Réconfort
Notre course s'achève en bas de l'immeuble, qui manque de s'effondrer totalement. Seule la partie supérieure c'est affaissé, occasionnant de nombreux dommages aux bâtiments environnants. Nombreux sont les passants qui s'arrêtent devant cette nouvelle zone sinistrée, les services publiques sécurisent la zone. Nous observons la scène de loin, rassurés de ne pas avoir fini sous les décombres.
— C'est pas passé loin dit-donc ! Dis-je avec assurance. Malgré cela, Hina reste silencieuse. Elle détourne le regard avant de s'éloigner dans la direction opposée
— Attend, où tu vas ?
— Parce que tu trouves ça normal peut-être ?
Le temps s'arrête. Cette voix, aussi froide que la rambarde sur laquelle je prenais appuis tout à l'heure, me cloue au sol. Sa voix tremblait. Elle fixait le sol, comme pétrifiée. Hina était méconnaissable.
Entre temps, de gigantesques flammes jaillirent du bâtiment sur lequel les débris de celui que nous venons de dévaler avait atterri. Une fumée noire commençait à s'échapper du siège de l'entreprise Equinox, située à deux pas du lycée. Fort heureusement, le lycée est fermé à cette heure-ci, l'évacuation aurais été un massacre à la vue du tempérament des élèves qui l'occupe.
— Tu te rend compte de ce que l'on a fait ? De ce que j'ai fait ? Dit-elle avec une voix déchirante.
— Tout ça c'est ma faute.
Une explosion se fait entendre, les sirènes se rapprochent du secteur.
— Je n'y peux rien tu comprends !
— Non je ne comprends pas ! Rien ! Qu'est-ce qu'il t'arrive bon sang ? Qu'est-ce qu'il m'arrive ? C'est quoi ce bordel ? Hurlais-je terrifié.
— Parce-que c'est moi qui ai causé tout ça ! Je ne peux pas me contrôler, c'est comme si… elle ne finit pas sa phrase et éclate en sanglot. Un sentiment d'impuissance et d'inconfort m'empêche d'agir. Les cris de la foule qui s'agglutine devant les barrières de sécurité me font réaliser la gravité de la situation. Les autorités commencent à déambuler autour du bâtiment qui nous a servi de terrain d'atterrissage.
— Il ne faut pas rester ici.
Je prends sa main avec l'espoir de gagner ne serait-ce qu'un peu de sa confiance. Elle est gelée.
Nous quittons la zone sinistrée en silence. Les panneaux commencent à s'éclairer. Quelques rues de plus et c'est toute la ville qui semble être illuminée. Les quartiers populaires dans lesquelles nous passons grouillent de touristes, les animations de manquent pas. Impossible de rater les écrans géants sur lesquels ont peux avoir un avant-goût de l'animé phare de la saison hivernale.
— Une petite photo souvenir du quartier Akihabara ça vous tente ? Nous demande une jeune femme pour qui l'appât du gain est prioritaire sur l'ambiance. Nous hochons sèchement la tête avant d'accélérer le pas.
La grêle ne cesse de tomber depuis l'explosion, des millions de morceaux d'eau à l'état solide jonchent le trottoir.
— C'est ici.
— Pardon ? Je demande, surpris qu'elle reprenne enfin la parole.
— J'habite ici.
Devant l'HLM en question, on peut apercevoir une ligne de Shinkansen au loin, malgré le brouillard qui peine à se dissiper malgré la présence de bâtiments.
— Bon d'accord, je te laisse ici alors.
Elle acquiesce. L'atmosphère est plus que gênante. Sans oublier que j'habite à l'opposé de chez elle, ce qui va m'obliger à passer la nuit sous un pont. Elle ferme la porte de chez elle, sans même m'accorder un seul regard. Je laisse échapper un soupir.
— Il ne faut pas que je commence à me faire des films...
Mon téléphone sonne et m'indique 27 nouveaux messages, dont 3 prioritaires. J'ouvre l'appli Line pour découvrir non sans joie un « Merci » de Hina, avec un petit sticker « sourire » tout droit issu du tome 4 du manga ReLife.
