Yo les gens !
Voilà la suite :3 ! Un petit peu de retard quant à ce que j'avais annoncé mais bon le chapitre est là :D ! Pour le suivant comptez peut-être le même temps d'attente, entre dimanche et mercredi ! J'ai encore quelques petits jours de vacs' que je compte mettre à profit pour écrire et aussi me reposer :3 !
J'espère que cette suite vous intéresse ! Autant dire qu'elle part un peu en couille... (Sans mauvais jeux de mots haha) C'est aussi léger crack par moment, peut-être ;).
Bonne lecture :D !
Bad Romance
Face à lui, Allen mit du temps à reprendre une respiration stable. Kanda s'acharnait, bien décidé à faire des efforts, et à l'aider. Il tenait sa main droite dans la sienne, adoptant une emprise ferme sur son épaule gauche de l'autre. Il essayait de lui faire sentir un semblant de soutien. Les pupilles d'Allen étaient dilatées et son nez se fronçait légèrement, il ne paraissait pas en croire ses yeux et être paumé par son comportement. Bien normal. À force de lui demander de respirer, avec des tournures plates et encourageantes, le blandin finit par arriver à prendre une inspiration profonde. Il ferma les yeux, inhalant l'air, le recrachant doucement, sans hoqueter, sans pleurer. Cette première bouffée d'air, Kanda la vécut limite comme une victoire. Allen répéta la manœuvre deux fois avant que les larmes ne le réattaquent.
C'est pas vrai, putain, il est vraiment à bout !
« Je te déteste toujours, » bredouilla-t-il, « Kanda, je te déteste tellement.
—Je sais. Respire. »
Il n'allait pas s'en offusquer. Si passer sa colère l'aidait à se calmer, autant qu'il y aille à fond. Doucement, Kanda passa une main derrière son dos, l'autre toujours sur son épaule, et essaya de le soulever pour le coucher contre lui. Allen fut si paumé qu'il se laissa faire, avant de glapir faiblement, les joues brûlantes. Tout son corps était brûlant, Kanda en était choqué. Il devait se taper une sacrée fièvre en plus de tout le reste. Le maudit se débattit faiblement :
« Kanda, attends, tu…
—Du calme, j'ai compris que tu ne voulais pas que je te touche, je ne te ferai rien, n'aie pas peur. Fais-moi confiance. »
Allen déglutit difficilement.
« J'ai… confiance, mais je ne comprends pas. Tu fais quoi… ? »
Kanda faillit gueuler. C'était pas assez explicite comme ça ? Apparemment non… Il voulut se renfrogner, mais se fit encore violence. Ce qu'il faisait était déjà suffisamment bizarre… si la chaleur de Moyashi était quand même agréable…
« T'fais pas plus con que tu ne l'es, Moyashi. Profite de ma chaleur et quand tu seras calmé, tu essaieras de recommencer à te soulager.
—Oh… »
Ce petit son surpris et ému manqua presque de faire rougir Kanda.
« J'te préviens, si tu dis à qui que ce soit que j'ai fait ça, je t'égorge. On est clair ?
—Lumineux. »
Le blandin eut un faible sourire, qui fut remplacé par de l'incompréhension.
« Pourquoi tu fais ça… ?
—Tu peux pas fermer ta gueule ? »
Allen soupira.
« Non mais Kanda, avoue que ça ne te ressemble pas… »
Non, ça ne lui ressemblait pas. Les câlins, c'était définitivement pas son truc. Pourtant, il savait pas quoi faire d'autre, et il savait que c'était efficace pour réconforter quelqu'un. Le maudit en avait besoin. Il le souligna justement, d'un souffle rauque agacé :
« Tch. J'fais ça parce que te secouer t'a fait craquer encore plus, et je pense qu'on sait tous les deux que t'as besoin d'être rassuré, là. »
Il avait les dents serrées et martelait placidement ces mots. Allen opina, soudainement plus coopératif.
« Merci. C'est gentil.
—Tch. »
Le silence se fit, Kanda serrant Allen dans ces bras.
C'était embarrassant et ça semblait totalement déplacé entre eux, pourtant, ça se faisait naturellement.
Le cœur du kendoka battait dans sa poitrine sans qu'il ne comprenne pourquoi, à moins que ce soit celui du maudit qui se retenait faiblement de gémir due à la liqueur qui sévissait en lui. Il appuyait sa tête contre son torse et devait forcément entendre ses battements. Peut-être qu'il allait s'endormir, ça lui aurait potentiellement rendu service, en fait. Kanda n'était pas bien chaud pour le porter pendant qu'il faisait sa sieste, cela dit, si ça pouvait leur éviter un autre moment horriblement embarrassant pour lui et stressant pour Allen, ça aurait pu être supportable. Mais ce n'était pas le cas. Le blandin respirait faiblement, sifflant l'air entre ses dents et ses narines, son torse se soulevant et son corps chaud bouillant contre celui de Kanda.
Bon sang, il avait l'impression d'être définitivement un pervers, mais il le trouvait mignon. Kanda se faisait violence pour ne pas s'énerver, de nouveau.
Ça se transmettait comme la grippe, cette saloperie, ou quoi ?
Allen se repoussa gentiment entre ses bras.
« Je crois que je vais… tu sais…
—J'ai compris. »
Allen hocha la tête, ne sachant que faire d'autre, tandis que le kendoka restait neutre. Il laissa Allen s'asseoir à côté de lui. Le blandin avait pris le temps de reboutonner son pantalon le temps qu'il descende d'en haut, et ses mains frôlèrent avec timidité ses propres cuisses, avisant son regard.
« Tu veux que je m'en aille ? »
Kanda posait la question mais connaissait, au fond de lui, déjà la réponse. Allen déglutit. Il tâtonna ses cuisses malaisément, évitant de le regarder :
« Je sais pas trop… Mon dieu, je sais que je ne peux pas te demander de me regarder faire… ça… mais je ne veux pas être tout seul. »
Il se sentait humilié. Kanda sentit, quant à lui, qu'il fallait le rassurer.
« C'est pas grave. Je vais rester à côté, » promit-il, se faisant étrangement complaisant, « tu vas me montrer dans quel état c'est. » Allen frémit, aussi, Kanda précisa : « Tu l'as dit toi-même, je suis aussi un garçon et je suis plus âgé. Je vais essayer de te donner des instructions pour… Oh bordel, j'arrive pas à croire que je fais ça. »
Kanda enfouit son visage dans une main, Allen blêmissant aussi.
« Je suis désolé de te demander ça. C'est super gênant pour moi aussi… Je suis vraiment désolé, Kanda, tu avais raison, j'aurais jamais dû manger le miel, et maintenant… Je m'en veux, tu sais. Je m'en veux vraiment.
—C'est bon, » asséna Kanda, de peur qu'il ne se remette à pleurer, « je t'ai calmé, va pas recommencer à t'apitoyer derrière, ça servira à rien. Il faut que tu te fasses jouir.
—Oh mon dieu, parler de ça avec toi… »
Allen était au comble de la gêne. Il détourna le visage, avec un rire plus nerveux qu'autre chose.
« Je sais. Pour moi aussi, ça l'est.
—Je suis désolé-
—Moyashi, baisse ton pantalon. »
Cramoisi, une expression de gêne intense, Allen s'exécuta néanmoins.
Il déboutonna son pantalon et baissa un peu son caleçon. Son sexe rougeoyant, raidi, n'avait pas la moindre trace de liquide pré-éjaculatoire. Pourtant, l'érection semblait douloureuse. Kanda soupira. Allen gardait les mains proche de son pénis, relevées de façon à en cacher une partie, dans une pudeur naturelle qu'il n'avait pas envie d'enfreindre.
« T'es puceau, hein ? » fit Kanda d'un ton rembruni en observant le maudit tressauter. « C'pour ça que tu voulais pas que je te touche ?
—Je… Mince, t'es obligé d'être aussi direct ? »
Allen ne savait plus où se mettre.
« J'suis direct, mais j'préfère que tout soit clair, sois pas gêné de ce que je vais t'expliquer. On est entre mecs, et on en parlera plus jamais après. Je vais essayer de t'aider, ok ?
