Aujourd'hui, c'était samedi. Plus précisément un samedi de sortie à Pré-au-Lard pour les étudiants de 3e à 6e années. Les 7e années, eux, pouvaient s'y rendre quand bon leur semblait sous réserver d'être de retour pour le couvre-feu. Tout le monde avait son programme. Pour Harry, il s'agissait de passer la matinée et le début de l'après-midi avec ses amis et leurs promis avant de pouvoir enfin passer ouvertement du temps avec son époux de l'heure du thé jusqu'au couvre-feu.

Le petit-déjeuner venait de finir et Harry se dirigeait vers la cour principale pour rejoindre son groupe quand il fut arrêté par une main sur son bras et une voix à la fois familière et agaçante.

- Harry, il faut que tu m'aides.


Ginny était furieuse. Depuis qu'elle était devenue officiellement la fiancée de Rogue, celui-ci faisait de plus en plus preuve d'ingérence dans sa vie scolaire à son avis, occultant le fait que c'était son droit du fait de la loi. Il s'était entretenu avec chacun de ses professeurs pour connaître son niveau et son attitude en classe. S'il n'y avait rien à dire de particulier sur ce point, il en était autre chose pour son niveau scolaire. Si elle excellait dans les épreuves pratiques, son travail écrit laissait à désirer dans la plupart des matières. Depuis, elle l'avait tout le temps sur le dos, relisant ses devoirs et lui intimant à chaque fois de faire des recherches complémentaires. Certes, les dernières notes reçues étaient plus élevées que d'habitude mais elle n'en avait que faire. La théorie n'avait aucune place dans son projet de vie initial, et une bonne partie de la pratique était censé être gérée par son époux. En tout cas, c'est ce qu'elle avait planifié quand la chance de devenir Lady Potter existait encore.

Depuis le retour des vacances, Ginny avait observé son homme idéal et avait fini par se résoudre à l'idée qu'elle ne pourrait jamais faire sa vie avec lui, sauf à avoir recours à quelques potions. Et disons que si Ginny voulait absolument devenir une femme trophée, elle ne voulait pas non plus prendre le risque de finir à Azkaban. Non, dans l'état actuel des choses, Ginny voulait juste ne pas avoir à changer son patronyme de Weasley à Rogue ou même Rogue-Prince, indépendamment de l'accès souhaité à une fortune considérable. Inconsciemment, elle réalisait qu'il y avait des limites qu'elle ne voulait pas franchir dans sa quête de richesse.

En ce samedi de sortie à Pré-au-lard, Ginny était l'une des seules personnes à ne pas avoir pris son manteau en partant pour le petit-déjeuner. Cela était dû au fait qu'elle n'était pas autorisée à aller au village, ordre de son ignoble fiancé. En effet, elle lui avait rendue copie blanche pour le dernier devoir de potions et en guise de retenue, elle devait rédiger le devoir en question sous sa supervision.

Alors qu'elle quittait la Grande Salle pour se diriger vers la salle de cours de son fiancé (fiancé ?! quelle horreur !), Ginny aperçu Harry se préparant pour aller au village et quelque chose fit 'tilt !' dans la tête de la jeune fille.

Quelques temps avant que la loi d'union soit annoncée, sa mère les avait pris à part, Ron et elle. Elle leur avait annoncé que Dumbledore avait un plan qui allait garantir l'avenir et la réputation de leur famille. Quand Ron avait demandé si cela signifiait qu'il pourrait épouser Hermione et que la famille aurait accès à la fortune d'Harry, leur mère avait acquiesçait. Et quelques semaines plus tard, la loi d'union était votée. Ce qui voulait dire que le directeur devait avoir participé à l'élaboration de la loi. Une excellente idée de sa part, une fois passer outre le fait qu'il en avait perdu le contrôle on ne sait comment. Et Ginny était assez intelligente pour savoir que depuis le retour de Voldemort, toutes les décisions de Dumbledore concernaient, d'une manière ou d'une autre, Harry et l'effort de guerre.

Donc qui mieux que le survivant pour faire abolir une loi qui a été faite en pensant à lui ?


- Ginny, répondit froidement Harry

- Harry, il faut que tu m'aides. Rogue…

- On est tous au fait du sale caractère de Rogue. Mais je suis sûr que si tu mets du tien, il deviendra correct.

- Il faut que tu fasses abolir la loi !

- Autant que je déteste la loi malgré les bonnes choses qu'elle m'a apporté, le raisonnement sur lequel elle est basée est valable. Archaïque mais valable. Au-delà du fait que je ne suis pas en position d'appeler sa suppression, sa disparition n'annulerait pas les obligations qu'elle a créée. Je te rappelle que les couples l'ont été magiquement et qu'il y a gros à perdre si on ne les respecte pas. Tu devrais le rappeler à Ron à l'occasion.

