A une semaine des vacances de Noël, Harry était de très bonne humeur. L'équipe de Quidditch de Gryffondor avait massacré celle de Serpentard lors du premier match de l'année. Il cartonné dans toutes ses matières (y compris Potions). Et il avait un fiancé (officiellement son promis mais bon, il faut bien ménager les idiots de l'Ordre du Poulet Boucané) particulièrement attentionné et sensuel. Chacune de leurs sorties incluait plus ou moins de temps à la résidence ancestrale de la lignée Serpentard, où ils pouvaient se prouver leur amour de façon un peu plus physique, tout en restant dans les limites permises par leur contrat. En repensant à la dernière fois où il avait vu Tom (soit 3 jours auparavant), Harry ne put qu'avoir des sueurs chaudes. Ils avaient atteint la limite des pratiques autorisés entre fiancé et ils en étaient ressortis avec une certaine frustration. Il savait qu'à moins de se contenter de lieux publics à partir de maintenant, ni Tom ni lui-même ne pourra s'arrêter en si bon chemin.
Harry caressa la bague qu'il avait reçu de Tom au début de l'année scolaire. Il s'agissait de sa bague de fiançailles mais il ne pouvait la porter et devait la cacher avec un sort. Et il mourrait d'envie de la porter à son doigt plutôt qu'autour d'une chaîne à son cou. Mais pour cela, il fallait que…
Harry sourit de toutes ses dents face à l'idée de génie qu'il venait d'avoir, au point que le pauvre Pouffsouffle de 2e année qui passait à côté de lui dans le couloir pris peur et parti à toute vitesse dans le sens inverse tout en le regardant comme s'il était Voldemort en personne. Il n'était pas loin dans son raisonnement, rigola mentalement Harry. Il avait la ferme intention de devenir Consort Voldemort au nez et à la barbe de la société sorcière. Et c'est plus ou moins perdu dans ses pensées qu'Harry se dirigea vers les portes du Château.
Au Manoir Jedusor, Tom était en mode Voldemort et était plongé dans toute la paperasse fournie par ses troupes. Ceux qui étaient libres de leur mouvement étaient chargés de découvrir de qui venait l'idée de la loi d'union car même si elle avait fini par tourner à son avantage, cette loi restait problématique dans le sens où les ¾ de la population se retrouvait privée de sa liberté de se marier (ou non) avec la personne de son choix. De temps en temps, quand ils avaient une piste, certains membres du Ministère disparaissaient de quelques jours à plusieurs semaines (le record ayant été 5 semaines et demi) et se retrouvaient alors aux mains de ceux qui avaient été libérés d'Azkaban, qui étaient chargés de les faire avouer tout ce qu'ils savaient, d'une manière ou d'une autre. Il n'avait pas obtenu d'informations probante pour l'instant sauf que la loi semblait être sortie de nulle part (dans le sens qu'aucun bruit de couloir n'avait circuler à son sujet auparavant) et que de par la période de vote (en plein été), plusieurs membres du Magenmagot n'étaient pas physiquement présents pour voter la loi avec leurs sièges personnels et que la majorité de ceux-ci appartenait aux factions neutres et blanches. Ce qui signifiait que le débat sur la loi devait avoir été très court par rapport à d'habitude et que la personne ayant avancé la loi voulait la faire passer pour une loi de la faction des ténèbres. Par conséquent, la personne derrière la proposition de loi ne pouvait qu'être statistiquement et logiquement parlant de la faction blanche et qu'elle ne devait pas être sûre de ses soutiens politiques pour avoir préféré faire voter une telle loi uniquement par des représentants qui lui sont fidèles. Bizarre, bizarre, toute ce mécanisme sentait le Dumbledore…
Tom fut coupé dans ses pensées par l'arrivée d'un hibou de Gringotts.
A l'attention de Lord Serpentard,
Un dépôt matériel a eu lieu dans votre coffre personnel à la demande de votre fiancé, Lord Potter-Black.
