est plus âgé que son demi-frère né au sein du couple officiel. Cela varie selon les règles de succession familiales, mais l'idée est là. D'ailleurs, je pense même que cela peut avoir un impact sur la reconnaissance et l'acceptation du fait que les nés-moldus soient descendants de cracmols.
- Parce que la plupart des familles aristocratiques déshéritent les cracmols et que réintégrer un né-moldu dans la famille magique dont il descend créera le risque que titre et fortune lui revienne si son ancêtre était mieux placé dans la succession initiale. Je comprends l'idée mais on se retrouve dans un sacré paradoxe.
- Je te rejoins dessus… Tu avais pensé à faire quoi comme carrière ?
- Bien… J'avais pensé rejoindre le Ministère, sans doute le département de justice magique, afin de changer toute la législation concernant les nés-moldus.
- Bonne idée mais tu ne pourrais pas exploiter ton idée de génétik, pour cela il faudrait que tu travailles au Département des Mystères mais… disons qu'ils ne recrutent pas comme le reste de l'administration… Mais il y a Gringotts !
- La banque des gobelins ?
- Oui ! Bien que le Ministère dispose d'archives civiles, elles ne renferment que les actes de naissance et de décès, rien d'autres. Gringotts a beaucoup plus car ils ont les généalogies complètes des familles sorcières.
- Ils sont donc capables de prouver ma théorie !
- Tout à fait et s'il le faut, ils sont capables de fortement suggérer au Département des Mystères de faire une étude sur le sujet. De plus, ils ont tout un tas de contrats sorciers en leur possession donc tu aurais également le côté légal !
- Mais c'est parfait ! Merci Drago !
Et Hermione embrassa son promis sur la joue. L'instant d'après, ils étaient tous deux rouges comme une tomate.
Kingsley avait un mauvais pressentiment. Son père avait convoqué tous les membres de la famille pour une annonce de grande importance. C'était pour cela que sa mère, sa femme, sa grand-mère, les 3 sœurs de son grand-père (+ conjoints et enfants) ainsi que lui-même se trouvaient autour de la grande table du grand salon du manoir. La dernière assemblée de cette envergure, hors mariage et baptême, avait correspondu avec le décès de son grand-père et l'intronisation formelle de son père en tant que chef de famille.
- Bonjour à tous. J'ai une nouvelle de grande importance à vous annoncer. Je dois vous avouer que je n'avais jamais eu l'intention de vous informer de la situation mais les circonstances actuelles me forcent la main. Certains d'entre vous auraient été épargné par cette nouvelle tandis que d'autres l'auraient découverte à mon décès.
- Fils… commença Meena.
- Ne vous inquiétez pas, Mère. Ce n'est pas une mauvaise nouvelle, même si elle sera perturbante pour vous tous. J'ai un deuxième enfant, conçu avec une moldue. Il s'appelle Dean mais je n'ai eu aucune part dans son éducation. Je vous informe de son existence car il est actuellement en 7e année à Poudlard et assujetti à la loi d'union. Sa future belle-famille l'a aidé à réaliser un test généalogique et j'ai reçu ce matin une lettre de prise de contact de sa part. Ne pas faire partie de sa vie est un choix que j'ai toujours regretté et j'aimerais, dans la mesure du possible, corriger cette erreur. J'espère tous vous le faire rencontrer au moins une fois.
- Effectivement, nouvelle perturbante, mon cher, commença ironiquement Queenie. De ce que vous me dites, c'est sa future belle-famille qui lui a fait faire le test généalogique. Je pense que vous devriez vous inquiétez de ce que cette maison pourrait vouloir de vous. Sans doute de l'argent.
- J'en doute fort.
- Permettez-moi de douter de votre doute.
- La future belle-famille de Dean n'a pas besoin d'argent dans la mesure où il s'agit de la famille Greengrass. Dean est promis à leur héritière, Daphné. Tout au mieux, une alliance politique qui existe déjà partiellement.
