BONCHOUR !

J'aurais mis le temps, mais j'ai toujours des soucis de santé, donc je faisais un peu comme je pouvais niveau productivité. Je suis ENFIN en vacances, et je suis donc tranquille, alors l'écriture repart de plus belle et je vais pouvoir me remettre ! Autant dire que je suis joie :D !

Ce chapitre est plutôt long, et plus fluffy que les deux premiers, simplement parce que, vous allez le voir, une certaine tendresse se met rapidement en place entre nos deux abrutis, j'espère que vous trouverez ça bien exploité ! Il est tellement long que j'ai été obligée de le couper en deux, simplement parce que je ne voulais pas publier un chapitre de 20k x'D et je veux prendre mon temps pour bien boucler cette fic :) !

Hormis ça, j'aime autant vous dire qu'ils s'en donnent à cœur joie dans leur découverte des plaisirs charnels (avec quelques maladresses, ça reste une première fois pour eux), et de fait, je vous ai concocté un petit...

/!\ WARNING /!\ (ou gros, selon) : Miel utilisé comme lubrifiant, et présence d'éjaculation faciale consentie. On est dans du bon gros M, je rappelle que cette fiction est un PWP. Il y a une intrigue de fond et il y a du fluff (Allen reste chou, Kanda l'est un peu moins… XD quoqiue :p), cependant, c'est explicite, j'avais prévenu dans la note du chapitre 1 que le concept serait ainsi et qu'il y aurait de l'humour sexuel foireux.

Je préfère prévenir une deuxième fois et prendre les devants car j'ai mémoire d'avoir reçu un « c'est dégueu » sur le chap 2 sur un des sites où je poste, et si oui, on peut ne pas aimer lire cette pratique, c'est quand même pas très agréable ce genre de retour, quoi, donc ce serait sympa pour moi d'éviter x'). J'en profite pour faire un petit point : ça peut rebuter, certes, mais en soi, ça n'a rien de sale ou de « dégueu », hormis dans des points de vue qui sont purement subjectif (et qu'on a le droit de partager, naturellement), mais y'a pas mort d'hommes. Donc, si ça vous rebute trop, aucun jugement de valeur de ma part, vous avez le droit, mais ne lisez pas ce chap - y'aura encore du smut au prochain, rassurez-vous - (ou sautez le passage en question, idc) ! Et si vous lisez quand même, respectez le contenu please :).

Sur ce, paix, amour et bonne lecture :3.


24 Hours

Les baisers s'échouaient au creux de sa nuque, Allen frémissant malgré lui. C'était un poil trop frénétique et trop brutal pour que ce soit pleinement agréable, mais c'était manifestement un endroit sensible chez lui, parce qu'il suffisait que Kanda l'efflore pour qu'il ressente une espèce de plaisir dans une sensation de chatouillement déconcertante. Il n'osait pas dire à l'épéiste d'être plus doux, et il fallait dire que pour sa part, lorsqu'il tentait de rendre à Kanda ses étreintes enflammées, il ne l'était pas davantage… Doser était quelque peu compliqué, ils n'y étaient habitués ni l'un ni l'autre, et ça se voyait. En volant se réembrasser, s'ils avaient accompli la tâche sans problème les premières fois, ils avaient réussi l'exploit de se cogner le nez. Ils s'étaient regardés avec agacement, sous le coup de la douleur, et avaient fini par se marrer – Allen, surtout, tandis que Kanda avait eu un rictus moqueur. Il l'avait accusé d'être maladroit, Allen lui renvoyant la balle. Une simple façon de se familiariser avec la situation.

Au milieu de leurs chamailleries quelque peu puériles, le désir recommençait à éclore. Un désir qui n'était plus influencé que par leurs caresses. Allen voyait que c'était mutuel. Il était assis à califourchon sur les genoux de Kanda, face à lui, et se laissait embrasser la nuque, la tête déployée en arrière en retenant quelques soupirs de plaisir. Ça lui semblait bizarre de faire ça, comme c'était nouveau, et d'un autre côté, c'était presque naturel. Un instinct décuplé par la situation qui les aidait à trouver leurs marques. Les mains de Kanda relevaient sa chemise sous la veste de son uniforme, il sentait l'air froid s'infiltrer sur sa peau mise à nue, mais ce n'était pas la seule chose qui le faisait frissonner. La bouche dans son cou et les doigts sur sa peau étaient plutôt habiles, et il fallait dire que le côté brusque ne le dérangeait seulement que de moins en moins. Kanda dressa bientôt sa tête, partant à la recherche de son visage. Il agrippa ses lèvres en même temps que sa main força son emprise sur sa hanche. Allen gémit malgré lui – il savait qu'il aurait un bleu, mais il s'en fichait complètement.

À son tour, il appuya son emprise sur la bouche de son homologue, bataillant contre sa langue qui tentait de dominer la lutte déjà engagée. Il sentait son sang monter à ses joues et il était de plus en plus excité. C'était bien ça qu'il ressentait, de l'excitation. Allen ignorait toujours s'ils iraient jusqu'au bout maintenant ou pas, ça ne dépendait après tout pas que de lui, mais si Kanda se montrait entreprenant… Il ne dirait peut-être pas non. Il déglutit, se soustrayant un instant à la bouche de Kanda. Ce dernier ne parut pas saisir son besoin d'air et se jeta sur lui dans le but de le réembrasser, ne réussissant qu'à se cogner à son front.

« Hé, du calme, » se fâcha Allen sous le coup de la douleur, « on est pas dans la salle d'entrainement, Bakanda ! »

Comme piqué au vif, le susnommé le fusilla du regard, puis grogna et croisa les bras.

« Ça va, j'ai pas fait exprès ! T'as qu'à pas avancer quand je m'approche, toi aussi, c'est pas que ma faute ! »

Allen réalisa qu'il l'avait vexé et ça le fit ricaner. Kanda était mignon quand il boudait comme ça.