Il n'a donné aucune indication hormis le fait qu'il serait préférable que vous preniez connaissance des caractéristiques du dépôt avant le 23 décembre prochain.
Que votre or fleurisse et que vos ennemis trépassent.
Gorbek,
Conseiller Patrimonial de la Maison Gaunt-Serpentard.
Après la lecture de la missive, Tom ne pouvait que se demandait ce qu'Harry pouvait bien avoir déposé dans son coffre. Surtout avec l'instruction de récupérer quoi qu'il ait pu déposer avant le 23 décembre. Pourquoi cette date spécifique ? Hormis le fait qu'il s'agissait de la veille du Réveillon de Noël et que le Ministère organisait une soirée à cette date. Sachant qu'il ne pourrait arrêter d'y penser, Tom décida de se rendre à la banque magique.
Une fois arrivée dans son coffre, Tom remarqua tout de suite ce qui avait été déposé par Harry. Une lettre accompagnant un petit coffret. Le petit coffret renfermait la bague qu'il avait offert au mois de Septembre au jeune homme. Quelque peu paniqué à l'idée que son petit lion lui renvoie le bijou, Tom s'empressa d'ouvrir la lettre, qui ne contenait qu'une phrase.
J'ai envie de faire la Une des journaux.
Et le rire de Tom raisonna dans tous les souterrains de Gringotts.
Le quatrième jour des vacances en fin d'après-midi, Harry était en train de se détendre sur son divan dans sa chambre au Square Grimmauld. Enfin, se détendre était encore relatif car il entendait la voix criarde de Mrs Weasley dans la cuisine alors qu'il était deux étages plus hauts. Si cela n'avait tenu qu'à lui, la maison aurait été toute à lui (et à Kreattur) en dehors des réunions de l'Ordre. Mais non, il avait fallu que l'autre citronné s'en mêle. Quand ce dernier avait appris qu'il n'avait pas signé pour rester au château (sans doute via Ron la balance), il l'avait convoqué dans son bureau pour en discuter. A ce moment-là, Harry savait qu'il était prévu que Ron et Ginny restent à Poudlard suite à une lettre de leur père.
FLASHBACK
- Harry, mon garçon. J'ai appris que tu ne souhaitais pas rester au château pour les fêtes de fin d'année.
- Effectivement.
- Cela m'étonne beaucoup car Ronald et sa sœur restent au château. Je me demandais juste où tu comptais te rendre.
- Au Square Grimmauld.
- Ah, je vois. Tu sais que la maison sert de QG pour l'Ordre et je ne pense pas…
- Il s'agit en premier lieu d'une maison faite pour être habitée. Et elle m'appartient. Le fait que j'y sois pendant les congés n'empêchera pas l'Ordre de continuer à utiliser la cuisine pour les réunions.
- Certes, mais ne serait-il pas mieux que…
- Découvrir que je suis désormais le chef de la famille Black me fait me demander en quoi ça consiste. Les livres que j'ai commandés ne parlent que des généralités de la charge et je pense que la bibliothèque du Square comporte des livres sur les traditions propres aux Black.
- La bibliothèque comporte de nombreux livres assez dangereux et je ne parle pas forcément de leurs contenus…
- J'ai la bague de chef de famille, Professeur, fit Harry en dévoilant la bague à sa main droite. Si j'en crois mes livres, elle m'avertira de la nature des différents sortilèges présents sur les livres. De plus, je doute que le Grimoire familial soit doté de sortilèges dangereux. Enfin, dangereux pour un membre de la famille et particulièrement pour le chef, s'entend.
- Je ne peux, en toute conscience, te tenir éloigné de la volonté de prendre tes responsabilités. Je suis fier de toi, mon garçon.
- Merci, professeur.
