Thème : Mémoire

Sujet : Lauriam/Marluxia- Strelitzia


- Lauriam ! S'il te plaît !

- J'ai dit non.

Se retenant de sourire devant les joues gonflées de sa cadette, le rose fit mine de réfléchir. Sa sœur voulait sortir pour voir une certaine personne, sans pour autant lui dire qui. Même son chirithy refusait de parler, malgré toutes les douceurs sucrées qu'il lui avait donné en échange de la moindre information. Dire qu'il était curieux serait faux, mais il était surtout protecteur. Strelitzia était sa tendre et chère petite sœur. Normal qu'il s'intéresse à sa vie, à ses amis, ses occupations, ses potentiels futurs petits ou petites amies … Laissant un frisson parcourir le long de sa colonne vertébrale, il partit s'occuper des nombreuses fleurs de l'habitation. S'attardant sur ses roses, il tiqua en voyant les plantes de sa sœur. Elle ne s'en était pas occupée depuis quand ? Les pauvres fleurs oranges des îles commençaient à mourir du manque d'attention. Prenant les outils adéquates, tout comme son temps, il tenta de sauver les pauvres oiseaux du paradis.

Une heure et quelques minutes plus tard, il ne fut guère surpris d'entendre le son caractéristique d'une fenêtre qu'on fermait le plus discrètement possible. Et encore moins de voir le visage rougi de sa cadette dans l'embrasure de la porte.

- Tu vas me gronder ?

- A quoi bon ? Tu recommencerais à t'enfuir, et je ne vais pas t'enfermer dans ta chambre comme un oiseau dans sa cage. Ça serait être sans cœur.

Ouvrant les bras pour qu'elle s'y réfugie, il l'a serra contre lui, le nez perdu dans les épis de soleil couchant. Même s'il le voulait, il n'arriverait jamais à l'emprisonner dans une cage. Elle était un oiseau de paradis, volant et virevoltant partout. Tout ce qu'il avait à faire était de veiller sur elle, sans qu'elle s'en rende compte. De veiller à sa sécurité et à son bonheur. À son sourire et à la douce lumière qu'elle dégageait. Et il devait veiller à ce que rien ne lui arrive.

- Lauriam ?

- Oui ?

- Tu seras toujours là pour moi ? Jamais tu m'oublieras ?

Se reculant d'un pas pour observer le visage de la jeune fille, le porteur de Keyblade lui pinça les joues avant de rire doucement. Comment pourrait-il l'oublier ? Elle était son ange, sa fleur, sa lumière. Oui, comment pourrait-il l'effacer de sa mémoire ?


Marchant dans ce nouveau monde, Marluxia posa son regard doré sur la jeune fille qui courait pieds nus dans l'herbe verte. Une douce lumière émanait d'elle. C'était donc elle ? La nouvelle princesse de cœur. Poussant un petit soupir, il ferma les yeux avant de disparaître dans un tunnel noir.

Cette femme. Elle cherchait sa fleur d'or. Sa fleur à elle. Une fleur. Il en avait une aussi ? Perdu dans sa mémoire, il chercha à se souvenir. Non. Il n'avait pas le temps pour ça, il devait se concentrer sur sa mission. Cette femme cherchait à défendre et protéger sa fleur ? Parfait. Il allait lui donner les moyens de le faire.

Suivant les avancées du Porteur de la Keybalde, Marluxia se glissa parmi la population. Une fête en l'honneur de leur princesse disparue. Non loin, il entendait les sons d'une musique et les cris des danseurs. De la joie à l'état pur dans un moment de tristesse. Il songea un court instant à cette Mère Gothel. Elle avait enfermée cette fille dans un tour pour la protéger ? Et elle avait réussi à fuir ? L'ironie qui s'imposa à lui fut sous forme d'une image. La Sorcière dans le Manoir. Elle aussi, elle avait réussi à s'enfuir. A croire, que ni l'un, ni l'autre ne savait gardé un outil pour soi. À défaut d'une fleur dans une tour, il avait eu un oiseau dans une cage dorée.

Et il aperçut la plante. Toute seule sur une table en guise décoration. Un oiseau du paradis qui l'attira rapidement. Sans comprendre, il posa déjà ses mains sur les pétales, une sensation étrange l'envahissant. Il n'avait pas de cœur chercha, fouilla dans sa mémoire. Une voix, un visage, une promesse. Rien. Juste les ténèbres dans lesquels il vivait.

- Je vois que les strelitzias vous intriguent jeune homme. Fit la voix d'une habitante en se penchant vers lui.

Un goût amer se glissa dans sa bouche à l'entente du nom. Il n'avait pas de cœur, et pourtant, s'il avait pu, il aurait pleuré en demandant pardon.