Disclaimer : Bleach appartient à Tite Kubo.


Comment la vie de Byakuya Kuchiki a basculé, part 3 / 9

- Grande sœur ! hurla Kiyone en entrant en trombe dans le bureau de son supérieur et aînée. Le Capitaine Kuchiki a disparu !

- Il est sûrement parti faire un tour, ne t'en fais, la rassura Isane dans un sourire.

- Je ne trouve pas de trace de sa pression spirituelle et tu sais comme moi qu'à l'heure actuelle il est incapable de la masquer de son propre chef.

- Chez lui ?

- Personne ne l'a vu.

- Je vois, admit-elle devant le manque de solution, avant qu'une lumière ne s'allume dans son esprit. Reste ici, je sais où il est.

L'argentée se leva et quitta son bureau d'un habile shunpo, dissimulant elle aussi son reiatsu pour ne pas être perçue mais surtout pour ne pas dévoiler la cachette du noble. Elle arriva en quelques minutes, et ne fut point surprise de découvrir qu'un sort de kido avait été apposé en ces lieux, l'empêchant de percevoir la moindre énergie au sein du foyer de son amie de la Dixième. Au moins avait-il suivi son conseil.

Elle frappa deux fois à la porte, espérant se faire entendre. Elle n'eut pas à attendre plus longtemps pour voir apparaître la rousse devant elle, enroulée dans une courte serviette.

- Isane ? Que fais-tu là de si bon matin ?

- Il est huit heures et demi, Rangiku. J'aurais aimé parler au Capitaine Kuchiki, peux-tu aller me le chercher ?

- Le Capitaine Kuchiki ? s'étonna la rousse d'un air faussement choqué.

- Je sais qu'il est ici, sourit-elle devant l'effroi de son amie. Inutile de te justifier, vous faîtes ce que vous voulez.

- Je… je vais le chercher.

Tel un automate, elle s'en retourna à l'intérieur pour quérir le capitaine encore endormi dans ses draps, n'offrant même pas l'hospitalité à son amie. Le médecin ne s'en formalisa pas, patientant sagement à la porte.

La rousse pénétra doucement dans la pièce assombrie, s'approchant du lit pour venir réveiller 'la belle au bois dormant'. S'asseyant sur le bord du matelas, elle osa une main dans les cheveux soyeux du noble, leur prodiguant une tendre caresse. Ses doigts glissèrent bientôt sur la tempe du brun, puis sur sa joue. Il n'esquissa même pas un mouvement au contact un peu plus prononcé. Taquine, elle se pencha vers son oreille, son souffle jouant avec l'organe sensible, lui murmurant quelques mots. Vaine tentative.

Finalement après plusieurs secondes, un doux sourire se dessina sur les lèvres du capitaine, alors que ses yeux restaient clos. Il se positionna sur le dos, ouvrant ses paupières à cette nouvelle journée. La simple vision de la jeune femme –dont le corps engoncé dans ce maigre carré de tissu ne dissimulait pas grand-chose– dès le réveil le combla de bonheur, le gonflant d'une fierté appréciée. Seulement, cette fierté ne fut pas la seule à prendre de l'ampleur, mais il ne chercha pas à dissimuler son excitation envers son amante.

- Bonjour Rangiku, murmura-t-il d'une voix rauque et ensommeillée.

- Bonjour Byakuya. Isane est à la porte, elle voudrait te parler.

- À la porte ? Tu ne l'as pas fait entrer ?

- C'est que-

- Ainsi donc il va falloir te réapprendre les bonnes manières, soupira le brun en se redressant. Va lui offrir un thé, le temps que je me fasse plus présentable.

- Oui Capitaine, laissa-t-elle entendre en revenant auprès de son amie.

Elle invita l'argentée à partager une tasse de thé, à défaut d'une coupelle de saké. Elles échangèrent alors quelques banalités, la rousse ne souhaitant pas discuter de l'autre capitaine présent à quelques pas d'elles. Elle trouvait déjà cela gênant de parlementer avec Isane alors que son amant se tenait dans la pièce d'à côté. Et cela ne semblait pas déranger ce dernier, qui apparut dans le même yukata que la veille, n'ayant rien d'autre à se mettre sur le dos.