FIN FLASHBACK
Le lendemain matin, il apprenait via la lettre que Ron et Ginny avaient reçu de leur mère qu'il avait apparemment invités toute la famille Weasley à passer Noël au Square. Cela fut la 3e preuve en l'espace d'une semaine que Dumbledore, créateur et dirigeant de l'Ordre ou non, avait une fixette assez suspecte pour son groupe d'amis et lui-même. La 2e preuve avait été la convocation d'Hermione dans son bureau après que Ron, ayant lu plusieurs lettres par-dessus l'épaule de la jeune fille, ait hurler au meurtre (parce qu'il n'y a pas d'autre mot pour catégoriser sa manière de parler) quand il avait découvert que la jeune fille passerait toutes ses vacances avec Malfoy. Depuis, la jeune fille évitait le rouquin comme la peste.
Donc il avait sa maison infestée de rouquins. Pas qu'il soit mécontent de voir Bill, Charlie ou les jumeaux mais malheureusement, leur mère et leurs deux cadets réduisaient le plaisir à néant. D'autant plus qu'ils n'étaient présents qu'en fin de journée. Mais au moins, ils ne se comportaient pas comme s'ils étaient les proprios de la maison. Les premiers jours avaient été difficiles, pour ne pas dire autre chose.
SAMEDI 20 DÉCEMBRE
Ron, Ginny et lui avaient été transportés par des membres de l'Ordre par portoloin. Après avoir perdu dix minutes à paniquer car Harry descendait sans valise et que personne ne voulait le croire quand il disait que Kreattur s'en était chargé. Il avait fallu qu'il appelle l'elfe pour que celui-ci certifie que oui, « Kreattur a transporté la mallette de Lord Black. Kreattur est un bon elfe de maison qui sait toujours quand son maître à besoin de lui. Kreattur va maintenant retourner préparer la maison pour l'arrivée de Lord Black. ». Un pop plus tard et l'elfe avait disparu. Ron rappela sa présence en râlant car sa sœur et lui devaient se coltiner leurs bagages respectifs. Harry fit le compréhensif désolé, disant que Ron aurait dû se manifester plutôt car maintenant, il se sentirait mal d'interrompre Kreattur dans une activité qui lui tiennait à cœur.
Quinze minutes plus tard, la troupe arrivait enfin à Square Grimmauld. Intérieurement, Harry se disait qu'il aurait eu le temps d'être kidnappé par des Mangemorts, des néo-Grindelwaldien, des renifleurs, le MI6, la CIA et le KGB tellement les membres de l'Ordre étaient repérables d'une part, mais également incapables de faire dans la rapidité. Son transfert depuis Privet Drive avant sa 5e année en était un autre exemple flagrant.
En tout cas, il avait eu l'agréable surprise de découvrir que Kreattur avait nettoyé la maison de fond en comble depuis l'été. Plus aucune toile d'araignées (ou d'autre chose) aux murs, plus aucune colonie de doxies, plus aucun papier peint se décollant des murs etc. Malgré le style victorien et les couleurs plutôt sombres, la maison n'était plus lugubre. Harry félicita Kreattur pour son travail au même moment que Molly sortait de la cuisine pour les inviter à se mettre à table. Apparemment, le regard rageur de la matriarche lui laissa supposer qu'elle avait eu l'intention de s'approprier le nettoyage. Ce que tout le monde aurait reconnu comme un mensonge pour diverses raisons.
Pendant le dîner, la nouvelle source d'emmerdement provint de Ron, qui avait découvert que les affaires d'Harry n'étaient pas dans la chambre qu'ils avaient partagés jusque-là. Harry déclara simplement que la chambre du chef de famille lui revenait de droit et qu'il avait envie de l'utiliser. Ron rétorqua qu'ils avaient toujours dormis dans les mêmes chambres pendant les vacances tandis que sa mère tenta de lui faire abandonner la pièce pour des adultes qui auraient besoin d'intimité. Harry fit savoir que comme son nom l'indiquait, la chambre du chef de famille n'était utilisable que par ledit chef de famille et qu'en l'occupant, il libérait le lit dans la chambre de groupe qu'il occupait habituellement avec Ron et les jumeaux. Et il ajouta pour Ron qu'ils ne pouvaient passer leur vie à dormir dans les mêmes chambres, qu'en penseraient leurs futures moitiés !