—Ok… Et oui, pour répondre à ta question. Je le suis. »
Il déglutit, regardant ailleurs. Kanda leva les yeux au ciel. Avant de réaliser pleinement la portée de son geste, il leva sa main, soulevant le menton d'Allen, le poussant à le regarder.
« N'aie pas honte. Si ça te soulage, je le suis aussi. »
Là, Allen parut sincèrement étonné.
« Oh, toi… mais tu as un grand succès avec les filles ! Et pas que… »
Ce murmure ne tomba encore une fois pas dans l'oreille d'un sourd, mais Kanda l'ignora. Si la question de l'attirance entre deux individus masculins était plutôt taboue dans la société, il savait qu'il y avait parfois des mecs qui le mataient. Et pas parce qu'il rassemblait à une fille à cause de ses cheveux longs. Il avait déjà vu le Moyashi s'y mettre, à des moments. Ce pourquoi il ne l'aurait pas pensé rebuté de se prendre un coup de main… Allen devait probablement pas s'en être rendu compte, Kanda en savait rien. Ou bien, Allen assumait pas. En clair, des choses qui ne le regardaient pas et dont il se foutait, c'était Moyashi que ça concernait et Moyashi seulement.
À dix-neuf ans, Kanda ne savait pas comment qualifier sa propre orientation sexuelle, il ne trouvait personne de particulièrement attirant et se foutait un peu du sexe, cela dit, il trouvait Moyashi mignon. C'était peut-être pas la première fois qu'il se faisait la remarque. Il y avait une petite nuance, mais faible.
Toujours est-il que ça ne l'intéressait pas plus que ça pour le moment.
« T'occupe, » répondit-il, « bon, caresse-toi un coup, montre voir comment tu fais.
—Ok… »
Allen plaça sa main droite sur sa verge et la parcourut de haut en bas, timidement comme Kanda regardait, puis, il prit en confiance et pressa davantage. Ses doigts parcouraient la hampe sans trop serrer et sans vraiment prendre le temps de caresser. Il la branlait vulgairement, cherchant à se délivrer, désespéré d'y arriver. Kanda comprit que ça n'irait pas s'il ne cherchait pas davantage à jouer de son excitation. Il n'avait probablement pas encore pris le temps de découvrir son corps en profondeur et d'apprendre à attiser son plaisir. À son âge, rien de choquant. Ça viendrait bien. Il l'observa, le laissant faire un moment, quand Allen secoua la tête, cessant ses mouvements de poignet.
« Ça marche vraiment pas… »
Il semblait à deux doigts de se remettre à pleurer.
« C'est normal, » rétorqua Kanda, « t'es stressé et on dirait que tu cherches à éviter tes zones les plus sensibles. C'est pas comme ça que t'y arriveras.
—C'est comme ça que je fais d'habitude… Enfin, sans le stress. Et crois-moi, j'en retire du plaisir. C'est voir que ça ne me fait rien qui me stresse. C'est gênant, mais d'ordinaire, j'arrive à… tu vois…
—Certes, Moyashi, mais ta bite a besoin de plus de stimulation qu'un mouvement de frottement basique.
—T'es obligé d'être si vulgaire ?! »
Allen désapprouvait fortement, avec une petite moue. Kanda ne put s'empêcher d'avoir un rictus sardonique, voulant le taquiner :
« T'es obligé de faire ton effarouché ?
—Je ne suis pas effarouché ! » s'exclama Allen, sincèrement outré. « T'es vulgaire, toi, par contre !
—Bref, » abattit Kanda avec fermeté, « écoute-moi. Tu te retrouves avec une excitation énorme qui ne part pas, tu as besoin de te faire prendre ton pied, et pour ça, faut jouer avec ton corps.
—D'habitude, je fais plutôt ça vite fait… J'ai pas trop l'habitude de ça… »
Le blandin baissait la tête, soudain honteux, Kanda s'en rendait compte.
Dire qu'il allait lui apprendre à se branler correctement…
Putain, c'était tellement dérisoire que ça aurait été à s'en taper le cul par terre si ça avait été une blague. Comme ça n'en était pas une, Kanda restait pince-sans-rire face à la situation. Il inspira lentement, laissant l'air l'emplir. Il le relâcha subrepticement pour se calmer, puis il parla :
« Je vais te donner des conseils, tu vas faire ce que je te dis, ça devrait marcher.
—T'es sûr ?
—Oui, Moyashi. »
Il espérait, du moins. Sans ça, ça commencerait à devenir flippant, mais il préférait pas y penser.
Allen lui offrit un faible sourire de confiance. Ça, ça rassurait Kanda, en revanche. Mieux valait qu'ils ne soient plus en froid pour ce qui allait se passer. Même si le sourire niaiseux du plus jeune le fit grogner en retour. Fallait pas déconner. Crispé, il balança les premières instructions :
« Tu vas d'abord baver sur ta paume, au lieu de faire ça à sec. » Devant le regard d'Allen, il précisa : « Ne sois pas rebuté, c'est plus agréable, et c'est parfaitement normal. »
Le maudit dépassa sa gêne et s'exécuta, en roulant ensuite sa main autour de son pénis, cramoisi.
« Là, pompe-le un peu, doucement. Parcours les petites veines avec tes doigts, tu vois ? Y en a qui réagissent mieux que d'autres. » Allen obéissait, poussant des petits sons plaisants, moins paniqués que tout à l'heure. « C'est bien, Moyashi. »
J'arrive pas à croire que je l'encourage à se branler et que je le félicite…
Malgré lui, Kanda sentait que son entrejambe réagissait à la situation. Ça devait certainement être car il était un mec aussi et que voir Allen prendre du plaisir lui donnait envie d'en prendre également. Une simple transposition d'excitation parce qu'il était envieux, qu'il aurait voulu pouvoir se branler lui aussi. Avec le stress qu'ils encourraient, un orgasme aurait pas été de refus, c'est vrai. Ou peut-être y avait-il plus que ça… Une petite voix le lui soufflait, mais Kanda ne voulait pas en entendre parler. Il prenait le parti de rester concentré.
« Maintenant, tu remontes jusqu'en haut. Là, doucement, te précipite pas. Oublie pas les veines. T'es là pour avoir du plaisir, t'as pas un train à prendre.
—C'est juste trop intense… »
Kanda ne put s'empêcher d'avoir un rictus. Il ne dirait pas qu'il était attendri par son innocence plutôt flagrante, mais il ne pouvait s'empêcher de le trouver… délicat, en quelque sorte. Ça l'agaça, alors il chassa la pensée.
Allen était encore plus cramoisi, mais ne s'arrêtait pas. Il fermait les yeux, avalait sa salive, se léchait la lèvre discrètement. Pas assez pour que ses manifestations de bien-être ne se remarquent pas. Kanda arrivait à se le figurer, c'est vrai que c'était intense, et rendu sensible par l'excitation, son pénis devait lui faire voir des étoiles. S'il était trop sensible aux stimulations vigoureuses et qu'il les évitait, il allait sûrement passer un bon quart d'heure et apprendre des choses sur lui-même. Pour sa part, c'était à son âge qu'il avait commencé à découvrir en profondeur son anatomie. Auparavant, lui aussi préférait aller à l'essentiel, pour s'apporter tout simplement du plaisir, voulant réaliser une branlette bête et méchante. Il avait fini par être curieux de pousser le jeu plus loin et d'essayer de se faire durer un peu plus. Ça avait porté ses fruits, il savait maintenant se maitriser ainsi que retarder son éjaculation pour apprécier davantage l'instant avant la délivrance, qui était d'ailleurs bien souvent meilleure que quand il bâclait la tâche.
« C'est le but, c'est bizarre parce que t'es pas habitué. Crois-moi, t'auras du mal à revenir à ce que tu faisais avant.
—Ok, je vois… Je continue comme ça, je suppose ? »
Kanda opina. Allen lui-même voyait bien qu'il réagissait positivement.
