Note : Cette fic a été écrite en me basant sur plusieurs "challenges" dont écrire sur " Lettre d'amour », 1000 mots minimum, et "I trusted you" "Well then, you can't exactly blame me, can you ? It was your mistake." Ainsi que No one was sorry to see him die. Except me
Note 2 : Bah c'est un fond de Thorki mais c'est surtout triste. Si vous êtes sensibles à la mort / dépressifs, faites attention à votre lecture, merci d'avance.
Cher Loki,
C'est comme ça que les lettres doivent commencer hein ? Même chez les Midgardiens, ils commencent leur lettre par "cher personne". Parce qu'ils écrivent à une personne chère. C'est ce que tu es. Une personne auquel je tiens. Certains pourront penser que le fait de tenir à toi tiens de la folie. Je ne pense pas. Certains m'ont dit que tu ne tenais pas à moi, mais je ne les crois pas, tu sais. Oh bien sûr, tu me plantais une dague dans le corps, dès que tu en avais l'occasion. Mais j'ai toujours su que ce n'était pas fait par méchanceté. C'était juste ta façon d'exprimer notre fraternité. J'imagine. Et puis, je te comprenais. Même si je ne le voyais pas, je te comprenais. Père ne faisait pas tant attention à toi, et même si nous étions toujours deux quand il nous parlait, tu savais qu'il n'y avait qu'à moi qu'il s'adressait réellement. Il faut croire qu'à n'avoir qu'un oeil, on ne voit qu'un de ses fils. Mais je suis sûr qu'il te voyait quand même comme son enfant. J'en suis sûr.
Moi, je te voyais comme mon frère.
Tu me diras : nous n'étions pas frères. Tu étais un Jotun, adopté par un roi qui voulait juste empêcher de nouvelles guerres. J'étais un Asgardien. Mais crois-moi, tu as toujours été mon frère à mes yeux. Même sans que ça ne soit fait par le sang. Et tu vois, je t'ai toujours apprécié. Je te trouvais drôle. Et parfois incroyable. Je n'ai jamais pu me transformer en quoique ce soit, et tout ce que je sais faire, je n'ai appris à le faire que quand j'ai compris que je n'avais pas besoin d'un objet pour ça.
Toi, tu as toujours su faire ce que tu voulais. Obtenir ce que tu désirais. Tu es incroyable Loki, tu sais ça ? Je t'admire énormément. Plus que tu ne veux bien le penser. Plus que je ne veux bien l'imaginer, sûrement aussi. Peut-être que j'ai été jaloux aussi. Jaloux de ton talent. Mais j'ai toujours voulu être là pour toi.
Même si tu me trahissais. Même si tu retournais toujours ta dague contre moi. Même si tu me mentais. Même si tu avais des côtés parfaitement insupportables. Parfois, c'est vrai, j'ai eu envie de t'enterrer avec Mjonlir. Que ça soit quand tu as attaqué Midgard, ou quand tu as fait semblant d'être notre père.
Mais n'est ce pas ce que font les frères entre eux ?
Je me suis renseigné tu sais. A Midgard, j'ai appris tant de choses. Au final, y finir banni, m'a permis d'apprendre pleins de choses, m'a permis d'ouvrir les yeux. Peut-être que toi aussi tu aurais eu besoin de ça, de ce voyage si loin. Loin de tout pour apprendre à savoir qui on est. Et à Midgard, il paraît que les frères et soeurs, entre eux, se chamaillent aussi.
Je doute qu'ils se plantent des lames, parce qu'ils ne sont pas très solides. Mais ils se lancent des oreillers. Cela fait moins mal.
Parfois, je réfléchis à notre relation. Très longtemps, et parfois, j'oublie même le temps qui passe. Je me rappelle que j'ai autre chose à faire, et je vais le faire, mais souvent j'y réfléchis. Qu'est-ce qu'un frère au final ? Tu sais, plus je passe du temps à tes côtés, plus je me remets en question sur la définition de ce terme.
Est ce qu'on a envie de serrer plus fort que jamais un frère dans ses bras ? Probablement, de ce que j'ai compris. Mais est ce qu'on a envie de prendre sa main ? Est ce qu'on pense si souvent à lui ? Est ce qu'on a envie de se rapprocher de lui, et de faire ce que parfois, Jane et moi, on faisait ?
