Disclaimer : identique aux chapitres précédents.

Rating du chapitre : M pour lemon


Comment la vie de Byakuya Kuchiki a basculé, part 4 / 9

Elle était encore étonnée au souvenir de sa propre bévue, même après tout ce temps. Elle s'était toujours attendue à ce que ce soit lui qui dévoile malencontreusement leur relation en public, pourtant ce fut bien elle qui laissa échapper la vérité, un matin que rien ne présageait.

- Vous ne devinerez jamais ce que j'ai vu en chemin ! souleva le vice-capitaine de la Quatrième division, plongeant l'assemblée dans un silence d'intérêt.

Ce faisant, et satisfaite de l'effet obtenu sur chacune des femmes présentes dans la salle, elle passa une main dans son shihakusho pour y sortir l'instrument ultime et obligatoire de tout shinigami : le téléphone mobile. Là, les donzelles comprirent que leur camarade avait même une preuve pour étayer ses propos. Manœuvrant sur l'appareil, elle le brancha à un câble pour que le résultat à l'écran soit projeté sur le mur en face. À cet instant, l'Association se félicita d'avoir investi dans du matériel de technologie humaine.

- Jusqu'à ce que l'image agrandie apparaisse aux yeux de tous. Elle était certes floue mais elle ne dissimulant point les formes ou les couleurs qu'elle présentait. Toutes laissèrent éclater leur surprise. Même la principale concernée. Les yeux exorbités, fixant sa silhouette, elle maugréait intérieurement. La cadette Kotetsu eut tôt fait de s'excuser pour son erreur, faisant alors apparaître une image qui fut loin d'être imprécise.

- Rangiku, tu nous expliques ?

Et comme elle l'avait prédit de nombreuses fois, elle voulut s'enfoncer plus bas que terre. Comment avait-elle pu être aussi négligente ?

- Je…

- Je n'aurais jamais cru un jour lui clouer le bec, s'exclama Kiyone avec fierté.

- Qui est-ce ?

- Ouvre un peu les yeux Rukia, grommela Lisa dans un soupir.

Une nouvelle image apparut, d'un autre angle cette fois-ci, exposant sans gêne les protagonistes de la scène. La jeune capitaine de la Treizième division s'étrangla en reconnaissant l'individu dissimulé sur les photographies précédentes. Les autres femmes ne purent retenir un hoquet de stupeur. Matsumoto voulut clairement s'enfuir, mais ce fut sans les instincts de Nanao qui vint aussitôt se positionner devant la porte.

- Combien de temps ?

- Depuis son accident, finit par avouer la rousse.

- QUOI ?! Mais ça fait quatre mois ! s'époumona la brune en comptant sur ses doigts. Pourquoi ne m'avoir rien dit ?

Rangiku prit sur elle pour ne pas lui répondre violemment. Voilà pourquoi elle ne voulait pas que leur relation ne devienne publique : parce qu'il y aurait toujours quelqu'un pour juger, LA juger. Tout ce qu'elle faisait passait toujours sous la loupe d'un individu, et aujourd'hui ne dérogeait pas à la règle. Il n'y avait qu'une seule personne dans la pièce pour qui elle offrait une confiance aveugle. Malheureusement, elle était bien trop proche de son capitaine pour qu'elle ne puisse lui annoncer un tel secret. Madame Hitsugaya comprit aussitôt que quelque chose allait se passer au silence prolongé de son amie.

- Je suis sa sœur !

- C'est justement pour ça ! s'énerva l'objet des remontrances. C'est parce que tu es sa sœur qu'on t'a rien dit ! Tu l'aurais dit à Renji, qui l'aurait dit à Shūhei ou Ikkaku, qui auraient lâché l'info après leur premier verre. Et arrête de me faire la morale putain, t'es pas mieux placée hein ? Quand tu comptes lui dire que tu veux débaucher son vice-capitaine ? Pourquoi faire d'ailleurs ? Pour baiser tranquillement à la Treizième ?

- Rangiku-

- Oh Isane pitié. Ça va avec le Capitaine Zaraki ? Il te fait grimper aux rideaux au moins ? questionna-t-elle sarcastiquement, avant de se tourner vers sa voisine. Et toi Soifon, tu crois que je t'ai pas vu reluquer le cul de Kensei ? Dois-je te rappeler que tu as juré fidélité à ton mari ? S'il savait.