« C'est bon, ça peut arriver. Essaie juste d'être plus doux. »

Il lui offrit un sourire encourageant que l'autre rejeta en grognant encore entre ses dents. C'était pas gagné. Mais bon, ils commençaient à avoir un début… Kanda aurait pu l'envoyer paître d'une manière nettement moins agréable. Allen connaissait l'animal, il savait que c'était une forme de bienveillance venant de lui, et il venait à peine d'agréer à faire des efforts. S'il repoussait sa mauvaise foi due à l'agacement que Kanda avait pu lui inspirer, Allen savait que ça ne se ferait pas en un jour. Le blandin secoua la tête en gardant son petit sourire et fut celui qui réentreprit d'embrasser l'autre, voulant initier la douceur que Kanda ne connaissait visiblement pas. Il lui prit les mains et les posa sur ses jambes, mimant des caresses, l'aidant à le toucher comme il voulait être touché. C'était quelque peu gênant mais Kanda se laissait faire. Il restait attentif, disposé à ce délicat apprentissage. Allen rit quand sa main pressa un peu durement sa cuisse avant de s'arrêter maladroitement. Kanda avait perçu son tressautement, et il se montrait attentif. Allen le trouvait définitivement mignon.

Aussi mignon que puisse l'être un imbécile dans son genre.

Kanda finit par comprendre, et il parcourut sa cuisse, sans appuyer exagérément, juste ce qu'il fallait pour lui coller un bon vieux frisson. Le maudit gémit quand il remonta le long de son entrejambe, la palpant allégrement. Rien de tout ça ne le laissait indifférent. Et le brun s'en éberlua presque :

« J'y crois pas que t'arrives encore à bander avec tout ce qui s'est passé aujourd'hui…

—BAKANDA ! »

Allen était cramoisi. Pourtant, il était lui aussi étonné. Son érection était d'ailleurs presque douloureuse, son corps recommençait à trembler fiévreusement contre celui du plus âgé. Le désir reprenait possession de lui, c'était plutôt violent, comme une fièvre étrange, frénétique. Il déglutit, attaquant en retour :

« Toi aussi, t'es dur. Je le sens contre mes fesses. »

Ce qui ne manquait pas de l'exciter. Kanda remua légèrement, de sorte que son érection se cogna à son postérieur. Allen se retint de gémir, déglutissant difficilement – d'autant plus qu'il réalisa tardivement ce qu'il avait dit. Il ne sut si Kanda l'avait fait exprès ou non. Ses pupilles perdues firent rire l'autre, ce qui l'informa que si, le geste était légèrement calculé.

L'enfoiré, il me taquine encore !

« J'ai pas joui, moi, » se plut à souligner Kanda, toujours aussi goguenard, « Et j'ai pas été sous influence du miel.

—Ben écoute, mon corps récupère simplement vite, enfin il faut croire que je m'en remets bien, et… » Il se mordit la lèvre. « Je suis vraiment excité. »

Kanda lui jeta un regard perçant tout en acquiesçant.

« Ce serait bien qu'on se mette d'accord sur ce qui va se passer. Tu sais un peu jusqu'où tu veux aller ? »

Le maudit rougit, cependant, il opina lui aussi. Il n'aurait pas imaginé que Kanda serait du genre à initier cette discussion, mais c'était mieux. Il se livra :

« J'aimerais bien qu'on continue ça, pour l'instant. Tes caresses sont agréables, quand tu m'écoutes. » Il ignora le grondement de Kanda. « J'ai pas envie d'arrêter maintenant. Et toi ? »

Kanda parut surpris qu'il le lui demande, comme s'il ne s'était pas encore posé de question lui-même. Plus encore, il semblait vexé qu'il doute de son aisance, ce qui fit lever les yeux au ciel à Allen. Comme si n'être pas prêt pouvait lui ôter sa virilité. Il fut néanmoins attendri des rougeurs sur les joues du brun alors que ce dernier réfléchissait et le laissa faire à loisir.

« Je te l'ai dit, » finit par conclure Kanda, « ça me dérangerait pas de te baiser, mais je m'adapterai à tes limites. Tu veux qu'on reste sur des préliminaires sans aller jusqu'au bout, ou tu veux plus ? »

Il lui jetait un autre regard perçant, l'air fier de son effet en le sentant frissonner. C'était nettement moins attendrissant que ses petites expressions surprises, mais venant de Kanda, il fallait s'y attendre. Allen réfléchit, la lourde pression du désir lui remontant encore le long de la colonne vertébrale, dans le creux des reins, dans le ventre, aux joues… entre ses jambes...

C'était intense.

Il se voyait mal tout arrêter – pas qu'il avait peur de gâcher les choses, juste qu'il n'en avait aucune envie.

C'était une décision qui lui parut étonnamment simple, alors qu'il aurait cru attendre plus longtemps pour passer aux choses sérieuses. S'il était honnête, Allen aurait même habituellement préféré nouer une relation tangible avec Kanda avant d'en venir aux choses sérieuses, ce qui leur aurait probablement pris quelques mois. À vrai dire, de la façon dont il avait pu imaginer les choses, il aurait cru que ça se passerait comme ça. Il n'aurait jamais cru être prêt à faire… ça si vite, pas la première fois. Cependant, ça lui semblait assez dérisoire maintenant. Son corps était envahi de désir et son esprit s'y inclinait. Puis, il n'y avait rien de mal à ça. Ils en avaient vécu de belle, Allen se disait que c'était peut-être ça qui le rendait aussi bien disposé. Paradoxalement, il avait tellement stressé pour la mission, pour les Akumas, pour Kanda qu'il avait cru perdre, qu'il ne voulait pas se départir du désir.

Il voulait se laisser aller, sans regrets.

Il voulait qu'ils s'offrent ce moment tous les deux, maintenant.

« Je veux qu'on se touche, » déclara-t-il, en déglutissant un peu par gêne, « et après ça… Je veux coucher avec toi.

—T'es sûr ? » Kanda le dévisageait, l'air concerné. « Si ça te dérange que ça aille trop vite, va pas te forcer parce que j'en ai envie.