Hina :
« Je ne peux pas te l'expliquer clairement, et je m'en excuse, mais, si quelqu'un venait à apercevoir ce que je t'ai empêché de voir, alors je commencerais à disparaître. C'est pourquoi, dans la hâte, j'ai provoqué la destruction de l'immeuble. »
Lodaka :
« Ce n'est pas de ta faute, j'aurais du t'écouter, j'étais complètement dépassé par tout ce qui se passait, j'en suis désolé. Mais ce n'est vraiment pas de ta faute. Enfin, c'est quoi cette chose que j'ai manqué d'apercevoir ? »
Hina :
« Pas grand-chose. Ne t'inquiète pas pour cela »
Lodaka :
« Je ne m'en inquiète pas, je veux juste savoir, ça m'intrigue »
« :) »
Hina :
« Tu n'as vraiment aucun tact. »
Je me demande encore pourquoi j'ai sorti une telle réponse.
« Si tu n'as pas de logement, il faut le dire »
Une photo de moi au pied de son HLM est en pièce-jointe.
— Ouah !
Je franchis le seuil de la porte, avant de découvrir un salon coquet rempli de multiple décorations en tout genre. Les étagères sont remplies d'outils de travaux manuels, de livres de recettes ou encore de mangas et de magazines pop.
— Sans tact, Tête brûlée et impoli. Incroyable !
J'aperçois Hina à l'ouverture, au fond de la pièce de vie commune. Je n'avais pas encore réalisé que je venais de m'introduire sans prévenir, il faut dire que j'ai mis un peu de temps à réfléchir au message que j'avais reçu de sa part.
— Kirigaya n'avais peut-être pas tort finalement…
De la vapeur d'eau s'échappait de la pièce adjacente.
— GOMENASAI ! M'écriais-je en plaquant mes mains l'une contre l'autre.
— Tu n'habites pas dans le coin ? Tu aurais dû rentrer chez toi bien avant…
— Dit-elle après avoir joué la dépressive.
Un porte-savon atterri sur mon visage. Je peux l'entendre glousser dans la supposée salle de bain. L'ambiance se détend petit à petit.
Elle sort enfin de la salle, et me rejoint sur la petite table du salon. Elle cherche quelque chose dans son sac avant de poser cette dernière sur la table.
Travail collaboratif n°7
Map-Quest
Pendant la journée du jeudi 10 janvier de 10h à 15h, vous devrez vous rendre aux lieux indiqués sur la carte afin de remplir le questionnaire ci-dessous. Binômes obligatoires
Le tout est suivi d'un petit questionnaire pour chaque lieu ainsi que des consignes de sécurités très pointues, que personne ne respectera.
— On rejoindra Hikari à l'ancienne station de métro située en contrebas vers 11h, je viens de lui dire de remplir la fiche de présence au lycée pour nous. Au fait, ton plat préféré ?
— Je sais pas, des pâtes je suppose ?
— Irrécupérable.
— Mais j'en sais rien moi !
— Parle moins fort au téléphone sis' ! Enlève le haut-parleur ! La voix d'un jeune garçon se fait entendre, sans doute son frère. Nous pouffons de rire. Cela faisait longtemps que je ne me suis aussi bien senti avec quelqu'un, très longtemps. Je commence à ressentir des palpitations sur mon côté gauche, je me sens capable de passer le restant de mes jours ici, à ses côtés, alors que je la connais encore à peine.
« On appelle cela dans de nombreux pays : un coup de foudre ! »
Ces paroles me reviennent à l'esprit, je ne pense pas que ce soit le moment de trouver une explication rationnelle à tout cela.
— Et toi, c'est quoi ton plat préféré ?
— Hum, je dirais les onigiri…
— Ces trucs de riz sans saveur ?
Elle me fusille du regard. La soirée se termine dans une ambiance sereine, et je fini par me coucher sur le futon du salon. Cette bicoque est si agréable, les odeurs parfumées qui flottent me réconfortent avec une force incroyable. Malgré le fait que les aveux d'Hina m'intriguent au plus haut point, le sommeil est en train de gagner la partie. C'est submergé d'émotions positives que je m'endors, du sucre plein les yeux. Je commence à me faire des films.