DIMANCHE 21 DECEMBRE
Harry fut réveillé par Mrs Weasley tentant d'ouvrir la porte de sa chambre de manière tout sauf délicate, à 7h30. Une fois descendu dans la cuisine où il retrouva tout le reste de la famille Weasley, la matrone déclara qu'il ne fallait pas traîner, ils avaient une journée de nettoyage devant eux. Tout le monde, y compris Ron et Ginny, étaient étonnés. Il était clairement visible que Kreattur avait limite récuré la demeure et que le seul ménage que chaque personne devrait faire été celui concernant ses affaires personnelles.
Quand Charlie fit remarquer la chose à sa mère, celle-ci déclara qu'elle ne faisait pas confiance à Kreattur pour avoir vraiment nettoyé. Devant le manque de respect flagrant envers son elfe, Harry appela celui-ci.
- Kreattur, je vais te poser une question. Et je veux l'absolue vérité, c'est bien compris ?
- Oui, Lord Black.
- As-tu nettoyé toute la maison ?
- Non, Lord Black, Kreattur est désolé…
- Ahah ! Fit Molly, triomphante
- …mais Kreattur n'a pas eu le temps de nettoyé le cadre de Maîtresse Walburga avant le retour de Lord Black.
- Juste le portrait de la mère de Sirius ?
- Oui, Lord Black.
- Oh, ce n'est pas grave. Prends-ton temps pour le nettoyer, c'est un portrait de famille après tout.
Défaite, Molly retourna, enragée, à ses casseroles. Tout le monde ou presque retourna se coucher. Harry choisit plutôt de commencer ses devoirs de vacances. A la fin de la journée, il avait fini ceux de Défense, Sortilège et la moitié de celui de Métamorphose.
LUNDI 22 DÉCEMBRE
Harry utilisa sa matinée pour terminer tant bien que mal ses devoirs. Tant bien que mal car Ron vint plusieurs fois frappé à sa porte pour lui demander de jouer aux échecs ou au bombabouses et éleva rapidement la voix pour critiquer son « ami » face au refus de celui-ci. Pour une fois, Molly Weasley se montra utile. Elle avait gravi l'escalier pour gronder son fils par rapport à son ton de parole. Cependant, elle ne devait pas avoir saisi la raison de la colère de son fils et quand elle le découvrit, elle lui passa un savon pour oser perturber quelqu'un qui se souciait de ses études, contrairement à lui, et lui ordonna de s'y mettre à son tour. Harry remercia la matriarche, qui eut la décence de refermée la porte de sa chambre.
Mais une fois l'après-midi venu, Harry vient à regretter d'avoir remercié la mère Weasley. Ayant fini ses devoirs, il voulut aller dans la bibliothèque afin de trouver et consulter le Grimoire Black. Sauf que lorsqu'il chercha à ouvrir la porte d'accès à ladite bibliothèque, Mrs Weasley se trouva subitement entre lui et la porte.
- Harry, mon chéri. Que fais-tu ?
- Je me rends dans la bibliothèque. Ça ne se voit pas ?
- La bibliothèque contient des livres assez dangereux, tu sais. Bill n'a pas encore eu le temps de faire le tri. Je me sentirais mieux si tu ne cherchais pas à y entrer avant qu'il ait pu mettre quelques livres de côté.
- Je ne sais pas si vous êtes au courant, mais je suis Lord Black, répondit Harry en montrant sa bague. La plupart des sortilèges présents sur les livres n'ont aucun effet sur moi car je suis le chef de famille. Dans le pire des cas, la magie familiale m'indiquera à travers la bague la procédure pour consulter le livre.
