Arthur Weasley était l'un des premiers à arriver dans son service, vers 8h30. Cela était uniquement dû au fait que Molly avait pris l'habitude de se lever tôt dans sa routine de mère au foyer et il s'était alors calqué dessus. Il était également parmi ceux de ces collègues qui restaient le plus tard, sans pour autant partir après le chef. Il était donc récurrent qu'Arthur arrive à son poste de travail avant son chef et qu'il parte pendant que celui-ci était enfermé dans son bureau ou assistait à une quelconque réunion.
En cette fin de novembre, Arthur arriva donc à 8h45 à son bureau. Ayant aperçu son collègue Perkins (le seul autre lève-tôt de l'équipe) à la cafétéria, il savait qu'il serait seul dans l'open-space. Il commença à s'installer quand, contre toute attente, son chef, Salone Picott, sortit de son bureau.
- Arthur ?
- Bonjour, chef.
- Mais…que faites-vous ici ?
- Je suis venu travailler, comme tous les jours.
- Ah… Vous n'avez pas reçu le hibou.
- Quel hibou ?
- Venez dans mon bureau, Arthur. Asseyez-vous. Hier en fin de journée, j'ai été convoqué par la charmante Charis Buxlet, l'attachée juridique à l'application de la loi d'union. Elle m'a fait part d'informations dont j'ai sérieusement douté de la véracité jusqu'à ce qu'elle me mette les preuves sous le nez.
- D'accord…
- Vous ne voyez vraiment pas où je veux en venir, Arthur ?
- Du tout.
- Je crois qu'il soit nécessaire que vous ayez une discussion avec votre femme… Vous avez été suspendu sans salaire jusqu'à la fin des congés de fin d'année pour non-respect de la loi d'union, par le service de législation magique.
- Que…quoi…com…
- Apparemment, un membre héréditaire du Magenmagot a essayé de vous contacter pour la rédaction d'un contrat entre son fils et votre fille Ginny. Ne pouvant vous contacter directement pour une raison que le service de législation magique cherche à déterminer, cette personne a pris contact directement avec votre fille qui aurait volontairement détruit la correspondance reçue sans envoyer de réponse. La situation a été signalé et une première sanction vous a été attribué sous la forme d'une amende et de la suspension des allocations et bourses publiques que vous pouviez recevoir sur un trimestre. De plus, il semble qu'il y a deux semaines de cela, vous et votre épouse étiez absents de la réunion de rencontre familiale qui avait lieu à Poudlard et pendant laquelle vous auriez dû rencontrer 5 futurs gendres et belles-filles et leurs familles respectives. Cette situation a été signalée plusieurs fois, y compris par votre propre fils Percy.
- Molly m'avait dit qu'elle avait fait une demande pour des rencontres individuelles avec chaque famille.
- Ce n'est pas à moi qu'il faut dire cela, Arthur, mais à Ms. Buxlet. Tout ce que je peux vous dire, c'est qu'une telle demande n'a pas dû être enregistré sinon, je doute que j'aurais eu l'entretien d'hier.
Arthur resta abasourdi en face de son chef. Ils ne touchaient plus beaucoup en allocations familiales, n'ayant plus que deux enfants à charge dont un seul mineur. Par contre, il y avait les deux conséquentes bourses d'études pour Poudlard… Il se rappela soudainement du fait que ces derniers temps, la variété dans la cuisine de Molly s'était amoindrie. Elle lui avait également dit que Ron avait fait une nouvelle poussée de croissance et qu'il lui avait fallu commander de nouveaux pantalons. Il comprenait qu'elle avait tenté de masquer l'arrivée de l'amende. Ce qui voulait dire qu'elle lui avait caché des choses, qu'elle lui avait menti…
- Je sais que vous êtes un bon gars, Arthur. Mais rappelez-vous que les actes d'un époux sont considérés comme étant également ceux de l'autre. A vrai dire, c'est plutôt à Molly qu'il faudrait le rappeler. En tout cas, la mesure prend effet immédiatement. Je ne peux rien y faire, désolé.
Ayant transplané à quelques mètres des boucliers magiques entourant le terrain familial, Arthur fut accosté par un hibou ministériel.
La fameuse lettre de suspension.
Arthur se posa sous un arbre quelques instants afin de faire le point sur la situation. Il savait que Molly n'était pas ravie que Ginny soit promise à un homme significativement plus vieux qu'elle. Le fait qu'il s'agisse de Severus Rogue ne faisant qu'aggraver les choses. Molly n'avait rien dit quant au lié de Ron (l'un de ses camarades de classe, s'il se souvenait bien) mais il se rappelait que la famille Prewett n'avait jamais été réputée pour être très tolérante de certaines rares opportunités de la société magique. En effet, le nombre de couples homosexuels capables de concevoir était très restreint, à cause des puissances inégales des partenaires. Mais en principe, si le système de sélection du Ministère était bien fait, le couple de son plus jeune fils n'avait pas vocation à être stérile, du moment que le jeune homme y mettait du sien (mais cela, c'était une toute autre histoire).
