La chance tourne.

disclaimer: je ne possède pas l'univers de penny dreadful.
tous les personnages n'appartenant pas à cet univers sont issus de mon imagination et m'appartiennent.
toute reproduction, même partielle effectuée sans mon consentement sera considérée comme du plagiat et susceptible d'entraîner des poursuites judiciaires.
L'histoire se situe après la fin de la série.

Chapitre 3: rencontre fortuite

Soudain, il remarqua un corbeau qui marchait sur le chemin : il avait un œil totalement opaque et blanc et traînait une aile. Il se dit qu'il ne pouvait laisser la bête comme ça et entreprit de l'attraper mais le volatile lui échappait toujours. Il parcouru quelques allées en chassant l'animal blessé sans pour autant arriver à s'en saisir. Il passa le coin d'une allée marquée par un gros buis carré puis le volatile s'envola comme si de rien n'était.

Se retrouvant là, seul et perdu... il remarqua dans l'allée une jeune femme qui cueillait des roses. De longs cheveux noir tenus en une tresse, le teint très pâle, des vêtements élimés, il en déduisit qu'il devait s'agir d'une bonne. Il avait peur de sa réaction face à son horrible visage mais il était perdu dans le vaste jardin et il ne savait pas comment revenir rapidement à la terrasse pour ne pas offusquer ses hôtes « mademoiselle ? » dit il tout doucement. La jeune femme se retourna et regarda qui l'appelait mais, au lieu du traditionnel visage choqué qu'on lui présentait, elle lui sourit « vous devez être Mr Clare... que faites vous seul dans les jardins ? »
« j'ai suivi un corbeau blessé pour le soigner mais il s'est envolé comme si de rien n'était après m'avoir promené dans le jardin »
« un corbeau ? Était il borgne avec un œil blanc ? »
« oui c'est ça... comment le savez vous ?»
la jeune femme siffla et ledit volatile vint docilement se percher sur son épaule. « tu joues encore des mauvais tours Raven ? »
« il est à vous ? »
« disons que je l'ai soigné quand son œil à été abîmé mais à part ça il va ou il veut »
« bon, pouvez vous me reconduire à la terrasse s'il vous plaît ?»
« bien sûr, suivez moi »

La jeune femme passa à côté de lui en le frôlant alors que d'habitude les gens s'écartent de lui avec dégoût. Elle le conduisit dans le dédale des chemins entre les buis parfaitement taillés, les rosiers chargés de fleurs odorantes et les parterres bariolés. Enfin la terrasse fut en vue avec Howard qui attendait les mains sur les hanches. À leur arrivée, son visage se fit dur comme la pierre et John cru qu'il avait sérieusement offusqué son hôte.
Howard : « nom de nom... qu'est ce que tu fais là toi je t'avais dit de ne pas te montrer» fit il à l'adresse de la jeune femme.
John : « c'est de ma faute : je me suis perdu dans vos magnifiques jardins et elle a eu l'obligeance de me ramener »
H: « d'accord, maintenant que c'est fait DISPARAIT »
La jeune femme s'en fut à l'intérieur et tous se rassirent à leurs places respectives pour terminer le thé. Les jeunes femmes ne semblaient pas moins impressionnées à la fin de la rencontre qu'au début : c'était donc peine perdue de penser épouser une de ces jeunes filles. Il rentra donc bredouille.

La semaine suivante, dans les nouvelles annonces immobilières, il trouva intéressante un petit manoir à vendre en périphérie de Londres... pile tout près de celui où il avait rencontré les jeunes femmes une semaine plutôt. Il avait donc eu un aperçu de la beauté quasi champêtre du lieu. Il décida d'aller le visiter. Rdv pris par l'intermédiaire de son notaire il prit le fiacre jusque là mais, à sa grande déception, la bâtisse nécessitait de lourdes réparations et ne correspondait pas à ses critères. Sur le chemin du retour, qui le faisait passer à l'arrière de la propriété Fontenelle, il vit la jeune bonne qui nettoyait méticuleusement la grande arche de pierre qui formait la porte du fond du jardin. Il demanda au fiacre de s'arrêter « mademoiselle ? ». La jeune femme cessa de frotter et se retourna « oui Mr Clare ? »
« L'autre jour, je suis vraiment navré de vous avoir fait réprimander si sévèrement »
« ne vous en faites pas, père est toujours ainsi avec moi »
« père ? Vous êtes une Fontenelle ? »
« oui, je suis l'aînée de ses filles : Marie Fontenelle » dit elle en lui tendant la main.
John la lui serra mais il avait mille questions qui lui brûlaient les lèvres.
John : « comment se fait il que vous soyez... enfin... si...?»
Marie : « que j'ai le rôle d'une bonne vous voulez dire » fit elle avec un clin d'œil « parce que mon père considère que j'ai déshonoré notre famille »
J: « que diriez vous si nous allions prendre un thé pour que vous m'expliquiez tout ça ? »
M: « ce serait avec plaisir mais je dois terminer mon travail si je veux manger »
John était outré d'entendre de telles paroles.
J: « je vais attendre que vous ayez fini, je vais même vous donner un coup de main et le temps épargné à la besogne vous pourrez venir discuter avec moi »
M: « allons vous n'allez pas salir vos beaux habits »
J: « des habits, je me fiche comme d'une guigne de mes habits. Je vais vous aider puis nous prendront le thé ensemble pour que vous m'expliquiez cette révoltante situation »
M: « bien si c'est ce que vous voulez »

