Thème : Bébé

Sujet : Aeleus/Ienzo


La lumière d'un jour nouveau inondait la grande salle. Bavant de tout son saoul, Ienzo regarda autour de lui. Avant de se dresser sur ses petites jambes tremblantes. Se maintenant maladroitement à l'étagère, il fit un pas. Puis un autre. Rapidement, les autres suivirent et un petit sourire se dessina sur le visage du bambin de un an et demi. Il marchait ! Comme les grands qui s'occupaient de lui ! Et si … Lâchant d'un coup son appui, il se risqua à en faire un. Trop tôt, et trop risqué. Il se sentit partir en avant. Fermant les yeux en attendant l'impact, deux grandes mains l'attrapèrent pour le soulever.

- Ienzo. Gronda la voix grave d'Aeleus en fixant l'enfant.

Voyant les larmes naquirent dans les yeux sombres, le géant maintenu maladroitement le jeune contre lui. Il ne manquerait plus qu'il pleure dans ses bras et que les autres arrivent. Braig allait sans doute rire de la scène, tandis qu'Ansem lui prendrait le petit d'un regard menaçant.

- Ienzo, ne pleure pas pitié. Se risqua le grand châtain en serrant le petit corps contre son torse.

Marchant lentement comme pour le bercer, le garde tourna sur lui-même de crainte que le petit dans ses bras ne sorte un petit sanglot. Et après plusieurs minutes de marche, il s'arrêta. Ienzo respirait lentement. Comme s'il s'était … Oh. Il s'était endormi contre lui, dans ses bras, bien au chaud. Et il devait aller faire son tour de garde. Mais lâcher le bambin reviendrait à le faire pleurer. Vite. Il devait chercher un plan. Et rapidement. Marchant aussi rapidement qu'il le pouvait sans vouloir réveiller Ienzo, le garde entra dans le laboratoire de Even qui se tourna vers lui, un sourcil arqué.

- Oui ?

- J'aurais besoin …D'aide. Pour Ienzo.

Remarquant enfin l'enfant, le blond s'avança pour le prendre dans ses bras. Mais au moment où ses mains se posèrent sur le petit corps, le petit garçon aux cheveux sombres poussa un petit cri dans son sommeil en signe de protestation. Ils devaient trouver une autre solution.

- Il te faudrait quelque chose pour le maintenir contre toi. Le temps qu'il dorme.

- J'ai mon tour de garde.

- Et bien, tu le feras avec Ienzo !

Voulant élever la voix, Aeleus s'arrêta net. Il ne devait pas réveiller Ienzo. Ne pas le réveiller. Il dormait à poings fermés et il ressemblait à un petit ange comme ça. Il devrait passer la journée ainsi, les bras en haut du corps. Que faire, que faire, que faire ? Voyant un uniforme venir vers eux avec une pointe de rouge autour du cou, Aeleus chercha une échappatoire. Mais l'homme aux yeux perçant, repéra la cible et courut voir ce qui se passait avant d'éclater de rire devant le spectacle. Levant les yeux au ciel, Even se demanda comment chasser de son espace de travail le brun sarcastique quand une idée lui vint.

- Braig. Ton écharpe. Donne la moi.

Cessant de rire, le sniper dévisagea son collègue blond, sans trop comprendre ce qu'il voulait. Dix minutes plus tard, et une écharpe en moins, Braig regarda son bout de tissu rouge être transformé en nacelle précaire pour soutenir Ienzo. Restant figé sur le moment, il contempla le géant inexpressif avant de partir dans un immense fou rire tout en se tapant les cuisses. Passant devant le brun, l'air digne, Aeleus partit en pressant le pas. Il entendit vaguement Even parler à Braig, ou du moins tenter de le calmer.

- Sérieusement, quel âge as-tu pour rire de ça ?

- Tu serais étonné ! Répondit le tireur en essuyant ses yeux pleurant.


Ansem terminait enfin son travail. Se relevant de son fauteuil, il pensa aussitôt à aller voir son petit protégé. Il l'avait laissé sous la surveillance des gardes, mais à présent, c'était à son tour de profiter de sa présence. Passant devant l'une des fenêtre donnant sur la grande cour, le vieil homme sourit un court instant en voyant deux chevelures, bleue et rouge, dans les bosquets. Avant d'observer le garde qui s'approchait d'eux. Aeleus avait l'air … Différent. Et au lieu de soulever comme à son habitude les deux garnements, il se contenta de les menacer d'un mouvement de main. Se pressant pour aller dans la cour, Ansem le sage, sentit ses yeux s'agrandir. Aeleus, dit le silencieux. Le garde le moins expressif au monde, toujours impartial, était face à lui, avec un porte-bébé fait main où Ienzo dormait profondément, comme un bien heureux. À jamais, il grava ce souvenir dans sa mémoire.

- … Je peux tout expliquer. Il allait tomber. Commença le brun, les joues rouges de gêne.