Queenie abandonna le sourire ironique et malfaisant qu'abordait son visage.
- Très bien, Knightley. Informez-nous quand nous attendre à rencontre ce jeune homme et nous l'accueillerons à bras ouverts. En attendant, si vous voulez bien m'excuser.
Et Queenie quitta la pièce.
Pendant que les autres membres de la famille harcelaient Knightley de questions sur ce fils caché, Kingsley réfléchissait. Il connaissait sa mère et son histoire. Il avait d'ailleurs de forts soupçons quant à une intervention de sa part dans le décès de son grand-père. Il connaissait également le rapport ambigu que sa mère entretenait avec le respect des traditions et l'importance de la réputation. Tout pour dire qu'il était inquiet de la position que sa mère allait adopter.
En faisant le calcul dans sa tête, Kingsley compris que le trépas de Major correspondait à l'année 1980. Année de naissance d'Harry Potter mais aussi de Dean Thomas, car il ne pouvait s'agir que de lui. Dumbledore lui avait fait étudier tous les couples des élèves assujettis à la loi et certains avaient finis sur une pile non-officiellement baptisée « à surveiller » : Harry et Lord Gaunt/Voldemort, Hermione et l'héritier Malfoy, Ginny Weasley avec Rogue, Dean Thomas et Daphné Greengrass ainsi que Tracey Davis et Théodore Croupton anciennement Nott pour n'en citer que quelques-uns. Cela donnait une nouvelle vision des intérêts de Dumbledore envers ses couples, mais aussi l'amenait à être inquiet pour la vie de ce demi-frère dont il ignorait encore l'existence il y a quinze minutes.
Plus tard dans la journée, Kingsley toqua à la porte du bureau de son père. Il prit place en face de celui-ci, la seule chose les séparant étant le bureau d'époque.
- Tu as dit que certains d'entre nous ne l'auraient découvert qu'à ton décès ?
- Oui… J'ai ouvert un compte pour Dean, comme le trust fund que j'avais ouvert pour toi. Mêmes conditions, alimentation et taux d'intérêt. Il l'aurait récupéré à mon décès.
- Pourquoi tu n'as pas divorcé de Maman ? Et pourquoi tu n'as pas fait partie de sa vie ?
- Parce que les termes de notre contrat ne me le permettaient pas, bien qu'elle ait d'elle-même arrêté d'en respecter certains déjà à l'époque. Quand à jouer mon rôle de père auprès de Dean, des événements survenus peu de temps avant sa naissance m'ont fait penser que cela le mettrait plus en danger qu'autre chose.
- Tu parles plus du décès soudain de Grand-Père que de Celui-Dont-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom.
- Je vois que nous sommes arrivés à la même conclusion. Je souhaiter de tout cœur à ne pas avoir à vivre une double vie mais c'était la seule solution possible et je m'en serais contenter.
- Tu sais qu'elle a refait sa vie.
Knightley ne répondit pas, ce qui permit à Kingsley de faire une nouvelle affirmation.
- Tu le sais et tu l'aimes toujours.
- C'est la femme de ma vie et je ferais tout pour la rendre heureusement. Y compris me contenter d'interagir avec mon fils et ne pas chercher à la revoir.
Kingsley regarda alors son père et su qu'il disait vrai. Il avait en face de lui un homme qui s'était séparé de sa famille – d'une partie, du moins – et qui en souffrirait jusqu'à la fin de ses jours. C'est pour cela qu'il comprenait mieux la raison pour laquelle son père voulait qu'il fasse un mariage d'amour plutôt que d'accepter l'alliance négociée par sa mère. Il s'estimait dès lors chanceux d'avoir eu le coup de foudre pour Khosatsana et que celui-ci soit réciproque.
- Dans ce cas, Père, je vous promets de faire mon possible pour que Dean soit totalement accepté et intégré dans la famille.
- Ce n'est pas à toi de s'assurer de cela, Fils. Mais ton aide sera la bienvenue.