N'arrivant pas à comprendre les circonstances actuelles avec le peu d'éléments dont il disposait, Arthur se décida donc à passer les barrières protectrices. Une fois le seuil de la porte passée, il fut accosté par Molly.
- Arthur ? Mais que fais-tu ici à cette heure-ci ? Il s'est passé quelque chose au Ministère ?
- On peut dire cela comme ça. Il lui tendit la lettre. N'as-tu rien à me dire ?
Molly lut la lettre et son époux pu ainsi la voir pâlir en direct.
- Je peux voir à ta réaction que tu es au courant des actes mentionnés dans cette missive. C'est marrant car ce n'était pas mon cas. Enfin, jusqu'à ce que mon chef me convoque dans son bureau après sa surprise de me voir à mon bureau. Si j'arrive à imaginer comment tu as camouflé l'existence de l'amende, je me demande comment tu as fait pour les allocations familiales ainsi que les frais de scolarité de Ron et Ginny.
Molly resta muette, tête baissée. Elle n'avait pas prévu que les sanctions du Ministère aillent aussi loin. Maintenant, ils risquaient de se trouver en plus grande difficultés que d'habitude. Avec un mois et demi de salaire en moins et sur lequel aucune mensualité des crédits ne pourra être prélever à Gringotts, les Gobelins pourraient décider de leur saisir la maison et le terrain. Mais le montant qu'ils en tirerait avait de forte chance de ne pas être suffisant pour éponger leur dette. A côté de cela, il faudrait ajouter un loyer pour leur nouveau logement et vu les prix de l'immobilier, le seul salaire d'Arthur ne leur permettrait pas de louer un 4 pièces comme ils auraient besoin. Il y avait toujours la solution d'aller vivre avec la Tante Muriel… Non, trop d'emmerdement… Il faudrait qu'elle demande de nouveau de l'aide à Albus.
- Molly ? Réponds-moi ! En tant que chef de famille de la lignée Weasley, je t'ordonne de me raconter toutes les actions que tu as réalisés et qui mettent notre famille dans la situation actuelle !
- Quand le Ministère a publié cette loi, j'ai enragé comme tout le monde. Mais en même temps, je me suis dit qu'il y aurait peut-être une chance qu'au moins un de nos enfants fasse une belle union sans que celle-ci soit ruinée par ce fichu statut de traître. Avec Bill et Charlie disqualifiés à cause de leurs postes à l'étranger, cela nous laissait déjà plus que 4 chances. Et cela aurait été tellement bien qu'Harry puisse faire officiellement parti de la famille, tu vois... D'autant plus que Ginny est amoureuse de lui depuis si longtemps... Cela aurait été parfait… Et puis les couples ont été annoncés. Percy passe trop peu de temps avec la famille pour que le sien soit d'une quelconque affluence. Bien que je n'approuve pas leur plan de carrière, les jumeaux ont la chance de récolter une belle-famille qui peut aider à le développer et le rendre plus responsable. Mais les couples de Ginny et Ron étaient une catastrophe, sans parler de ceux d'Harry et Hermione qui sont…
- Avec ton raisonnement, Molly, tu devrais être ravie de la condition sociale du futur époux de Ginny.
- Mais il a l'âge d'être son père ! Ginny devrait être avec quelqu'un de son âge ! C'est censé être l'ordre des choses ! Ginny et Harry devraient être ensemble et non avec des adultes, aussi riches et titrés qu'ils peuvent être ! Albus…
- Qu'est-ce qu'Albus à voir là-dedans ?
- Il…
- MOLLYWEATHER PREWETT WEASLEY !
- Albus a dit qu'il allait arranger les choses. En attendant, il a manipulé les comptes de l'école concernant les bourses de Ron et Ginny. Quant à l'amende, on a également récolté la part de Percy. Donc j'ai vendu des œufs mais aussi quelques poules. Je demanderais à Xenophilius de nous prêter son coq afin d'ensemencer celles qui nous restent…
- Très bien… Moi Arthur Weasley, chef de la famille Weasley…
- Arthur, non…
- Ordonne à mon épouse Mollyweather née Prewett de ne plus prendre contact avec Albus Perceval Wulfric Brian Perceval Dumbledore pour tout sujet en rapport avec la situation de nos enfants et de leurs amis vis-à-vis de la loi d'union ou ne concernant pas directement la lutte contre Voldemort et ses troupes.
