Environ 5 ans après l'instauration de la loi d'union, plusieurs personnes contemplent le chemin qui a été parcouru…
Minerva regardait une nouvelle fois le livre des Admissions, qui scintillait ces derniers temps comme il ne l'avait fait depuis les années 1960. Le fait que le livre scintille signifiait une naissance dans une famille magique britannique ou installé durablement sur le territoire et donc l'admissibilité de l'enfant à Poudlard dans environ 11 ans.
Le nom du jour était Rosemary Adaline Goyle. De ce que Minerva avait appris, de Sybille de toutes les personnes, Miss Brown avait réussi à faire disparaître le côté grosse brute de Mr. Goyle. Ah ! Si cela avait pu arriver bien plutôt dans leur scolarité. Pas la loi d'union mais ce changement de comportement chez l'ancien Serpentard. Cela lui aurait bien épargné quelques disputes avec Severus. Minerva se mit alors à repenser à certaines des noms apparus ces derniers mois :
- Frances Alice Londubat, clair hommage à ses grands-parents paternels. A la connaissance de Minerva, le couple Londubat-Parkinson ne durait pas au-delà de la naissance d'un deuxième enfant. La jeune femme ne s'était toujours pas habituée au fait que sa vie d'épouse ne correspondait pas à l'idée qu'elle s'était et avec le fait que ses parents étaient toujours en « poste » en Australie, elle n'avait plus personne pour répondre à ses moindres désirs. Sans compter que d'après ce que lui avait rapporté Griselda, elle portait que très peu d'intérêt à sa fille.
- Hélios Zabini-Lovegood, né exactement à la frontière entre la Grève et la Macédoine du Nord. Il faudra que Mr. Zabini et Mrs. Lovegood-Zabini lui explique comment une telle chose était possible. Parce qu'il fallait avouer qu'elle s'était attendue à ce que l'enfant naisse à l'autre bout du monde, dans la mesure où le couple voyageait pour promouvoir le journal de Xenophilius à travers le monde. Qui continuait à se vendre mieux à l'étranger que dans son pays d'impression et de publication.
- Contessina « Sina » Greengrass-Shackelbolt, Minerva se souvenait toujours de la Une de la Gazette quand Lord Shackelbolt décida de reconnaître son fils cadet et que certains secrets de famille furent révélés au grand jour. À la suite de cela, Lady Shackelbolt décida de retourner chez sa famille en Afrique, ouvrant la voie pour que Dean puisse construire une bonne relation avec sa famille paternelle. Amenant au fait qu'il utilisa une autre langue que l'anglais pour poursuivre la tradition familiale de baptême.
Minerva sourit. Les paris étaient ouverts pour savoir dans quelle(s) maisons(s) tous ces enfants issus de couples improbables allaient finir. Dans tous les cas, la population de la maison Serpentard allait changer drastiquement dans les années à venir.
Seamus venait de finir sa journée et s'apprêtait à retourner chez lui, à près de 22h. C'était le principal inconvénient à être l'un des rares sorciers à ne pas être marié et/ou avec charge de famille à la suite de la loi d'union : son patron estimait que la plupart des astreintes du département des accidents et catastrophes magique lui revenait et qu'il avait la capacité d'arriver plus tôt ET de rester plus tard au travail. Oui, cela l'énervait profondément mais en même temps, il était automatiquement mieux payé que ses collègues au même niveau et sa carrière évoluerait également plus vite que la leur du fait du plus grand nombre de cas qu'il avait l'opportunité de traiter.
Une fois dans l'atrium, Seamus se dirigea vers l'une des cheminées puis arriva dans le salon de ses parents. Il aurait pu prendre son propre appartement dans le monde magique mais il s'y refusait. D'un point de vue sentimental, le monde moldu avait plus à lui offrir. En effet, ils n'étaient que 5 personnes dont le couple dans le cadre de la loi d'union n'avait…pas tenu le coup : 2 autres hommes et 2 femmes abandonnés par leur lié du genre opposé. La loi ayant été annulée, le ministère ne tenta pas de les recaser ensemble mais de toute façon, avec un nombre impair, quelqu'un serait forcément resté sur le carreau. Ils se rencontraient une fois par trimestre, pour échanger sur leur ressenti de ne pas avoir de conjoint ni de famille quand littéralement tout le monde autour d'eux étaient dans cette configuration. Mais contrairement à lui, ses 4 co-situationnaires étaient tous des sang-purs. De différents niveaux sociaux certes mais totalement non-éduqués sur le monde moldu et ses possibilités. Car avec les promotions d'étudiants de Poudlard venant après la sienne arrivant dans le monde du travail avec des relations sentimentales plus ou moins avancées, il était impossible de partir en se disant qu'ils trouveraient chaussures à leurs pieds avec quelqu'un ayant, au mieux, 3 ans de moins ou, au pire, 70 ans de moins pour le plus âgés des laissés pour compte.