« Ouais. Pompe-la encore. Quand t'arrives au bout, tu vas presser, et décalotter doucement. »
Allen obéit, procédant très délicatement, gémissant entre ses dents. Enfin, sa peau glissa, dévoilant un gland enflé. Ça paraissait douloureux, mais il serait justement plus sensible. Kanda ne put s'empêcher de remarquer qu'il était quand même pas trop mal monté, sans savoir pourquoi, ça lui donnait la bouche sèche. Le blandin lui jeta un regard confus, gêné en voyant qu'il le fixait, si bien qu'il se reprit.
Il regarda ailleurs, lâchant une consigne l'air de rien.
« Pompe encore de la base jusqu'au gland, presse le bout. Te dépêche pas.
—C'est… très bon… »
Allen gémit et sursauta, semblant s'être surpris lui-même par sa confidence. Kanda en fut gêné aussi, il grinça des dents, mais il garda un visage neutre, tentant de rassurer le plus jeune quant à son aisance.
« C'est ce qui faut. C'est bien.
—Merci, Kanda, merci… »
Aux soupirs, le kendoka se liquéfia sur place. Son ventre avait fait un truc bizarre.
Pourquoi, bon dieu, pourquoi, voir un Moyashi fiévreux en train de se caresser et le remercier lui envoyait aussi un long frisson dans la colonne vertébrale ? Il déglutit discrètement. Il comprenait pas pourquoi il le remerciait, ce con, en plus. Sûrement pour les conseils et pour l'aide, mais merde, c'était bizarre.
Il se crispa de la tête aux pieds, sentant qu'il risquait de commencer à bander. En fait, il avait une demie-molle. Un peu plus, et son sexe serait éveillé. C'était pas la faute du miel, dans son cas. Ça venait de lui. Qu'est-ce qui lui arrivait, bordel ?
« Me remercie pas, » répondit-il abruptement, « occupe-toi de toi. »
Allen sembla comprendre. Il acquiesça silencieusement, recommençant les mouvements.
À mesure de caresses plus aguerries, il s'arquait doucement, prenant littéralement son pied. Kanda n'arrivait pas à détacher ses yeux de lui. Il se mordait l'intérieur de la joue, observant la main d'Allen caresser son sexe avec plus de dextérité. Il mettait réellement ses conseils en pratique, et ça semblait fonctionner plutôt bien. Kanda était soulagé, et il n'était pas le seul. Allen se détendait, il gémissait de plus en plus fort. On aurait dit qu'il allait bientôt jouir. Kanda avait envie de lui poser la question, essayant tout de même de regarder ailleurs et de ne pas rester fixé sur lui pour ne pas l'embarrasser et s'embarrasser lui-même – comme si une telle situation pouvait être moins embarrassante – mais il n'osait pas, craignant que ça ne braque Allen. Il remarquait néanmoins que ses doigts frôlaient un peu son gland, ses cuisses tressautant fortement dès qu'il l'effleurait. Il devait vraiment l'avoir très sensible, et ne pas être habitué à la sensation.
« Hésite pas à toucher le gland, Moyashi, » conseilla-t-il du ton le plus doux qu'il pouvait produire.
Allen hoqueta, pressant involontairement son sexe plus fort. Il lâcha une sorte de petit couinement qui acheva Kanda.
Oh merde, il bandait. Ça y est.
Comment pouvait-il trouver ça si érotique ?
Il bandait de voir Moyashi se branler, de l'encourager… de le conseiller. Ses gémissements, ses couinements… Ils l'excitaient. Y avait quelque chose qu'allait pas chez lui ! Il se sentait coupable en sachant que pour Allen, ça ne devait vraiment pas être très agréable d'être exposé ainsi, même plutôt humiliant. En soi, cette situation-là n'excitait pas Kanda. Ce qui l'excitait n'était pas d'avoir Allen en position compromettante exposé à lui plus ou moins contre son gré, non. C'était Allen. C'était ALLEN WALKER, ce putain de Moyashi.
Kanda serra les dents, agacé, ne se comprenant plus.
Il ne s'en rendait compte que maintenant, mais selon toute vraisemblance, ça ne datait pas d'hier.
Depuis quand Moyashi lui faisait cet effet… ?
Le blandin coupa court à ses tergiversations mentales :
« Si je touche ici, ça va faire trop, Kanda… Je le touche jamais vraiment, et dès que j'essaie, la stimulation est trop forte…
—Faut se laver, à cet endroit, tu sais. Tu dois bien toucher. »
Face au regard de Kanda, Allen rougit encore, plutôt de vexation.
« Bien sûr que je me lave ! Mais c'est déjà sensible, et quand je me touche ici en érection, c'est trop. Tu comprends ? »
Kanda comprenait, ouais. Il était vraiment très sensible. C'était une veine, en soi, à son humble avis. Ici, s'il se bloquait à cause de ça, peut-être moins.
« Ok. Fais ce qui te rend à l'aise. Moi aussi, c'était très sensible quand j'évitais de toucher, et ça s'est habitué. En tout cas, au moment de jouir, c'est vraiment bon quand je le fais. Quand t'es proche de l'orgasme, suffit d'une petite une caresse circulaire, et tu continues à te pomper, c'est le pied.
—D'accord… Merci du tuyau. Je verrais si j'essaie ou pas. »
Le brun opina.
« Continue, en tout cas. Tu commences à avoir du plaisir ?
—Oui. » Allen déglutit, le regardant timidement. « Ça va être peut-être bizarre mais… ta voix me détend. Alors merci. »
Kanda détourna le regard, rougissant.
« Contente-toi de continuer.
—Ok… Excuse-moi. »
N'étant pas idiot, le blandin avait compris qu'il l'avait gêné. Kanda secoua la tête.
« T'excuse pas, c'est mieux comme ça. Laisse-toi aller. »
Acquiesçant, Allen se laissa en effet aller. Et ce fut une sensation de gêne intense pour Kanda, qui se battait toujours avec son désir pour le maudit. Fallait dire que la vision à laquelle il avait droit aurait pu faire bander un eunuque… (Et oui, il savait ce que c'était)
Moyashi s'arquait, s'arcboutait et tressautait sous ses propres caresses, prenant littéralement son pied. Il semblait proche de jouir, mais rester dans un état d'excitation permanent faisait que ça ne suffisait pas pour le faire partir. Il allait en falloir plus. Ses yeux grands, envahis de luxure involontaire, de la tension sexuelle grandissant dans son ventre, construisaient la même excitation intense chez Kanda. Il se lécha la lèvre, ne pouvant s'empêcher d'être fasciné par le plaisir transparaissant du corps de l'autre, qui semblait être ce qui faisait vibrer Allen tout entier à cet instant.
Allen évitait de le regarder, mais de temps en temps, leurs regards se croisaient. Quelque chose tressautait alors dans le bas-ventre de Kanda, à nouveau. Son érection était toujours vivace. Quelque chose se passait. Une tension se bâtissait. Le kendoka n'osait pas l'affirmer, il n'en était pas sûr, mais il avait l'impression que c'était des deux côtés.
C'était bizarre.
Et Allen commençait à se perdre dans le plaisir. Il se branlait avec plus de vigueur, semblant approcher le point de non-retour. Excité, Kanda remarqua qu'il appliqua son précédent conseil, caressant son gland avec son pouce tandis que sa paume et ses doigts enserraient doucement son sexe. Il poussa un gémissement aigu, Kanda se mordant la lèvre en sentant un frisson traverser sa propre érection.
« Je crois que je vais…
—Fais-le, Moyashi. C'est bientôt fini.
—Je sais… »
Kanda détourna la tête, signifiant qu'il allait regarder ailleurs, interprétant son avertissement comme une expression de gêne d'Allen. Ce serait bientôt fini, ils n'en parleraient plus. Il pourrait retourner vider les poissons, les faire cuire, et débanderait. Ils laisseraient tout ça derrière eux et ça ne voudrait rien dire.
Kanda oublierait qu'il avait bandé pour Moyashi, et Moyashi oublierait qu'il s'était caressé devant lui à cause d'un putain d'aphrodisiaque.
…
Ouais, ça allait être compliqué qu'ils oublient, mais ils y arriveraient.
Ils auraient intérêt.
Quelques gémissements aigus, quelques soupirs lascifs, et la respiration d'Allen devint hachée, sifflante.
Il avait joui.
