La chance tourne.

disclaimer: je ne possède pas l'univers de penny dreadful.
tous les personnages n'appartenant pas à cet univers sont issus de mon imagination et m'appartiennent.
toute reproduction, même partielle effectuée sans mon consentement sera considérée comme du plagiat et susceptible d'entraîner des poursuites judiciaires.

L'histoire se situe après la fin de la série.

Chapitre 10 : débrouille .

Le lendemain matin fut rude ... John aurait bien paressé un peu au lit mais savait que son aimée et sa famille avaient besoin de lui. Il n'empêche qui lui faudrait une bonne dose de café pour être pleinement en état de marche. Il descendit à la salle à manger pour prendre son petit déjeuner. Il fut surpris de trouver Marie déjà attablée en train de calculer la dette exacte qui leur était portée en compte. Il passa d'abord près d'elle pour l'embrasser tendrement en guise de bonjour avant de s'installer en face pour son petit déjeuner. La jeune femme souffla de dépit et l'immortel l'interrogea : « qu'y a t-il chérie ? »
M: « 1260 livres c'est la dette qu'il nous faut rembourser maintenant... et qui nous dit que tous les créanciers se sont manifestés ? »
J: « allons ne soyez pas pessimiste... au moins le manoir est sauvé »
M: « en sursis mon ami, en sursis : sans rentrée d'argent fixe le pécule fondra sans se renouveler et ma mère se retrouvera sans un sous et contrainte de vendre quand même. En soit ce n'est pas dramatique : avec l'argent de la vente elle pourra s'acheter une maison plus modeste et investir le reste pour avoir une rente mais... disons que nous sommes sentimentales dans cette famille. J'avoue que je vais regretter la maison à la mer et tous les bons moments que j'y ai vécu »
J: « ce n'est pas si loin, nous pourrons toujours aller y passer un jour de temps à autre si cet endroit vous plaît vraiment »
M: « ce ne sera pas pareil, c'est la fin d'une époque »
J: « le regrettez vous ? »
M: « mon père ? Grand dieu non mais disons que j'aurais préféré qu'il se débrouille avec ses magouilles plutôt que de devoir nettoyer derrière lui »
J: « ne pensez vous pas qu'il aurait réussi à faire encore pire et à mettre votre famille sur la paille ? »
M: « je ne pense pas... j'en suis sûre ! Il aurait empiré la situation jusqu'à ce que la famille se retrouve à la rue et il aurait alors forcé sa femme et ses filles toujours à sa charge à travailler pour payer les factures »
John fut réconforté par ces paroles. Il savait que la situation n'aurait fait qu'empirer jusqu'au point de rupture mais il avait quand même l'impression d'avoir volé ''l'innocence'' de ces femmes qui se croyaient à l'abri du besoin.

Sur ce, Karina arriva dans la salle à manger. Le teint gris, les yeux creusés et rougis... cette femme magnifique semblait avoir pris 10 ans en deux jours. « bonjour maman, bien dormi ? » « ne m'en parle pas j'ai l'impression de ne pas avoir fermé l'œil tellement je suis agitée ». Elle s'assit et picora une miche de pain avec de la confiture.
K:« alors, sommes nous fixées sur le montant à rembourser ? » demanda t-elle à sa fille.
M: « 1260 livres »
K: « ça ne laisse pas grand chose devant nous pour la gestion quotidienne du manoir... il nous faut 60 livres par mois pour faire tourner la maison dans l'état actuel des choses...4 mois de sursis sans compter le mariage de Catherine et le tien. J'ai bien peur que la vente du manoir soit de toutes façons nécessaire »
M: « c'est justement ce que je disais à John ... c'est bien triste : père nous aura décidément tout pris»
J: « en ce qui concerne notre mariage ne vous en faites pas je ne demanderais pas que vous participiez »
K: « merci John, je sais qu'on peut compter sur vous »
M: « je propose qu'on rembourse dès maintenant les plus grosses dettes... s'il y a un problème un juge sera moins enclin à prononcer un arrêté contraignant s'il s'agit de petits montants. Il faut aussi continuer à éplucher les dossiers du bureau pour savoir quelles affaires il avait en cours : quand et combien elles rapporteront »
J: « ça me semble cohérent »

