La chance tourne.
disclaimer: je ne possède pas l'univers de penny dreadful.
tous les personnages n'appartenant pas à cet univers sont issus de mon imagination et m'appartiennent.
toute reproduction, même partielle effectuée sans mon consentement sera considérée comme du plagiat et susceptible d'entraîner des poursuites judiciaires.
L'histoire se situe après la fin de la série.
Chapitre 4 : résolutions .
Au cours des jours suivants John ne cessa de penser à la jeune femme brimée et maltraitée. Il se disait qu'il pourrait faire quelque chose pour elle, la sortir de là mais il ignorait comment. Il était de plus en plus frustré car il imaginait la vie de riche beaucoup plus facile et... parfaite. Lui n'arrivait même pas a trouver une maison et vivait à l'hôtel depuis des mois. Il commençait à se demander s'il n'en demandait pas trop dans tous les domaines de sa vie : la maison de ses rêves, une femme aimante ... et s'il devait prendre les choses comme elles venaient ? Ce fut décidé : il prendrait la prochaine maison qui se présenterait et épouserait la première femme qu'il rencontrerait dans le cadre de ses recherches.
Le seul domaine ou il était heureux était la possibilité de s'offrir tous les livres qu'il voulait. Il courait les brocantes et les vides greniers pour dégoter des livres et agrandir sa collection déjà bien fournie. Un jour, sa chasse au livre l'amena à nouveau à proximité du manoir Fontenelle. Il ne put s'empêcher de regarder à la porte du jardin s'il ne voyait pas la jeune femme mais le portillon était désespérément désert. Pourtant il n'arrivait pas à la sortir de sa tête...
Sur la brocante il passa beaucoup de temps à fouiller les monceaux de livres d'occasion qui émaillaient le marché ça et là quand une petite main lui tapa sur l'épaule. Il se retourna et vit Marie qui lui souriait gentiment « bonjour Mr Clare » « ah Melle Marie, quel plaisir de vous revoir » dit il en lui baisant la main. « que faites vous ici ? » demanda la jeune femme. « je cherche des livres de poésie, c'est ma passion... et vous ? » « c'est beaucoup plus terre à terre, les courses sur le marché. Nous en avons profité pour jeter un œil sur la brocante ». La jeune Circé, ne voyant plus son aînée se mit à la chercher et vit qu'elle parlait à un homme. De dos elle ne reconnut pas son interlocuteur et arriva gaiement : « Marie que fais tu ? Tu traînes encore ? » dit elle en arrivant tout sourire. John se retourna et vit la très jeune fille. Intérieurement il ravala son serment : impossible pour lui de prendre pour épouse une femme qui pourrait être sa fille. Soudain il eut une illumination : ce n'était pas Circé la première femme qu'il avait vu dans le cadre de sa recherche mais Marie. Certes elle n'était pas candidate au mariage mais il l'avait rencontrée dans ce cadre. Dès qu'elle vit le visage de l'homme, la très jeune femme s'arrêta et regarda piteusement le bord de sa robe en s'approchant « bonjour Mr Clare » dit elle doucement, presque en chuchotant. « bonjour Melle Circé, vous vous promenez sur une brocante : je n'aurais pas cru ça d'une dame de votre rang ». La jeune fille bredouilla une réponse inintelligible. Marie prit le relais : « on peut trouver de très belles choses dans une brocante et surtout... beaucoup plus accessibles à ma bourse et Circé m'accompagne souvent». La jeune fille fit un oui discret, visiblement toujours aussi impressionnée par son interlocuteur.
« Pourrions nous faire un bout de chemin ensemble ? » demanda John aux jeunes femmes. Marie accepta avec joie mais sa benjamine parut réticente. « Tu peux rentrer à la maison si tu en as assez » ajouta l'aînée, offre que Circé accepta prestement laissant les deux aînés seuls. John offrit son bras à la jeune femme pendant qu'ils parcouraient les étals. L'immortel ne pensait plus du tout aux livres en étant si proche d'une femme qui l'acceptait comme il était. Il sentait que quelque chose grandissait en lui qu'il identifia comme un sentiment amoureux timide... refréné par de trop nombreuses déceptions. Ils déambulèrent longuement, elle l'aida à fouiller dans les livres et fouilla dans les vêtements de seconde main. Elle était un peu gênée de sa modeste condition à côté de cet homme si riche mais le fait qu'il fouille lui aussi sans gêne diminuait sa timidité : ils avaient des centres d'intérêts communs. Au détour d'un énième tas de livres, elle s'arrêta un instant sur un bouquin de médecine par les plantes : elle s'était mise a le lire en biais mais fini par lire quelques pages tandis que John cherchait son habituelle poésie. Il remarqua l'intérêt de la jeune femme pour cet ouvrage.