- Ce n'est pas ce qui était prévu !

Harry regarda Ginny, interdit.

- De quoi tu parles ?

- …Quelques semaines avant que la loi d'union soit annoncée, Maman… m'a fait comprendre que quelque chose allait arriver qui garantirait l'avenir de la famille. Avec ton statut social et ta fortune, tu as toujours été perçu comme…

- Une voie rapide pour la sécurité financière de ta famille. Mais pour cela, aurait-il fallu que je sois intéressée par toi ou un de tes frères, ce qui n'est absolument pas le cas et ne l'a jamais été.

- On le sait… Maintenant…. Mais il y a quelques mois, ma mère n'attendait qu'un signe avant d'organiser le mariage du siècle. Bref, ce que je veux dire, c'est que ce n'est pas une coïncidence que ma mère me fasse cette déclaration juste avant l'annonce de la loi. Quelqu'un avec une certaine influence lui a fait miroiter quelque chose. Et de nos connaissances, il n'y a que Dumbledore qui soit en position de faire ce genre de promesses.


Pendant la sortie, Harry repensa à ce que Ginny lui avait dit mais se garda de partager ses pensées avec Tom. Il ne considérait pas Ginny comme une source fiable mais il devait avouer que le comportement du directeur avait été illogique depuis l'annonce des couples, surtout qu'il savait parfaitement qui se cachait derrière l'alias de Thomas Gaunt.

C'est pour cela que le lendemain en fin de matinée, Harry décida d'aller parler avec le Professeur Rogue. Vivant la moitié du temps avec Ginny dans les pattes et avec ses dons de legilimens, il ne pouvait qu'être au courant des pensées de sa fiancée. Il sortit discrètement la carte du Maraudeur alors qu'il venait de sortir de la salle commune. Ginny était avec ses amis près du lac et Rogue était seul, dans son bureau.

Parfait.

Harry fit plusieurs détours via les passages secrets pour éviter de croiser Ron, qui avait une tendance à le coller et à se plaindre soit de la loi, soit des cours. Seamus avait arrêté toute tentative pour lui parler donc il ne comprenait pourquoi il trouvait encore à se chouiner sur ce plan. Quant à sa scolarité, l'état de ses notes laissait plus qu'à désirer, vu qu'Hermione ne voulait plus l'aider à la suite de nombreuses insultes dirigées vers Drago. Et bien évidemment, Harry n'était jamais confiant de la qualité de ses devoirs (niark niark niark).

Une fois arrivé devant le bureau de la chauve-souris des cachots, Harry frappa à la porte.

- Entrez, fut la réponse en provenance du bureau.

- Bonjour, professeur.

- Mr Potter, bonjour, répondit Severus, un sourcil arqué. Miss Granger vous envoie car elle s'est décidée à priver cette école de l'agréable présence de Mr Weasley ?

- Ahah, désolé mais non. Si cela avait été le cas, je pense qu'elle serait venue d'elle-même. Ou aurait envoyé Drago. J'ai une discussion intéressante avec Ginny hier matin.

Harry regarda alors Severus droit dans les yeux. Comprenant le message, ce dernier se plongea dans les souvenirs de son élève.

- Je ne suis pas étonné par les dires de Ginevra. Peu de temps après son emménagement dans mes appartements, elle a sous-entendu à grands éclats que je n'étais pas la personne avec laquelle elle aurait dû être couplée. Sur le coup, j'ai juste pensé à une crise d'enfant gâtée qui n'obtient pas ce qu'elle veut pour la première fois de sa vie. Maintenant, cela donne une autre dimension à cette loi.

- Je n'ai en jamais discuté avec Lui mais je me doute bien qu'Il n'a pas demandé cette loi.

- Effectivement. De ce que ma mère m'a rapporté, la loi a été initialement apporté par quelqu'un de la faction neutre. Rien d'inhabituel. Cependant, à la date du vote, plusieurs membres du Parlement étaient absents et leurs représentants ont presque que tous votés en faveur de la loi. Notre faction étant en minorité et la faction neutre étant moins importante que nous, je vous laisse deviner la faction d'origine des votes.

- Mais ce n'est pas logique… Cette loi sent le traditionalisme à plein nez et la faction blanche a toujours voter contre ce type de législation sur le dernier siècle, criant au racisme anti nés-moldus.