En restant chez ses parents, il gardait un pied dans le monde moldu et ses avancées technologiques. Et c'était ainsi qu'il avait rencontré, i ans de cela, une charmante jeune fille sur un site de rencontre. Son prénom était Gwenda et si tout continuait sur la même lancée, il lui demanderait de l'épouser d'ici la fin de l'année.
C'est à cette pensée heureuse que Seamus se rappela qu'il faudrait alors lui annoncer pour le monde magique….
- Maman ! J'ai une question !
Arthur était, comme à son habitude, assis sur son fauteuil dans le salon du terrier. Et comment souvent ces dernières années, son regard était posé sur l'horloge familiale. L'horloge à qui il manquait 2 aiguilles.
Tout d'abord, celle de Ron. A vrai dire, son aiguille était toujours là mais ne marchait plus et pendait nonchalamment en bas du cadran. A la suite du procès perdu contre les Malfoy, Lucius Malfoy porta à son tour plainte pour dénonciation calomnieuse. Puis Molly voulu intenter divers procès au Ministère concernant le couple de Ron avec le jeune Finnegan. Il arriva à en stopper certains (la demande d'annulation du couple à la suite de l'abrogation de la loi) mais pas d'autres (la plainte pour atteinte à l'intégrité de Ron à cause de son couplage avec une personne de même sexe que lui). Autant dire que la dette familiale fut fortement alourdie. Et 5 ans plus tard, il n'avait toujours pas fini de payer. Il se demandait même si ses enfants ne devront pas se partager un reste de dette en guise d'héritage.
Ron avait perdu sa magie quand la date limite pour le mariage fut dépassée. Le phénomène de perte de magie le laissa malade et affaiblit pendant des mois. Après cela, il fallut se résoudre à l'évidence que Ron n'avait plus aucun avenir dans le monde magique. Il prit contact avec son frère cadet, Claudius, un cracmol qui avait réussi à faire carrière et devenir un comptable, propriétaire de son propre cabinet. Il lui expliqua la situation et lui demanda d'aider Ron à s'adapter. Cela fut difficile car dans le cadre de son mariage avec Molly, son beau-père avait demandé que toute la famille Weasley coupe les ponts avec les membres problématiques, ce qui incluait les cracmols. Il se souvenait que son père avait utilisé une part significative de la dot de Molly pour faire disparaître toutes les traces physiques de l'existence de Cloclo, comme il était surnommé dans le temps. Et qu'à part son frère Bilius, Merlin ait son âme, tout le monde avait effectivement coupé toute relation avec lui. A l'exception d'une lettre de pour l'informer du décès de Bilius et demander sa non-présence à l'enterrement.
Bref, il fut difficile de convaincre Claudius de lui reparler, puis d'accepter de prendre Ron sous son aile. Et ce dernier n'aida pas, prenant son oncle de haut parce qu'il était né cracmol, qu'importe le fait qu'il en était désormais un également. Claudius arriva à lui faire prendre des cours et à passer, de justesse, les équivalents moldus des BUSES et ASPICS en moins de 2 ans. Il lui trouva un poste administratif dans l'entreprise appartenant à des amis. Quand il demanda à son frère pourquoi il ne le prenait pas dans son cabinet, ce dernier le regarda droit dans les yeux et lui demanda :
- Veux-tu garder ton fils en vie ?
Il ne prit pas la peine de répondre.
Quand Molly compris que Ron devait s'intégrer dans le monde moldu, elle piqua une crise et refusa de reconnaître qu'il n'y avait aucune possibilité prestigieuse pour son fils au sein de sa communauté d'origine pendant un moment. Paradoxalement, l'acceptation finale se traduisit chez sa femme par demander à leur fils de quitter le domicile familial quand il obtient ses examens moldus et débuta dans le monde professionnel moldu. Quand il eut découvert la chose, trop tard comme cela semblait devenir son habitude concernant les agissements de sa femme, elle argua qu'il ne pouvait rester au risque d'endommager la réputation du reste de la famille.
- Quelle réputation ? fut sa question sans réponse
Concernant Ginny, il fallait avouer que devant la gravité de la situation de Ron, il n'avait pas pensé qu'elle puisse être également dans une situation difficile. Et quand il s'en rendit compte, il était de nouveau trop tard pour qu'il puisse changer quoi que cela.
Severus et sa mère demandèrent que l'union soit célébrée le plus rapidement possible après sa sortie de Poudlard. Cela fut fait une semaine après son 18e anniversaire et Arthur pensa naïvement que Ginny ferait profil bas, remplirait les termes des contrats puis obtiendrait un divorce à l'amiable rapidement.