John : « ce livre vous intéresse t-il ? »
Marie : « j'ai toujours été intéressée par les sciences en particulier par l'art de guérir »
J: « vous devez être contente d'avoir trouvé un si beau volume »
M: « oui, enfin dommage que je ne puisse pas me le permettre »
J: « vous ne pouvez pas vous permettre un livre de seconde main ? »
M: « oh non, croyez moi... j'ai à peine de quoi m'habiller et me chausser décemment »
J: « laissez moi vous l'offrir »
M: « oh je ne peux pas accepter, c'est déjà vous qui avez payé le thé »
J: « mais j'insiste, ce n'est pas les pauvres 25 pennies qui vont me manquer »
M: « vous avez tort, 25 pennies peuvent changer toute une vie »
J: « ça je suis bien placé pour le savoir... mais je vous en prie, cela me ferait plaisir de vous l'offrir »
M: « bien si vous insistez »
La jeune femme repartit toute contente de ce cadeau. John pensa à tous les côtés exceptionnels de cette femme : survivre à deux balles tirées à bout portant, passer du statut de femme bien née à celui de bonne, réussir à vivre dans une maison ou quelqu'un vous déteste... une vie de douleurs et de déceptions tout comme lui alors qu'elle restait une personne lumineuse et agréable. Il s'enhardit à demander : « pourrions nous nous revoir à une occasion ou une autre ? »
M:« ça va être difficile car j'ai peu de temps libre »
J: « vous avez dit que vous faisiez le marché... peut être pourrais je venir vous rejoindre pendant que vous faites les courses ? »
M: « oui on peut faire ça... bien que je me demande pourquoi un homme de votre qualité s'intéresse à une souillon comme moi »
J: « vous n'êtes pas une souillon... vous avez eu un accident de la vie. Vous êtes tombée et vous vous êtes relevée » dit il en répétant ses propres mots.
M: « me relever... j'ai plutôt l'impression de vivre à genoux depuis. Mieux vaut mourir debout que vivre sa vie à genoux dit on »
J: « faire tout ce qu'on peut pour survivre n'a rien de dégradant ... que du contraire : arriver à s'adapter à toutes les situations est une preuve de grande force et d'une grande résilience »
M: « c'est ce que je me dit aussi quand j'ai des baisses de moral »
J: « alors, d'accord pour les courses ensemble ? »
M: « oui, si vous voulez »
Les deux amis se séparèrent une fois les horaires convenus. La jeune femme rentra chez elle avec son précieux livre. Son père l'attendait de pied ferme dans le couloir :
Howard :« qu'est ce qui t'as pris tant de temps ? »
Marie :« vous aviez donné votre accord pour faire la brocante »
H: « oui mais ta sœur est revenue depuis des heures »
M: « elle en a eu assez bien avant que nous ayons fini les étals »
H: « et ça qu'est ce que c'est ? » dit il en désignant le bouquin
M: « un livre père, juste un livre »
H: « je ne te donne pas d'argent pour que tu achètes des choses inutiles, je vais baisser ce que je te donne puisque tu arrives encore à t'offrir des sottises »
M: « père je ne l'ai pas payé »
H: « veux tu me faire croire qu'un vendeur te l'a donné ? Tu me mens en plus ! »
M: « non on ne me l'a pas donné... un ami me l'a offert »
H: « un ami... tu as trop de temps libre en plus : il faudra que je t'occupe plus en prime »
M: « bien père » dit la jeune femme résignée.
Elle était effondrée et ne savait pas comment elle se débrouillerait à l'avenir. Elle était pourtant heureuse que quelqu'un s'intéresse à elle pour elle même et non pour son nom. Elle utilisa le peu de bougie qu'on lui allouait pour lire quelques pages de son précieux livre.
Pour ceux qui lisent sans être inscrit, vous pouvez m'envoyer un petit mail à marie_yaoifan arobase hotmail point fr (faut feinter car le site n'accepte pas les mails) et je vous enverrais un petit mot quand il y aura du nouveau ;)