- Ça suffit Rangiku, tu vas trop loin ! intervint Nanao d'un ton ferme.

- À se mêler de la vie des autres, on finit par voir la sienne envahie.

Se levant, elle ne jeta pas un regard en arrière et sortie de la pièce, quittant la réunion après seulement cinq petites minutes.

Cela faisait maintenant deux années qu'ils faisaient leur bout de chemin ensemble. Heureusement, en deux ans, il avait réappris à contrôler son reiatsu, tout comme il retenait avec plus aisance le flot de sentiments qui l'ensevelissaient. Il ne parvenait pas toujours à les garder en son sein, mais ses réactions étaient moins démesurées qu'avant.

Ils vivaient encore séparément, quand bien même elle passait toutes ses nuits chez lui. Il avait rapidement compris que la jeune femme avait encore besoin de son indépendance. Vivre aux crochets du Kuchiki ne lui serait pas utile, et le brun ne voulait pas lui imposer cela. D'ailleurs, son clan n'avait rien dit quant à sa relation. Sans doute ne voulaient-ils pas détruire les chances de descendance qu'engendrait cette relation. Car pour eux il n'était question que d'un enfant à naître, alors que celui-ci n'était même pas conçu ou envisagé. Plusieurs fois les anciens avaient mis le sujet sur le tapis, mais le chef du clan avait balayé leurs exigences d'un geste de la main, clamant qu'ils fonderaient une famille quand ils en ressentiront l'envie.

Seulement, après deux années de relation et aucune naissance à venir, les anciens du clan remettaient le couvert, craignant de devoir offrir la succession à la petite Ichika Kuchiki, littéralement indigne à leurs yeux par son sang impur. Ils s'appuyaient généralement sur son accident, rappelant que la vie ne tenait qu'à un fil et qu'il exigeait de lui un héritier avant sa retraite ou bien son décès.

- Rangiku, l'appela-t-il en entrant dans son bureau à la pause déjeuner. Il faut qu'on parle.

- Ils insistent encore ?

- Ils sont prévisibles.

- Et tu penses que ce serait le moment ? s'enquit-elle en s'appuyant sur le dossier de son siège. Je dis ça parce que… je le suis.

- Tu… tu l'es ?

Elle hocha simplement la tête, un sourire naissant que ses lèvres, se répercutant sur celles du brun qui s'incurvèrent alors. Il s'approcha lentement pour la prendre dans ses bras, l'obligeant à se lever pour l'étreindre à sa guise. Il n'en revenait pas. Involontairement, ils venaient de donner raison aux anciens du clan Kuchiki : un héritier verrait bientôt le jour.

Le cœur de la jeune femme se gonfla, ravie. Il ne leur avait pas fallu longtemps pour s'accorder sur la nature de leurs sentiments envers l'autre, et cette grossesse était la consécration de toutes les épreuves endurées. Ils avaient vécu toutes sortes de choses depuis ce fameux jour à l'hôpital, le meilleur comme le pire, mais jamais elle n'aurait espéré obtenir du destin une merveilleuse raison de l'aimer d'avantages. Elle ne pourrait mentir en disant ne pas y avoir cru lorsqu'Isane le lui avait annoncé. C'était surréaliste, surtout en sachant que le clan du brun le poussait toujours plus, dans l'attente d'une descendance.

Il s'écarta doucement d'elle, la contemplant avec émerveillement. À la stupeur de la rousse, elle ne pouvait manquer l'éclat brillant et humide dans les yeux de son compagnon. Il ne parvenait pas à retenir l'émotion qu'engendrait cette nouvelle. Il réalisait enfin ce qu'il n'avait jamais pu atteindre avec sa défunte épouse. Il allait être père. Et il ne pouvait qu'être heureux que ce soit Rangiku Matsumoto qui lui offre ce si beau cadeau. Il l'embrassa alors, le cœur débordant de bonheur.

Ils déjeunèrent dans la bonne humeur, la rousse décidant –car le brun lui portait une confiance aveugle– de garder l'information pour eux un peu plus longtemps, afin de profiter pleinement de la situation à venir. Tout comme l'annonce de leur relation, celle de la grossesse de la jeune femme allait soulever beaucoup de remarques. Avec le temps, ils avaient appris à ne plus y porter grand intérêt, mais jamais elle n'avait pu entièrement s'y soustraire, encaissant encore parfois une réplique douloureuse.