Sauf Ginny refusa catégoriquement la consommation du mariage, allant à l'encontre du point XX du contrat. Severus proposa alors une conception via potion. Ginny accepta et un peu moins d'un an après la célébration de leur union, Ginny mit au monde deux enfants, un fils prénommé Rarion et une fille prénommée Rhodé. Deux ans jours pour jour après la naissance des jumeaux, qu'Arthur avait à peine vu à cause de Molly et Ginny, cette dernière présentait une demande d'annulation de l'union à sa belle-mère, Lady Prince. Mais la seule non-consommation du mariage, malgré la méthode de conception alternative, rendait sa demande irrecevable.
Ginny envoya une lettre à sa mère sur le sujet pour se plaindre.
Le lendemain, l'aiguille de Ginny était sur le sol.
A son bureau au Magenmagot, Lucius prenait une pause qu'il estimait bien mérité. Après les révélations du procès Dumbledore, un audit total de la législation de la communauté magique britannique avait été effectuée. Au-delà des inconstances diverses et variées qui ne prenaient pas en compte l'évolution de la société, une Lettre Patente du roi XXX, faisant office d'annexe à la loi d'application du Secret Magique en Britannia, obligeait le Ministère de la Magie a adapté et implémenté en droit magique toute loi et jurisprudence provenant du monde moldu. Autant dire que la charge de travail avait été automatiquement augmentée de manière significative.
Lucius prit une photo qui se trouvait sur son bureau. Dessus, une petite fille d'environ 3 ans jouait à la dînette, entourait de poupée. Sa petite-fille, Philippa.
Parce qu'on ne pouvait échapper totalement à son éducation, Lucius devait avouer qu'il n'avait pas été extrêmement enthousiaste à l'idée d'avoir une fille comme premier petit-enfant. Ou comme petit-enfant tout court, vu que son premier réflexe à la naissance de l'enfant avait été de penser au fait qu'une partie de l'héritage de son futur petit-fils serait amputer de la dot de sa sœur, qui se devait d'être d'un certain montant compte tenu du standing de la famille Malfoy. Mais le regard émerveillé de son fils quand la jeune Hermione lui mit le bambin dans les bras le fit changer d'avis. A vrai dire, c'était plutôt le regard noir de Narcissa qui fit l'affaire. Ainsi qu'une menace du jeune Lord Potter-Black transmise par le Seigneur des Ténèbres. Rien que d'y penser, Lucius en frissonna.
Lucius se souvenait du jour où la photo avait été prise. Philippa voulait imiter sa grand-mère prenant le thé avec ses amies et avait donc « emprunter » un des services à thé…
- Papy ! Papy !
Lucius releva la tête se trouva face à sa femme tenant leur petite-fille par la main.
- Papy ! Devine, devine !
- Deviner quoi, Pippa ?
- P'tit fère !
- Tu as un petit frère ?
- Oui ! Alex !
- Alex ? demanda Lucius avait un haussement de sourcil dirigé vers sa femme, la fillette désormais sur ses genoux.
- Alexandre, mais avec notre petit Pippa, ça ressemble plus à Alexdre…
Depuis la fenêtre de son bureau, Eileen observait son fils en train de jouer dans le jardin avec ses enfants Rarion et Rhodé. Âgés de 3 ans, les jumeaux semblaient déjà avoir hérité du don de la famille Prince pour les potions et la botanique et nul doute que le moment venu, leur père les initierait à l'arithmancie et à la création de sort. Severus est et sera un bon père, comme Eileen l'a toujours su, et comblerait tous les désirs de ses enfants. A une exception près.
Après avoir refusé de remplir son devoir d'épouse ou, du moins, de l'avoir rempli incorrectement, Ginevra refusait désormais de remplir son rôle de mère. Cela commença par le refus d'allaiter les jumeaux, ce qui ne posa pas vraiment problème dans la mesure où son corps ne fabriqua pas de lait maternel. Puis de prendre part à leur baptême et à leur éducation. La jeune fille ne quittait ses appartements que si elle était assurée de ne pas croiser un seul Rogue-Prince, la transformant en oiseau de nuit par la force des choses.