- Arthur !
- C'est pour avoir brisé ma confiance, Molly. Ainsi que nous avoir mis en grande difficulté. Tu sais combien les informations circulent vite dans notre communauté, en particulier quand on veut les garder privées. Notre famille va être encore plus traînée dans la boue et cette fois-ci, cela ne sera pas à cause d'une vieille histoire datant du temps de Merlin. J'espère que tu prendras le temps pour réfléchir à ce que tu nous infliges. Ce que tu infliges aux enfants. Moi, j'y penserais.
Arthur parti s'enfermer dans son bureau, laissant Molly seule et tremblante dans le salon. Il prit un morceau de parchemin et sa plume. Il fallait qu'il mette les choses au clair avec son ancien directeur.
Queenie Shackelbolt est contente. Non, elle était ravie. Elle allait pouvoir enfin se débarrasser de ce bon à rien de Knightley. La vie lui souriait enfin.
La vie lui avait déjà souri auparavant, en Afrique. Son père était et est toujours chef de clan. Certes d'un clan de second ordre mais suffisamment important pour que la famille dispose d'un siège au Conseil des Tribus. Aussi, quand le temps arriva de lui trouver un futur époux, nombre d'hommes célibataires de différents clans et tribus cherchèrent à se battre pour sa main. Cela lui avait vraiment plu d'être le centre de l'attention. Elle se souvenait que sa sœur cadette l'avait critiqué pour son attitude condescendante. Leur frère s'était contenter de rigoler et de lui demander de ne pas être trop capricieuse. Aucun des deux n'avaient compris les réels enjeux de la situation à savoir les conditions et choix possibles pour leurs mariages respectifs mais aussi le pouvoir que cela donnerait à leur clan pour les générations à venir. Si Queenie pouvait comprendre que sa sœur ne comprenne pas totalement, leur frère n'avait pas d'excuse en tant que futur chef de clan.
Mais bon, chaque famille doit avoir son idiot de service.
Finalement, le choix se porta sur un prêtre vaudou. Mais pas n'importe lequel. Le Grand Prêtre Vaudou, celui qui siégeait au Conseil des Tribus et formait la plupart des prêtres de tribus. Elle ne pouvait pas rêver meilleure union. Ils avaient été promis l'un à l'autre alors qu'il avait déjà 25 ans et qu'elle venait d'atteindre la puberté, à 14 ans. Bien évidemment, personne ne s'attendait à ce qu'elle soit mariée avant son 20e anniversaire. Sauf qu'à ses 19 ans, un événement vint bouleverser les plans matrimoniaux de Queenie. Qu'importe leurs coutumes respectives, toutes les tribus africaines avaient une tradition en commun : la cérémonie du Sielsgenoot (âme sœur en afrikaans), qui permettait de déterminer si la personne avait une âme-sœur ou non. Elle n'était réalisée qu'une seule fois, au moment de la puberté. L'inconvénient majeur de ce qui n'était ni plus ni moins qu'un test, c'est qu'il n'était pas détaillé dans ses réponses. Si, au moment de la cérémonie, ton âme-sœur était en vie, son identité était dévoilée. Autrement, rien ne se passait mais tu ne savais pas non plus si c'était parce que tu n'avais pas d'âme-sœur, si celle-ci était décédée ou juste pas encore née. Bien évidemment, le Grand Prêtre et elle-même avaient été testé et aucune âme-sœur signalée jusqu'à ce qu'une pubère précoce de 9 ans, issue d'une pauvre famille de cultivateur sans connexion ni fortune découvre lors de la cérémonie que le Grand Prêtre Vaudou était son âme-sœur.
Vous imaginez la joie dans la famille en question.
Mais cela changea tout pour Queenie.
Dans un premier temps, le Grand Prêtre proposa à sa famille de maintenir l'union. Il avait un peu plus de 10 ans à attendre avant de pouvoir s'unir avec celle qui lui était destinée et comme personne ne savait de quoi était fait le futur, il avait envie de prendre ses précautions question descendance. Sauf que cela impliquait, grosso modo, à renoncer à des célébrations fastueuses et autres aspects rituels sur lesquels Queenie ne voulait faire l'impasse. Et comme elle portait bien son nom, elle refusa cet arrangement et brisa ses fiançailles. La coutume voulait que la famille de l'âme-sœur lui trouve un époux, étant « responsable » de son retour sur le plancher des vaches. Sauf que la famille n'avait aucune relation digne de s'allier avec son clan. Queenie, dans un mélange de politesse et d'hypocrisie, fit savoir qu'elle était reconnaissante mais qu'il serait plus opportun pour la famille d'éduquer la jeune promise à son futur rôle de Maîtresse Vaudou. Ignorante des us et coutumes des grandes familles, la famille la prit au mot. Ce qui, pour la forme, fâcha bien évidemment Queenie.
