La chance tourne.

disclaimer: je ne possède pas l'univers de penny dreadful.
tous les personnages n'appartenant pas à cet univers sont issus de mon imagination et m'appartiennent.
toute reproduction, même partielle effectuée sans mon consentement sera considérée comme du plagiat et susceptible d'entraîner des poursuites judiciaires.
L'histoire se situe après la fin de la série.

Chapitre 8 : souvenirs et baisers.

John arriva à son hôtel alors que brillaient déjà les premières étoiles dans le ciel rosi. Il déchargea la petite malle et paya le fiacre. Il entra dans l'hôtel comme on entre chez soi... le propriétaire avait prit l'habitude de le voir aller et venir à sa guise (il prenait bien garde à ne pas fâcher un client de cette envergure qui louait sa chambre au mois). L'immortel monta à l'étage avec son léger fardeau et toqua doucement à la porte de la chambre de la jeune femme ; il entra quand il y fut invité et déposa délicatement la malle au sol.
M: « John, vous l'avez récupérée ! Comment avez vous fait ? »
J: « on a raison de dire que l'argent peut tout acheter »
M: « vous n'avez tout de même pas déboursé de l'argent pour ces babioles sentimentales... »
J: « figurez vous que non... Marie, ma chérie... j'ai une mauvaise nouvelle pour vous... »
La jeune femme se raidit et attendit la ''sentence''.
J: « votre père à fait une chute dans les escaliers en me conduisant...je crains qu'il ne s'en sorte pas »
M: « et ma mère ? Comment va t-elle après cette nouvelle ? Et mes sœurs ? »
J: « toute votre famille est choquée et effondrée »
M: « oh John, quelle terrible nouvelle... j'irais demain au manoir pour voir si je peux faire quelque chose pour elles »
J: « je vous accompagnerais. Je me sens coupable de l'avoir amené dans les escaliers dans sa fragile condition »
M: « John...vous n'y pouvez rien : ça serait arrivé un jour ou l'autre ! Je n'irais pas jusqu'à dire que c'est une bénédiction mais un soulagement ça oui»
J: « je ne contredirais pas votre ressenti... mais le reste de votre famille ne le voit pas ainsi »
M: « bien sûr qu'elles ne le voient pas ainsi, elles se sont toujours pliées à ses 4 volontés par peur. Elles ne savent pas ce qu'il en coûtait de lui tenir tête... dans leur chair »
J: « ne soyez pas trop dure avec elles : tout le monde n'a pas votre force »
M: « quoi qu'il en soit il faudra que je sois là pour elles... j'espère que vous comprenez »
J: « bien sûr. Je souhaite vous accompagner toutes dans cette épreuve »
M: « oh John vous êtes un ange » dit elle en venant lui baiser la joue. Après cela ils se regardèrent intensément... la jeune femme pris l'initiative d'approcher ses lèvres des siennes et il parcouru la distance restante pour qu'ils se rejoignent dans un tendre baiser. Après quoi ils se regardèrent stupéfaits avant de rire doucement en joignant leurs fronts.
J: « ce n'est pas bien de rire dans ces circonstances »
M: « vous pensez que lui n'aurait pas ri si c'était l'inverse ? »
J: « quand même... soyons meilleurs que lui »
M: « John, il faut que je vous montre quelque chose »

La jeune femme se dirigea vers sa malle et l'ouvrit, elle en sortit le précieux livre de médecine, un set de rubans à cheveux, une collection de coquillages et, tout en dessous, un amas de tissus blanc et cramoisi qu'elle déplia soigneusement : une robe de mariée dont une bonne moitié était tâchée de ce qui fut du sang. Dans la lumière déclinante du jour, il vit très clairement deux trous parfaitement ronds dans la soie autrefois blanche et maintenant cramoisie.
J: « est ce...vous l'avez gardée ? »
M: « oui je l'ai gardée... à chaque fois que j'avais envie de l'envoyer bouler, de me rebeller, de répondre ou simplement de désobéir...je la sortais et je me rappelais l'horrible douleur de ces deux balles incandescentes traversant ma chair. Il n'y a que vous, vous John Clare, qui m'avez suffisamment motivée pour oser désobéir, mentir ou simplement cacher des choses »
L'immortel la serra tendrement dans ses bras « j'ignorais que ce fut si dur »
M: « et vous n'en avez vu qu'un dixième... les coups, les brimades, les menaces de me vendre à un bordel... le pire et pire encore il l'aurait fait si je n'avais pas obéi. Vous êtes le seul en qui j'ai eu assez confiance pour confier ma vie littéralement »
J: « ne vous en faites pas, il ne peut plus vous faire de mal : je suis là ! »
M: « il ne fera plus de mal à personne »

