Disclaimer : identique aux chapitres précédents.
Comment la vie de Byakuya Kuchiki a basculé, part 5 / 9
- Rangiku ! appela une voix paniquée en ouvrant la porte de la chambre.
- Izuru ?! sursauta la jeune femme en se redressant, encore embrumé de la nuit. Il est quatre heures et demie !
- Rangiku, je… j'ai fait une connerie…
Vérifiant que le noble n'avait pas été réveillé par les braillements du blond, elle se leva, s'enfermant dans un kimono de nuit, avant de conduire son ami dans la pièce voisine. Il tremblait tellement qu'elle eut peur qu'il ne s'écroule sur lui-même si elle le lâchait un instant. Elle le fit donc asseoir sur le canapé, lui demandant de patienter un instant le temps qu'elle aille lui chercher un verre d'eau. Le lui glissant entre les mains, elle attendit qu'il ait vidé le verre pour lui demander de quoi il en retournait.
- Je crois que… j'ai couché avec Shūhei. Elle va me tuer.
- Comment ça 'tu crois' ? demanda-t-elle, légèrement surprise par l'annonce.
- Je me suis réveillé tout à l'heure, j'étais nu, et il était à côté de moi, nu, et j'ai eu peur. Pourtant, j'ai… j'ai pas mal, rougit-il en baissant le regard.
- C'est toi qui lui as mis ?
- Rangiku ! Je… j'en sais rien, je me suis enfui.
- Vous n'avez peut-être rien fait, tenta-t-elle de la rassurer.
- Il… il m'a embrassé hier soir. Et même si j'étais bourré, je m'en souviens parfaitement.
Bien qu'elle ait aisément compris pour les penchants homosexuels de son ami, elle ne le savait pas pour ceux du brun. Il n'avait jamais montré d'attrait pour la gente masculine. Après tout, il était marié et père d'un petit garçon âgé maintenant de onze ans. Et sa femme n'était pas la première venue, puisqu'il s'agissait du capitaine de la Deuxième division. Elle comprenait désormais pourquoi il paniquait. Il craignait que Soifon ne vienne abréger ses souffrances pour avoir abuser de son époux.
Elle vint prendre le blond dans ses bras, le réconfortant, alors que les larmes du jeune homme ne tarissaient pas. Peut-être se fourvoyait-il. Il devait en parler avec le principal concerné. Mettre les choses au clair. Qui ne lui disait pas qu'ils avaient simplement dormi ensemble après s'être un peu excité physiquement. Ça ne l'étonnerait même pas, vu l'état dans lequel ils ressortaient après chaque beuverie. S'il n'y avait pas eu pénétration, le mal n'était pas encore fait. En revanche, s'il y en avait eu une, là elle craignait elle aussi qu'il ne soit trop tard pour le blond. Soifon ne le lui pardonnerait jamais.
- Il faut que tu en parle avec Shūhei. Tu dois en être certain Izuru. Une petite branlette n'a jamais tué personne, sourit-elle pour le dérider un peu. Mais si vous avez vraiment couché ensemble, tu dois lui demander pourquoi. Tel que tu me l'expliques, c'est lui qui a abusé de toi et de ton attirance pour les hommes, toi tu n'as simplement pas su résister. Tu n'es pas en tort.
- J'ai peur de le regarder en face Rangiku, lui confia-t-il.
- Regarde-moi Izuru, ce n'est pas ta faute, il est le seul à blâmer. Je te connais. C'est ton meilleur ami et il est marié. Même s'il t'avait attiré, tu n'aurais jamais pris le risque de l'approcher.
Elle lui resservit un verre d'eau qu'il vida d'une traite. Lui donnant un peu de courage, elle lui proposa même de l'accompagner s'il le souhaitait, ce qu'il déclina, clamant qu'il devait affronter le tatoué seul. Elle le raccompagna, le prenant une dernière fois dans ses bras pour lui rappeler qu'elle serait de son côté s'il avait besoin. Puis il s'en alla, la queue entre les jambes, hésitant mais sachant très bien où il devait se rendre.
Espérant que tout se passerait pour le mieux pour son ami, elle retourna se coucher. En entrant dans la chambre, elle vit que le noble était réveillé, accoudé contre la tête du lit. Silencieuse, elle contourna le lit pour ôter le kimono de nuit qu'elle avait revêtu quelques minutes auparavant.
- Tout va bien ? s'enquit-il devant son air inquiet.
- Je ne sais pas. Je crois que Shūhei a fait une belle connerie.
- Hisagi ou son hollow ?
