La chance tourne.
disclaimer: je ne possède pas l'univers de penny dreadful.
tous les personnages n'appartenant pas à cet univers sont issus de mon imagination et m'appartiennent.
toute reproduction, même partielle effectuée sans mon consentement sera considérée comme du plagiat et susceptible d'entraîner des poursuites judiciaires.
L'histoire se situe après la fin de la série.
Chapitre 12 : la perle rare .
John et Marie marchaient sur le sable de la plage en longeant les falaises à l'est de la propriété. Occasionnellement, la jeune femme ramassait ou extrayait un fossile de la pierre. John contemplait les vagues puissantes qui rugissaient en s'écrasant sur le littoral. L'air iodé lui semblait le seul vraiment respirable à côté de l'air pollué et chargé de suie de la ville. Sa femme l'avait emmené au centre du bourg voir tous les petits commerces qui faisaient le charme de l'endroit : retiré mais le nécessaire était à portée de main. Une boucherie, une boulangerie, un maraîcher et un très beau marché... cette station était très cotée car elle avait toutes les commodités pour y passer des vacances sans soucis. De plus elle n'était pas très loin de Londres lui même. La visite ne se passa pas mieux que la précédente et ils se retrouvèrent à nouveau dans une impasse.
Cette fois, l'immortel passa le lundi matin seul : il avait demandé à un pêcheur pour l'accompagner dans sa tournée matinale. Bien que dubitatif, l'homme se rendit vite compte que le riche monsieur savait y faire sur un bateau : il avait le pied marin et connaissait toutes les tâches nécessaires au maniement de l'embarcation. Retrouver les anciens gestes emplissait John d'une étonnante joie. Quand il fut temps de rentrer il se surprit à dire au pêcheur qu'il devait rentrer à la maison... il n'avait plus utilisé ces mots ''à la maison'' depuis des années. En rentrant dans la cour il se baissa machinalement pour arracher une mauvaise herbe qui poussait entre les pavés.« C'est moi ! je suis rentré » s'annonça t-il pour ne pas effrayer les femmes qui avaient déjà recouvert le mobilier de son linceul. Il se sentit étonnement triste de savoir ce magnifique endroit vide la plupart du temps. Il monta à l'étage pour descendre les baguages et les mettre dans l'entrée. Il remarqua les deux jeunes femmes dans le jardin qui jouaient au badminton avec des raquettes et un volant retrouvés en rangeant la remise. Les rires cristallins fusaient tandis qu'elles s'efforçaient de frapper le volant le plus de fois possible. John s'installa dans un fauteuil sur la terrasse avec son café pour regarder sa magnifique future femme rire aux éclats. Il lui semblait qu'elle était beaucoup plus heureuse ici que partout ailleurs : elle rayonnait. Une idée germa dans son esprit : ils se sentaient bien ici l'un comme l'autre... peut être pourraient ils s'y installer ? Il lui en parlerait pendant le trajet du retour.
Il fut temps de quitter ce petit bout de paradis quand la voiture arriva. Les jeunes femmes montèrent tandis que les hommes installaient les baguages. Elle avaient toutes les deux les cheveux défaits par le vent taquin mais ni l'une ni l'autre n'y prêtait attention. Décidément cette femme unique, bien que blessée dans son âme et dans sa chair, était la personne idéale pour lui. Il lui tardait de pouvoir enfin l'épouser et pouvoir dire MA femme. Il se sentait...léger ! Tous ses rêves se réalisaient : une femme qui l'aime, une maison et un coin qui lui plaisent...
J: « Ma chérie, puis je vous entretenir d'un sujet délicat ?»
M: « bien sûr ! Nous serons bientôt mariés et partagerons tout alors autant commencer de suite » dit elle en relevant le nez de son ouvrage.
J: « vous aimez cette maison à la mer je veux dire... eh bien... pourriez vous y vivre tout le temps ? »
La jeune femme prit quelques instants pour réfléchir avec un air grave.