Il salua sa consœur, se servant à son tour une tasse du breuvage. Thé au jasmin reconnut-il à la note florale et savoureuse. Il n'aurait d'ailleurs jamais imaginé que la rousse soit amatrice de ce genre de thé, mais apprécia d'en découvrir un peu plus sur elle.

- J'aimerais faire un dernier scanner cérébral avant votre sortie, pour m'assurer que vous pouvez retrouver votre quotidien et vos fonctions sans problème, exposa Kotetsu. Seulement, vous n'êtes pas sans savoir que la machine se trouve à la Douzième division.

- S'il n'y a pas d'autre solution, très bien.

- Je ferais en sorte de maintenir le Capitaine Kurotsuchi à bonne distance.

La remerciant pour la marque d'attention, il la vit se lever silencieusement pour les laisser seuls, lui donnant rendez-vous d'ici une trentaine de minutes devant le Bureau Technique de Développement. Savourant le liquide brûlant coulant au fond de sa gorge, il dissimula un mince rictus derrière sa tasse au retour de son amante, habillée cette fois-ci de son habituelle shihakusho de vice-capitaine. Même vêtue ainsi, elle dégageait ce charme qu'il n'avait jamais pris le temps de remarquer avant.

Elle s'installa en face de lui, le regard presque fuyant, et il comprit de quoi il en retournait. Ils devaient avoir cette fameuse discussion et ils devaient l'avoir instamment. Pourtant, il n'avait aucune envie de débattre sur des sentiments qu'il n'avait aucunement volonté à enfouir ou même retenir. Il n'avait jamais été aussi heureux que d'être réveillé par une telle femme après avoir partagé sa couche.

Mais il ne pouvait ignorer les doutes qu'elle devait avoir concernant ses potentiels intentions. Après tout, il n'avait pas fourni de justifications quant aux actes de la veille. Elle ne savait donc pas ce qui pourrait motiver son intérêt pour sa personne, outre ce désir énoncé et assouvis, et devait donc penser qu'il n'avait plus aucune raison de poursuivre ainsi.

- Rangiku, je ne veux pas faire comme s'il ne s'était rien passé, avança-t-il en reposant le récipient de porcelaine sur la table.

- Alors ne le fais pas, l'incomba-t-elle en se levant pour se poser près de lui. Tu n'es plus le même, je comprends que tu ais du mal à tout encaisser.

- Je… j'ai l'impression d'être noyé sous un flot d'émotions que je n'avais plus ressentit depuis plus d'un demi-siècle. L'intérêt, le désir, la maîtrise, la peur. Je ne peux pas ignorer ce que je ressens. Je-

Une nouvelle fois, sa pression spirituelle décida de lui venir en aide, voletant agréablement autour de la jeune femme, enserrant son corps de sa chaleur. Il n'avait jamais été doué pour ce genre de discours, n'ayant que rarement ouvert son cœur à sa défunte femme. Mais dans cette situation, et bien que son cerveau l'y favorise grandement, il ne parvenait toujours pas à s'exprimer librement sur ses sentiments. Il savait ce qu'il voulait dire très clairement, mais il percevait nettement ce filtre qu'il l'y en empêcher.

- C'est toi que je veux, réitéra le brun comme il l'avait fait la veille. J'ai besoin de toi pour réapprendre.

- Tu sais déjà comment faire, il te faut juste un peu d'entraînement.

À ces mots, il n'eut aucun mal à saisir qu'elle ne parlait pas le même langage que lui.

- Réapprends-moi à aimer.

Il la vit écarquiller de grands yeux, sous le choc. Le ton employé avait plus sonné comme un ordre, alors qu'il était plus question d'une supplique. Il avait besoin d'elle pour comprendre son nouveau mode de fonctionnement et se l'approprier. Il avait besoin d'elle pour soulager sa conscience de choses qu'il n'aurait jamais cru ressentir. Il avait simplement besoin d'être épaulé et soutenu dans un moment difficile comme celui-ci. Ce n'était pas tous les jours que Byakuya Kuchiki demandait de l'aide.

