(Dernière bêta-correction : 1er mars 2020)
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Edit Décembre 2017 :
Cher lecteur, bonjour,
Presque un mois jour pour jour après son premier mot, « Blanc. Rouge. Noir. » comporte désormais près de 85 pages – soit la moitié prévue. Grâce à la motivation liée aux reviews et à la formidable énergie de ce fandom, c'est trois fois plus que mon rythme d'écriture habituel. Merci à tous ceux qui ont pris la peine de commenter ou de mettre cette histoire en Alert ou Favori, ça fait chaud au cœur et courir ma plume !
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Je continue de rompre avec mes traditions d'écrivain prolixe, et livre un chapitre court et à peine moins épuré que le prologue. J'attends les retours des lecteurs pour établir un rythme de parution fixe, probablement à compter des vacances de Noël.
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Quelques infos de mise…
Rating T – pas de changement prévu.
Genres (par ordre d'importance) : Tragédie – Romance – Drame – Humour – Mystère – Suspense - … (pourquoi se limiter…)
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Bêta-reader en chef : SilverPhantomD – la seule et unique. Un grand merci, ma belle…
Conseiller malgré lui : tu te reconnaîtras, très cher. Merci à toi.
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Disclamer : « Miraculous Ladybug » et ses personnages ne m'appartiennent pas.
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PS : Un petit rappel quant au contexte de la fanfiction, débutée fin 2017 :
Sont pris en compte les faits, révélations et relations des personnages inhérents à :
- L'intégralité de la saison 1
- Les épisodes « Origines »
- Seulement les épisodes Un à Sept de la saison 2 (qui étaient les seuls parus à l'époque où BRN s'est construite.)
Par conséquent, l'épisode 8 (« Le Hibou Noir ») et son fameux moment dans le container (dont les kwamis ont été témoins) ne sont pas pris en compte dans cette fanfiction. Les faits de l'épisode 9 (« Glaciator » et la déclaration de Chat Noir) et 10 (« Zapotis » et le recrutement de nouveaux Porteurs comme Rena Rouge) non plus.
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Bonne lecture,
Elenthya.
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2018. Un an plus tard.
Jour J + 365.
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- Chat Noir !
Je bondis. Ma voix revient, la douleur s'estompe.
- …Chat Noir… ?
Plus de sifflement, plus de froid mortel. Plus de blanc, plus de rouge. Juste du noir. L'obscurité. Le silence.
Juste mon dos trempé de sueurs. Juste ma couette tiédie sur mes membres gelés. Juste mes oreilles sifflantes, et mon cœur qui bat à tout rompre. Juste le tiraillement dans mes cicatrices, sourd et habituel.
Je tends l'oreille, le souffle saccadé, les yeux écarquillés. À mon soulagement, aucun bruit de pas ne monte depuis l'étage inférieur, là où dorment mes parents. Aucune lumière ne filtre tout à coup de sous la trappe qui mène à ma chambre. Je ne les ai pas réveillés.
Pas cette fois… ?
J'abaisse lentement mon bras, me recroqueville au creux du matelas. Dans l'obscurité, deux grands yeux s'ouvrent, ensommeillés mais déjà emplis d'inquiétude.
- …Marinette ?
Et la réalité s'affirme. Aujourd'hui, ça fera un an, jour pour jour.
Ma gorge se noue. Je pose mon front trempé sur mes genoux repliés. Les larmes viennent, silencieuses, brûlantes.
- Marinette… ?
La petite voix inquiète s'est approchée. Je secoue la tête. Non. Non. Tais-toi. Tais-toi, par pitié.
- Ça va passer. Laisse-moi.
J'agrippe mes cheveux à pleines mains, pince les lèvres dans l'espoir de retenir mes pleurs. Mais ma gorge me brûle, et ma poitrine m'élance alors que je laisse échapper un sanglot long et sourd.
Quand un contact familier, léger comme une plume, vient caresser le dos de ma main crispée, je sursaute encore.
- Laisse-moi, j'ai dit… !
Je fends l'air d'un geste violent, impatient, incontrôlable. Ma main claque dans l'obscurité.
- …Va-t'en !
Seul le silence me répond. Ma main me fait mal. Mortifiée, je risque un regard au-dessus de mes bras croisés. À la faveur d'un rayon de lune, je vois ma sacoche posée sur le bureau qui se referme précipitamment. Le remords et le chagrin me prennent à la gorge, plus cruels que jamais. Je me rallonge à contrecœur, prête à étouffer mes prochains sanglots contre mon oreiller.
