Thème : Enfant

Sujet : Ienzo/Ansem le sage


La neige couvrait l'étendue de la ville de son manteau blanc. Âgé de cinq ans, Ienzo observait la poudreuse blanche avec envie. Elle semblait si douce. Tellement proche et si loin à la fois. Posant sa main sur la vitre gelée, il souffla dessus, s'amusant de voir de la buée se dessiner lentement.

- Ienzo. Appela une voix dans son dos.

Se tournant en retirant sa mimine de la fenêtre, il croisa le regard vert d'Even qui l'observait, un sourcil arqué. Il avait beaucoup de respect pour le scientifique. Énormément même. Le rejoignant, il accepta la main tendue de ce dernier, sans néanmoins jeter un rapide coup d'œil derrière lui. Il aurait bien voulu jouer dans la neige aussi.

Assis derrière son petit bureau, il lut sans trop s'attacher aux notes qu'Ansem venait de déposer. Le visage baissé, il attendit vaguement que la matinée passe jusqu'à ce que la voix grave de son Maître résonne à ses oreilles.

- Ienzo, tu es dispensé pour le reste de la journée. Profites en pour … Être un enfant.

Filant sans demander son reste, le plus jeune du groupe attrapa avec une certaine joie non dissimulée son grand manteau avant d'attaquer son écharpe. L'enroulant autour de son cou, il fut surpris en voyant Aeleus lui faire face, son air renfrogné habituel le collant au visage. Sans rien prononcer, il mit genou à terre avant de remettre le tissu chaud autour du petit et de manière protectrice.

- Merci. Souffla Ienzo, les yeux brillants d'impatience.

Et sans demander son reste, il partit dehors, un immense sourire au visage. Il allait enfin profiter de ce cadeau blanc.


La nuit commençait à tomber quand Ansem était parti à la recherche du garçon avec les membres de sa garde. Ienzo ne répondait pas aux appels, et une chose en entraînant une autre … Les membres de la grande forteresse étaient parti le chercher. Criant son nom, Ansem se figea en trouvant l'écharpe mauve du garçon. Suivi quelques mètres plus loin du petit corps dans la neige. L'attrapant contre lui, il l'enroula dans son propre manteau avant de retourner sur ses pas. Dans ses bras, l'enfant tremblait, les joues rouges. Le maintenant contre lui, il fit signe aux autres de rentrer le plus rapidement possible. Et ce n'est qu'une fois à l'intérieur qu'il vit l'ampleur des dégâts. Ienzo semblait si fragile dans ses bras. Si petit. Si innocent. C'était encore un enfant, même s'il avait tendance à l'oublier. Ienzo était un enfant. Un tout petit enfant qui venait de jouer dans la neige comme tous les autres et qui venait de tomber malade. Comme le font les enfants. À cette pensée, son cœur se serra.

Laissant Aeleus le prendre en main, il regarda le géant partir avec le petit avant de sursauter en sentant la main d'Even sur son épaule. Le scientifique froid lui accorda même un de ses rares véritables sourires.

- Vous n'avez pas à vous mettre dans cet état. C'est juste une petite poussée de fièvre. Vous irez le voir après. De mon côté, je vais tenter de lui trouver un petit remède et-

- Miel et lait chaud. Le coupa rapidement l'homme à l'écharpe rouge. C'était ce que je prenais quand j'avais son âge.

Retournant à son bureau, Ansem sentit le regard perçant d'Even sur lui. Il avait adopté Ienzo quand ce dernier n'était encore qu'un bébé. Et pourtant, il avait encore du mal à agir comme il fallait selon lui. Il se revoyait très bien quand Ienzo pleurait toutes les nuits, ses dents lui faisant un mal de chien. Even avait mit un hochet glacé dans la petite bouche calmant aussitôt les petits cris Aeleus l'avait bercé en restant silencieux durant plusieurs nuits. Ienzo n'avait plus pleuré par la suite. Lui-même s'était surpris plusieurs fois quand il décidait d'aller dormir, de voir comment il se portait. Et cette fois-ci, il n'allait pas y échapper. Poussant la porte, il fut surpris de voir l'enfant assis dans son lit, un mug fumant entre les mains.

- Ienzo ?
- Even vient de m'apporter du lait chaud pour ma gorge. Fit-il en guise d'excuse.

Souriant devant sa petite mine, il vint près de lui, avant de le serrer maladroitement dans ses bras, tout en faisant attention au liquide brûlant. Rapidement, les explications du petit suivirent. Il jouait tellement bien qu'il n'avait pas fait attention à la disparition de son écharpe, et s'était endormi dans la neige sans crier gare. Se contentant de l'excuse, Ansem serra le petit corps avant de prendre la parole.

- J'oublie souvent que tu n'es qu'un enfant avec ton intelligence, mais te perdre serait horrible pour moi. Tu es ma famille Ienzo.

- Et vous la mienne. Avec Even, Aeuleus et tous les autres.

Savourant l'étreinte, Ansem fut surpris de le voir reculer et braquer son regard sombre dans le sien.

- Maître, vous ne me laisserez jamais ?

- Il faudra me faire disparaître pour que je t'abandonne mon cher petit. Jamais, jamais je ne te laisserais.