- Je pense qu'il faudra l'annoncer aux anciens de ton clan avant, histoire qu'ils ne l'apprennent pas de la bouche d'un autre.

- C'est préférable, effectivement.

- J'imagine déjà leurs réactions, pouffa-t-elle dans un ricanement, son dos retrouvant le moelleux du canapé. La satisfaction se peignant sur leurs visages bouffis, heureux d'avoir enfin atteint leur but.

- Quoi qu'ils puissent en penser je m'en moque totalement. Je sais bien que notre enfant est voué à devenir le prochain chef du clan Kuchiki, mais il n'est même pas encore né. Et s'il faut que je le déshérite pour l'éloigner de ses vautours, je n'hésite-

- Non ! Jamais tu ne déshériteras cet enfant Byakuya, tu m'a bien comprise ? gronda-t-elle, avant de le voir hocher la tête d'un air amusé. J'aime savoir que notre enfant sera le prochain chef de ton clan. Ça me prouve à quel point j'ai la chance d'être avec toi et ce ne seront pas trois vieux rabougris qui en décideront le contraire.

- Si tu savais l'effet que me font tes paroles…

- Oh mais je le sais très bien, sourit-elle en se penchant vers lui, s'arrêtant à quelques centimètres de sa bouche tentatrice, sa main se posant subtilement sur son entrejambe réveillé.

Il étouffa un grognement de contentement, levant sa main afin de la glisser dans le cou de la jeune femme pour combler l'espace les séparant, grignotant les lèvres gourmandes de sa compagne. Le touché plus au sud se fit plus insistant, alors que la main curieuse s'aventurait par-delà les vêtements pour venir directement cajoler l'objet de sa convoitise. Elle ne fut pas déçue. Il était aussi dur qu'une barre de fer, impossible de dissimuler cela. Elle ne parviendrait pas à se faire au fait qu'il réagisse aussi facilement en sa présence. Consciente de l'envie palpable entre eux, elle ne pouvait décemment pas le laisser repartir travailler avec une telle érection.

Imprimant un lent mouvement du poignet, elle le sentit tressaillir entre ses doigts. Elle se sentait réagir aux caresses qu'elle lui prodiguait, son propre sexe s'humidifiant de plaisir, alors qu'elle se tortillait sur ce canapé pour essayer de se défaire de cette sensation. Elle comprit de suite qu'elle ne pourrait pas s'en départir aussi facilement. Rougissant encore de gêne, la langue du brun devint plus conquérante, la noyant sous une avalanche de désir oppressant.

En moins d'une minute, elle eut tôt fait d'écarter les vêtements de son objectif. Puis, délaissant la bouche exquise de son amant, elle descendit un peu plus bas, souriant devant l'expression béate du brun. Elle engloutit le membre sans trop réfléchir, lui offrant une fellation jamais encore réalisée. Avalant la colonne de chair à un rythme régulier, la main venant se perdre dans sa chevelure enflammée la conforta sur le bien fondée de sa soudaine envie. Elle sentait le sexe palpitait contre sa langue, alors qu'il retenait avec peine sa pression spirituelle. Cette dernière d'ailleurs ne concentrait son action que sur un seul point, arrachant un couinement à la jeune femme.

La sensation fut telle qu'elle s'éloigna soudainement de lui, venant l'enjamber pour s'empaler aussitôt sur son érection, le faisant grogner, tandis qu'un gémissement se faisait entendre dans toute la pièce. Les deux mains du brun sur ses hanches, alors qu'elle le maintenait contre le dossier du canapé, elle retrouva rapidement ses automatismes. Le noble n'en menait pas large, haletant, parfois même en apnée, savourant les allées et venues sur son membre. Observant sa compagne se mouvoir, il la vit fermer les yeux pour profiter encore plus de leur proximité. Elle était divinement belle lorsqu'elle était baignée par tout ce plaisir.

La porte s'ouvrit alors sur un individu qui vit cette dernière se refermer aussi brusquement à son nez. Un glapissement de douleur se fit entendre depuis l'extérieur mais le couple n'en eut cure. Le reiatsu du Kuchiki filtra avec un peu plus intensité auprès de l'entrée de la pièce pour faire comprendre à l'intrus de repasser ultérieurement. Il ne put d'ailleurs qu'esquisser un sourire à la plainte du Capitaine Hitsugaya qui se voyait l'accès à son bureau refusé. Le nom de la jeune femme fut donc grincé par la voix de l'albinos, avant qu'il ne s'éloigne.