Au départ, Eileen avait bien tenté de faire comprendre à la jeune fille et à sa mère que si elle ne se pliait pas aux termes du contrat d'union, un divorce entre Severus et elle serait impossible. Mais toutes deux refusèrent d'entendre raison. Néanmoins, Eileen fut totalement prise au dépourvu quand Molly renia sa fille quand la demande de dissolution de l'union fut refusée. Cette décision choqua la jeune fille et la laissa sans réseau de soutien officiel. Légalement parlant, elle n'avait plus de famille à l'exception de Severus et les jumeaux. Depuis, elle était devenue un fantôme, sortant quasiment plus de sa chambre. A titre personnel, Eileen ne l'avait pas aperçu ni constaté de preuve officielle de sa présence au Manoir depuis plus de 6 mois. Son père et ses frères lui avaient, bien sûr, envoyé des lettres mais aucune réponse ne fut accordée. Et le peu de nouvelles qu'Eileen pouvait donner à un Arthur Weasley désemparé ne correspondait même pas au minimum syndical qu'elle aurait souhaité recevoir à sa place.
Eileen retourna à son bureau. Elle ne pouvait libérer son fils de Ginny mais en même temps, il aurait été cruel de laisser la mère de ses petits-enfants dans la rue et le besoin malgré son comportement. De fait, son attitude était une bénédiction car dans la vie de tous les jours et à tout point de vue, Severus était effectivement un père célibataire.
Également à son bureau au Magenmagot, Tom se frottait les mains. Depuis son mariage avec Harry et la divulgation de sa double identité auprès de la plupart des membres de l'Ordre du Phoenix et de certaines membres clés de la société magique britannique, il n'avait jamais autant progressé dans la diffusion de son agenda. Certes, Harry avait réussi à le convaincre de revenir sur certaines de ses propositions les plus problématiques mais l'agenda traditionnaliste n'avait été aussi populaire, aussi bien auprès des sang-purs que des nés-moldus, qui s'avéraient en vérité à l'affut d'informations sur les traditions et l'histoire du monde magique. De fait, il devrait être capable de se faire élire Premier Ministre d'ici moins de 5 ans. Tout dépendait de la rapidité à laquelle il arrivait ou non à faire couler Fudge avec un scandale quelconque…
Tom quitta son bureau en direction de l'Atrium. Sur le chemin, il fit un sourire plein de sous-entendus à diverses personnes désormais au courant de son identité et qui ne pouvait rien faire à ce sujet. Ah, que la victoire était douce…
A peine sortait-il de la cheminée du Grand Salon du Château Serpentard que Tom fut percuté par une petite tornade brune.
- Papa !
- Coucou, Iris. As-tu passé une bonne journée ? fit Tom en prenant sa fille de 4 ans dans les bras
- Hum hum, fit la petite fille en hochant la tête.
- Où est ton père ?
- Daddy est dans la cuisine. Il fait des gâteaux ! s'exclama l'enfant
- Des gâteaux ? demanda Tom, des étoiles dans les yeux
- Oui, 'y chocolat, vanille-fraise, vanille-chocolat…
- Tom se dirigea avec en train vers les cuisines du château. Et en effet, Harry se trouvait face à l'ilot central de la cuisine, entourait d'une multitude de bol remplit d'appareils à gâteau de différentes couleurs. Déjà, plusieurs gâteaux étaient en cours de cuisson dans les fours derrière lui.
- Tom ! fit Harry avec un sourire. Tu es rentré ! Iris, ma chérie, tu peux me prendre 2 pots de confiture de cerise qui est dans le haut du placard à confiture, s'il te plait ? C'est écrit dessus
- Oui Daddy !
Redescendant sa fille à terre, Tom en profita pour s'approcher d'Harry, lui embrasser le front et poser ses mains sur son ventre rond, abritant pour encore 3 mois leur fils.
- Il y en a pour combien de gâteaux ? demanda Tom, haussant malicieusement un sourcil
- Eh bien… 5 gâteaux à base chocolat, 5 à bases nature ou vanille comme dit Iris, 10 tartes diverses… Eh ! Bas les pattes ! s'exclama Harry, claquant de la main celle de Tom, dont l'un des doigts étaient trempé dans un appareil au chocolat.
- Humm… Est-ce que mon gâteau préféré fait partie de ta longue liste ?
- Tu veux dire le gâteau chocolat noir et orange sanguine ? Non… Ouille !
- Ahah ! Je crois que ce coup de pied de notre fils veut dire que tu mens !
- Traitre, marmonnant Harry en regardant son ventre.
- Tiens, Daddy ! interrompit Iris, les deux pots de confiture à la main.
- Merci, ma chérie. Tiens, tu vas m'aider. Tom, passe-moi la génoise nature qui est derrière toi.
Tom passa la génoise en question. Il s'appuya ensuite contre l'îlot et regarda avec un sourire son époux et sa fille en train de découper le gâteau en deux et en tartiner la partie inférieure avec la confiture de cerise. La vie lui souriait sur tous les plans.
Et la nouvelle du trépas de Dumbledore, survenue la veille au soir, était la cerise sur le gâteau.
FIN