—C'est pas mon genre, mais je te remercie de t'inquiéter. Donc toi aussi, ça te convient ? Pas peur de la vitesse ?

—Tch. J'viens de te le dire. »

Ils étaient peut-être un peu mal à l'aise, vu qu'ils n'avaient d'expérience ni l'un ni l'autre, ce qui faisait qu'ils insistaient pour savoir où l'autre en était, se cachant derrière de la taquinerie. Quand bien même le désir était là, quand bien même il pouvait leur donner envie d'accélérer les choses, la nouveauté pouvait les rendre légèrement hésitant.

Allen osa un petit rire.

« Bon, ben, » il rougit, « embrasse-moi, Kanda.

—Ok. »

Le maudit n'allait pas mentir en arguant que recevoir les baisers de Kanda ne lui mettait pas du tout du baume au cœur, avec ses sentiments pour lui. Au contraire, il était simplement heureux et ça ne l'inquiétait pas. Ils étaient d'accord pour essayer de construire quelque chose, ils faisaient ça en tout bien tout honneur, ils ne s'étaient rien promis de définitif mais ne s'étaient pas rabroués non plus… Certes, ils allaient conclure assez vite. Mais ils n'en étaient pas gênés. Oui, le jeune garçon ne voyait aucune raison de se restreindre. Ils commençaient en fanfare, mais il n'y avait pas de raison qu'ils ne trouvent pas comment faire durer la fête. Qui avait dit que c'était mal, après tout ? Pourquoi auraient-ils dû attendre plus, vu que ce n'était pas leur souhait, qu'ils n'éprouvaient aucune réticence et aucune messéance ? Quelle convention obscure l'avait décidé ?

Allen n'en avait rien à faire, en tout cas.

Les lèvres du brun dévoraient les siennes, et il ne fit aucun mouvement lorsque l'autre s'attaqua sans préambule à la ceinture de son pantalon. Un violent frisson naquit même dans son ventre. Kanda lui jeta un dernier regard, pour s'assurer de son consentement, et Allen hocha vivement la tête. Ses cuisses tremblaient nerveusement. Kanda eut un sourire, sorte de rictus taquin, en le remarquant. Il déboucla habilement sa ceinture et lutta avec son pantalon qu'il descendit sur ses hanches, Allen l'y aidant en se tortillant, jusqu'à pouvoir aussi baisser son caleçon. Son sexe rougi et sensible fit bientôt son apparition.

Avant de le prendre en main, Kanda embrassa doucement le front d'Allen :

« Est-ce que je peux… ?

—Ouais, Bakanda. Mais… vas-y doucement, hein. Avec ce qui s'est passé tout à l'heure, je pense que je ne tiendrai pas longtemps.

—T'inquiète pas, je m'en doutais. Je serai doux. »

Allen eut un rictus, un frémissement gêné qui fit contracter les muscles de son visage, et il l'embrassa chastement. Kanda agrippa ses lèvres avant qu'il ne s'éloigne, puis il saisit sa verge.

Un plaisir fulgurant le saisit instantanément. Autant Allen appréhendait des sensations agréables, autant il devait admettre que Kanda avait des doigts de fée ! Il ferma durement les yeux. Nul doute que les conseils qu'il lui avait donnés montrait qu'il connaissait bien son propre corps et était assez habile dans l'art de la stimulation sexuelle. Allen lui chuchota à une ou deux reprises de ralentir le rythme, histoire de ne pas finir la soirée avec le sexe en feu, et Kanda se montrait attentif à ses réactions, de fait, il repérait facilement ses points sensibles. Il n'hésitait pas non plus à jeter des regards à son visage, pour chercher à percevoir à ses réactions s'il se débrouillait bien. Allen jugeait cela horriblement gênant, mais aussi terriblement érotique et, surtout, respectueux. Il était content que son ressenti soit respecté et sollicité.

Et ces sensations qui faisaient bouillir son bas-ventre… Allen poussa un gémissement aigu. Kanda avait pressé son gland, sa sensibilité lui faisant voir des étoiles. Ce n'était ni trop brutal, ni pas assez. C'était parfait ! Il s'enfouit contre lui. Cette main qui allait et venait sur sa verge, tâtonnait de façon à martyriser ses veines sensibles et exciter son plaisir le faisait tressauter faiblement, ses yeux restant clos et ses lèvres pincées pour retenir d'autres gémissements. Il devait avoir l'air bien pathétique. Pourtant, Kanda ne se marrait pas. Il était concentré, doux, et Allen appréciait d'être lové dans sa chaleur, blotti presque affectueusement contre lui. Il déposa un baiser sur la clavicule du plus âgé, souriant brièvement en le sentant tressauter. Un coup de poignet rapide lui fit ravaler son fiel.

Deux ou trois mouvements supplémentaires, et sa gorge émit un bruit de déglutition quelque peu inélégant. Il sentit une immense chaleur dans son bas-ventre, des picotements insoutenables dans son sexe, une affliction de plaisir particulièrement intense – d'autant qu'il était démultiplié par ses précédentes jouissances, il avait l'impression d'avoir le pénis hypersensible. Il ne put bientôt plus le supporter.

« K-Kanda, je… Aah ! »

Étouffant sa honte derrière un juron durement ravalé, Allen éjacula, se tordant contre le plus grand, se débattant faiblement contre un plaisir trop vif pour qu'il puisse le soutenir, une sensation chaude étreignant son corps. Il ferma durement les yeux.

Tandis qu'il se remettait de son orgasme violent, un rire sec le sortit de sa torpeur de bien-être.

« Effectivement, t'as pas tenu longtemps.

—Bakanda ! » s'écria Allen, gêné, en soufflant toujours difficilement. « C'était pas ma faute, je… »

Kanda arrêta ses justifications d'un autre baiser sur le front.