Toujours sonnée, le noble ne put se refuser à la trouver époustouflante. Cette femme avait tout à son avantage et pourtant, elle n'avait jamais cherché à se construire une relation stable avec un homme aimant. Byakuya s'imagina bien être cet homme, et son désir ne put qu'admirer l'idée. Il savait ne pas être vivable au quotidien, de par son passif nobliau et les lois régissant son clan. Mais il se moquait bien d'être déshonoré pour avoir approché d'un peu trop près ce soleil de basse naissance, pourvu qu'il puisse encore s'y brûler les ailes.

- Byakuya, je… je ne suis pas sûr d'être la personne la mieux placée pour ça, précisa la rousse d'une voix désolée. J'ai passé toute ma vie à aimer un homme à qui je n'ai jamais eu le courage de l'avouer. J'ai vécu plus d'un siècle dans le mensonge alors que mes sentiments m'étaient rendus. Je ne veux plus souffrir de cette manière.

Étrangement, au lieu de sentir son cœur se serré à ces mots, il fut parcouru d'une nouvelle décharge de plaisir sans doute malvenue. Comment pouvait-il encore être excité après de telles paroles ? Elle venait tout de même de lui faire comprendre qu'il ne pouvait pas être cet homme qu'elle méritait. Et pourtant, sa seule envie était de lui prouver le contraire.

Il se leva à son tour, se plaçant face à elle, la coinçant contre le bord de la table. Plongeant son regard dans celui brillant de la rousse, ses yeux dévièrent pourtant vers cette bouche tentatrice dont les pouvoirs lui étaient bienfaiteurs. Ses mains restèrent immobiles, à plat sur la table, quand bien même son cerveau leur commandait de s'activer. Il ne devait pas brusquer les choses et perdre la seule chance qu'il détenait de retrouver le bonheur auprès d'une femme.

- Je ne veux pas remplacer Ichimaru, tout comme tu ne pourras pas remplacer Hisana, plaida-t-il à son attention, ne détournant pas un instant son regard du sien. Je veux simplement pouvoir compter à nouveau pour quelqu'un et refaire confiance. Je ne veux pas redevenir le froid capitaine que tu as toujours connu.

- Mais je-

- Ne me rejette pas je t'en prie, pria-t-il en posant sa tête sur son épaule. Tu es la seule qui puisse m'aider.

Elle ne dit rien, passant simplement ses bras autour du buste du brun, le serrant fortement contre elle, alors qu'une larme serpentait sur son visage. Elle avait toujours éprouvé du respect pour son cadet, à bien des égards. Et même si son cœur battait encore pour Gin Ichimaru, elle ne pouvait pas faire obstruction des sentiments naissants qu'elle avait pour le noble. Et ce depuis qu'elle avait croisé ce regard d'acier pour la première fois dans cette salle de réunion, alors qu'il était présenté comme vice-capitaine de la Sixième division. Mais elle n'avait pas eu le choix que de les taire pour se consacrer entièrement à son seul amour inatteignable.

Le destin lui offrait une seconde chance. Elle devait la saisir sans hésiter, au risque de le regretter une seconde fois.

Elle lui releva la tête, toujours aussi intrigué par le brun. Comment pouvait-il seulement s'intéresser à elle ? D'après les dires de son supérieur, elle était loin d'être une femme discrète et sérieuse. Pourtant, et même en sachant cela, elle ne pouvait être qu'éblouie par le noble capitaine devant elle. Ses raisons devaient être motivées par quelque chose de plus grand. Mais elle s'y désintéressa prodigieusement, posant sa bouche contre celle chaude de son amant. Plus rien n'avait d'importance, elle voulait être celle qui redonnerait à Byakuya Kuchiki son éclat d'antan.

- Tu vas être en retard, souffla-t-elle en s'écartant légèrement.

