Disclaimer : Bleach est le shōnen du vénérable Tite Kubo.

Résumé : Byakuya Kuchiki n'était pas du genre à exprimer librement ses sentiments et émotions au su de tous, loin de là. Mais certaines circonstances peuvent bouleverser l'essence même d'un homme, même celle du plus noble des shinigamis.

Bien le bonsoir, et encore merci à ceux qui me suivent malgré mes longues absences. Bref, je ne vais pas parlementer car je ne veux pas en faire tout en tas et finir par me ridiculiser.

Sachez simplement que j'ai pour habitude de rédiger intégralement mes histoires avant de les poster. Ainsi donc, l'histoire sera entière lorsqu'elle sera publiée et vous n'aurez pas à attendre les prochains chapitres puisqu'il n'y en aura pas.

Cette histoire tient lieu après celles d'Hisagi et de Toshirô, je vous conseille de les lires avant pour ne pas être perdu durant votre lecture de celle-ci.

À votre interprétation.


Comment la vie de Byakuya Kuchiki a basculé, part 1 / 9

Le bip incessant des machines résonnait dans la pièce, rappelant à quel point la vie ne tenait qu'à un fil. Allongé sur ce lit, branché et intubé, ce trouvait un Byakuya Kuchiki plongé artificiellement dans le coma pour sa propre sécurité. Un accident lors d'une mission au Hueco Mundo lui avait valu un aller simple à la Quatrième division sans espoir d'en sortir avant un très long moment.

Lui qui pourtant demeurait constamment sur ses gardes, son zanpakuto protégeant ses arrières, il n'avait pu éviter le projectile venu de côté, lui ouvrant le crâne à l'arrière sur plusieurs centimètres, juste au-dessus de la nuque. La flèche s'était ensuite fichée dans le mur un peu plus loin. Sur le coup, il ne sentit qu'une faible piqûre, rien de bien inquiétant pour sa part. Ce fut lorsqu'une vive douleur assourdissante lui vrilla la tête –qu'il en hurla de douleur au milieu du champ de bataille– qu'il comprit qu'il n'était point question d'une malheureuse piqûre mais bien de quelque chose de plus important. Pour sa propre survie, son cerveau réagit aussitôt et se protégea des agressions successives, le faisant ainsi s'évanouir.

Son cri déchirant avait de suite attiré l'attention des shinigamis présents. Le plus ahurissant pour eux fut sans doute de voir le corps du capitaine de la Sixième s'écrouler sans préavis, s'écrasant contre le sol sablonneux. Ce ne fut pourtant pas le vice-capitaine du blessé qui réagit, mais celle de la Dixième, hurlant son nom, espérant qu'il se relèverait rapidement. Mais après de longues secondes sans réaction, elle se jeta vers lui, esquivant diverses lames, usant d'un dernier shunpo pour atterrir près de lui. Une flaque de sang et d'un autre liquide transparent s'agrandissait rapidement à ses pieds, dégoulinant d'une horrible plaie sous ses cheveux.

Elle héla Renji de toutes ses forces, l'obligeant à ouvrir un garganta d'urgence pour se replier. Soulevant le corps inerte, elle s'engouffra la première dans le passage, courant à vive allure pour rejoindre les quartiers de la Douzième où devait aboutir le chemin. Elle y fut en quelques minutes, ignorant royalement les réflexions amères du Capitaine Kurotsuchi pour s'évaporer en direction de la Quatrième division. Elle confia le noble aux bons soins d'Isane Kotetsu qui le conduisit directement au bloc opératoire.

L'opération avait été particulièrement compliquée du fait de sa situation peu accessible et du risque irréversible d'endommager le cerveau du Capitaine Kuchiki. Mais heureusement, et grâce à sa parfaite maîtrise de la médecine, le Capitaine Kotetsu avait été en mesure de réparer les tissus et refermer la plaie à son crâne sans ne serait-ce qu'effleurer la cervelle exposée. Néanmoins, elle devait toutefois lui faire passer un scanner cérébral pour s'assurer du bon fonctionnement de l'organe. Seulement, la machine se trouvait être dans les locaux de la division scientifique, elle ne voulait pas courir le risque de traverser la moitié du Seireitei, aux vues de l'état actuel de son patient.

Depuis, personne n'en savait plus. Ils étaient dans l'inconnu total. L'examen devait avoir lieu la veille mais les deux capitaines en charge du test n'avaient laissé filtrer aucune information. Ils venaient simplement de convier une assemblée d'urgence des officiers pour transmettre leurs résultats. Rukia détestait cette situation : la survie de son frère résidait entre les mains de deux professionnels se moquant bien de divulguer la moindre bribe d'informations en public. Alors que l'état de son frère ne devait importer qu'à son clan, sa famille et peut-être sa division.