« C'est bon, j'sais. T'es mignon. »

Cette fois, Allen rougit furieusement. Dans le même temps, Kanda essuya sa main souillée avec ce qui restait de serviette dans un de leurs sac, le blandin réalisant qu'il était lui aussi tout poisseux. Il se força à s'en ficher, ils n'avaient pas fini de toute façon…

« Y'a rien de mignon là-dedans ! » gueula-t-il peut-être un peu tardivement en tournant la tête, faisant fi de sa gêne, « Arrête de te foutre de moi !

—Tch. Imbécile. »

Allen allait encore gueuler, mais Kanda s'empara tendrement de ses lèvres, les mouvant d'abord doucement sur les siennes avant de les lécher. Bien vite, Allen ressentit un chatouillement quelque peu érotique allié à une sensation de bien-être. Il se sentit mieux, en conséquence, et décida qu'il était temps d'être actif, lui aussi.

Ainsi, timidement, mais sûrement, Allen posa sa main sur l'entrejambe de Kanda. Il le regarda longuement avant d'entamer un mouvement, cherchant à obtenir son accord. Sans répondre, Kanda vola ses lèvres et incita sa main à entamer un massage. Bien sûr, le blandin aussi savait y faire. Il était loin d'être manchot et il se servait souvent de ses paluches, il se faisait donc confiance pour faire plaisir au kendoka. Il pressa doucement son entrejambe, massant la bosse qui gagnait en rigidité à son approche, et embrassait Kanda tendrement. Cela paraissait surprendre l'autre, qui se laissait pourtant faire.

En éloignant son visage du sien, Allen remarqua que la peau de Kanda était plus rosée au niveau de ses joues… Il rougissait ? S'il en fut surpris, il s'attendrit encore et revint saisir ses lèvres. Sa main, elle, chercha à déboucler sa ceinture. Il sentit un net tressautement du corps du plus grand quand il y parvint. Quelques mouvements de bras supplémentaire, il avait réussi à baisser suffisamment le pantalon et le caleçon pour laisser apparaître le pénis de son amant. Son touché ne l'avait pas trompé, Kanda était bien dur, et il se retenait visiblement depuis le début de l'après-midi… ça excitait Allen, quelque part. Il ne pouvait s'empêcher de se répéter que la situation était diablement embarrassante, à cause de son élément déclencheur, mais aussi diablement érotique.

En embrassant Kanda dans le cou, il saisit son sexe. Le kendoka lâcha un bref soupir de plaisir, et cela encouragea le blandin. Il réapposa un nouveau baiser, appuyant ses lèvres, appréciant de sentir la chaleur qui émanait de Kanda en cet instant. Il sentait une veine palpiter sous ses lèvres, signe que son propriétaire réagissait. Il esquissa un sourire en relevant la tête, Kanda la tournant en grognant.

Ah, l'idiot comprenait ce que ça faisait d'être gêné, maintenant ?

Rassuré de voir qu'il n'était pas le seul à ressentir ça, Allen bougea la main. Il appliqua les conseils de Kanda sans attendre, insistant sur les veines et le gland, ravi de le sentir perdre pied entre ses bras. Il lui coulait des regards excités, peut-être un peu gênés, mais il laissait tomber sa fierté pour accuser ses mouvements. Il était vraiment très beau. Le maudit voulut tout de même le rassurer, et s'en quérir que ce ne soit pas désagréable pour lui :

« Tout va bien ? »

Kanda parut étonné, mais opina malgré ses joues rouges.

« Ouais. Pourquoi ?

—Tu fais des têtes bizarres, t'es tout crispé. » Allen rit doucement. « Si quelque chose ne va pas, ou que tu veux autre chose, n'hésite pas à me le dire. »

À sa surprise, au lieu de le rabrouer, Kanda se pencha pour embrasser sa joue.

« Contente-toi de continuer, Baka Moyashi. J'te dirai si y a quoique ce soit. »

Revigoré, le blandin se mit à la tâche. Sans arrêter ses caresses, il déboutonna la chemise de Kanda d'une main tremblotante, galérant sensiblement avec l'attache tout en voulant garder son autre main occupée. Kanda s'en aperçut, lui offrit un rictus moqueur et le repoussa doucement pour le faire à sa place. La chemise tomba derrière lui, dévoilant totalement son torse musclé et ce tatouage qu'Allen trouvait… attrayant. Son corps l'était, sans conteste. Allen le détailla de pupilles ébahies et Kanda l'attira à lui. Ils s'embrassèrent rapidement, et Allen rompit le baiser pour commencer une descente sur le torse de son amant, sa main droite se mettant au travail sur l'érection de l'épéiste.

Il embrassait son cou, ses clavicules, jusqu'à sa poitrine, Kanda se laissant faire, s'offrant, la respiration accélérée et erratique. Il sifflait de plaisir entre ses dents. Le blandin savait qu'il se débrouillait bien, il le voyait à ses réactions, et s'en assurait par des coups d'œil fréquents. Le brun ne l'arrêtait pas, il lui faisait confiance, il semblait comprendre ce qu'il avait en tête et il l'acceptait. Quand la tête d'Allen arriva finalement un peu trop bas, soit au niveau de son sexe, il lança à Kanda un autre regard.

Celui-ci déglutit difficilement, c'était visible à sa pomme d'Adam qui bougeait dans sa gorge. Il avait les yeux plus grands, comme s'il analysait la situation et qu'il ne comprenait pas tout à fait.

« T'es sûr ? demanda le plus grand.

—Oh, tu veux pas ? »

Immédiatement, Allen s'inquiéta lui aussi. Kanda rougit davantage – ok, il était vraiment rouge à présent.

« C'pas ça, mais t'es sûr que tu…

—Oui, Kanda. Et toi, ça te plairait ? »

Le kendoka hocha la tête, toujours embarrassé.

« Ouais. Mais t'es pas obligé.

—Je veux le faire. Alors laisse-toi aller, ok ? »

Il souriait. Kanda parut hésiter. En ne comprenant pas trop l'objet de son hésitation – avait-il tant peur que ça qu'il se force ? Allen restait hagard, puis, il vit Kanda approcher sa main, la poser sur sa joue, et la caresser. Il lâcha un soupir frustré, et baissa un peu les yeux.