S'autorisant à le regarder, Kanda ne tomba pas sur la vision à laquelle il aurait pu s'attendre. Le blandin avait le visage humide de transpiration, il était rouge, et son érection avait un peu désenflé. Mais pas de sperme. Il n'avait pas réussi à éjaculer, et n'avait pas entièrement débandé. En s'en apercevant, Allen paniqua. Il regarda Kanda avec de grands yeux effaré :
« Je n'ai pas… Je ne comprends pas, la sensation, j'ai… Kanda, qu'est-ce que… ? »
Le kendoka sourcilla légèrement. Jouir sans éjaculer était excessivement rare, surtout à leurs âges, mais ça pouvait arriver. C'était sans doute les aphrodisiaques.
Pendant qu'il réfléchissait à ce qu'il pourrait conseiller à Allen, ce dernier paniqua encore plus. Il dut interpréter son silence comme de l'inquiétude et éclata en sanglots.
« Non, non, non, » pleurait-il, complètement perturbé, « je vais rester comme ça ? Tout le temps ? Ça ne va jamais partir ? Je ne vais plus pouvoir… ? »
Il avait peur, ça se sentait bien et s'entendait à sa voix. Kanda soupira, prenant le parti de le rasséréner.
« Tu te calmes. » Il posa une main sur son épaule, le faisant sursauter, et la remonta jusqu'à son crâne qu'il caressa aussi gentiment qu'il en était capable. « C'est les aphrodisiaques, je pense. Ton excitation n'est pas normale, rappelle-toi. Tu dois te calmer. Ça peut arriver, un orgasme sec. C'est rare mais ça peut arriver. Calme-toi.
—T-T'es sûr ? Je me sens vraiment pas bien, je suis encore excité… Je dois faire quoi ? Comment je vais me soulager ? »
Kanda s'agaça. Il séchait un peu, sur ce coup. Ce n'était pas une situation à laquelle ils étaient habitués, autant l'un que l'autre. Allen pleurait de plus en plus.
Il serra les dents.
Il fallait le calmer, il fallait qu'il se calme. Alors Kanda se pencha, embrassant son front rapidement, maladroitement.
Le blandin écarquilla les yeux, cessant de pleurer pour le toiser.
« Kanda… Tu…
—Ta gueule. » C'était plus par gêne que par agressivité qu'il disait ça. « Je t'ai vu le faire pendant que je dormais, quand j'étais alité. T'avais vraiment peur pour moi, hein ? »
Allen n'aurait pas pu avoir l'air plus choqué, et plus gêné.
« Tu… Tu as vu… ? » Kanda sentait qu'il rougissait. Allen eut un regain de conscience : « Tu m'en voulais de ça, alors… ?
—Non. J'ai compris que t'étais inquiet, c'est pour ça que j'en ai pas reparlé. Je sais ce que tu as fait pour moi.
—Et tu m'as quand même parlé comme tu l'as fait ! Sale enfoiré ! »
L'Asiatique se mordit la lèvre.
« J'ai agi comme un con, je le sais. Je l'ai déjà reconnu tout à l'heure. Faut que tu te calmes, là, Allen. » Le blandin hoqueta, mais Kanda n'en avait plus rien à foutre, il voulait juste qu'il réagisse. Pour arrêter de surréagir, justement. « Faut vraiment que tu te calmes. »
Il déposa un autre baiser sur sa tempe, Allen gémissant faiblement.
« Je vais essayer. J'aimerais juste que ça s'arrête.
—Faut que tu recommences. Ça viendra peut-être. Je reste avec toi. Tu veux de l'eau ? »
Allen hocha la tête. Il semblait éberlué par sa douceur et Kanda était assez… choqué de lui-même. Il faisait ça pour calmer Allen, recopiant des comportements qu'il avait déjà vu chez les autres mais pas chez lui de base. Cependant, ça se faisait plutôt naturellement, et il n'avait rien contre le fait d'embrasser le blandin. Au contraire. Encore plus bizarre, putain...
« Oui, s'il te plaît. »
Kanda marqua un temps d'arrêt, réalisant qu'il avait répondu pour l'eau. Il la lui apporta, Allen buvant goulument la gourde. Il laissa Kanda boire à sa suite, rougissant un peu en jetant un œil à sa silhouette.
Le brun serra les jambes instinctivement. Il avait peur qu'Allen ait remarqué son érection, et déjà qu'il se sentait coupable de ça, ça aurait été encore pire. Il reposa la gourde et se repositionna proche d'Allen, agenouillé à ses côtés, lui caressant le crâne pour l'apaiser.
« Merci beaucoup, » soupira le blandin, « merci…
—Me remercie pas.
—On sait tous les deux que c'est pas une situation anodine, ça… Tu n'as pas à t'imposer de m'assister et de me réconforter, tu sais. C'est même pas comme si on était amis… »
Allen était vraiment embarrassé.
« Non, on l'est pas, » abattit Kanda, « et tu m'soûles beaucoup, mais je vais pas te laisser comme ça, Baka Moyashi. Alors ferme-la, arrête de t'excuser, et continue. Je reste. Si tu as besoin d'eau, tu le dis. »
Cette fois, le blandin eut un sourire. Il se redressa, tremblotant un peu sur ses appuis, et embrassa sa joue. Kanda hoqueta, le plus jeune s'expliquant :
« Tu sais être gentil, quand tu veux.
—La ferme. »
Sur un ricanement, le maudit inspira. Il recommençait à se détendre, ce qui était bien.
Puis, il recommença à se caresser, essayant de faire durcir son érection. C'était tellement étrange. Un mec avait une période réfractaire, même si elle pouvait être amoindrie en cas d'excitation excessive et dû à un jeune âge. Allen était encore puceau, peu expérimenté et sous l'emprise d'une drogue, il allait forcément récupérer plus vite. Toutefois, c'était époustouflant. Il gémissait faiblement, finissant par jouir une deuxième fois, toujours sans sperme. Son orgasme fut en revanche plus violent. Il lança à Kanda un regard estomaqué, que ce dernier lui rendit bien malgré lui.
Combien de fois allait-il pouvoir jouir sans gicler ? L'idée horrifiait Kanda autant qu'elle le rendait curieux. Pas super sain, il s'en rendait bien compte.
Face à lui, Allen se tordait de plaisir sous ses caresses, les nerfs en feu à cause des stimulations répétées. Il poussait des sons si aigus que Kanda avait sérieusement peur qu'ils alertent les Akumas qui rôdaient, et il s'étonnait même franchement que ça ne soit pas le cas. De son côté, il avait la bite au garde-à-vous, se traitant de tous les noms à chaque fois qu'un cri d'Allen le faisait frémir.
Enfin, alors qu'ils étaient tous les deux au comble de la gêne et que la tension de la pièce semblait danser contre un point de rupture, Allen éjacula. Son corps tressauta en avant brusquement, il semblait au summum de l'extase, et ses mains lâchèrent son sexe sous la violence des sensations, se plaquant immédiatement sur sa bouche pour s'empêcher de crier. Sous la violence de son orgasme, il n'avait pas pris soin de diriger son jet.
Kanda avait tout reçu au visage.
Gueulant de rage dans un réflexe naturel, Kanda dut lutter contre son envie de cogner le Moyashi. Allen s'en aperçut puisqu'il s'exclama faiblement :
« Oh mon dieu, Kanda, pardon, je ne voulais pas, je ne voulais pas…
—Tais-toi, trouve-moi juste une serviette, n'importe quoi. Dépêche-toi. »
Haletant encore de son orgasme intense, Allen mit quelques secondes un peu trop longues aux yeux du kendoka pour lui tendre un bout de tissu, une serviette qui se trouvait dans la petite valise.
Kanda frotta son visage, se débarrassant du liquide visqueux avec une hâte furieuse.
Ça n'aurait pas pu être plus embarrassant. Le pire étant que ça ne l'avait pas fait débander. Ça l'avait surpris, ça l'avait énervé, mais son érection restait présente. Plus encore, ce qu'il se représentait de l'action ne le rebutait même pas.
J'suis un pervers, c'est sûr. Il vient sur ma gueule et j'aime ça. Y a un truc qui va pas chez moi.