- Putain je l'avais oublié celui-là, soupira-t-elle en se rallongeant, comprenant alors que même le tatoué n'y était pour rien.
Un quart d'heure après sa visite chez son amie de la Dixième, le blond se tenait devant la porte de ses appartements, incapable d'entrer. Des centaines de scénarii tournaient dans son esprit, lui empêchant de prendre une décision radicale. Finalement, après avoir frappé le mur d'à côté, étouffant son cri de douleur, il entra, se dirigeant aussitôt vers la chambre à coucher.
Le brun était encore là, endormi, une main sur le torse, l'autre derrière l'oreiller, le drap ne cachant que le bas de son corps. Une bouffée de chaleur traversa le vice-capitaine de la Troisième devant le spectacle que lui offrait son aîné. Il l'avait toujours trouvé attirant, mais jamais il n'aurait osé quelque chose. Et maintenant qu'il était marié à une femme, tous ses espoirs étaient envolés. De toute façon, lui-même fréquentait quelqu'un depuis plusieurs semaines, alors il ne pouvait plus laisser libre court à ses fantasmes d'une telle manière.
Il s'approcha lentement du lit pour réveiller son ami. Il devait en discuter sur l'instant plutôt que laisser mariner l'histoire et la voir éclater au nez de personne n'ayant point besoin d'y être mêlés.
- Shūhei, il faut qu'on parle, dit-il d'un ton ferme en lui secouant l'épaule, toute trace d'hésitation disparue.
- Laisse-moi dormir Soi…
- Vice-capitaine Hisagi, je vous conseille vivement de vous lever !
Le susnommé se redressa brusquement, les yeux s'écarquillant à la vision du blond dès le réveil. Aussitôt, il fut assailli d'une douleur dans le bas du dos, l'obligeant à se rallonger, grommelant.
- Tu veux quoi Izuru ?! gronda le brun en retrouvant une position adéquate à une conversation.
- Que tu m'expliques ce qui s'est passé cette nuit ? Tu m'as raccompagné hier soir, et tu t'es jeté sur moi pour m'embrasser.
- QUOI ?!
- Tu as abusé de moi putain ! T'as profité de savoir que j'étais gay pour me-
- Mais qu'est-ce que tu racontes ?!
Hisagi se leva soudainement, mettant de la distance entre lui et le blond. Puis il se rendit alors compte qu'il était nu comme au premier jour, et se recouvrit les parties de ses mains, gêné. Malgré cela, le tiraillement au niveau de ses fesses devint plus important, lui arrachant un couinement. Et là il saisit.
- Tu m'as enculé !
- J'étais bourré Shūhei ! C'est toi qui m'as forcé, pas l'inverse.
- La bonne blague, grinça l'autre amèrement. C'est toi qui m'encules et c'est de ma faute.
- En fait, c'est de ma faute, laissa échapper une troisième voix plus nasillarde qui sortit de la bouche de nul autre que le lieutenant de la Neuvième.
- Putain Dark !
Le brun aurait voulu le frapper, mais étant une entité vivant à l'intérieur de lui et partageant ses plus sombres secrets, il ne pouvait rien faire. Alors il exigea une explication plausible.
- J'en ai parlé avec Joli cœur et elle m'a dit qu'elle était d'accord.
- Sauf que tu aurais pu me demander avant putain. J'ai mal au cul abruti !
- Pourquoi moi ? demanda Kira avec méfiance.
- J'sais pas. J'voulais juste savoir ce que ça fait d'être pris par derrière. Ça aurait pu être le Commandant ou le scientifique fou. Soit heureux, tu ne pourrais pas marcher sinon.
- Merci beaucoup Dark, c'est très prévenant de ta part.
Le blond, silencieux jusqu'alors, tentait de démêler cette conversation sordide. S'il avait bien compris les propos du hollow, il n'était qu'un cobaye. Il aurait pu se tourner vers n'importe qui, même un inconnu, mais il avait fallu que son choix s'arrête sur lui. Et le Capitaine Soifon qui avait approuvé cela ! Mais où avait-elle la tête pour donner l'autorisation au hollow de son mari de la tromper avec un homme ?
Comment allait-il pouvoir expliquer ça à son partenaire ? Il n'était pas encore dans une relation amoureuse, bien que des sentiments apparaissaient de son côté, mais jamais il n'aurait eu l'idée d'aller voir ailleurs, surtout s'il développait quelque chose pour lui. Pourtant, il ne voulait pas lui cacher une information aussi importante que celle-ci. Et connaissant l'énergumène, soit il lui ferait la tête, et il pouvait s'avérer être très rancunier, soit il irait directement s'en prendre à Hisagi. Dans les deux cas, ce n'était pas la solution appropriée.