Debout dans cette immense salle, vice-capitaines installés à quelques pas derrières leur supérieurs, seule la place vacante devant Renji lui rappela l'ampleur de la situation. Son capitaine se trouvait entre la vie et la mort à la Quatrième division. En tournant la tête, il vit également qu'un ancien du Clan Kuchiki se tenait à l'extrémité de l'assemblée, sans doute dans l'attente des résultats.

- Le Capitaine Kuchiki va bien, annonça tout de suite Kotetsu en faisant un pas en avant. Ses constantes sont normales. Il est actuellement dans le coma mais il ne tient qu'à lui d'en sortir.

Quelques soupirs de soulagement se firent entendre.

- Je dois néanmoins vous faire part d'une vérité importante sur son état actuel et futur. Byakuya Kuchiki ne sera plus ce même capitaine que la Soul Society avait connu jusqu'alors.

De quoi inquiéter d'avantage que rassurer. Qu'avait donné le scanner cérébral pour qu'elle n'en vienne à de telles conclusions ? Renji tremblait légèrement, alors que les regards accablés des capitaines se posaient sur le sol. Était-ce si grave qu'ils en choisissent de le garder sous surveillance constante ?

- Le projectile l'ayant atteint semblait contenir une substance inconnue. Après examen approfondis avec le Capitaine Kurotsuchi, nous avons découvert que cette substance avait atteint le cortex préfrontal du Capitaine Kuchiki, endommageant certaines parties de son cerveau, le noyau accumbens et le complexe amygdalien en majeur parti. Ce sont les centres opérationnels des sensations.

- Vous dîtes qu'il ne sera plus en mesure de compter sur ses cinq sens ? s'insurgea le noble du clan.

- Je dis qu'il est très probable que les sensations et sentiments ressentis à l'avenir par le Capitaine Kuchiki soient réduits à néant ou bien exacerbés.

- En d'autres termes, intervint alors Kurotsuchi en s'avançant, Kuchiki pourrait perdre toute faculté à ressentir ou alors voir cette faculté à ressentir s'amplifier avec tant d'intensité qu'il finirait par éprouver ce qu'un shinigami lambda ne pourrait supporter.

Le silence s'abattit dans la pièce, clouant certains sur place. Comment le Capitaine Kuchiki pourrait endurer tout cela ? Peut-être était-il un homme sûr de lui et ne dévoilant rien, mais jamais un homme comme lui ne pourrait supporter cette situation. Perdre de l'intérêt pour toutes choses ou encore finir étouffer sous l'amas de sensations ressentis.

Nemuri, compatissante, vint prendre la jeune sœur du concerné dans ses bras pour lui apporter son soutien. Matsumoto ne put retenir une larme de s'échapper, larme qu'elle chassa aussitôt pour que personne ne la remarque. Elle aussi compatissait. Elle avait fini par apprécier le Capitaine Kuchiki tel qu'il était : froid, hautain mais aussi sérieux et protecteur. Et là, en l'espace de deux minutes, cette vision venait de voler en éclat pour laisser place à une image floutée du noble.

Le Commandant Kyoraku mit fin à la réunion, permettant à chacun de rentrer se reposer. Lui n'avait rien manqué des différentes réactions, du tremblement de Renji à la larme discrète de Rangiku, en passant par le poing serré de Kenpachi ou encore le regard attristé et brillant de Shinji. Il n'aurait jamais imaginé que le cas du capitaine de la Sixième touche tant ses homologues. Le Gotei 13 était encore amputé par la disparition d'Ukitake et Komamura, il ne pourrait décemment pas supporter celle d'un autre capitaine. Le visage assombrit par la nouvelle, il décida d'aller visiter le noble capitaine, inquiet.

C'était ainsi que Shunsui le trouvait lors de ses visites quotidiennes, immobile, un long bandage encerclant sa tête, sous assistance médicale. Il était encore jeune du point de vue du borgne, il ne méritait pas cela, encaisser un tel changement allait le bouleverser, à moins qu'il ne s'en rende pas compte lui-même. Cela faisait plus de deux semaines maintenant que Kotetsu l'avait sorti de son coma artificiel, plus d'un mois désormais que l'accident avait eu lieu. Pourtant, le noble ne montrait aucun signe de réminiscence ou de réveil.

Le capitaine de la Première division restait sur place une quinzaine de minutes tout au plus, s'assurant de l'état du brun, posant inlassablement la même question à sa collègue : « Comment va-t-il aujourd'hui ? ». Et il recevait la même réponse à chacune de ses venues : « Comme hier Shunsui. ». Et aujourd'hui ne faisait pas exception. Kotetsu dû cependant s'excuser auprès du Commandant pour se rendre à son entrevue hebdomadaire avec le capitaine de la Douzième, le laissant seul avec le patient endormi.

Kyoraku le fixait toujours sans bouger, ne sachant quoi faire d'autre. Il observait son visage avec intérêt, espérant y voir un mouvement : un battement de cil, un plissement du nez, une moue sur ses lèvres, quelque chose signifiant un réveil plus que propre. Mais comme à l'accoutumée, rien ne se passa. Las, il se leva pour s'approcher de la fenêtre. Son regard s'attarda sur un petit oiseau voletant librement autour d'un arbre. Lui au moins n'était pas régit par les règles stupides des shinigamis. Perdu dans ses pensées, il n'entendit pas le bruissement de tissu dans son dos. En revanche, quand il se retourna pour s'en aller, il eut un long sursaut.

