Disclaimer : puisqu'il s'agit du dernier de l'histoire, rappelons que le génialissime Tite Kubo est à l'origine du manga Bleach.

Rating du chapitre : M pour lemon


Comment la vie de Byakuya Kuchiki a basculé, part 9 / 9

Mue par une propre volonté, sa main poussa la porte pour qu'il puisse entrer à son tour dans le bureau. Il fit quelques pas dans la pièce et veilla à garder ses distances avec le rustre. Il semblait figé sur place, comme prisonnier d'une glace invisible.

- Que fais-tu là ?

- Elle est enceinte, murmura l'autre d'une voix éteinte. Elle est enceinte.

- Tu devrais en être heureux.

- Ouais, mais j'ai pas la tête de l'emploi.

- Ridicule, cracha presque le noble en se dirigeant vers la sortie. Tes craintes sont infondées. Profite plutôt de cette chance qu'elle t'offre.

Il quitta la pièce sur ce seul conseil. Il ne tenait qu'au capitaine de la Onzième d'accepter la réalité et d'y voir une opportunité. Soufflant, il retourna à son point de départ, mettant plus ou moins de temps pour s'y rendre. Frappant quelques coups, il fut invité à entrer par l'argentée qui venait à l'instant de finir son office. Elle s'éclipsa sur la promesse de libérer la rousse le lendemain matin après un dernier check-up routinier.

Elle écarta les draps du lit pour se lever, heureuse qu'Isane lui en ait donné l'autorisation. Il fallait qu'elle se dégourdisse les jambes avant d'en perdre l'usage. Elle exagérait un peu, mais personne n'en était surpris, elle avait toujours été comme ça. Le brun la regarda faire en silence, intrigué par certains de ses mouvements. Il n'était pas sûr qu'il soit nécessaire qu'elle défasse son obi. Enfin, il n'allait pas s'en plaindre non plus. De toute façon, il avait immédiatement compris le but de sa manœuvre.

- Ça fait un mal de chien, couina-t-elle en posant une main sur l'un de ses seins.

Elle contourna le lit, laissa sa main glisser dans le dos du brun, puis s'approcha du berceau pour y prendre Ryō. Elle s'installa alors sur le fauteuil libre, le nouveau-né calé contre sa poitrine. Et là, devant les yeux stupéfaits du noble, elle l'allaita, fixant son compagnon sans discontinuer. Il la trouva magnifique ainsi, auréolée par la lumière extérieure et sublimée par son regard chaleureux.

- Lisa a tout de même soulevé un point. Il va nous falloir lui choisir un parrain et une marraine.

- Qui as-tu en tête ?

- Actuellement ? Toi.

- Sérieusement Rangiku, soupira-t-il.

- Je suis sérieuse Bya. Ça fait un mois et demi que tu ne m'as pas touché, un PUTAIN de moi et demi ! Cette espèce d'abstinence… lui dit-elle en remuant sa main libre dans un geste équivoque. Je ne la supporterais pas une minute de plus.

- Et pourtant, tu vas attendre encore un peu, la contredit-il aussitôt. Je ne te toucherais pas tant que tu ne seras pas parfaitement remise de l'accouchement.

- Tu te fous de moi ? Mais, je peux mettre des mois à-

- Alors qu'il en soit ainsi. Ne t'a-t-on jamais dit : 'L'attente est en proportion du bonheur qu'elle prépare' ?

- Sale monstre, vociféra-t-elle entre ses dents.

Elle se détourna de son regard, fixant le bambin avec un doux sourire. Après tout, s'il lui promettait un aller simple pour le paradis et les enfers, elle pouvait bien attendre encore un peu.

Ainsi, après plusieurs jours de réflexion et de concertation, ils décidèrent de choisir Nanao Hitsugaya pour être la marraine de Ryō. Le choix était apparu comme une évidence pour la mère et le père n'avait pas rejeté l'idée. Mais concernant le parrain, et c'est ce choix-là qui avait demandé une attention toute particulière, ils avaient longuement hésité, la rousse proposant le nom de son meilleur ami, puis celui de son capitaine, pour finir par proposer celui de son camarade de beuverie. Mais le noble les avait tous rayé de la liste, sans motif préalable mais la jeune femme su facilement pourquoi.