M: « comment ça ''tout le temps''... vous voulez dire en résidence principale ? »
J: « oui, c'est cela » répondit il, impressionné par son air sérieux.
M: « j'adorerais... après tout Londres et ses commodités n'est guère loin ! »
J: « cela ne vous embêterais donc pas que j'achète cette propriété pour nous y installer après notre mariage ? Ça n'aurait rien à voir avec un manoir ou un hôtel particulier... »
M: « John, ne trouvez vous pas que cette maison soit déjà assez grosse pour nous deux ? Nous n'avons pas besoin de plus »
J: « j'en suis ravi ! J'annoncerais à votre mère que je rachète sa propriété quand nous arriverons. J'ai hâte que nous soyons mariés et installés... ma vie sera enfin... parfaite »
M: « moi aussi j'ai hâte » dit elle avec une sourire tendre.
Lizzie renifla bruyamment en écrasant une larme.
M: « Lizzie qu'y a t-il ? »
L: « c'est juste... que vous êtes tellement mignons tous les deux ! J'espère un jour vivre une aussi belle histoire »
M: « il ne tient qu'à vous de dire non quand ça ne vous convient pas et oui quand ça convient » dit elle avec un clin d'œil complice.
Au retour au manoir John demanda à parler en privé à Me Fontenelle. Ils s'enfermèrent dans le petit salon ou l'homme exposa ses projets à sa future belle mère. Celle ci fondit en larmes en songeant que cela sauvait presque la situation. Elle prit son gendre dans les bras en sanglotant « décidément vous êtes la meilleure chose qui soit arrivé à cette famille depuis longtemps »
J: « et n'oubliez pas de venir nous rendre visite souvent ». Il ne put s'empêcher de se demander ce qu'elles penseraient si elles savaient qu'il avait assassiné leur mari et père.
Le notaire Bumble fut ravi d'établir les documents de transfert de propriété et John alla à sa banque pour effectuer le virement de l'argent. À cette occasion, Marie lui demanda s'il était normal qu'elle n'ait pas encore reçu les certificats d'actions de la banque dans laquelle Howard avait investi sa fortune.
B: « vous n'avez toujours rien reçu ? C'est étrange... d'habitude les certificats sont distribués dans la semaine de la constitution. Voulez vous que je me renseigne ? »
M: « c'est étrange en effet... oui, renseignez vous s'il vous plaît »
Le notaire s'exécuta et contacta l'homme nommé directeur de la banque en question mais ne réussit qu'à recevoir des réponses évasives et du mépris. Il mit ses clients au courant que les autres associés tentaient probablement de s'approprier la part qui leur revenait.
Marie se prépara minutieusement pour sa rencontre avec le directeur. Elle avait obtenu des copies de l'acte de constitution qui indiquait bien son père comme actionnaire fondateur. Elle se dit qu'ils avaient eu de la chance qu'il ne meure pas une semaine plus tôt car les indélicats auraient sans doute passé sous silence sa participation pour récupérer ses gains. Elle rencontra donc l'arrogant directeur, un certain Edward Muffle, l'archétype du dandy à succès : jeune, grand, blond et soigné... cela étonna la jeune femme que son père n'ai pas essayé de marier une de ses filles à ce coquelet imbu de lui même. Elle présenta d'abord l'affaire comme un possible oubli fâcheux mais elle put constater qu'il éludait les questions et tentait de noyer le poisson. Elle perdit rapidement patience et le mit au pied du mur :
M: « si je ne reçois pas les certificats et la rente dans la semaine à venir je saisirais la justice »
E.M : « mais bien sûr, tout le monde sait que les Fontenelle sont ruinés à présent »
M: « les Fontenelle peut être mais nous avons des alliés qui eux ne le sont pas »
E.M : « vous voulez parler de ce monstre qui va vous épouser ? Ce n'est qu'un pouilleux qui a eu de la chance. S'il s'acharne il coulera avec vous »
M: « rendez vous au tribunal » répliqua la jeune femme froidement.