Ignorant donc la dispute qui éclatait entre le shinigami et son hollow, il quitta son appartement. Il n'était que cinq heures du matin, il devait se vider la tête. Marchant dans les ruelles du Seireitei sans but précis, il finit par arriver devant les quartiers de son amant. Il finit par céder à la tentation, allant frapper à la porte.
- Izuru ? fit ce dernier en ouvrant. Viens, entre.
Suivant l'autre dans son antre, il vint de suite l'enlacer sans lui laisser le temps de réfléchir. Les lèvres tremblantes, quelques larmes coulant sur son visage, il ne voulait pas relever la tête de son torse. Il se sentait en sécurité dans ses bras, loin de son meilleur ami et de son hollow aux envies étranges.
- Dis-moi ce qu'il y a Izuru.
- Je… c'est de sa faute, sanglota-t-il en relevant son visage ravagé vers celui intrigué de l'autre homme.
- À qui ? Je ne comprends pas.
- J'ai… j'ai couché avec Shūhei. Enfin, avec son hollow. Je déteste le Capitaine Soifon.
- Tu-
- J'étais bourré hier soir, et quand je t'ai dit que je le raccompagnais, j'espérais rentrer tranquillement après, avoua-t-il d'une voix chevrotante. Mais il m'a plaqué contre un mur et il m'a embrassé. J'ai essayé de me défendre mais je suis une vraie larve quand j'ai bu. Alors je l'ai laissé faire. J'ai pas compris comment on était arrivé chez moi, j'ai pas de souvenir de la nuit. Je suis désolé.
- Il t'a… voulut demander son amant.
- Il voulait savoir ce que ça faisait d'être pris. Je suis vraiment désolé. Je… je m'en veux d'être aussi faible.
- Tu n'es pas faible Izuru, il a abusé de la situation, c'est lui le fautif. Viens, retournons nous coucher.
Le tenant encore dans l'étreinte, il l'amena jusqu'à la chambre. Il l'allongea sur le lit, s'installant derrière lui pour le garder dans ses bras, le berçant doucement de sa respiration, caressant lentement ses cheveux. Il allait avoir besoin de son soutien pour assumer cette situation, tout comme il allait avoir besoin de temps pour pardonner le brun. Hisagi – ou Dark, ils étaient la même personne après tout– avait profité de son état second pour lui exiger une chose qu'il n'aurait jamais voulu commettre en pleine possession de ses moyens. Ça il ne pourrait jamais le lui pardonner, vice-capitaine ou non.
Lorsqu'elle émergea doucement de ce rêve agréable le lendemain matin encore blottie dans les bras de son amant, Rangiku leva les yeux vers le ciel. Elle espérait que tout irait pour le mieux pour Kira. Il ne méritait pas de vivre une telle chose. Il pouvait se briser si facilement depuis la Guerre, alors qu'il était littéralement mort plus d'une heure durant, la moitié du buste arraché, avant que Kurotsuchi ne tente encore l'une ses expériences sur lui. Depuis, il vivait avec une prothèse remplaçant ses organes. Il était si fragile qu'un rien pourrait le détruire.
Elle s'écarta de son compagnon pour se lever, faisant attention à ne pas le réveiller. Soufflant un peu, elle s'installa sur le bord de l'engawa, fixant le paysage. La journée s'annonçait rude, sachant très bien que le blond serait en froid avec le vizard, sachant qu'elle allait devoir essuyait la vengeance de son capitaine pour leur petite affaire de la veille, sachant qu'ils devaient annoncer sa grossesse aux anciens du clan Kuchiki.
- Kira est un grand garçon Rangiku, il saura y faire face.
- Il menace de s'effondrer à chaque fois depuis la Guerre Byakuya, soupira-t-elle en le regardant s'asseoir près d'elle. Son système immunitaire ne tourne plus qu'à 40%. La moindre maladie environnante, il l'attrape. Je n'ai pas envie de le voir succomber comme le Capitaine Ukitake autrefois.
- Il est fort et il est soutenu par ses amis, tout ira bien pour lui, assura-t-il. Et bien que ça m'horripile de le dire, Mayuri a fait du bon travail, ses jours ne sont plus comptés depuis une décennie. Il survivra à ça.
- J'espère.
Ils finirent par rejoindre leurs divisions après une dernière étreinte. La jeune femme décida de faire un détour par la Troisième pour s'enquérir de l'état de son ami. En arrivant, elle fut étonnée d'y trouver les officiers de la Deuxième et de la Neuvième. Elle en grimaça, forçant le passage pour venir se placer aux côtés du blond. Ce dernier l'observa faire sans rien dire, comprenant l'inquiétude qui l'assiégeait à la vision du couple Hisagi dans son bureau, surtout après les aveux qu'il lui avait fait le matin même.