Finalement, leur choix s'est arrêté sur l'individu le plus proche du couple, et étrangement, ce n'était pas Renji Abarai. Non, ce fut Shinji Hirako qui eut l'immense honneur d'être le parrain du petit garçon. En soit, cela ne surprenait pas beaucoup la rousse, au vu de leur 'complicité' passé. Il était, en quelques sortes, le premier à avoir approché le nouveau Byakuya Kuchiki sans crainte, même après le rejet de sa personne lors de son réveil. Il avait persévéré et avait finalement obtenu une place importante dans la vie de noble. Il avait été une sorte de confident pour lui.

L'annoncer fut simple mais étrange. Pour le vice-capitaine de la Première division, ce fut rapide, presque expéditif. La brune en fut heureuse, les prenant tour à tour dans ses bras, avec un peu d'appréhension pour le noble. Mais pour le vizard blond, ce fut une autre paire de manche. D'abord introuvable, puis finalement retrouvé dans la Neuvième à parlementer tranquillement avec l'autre capitaine, le brun avait dû user de toute sa patience pour ne pas rentrer et choisir lui-même un autre candidat au poste de parrain.

Une fois installé dans le bureau du Capitaine Hirako, ce dernier lui offrant une tasse de thé qu'il refusa, il lui demanda l'objet de sa présence. Une brève explication plus tard, Shinji acceptait officiellement la promotion proposée. Satisfait, le brun n'était pas resté une seconde de plus et s'était échappé d'un habile shunpo.

Six semaines après la naissance de Ryō, la rousse en faisait encore des cauchemars, son imagination s'amusant principalement à lui faire subir un accouchement qui durait éternellement. Elle se réveillait à chaque fois en nage, et son réveil conduisait à celui du nourrisson, qui ne se préoccupait pas de réveiller à son tour son père. Alors, quand Rangiku partait préparer son biberon, le brun le prenait contre lui pour le bercer, ou inversement.

Ils passaient des nuits épouvantables, le noble effrayant parfois son second par son visage fatigué et les cernes présentes sous ses paupières. Mais il ne pouvait rien y faire. Son congé était désormais loin derrière lui, et il devait paraître aussi rigide et aussi intolérant que son rôle l'exigeait. Mais, secrètement, il aspirait à quelques minutes de repos supplémentaires, que Renji ne venait pas gâcher par sa présence, laissant alors son supérieur somnoler sur son bureau pendant qu'il remplissait les tâches de la division.

Ce soir-là, dans sa grande bonté, surtout par pitié pour les deux parents, Shinji leur avait proposé de garder son filleul pour la nuit. Il n'y avait pas eu l'once d'une hésitation dans leur réponse, la rousse lui tombant même à genou tant elle était heureuse à l'idée de dormir une nuit complète.

- Byakuya, murmura-t-elle dans le silence de la chambre, je n'arrive pas à dormir.

- Moi non plus, soupira-t-il en retour.

- Tu crois qu'on…

Elle laissa volontairement sa phrase en suspens pour laisser le noble terminer lui-même la suggestion implicite. D'ailleurs, il n'en fut pas surpris. Pour une fois, pour une nuit, Ryō ne les dérangerait pas. Ils devraient en profiter pour se reposer, mais ils n'y parvenaient pas, ayant déjà pris le rythme de sommeil de leur fils. Pourtant, la proposition lui sembla intéressante.

- Tu es sûre que tu es en état ?

- Ça fait trois mois Bya, fais-moi l'amour maintenant, j'en peux plus.

Il se mit à rire, enlaçant la jeune femme entre ses bras fermes, venant l'embrasser avec passion. Après tout, n'était-ce pas cette fin qui justifiait de tels moyens ?

Les langues dansant langoureusement l'une contre l'autre, les mains de la rousse ne restèrent pas sagement à leur place, se faufilant sous l'unique pantalon que portait le brun pour palper le postérieur, aduler la peau des hanches, taquiner une aine sensible ou encore ranimer une partie endormie de l'anatomie. Elle réussit même l'exploit de lui voler un grognement avant même qu'ils n'aient réellement commencé.