ils restèrent un moment enlacés avant que John ne se sépare douloureusement de sa bien aimée pour rejoindre sa chambre. Il prit un instant pour repenser à son geste : 5 femmes éplorées mais une heureuse... cela en valait-il la peine ? Oui car l'heureuse était la seule qui compte à ses yeux. Plus il en apprenait plus cela le confortait dans l'idée qu'il avait agi comme il fallait.

Le lendemain très tôt, la jeune femme se prépara pour aller voir sa famille. Elle enfila une toilette noire et elle était reconnaissante pour ce que John lui avait déjà offert : quel plaisir d'enfiler des sous vêtement neufs et non des occasions. À sa grande surprise, ce dernier était lui aussi déjà prêt. Ils se prirent par la main et allèrent se chercher un fiacre. Arrivés devant le manoir, ''leurs'' doutes furent confirmés par les tentures noires occultant les fenêtres, signe de deuil. Sans hésitation, la jeune femme se rendit jusqu'à la porte d'entrée et frappa discrètement. La bonne vint ouvrir immédiatement : « Marie te voilà... je sais que vous avez eu des différents mais ta famille va vraiment avoir besoin de toi »
M: « je m'en doute, c'est pour ça que je suis venue... comment vont elles ? »
B: « mal, très mal : elles s'inquiètent pour leur avenir. Tu sais que ton père menait ses affaires sans jamais parler de quoi que ce soit... maintenant elles ne savent pas du tout comment gagner l'argent nécessaire à leur vie »
M: « je sais... nous sommes là pour les aider. Pouvons nous y aller ? »
B: « oui bien sûr, la veillée se fait dans le petit salon »

Les futurs époux se dirigèrent vers la pièce indiquée et y trouvèrent les femmes éplorées ainsi que le futur époux de Catherine : un beau jeune militaire, héritier d'une grande famille. Dès qu'elle la vit, sa mère se jeta à son cou en pleurant.
J: « toutes mes condoléances Madame et Mesdemoiselles. Si vous avez besoin de quoi que ce soit je suis là »
Karina : « merci, vraiment. Vous êtes quelqu'un de bon. Nous ne savons pas comment nous allons faire...il entourait chacune de ses affaires avec un tel secret : comment pourrons nous savoir comment il gagnait l'argent qui nous permettait de vivre ?»
J: « je vais mander mon notaire pour qu'il investigue pour voir s'il arrive à les retrouver »
K: « merci. Nous connaissons certains de ses associés pour les avoir reçus à la maison mais ce n'est qu'une infime partie de ce qu'il entreprenait »
Ils s'assirent et veillèrent en silence ce mari et père despotique qui s'arrangeait pour leur faire du mal même une fois mort. Au cours de la journée, des amis de la famille ainsi que des associés vinrent rendre hommage au disparu. Marie, voyant sa mère effondrée, prit sur elle de relever les noms et coordonnées de ces associés pour les recontacter ultérieurement au sujet des affaires de Howard.