- Je m'en fiche.

Il ne la laissa pas répliquer. Son désir pour elle était à son comble, et la jeune femme le ressentit également. Aussi décida-t-elle de tempérer le jeu. Elle aussi était en retard, de plus d'une heure. Elle ne voulait pas s'attirer un peu plus les foudres de son capitaine lorsqu'elle arriverait au bureau.

Finalement, il la libéra après un dernier baiser enflammé, la laissant s'échapper. Il savait par avance qu'il devrait se débarrasser de cette réaction occasionnée par la jeune femme, mais il aurait aimé pouvoir le faire dans d'autres circonstances. Grimaçant, il se dirigea vers les toilettes pour y ressortir quelques minutes après, son office dûment complété. Insatisfait mais devant s'en contenter, il quitta les lieux pour se rendre à la Douzième.

Accueilli par la jeune Nemuri, il ne manqua pas de reconnaître le reiatsu si répugnant du Capitaine Kurotsuchi accompagné de celui de Kotetsu. Pourtant, ce n'était pas celui dont il devait se méfier le plus. Non, il ressentait l'énergie démoniaque et cruelle du capitaine de la division voisine dans la même pièce, comme s'il conversait sagement en l'attendant. Serrant les poings, il entra. Sa pression spirituelle se libéra autour de lui tel un cercle de protection infranchissable. S'il devait affronter ses pires cauchemars, autant être bien armé.

- Kuchiki, te voilà enfin ! s'exclama le scientifique, alors que son homologue de la Onzième paillait d'impatience.

- Capitaine Kotetsu, qu'est-ce que cela ? désigna-t-il les deux hommes d'un geste vague de la main.

- Fais pas ta fillette Kuchiki, on va pas te manger.

- Kenpachi, soit heureux d'être encore en vie. Maintenant, j'aimerais que tu sortes d'ici.

- Et puis quoi encore ?

Si surprenant que cela puisse être, la brute se retrouva écrasée sous l'imposant reiatsu de son rival. Le souffle coupé par tant de puissance, il se trouvait être dans l'incapacité de faire le moindre mouvement.

- Vois-tu, depuis ma blessure, je ne parviens plus à brider ma pression spirituelle. Aussi j'espère que tu apprécies le rapport de force entre nous. Maintenant, sors d'ici.

Zaraki ne se le fit pas dire deux fois, clamant qu'il reviendrait pour un affrontement à la hauteur de ses attentes. Le brun tenta alors de déloger le fou de son laboratoire, mais ce dernier s'accrocha à ses ordinateurs comme une moule le ferait à son rocher. Isane le dirigea alors vers une étrange machine arborant en trou en son centre. Elle le fit installer sur une sorte de table puis il se sentit partir en arrière pour finir par être irradié de lumière. Cela ne dura qu'une trentaine de seconde avant qu'il ne soit éjecté de l'appareil.

Il vit une image étrange apparaître sur l'écran devant lui, son cerveau sans le moindre doute. La lésion située sur son crâne apparut amoindrie. Puis une multitude d'images similaires apparurent à leur tour, arborant diverses couleurs en certains endroits dont deux très prédominantes. N'étant pas connaisseur, il attendit que les deux autres s'expliquent.

- La couleur bleue que vous voyez sur ces différentes images représente la dopamine, lui expliqua alors l'argentée en montrant d'une des images affichées. C'est un neurotransmetteur favorisant principalement l'envie ou plus généralement le bonheur. Elle est présente en très grande quantité, bien plus que dans un cerveau rationnel. En rouge, il s'agit de la testostérone, elle aussi en très grande quantité, mais vous savez dans quelles circonstances elle est produite.

- Ainsi donc, intervint l'autre spécialiste de sa voix désagréable, Kuchiki a trouvé une partenaire sexuelle des plus réceptives.

- Tais-toi Mayuri.

- Comme nous l'avions pensé, la substance dans votre cerveau a amplifié la création de ces hormones à un point considérablement inhumain. Pourtant, vous êtes toujours en vie, ce qui signifie que la concentration dans votre sang ne vous est pas encore fatale.