Le noble décida à son tour de débuter la partie, n'utilisant qu'une seule main qu'il laissa glisser sur toute la surface du corps de la rousse, ne lui laissant que très peu de répit. Un gémissement résonna à ses oreilles, le faisant sourire. Libérant les lèvres gonflées par les baisers, il descendit dans son cou, lui offrant quelques marques rougies, continuant lentement sa course toujours plus bas. Il fit attention à ne pas maltraiter sa poitrine devenue extrêmement sensible par l'allaitement, ne voulant pas lui faire de mal. Sa langue traça tout de même un sillon entres les deux monts de chair, ses lèvres chatoyant son ventre avec lenteur et tentation.

La main de la rousse dans ses cheveux, alors qu'elle tremblait littéralement entre ses bras, il poursuivit sa route, embrassant l'intérieur d'une cuisse, un mollet, un pied, réitérant le chemin de baisers sur l'autre jambe. Il releva un instant le visage vers elle, souriant devant l'expression impatiente qu'elle arborait, les yeux fermés, la bouche entrouverte par le manque d'air. Cette femme le tuerait un jour. Mais pas aujourd'hui. Non, aujourd'hui, c'est lui qui allait lui couper le souffle.

Il serpenta contre son corps, encaissant la déception qu'il put lire dans ses yeux. Qu'importe, il avait de meilleurs projets. Il l'embrassa une nouvelle fois, alors que la main de la jeune femme retrouva son érection avec bonheur, lui imprimant un lent mouvement calculé. Cherchait-elle à lui faire payer son refus d'obtempérer ?

- Tu es trop impatiente.

- J'ai de quoi l'être, grommela-t-elle en replongeant sur ses lèvres.

Amusé, il la laissa faire quelques instants, appréciant amplement le contact qu'elle espérait prolonger indéfiniment, avant d'intercepter son poignet, l'immobilisant aussitôt. Elle le dévisagea étrangement, reculant son visage du sien, un poil agacée par le comportement de son compagnon.

- Bya, ne m'obliges pas à faire ça.

- À faire quoi, je te prie ?

- Tu- Putain c'est vrai, grinça-t-elle en se redressant, t'en as pas souvenir.

Il se retrouva plaqué contre le matelas, prisonnier d'un sort de kido. Il aurait pu aisément s'en défaire, mais il était curieux de savoir ce que la jeune femme ferait par la suite. Elle reprit possession de ses lèvres dans un premier temps, l'ensevelissant sous un baiser conquérant et bestial. Avait-elle peur qu'il finisse par s'en aller sans lui avoir donné ce à quoi elle aspirait depuis tout ce temps ? Il n'était pas aussi cruel que cela, enfin l'espérait-il.

Ses bras retenus dans son dos commencèrent à la déranger, empêchant le moindre mouvement anodin. Il brisa donc le sort, encerclant aussitôt le visage conquis de la jeune femme de ses deux mains, répondant avec plus d'intensité à son baiser, les faisant rouler sur le lit, lui permettant ainsi de retrouver une position dominante. Sans même détacher sa bouche de la sienne, les mains du brun reprirent leur exploration précédente, frôlant divers endroits, arrachant un bon nombre de frissons à la rousse.

Cette dernière commença sérieusement à s'impatienter lorsque le brun décida qu'ils avaient toute la nuit pour profiter du corps de l'autre, ralentissant chacun de ses mouvements. Aussi, laissa-t-il échapper un son étouffé lorsqu'elle disparut sous la couette, attrapant au passage la ceinture de son pantalon pour le lui retirer. Il eut même un sursaut lorsque le souffle brûlant de la jeune femme vint titiller son érection durcie. Bien, il prit note de ne pas trop faire traîner les choses en longueur la prochaine fois.