Alors que le kendoka questionnait sérieusement ses propres réactions, à moitié pétrifié, Allen se répandit en excuse :
« Kanda, je suis désolé, je suis désolé, je t'en prie, ne t'énerve pas, je suis…
—Laisse. » Kanda voulait vraiment changer de conversation. « Je vais pas m'énerver, je vais remonter vider les poissons. »
Sage décision, il en convenait d'un commun fort accord avec lui-même.
Allen se mordit la lèvre.
« Tu m'en veux quand même ?
—Non. T'as pas pu contrôler, j'ai compris. Il est hors de question qu'on en reparle. Hors de question, tu entends ? »
Un vif hochement de tête lui fit écho. Suivi d'une expression tendue.
« Excuse-moi mais… t'es sûr ? Et pour le… miel ?
—Non. Moyashi, je t'ai aidé. Je le voulais. Maintenant tu devrais dormir. Je ne veux plus qu'on en parle. »
C'était vrai, il n'était pas fâché. Il se sentait humilié de ses propres réactions corporelles, mais c'était des deux côtés, et il était satisfait que ça soit fini. Si, oui, Kanda avait les boules que ce soit parti d'un pot de miel, devant la détresse de Moyashi, un attachement qu'il ignorait posséder s'était déclaré. Il avait voulu l'aider, c'était aussi la vérité. Et il regrettait pas. Son corps avait même mieux apprécié que son cerveau, si c'était pas un comble d'ironie. Ça ne voulait pas dire qu'il comptait s'étendre dessus cent ans, néanmoins.
Allen acquiesça.
Cependant, au moment où Kanda se releva, il fut clair qu'ils avaient tous deux remarqué la même chose.
La bosse sur son pantalon était très visible.
Le maudit rougit, les yeux ronds.
« Mon dieu… »
Là, c'était à Kanda de prononcer des excuses. Ce n'était pas son style de se justifier, mais il pouvait pas rester sans rien faire. S'il ne voulait pas en parler, ils étaient bien obligés avec ce qui était visible, sous peine de créer à nouveau de la tension qu'ils ne voulaient ni l'un ni l'autre. Ils avaient eu leur compte.
Le kendoka baissa la tête.
« Oublie. J'sais pas pourquoi mon corps réagit, mais oublie. Te fais pas d'idées, j'ai pas du tout aimé te voir paniquer et te voir pleurer. » Au contraire, mais il n'allait pas le dire. « Pose pas de question. »
Allen secoua la tête.
« Ce n'est pas ce que je me disais… J'ai remarqué que tu étais sincère en m'aidant… Mais, je pense que je peux comprendre que ça t'ait excité. J'ai été excité aussi, par le fait que tu sois à côté. »
Kanda écarquilla les yeux. Allen paraissait honteux de son aveu, toutefois, ça ne l'empêchait pas de le regarder sans faillir. Il avait des couilles, ce mioche, quand même.
« Je suis désolé de ça, moi aussi. Si tu veux… » le maudit posa les mains sur ses propres cuisses, le toisant toujours aussi sérieusement, malgré des joues cuisantes, « tu peux te finir sur mon visage. Comme ça, on sera quitte. »
Le Japonais décrocha cette fois.
Allen ? Allen Walker, Moyashi, qui lui proposait d'éjaculer sur son visage ? De jouir sur lui ?
Dans quelle dimension farfelue avait-il atterri ?
Réfrénant difficilement les sensations du frisson qui le gagnaient malgré lui rien qu'à imaginer ça, Kanda fronça les sourcils. Il fallait rester lucide. Il y avait des limites à tout.
« T'es encore sous influence d'ce truc, pour me parler si crument. C'est hors de question. Tu regretterais. On regretterait tous les deux. »
Kanda tint sa résolution, ferme. Allen baissait les yeux.
« Je vais m'occuper des poissons, dors. Et t'excuse pas, on va faire comme si t'avais rien dit. Tu dis que tu m'en veux pas, alors on est quitte. Repose-toi, Moyashi. »
Allen acquiesça. Il avait toujours le rouge aux joues, et se rallongea silencieusement, lui tournant le dos.
« D'accord. À toute à l'heure, Kanda. »
Le silence suivant cette réplique fut pesant. Kanda resta planté comme un idiot, Allen dos à lui, un peu trop longtemps. Lorsqu'il consentit à bouger, ses pieds produisirent un grincement sur le plancher bousillé, faisant relever la tête d'Allen en automatisme, qui le fixa par-dessus son épaule. Ils échangèrent un dernier regard avant que Kanda ne monte l'échelle, encore diablement rassuré que les effets du miel soient enfin terminés. Ça aurait pu être pire, surtout vu la quantité de truc qu'Allen avait avalé.
Le kendoka s'agenouilla devant le coin de la pièce où il avait laissé les poissons à moitié charcuté, se passant la langue sur les lèvres, les mains sur les genoux, dans la même position prostrée que l'Anglais il y a quelques secondes. Sa bite ne débandait toujours pas. Et il arrêtait pas de se repasser au ralenti les soupirs de Moyashi, l'expression que lui donnait le plaisir, le fait qu'il lui ait avoué être excité de se masturber devant lui…
C'était bizarre. Y avait pas à tortiller, de toute façon. Ce qui s'était passé était bizarre. Une expérience étrange, autant pour l'un que pour l'autre. Ça allait être difficile pour eux de se comporter normalement quand ils dîneraient, c'était sûr. Mais ça passerait.
Kanda se dédia à sa tâche cette fois. Il maudissait néanmoins la protubérance qu'il sentait dans son pantalon, laquelle n'avait manifestement aucune volonté de s'en aller.
Comme un rappel vicieux, elle le narguait.
Kanda clôt les paupières en signe de soulagement, prenant une fine inspiration. Il était fier de lui. Vider entièrement les poissons avait été galère et il avait du sang plein les mains, quiconque l'aurait croisé, avec la tronche mortifiée qu'il tirait suite aux évènements d'aujourd'hui, l'aurait sans aucun doute confondu avec un assassin en puissance. Blague à part, il avait un peu esquinté la viande en tentant d'ôter le squelette d'arêtes, pas poissonnier pour deux ronds, alors il les avait laissés accrochées, décidant qu'ils auraient qu'à faire attention en croquant, tant pis. Sans quoi, il était sûr d'en faire de la charpie immangeable. Ce serait mieux que rien, donc. Il aurait intérêt à prévenir Moyashi, sinon ce petit con allait se jeter dessus et s'étouffer avec une arête, en gros putain d'affamé qu'il était. Satisfait de lui-même, Kanda épongea la sueur de son front avec sa manche. Il devait probablement s'être foutu du sang sur la gueule aussi, sa joue le grattait un peu.
Parlant de Moyashi… Il allait falloir redescendre.
Fort heureusement, son érection était redescendue. Fallait dire que vider des poissons, c'était pas ce qui était le plus bandant, c'était plutôt l'inverse, à vrai dire. Il restait quand même gêné.
Pour cause… Maintenant que l'excitation de tout à l'heure était redescendue, il réalisait pleinement son comportement avec Moyashi, ainsi que sa très claire envie de lui. Il l'avait désiré. Il l'avait voulu. En soi, il s'en foutait, ce n'était pas difficile à refouler, ça n'engageait à rien, il savait se contrôler pour ne rien montrer. Mais que Moyashi lui avoue à demi-mots le désirer aussi – ou du moins, c'était ce que Kanda comprenait de son discours, c'était tout de suite plus ambigu. Refusant de se prendre la tête, Kanda décida de faire l'autruche pour le moment.
Il descendit, appréhendant la rencontre avec Moyashi, mais il dormait profondément, roulé en boule dans le plaid que Kanda lui avait donné précédemment. Il avait l'air d'un ange, endormi avec un air bienheureux. Ça contrastait totalement avec la forme désireuse qu'il était devenu sous l'effet de l'aphrodisiaque… Kanda frissonna encore malgré lui. Faire comme si de rien était lui semblait en effet la bonne solution, et la plus intelligente.
Il laisserait Allen dormir, puis le réveillerait quand la bouffe serait prête. Sans épiloguer sur ce qui s'était passé avant, ça serait mieux pour tous les deux.
