La chance tourne.

disclaimer: je ne possède pas l'univers de penny dreadful.
tous les personnages n'appartenant pas à cet univers sont issus de mon imagination et m'appartiennent.
toute reproduction, même partielle effectuée sans mon consentement sera considérée comme du plagiat et susceptible d'entraîner des poursuites judiciaires.
L'histoire se situe après la fin de la série.

Chapitre 9 : grandeur et décadence.

Le lendemain, une fois le passage chez le notaire effectué, Marie, sa mère et John se rendirent à la banque pour avoir plus de renseignements. Le directeur les rencontra en personne pour satisfaire lui même à leurs demandes. Hélas, le compte ne comprenait plus que 500 livres . Il y avait des rentrées d'argent diverses mais souvent il s'agissait d'un paiement unique...il ne semblait pas avoir beaucoup d'affaires stables qui rapporteraient régulièrement. Par contre une série de dépôts à partir de liquide leur fit subodorer qu'il avait emprunté de ''petites'' sommes à de nombreux créanciers. Elles ne pouvaient donc compter que sur le solde et leurs propriétés pour apurer les dettes.

Immédiatement à la sortie de la banque, Marie demanda à John de les conduire chez son notaire. Une fois sur place, l'immortel demanda à ce qu'il recherche dans les affaires en cours si Howard Fontenelle était impliqué d'une façon ou d'une autre. Marie et Karina quand à elles lui demandèrent de se charger de la vente de leur propriété de vacances à la mer. La mère de famille ne put retenir ses larmes à nouveau à la pensée de tous les souvenirs qui allaient s'envoler avec cette propriété que son père avait offert pour leur mariage. Ses filles avaient grandi en passant leurs vacances dans cette maison en bord de mer : elles avaient joué à cache-cache dans les dunes, ramassé des coquillages (c'est de là que provenait la collection de coquillages de la ''malle au trésor'') et fait des châteaux de sable. Tout cela allait être perdu à cause des cachotteries de son mari. Mais, bien située dans une région très cotée, cette propriété rapporterait près de 1000 livres. La jeune femme prévint sa mère qu'en cas d'extrême nécessité il restait le manoir qui en valait 5000. Elle attendait la peur au ventre de voir arriver les créanciers le lendemain pour estimer de quoi il faudrait se séparer ou non et il lui semblait que sa mère le redoutait encore plus qu'elle.

Karina pleurait toujours quand le fiacre les redéposa au manoir. Rien qu'à la voir ses filles comprirent la gravité de la situation et se mirent à pleurer aussi. John commença à regretter son geste... puis se ravisa : cette souffrance n'était pas de son fait mais de la faute d' Howard qui géra sa vie (professionnelle et personnelle) de façon désastreuse. Marie et John passèrent la journée à fouiller le bureau qu' Howard gardait jalousement fermé et interdit à quiconque, allant même jusqu'à y faire le ménage lui même. Les rayonnages de classeurs confirmèrent leurs craintes : le patriarche investissait principalement dans des affaires qui rapportaient un dividende une fois... souvent à haut risque avec quasiment autant de perte que de profit (en tout cas pas assez de bénéfices pour le train de vie de la famille). Pour couronner le tout et lui permettre de mieux visualiser la somme de dettes à apurer, elle trouva un volumineux classeur d'exemplaires de reconnaissances de dettes qu'il avait déjà apurées... il en était venu à emprunter d'un côté pour rembourser de l'autre. Près de 1000 livres s'y alignaient et il ne s'agissait que de celles déjà réglées... combien étaient encore à rembourser ? Bien que s'activant jusque tard dans la nuit il fut impossible de dégager un tableau complet tellement il y avait des documents...il faudrait plusieurs jours voire plusieurs semaines pour comprendre les tenants et les aboutissants de la situation.