- Je ne fais pas confiance à ces trucs de sang-purs tradi…
- La magie familiale n'est un truc de sang-purs tradis comme vous dites. L'horloge que vous avez au Terrier est basée sur la magie familiale.
- Peut-être… oui…sans doute… Je n'y ai jamais compris grand-chose ! Je préfère que quelqu'un soit présent quand tu es dans cette pièce afin de vérifier au préalable les ouvrages que tu souhaites consulter. Et pour le moment, personne n'est disponible. Je suis en train de préparer le repas du Réveillon.
- Toute personne étrangère à la famille Black tentant de consulter un livre de la bibliothèque sera plus en danger que moi, ce qui annulera la nécessité d'avoir cette personne avec moi.
- Il est hors de question que tu consultes un quelconque livre de cette pièce !
Harry resta plusieurs secondes à observer Mrs Weasley d'un regard interdit.
- Mrs Weasley…Nous savons tous les deux que je ne vous ai pas invité à passer Noël au Square. Ni vous ni votre famille, malgré tout le bien dont j'en pense.
- Quand bien même. Tu es trop jeune pour rester tout seul et vu le type d'activité dans lequel tu sembles vouloir te lancer, tu as besoin de surveillance, jeune homme.
- J'ai 17 ans. Je suis donc majeur et cette maison est la mienne. Je peux y rester seul si bon me semble. J'ai toujours envié Ron d'avoir une famille mais dès le début, j'ai pu dire que vous étiez un peu trop…intrusive, si je puis dire, dans la vie de vos enfants. Or je ne suis pas un de vos enfants. Vous n'avez aucune autorité sur moi et vous n'en avez jamais eu. Donc vous allez gentiment vous écartez de mon chemin avant que je commence à perdre patience et je vous expulse de ma demeure. Maintenant.
En disant cela, Harry avait légèrement laissé sa magie virevolter autour de lui, afin de créer une aura légèrement menaçante. Mrs Weasley pâlit quand elle senti la puissance magique qui se dégageait du jeune sorcier et s'écarta promptement.
- Merci. Et pas la peine d'aller vous plaindre à quiconque. Sinon, vous devrez refaire vos courses et préparations pour Noël et le Réveillon.
Nous étions désormais le mardi 23 décembre et Harry était en train de se détendre avant de se rendre au Ministère pour la soirée de fin d'année. Le Ministre accueillera les premiers invités dès 18h30. Étaient attendus les membres du Magenmagot, les chefs de départements et de service ainsi que d'influents membres de la société magique. Bien que n'ayant pas encore repris les sièges Potter et Black au Parlement magique, Harry avait tout de même été invité. Pour éviter un scandale au moment du départ, Harry avait informé ses invités/surveillants de sa participation aux festivités du Ministère. En vérité, il avait juste informé Mr Weasley car il savait que l'épouse de celui-ci aurait été plus vocale par rapport à la situation. Mr Weasley avait simplement acquiescé, ajoutant qu'il était mal placé pour contester sa décision, d'autant plus que sa famille s'imposait chez lui alors qu'il avait sans aucun doute un programme de prévu.
A 18h45, Harry descendit l'escalier et passa rapidement la tête dans la cuisine pour signaler son départ avant de se diriger vers le parloir et la cheminée. Mr Weasley hocha la tête et lui souhaita de passer une bonne soirée. Son épouse tilta et commença à poser des questions. Harry, ne souhaitant pas s'attarder, laissa le patriarche se débrouiller et se précipita vers sa destination.
Une fois arrivé dans l'Atrium, Harry se présenta au poste de sécurité avec son invitation avant d'être orienté vers la salle des fêtes. Des pages étaient présents afin de diriger les invités mais aussi pour les annoncer une fois aux portes de la salle.
- Lord Potter-Black !