Plus tard dans la semaine qui suivit, Tom convoqua ses troupes et soutiens pour avoir une vision claire de l'étendue de son réseau à la suite de la loi d'union. Bien qu'ayant encore la loi en travers de la gorge malgré son résultat positif en ce qui le concerne, il fut extrêmement ravi de ses conséquences. Il avait désormais une porte d'entrée dans tous les services du Ministère et à tous les échelons de postes. S'il voulait propager une idée, il serait extrêmement difficile à Dumbledore et compagnie d'en connaître l'exact point d'origine. De plus, en pour la particularité du Parlement magique, les Londubat, dont l'influence n'était plus à refaire, étaient passés de manière non-officielle dans la faction neutre. Et quand Harry aura la possibilité de sortir ses sièges de sous l'autorité dumbledorienne… Lucius serait le Chef Sorcier.

Quand la réunion fut finie, seuls restèrent Lucius et Severus, à la demande de ce dernier. Il avait apparemment des souvenirs à leur montrer.


La Saint-Valentin tomba un samedi. Tom avait promi à Harry de passer la journée avec lui. Il attendait le week-end avec impatience. Toute la semaine, il avait fait des horaires impossibles au Magenmagot, les débats pour les lois durant des heures, donc le repos ne serait pas de refus. Alors qu'il s'apprêtait à descendre prendre son petit-déjeuner, il sentit sa chevalière chauffer.

Une nouvelle séance du Magenmagot était demandée.

Tom souffla bruyamment. Les séances avaient rarement lieu le week-end et les rares fois où cela était arrivé par le passé, elles n'avaient guère duré longtemps. Avec un peu de chance, ce sera la même chose aujourd'hui.

Dans sa précipitation d'aller au Ministère le plus rapidement possible dans l'espoir que cela aide, il en oublia d'envoyer une lettre à son mari pour lui faire part de son possible retard.


Il était 13h, Tom était toujours coincé au Ministère et il doutait de voir le bout de la séance. De plus, la salle du Parlement magique était protégée par tellement de sortilèges qu'il ne pouvait utiliser le lien pour prévenir Harry.

Harry qui devait être en train de l'attendre à Pré-au-lard…


Il était 14h et Harry fulminait. Tom n'était pas là comme convenu et il ne répondait pas à ces appels mentaux. Vexé, le jeune homme retourna au château. Au dîner, tout le monde remarqua sa mauvaise humeur le reste de la journée.

- Comment était la journée ? Tenta Hermione

Harry se contenta de souffler avec colère.

- Comment va Tom ?

- Tom qui ? répondit Harry avec colère

« Quelqu'un s'est fait poser un lapin », pensa Hermione avant de retourner à son assiette.


Vers 1h du matin, Tom sortit enfin du Ministère et prit directement la direction de Poudlard. Il sentait qu'il aller devoir se faire pardonner et le plus tôt il aurait rampé devant son époux, le plus tôt il pourra panser son égo.

Cependant, une fois arrivé devant le portrait de la Grosse Dame, il ne put l'ouvrir. Il retenta à plusieurs reprises avant d'utiliser sa magie pour se connecter à celle de l'école… et découvrir que l'accès au dortoir lui avait été refusé. Expressément.

Apparemment, ramper n'allait pas être suffisant.


Le lendemain matin, Harwig déposa un magnifique bouquet de rose jaune avec une lettre devant Harry. Au grand bonheur de Dumbledore et à la surprise horrifiée du hibou, de Severus et de la plupart des Serpentard de 6e et 7e année, le jeune brûla le bouquet d'un coup de baguette avant de quitter la Grande Salle.

3 jours plus tard à une heure tardive, un reptile femelle redouté des mangemorts rampa jusqu'au bureau de son maître pour le trouver assis à son bureau avec un air désemparé.

- Tu ssssemble perturbé, Tom, siffla Nagini

- Harry m'en veut, fut la réponse en fourchelangue

- Ffffait ce que les autres marcheurs ssssur deux pattes ffffont, envoie-lui un tas d'herbes colorées

- Il l'a brûlé.

- Utilissse votre lien

- Il me bloque.

- …Je pourrais lui parler pour toi.

Et Nagini vit la lueur revenir dans les yeux de son maître.


Le lendemain vers 23h, Nagini circulait dans les couloirs de Poudlard, en direction de la Tour Gryffondor. Tom lui avait jeté un sortilège pour qu'elle ne soit visible que d'Harry. De plus, il lui tenait mentalement compagnie afin de la guider dans le château. Alors qu'elle arrivait devant le tableau de la Grosse Dame, Nagini se sentit être décollée du sol. Alors qu'elle s'apprêtait à attaquer, elle reconnut la magie et l'odeur de la personne qui venait de l'attraper.

- Harrrrry…

- Nagini, que fais-tu ici ?

- Tom m'envoie.

Harry haussa un sourcil puis contre toute attente, Nagini senti une nouvelle présence dans son esprit qui lutta contre celle de Tom, jusqu'à ce que celle-ci disparaisse. Elle siffla de déconfort.