Commença alors sa seconde quête pour un époux. Dans un premier temps, elle pensa s'approprier le promis qui avait été trouvé à sa sœur, originaire d'un clan supérieur. Sauf que la Maîtresse Vaudou du clan en question fit une prédiction farfelue, comme quoi le père du marié passerait dans moins d'un an vers l'autre monde et qu'il devait voir naître son premier petit-enfant pour que le clan survive. Sauf que Queenie devait attendre 2 ans avant de pouvoir de nouveau se fiancer, donc la seule solution avait été d'avancer le mariage de sa sœur. Le beau-père de celle-ci était mystérieusement toujours en vie.
En parallèle, la plupart des hommes qui avaient chercher à obtenir sa main 5 ans plus tôt avaient quasi tous trouvé chaussure à leurs pieds. Les quelques célibataires endurcis n'avaient pas un pedigree pouvant rivaliser avec celui du Grand Prêtre Vaudou. C'est pour cela que le Chef M'Bayye décida de regarda vers l'étranger, tout en restant dans la communauté africaine. C'est ainsi qu'il tomba sur la famille Shackelbolt, issue d'un fils cadet de chef de clan partit en tant que diplomate en Britannia magique et qui avait anglicisé son nom. Elle avait laissé son père faire les négociations et 4 ans après ce que Queenie considérait comme la pire des humiliations, elle était devenue l'épouse de l'héritier Shackelbolt. Pas trop mal, finalement. Un an plus tard, Kingsley était né. Sauf qu'elle avait détesté être enceinte et bien que son époux soit doué sous les draps, elle n'avait pas envie de prendre de risques. Donc elle lui avait refusé l'accès à son lit. A un moment, son cher beau-père, Major, avait essayé de faire pression sur elle afin qu'elle ait un 2e enfant. Elle fit alors bon usage de son éducation de Maîtresse Vaudou. Mais maintenant, elle ne pouvait que supposer que Knight en avait déjà profité pour s'acoquiner avec sa moldue. C'était déjà ça, elle n'était pas la risée de la société magique depuis plusieurs années sans le savoir.
Arrivée devant les portes de Gringotts, Queenie s'avança vers le comptoir puis demanda à voir son conseiller de toute urgence. Elle allait demander le divorce aux torts de Knightley et partir avec une part considérable de sa fortune. Rien qui le mettrait en difficulté financière ou menacerait l'héritage de son fils. Mais disons qu'il sentira la chose passer.
- Lady Shackelbolt. Que puis-je faire pour vous ? demanda le gobelin.
- Je souhaite divorcer de mon mari, Lord Knightley Shackelbolt.
- Je vois. Mes condoléances pour votre union. Comme je vous vois venir seule, je suppose que vous avez quelques griefs contre lui.
- Oui. Adultère aggravé.
- Lord Shackelbolt a un enfant illégitime ?
- Effectivement. Il me l'a annoncé, ainsi qu'au reste de la famille, il y a quelques jours de cela.
- Très bien. Permettez que je regarde votre contrat d'union…Humm… Ah.
- Ah quoi ?
- Il semble que dans l'état actuel des choses, qu'importe la raison que vous évoquez pour divorcer, vous repartez avec une pension que je qualifierais de… ridicule, Lady Shackelbolt.
- Comment cela se fait ?
- Il semble que peu de temps avant son décès, Lord Major Shackelbolt ait, par le biais de la magie familiale, indiqué que vous aviez brisé les termes de votre contrat d'union en refusant sur des bases non valables de mettre au monde un deuxième enfant. Il semble qu'il ait également donné permission à son fils d'obtenir ledit deuxième enfant en dehors du lit conjugal.
- Puis-je avoir une copie du contrat d'union ? Cela prendrait trop de temps que de réclamer celle de ma famille. Demanda une Queenie choquée.
- Tenez, Lady Shackelbolt. Est-ce que sera tout ?
- Oui, ce sera tout. Que vos affaires soient fructueuses.
- Qu'il en soit de même pour les vôtres, fit le gobelin avec un rire carnassier qui glaça le sang de Queenie.
Alors qu'elle quittait la banque, Queenie regarda rapidement le contenu du contrat et en conclut qu'il fallait qu'elle ait une discussion de la plus haute importance avec son père.