Comme à son habitude, Albus Dumbledore fut parmi les premiers arrivés. Non pas parce qu'il adorait ce type de festivités et voulait en profiter au maximum (il les tolérait, ni plus ni moins) mais parce qu'être parmi les primo-arrivants lui donnait l'avantage de pouvoir espionner pour le compte de l'Ordre.
Plus précisément, il pouvait dire, grâce aux réactions faciales de ce manipulable de Fudge, qui lui versait ou non des pots de vins. Il put donc être témoin de l'arrivée de Tom, qui fut salué de manière plus qu'enjouée par Fudge. Il put également voir le regard du Seigneur des Ténèbres errait sur la pièce, comme s'il cherchait quelqu'un. Albus savait qui son ancien élève cherchait du regard et se réjouissait de la future déception de celui-ci. N'étant pas un membre officiel du Magenmagot bien que titulaire de deux sièges, Harry n'avait pas reçu d'invitation. Et comme la politique concernant les accompagnants des invités étaient que l'accompagnant ne pouvait être que le fiancé officiel ou le conjoint, Tom n'avait pu inviter le jeune homme.
Aussi, quand l'arrivée d'Harry fut annoncée, Albus tomba des nues et seule l'attitude de Fudge lui permit de se rappeler que certains invités n'avaient aucun lien contractuel avec le Ministère. La faille à laquelle il n'avait pas pensé. Albus tenta de s'approcher du jeune homme puis se retint. Ici n'était pas l'endroit pour sermonner le jeune homme sur sa conduite inconsciente. De plus, il se rappela qu'il avait chargé Molly de surveiller le jeune homme et qu'elle avait, en toute vraisemblance, failli à sa mission.
Il fallait absolument qu'il reprenne son monde en main.
- Harry, mon cher ami !
- Mr. le Ministre. Merci pour l'invitation.
- Ne me remerciez pas. Vous êtes titulaire de deux sièges au Parlement, même si vous ne pouvez personnellement les utiliser à l'heure actuelle. Votre place est bien évidemment parmi nous. Permettez que je vous présente à quelques personnes.
Et c'est que fit le Ministre pendant une bonne partie de la soirée. Il lui présenta plusieurs membres du Magenmagot, plusieurs employés du Ministère. Finalement, il le laissa avec une femme qui devait avoir l'âge de la grand-mère de Neville mais qui en faisait beaucoup moins et présentée comme Lady Prince.
- Vous me rappeler quelqu'un, lui dit le jeune homme après les paroles d'usage.
- Cela ne serait pas étonnant dans la mesure où mon fils est votre professeur de potions, sourit Lady Prince
- Vous êtes la mère du Professeur Rogue ! Effectivement, vous avez le même regard.
- Ravie de l'entendre. Généralement, on se contente de nous dire que vous avons les mêmes cheveux.
- Aussi, répondit Harry, ce qui fit rire son interlocutrice.
- Vous par contre, vous ressemblez à votre mère. Et je ne parle pas que de vos yeux.
- Vous connaissiez ma mère ?
- Oui, j'ai connu Lily Evans. J'ai été en froid avec ma famille suite à mon mariage avec le père de Severus, un moldu. Nous habitions dans un petit village industriel et les Evans étaient de nos voisins. Severus fut celui qui l'introduisit à la civilisation magique quelques années avant leur entrée à Poudlard. Lily avait toujours été une jeune fille joyeuse, polie et aimable. On ne pouvait pas en dire autant de son aînée, Pétunia.
- Elle n'a pas vraiment changé depuis.
- Cela ne m'étonne pas. Je me souviens qu'elle est devenue particulièrement…désagréable avec sa sœur après son entrée à Poudlard. Je compatis au fait que vous avez connu l'adulte qu'elle est devenue.
- Désolé, Eileen. Mais le Ministre vient d'annoncer le dîner et j'aimerais pouvoir saluer correctement Lord Potter, les coupa Tom.