Le brun souhaita savoir ce qu'elle faisait ici, mais au regard qu'elle lui lança, il sut pourquoi. Il aurait dû se douter que son ami avait cherché de l'aide quelque part. Baissant les yeux devant la colère de la rousse, il s'en voulut de ne pas savoir contrôler ses agissements lorsque son hollow prenait possession de son corps.
- Kira, commença la brune, je te présente mes excuses. Je n'aurais jamais dû lui permettre de faire cela.
- Je ne comprends pas comment vous pouvez autoriser votre mari à vous tromper, gronda-t-il, acerbe. Je- Dégagez, j'en ai assez entendu. Et n'oubliez pas de dire à votre fils que son père est un enfoiré.
- Excuse-moi Izuru, le supplia le tatoué en quittant la pièce.
Une fois seuls, la jeune femme offrit à son ami de partager une coupelle de saké, avant de se raviser vers un thé. Il accepta le saké, préférant ne pas argumenter. Elle par contre hésita à en prendre une, de par sa nouvelle condition, mais finit par y tremper ses lèvres, arguant que ce n'était pas cela qui achèverait le bébé.
- Où as-tu passé le restant de la nuit ?
- Chez Kensei, dit-il abruptement, avant de relever la tête vers elle, les yeux exorbités d'effroi. Enfin, je veux dire…
- Tu fais ce que tu veux Izuru, je ne te juge pas. Je suis heureuse pour toi.
- Merci.
Une fois certaine qu'il n'irait pas commettre de bévue ou autre, elle le laissa aux bons soins du Capitaine Ôtoribashi pour la journée, lui promettant de revenir le soir même. Elle savait que le vizard, sous ses airs d'homme raffiné, étant un fier guerrier qui ferait tout pour protéger sa famille. Et Izuru, de par sa place de vice-capitaine au sein de la Troisième division, faisait partie de cette famille.
En arrivant au bureau, elle ne fut pas accueillie par son supérieur. Elle trouva cela étrange mais ne put rien faire sinon travailler. Depuis sa mise en relation avec le noble, elle ne rechignait plus à faire les papiers, trouvant un amusement en cela. Néanmoins, elle préférait s'occuper du recrutement de la division que de sa comptabilité. Les chiffres et elle ne faisaient pas bon ménage. Et elle savait que son capitaine aimait traiter cela personnellement, aussi, laissa-t-elle de côté le dossier sur le budget pour se plonger dans les candidatures en attentes.
Toshirô Hitsugaya ne se présenta pas au bureau de la matinée. Elle avait pourtant reçu la visite de Nanao qui lui avait assuré qu'il allait bien lorsqu'ils s'étaient quittés à l'aube. Inquiète, elle décida de partir à sa recherche, confiant les rênes de la division au troisième siège. Après une brève investigation, elle apprit de la voix du Commandant que son capitaine était parti, sur son ordre, dans le Monde des humains. Ce n'était pas une mission mais le plus âgé l'avait fait passer comme tel. Et il avait envoyé son cadet car il ne pouvait pas se déplacer lui-même au risque d'éveiller les soupçons.
Ainsi, officiellement, le Capitaine Hitsugaya était parti à la rencontre de l'ancien capitaine de la Dixième division, son ancien supérieur, Isshin Kurosaki. Officieusement, il était parti récupérer une commande faite par Shunsui Kyoraku.
Elle retourna donc au bureau pour finir ses tâches administratives. Elle n'était rassurée que sur un seul point : il était parti de son plein gré. Par contre, elle craignait que la 'commande' ne soit encore une des créations bizarres de par Kisuke Urahara. Enfin, elle ne voulut même pas savoir ce que pouvait être cette chose.
En réalité, la 'commande' n'était qu'un simple bijou que le noble Commandant offrirait à sa seconde pour son anniversaire qui arriverait la semaine suivante. Cela, l'albinos l'avait de suite compris, pas la rousse. Il lui devait bien ça, après lui avoir rendu son zanpakuto, bien qu'il le garde tout de même par sécurité. Le brun était heureux de voir que la malédiction des Ise ne s'était pas abattue sur le jeune Toshirô Hitsugaya. Lui malheureusement avait vu son grand frère mourir pour s'être entiché d'une Ise. Peut-être était-ce grâce à son sang mélangé d'Ukitake et d'Aizen.
La suite se trouve en part 6.
MariieFBLM