« J'suis désolé pour la façon dont j'ai agi avec toi, Moyashi. Vraiment désolé.

—Tu me dis ça maintenant ? Alors que je suis sur le point de… ? »

Allen était éberlué.

Kanda hoqueta, semblant réaliser que c'était en effet très maladroit de sa part et pour le moins tue l'amour de parler de ça à cet instant.

« Justement, » grinça-t-il malgré tout, « j'ai été un connard. Tu méritais pas ça, et te voir aussi à l'aise avec moi… J'ai l'impression de profiter de toi. »

Allen soupira, comprenant où était le problème, et aussi un peu vexé – il savait ce qu'il faisait, bon dieu. Il se redressa, et saisit gentiment les mains de Kanda. Il parla d'un ton las, tout en restant doux :

« On en a discuté, espèce d'idiot. Tu as déconné, mais tu n'agis pas comme ça à chaque fois, j'ai simplement préféré mettre le holà… Parce qu'effectivement, j'ai pas envie que ça devienne récurent entre nous. Je te fais confiance pour faire des efforts, et les circonstances de la mission sont très stressantes pour nous deux. Ça n'excuse pas tout, mais je comprends que tu t'énerves plus vite. Cette mission t'a perturbé aussi, et je te dois des excuses moi aussi pour en avoir douté.

— Ça va. »

Kanda hocha la tête, et Allen lui sourit.

« Alors on est bon ?

—On est bon. »

Le blandin se pencha, et, très lentement, il passa ses bras autour du cou de son amant.

« T'es vraiment adorable quand tu essaies, tu le sais, Kanda ?

—La ferme ! Et quand j'essaie quoi ?! »

Kanda avait le visage froncé de mécontentement.

Avant qu'il ne puisse argumenter davantage, Allen avait de nouveau posé ses lèvres sur les siennes, évitant un débat houleux. C'était une plutôt bonne manière de le faire taire, aussi, et il se vengeait pour tout à l'heure, quand il l'avait empêché de s'énerver de cette même façon. Il s'éloigna en riant devant l'expression de son amant. Puis, subtilement, il repartit plus bas s'occuper de sa besogne. Ils échangèrent un hochement de tête consensuel, Allen prenant la main de Kanda pour y poser un baiser. S'il fut de nouveau surpris, le brun ne dit rien, se contentant de caresser ses lèvres du pouce. Une certaine tendresse se mettait doucement en place entre eux, bien qu'ils ne puissent pas clairement parler d'amour, du moins des deux côtés, il y avait de l'affection, c'était évident. Et Kanda se rattrapait plus bien pour ses éclats, il fallait le dire.

Bien évidemment, Allen ne lui pardonnait pas parce qu'il était beau et qu'il savait s'adoucir, il avait plus de jugeote que ça. Ce n'était pas seulement à cause de son attirance ni de ses sentiments pour lui. C'était une question de confiance, comme il le lui avait dit. Si Kanda se remettait à passer ses nerfs sur lui, leur histoire ne durerait pas trop longtemps, le blandin s'en lasserait le premier, surtout qu'il devrait se protéger. Mais – peut-être naïvement – il avait le sentiment que Kanda avait vraiment compris, et il choisissait de le croire. Il ne pensait pas avoir tort au vu du comportement de l'autre en cet instant. Oui, c'était en effet une question de confiance, Allen avait confiance en Kanda.

Après tout, il ne l'aimait pas pour rien. Il savait que Kanda était très fiable malgré son tempérament grincheux, et il était suffisamment intelligent pour comprendre ses erreurs. Quand il le voulait. Ils avaient déjà eu de bons moments dans la salle d'entraînement, où ils étaient plus complices que rivaux, alors Allen s'était attaché à lui. C'était de ce Kanda là, combattant farouche et sarcastique, cassant et discret sans enfreindre la limite de la méchanceté, qu'il était tombé amoureux. Il avait craint que ce ne soit pas réciproque, vu comme Kanda avait été énervé contre lui lors de la mission, redevenant aussi insupportable que lors de leurs premières rencontres, mais finalement, c'était le cas. Kanda s'intéressait à lui. Ça le touchait.

Hésitant, car il n'avait jamais fait ça, Allen saisit le sexe de son amant entre ses doigts et le caressa. En le voyant si prêt, il réalisait qu'il était vraiment gros. Ça ferait mal, une fois en lui. Si Kanda le prenait, du moins… parce qu'après tout, lui aussi était un garçon, lui aussi pouvait… Mais plus il y pensait, plus il se disait qu'il avait envie que Kanda le pénètre. Il avait bien entendu déjà fantasmé sur le plus âgé, et il s'était imaginé dans les deux postures. Cette fois, c'était celle plus « passive » qu'il voulait adopter. Il éprouva une légère honte, sauf que… finalement, il se dit vite que c'était un peu réducteur de désigner les choses par les mots passifs et actifs. L'un n'empêchait pas l'autre.

Tandis qu'il s'était perdu dans ses pensées, Kanda commençait visiblement à s'impatienter, mais faisait des efforts – toujours aussi maladroits – pour ne pas le montrer. Allen s'en aperçut et étouffa un gloussement. Il se lécha brièvement la lèvre inférieure, observant Kanda déglutir, et il approcha sa bouche du sexe tendu, soufflant involontairement sur le pénis. Le kendoka hoqueta encore, ses cuisses tressautant. Il était sensible, lui aussi. Ouvrant davantage les lèvres, Allen entoura le gland, se sentant désarçonné du goût de chair durcie, et poussa plus loin pour le prendre en bouche.

Kanda fut comme pétrifié dès l'instant où ses lèvres l'engloutirent. Il était tendu au possible, se mordait la lèvre et retenait les cheveux du plus jeune d'une main ferme. Il était perdu entre plaisir et découverte de la sensation. Allen aussi. Franchement, il n'irait pas dire que le goût était super, mais ça allait, ce n'était pas à vomir et il était content de se dire qu'il faisait plaisir à Kanda. Plus encore, il était à l'aise avec ça. Parce qu'il voulait que Kanda se sente bien, et parce que ça l'excitait. Lorsqu'il enfouit le sexe plus profondément dans sa bouche, Allen commença à se sentir inconfortable. Kanda gémissait faiblement de son côté, respirant de manière hachée. C'était réellement excitant, Allen sentait le poids du désir renaître dans son ventre et son entrejambe le lancer agréablement.