- Tom ! s'exclama Harry, tout sourire
- Vous me privez d'une discussion très intéressante, Lord Gaunt. Priver une femme est très loin d'être recommandable, fit Eileen avec une petit sourire
- Sale fouineuse, fit Tom en emmenant Harry vers la salle du dîner, ce qui fit rire Lady Prince à gorge déployée.
- Je réclame un autre chapitre ! déclara-t-elle
- De quoi parle-t-elle ? demanda Harry
- J'ai dans ma bibliothèque un livre de potions que peu de personnes peuvent lire et à chaque fois que j'ai besoin des services d'Eileen Prince, je la…rémunère avec une partie du livre traduit.
- Je suppose qu'elle sait.
- Oui que oui, elle sait. Nous étions dans la même promotion, avec le père de Lucius entre autres. Et ton grand-père.
- Si j'avais besoin d'une preuve supplémentaire que je faisais dans la gérontophilie…
- Seule ma date de naissance est celle d'un géronte, murmura Tom à l'oreille d'Harry, ce qui fit rougir ce dernier. J'ai cru que tu serais arrivé avec Dumbledore.
- Il n'était pas au courant de ma venue. A vrai dire, il semble vouloir contrôler le déroulement de mes vacances. Il a soi-disant invité en mon nom les Weasley chez moi alors qu'initialement, Ron et Ginny devaient passer les vacances à l'école. Mrs Weasley était chargée de me surveiller et de m'empêcher d'accéder à la bibliothèque.
- Comment la tu convaincues de te laisser tranquille ?
- Je l'ai menacé de l'expulser de la maison, ce qui la forcerait à refaire…enfin, plutôt à faire les courses pour les repas de fêtes. Elle s'occupe que de vider le frigo de la maison, jamais de le remplir. C'est Kreattur qui s'en charge. Et comme Ron et Ginny avaient reçus initialement une lettre leur disant qu'ils passeraient Noël à l'école, j'en conclu que les déboires weasleysiens avec la loi d'union ont eu quelques conséquences financières notables.
- Lucius m'a fait savoir qu'Arthur est suspendu de son poste sans salaire jusqu'à la nouvelle année.
- Pfff… Ils ont déjà peu d'argent et ils se mettent d'eux-mêmes en difficulté. J'ai toujours vu Arthur comme une bonne pâte mais qui n'a pas vraiment la capacité de tenir tête à sa femme. C'est elle qui porte la culotte. Je pense qu'il est plus une victime qu'autre chose, ayant laissé trop de pouvoir à Molly.
Le repas se passa bien également, d'autant plus que Dumbledore était assis assez loin des deux tourtereaux. Ceux-ci mangèrent avec Fudge et Charis Buxlet, entre autres. Le reste de la soirée se passa très bien également. Après le dîner, le bal fut lancé et Tom s'octroya d'autorité – pas qu'il y ait eu beaucoup de résistance – la première danse d'Harry. Ce dernier lui fit cependant trois infidélités pour danser avec Lady Prince, Amelia Bones et la douairière Londubat. Juste après la danse avec la grand-mère de son camarade de classe, Tom redevint son cavalier pour une danse. A la fin de celle-ci, Tom se stoppa au beau milieu de la piste de danse, les yeux fermés.
- Tom ? demanda Harry
En guise de réponse, celui-ci posa un genou à terre. Ce geste fit poussé plusieurs cris de surprise aux femmes de l'assistance.