- Pouvez-vous être plus précise Capitaine Kotetsu ?

- Il nous faudra vous faire des examens réguliers pour nous assurer que cette concentration d'hormones ne dépasse pas le seuil supportable pour votre cerveau et ne provoque un Accident Vasculaire Cérébral.

Il n'était donc pas encore sorti d'affaire. Avec un peu de chance, il finirait littéralement noyé sous ses hormones en moins de temps qu'il n'en faut pour dire son prénom. Il quitta le bâtiment sans un regard pour ses confrères, regagnant le domaine de son clan pour se vêtir de ses attributs de capitaine et ainsi retourner prendre la tête de sa division. Plus d'un mois que la Sixième tournait au ralenti avec un Renji accablé à sa tête, il n'osait imaginer dans quel état il la retrouverait.

Lorsqu'il pénétra dans son bureau, moins d'une vingtaine de minutes après son passage à la Douzième, il fut troublé d'y voir son vice-capitaine concentré sur ses dossiers. Il aurait aimé ne pas se faire immédiatement remarquer, mais c'était sans compter sur sa pression spirituelle décidemment plus sociable que lui.

- Capitaine ! s'égosilla l'autre en l'apercevant. Je suis content de vous revoir !

- Moi aussi Renji, dû-t-il admettre. Fais-moi donc un résumé des évènements passés en mon absence.

Après dix bonnes minutes d'un incessant discours dont la moitié lui parut bien inutile, il fit le taire d'un seul regard. Mais à la simple vision de son second inquiet, il ne put qu'esquisser un sourire qui ne manqua pas d'être vu. Renji n'en dit rien, bien qu'il en soit surpris. Mais Isane Kotetsu les avait tous prévenu, le Capitaine Kuchiki ne serait plus le même qu'avant, et il fut heureux de voir qu'il avait changé dans le bon sens du terme.

Dans un silence cordial, chacun retrouva sa place attitrée pour y effectuer les tâches administratives habituelles. Il fut heureux de reprendre une activité qu'il avait toujours trouvée passionnante malgré ses nombreux défauts. Au moins pouvait-il s'enorgueillir d'être efficace dans son travail.

L'heure de la pause déjeuner arriva bien vite à son goût, alors que sa sœur apparaissait sur le seuil du bureau pour kidnapper son vice-capitaine et beau-frère. Ne dissimulant pas son petit sourire amusé à la plainte énoncée du martyr, il se leva à son tour pour aller se restaurer. Son reiatsu débordait par tous ses pores, assommant quelques shinigamis au passage, mais il ne s'en préoccupa point. S'il devait s'arrêter à chaque fois qu'un homme s'affaissait, il n'aurait pas assez d'une vie pour s'en repentir. Tous étaient au courant de son état, aussi n'avaient-ils qu'à prendre leurs précautions à son approche.

Il s'arrêta devant les bâtiments de la Dixième division où il sentait percer l'énergie de Matsumoto, mais aussi celle de la troupe Hitsugaya. Il ne put s'empêcher de jalouser le jeune capitaine pour sa constante proximité avec la rousse, mais aussi pour le simple fait de profiter du bonheur d'avoir une famille aimante à ses côtés. Ce qui était loin d'être le cas pour sa part. Outre Rukia et ses proches, son clan ne l'enjoignait à échanger avec eux seulement lorsque les affaires avaient leur importance. Autrement, il n'était que le chef de clan de façade.

Inconsciemment, ses pas le menèrent à l'intérieur du périmètre de la Dixième. Soufflant, il n'eut pas envie de faire demi-tour. Ainsi donc, il entra dans les locaux, suivant la légère quantité de reiatsu filtrant les murs pour rejoindre son amante. Poussant doucement la porte de la pièce, il ne fut pas étonné d'y découvrir la jeune femme dans une étrange position, installé sur un canapé de cuir marron. Cette dernière ne semblait pas l'avoir remarqué malgré sa pression spirituelle évasive. Il s'approcha furtivement et l'observa un long moment.