Alors il prit le bois qu'il avait récolté tout à l'heure, et sortit à la recherche d'un endroit tranquille où faire un feu enterré. C'était un Traqueur qui lui avait appris lors d'une précédente mission quand il était plus jeune. Tant qu'il ne faisait pas encore nuit, c'était mieux pour au cas où un peu de fumée s'élèverait malgré tout.
La tête bourdonnante comme s'il avait bu, Allen se réveilla lentement, la bouche pâteuse et le cœur au bord des lèvres.
Il somnolait encore un peu, ses paupières clignaient alors qu'il tentait de les garder ouvertes, se battant contre sa volonté d'ouvrir les yeux. Il les referma quelques secondes, qui se muèrent probablement en minutes, roulant sur son flanc, finissant par se coucher sur le ventre, soupirant malaisément. Il n'avait plus mal nulle part, mais il se sentait littéralement déglingué et ne comprenait pas vraiment ce qui lui arrivait. Une torpeur endormait ses souvenirs, il ne se situait plus vraiment, et la violente fatigue qui l'avait fait sombrer reprenait possession de lui. Il s'avérait compliqué de se libérer de ce sentiment. Une part de lui n'en avait aucune envie. Pourtant, il sentait qu'il n'arriverait pas à se rendormir complètement, pas de façon à poursuivre son sommeil paisible, en tout cas. Allen se força à sortir de la torpeur qui refusait de le laisser s'en aller. La cabane – c'était vrai, la mission – était vide, hormis le reste d'affaires de Kanda et lui qui gisaient juste à côté de la porte d'entrée, à quelques mètres de son lit de fortune. La fenêtre était juste-au-dessus de sa tête et il sentait le vent frais lui caresser les cheveux. Puis, son cerveau en pause se remit à fonctionner. Allen serra les dents, yeux agrandis de stupeur, la honte le submergeant. Il rougit malgré lui et serra la couette entre ses mains.
Les réminiscences de ce qui s'était passé quelque temps plutôt le frappaient de plein fouet.
Comment allait-il pouvoir seulement regarder Kanda dans les yeux à présent ? Allen n'était pas du genre à se débiner, mais ça… ! Il aurait du mal à l'assumer. C'était tellement bizarre. S'être masturbé devant Kanda, se dire qu'il avait même joui sur son visage… ! Ses mains remontèrent au sien et il y plongea la tête.
La honte. LA HONTE !
Il était encore choqué que le kendoka ne l'ait pas découpé en tranches, et pouvait vraiment remercier le ciel qu'il ait su être « compréhensif ». Il savait que même lui, s'il était loin d'être le garçon le plus irascible au monde, étant plutôt bienveillant et indulgent, se serait énervé furieusement à la place du kendoka. Le fait que Kanda ait, en plus, eu une érection en restant près de lui… Allen se passa la langue sur les lèvres. Il ne savait pas quoi penser. Est-ce qu'il y avait des chances qu'il puisse plaire à Kanda, lui aussi ? Bon sang, le mot lui semblait trop fort, mais c'était le seul qui venait à son esprit. Il y avait eu une atmosphère de désir. Une atmosphère gênante à cause de la situation, mais clairement une forme de désir. Des deux côtés, il croyait du moins l'avoir senti.
Allen avait toujours désiré Kanda, ce n'était pas la première fois mais ça n'avait jamais été aussi fort qu'aujourd'hui. Sauf que dans son cas, il n'était pas question uniquement de désir. Il y avait de l'amour. Il voulait bien appeler ça comme ça, maintenant. Il était amoureux. Était-ce le moment d'avouer ses sentiments ? Il avait toujours cru qu'il se ferait rejeter, parce que Kanda ne lui parlait pas outre mesure, ou alors ils s'engueulaient. Ça n'avait rarement été aussi violent que lors de cette mission, mais les circonstances n'aidaient pas, alors Allen en tenait compte lui aussi. Il faudrait qu'ils s'expliquent sur ça, en tout cas. Ce serait même plus judicieux de le faire avant d'évoquer de quelconques sentiments. Allen ne voulait plus revivre ça, être le punching-ball du kendoka lors d'une mission qui tournait mal. Il fallait qu'ils en discutent et qu'ils mettent en place un semblant de communication, même minime. Oui, il verrait comment Kanda réagissait déjà à des tentatives d'explications.
Et selon le cas… Allen rougit encore de gêne, mais il avait pris sa décision. Il avouerait ses sentiments à Kanda s'il lui montrait qu'il était capable d'agir autrement qu'en connard fini. Parce qu'il était peut-être assez bête pour être tombé amoureux de lui malgré son caractère merdique, il ne le serait pas suffisamment pour s'offrir à une attitude méprisante si l'autre ne faisait preuve d'aucune considération. Il en avait fait déjà tout à l'heure, mais ça n'effaçait pas tout à fait ses agissements depuis son réveil. Alors le maudit décida d'attendre qu'il revienne. Quand, brusquement, la porte s'ouvrit, signe qu'il n'aurait en fait pas à attendre longtemps, Allen eut une réaction qui l'étonna de lui-même mais qu'il ne put réprimer.
Il se cacha sous la couette, fermant durement les yeux, faisant semblant de dormir.
Affronter Kanda n'était pas encore possible, c'était simplement trop tôt. Il avait le sang des joues qui bourdonnaient dans ses oreilles et ne se sentait absolument pas de croiser son regard. Rien qu'à y à penser, son estomac faisait un saut périlleux arrière pour le moins furieux. Pourtant, il allait le falloir, ce n'était pas comme ça qu'il allait pouvoir mesurer ses décisions ni qu'ils allaient avancer. Il n'y arrivait quand même pas, même en sachant ça.
Se rappeler de ce qu'ils s'étaient dit, des conversations si intimes, de ce qu'il avait fait… de ce qu'il lui avait proposé… Allen n'arrivait pas à encore à passer outre. Il se disait que c'était normal, d'un côté. Personne n'aurait été neutre après une telle chose. Il aurait toutefois voulu être plus réactif, parce qu'avec la nervosité, le jeune garçon ressentait l'envie de régler ça le plus rapidement possible. Le Bakanda avait le pas traînant, il semblait tout faire pour ne pas le réveiller. Ainsi, Allen en conclut qu'il devait lui aussi être embarrassé. Il y avait donc bien des situations qui pouvaient faire réagir ce bougre de kendoka irascible, alors…
Ça aurait fait sourire Allen dans d'autres circonstances.
N'empêche qu'à côté de ça, il pouvait se marrer qu'ils partagent le même embarras, ils étaient bloqués tous les deux. Serrant les poings, Allen demeura figé, hésitant chaque seconde à sortir de sa torpeur factice, se réfrénant à chaque fois qu'il commençait à sentir un regain de courage, et se maudissant paradoxalement pour la lâcheté dont il faisait preuve. C'était tout simplement trop gênant. Le garçon rumina jusqu'à ce qu'il sente une main le secouer plus ou moins violemment. Il se ressaisit alors.
Kanda était accroupi devant sa couchette. Croiser son regard fit tressauter son bas-ventre. Il eut une grimace involontaire sous la sensation. Kanda regarda ailleurs.
Bon, ça ne partait pas bien.
« Les poissons sont prêts. Viens tant que c'est chaud. »
Allen hocha la tête. Le mal de ventre revenait, mais cette fois, il s'agissait du stress. Il repoussa la couverture et remarqua que Kanda avait installé leur repas de fortune sur un bout de tissu, déjà tâché de sang – il avait dû l'utiliser pour vider les poissons. En voyant où s'arrêtait son regard, Kanda grommela qu'il avait fait ce qu'il avait pu. Allen secoua la tête, voulant signifier que c'était bon. Il s'assit devant lui. Ils étaient face à face et risquaient fort de manger dans un silence tendu, cela étant, ça serait au moins ça. Pas d'aphrodisiaque dans la nourriture, cette fois. Allen faillit rire jaune à cette pensée. La faim anesthésiait tous ses autres sens. Son ventre gargouillait plus ou moins sévèrement.