De l'autre côté de la fenêtre, il commence à neiger. Comme ce jour-là.
Je fonds en larmes.
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J + 365.
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How can I say this without breaking?
How can I say this without taking over?
Comment en parler sans m'effondrer ?
Comment en parler sans lâcher prise ?
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J – 43.
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- Je dois quitter Paris. Je ne sais pas encore pour combien de temps. Six mois, peut-être plus.
- Hein… ?!
Dans mon sursaut, mon yoyo m'échappe des mains et tombe le long de la façade sous nos pieds. Je le rappelle d'un mouvement instinctif du poignet, et il revient docilement se loger au creux de ma paume. Une fois son sifflement stoppé net, le brouhaha indistinct de la circulation en contrebas me paraît tout à coup écrasant. Je lève les yeux vers Chat Noir, assis en tailleur à mes côtés : les épaules basses, il se concentre sur la ville illuminée, l'air incapable de me regarder en face.
Il est sérieux. Dramatiquement sérieux. Et c'est encore plus inquiétant.
- Mais… Mais pourquoi ?
Ma voix rebondit sur les toits du 7e arrondissement, plus proche du glapissement stupéfait de Marinette que du ton posé qu'adopterait Ladybug. Je me rabroue mentalement, et replace par prudence mon yoyo à ma ceinture. Chat Noir pince les lèvres, ses mains gantées et griffues se serrent.
- Une… Une affaire familiale. Difficile de t'en dire plus sans… Bref, tu comprends.
J'acquiesce en silence. Le secret de nos identités est vital entre nous, je le lui ai déjà suffisamment répété.
- Mais enfin, Chat… Il y a sûrement une autre solution ?
Il a un sourire léger, trop léger pour lui. Amer. Ses yeux verts glissent une brève seconde dans ma direction, puis il a un gros soupir.
- Tu penses bien que non, ma Lady. Si je t'en parle, c'est que j'ai déjà tout essayé. Impossible de retomber sur mes pattes… Une vraie cat-astrophe.
Wow. Deux jeux de mots passables en une seule phrase, et il ne rit même pas de son exploit. Il est réellement abattu.
- Je ne sais pas pour toi, mais moi, je n'ai que quinze ans. Et mon… ma famille a des obligations qui nous ont beaucoup fait voyager autrefois. À vrai dire, rester plus d'un an dans le même pays, c'était carrément exceptionnel pour moi. Tôt ou tard, ça devait arriver.
Il se tait et déglutit avec douleur. Je réalise qu'en cet instant, il n'a probablement jamais été aussi proche du garçon qui se cache sous ce masque. Le temps de quelques secondes, j'essaie de me mettre à sa place : changer constamment de ville, d'école, de maison ? Pour moi qui aie toujours connu Paris, vécu au-dessus de la boutique de mes parents, eu les mêmes camarades de classe année après année, c'est à peine concevable.
Je croise les mains sur mes cuisses, nerveuse. Je regrette soudain de ne pas pouvoir échanger avec Tikki tant que je suis Ladybug. Elle est généralement de bon conseil bien qu'un peu naïve concernant notre vie moderne, et contrairement à mes parents, je peux tout lui raconter sur ma double identité.
- Je ne sais pas quoi faire. Mon kwami ne veut pas me donner de détails, il ne fait que répéter que rien ne séparera les deux entités que sont la Coccinelle et le Chat Noir. Une histoire d'équilibre des forces… Je vais finir par croire que je dois céder mon Miraculous, tout simplement. Ou alors que mon Anneau disparaîtra comme il est apparu, une fois que je serai parti d'ici. Ce qui me rassure, c'est que tu ne te retrouveras pas toute seule face au Papillon, ajoute-t-il dans un pauvre sourire. Même si je sais que mon successeur ne se débrouillera jamais aussi bien que moi… !
Je tressaille à cette idée saugrenue. Un nouveau Chat Noir ?
Devant mon expression effarée, il recommence à carrer des épaules, puis se penche insidieusement vers moi comme le ferait un chat en quête de caresses.
- Quel dommage ! Quitter Paris, ville-lumière, ville de l'amour. Encore qu'elle ne m'ait pas vraiment porté chance jusqu'à maintenant…
Les yeux fixes, je le laisse déblatérer tandis que je réfléchis à toute vitesse. Un autre Chat Noir, pour le remplacer lui ? Un autre Chat Noir avec qui partager ce quotidien de rondes nocturnes et de missions surprises à travers Paris ?
Hors de question.