Elle sortit dignement du bureau en laissant son interlocuteur fulminer tout seul.
J: « alors comment ça s'est passé ? »
M: « mal... ils connaissent nos difficultés et pensent que nous n'avons pas les moyens d'aller en justice pour faire valoir nos droits. Je ne serais pas étonnée que le fait que nous soyons des femmes ait quelque chose à voir avec leur prise de libertés. Ils n'ont pas tort d'un côté...cela va sérieusement grever notre budget»
J: « ne vous inquiétez pas, je vous prêterais la somme qu'il vous faudra mais vous obtiendrez ce à quoi vous avez droit ! »
M: « merci John »
ils se rendirent immédiatement au palais de justice pour porter plainte.
John avait un autre plan en tête : faire pression lui même sur le resquilleur. Il passa de nombreuses heures à filer sa proie et remarqua qu'il allait au pub le samedi soir et rentrait chez lui à pied bien éméché. Il décida de passer à l'action et coinça Mr Muffle dans une ruelle sombre : « bonjour Mr Muffle »
E.M : « mon dieu que vous êtes laid... vous devez être John Clare ! Alors que me vaut l'honneur ? »
J: « je veux que vous teniez vos engagements vis à vis des Fontenelle »
E.M : « sinon quoi ? Vous allez me casser la figure ? Ça m'étonnerais » dit il en sortant un révolver de sa poche. John ne se démonta pas et s'approcha de lui avec un air menaçant. L'homme le mit en joue en tremblant. L'immortel continua cependant à avancer et le saisit par le col de sa coûteuse chemise de soie. L'autre paniqua et tira un coup de feu en plein dans la poitrine. John ne broncha pas, il regarda un instant la tache cramoisie s'étendre sur sa chemise avant de se reconcentrer sur son objectif : il souleva de terre l'indélicat et lui arracha son arme. Ce dernier se mit à couiner peureusement et se pissa dessus.
J: « vous allez donner aux Fontenelle ce à quoi elles ont droit sinon je vous retrouverais et je vous assure que vous le regretterez »
E.M : « qu'est ce que vous êtes ? »
J: « vous n'avez pas à le savoir ! Dites vous juste bien que si l'affaire Fontenelle traîne trop en longueur, je viendrais vous retrouver vous et vos associés...et je ne serais pas aussi gentil cette fois »
Il lâcha le jeune homme pantelant qui se dépêcha de s'enfuir en titubant, oubliant même de reprendre son pistolet tombé à jours plus tard, les certificats furent apportés au manoir et la rente versée sur le compte avec les arriérés. Marie passa deux semaines à courir partout pour rembourser tous les créanciers mais elles se trouvèrent bientôt libres de toute dette.
Une petite fête fut organisée pour marquer la sortie d'ornière de la famille : la vente de la propriété à la mer allait apurer les dettes contractées tandis que la rente mensuelle de la banque allait permettre de garder le manoir et de vivre confortablement. Au moins Howard avait-il fait quelque chose de bien sur la fin de sa vie. Une coupette de champagne, un repas de fête et quelques danses composèrent le menu de cette célébration en famille. John se sentit un peu mal à l'aise car il ne savait pas danser mais sa future femme lui expliqua les bases et il tenta de se débrouiller. Il s'étonna aussi de la vitesse à laquelle la famille s'était rééquilibrée sans son despotique patriarche une fois les tracas terminés : son nom, ses réalisations ainsi que ses erreurs n'étaient jamais cités dans les murs du manoir et les femmes semblaient avoir retrouvé la joie de vivre.
Pour ceux qui lisent sans être inscrits, vous pouvez m'envoyer un petit mail à marie_yaoifan arobase hotmail point fr (faut feinter car le site n'accepte pas les mails) et je vous enverrais un petit mot quand il y aura du nouveau ;)