A deux, le travail fut vite fait et la jeune femme monta dans le fiacre avec son hôte qui était maintenant beaucoup moins chic avec ses vêtements tâchés et un peu mouillés. Elle indiqua au fiacre comment se rendre au salon de thé le plus proche. À l'entrée, l'hôtesse d'accueil fronça quelque peut le nez sur notre étrange paire dépenaillée mais John sortit de sa poche une liasse de livre sterling qui la convainquit de les installer à une table malgré leur allure. Ils commandèrent du thé et des petits gâteaux car l'immortel se doutait qu'elle ne devait pas avoir droit aux sucreries chez elle. Bien lui en prit car elle sembla beaucoup apprécier l'attention et dégusta la première sucrerie avec une mine réjouie. Il la laissa profiter un peu avant de l'interroger. Tout dans son attitude, son maintien et ses manières trahissait la fille bien née.

John : « alors, qu'avez vous fait pour vous attirer les foudres de votre père ? Pour avoir ''déshonoré'' votre nom ?
Marie : « j'ai refusé un mariage arrangé quand j'avais 15 ans »
J: « un mariage arrangé ? Quelle horreur... et en quoi cela a t'il déshonoré votre nom ? »
après une gorgée de thé la jeune femme répondit « je l'ai refusé d'emblée mais mon père n'a rien voulu entendre : il a organisé le mariage comme si de rien n'était. J'ai été forcée à mettre la robe de mariée et à aller devant le prêtre. Je l'avais prévenu que je dirais non mais il n'a rien voulu écouter. Le jour J, il s'est placé derrière moi avec son pistolet caché dans les froufrous de ma robe... mais je n'ai pas renoncé : j'ai dit non devant tout le monde. Alors il a tiré...une première balle dans le dos et une seconde dans la poitrine une fois tombée à terre... » pour illustrer ses propos elle écarta quelque peu l'encolure de sa robe révélant la cicatrice parfaitement ronde typique d'une arme à feu.
John était sidéré de voir à quel point un père pouvait être mauvais avec sa propre fille « je suis désolé »
M: « vous êtes désolé ? Mais vous n'y pouvez rien ! Sachez seulement qu'il essaie de faire la même chose à mes sœurs avec vous »
J: « je comprends mieux son empressement à me présenter ses filles sous le meilleur jour alors qu'elles avaient visiblement peur de moi »
M: « ne le prenez pas mal : elles vivent dans un monde où la beauté règne en maître... quelqu'un de défiguré doit leur paraître insurmontable en société. Depuis toujours elles s'imaginent au bras d'un mari parfait pour mener une vie parfaite. Naïves qu'elles sont ! On les mariera sans doute à de vieux rentiers ou des vieux fortunés»
J: « c'est ce qui vous est arrivé ? »
M: « oui, un vieux rentier impotent et en chaise roulante...plus qu'une épouse il voulait une infirmière et une prostituée gratuites. Alors j'ai dit NON »
J: « je vous comprends... rassurez vous je n'ai pas l'intention d'épouser une de vos sœurs et leur imposer ça. Je cherche la femme qui sera capable de me voir comme un ami sincère et non comme un monstre de laideur »
M: « vous n'êtes pas laid : vous êtes défiguré. Ça veut dire que vous avez eu un événement dramatique dans votre vie comme n'importe qui peut en avoir et que vous avez survécu. Vous êtes tombé mais vous avez eu la force de vous relever»
John fut profondément touché par ces paroles : elle ne niait pas le fait qu'il soit ''différent'' mais elle voyait du positif dans cette dramatique situation.

Ils continuèrent à discuter pendant une bonne heure de tout et de rien puis la jeune femme demanda timidement à être ramenée chez elle pour ne pas que sa famille se doute de quelque chose. Le fiacre la ramena à la porte du fond du jardin.
M: « merci pour ce moment...ça faisait longtemps que je ne m'étais pas sentie aussi bien »
J: « mais de rien, merci à vous d'avoir passé un peu de temps avec le monstre que je suis »
la jeune femme lui donna un coup de coude gentillet. Au moment de se séparer, il lui baisa la main comme un gentleman. Elle ramassa seaux et brosses et s'en retourna vers son calvaire quotidien.

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