En se rendant compte qu'il galérait, Kanda lui souffla d'y aller doucement, l'appelant par son prénom. S'il fut surpris, Allen trouva encore et toujours son amant adorable. Il était plus que ravi de le découvrir autant dans une posture aussi intime. Ils se rapprochaient, ça lui faisait chaud au cœur.

Tout en prenant son temps, sentant le poids du membre chaud dans sa bouche, jusqu'à sa gorge, Allen avait bientôt réussi à le prendre à moitié. Il sentait qu'il n'arriverait pas à aller plus loin, pas à ce stade, peut-être une prochaine fois, et Kanda secoua la tête face à son expression dépitée, semblant vouloir signifier que ce n'était pas grave. Allen en fut brièvement soulagé.

Il commença à aller et venir sur le membre, sa main le pompant délicatement à l'endroit qu'il n'arrivait pas à atteindre.

Il avait l'impression de voir Kanda au supplice. Ce dernier étouffait plusieurs jurons, sa main s'agrippant fortement à ses cheveux, et des soupirs erratiques (tout aussi bien érotiques) cascadant de ses lèvres. Lorsqu'il lui vanta son humidité buccale, Allen ressentit un frisson si violent qu'il manqua de s'étrangler en butant en avant, écarquillant les yeux en sentant le liquide pré-éjaculatoire envahir son palais. Il relâcha l'érection humide de salive en toussant, s'essuyant la bouche douloureusement, peinant à déglutir.

« Merde, » gronda Kanda, le prenant par les épaules pour l'aider à se remettre droit, « ça va ? Je t'ai fait mal ?

—Non, non, » Allen toussait encore, mais il respirait mieux. « C'est moi, j'ai un peu trébuché, et j'ai… enfin… tu vois. »

Il rougissait furieusement, peinant à exprimer ce qui s'était passé.

« C'est bon, Moyashi. Est-ce que… tu… ? »

Le blandin comprit qu'il lui demandait s'il voulait recommencer. Niveau gêne, il n'y en avait pas un pour rattraper l'autre. Il hocha la tête.

« Tu vas bientôt jouir, je me trompe ?

—Ouais. T'as une putain de bouche, bordel…

—Kanda, bon sang, comment tu parles ! »

Même s'il le gênait, Allen était content, ça voulait dire qu'il se débrouillait, au moins. Le kendoka eut un rictus moqueur.

« Excuse. »

Il se foutait de lui. Allen soupira, et se lécha de nouveau les lèvres, lui offrant une expression accusatrice et malicieuse.

« Mens pas, Kanda. Je sais que t'es pas désolé. » Il y eut un petit silence parlant. Allen sentit bientôt ses lèvres se fendre d'un rictus similaire à celui de l'autre. « Tu te rappelles quand j'ai dit que je voulais que tu… jouisses sur mon visage ? J'aimerais que tu le fasses.

—T'es en chaleurs, ou quoi ? »

Malgré lui, le kendoka n'avait pu s'empêcher de s'étonner. Allen se vexa clairement.

« Mais non, imbécile ! J'ai juste envie… C'est naturel, non ? Il y a un problème avec ça ? »

Il le toisait avec une forme de provocation perceptible, comme s'il le défiait de lui rétorquer que non, ses envies n'étaient pas normales. Kanda comprit qu'il avait un peu merdé sur les bords.

« Laisse. C'est pas ce que je voulais dire. T'es persuadé que c'est ce que tu veux ? Parce qu'honnêtement j'ai pas adoré ça quand ça m'est arrivé. »

Embarrassé, Kanda croisa les bras sur son torse nu. Allen se mordit la lèvre.

« C'était un accident, on ne le voulait ni l'un ni l'autre. Je suis vraiment désolé.

—Je sais. T'excuse pas. »

Allen hocha la tête. Il déglutit.

« Eh bien… sans être en chaleurs, hein, pour ma part, j'avoue que ça m'a excité. P-Pas que ce soit dans ces circonstances, mais j'ai envie de…

—Tu veux tester. »

Kanda avait fini sa phrase. Allen opina.

« Oui, c'est ça. Tu es d'accord ?

—Je disais ça pour toi, mais oui, si tu veux. On continue ? »

Allen l'embrassa gentiment du bout des lèvres.

« Ouais, on continue. »

Kanda opina, rattrapant ses lèvres à son tour.

« J'm'excuse, pour ce que j'ai dit. » Allen fronça les sourcils. « Au sujet des chaleurs, là. C'était con. »

Le blandin eut une petite moue avant de sourire. Encore une fois, Kanda prouvait qu'il prenait ses émotions en compte.

« T'inquiète. »

Il s'en fut.

Entre quelques baisers çà et là, des caresses molles pour faire repartir l'érection du brun, Allen se dépêcha de le reprendre en bouche. Il fut curieux d'essayer d'aller plus loin, mais la toux menaçait de le regagner, et il ne tenta pas le diable. Kanda était toujours autant au supplice. Tant de jurons cascadaient de ses lèvres qu'Allen avait l'impression qu'il lui récitait un dictionnaire d'argot. C'était presque drôle, en réalité. Et, surtout, ça montrait que Kanda prenait son pied. Allen en était plus que ravi. Les bruits de succion, la sensation du sexe dans sa bouche et les gémissements du brun lui donnaient envie de se caresser.

Il n'était pas le seul à se perdre dans l'excitation.