Ne comptant plus les minutes, Rangiku sentait sa résistance s'effilocher, alors que la chaleur en son sein ne faisait que gagner en température. Elle fut bientôt incapable de poursuivre son action, alors que son corps tremblait de l'orgasme qui venait de la consumer bruyamment. Ayant eu la décence de taire sa jouissance sur les lèvres de son compagnon, elle fut heureuse de constater qu'il n'avait pas tenu bien longtemps, alors qu'elle sentait la semence de son amant l'emplir de son essence.

Retombant sur le torse bouillant du noble, elle prit conscience qu'ils se trouvaient encore dans son bureau, à la Dixième division.

- Oh putain ! Mon capitaine va me tuer !

- Je lui ai fermé la porte au nez, s'amusa le brun devant l'expression effrayée de son amante. J'adore quand tu dramatises.

- Ça se voit que tu ne le connais pas, grommela-t-elle en se levant pour réajuster son shihakusho, l'obligeant à en faire de même

- Tu ne vas pas me faire croire qu'il ne l'a jamais fait au bureau avec sa femme ?

- Merci de ne pas me remémorer ce souvenir.

Il ne put retenir son rire au dégoût lisible sur son visage. Elle laissa entendre un 'sur mon bureau en plus' qui eut tôt fait d'achever le noble.

L'après-midi se déroula –l'espérait-elle– sous de meilleurs hospices, car la rousse se méfiait de la vengeance que son capitaine devait encore mûrement réfléchir. Elle avait beau lui avoir dit que ce n'était qu'un juste retour de karma pour la fois où se fut elle qui avait surpris son supérieur et sa femme, il n'en avait rien eu à faire. Elle resta sur ses gardes jusqu'à la fin de la journée, ne croisant pas non plus son compagnon. Un instant, elle s'inquiéta que son capitaine ne se venge sur le brun, avant d'abandonner l'idée. Jamais il n'irait provoquer un autre capitaine pour ce genre de choses.

Il était dix-huit heures lorsqu'elle quitta enfin son bureau. Elle regagna son appartement, un air ravi sur le visage. Son amant avait accepté de passer la nuit chez elle, chose qu'ils n'avaient plus faite depuis très longtemps. Aussi, il fallait qu'elle y fasse un brin de ménage car elle ne venait quasiment plus chez elle, la totalité de sa garde-robe ayant déménagé dans les armoires du noble. Elle devait également leur préparer un repas digne de ce nom, craignant d'avoir oublié comment faire car elle ne cuisinait plus depuis qu'elle logeait chez le Kuchiki, les cuisiniers du manoir faisant de l'excellent travail.

Dépoussiérant un peu, balayant, nettoyant le plan de travail ainsi que la table à manger, refaisant les draps du lit, elle s'installa finalement derrière les fourneaux après une bonne demi-heure de ménage pour mitonner un plat simple mais apprécié : un tonkatsu. Plat à des lieux des mets raffinés que son compagnon avait l'habitude d'avaler, mais il ne ferait pas la fine bouche. Certes il n'hésiterait pas à lui dire si la cuisson était imprécise, mais il en mangera sans rechigner.

Et elle avait eu raison sur toute la ligne. Outre le fait qu'il lui précise que son porc était sans doute resté une minute de trop dans l'huile à frire, il avait fini son assiette et s'était même resservi une petite portion de légumes. Elle était heureuse que sa cuisine lui ait plu. Elle n'avait pas prévu de dessert pour clore le repas, aussi, après une dernière tasse de thé partagée sur l'engawa, ils allèrent se coucher.

Blottie contre son corps brûlant, elle inspira doucement son odeur sacrée avant de fermer les yeux. Elle fut gagnée par le sommeil en très peu de temps. Les bras encadrant la taille de sa compagne, le brun avait le regard fixé sur la pleine lune éclairant parfaitement la Soul Society. Il ne réalisait pas encore que le matin même elle lui annonçait être enceinte. Enfin si, il le réalisait, mais maintenant qu'il se savait bientôt être père, il était terrifié. Elle serait à ses côtés, aucun ne doute là-dessus, mais il avait peur de ne pas savoir s'y prendre. Et s'il était un mauvais père ?

Le sommeil l'emporta avant qu'il ne perde la raison.


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MariieFBLM