Un jour, j'en ai discuté avec Jane. Pas que j'avais envie de te faire ce que je lui faisais, mais juste ce que pensais de toi. J'ai vu dans son regard quelque chose que j'ai reconnu sans trop de soucis. C'était la jalousie. Sur le coup, je n'ai pas compris pourquoi ses yeux exprimaient ça.
C'est plus tard que j'ai compris.
Quand je me suis rendu compte qu'au-delà du fait qu'on était frères, je t'aimais fort. Un peu trop peut-être. Peut-être qu'à cet instant, il n'y avait plus besoin qu'on soit frère, que je voulais plus que ça.
C'est idiot. Mais tu me le dis souvent, que je suis un idiot. Peut-être que c'est vrai. Que je ne réfléchis pas assez. Mais j'ai l'impression que c'est l'inverse.
Tu es tellement pour moi. Et même si parfois, j'ai envie de te frapper, derrière, j'ai envie que tu sois là, que je te serre contre moi. Que tu ne sois pas une illusion.
Une illusion que tu as créé.
Ou une illusion de mon cerveau.
En ce moment, c'est surtout les illusions de ma tête, qui apparaissent dans mon champ de vision. Celles qui me rappellent pourquoi je t'écris cette lettre. Qui me rappelle pourquoi le papier sur lequel j'écris ces mots, est tout froissé et humide.
Tu m'avais dit de croire en toi. De te faire confiance.
Toi, le menteur, celui qui ne faisait jamais comme prévu, trop sournois, trop rusé.
Et pourtant tu vois, je suis sûrement, vraiment un idiot, je t'ai cru.
Te rappelles-tu de tes derniers mots ? Du moment, où, au sol, tu expirais, tu disparaissais de cet univers pour rejoindre un Valhalla inaccessible.
Je t'ai dit "J'ai cru en toi".
Te rappelles-tu de ton sourire ? Moi je m'en rappelle. Parce que ce sourire était cruel pour moi. Il me rappelait tout ce que je n'ai pas pu te dire, tout ce que je n'ai pas pu prononcer. Tout ce que j'aurais voulu savoir, comprendre, et exprimer.
Tu m'as dit "Eh bien, tu ne peux pas vraiment me blâmer non ? C'était ton erreur".
Ce n'était pas une erreur. J'ai cru en toi. Et je suis sûr que le savoir t'a poussé jusqu'à tes dernières limites. Tu étais un guerrier digne, Loki. Malgré ta force physique minable.
Ce n'était pas une erreur.
C'était juste que croire en toi n'a pas suffi
Mais "erreur" a été ton dernier mot, avant un dernier rire. J'ai voulu essayer de te retenir. Une seconde fois. Je n'y croyais pas. Je me disais que c'était faux. Que tu étais encore mort pour de faux.
Mais si j'écris cette lettre, c'est qu'il y a une raison.
J'ai eu le temps de réfléchir, tu sais ? De mourir moi-même aussi un peu. Personne n'était désolé de te voir mourir. Mais moi si. Plus que tout. Parce que c'est quand tu as lâché ton dernier souffle, que mon esprit a bien voulu comprendre ce que je ressentais.
Et au bout de quelques mois, je ne tiens plus. Il fallait bien que je l'exprime. Que je te le dise, même si tu n'es plus là. Même si tu ne seras plus jamais là.
J'ai interrogé les serpents, j'ai interrogé même tout ce qui pouvait être toi. Je t'ai cherché. Et puis, je ne t'ai pas trouvé.
Alors je te l'écris là, que je t'aime. Que tu me manques. Que tu étais plus qu'un frère pour moi. Que tu étais tellement important. Que j'aurais voulu ne jamais te perdre. Que te perdre est la pire chose qui a pu m'arriver.
Que je ne sais même pas si je peux encore respirer sans toi. Que parfois, je m'interroge sur la nature de l'oxygène depuis ton départ.
Tu étais tellement bien. Malgré tous tes vices et tes défauts.
Dis moi, Loki, maintenant que tu n'es plus là, à qui vais-je envoyer cette lettre ? A qui vais-je la donner ? Je ne sais pas. Peut-être que je devrais l'emporter avec moi au Valhalla. Pour te la donner à mon arrivée. Pour qu'on soit réuni. Pour qu'il se passe peut-être quelque chose d'extraordinaire.
J'aurais aimé que tu sois là un peu plus. Te lire cette lettre. Que tu ris. Que tu te moques de moi.
Mais maintenant je suis tout seul.
Loki, je t'aime.
S'il te plaît, si tu n'es pas mort...Arrête de faire semblant et reviens moi.
Ton très cher frère.
Thor.