- Byakuya ! s'étrangla-t-il en s'avançant vers le lit.

- Qui êtes-vous ? prononça la voix éraillée du patient réveillé.

- Enfin… c'est moi, Shunsui, tu… tu ne me reconnais pas ? s'étouffa le borgne, perturbé que l'autre n'ait pas souvenir de lui.

- Je sais qui vous êtes Commandant Kyoraku, vous êtes si naïf.

Soulagé, le capitaine de la Première division soupira. Il n'avait pas changé, se moquant toujours ouvertement des défauts des autres. Toutefois, il percevait un très net changement dans le reiatsu de son collègue, à l'opposé de celui maîtrisé et retenu qu'il avait toujours eu. Celui-ci voyageait librement dans la pièce, l'effleurant doucement, le sien partant aussitôt à sa rencontre pour sympathiser. Levant les yeux vers son homologue, il remarqua tout de suite que quelque chose n'allait pas à l'expression sur son visage.

- Sortez.

- Que- Mais pourquoi ?

- Sortez d'ici vous et votre pression spirituelle envahissante, exigea le convalescent en se redressant d'avantage, lui indiquant la porte d'un signe.

Le Commandant Kyoraku s'exécuta, peu certain que ce soit la bonne chose à faire. Jetant un dernier coup d'œil derrière lui, le regard transperçant qu'il reçut en retour finit de le convaincre. Qu'avait-il fait pour se faire ainsi rejeter ? 'Sa pression spirituelle envahissante' ? Elle n'avait fait que venir à la rencontre de la sienne, bien plus intrusive. Peut-être avait-il mal fait, mais il ne méritait pas de recevoir un tel traitement. Grimaçant, il aperçut le Vice-capitaine Kotetsu au bout du couloir, allant la prévenir du réveil du Capitaine Kuchiki. Puis il s'en alla, n'étant pas le bienvenu.

La plus jeune s'empressa de prévenir son aînée encore aux prises avec Kurotsuchi à la Douzième. Cette dernière n'eut pas de mal à s'en dépêtrer, le scientifique déclarant qu'il l'accompagnait auprès du patient. En moins de deux minutes, ils se tenaient devant la porte de la chambre du brun, l'argentée la poussant doucement.

- Entrez Capitaine Kotetsu. Mayuri, tu peux retourner d'où tu viens.

- Comment oses-tu ? s'emporta aussitôt l'autre, avant de ressentir la force écrasante du reiatsu du brun.

- Retourne d'où tu viens.

Un regard vers sa collègue et il consentit à s'en aller à son tour, agacé d'avoir été bâché de la sorte. Isane referma la porte derrière elle pour pouvoir lui prodiguer un premier check-up post-réveil. À sa grande surprise, il se portait comme un charme, ne ressentant aucune quelconque douleur ou gêne. Elle lui demanda de se lever, ce qu'il fit sans difficulté. Il fit quelques pas dans la pièce avant de se rasseoir sur le bord du matelas, dans l'attente du verdict du médecin.

- Vous allez bien Capitaine Kuchiki, même très bien. Votre pression spirituelle semble elle aussi allait parfaitement bien, ajouta l'argentée dans un sourire.

- Je ne la contrôle plus.

- Vous réapprendrez.

- Je ne parle pas de cela, souffla le brun, une main venant masser le haut de son crâne, juste au-dessus de sa blessure. Je n'arrive plus à la retenir en présence de… certaines personnes. C'est comme si elle voulait inconsciemment me protéger d'eux.

- Très bien. Et y a-t-il des personnes avec qui elle se sent en confiance ?

- Vous pour l'instant. Vous n'avez encore rien tenté contre moi.

- Me permettriez-vous de faire un test dès maintenant pour déterminer quelles sont les personnes ne vous désirant aucun mal ?

- Allez-y, consentit-il en levant son regard anthracite vers elle. Inutile toutefois de faire venir Kenpachi, nous connaissons tous deux le résultat.

- J'en conviens Capitaine. Je reviens dans un instant.

Elle ressortit alors, le laissant seule avec sa pression spirituelle défenderesse. Il n'avait que peu de souvenir de son accident, seulement de la douleur décuplée qu'il avait ressentie avant de s'effondrer. Il ne savait pas qui l'avait ramené, ni ce qui s'était vraiment passé. Avait-il reçu un coup ou bien un projectile ? Son reiatsu semblait par contre très bien s'en souvenir, cherchant sans doute à le préserver de choses auquel il n'aurait accordé aucun intérêt. Mais de là à écarter plusieurs shinigamis officier de lui, il ne comprenait pas.


Merci d'être arrivé jusqu'ici.

MariieFBLM