- Bya- Capitaine Kuchiki ?! Me que faîtes-vous là ?

Pour s'être reprise ainsi, il comprit qu'elle avait peur que son capitaine ne découvre tout de suite la vérité sur leur relation. Elle savait pourtant que le brun ne pourrait rien faire s'il y avait effusion de ses sentiments en publics. Autant elle aimerait que cela reste entre eux le plus longtemps possible.

- As-tu déjà mangé Rangiku ? la questionna-t-il naturellement.

- Non pas encore Capitaine, lui répondit-elle en insistant bien sur son grade, espérant lui faire passer le message.

- Tu sais très bien que je ne serais pas capable de faire semblant, surtout qu'il n'y a personne dans la pièce.

- Ce n'est pas une raison ! s'emporta la rousse, blessée. Les murs ont des oreilles et je ne veux pas être exposée au grand jour comme l'a été Nanao ou Shūhei.

- Et ils s'en portent très bien. Rangiku, j'assumerais tous mes actes et toutes mes paroles si c'est ce qui t'inquiète.

- C'est pas ça. Je… J'aurais aimé que cela reste secret.

- Tu ne devrais pas dire ce genre de chose en ma présence, elles déclenchent des réactions que toi et moi ne pouvons contrôler.

Elle n'eut aucun mal à percevoir l'éclat du désir traversant ses pupilles. Mais elle n'en fit rien, acceptant de grâce l'invitation implicite à déjeuner, souhaitant mettre le plus de distance entre la pièce où le pêché de devrait jamais être commis, et l'objet du pêché en question. Bien évidemment qu'elle était excitée à l'idée de savoir que lui-même l'était par sa faute, il n'empêchait qu'elle ne devait rien laisser sous-entendre ou même entendre à quelques pas des oreilles traînantes de son supérieur. Celui-ci aurait tôt fait de la menacer s'il connaissait la vérité.

Pénétrant le domaine Kuchiki, les domestiques furent heureux de le savoir en pleine forme et vinrent aussitôt s'enquérir de sa bonne santé. À la vue du visage serein de leur maître mais aussi des quelques regards attendris qu'il posait sur la jeune femme, certains ne manquèrent pas de faire le lien entre les deux officiers présents. Mais ils n'avaient pas leur mot à dire là-dessus, aussi balayèrent-ils cela d'un geste de la main, proposant au couple de s'installer dans le salon en attendant que le déjeuner leur soit servi.

La porte fut-elle seulement refermée que le brun saisissait son amante par la taille pour l'embrasser longuement. Elle ne put retenir son rire à cette réaction si prévisible. Elle n'avait plus aucun mal à lire entre ses lignes, sachant d'avance ce qu'il se permettrait de faire. Il lui avait pourtant dit ne pas être en mesure de dissimuler son désir, mais de là à profiter de chaque instant pour tenter de l'assouvir, elle ne pouvait qu'en être épatée. Ainsi donc le nouveau Byakuya Kuchiki était un homme dont la réflexion n'était plus sa qualité première.

Elle ne se rendait pas encore compte de la chance d'avoir un homme si puissant et passionné à ses côtés. Crut-elle au début que ce ne fusse qu'une passade. Mais après toutes ces déclarations touchantes, elle n'imaginait pas qu'il mettrait réellement tout en œuvre pour réapprendre à aimer.

Le repas leur fut apporté quelques secondes après leur séparation, alors que les rougeurs sur les joues de la rousse ne cessaient d'amplifier. Le brun l'observait avec un fin sourire calculateur, satisfait de son effet. Ils déjeunèrent dans le silence apaisant, parfois entrecoupé de quelques mots sur le déroulement de la matinée. Matsumoto restait émerveillée par sa façon de parler, voix noble mais emplie de malice, à des lieux des cinglantes paroles qu'il aurait pu lui tenir quelques mois auparavant.

Tout cela la rendait heureuse.


Merci beaucoup pour votre view.

MariieFBLM