« J'vais jouir, Allen, merde, j'vais… putain… »

Allen se dégagea juste à temps, et il n'eut pas le temps de se rétracter – ni l'envie. La semence de Kanda recouvrit bientôt son visage, le blandin se trouvant étrangement fasciné et excité d'être enduit du sperme d'un autre homme. Il ne se sentait pas souillé, avili, ni humilié. Peut-être un peu, pour l'humiliation, c'était bizarre… Mais d'une manière qu'il appréciait, rien de désagréable. Comme si un certain instinct lui disait qu'il était bien comme ça, à recevoir la jouissance de Kanda, à pouvoir imaginer son expression de surprise devant son visage miroir de sa propre jouissance, son cœur qui battait sans doute vite, son sexe qui retombait au repos… Tout ça excitait Allen et il explorait une nouvelle facette de lui-même.

Bien vite, il entendit que le kendoka s'affairait, fouillant dans le sac à côté d'eux, sans doute pour chercher une autre serviette. Il lui tendit quelque chose, un tissu, et Allen s'essuya avec. Il devait frotter pour que ça s'en aille, c'était un peu collant et visqueux, mais il demeurait excité de se dire que c'était à Kanda, qu'il l'avait laissé se soulager sur lui. Il avait encore plus envie de lui.

Tout ce qu'ils avaient fait ne faisait que le renfoncer dans sa certitude : il voulait qu'ils fassent leur première fois ensemble aujourd'hui. Si Kanda était toujours d'attaque lui aussi.

Déglutissant une fois propre, Allen regarda Kanda avec tendresse. Le brun était encore confus, et il semblait hésiter à savoir quoi dire.

« Est-ce que t'as aimé ? »

Il le dévisageait, mais sans jugement. Allen rougit. Il hésita un peu, décidant d'être honnête : si Kanda et lui construisaient quelque chose, il faudrait qu'ils expriment leur désir. Il n'était pas obligé de s'épancher énormément si ça le gênait, cependant, il pouvait aller à l'essentiel.

« Ouais… J'ai trouvé ça vraiment bien. »

Allen rit malgré lui, gêné.

« Et toi, Kanda ? Tu as aimé… ?

—Tch. O-Ouais. »

Il avait l'air presque désolé, comme s'il avait peur qu'Allen se sente humilié et ne soit pas à l'aise. Le blandin se releva, et déposa délicatement ses lèvres sur sa joue.

« C'est super si ça nous a plu à tous les deux, tu ne crois pas ? »

Cela calma Kanda. Il se racla la gorge.

« Tch, évidemment, Baka Moyashi.

—Mais oui, Bakanda. »

Ils se taquinaient encore. Et ils rirent.

Allen se pencha, se couchant doucement contre Kanda. Le kendoka hésita mais entoura son torse de ses bras, pressant davantage l'étreinte. Après ces préliminaires quelque peu chauds, un peu d'affection était la bienvenue des deux côtés, visiblement. Le maudit se serait bien laissé aller entièrement dans cette étreinte, mais Kanda redressa son visage et prit possession de ses lèvres. Il se laissa faire, n'ayant nulle envie de le repousser. Leurs lèvres bougèrent gentiment les unes contre les autres, tendrement, chastement, puis, Allen fut celui qui tendit sa langue, léchant la lèvre inférieure de Kanda. Comprenant l'invitation muette, le plus grand chargea sans aucune subtilité, et Allen dut s'empêcher de rire en le mordant par inadvertance. Kanda siffla entre ses dents, lui adressa un regard assassin, et fondit immédiatement sur ses lèvres devant sa moue d'excuse.

Leurs langues se cassèrent et se frottèrent avec insistance, le souffle venant à leurs manquer, tandis qu'ils s'embrassaient à pleine bouche, sans aucune limite. Ils se tenaient chacun par la nuque pour approcher leurs visages, se goûtant l'un et l'autre comme si leur vie en dépendait, et c'était presque présentement le cas. Leur survie avait dépendu de la seule présence de l'autre, durant cette mission. Kanda parce qu'Allen l'avait veillé, Allen parce que Kanda ne l'avait pas abandonné. Leurs salives se mélangeaient, des soupirs étouffés ne tardant pas à naître. Ils se séparèrent, ayant perdu toute haleine, semblant à peine percuter qu'ils venaient de s'offrir un baiser des plus passionné.

Ce qui n'avait pas manqué d'éveiller leurs désirs.

« On fait quoi ? » demanda Kanda en se raclant la gorge, s'essuyant les lèvres.

Allen savait déjà ce qu'il voulait. Il le savait depuis le début.

« Je veux que tu me prennes, là, maintenant, » déclara-t-il fermement, « Je veux pas attendre, Kanda, j'ai envie… »

En hoquetant doucement, le kendoka parut néanmoins satisfait de l'idée. Il fronça vite les sourcils.

« Merde, on a pas de lubrifiant. Ça va être compliqué. »

Pour ne pas dire impossible s'il ne voulait pas hurler de douleur, ce qui leur couperait sans doute toute envie, Allen aussi savait comment ça marchait. Le blandin grimaça en réalisant que ça risquait bel et bien de compromettre la suite des opérations, la déception le frustrant considérablement. Kanda réfléchit rapidement, visiblement sous la coupe du même sentiment.

« T'as dit qu'il restait du miel, non ? »

Loin d'être bête, le blandin comprit tout de suite où l'épéiste voulait en venir. Le liquide pourrait en effet leur servir de lubrifiant, aider pour la préparation et la pénétration ensuite, éventuellement…

« Mais…, » s'exclama-t-il tout haut, les yeux grands, « ça va être tout collant ! »

Kanda eut un rictus.

« Pas si on nettoie bien. »

Allen était sceptique. Il était excité, mais en même temps… il ne pouvait pas s'empêcher de réfléchir.

« Et comment tu veux nettoyer ? On vient d'user les derniers tissus, et on a pas de quoi se laver.

—À ton avis, Moyashi ? »

Kanda se passa la langue sur les lèvres. Allen comprit que ça risquait d'être très… gourmand.

« Hm, dis… t'es sûr que ça suffira ? Parce que le miel c'est résistant, quand même…

—On a qu'à essayer avec de nouveaux préliminaires. Si on s'en sort pas, on arrête. Sauf si tu le sens pas. »

Allen opina. Il était trop frustré, et ça ne coûterait rien d'essayer, vu qu'effectivement, ils pouvaient arrêter quand ils le voulaient.