- …mais qui sait, ma Lady ? murmure-t-il, beaucoup plus proche. On pourrait mettre à profit le temps qui nous reste pour sauter le pas et – aïeuh !
Il recule et se masse frénétiquement les côtes, là où je viens d'enfoncer un doigt accusateur pour le virer proprement de mon espace vital – question d'habitude.
- Justement, Chat, il t'en reste combien, de temps ?
- J'ai joué la carte de l'élève studieux qui veut terminer le trimestre de cours, grommelle-t-il. Avec mon père, il n'y a que ça qui pouvait marcher. Je pars début mars, pendant les vacances scolaires.
J'acquiesce avec vigueur.
- Bien, ça nous laisse quelques semaines. Il suffit de coincer le Papillon d'ici-là, et tu n'auras plus de souci à te faire.
- En admettant qu'on y parvienne, ma Lady, le problème restera le même. Je ne pourrai plus communiquer avec toi.
La lueur d'espoir dans ses yeux verts vacille à nouveau.
- Tu seras toujours la protectrice de Paris, et moi un civil lambda, sans défense et vivant je ne sais où. Un ennemi avisé pourrait m'utiliser pour faire pression sur toi. Je ne veux pas être ton talon d'Achille. Jamais. Je préfère encore… couper les ponts.
Je fronce les sourcils, interloquée par la franche détermination sur son visage. J'imagine qu'il fait allusion à certaines de mes réactions extrêmes, comme pour la fois où Lila et ses illusions d'Adrien ont failli me faire perdre mon Miraculous.
- Tu n'auras peut-être pas à le faire. Une fois Papillon hors d'état de nuire, rien ne m'empêchera de passer le flambeau à mon tour.
Enfin, j'espère ? Je sais déjà que quand j'imagine ma vie dans dix, vingt ou trente ans, ce n'est pas en Ladybug. Et ce soir, je me surprends soudain à penser que courir les toits sans Chat Noir – mon Chat Noir – à mes côtés, ce serait juste… un peu moins plaisant.
Sans m'en rendre compte, j'ai recommencé à faire tourner mon yoyo entre mes doigts. Le silence de Chat Noir m'interpelle tout à coup. Je glisse un regard prudent dans sa direction – des fois qu'il n'attende que ça pour me faire son sourire de poseur. Mais il se contente de me fixer avec des yeux ronds, la tête penchée sur le côté, l'air ailleurs.
- …Quoi ?
Il se crispe aussitôt, paraît revenir sur terre brutalement.
- Ah ! Non, non. C'est juste que… Tu veux dire que si tout rentre dans l'ordre, et si l'un comme l'autre, on redevenait des gens normaux… On pourrait essayer de se voir ? Peut-être même… devenir amis ?
C'est mon tour de le considérer avec effarement.
« On n'est pas ensemble, on n'est même pas amis ! En fait, on n'est que coéquipiers ! »
Je m'entends encore hurler ainsi à la cantonade, à nos débuts de super-héros, quand un civil ou un ennemi nous posait l'éternelle question. Dans le feu de l'action, ça n'avait pas l'air de déranger Chat Noir outre mesure – ça semblait même davantage le motiver à jouer les jolis cœurs le lendemain. Mais quand donc ai-je vraiment cessé de répliquer vertement à ce genre de remarques déplacées ?
- Il faut qu'on en discute avec nos kwamis. Mais… oui, c'est l'idée.
Et depuis quand les traits de Chat Noir peuvent-ils afficher autant d'espoir et de joie sincère, comme s'il venait d'apprendre que Noël était avancé de dix mois ?
Troublée, je lève mon poing serré et lui dédie un sourire malicieux.
- De plus… Amis, je crois qu'on l'est déjà, Chat.
Après un temps d'arrêt, son poing ganté vient se poser contre le mien.
- Je te prends au mot, ma Lady. J'ai hâte d'y être, le Papillon n'a qu'à bien se tenir.
Son sourire, soudain très doux, n'a rien à voir avec ses habituelles mimiques enjôleuses. Un bref instant, j'ai comme une impression de déjà-vu.
Mais… non, un sourire aussi sincère, aussi lumineux, je ne l'aurais certainement pas oublié.
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How can I put it down into words
When it's almost too much for my soul alone…
Comment mettre tout ça en mots
Quand c'est déjà bien trop lourd sur ma conscience…
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J – 43.
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Cher lecteur,
En l'attente de ton retour en review, merci de ton attention… !
Pour plus d'infos, RDV sur ma page Facebook (Elenthya) ou sur mon profil.
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Bien à toi,
Elenthya.