Il tenta un faible sourire à l'épéiste, celui n'y répondant pas, se contentant de lui lancer une œillade sévère quand il approcha la viande de sa bouche.
« Te jette pas dessus parce que j'ai pas réussi à enlever les arêtes. Si tu t'en coinces une dans la gorge je saurai pas quoi faire.
—J'allais faire attention. »
Aucune réponse.
Allen mordit donc précautionneusement dans le morceau de poisson, ravi en sentant le goût nourrissant envahir son palais. Il mangea promptement, en essayant de dompter sa faim et de ne pas oublier les recommandations de Kanda, car il sentit vite quelques arêtes lui chatouiller les dents. Kanda mangeait lui aussi, il prenait le temps d'ôter les arêtes et paraissait plutôt satisfait. Ils mourraient de faim tous les deux, après tout. Bien vite, Allen était venu à bout de son morceau. Il toisa le kendoka qui était nettement plus lent, attendant qu'il ait suffisamment avancé dans son « repas » - la pitance était trop maigre pour être qualifiée ainsi.
Il ne savait pas par où commencer, ses mains se crispaient sur ses genoux alors qu'il cherchait ses mots.
Kanda finit bientôt par grogner dans sa direction :
« Qu'est-ce que t'as ? »
Allen sursauta presque. Kanda avait vraisemblablement fini de manger, forcé de se rendre compte qu'il fixait le vide étrangement. Devant le maigre bout de tissu où se mêlaient les arêtes et quelques morceaux de viandes, que Kanda replia bientôt et rangea dans un coin, ils étaient prostrés. Fatigués et encore affamés. Un tableau bien ridicule.
Il avala sa salive.
L'appréhension était une pression désagréable. Pourtant, il était temps d'être un grand garçon et de se lancer.
« J'aimerais qu'on parle tous les deux. »
Kanda eut une grimace énervée, aussi, Allen leva les mains en signe d'apaisement.
« Je sais que tu ne veux pas reparler de… ce qu'on sait. Mais il n'y a pas que de ça dont je veux te parler. Je veux te parler de cette mission, et de nous. De la relation qu'on a toi et moi, je veux dire. » Allen rougissait déjà. Kanda avait l'air intéressé, cette fois, si ses sourcils se fronçaient. « Si ce que je dis ne te plaît pas et si tu ne veux pas rentrer dans une discussion avec moi à ce sujet, j'arrêterai. Je te le promets. Je te demande juste d'écouter ce que j'ai à dire, au moins le début. S'il te plaît. »
Le silence qui laissa place à sa réplique fit douter Allen. Puis, répondant à sa nature imprévisible, Kanda soutint son regard, hochant la tête. L'Anglais comprit donc qu'il acceptait son marché.
S'il ne voulait pas énerver Kanda et se faire comprendre correctement, il avait intérêt à bien choisir ses mots.
« Tout à l'heure, tu m'as dit que tu t'inquiétais et tu m'as beaucoup aidé, alors merci. Pour tout ce que tu as fait. Je ne dirais rien de plus que ça. Tu t'es excusé aussi, enfin, à demi-mots… Mais ça n'excuse pas totalement ton comportement, Kanda. Ça m'a blessé la façon dont tu m'as parlé et tu es parfois très brutal. »
Kanda n'eut aucun mot ni aucun geste pour nier, il écoutait.
« Je ne suis pas en sucre, je peux l'encaisser, j'aime même plutôt bien nos rapports musclés, mais là… c'était trop. Je ne veux plus revivre une mission comme ça. Ne passe plus tes nerfs sur moi et apprends à contenir ta colère. Tu n'es pas le seul à être énervé, et je ne te houspille pas tout le temps. J'aimerais vraiment qu'on puisse mieux s'entendre, et j'aimerais bien savoir si tu serais d'accord pour faire des efforts avec moi. Pas seulement lors de cette mission, aussi lorsqu'on s'adresse la parole le reste du temps. Tu en penses quoi ? »
Allen était déjà un peu plus à l'aise. Il craignait légèrement de se faire envoyer sur les roses, cependant, au moins, c'était sorti. Il avait pu se libérer. Face à lui, Kanda clôt les paupières, prenant une inspiration avant de répondre.
« J'avais compris que j'avais été trop loin. J'me serais pas excusé sinon. Alors ouais, je veux bien faire des efforts avec toi. J'te promets pas d'être toujours patient, c'est pas mon genre, mais je cracherai pu ma colère sur toi. J'ai vu que t'avais chialé, avant qu'on parte, à cause de ça. »
Cette fois, Allen hoqueta. Alors Kanda s'en était aperçu… C'était bien sa veine. Il se sentit honteux, baissant ainsi la tête, mais Kanda reprit rapidement :
« J'avais pas voulu te blesser. Compris ? »
Le blandin redressa la tête, toisant la face agacée et contrite de Kanda avec un sourire à demi-moqueur.
« Tu as vraiment du mal avec le mot 'pardon', hein ? »
Un 'tch' répondit à sa question rhétorique. Allen pouffa malgré lui.
« Bon, tu as l'air sincère, alors tu es pardonné, en tout cas.
—Très bien. T'avais autre chose à dire ? Parce que je compte pas causer cinq cents ans comme ça. »
Se passant la langue sur les lèvres, le maudit opina.
« Oui, j'ai autre chose à dire. J'en ai pas pour longtemps, t'inquiète pas. En fait… Je ne sais pas trop comment dire ça, mais si je te dis que je veux qu'on s'entende mieux, et que ton attitude m'a autant blessé, c'est que tu me plais, Kanda. »
Il était devenu cramoisi en parlant.
Kanda avait écarquillé les yeux. Il le toisa avec circonspection :
« Alors c'était quoi ton laïus autour du fait qu'on était deux garçons et que je pouvais pas te toucher ? Pourquoi tu as refusé, tout à l'heure, si je te plaisais ? »
Cela piqua Allen au vif. Certes, il aurait pu accepter, mais pas comme ça. Il allait lui falloir du courage.
Sois un homme, Allen, dis-lui ce que tu ressens.
« Parce qu'il n'est pas question que de désir, Kanda. » On aurait pu faire cuire un œuf sur ses joues. « Je pense… enfin je sais, que je suis amoureux de toi. Je sais, on est deux garçons, c'est peut-être bizarre, je ne sais pas ce que tu en penses, mais je le ressens, et personnellement, je pense que ça n'empêche rien. Je comprendrais si je te dégoûte et si tu ne veux plus que je t'adresse la parole, je comprendrais sincèrement. Je n'attends rien de toi, ne t'en fais pas. Je me doute que ce n'est pas réciproque et je ne veux pas t'obliger à quoique ce soit, mais j'ai envie de te le dire aujourd'hui. »
Il avait encore baissé la tête, mais soutenir le regard de Kanda dans ces circonstances lui semblait impossible.
« Alors c'est ça. »
Il ne semblait même pas surpris. Là, ce fut Allen qui sentit son regard s'agrandir, cherchant instinctivement celui de son homologue. Il n'y avait aucun dégoût sur son visage, ni aucune émotion perceptible – venant de Kanda, en même temps, il ne fallait pas en attendre beaucoup.
Un regain de stress le gagna.
« J'm'étais déjà posé la question. J'avais remarqué tes regards, et ta façon de me chercher malgré le fait que je t'envoyais bouler.
—Lavi fait pareil, et il n'est pas amoureux, » contra Allen malgré lui, un réflexe boudeur automatique.
Kanda se marra.
« Ouais, mais Lavi s'excite dès qu'une fille passe devant lui. Toi non. »
Allen aurait eu envie de lui rétorquer que ça ne voulait rien dire. À la place, il alla droit au but :
« Et ça ne te dérange pas… ? »
De nouveau, un rire.
« L'Eglise condamne l'homosexualité. Mais des réflexions de la part de types qui croient en un serpent qui parle et une vierge qui accouche, j'pense qu'on peut tous s'en passer. »
Brièvement rassuré, Allen opina. Il se sentait quand même stressé et ne savait pas quoi comprendre. Kanda s'était douté de ses sentiments. Mais il n'avait pas dit qu'il les lui retournait, ni qu'il ressentait autre chose à son sujet. Allen refusait de s'emballer, cependant.