Comme le jour précédent, il était trop tard pour rentrer et le couple passa la nuit au manoir. Juste avant d'aller se coucher, alors que les filles pleuraient toujours Karina rassembla son courage et demanda à sa fille de revenir vivre auprès d'elle... le temps que tout se tasse. Devant l'hésitation de Marie, elle proposa d'accueillir aussi John pour qu'ils ne soient pas séparés. Levés tôt le lendemain matin pour accueillir les visiteurs comme convenu, le couple se retrouva en tête à tête alors que les femmes de la maison dormaient encore, épuisées par tant de larmes. Cela leur donna l'occasion de discuter entre eux.
M: « John, avec le deuil de mon père il ne serait pas décent de nous marier immédiatement : je dois observer une période de deuil d'au moins trois mois. Je me demandais si cela vous posait un problème ? »
J: « pensez vous, je comprends très bien... je comprends aussi que vous souhaitiez rester près de votre mère pendant cette épreuve »
M: « oh John, quelle chance j'ai de vous avoir... viendrez vous habiter ici avec moi le temps que ça se tasse ? »
J: « à vrai dire...j'hésite. Suis je vraiment souhaité ou est ce une obligation polie conditionnée par votre retour chez vous ? »
M: « allons John, cessez de vous dévaloriser. Nous avons besoin de vous... J'ai besoin de vous ! »
J: « d'accord alors, je ferais le nécessaire pour transporter mes affaires ici... au moins j'ai l'avantage de ne pas avoir grand chose » dit il en plaisantant. Elle rit de bon cœur et posa un petit baiser sur ses lèvres.
M: « j'ai hâte de devenir votre femme... avec tous ces contretemps ma plus grande peur est que vous décidiez de chercher une épouse plus accessible »
J: « n'ayez craintes, aucune femme ne saura toucher mon cœur comme vous l'avez fait »

Bien leur prit de se lever tôt car le premier créancier ne tarda pas à se présenter : le drôle de coco qui avait abordé Karina après l'enterrement se présenta à la première heure. La bonne sembla un peu gênée d'interrompre la conversation des futurs époux quand elle annonça le visiteur. « fais le passer au petit salon Lizzie s'il te plaît». John sentit clairement la familiarité entre le personnel du manoir et sa future femme, fruit de plusieurs années à se côtoyer plus intimement que sa propre famille... cela le rendait triste mais il se demandait s'ils se seraient ''trouvés'' si sa vie avait été différente ou si elle aurait été aussi impressionnable que ses sœurs.

Marie avait préparé la veille un ''registre de dette'' permettant de réunir facilement toutes les données sur chaque créance ainsi que le total. Elle reçu l'indélicat avec toute la splendeur d'une famille fortunée, faisant illusion qu'il n'y aurait aucun problème pour rembourser... du bluff quoi. Le thé fut servi avec des petits gâteaux tandis que la jeune femme contrôlait la reconnaissance de dette. Elle nota scrupuleusement les coordonnées du créancier et lui assura que l'affaire serait réglée dans les plus brefs délais. Entre temps, trois autres personnes se présentèrent et furent amenées à patienter dans le grand salon. Ça commençait fort !

Toute la journée fut un défilé de créanciers voulant récupérer leur argent... plus de trente passèrent par le petit salon pour le plus grand désespoir de la famille. La présence de John aux côtés de la jeune femme tempéra le tempérament de certains d'entre eux qui exigeaient un remboursement immédiat. Certains auraient pu se montrer agressifs face à une femme seule. Pour une fois son physique intimidant servit et il s'en sentit étonnement réconforté. La journée fut longue et ils étaient nerveusement exténués quand le dernier quitta le manoir dans son élégante voiture.10 ,20 livres mais ça pouvait monter jusqu'à 100... le rapide décompte avait amené la jeune femme à estimer la dette à 1200 livres voire 1300. La situation était vraiment critique ! Après un souper copieux pour compenser le repas sauté à midi, ils allèrent tous se coucher de bonne heure.

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