Pourtant, elle ne fit rien, continuant de l'observer de ses yeux malicieux, le sexe bandé du brun à quelques millimètres de ses lèvres charnues. Elle se vengeait, pour l'attente, pour la lenteur. Il comprit alors pourquoi elle était si impatiente, et il ne pouvait pas lui en vouloir. Combien de fois sa simple présence avait dû attiser un désir qu'elle ne pouvait pas assouvir ? Combien de fois avait-elle dû ignorer ses envies pour ne pas l'effrayer ? Il était clair qu'elle ne pouvait plus se retenir et qu'il faisait volontairement durer les choses pour la frustrer un peu plus. En définitive, il était encore plus cruel qu'elle ne l'aurait imaginé.

De ce fait, elle le mettait à sa place, le poussant à aspirer ce qu'elle ne lui donnera pas dans l'immédiat. Elle voulait qu'il prenne conscience de son état d'excitation avancée et qu'il voit à quel point elle se bridait pour lui. À son tour, elle remonta lentement contre son corps transpirant, le privant d'une libération tant attendue.

Face à ce visage envoûtant et ses yeux imbibés d'une lueur sans pareil, il rendit les armes, la renversant de nouveau sous lui, reprenant ses lèvres avec ardeur, alors qu'il venait subtilement écarter d'une main les jambes de la rousse pour s'y glisser. Une décharge de plaisir les traversa au seul contact de leurs deux sexes. Comment pouvait-il lui résister aussi longtemps ? Cette femme était sa Némésis, elle finirait par le consumer tout entier.

Ses doigts attisant un peu plus un désir déjà à son paroxysme, elle vint alors se saisir elle-même de son membre pour le guider à l'intérieur d'elle, les yeux azurés presque suppliant enchaînés au sien. Il capitula sans condition, répondant à son appel. D'un mouvement, il entra en elle, encouragés par les généreux gémissements que la rousse laissé percer à ses oreilles, alors qu'elle ceinturait ses bras autour de son cou et croisait ses jambes dans son dos. Sans un mot, il entama sa cavalcade.

Un large sourire éclaira le visage de la jeune femme, alors qu'elle savourait enfin ses retrouvailles avec son compagnon. Après des mois d'abstinence, il lui refaisait l'amour, il redonnait raison à leur amour. Enfin, il pouvait effacer le passé et construire un avenir meilleur pour sa famille.

Ils ne surent pas combien de temps ils ont pu tenir, mais l'orgasme qui les balaya fut si intense que la jeune femme en perdit connaissance. Il retomba à ses côtés, essoufflé mais heureux. Cette femme lui voulait la peau. Mais cette femme, il l'aimait avec tellement de force qu'il savait qu'elle serait celle qui causerait sa perte un jour.

- Repose-toi Ran, tu en as besoin.

Il la serra contre lui et s'endormit peu de temps après.

[…]

Rangiku se redressa violemment dans le lit, essoufflée et trempée de sueurs froides. Depuis quelques jours maintenant, elle faisait un étrange rêve qui tournait au cauchemar. Ce depuis l'annonce de la nouvelle mission de son compagnon en dehors de la Soul Society. Pourtant, il ne serait pas envoyé dans le Hueco Mundo mais dans le Monde des humains. Mais après avoir vécu deux drames identiques, elle ne prenait même plus la peine de dissimuler son opposition à ce genre de mission.

- Ran ? interrogea le noble en se relevant à son tour.

- C'est rien.

- Ce n'est pas rien, tu trembles.

- Toujours le même cauchemar… souffla-t-elle en se frottant les tempes.

- Il ne m'arrivera rien.

- Comme les fois précédentes ? Bya, j'en ai marre de paniquer pour toi. Et si-

- Avec des si on referait le monde Rangiku. Ça va bien se passer, je te le promets.

Il la serra contre lui avec tendresse, embrassant son front, scellant ainsi sa promesse, avant de les recouvrir du drap. Il avait retenu la leçon. Et désormais, il puisait sa force dans l'amour que lui portait Rangiku et leur fils Ryō. Rien ne pourrait plus jamais l'atteindre.

FIN


Et une de plus !

J'ose espérer que celle-ci vous aura autant sinon davantage plu que mes précédentes stories.

Je ne suis pas friande des reviews à tout va mais n'hésitez pas non plus hein ?

À la prochaine les amis !

MariieFBLM