- Était-ccccce nécccccesssssaire ?

- Quand tu rentreras, tu diras à Tom d'aller se faire voir. En attendant, tu devrais aller dans les cachots. Severus est encore debout et je suis sûr qu'il ne dira pas non à quelques écailles. Tu trouveras sans doute des rats sur le chemin, répondit Harry en la déposant dans les escaliers avant de disparaître derrière le tableau.

- Ssssss, des rats ! s'exclama Nagini, oubliant sa mission première

A plusieurs kilomètres de là, Tom insultait mentalement son familier.


Le samedi suivant (soit une semaine après que le Magenmagot ait forcé Tom à poser un lapin à Harry), Harry se promenait à Pré-au-lard avec Hermione, Neville et Luna.

- Ginny est encore punie ? demanda Neville

- Non, le professeur Rogue la présente à sa mère, répondit Hermione

- J'aurais pensé qu'il l'aurait fait plus tôt, constata Harry

- Disons que des ajustements de comportement ont été nécessaire, déclara Luna

- La pauvre mais en même temps, elle cherche. Comment ça se passe avec Pansy, Nev ? demanda Harry

- Elle essaie de me faire payer l'envoi de son père en Australie en faisant des virées shoppings frénétiques avant d'envoyer la facture sur mon compte.

- Elle aurait préféré que son père prenne le risque d'être tué par Vous-Savez-Qui ? fit Luna en haussant les sourcils

- Disons qu'elle est de la même fabrique que Crabbe et Goyle. Elle est à Serpentard car c'est de tradition dans sa famille mais on ne peut pas dire qu'elle ait réellement de l'amb…

Neville fut couper dans sa phrase par un bruit d'explosion suivi de cris venant de plus profondément dans le village.

- Mangemorts !

Bien que les quatre adolescents se préparent à la bataille, Hermione regarda Harry en soulevant un sourcil.

« C'était prévu ?» était la question muette

Harry hocha des épaules et secoua la tête. Il ne savait pas ce qui se passait.

Plusieurs mangemorts circulaient dans le village, endommageant les commerces et stupéfiant quelques passants. La plupart des étudiants étaient soit terrés dans les commerces soit retournés en vitesse à l'école. Le quatuor n'était en position de faire ni l'un ni l'autre à l'heure actuelle. Alors ils commencèrent à faire usage de leurs baguettes. Cependant, au bout de quelques minutes, Harry et Hermione se trouvèrent séparer de Neville et Luna, et commencèrent à se battre dos à dos. Cependant, les deux jeunes lions remarquèrent bien que les mangemorts ne se battaient pas à pleine puissance, en particulier contre eux.

- Bébé Potter ! fit une voix criarde

- Sérieusement ? souffla Hermione

- C'est Bellatrix, qu'est-ce que tu veux ?

Tout bascula en moins d'une minute. Bellatrix jeta un sort qui propulsa Hermione loin vers l'avant. Harry, étonné de la violence du sort, se tourna pour faire tâter de son déplaisir à sa tante mais cette dernière avait disparu de son emplacement.

- Harrrry Pottterrr…

Harry se retourna pour faire face à Tom, ou plutôt Voldemort. Au même moment, de nombreux bruits de transplanage se firent entendre. L'Ordre du Phoenix et/ou les aurors venaient d'arrivés, 20 min après le début des échauffourées.

Quel professionnalisme.

Cependant, Harry recentra bien vite son attention sur l'alter ego de son époux.

- Voldemort. Ça fait un bail qu'on n'avait pas de tes nouvelles ! Tu étais où pendant tout ce temps ? J'en étais presque arrivé à penser que tu étais mort, fit-il narquoisement en accompagnant ses dires d'un sorti de chatouillis, bloqué par un bouclier

- Harrrryyyy…

Puis je me suis rappelé que tu avais potentiellement quelqu'un à chérir avec la nouvelle loi. Comment elle s'appelle ? Non, tu as plus la tête d'être avec un « il ». J'espère que tu t'occupes bien de lui…

- Harrrryyy…

En guise de réponse, Harry jeta une floppée de sorts, la plupart contrée par Voldemort. Celui-ci, de plus en plus énervé, cherchait un moyen pour amener son époux à l'écouter. Au bon de quelques minutes de duel, Voldemort utilisa un sort d'attraction. En quelques secondes, Harry était dans ses bras et il les fit transplaner au Manoir Jedusor. Les mangemorts disparurent à leur tour quelques instants plus tard, laissant les aurors et les membres de l'Ordre décontenancés et paniqués. Dumbledore, qui avait convenablement prit son temps pour arriver sur les lieux, n'avait pu qu'être témoin de la disparition de son arme de guerre.