Une fois le déjeuner terminé le couple se rendit une fois de plus dans le bureau ; découragé à l'avance devant la somme colossale de travail à accomplir. Pour s'occuper un peu l'esprit torturé, Karina se rendit à l'hôtel ou ils logeaient tous les deux pour commencer le déménagement. En arrivant, elle ne se sentait déjà pas à l'aise dans ce quartier populaire mais son impression empira quand elle vit le bâtiment indiqué... il l'avait prévenue qu'il logeait très simplement mais elle fut outrée de voir qu'il logeait dans un hôtel presque miteux et qu'il avait entraîné sa fille là dedans. Il ne lui fallut pas plus d'une journée pour empaqueter l'entièreté des affaires des deux chambres. Elle remarqua néanmoins qu'il n'avait pas lésiné sur la qualité ou le prix pour les affaires offertes à sa fille sinon elle aurait pu croire qu'il était avare. Elle fit charger les lourdes malles remplies de livres sur la voiture de location tirée par un couple de chevaux gris.

Marie s'écria avec joie : « ça y est je crois que j'ai trouvé le classeur des affaires en cours ! »
J: « enfin, épluchons cela ensemble ma chérie »
Durant toute la matinée ils scrutèrent les documents couverts d'écritures parfois difficilement déchiffrables. Pour s'aider dans ses recherches et pendant que John aidait à décharger les malles du déménagement, la jeune femme se constitua un ''registre des investissements''. Le grand carnet se couvrit bientôt de sa délicate écriture. Ils finirent leurs ouvrages quasiment en même temps.
J: « alors, avez vous une idée plus précise ? »
M: « oui, selon mes calculs ses investissements pourraient rapporter 500 livres dans les six mois à venir MAIS il faut garder à l'esprit que ce sont des affaires à haut risque... certaines vont se planter en entraîner des pertes sèches. Je ne sais pas à quoi père pensait en investissant là dedans... John... dans quoi avez vous investi si ce n'est pas indiscret? »
J: « ne vous en faites pas chérie : je n'ai investi que dans des affaires très sûres... ça ne rapporte pas autant que d'autres mais mon capital est garanti »
M: « j'en suis heureuse : je n'aurais pas supporté le stress permanent de ne pas savoir s'il y aurait de l'argent le mois suivant avec des affaires à risque »
J: « pour tout vous avouer...moi non plus ! J'ai trop souffert du manque d'argent : maintenant je veux pouvoir avoir l'esprit tranquille et savoir que ma rente tombe tous les mois »

Au cours des jours suivants, nos deux amoureux continuèrent à investiguer dans le bureau. À la fin, la jeune femme connaissait les tenants et les aboutissants de la situation familiale sur le bout des doigts sans pour autant que ça la tranquillise loin de là. Une sortie d'argent de près de 500 livres effectuée trois mois plus tôt l'intriguait particulièrement : où était passé cet argent retiré en liquide ? Elle avait vérifié les dates et il n'avait pas servi à apurer des dettes ni a des investissements. Si cet argent venait à refaire surface, la situation pouvait être sauvée. Ce fut le notaire de John qui apporta la réponse, méritant par là son salaire : Howard avait investi cet argent dans l'ouverture d'une nouvelle banque dont la constitution venait d'avoir lieu ; elle devrait bientôt recevoir les titres d'actions. Encore à haut risques cette affaire devait rapporter 100livres par mois pendant 5 ans puis une rente variable selon les bénéfices réalisés. Enfin il put les tranquilliser sur la santé de l'affaire : cela semblait très bien parti ! Si cela se confirmait le manoir et la famille étaient sauvés !

Le notaire en profita pour leur signaler qu'une dizaine d'acheteurs potentiels s'étaient manifestés pour la maison à la mer. La jeune femme fixa rdv aux acheteur le dimanche après midi pour visiter la propriété. Elle fit une malle pour aller de suite à la maison avec Lizzie pour faire un grand ménage pour présenter la maison sous son meilleur jour. Karina était reconnaissante pour la capacité d'initiative de sa fille... elle n'avait jamais eu à gérer tout ça et se sentait perdue. Elle appréciait aussi fortement le soutien indéfectible de John et l'amour inconditionnel qu'il portait à sa fille. Par contre, Catherine l'inquiétait : elle était tombée folle amoureuse de son promis mais celui ci était un peu rebuté à l'idée d'attendre avant le mariage... s'il rompait leurs fiançailles elle serait dévastée.

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