Il déglutit.
« Je vois. Je suis content si ça ne te dégoûte pas. »
Il était sincère, ça lui suffisait déjà amplement. Car après tout, si Kanda refusait (ce qui était probable), il pourrait passer à autre chose, et peut-être qu'il tomberait un jour sur un autre garçon assez tolérant pour ne pas le haïr à cause de ses sentiments, et les lui retourner.
« J'vais être honnête, Moyashi, les sentiments, c'est pas mon truc.
—Je m'en doute, » le coupa Allen. « Sincèrement, je ne veux t'obliger à rien, c'est vraiment bien que tu ne me détestes pas, je t'en remercie.
—Laisse-moi finir, débile. »
Si Allen fronça les sourcils, il obéit. Le kendoka poursuivit :
« Mais tu me plais aussi. »
Oh. OH.
Il…
Allen évita de s'emballer, pourtant, tout son intérieur réagissait au quart de tour, comme un feu d'artifice dans son bas-ventre. Il rougit furieusement.
« Je te plais… ? Mais… ! »
Il était choqué. Kanda se marra.
« Tu te rends pas compte que t'es mignon, hein ?
—Avec la marque de ma malédiction, » bredouilla-t-il, « je sais que…
—Ça enlève rien. »
Les mots de Kanda le touchèrent en plein cœur. Allen ignora un frisson qui le parcourut. Il était soudainement très heureux. Cependant, il se rappelait qu'il n'était pas question d'amour venant du kendoka. Il lui plaisait simplement physiquement. C'était mieux que rien, mais ce n'était pas la même chose.
« Alors tu me trouves attirant ? Il n'y a rien… d'autre ?
—Je veux pas qu'il t'arrive quelque chose. Et ça m'a touché, que tu te sois occupé de moi. Je me suis jamais posé plus de questions que ça. Alors je sais pas trop quoi faire. »
Le blandin réfléchissait.
« Je comprends. Si tu veux, tu peux réfléchir un peu et me donner une réponse plus tard. Si ça ne t'intéresse pas, ce n'est pas grave. On pourrait aussi essayer, comme un test. C'est toi qui vois. »
Il se mordit la lèvre.
Kanda le fixait.
« Je serai pas contre tenter. Mais c'est plutôt toi. Je suis pas doué avec le sentimental, et je tiens pas à te blesser sans le vouloir. Si tu es déjà amoureux de moi, ça pourrait arriver. »
Allen secoua la tête. Il était toujours pensif, et il n'arrivait pas à croire l'aubaine à laquelle il avait droit.
« Merci de t'en soucier. Je pense qu'on peut ne pas se prendre la tête et si ça ne marche pas, on arrête. Et si ça marche… eh bien, tant mieux. »
Un sentiment chaud envahit sa poitrine. Kanda acquiesça.
« Alors on essaie. Faudra que tu sois patient avec moi, j'déconne pas quand je dis que je serai pas doué.
—Moi aussi. Je pense qu'on y arrivera si on essaie vraiment. Je ne suis pas toujours fin non plus, tu sais. Si on est d'accord, c'est vraiment… génial, en tout cas. »
Il souriait innocemment, et Kanda se renfrogna légèrement. Sa crispation disparue, il retrouva un visage neutre, détendu. Allen en fut touché, comprenant qu'il essayait de montrer subtilement son assentiment.
Ils se regardaient en chien de faïence, sans mot dire, aussi, Allen eut envie de lui faire une proposition.
Tout à l'heure, ça avait été très excitant. Autant pour l'un que pour l'autre, ils le savaient tous les deux. S'ils étaient ensemble, laisser libre court à leurs pulsions serait moins embarrassant. Ou peut-être un peu. Allen n'était pas super sûr de lui, mais ce qui s'était passé avant un peu fait fondre sa pudeur, et ils n'étaient plus à ça près, finalement.
Le maudit se passa la langue sur la lèvre, ses mains se posant sur ses cuisses.
« Kanda… Vu qu'on essaie quelque chose ensemble, j'imagine que ce qui m'est arrivé tout à l'heure, ce n'est plus tabou ?
—Non, ça ne l'est plus. »
Allen sourit doucement.
« On pourrait faire des trucs de couple alors ?
—Comme quoi ? »
Kanda fronça les sourcils, le blandin rougissant.
« Ben tu sais, Bakanda ! » Devant l'expression hébétée de l'autre, il soupira. « S'embrasser, et peut-être… se toucher un peu.
—T'es sûr que tu veux ?
—Toi, tu as envie ? »
Allen toisait Kanda. Le brun se marra.
« T'es toujours excité depuis tout à l'heure, si je comprends bien.
—Va pas me faire croire que toi non. Et cette fois, j'aimerais faire quelque chose pour toi. Je suis maître de mes actions, ce n'est plus le miel qui dicte ma conduite. »
Kanda siffla entre ses dents.
Le blandin n'eut pas le temps de s'interroger. Le plus grand se pencha sur lui, et, en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, ses lèvres rencontrèrent maladroitement les siennes. Allen ricana, le faisant reculer sur une expression vexée, mais il réattaqua rapidement à son tour. Ses mains se posèrent sur les hanches de Kanda, et il fut ravi de se dire qu'il avait enfin de ce qu'il voulait. Kanda.
Le kendoka lui lécha la lèvre inférieure, Allen gémissant malgré lui. Il ne savait pas s'il réussirait à avoir de nouveau une érection, mais il voulait vraiment soulager Kanda, et rien que ça, ça faisait effet sur son bas-ventre.
Aussi, sa main s'étala sur l'entrejambe de Kanda, et alors qu'il sursautait, le blandin lui sourit gentiment, avec un mélange de gêne et d'excitation non-dissimulée.
« Kanda, est-ce que tu veux jouir sur mon visage ? »
Le brun se crispa contre lui.
« Demande pas des trucs que t'es pas sûr de vouloir réaliser. Tu te rends compte de ce que tu dis ? »
Malgré sa timidité qu'il se forçait à écraser, Allen oublia ses rougissements et la gêne de son inexpérience pour s'accrocher à son idée.
« Oh, crois-moi, je réalise ce que je dis. Alors, Bakanda ? »
Kanda ricana. Son sourire quelque peu pervers inquiéta presque Allen, autant qu'il le surprit.
« À choisir, j'aimerais mieux jouir dans ton cul.
—T'es vulgaire, Bakanda ! »
Joues en feu, Allen déglutit tandis que Kanda éclatait d'un rire moqueur, content de l'avoir fait râler.
« Tu… sais comment on fait, Kanda ? Entre garçons ?
—Ouais, et toi ? »
Allen hocha la tête.
Il n'était pas sûr de vouloir aller jusqu'au bout dans l'immédiat, mais s'il était suffisamment excité pour ça, ça ne l'aurait bien entendu pas gêné de coucher avec Kanda. Avec le stress de la mission, ça pourrait être agréable de se détendre de cette façon.
« Eh bien… on pourrait se laisser aller, voir jusqu'où ça nous mène ?
—Ouais, vendu. »
Il s'en fut. Ils se réembrassèrent, et cette fois, Allen sentit une vague de désir naître au creux de son ventre.
Un désir qui n'avait rien d'artificiel. Un désir qu'il acceptait de voir gagner sur sa raison.
À suivre...
Eh oui, ces petits ne perdent pas de temps, mais j'avais prévenu, ça reste un PWP assez simple x').
Mise à part, j'espère que ce chapitre deux vous aura plu ! On a un Kanda qui fait des efforts mais reste fidèle à lui-même, un Allen qui reste mignon malgré ce qui lui est arrivé, et une fin qui introduit le chapitre suivant, qui sera donc centré sur le lemon et la fin de leur galère !
Reviews ? N'oubliez pas de laisser un avis après lecture, c'est toujours encourageant :) ! Ça a pas été bien folichon sur ce bon vieux FFnet pour le premier chap', y a quand même eu quelques favs et follows, ça me fait plaisir mais j'aurais bien aimé savoir ce que vous aviez pensé du texte donc n'hésitez pas à partager vos réactions sur celui-ci ! ^^
Merci d'avoir lu :) !