- J'ai longtemps été persuadé que je passerais ma vie seul, avec mes recherches et quelques animaux. Et puis je t'ai rencontré, Harry. Un agaçant petit Gryffondor qui ne peut rester en place. Un agaçant petit Gryffondor avec un cœur en or. Tu as su voir ce que moi-même je ne voyais plus en moi. Tu m'as ouvert ton cœur et tu m'as permis de réaliser que j'en avais un, caché profondément. Et sans m'en rendre compte, je t'ai donné mon cœur. Tout entier. Indépendamment de la loi, je ne me vois pas vivre sans toi et… désolé Mr. le Ministre mais vos délais sont trop longs à mon goût. Je ne supporterais pas d'attendre deux ans après ta sortie de Poudlard pour faire de toi mon partenaire de vie. Attendre jusqu'à la fin de ta scolarité est déjà bien trop long. Henry James Potter, accepteriez-vous de faire de moi un homme comblé en acceptant de devenir mon époux et consort d'ici un an ?
Harry n'eut nullement à forcer pour avoir les larmes aux yeux. Tom venait de lui faire une superbe déclaration d'amour devant la bonne société magique. Et même s'il ne l'avait pas fait, cela n'aurait rien changer à sa réponse.
- Oui, oui !
Alors Tom sorti la bague en onyx de sa poche et la mit à la main gauche du jeune homme. Puis il se releva et posa un regard attendri à son désormais fiancé, jusqu'à ce que celui-ci relève la tête. Alors Tom enroula ses bras autour des hanches d'Harry, l'approcha de lui et l'embrassa délicatement. Bien qu'ils aient tous les deux les yeux clos, ils virent très bien les flashs du photographe de la soirée.
Pour la première fois, Harry était ravi de faire la Une des journaux.
Quasi tous les invités se précipitaient autour des nouveaux fiancés pour les féliciter. Fudge semblait avoir atteint le Nirvana. Albus, par contre, avait un visage neutre pour cacher le fait qu'intérieurement, il était en enfer. Tom venait d'atteindre un nouveau niveau d'influence sur Harry. Et il n'en avait rien retiré. Absolument rien. Aucune info mineure qui aurait pu trahir au moins son allégeance politique. Il se demandait toujours comme il faisait pour toucher Harry de la sorte sans que celui-ci souffre le martyr. Il fallait qu'il dévoile un peu plus ses cartes au jeune homme sans pour autant perdre sa confiance. Il ne pouvait donc révéler la véritable identité de Thomas Gaunt. Mais avant tout ça, il faut qu'il rattrape le jeune homme, pour éviter qu'il se lie à la limite de l'irrémédiable avec le mage noir.
En pensant cela, Albus remarqua que la foule s'était dispersée et certains invités faisaient leurs au revoir. Et il ne voyait plus ni Harry ni Tom. A côté de lui, Fudge parlait de manière animée avec le rédacteur en chef de la Gazette.
- Cornelius, mon cher. Excusez mon interruption mais où sont nos deux jeunes fiancés ? Je n'ai pas eu le temps de leur communiquer mes souhaits.
- Oh, ils ont quitté la salle. Je pense qu'ils sont assez pressés de régulariser la demande de Lord Gaunt, si vous voyez ce que je veux dire, répondit Fudge avec un petit rire
Albus se précipita alors vers l'atrium mais il arriva trop tard : Tom et Harry transplanèrent sous ses yeux.
1. Boucané est le therme créole utilisé pour dire "grillé" en Martinique. Je fais la précision car ce n'est pas le même mot en créole haïtien et que j'ai un doute pour celui de la Guadeloupe, qui n'est pas exactement pareil.
2. La première note était ma traduction très simple et raccourcie du terme "boucané". Une Guest a fait le commentaire suivant: Le boucané est une sorte de cuisson sur feu de bois ET à l'étouffée. La viande boucanée et la viande grillée sont donc deux sortes de cuissons différents.
Tu n'as pas tort mais j'ai toujours entendu ma grand-mère et ma mère parler de boucané quand elles faisaient du poulet grillé au feu de bois. Et elles ont été élevées sur leur île, comme tu dis. Donc je te remercie pour la précision même si la condescendance dans ta signature était tout à fait inutile. Un même mot peut avoir des définitions plus strictes ou plus larges suivant les individus.