Marie et John passèrent toute la journée au manoir à aider comme ils pouvaient la famille endeuillée. La soirée était bien avancée quand le dernier visiteur s'éclipsa. Dans ce coin perdu de la banlieue de Londres, inutile de songer à trouver un fiacre à cette heure. Karina proposa donc tout naturellement qu'ils restent jusqu'au lendemain où aurait lieu l'enterrement. Les deux tourtereaux se tâtèrent mais l'impossibilité de s'en aller l'emporta. Pour la première fois en 5 ans, Marie put redormir dans ce qui avait été sa chambre dans ses jeunes années et maintenant transformée en chambre d'amis. Après son ''mariage'', son père, dans une folle colère, avait brûlé toutes ses affaires et transformé sa chambre en chambre d'amis. Sa mère s'était réfugiée avec elle dans une chambre de bonne pour la faire soigner et avait du déployer des trésors de patience pour que son père accepte de la garder comme bonne. Elle avait du commencer à travailler bien avant d'être guérie... augmentant de beaucoup la souffrance ressentie. Tous ces souvenirs se bousculaient dans sa tête tandis qu'elle attendait le sommeil.

John, dans la chambre à côté, s'émerveillait du luxe des lieux : le matelas était le plus moelleux qu'il ait jamais testé, le lustre en cristal impeccable jetait ses éclats de lumières sur les murs au papier peint soigné tandis que les meubles en bois exotique embaumaient l'air de leur essence précieuse. Il comprenait mieux pourquoi tout le monde se demandait pourquoi il vivait ''si humblement''. Néanmoins, il se demandait si tout cela était bien nécessaire... après tout, tout ça n'était que de la poudre aux yeux.

Le matin vint et la petite famille recomposée prit le petit déjeuner dans la grande salle à manger aux lustres de cristal et aux couverts en argents. Par habitude, Marie participa au montage de la table et au service. Sa mère la regarda faire : sa fille, dans sa coûteuse toilette comme il sied à une femme de son rang, qui faisait le service comme elle avait du le faire pendant 5 longues années à cause de son père... les larmes lui montaient à nouveau aux yeux. Une fois tout le monde rassasié, tous se préparèrent pour l'enterrement. Les amis et connaissances affluèrent au manoir et le corbillard arriva à 10h pile comme convenu. Le cercueil coûteux en bois exotique fut emporté par l'attelage pour sa dernière demeure tandis que la procession suivait en silence. Une fois l'enterrement achevé, tout ce petit monde fit le chemin inverse pour passer un peu de temps à parler du disparu dans les vastes pièces du manoir. À midi, un grand buffet permit aux invités de se restaurer. En passant parmi les groupes, Marie s'inquiéta : de nombreux convives s'inquiétaient du remboursement d'une dette ou l'autre... se pourrait-il que ce train de vie luxueux n'ait été que poudre aux yeux, bâti sur le mensonge et les emprunts ?

Ses doutes se confirmèrent malheureusement : un individu inconnu, venu assister à l'enterrement sur base de l'avis nécrologique publié dans le journal, vint trouver la veuve à la toute fin de la réunion. Il lui montra une reconnaissance de dette de 10 livres signée de la main de son époux. Marie vint fermement s'interposer : « n'avez vous pas honte de déranger une veuve éplorée le jour de l'enterrement de son mari ? » « attendez, moi je veux juste être sûr que je serais remboursé... je ne suis pas le seul d'ailleurs ». A l'ouie de cette conversation, d'autres personnes se rapprochèrent visiblement dans le même but. Les pleurs de Karina redoublèrent et sa fille se montra ferme et dit d'une voix qui porte loin: « revenez après demain, je recevrais personnellement tous ceux qui auront à discuter des affaires de mon père ». Les indélicats prirent finalement congé et la famille se retrouva à nouveau seule.

K: « mon dieu, mon dieu... Howard, qu'as tu fait ? Qu'allons nous faire avec toutes ces dettes sur les bras... je ne sais même pas combien nous avons à la banque... et s'il ne restait rien ? »
M: « calmes toi maman ! Demain le notaire te donnera les pleins pouvoirs sur les avoirs de la famille ensuite nous irons à la banque pour nous renseigner sur la fortune qui reste et les rentrées régulières. Tu sais combien il faut à cette maison pour tourner... nous apurerons les dettes avec ce qui reste. »
K: « il nous fallait encore bien ça ! »
M: « courage maman ! »

Pour ceux qui lisent sans être inscrits, vous pouvez m'envoyer un petit mail à marie_yaoifan arobase hotmail point fr (faut feinter car le site n'accepte pas les mails) et je vous enverrais un petit mot quand il y aura du nouveau ;)