Ils se sourirent. Kanda se pencha, embrassant doucement Allen.

« J'vais chercher le miel, reste-là. Allonge-toi bien. »

Le plus jeune hocha encore la tête. Il prit le temps de défaire ses derniers vêtements, enlevant sa chemise à moitié déboutonnée et ses bas souillés. Une fois nu, la gêne le saisit de plein fouet. Il essaya de cacher son bras gauche comme il le pouvait, craignant que Kanda ne soit dégoûté de sa nudité. Il se rappelait encore ses paroles : 'je ne sers pas la main aux maudits'. Certes, c'était il y a longtemps, et ils venaient de se rapprocher… mais, si cette main le dégoûtait ? Allen était habitué à ça. Il s'allongea confortablement sur la couverture, se couchant sur son flanc gauche, et dardant la cabane d'un œil hagard. Se dire qu'il allait coucher avec Kanda… C'était une information qui tournait dans ses tempes sans interruption. Il n'aurait jamais cru que ça arriverait, surtout pas pendant une foutue mission.

Ni dans une cabane. Encore moins après avoir mangé du miel aphrodisiaque, et il ne se serait jamais, ô grand jamais, dit qu'ils utiliseraient ce même miel comme lubrifiant. Un frisson remonta le long de son échine.

Bon dieu, ça, par contre, ça l'inquiétait. Est-ce que ça passerait… ? Parce que ça risquait d'être trop collant… Il y aurait leurs fluides corporels, aussi… ça pouvait être excitant, mais il avait aussi peur que ça ne se finisse mal. Surtout que le miel, à cet endroit-là… Il avait déjà entendu son maître discuter avec certains barman, ivre mort, et leur conter qu'une bouteille d'alcool dans un certain orifice multipliait les effets de la boisson, avec beaucoup moins de classe que les humbles sous-entendu qui traversaient la tête du jeune homme. Il en déduisait que s'il en était de même pour les substances, alors… ça agirait plus vite sur eux.

Il faudrait qu'il le dise à Kanda, tel qu'il le connaissait, cet imbécile ne devait pas s'en douter. Un rictus s'étala sur ses lèvres.

Un craquement le sortit de sa torpeur.

Allen rougit furieusement. Kanda se tenait là, devant lui, torse nu, et avec le pot de miel dans la main.

D'un réflexe idiot, Allen posa la main sur son bras gauche en se redressant, lui souriant, l'air de rien.

« Tu viens… ? »

Kanda opina. Il s'approcha, se penchant pour déposer le miel à côté de la couche de fortune, et se posta prêt de lui.

« Pourquoi t'es tout crispé comme ça, t'as froid ? »

Son regard se tournait vers leurs chemises au sol derrière lui, comme s'il demandait muettement à Allen s'il voulait qu'il lui en attrape une. Le blandin secoua la tête, moqueur.

« On s'en fiche. J'aurais pas froid longtemps avec ce qu'on va faire, idiot. »

Hésitant, il lâcha enfin son bras et posa sa main sur le torse de Kanda, caressant. Ce dernier fondit sur ses lèvres, cherchant à le faire basculer en arrière, Allen se débattant faiblement pour ne pas choir trop brutalement. Il ricana quand son dos toucha la couverture, Kanda le surplombant, son corps chaud au-dessus du sien. Un contact de peaux tout à fait délectables. Entre quelques caresses, un baiser placé au creux de la nuque, le plus grand voulut saisir sa main gauche, Allen baissant les yeux malgré lui et s'extrayant. Kanda s'était figé, comme s'il ne comprenait pas. Puis, lorsqu'Allen plongea ses yeux dans les siens, il soupira.

« J'ai compris. » Le blandin fronça les sourcils. « N'aie pas honte.

—J'ai pas honte, » rétorqua Allen, mentant malgré lui, « c'est juste que…

—Que quoi ? »

Le plus jeune souffla à son tour.

« Rien. C'est… pas la partie de moi la plus belle, c'est tout. »

Kanda eut un rictus, et Allen s'en vexa presque. Avant qu'une douleur piquante ne s'installe dans son cœur, le brun saisit sa main gauche, et cette fois, le maudit était si largué qu'il se laissa faire.

« Tu m'as branlé avec cette main tout à l'heure, si tu t'en es pas aperçu, et j'ai aimé ça. Alors n'aie pas honte. »

En d'autres circonstances, Allen aurait pu éclater de rire. Mais là, il était sincèrement sidéré…

« Attends, c'est tout ce que tu trouves à me dire ?! »

Il enleva sa main précipitamment, cramoisi. Kanda se marra.

« Quoi, t'aurais préféré que je te déclame un poème ?

—Non, mais au moins quelque chose de… gentil, je sais pas.

—Bah c'est gentil. »

Allen rit carrément, cette fois. C'est vrai que venant de Kanda, c'était plutôt pas mal.

Le kendoka grogna avant de revenir chercher sa main.

« Bon, allez, sans déconner. Écoute bien parce que je le dirai pas deux fois. T'es beau, putain En fait, j'suis déjà en train de le dire deux fois. Ta cicatrice et ton bras enlève rien, c'étaient bien mes mots. Si je te dis que tu me plais, à ton avis ? Crétin. »

Il lâcha un autre 'tch', semi-goguenard, semi-complaisant. Et le maudit aima voir Kanda comme ça. Il déglutit, tentant de ne rien laisser paraître.

« C'est déjà mieux. »

Kanda saisit son visage par le menton, un peu brusquement, et il baisa ses lèvres rapidement. Allen voulut lui dire de desserrer son emprise, mais bien vite, d'autres baisers plurent sur sa joue. Il réalisa avec hébétement que les lèvres de Kanda retraçaient sa cicatrice, plus encore, qu'il essayait de lui montrer de cette façon qu'il pouvait avoir confiance en lui-même. Arrivé à son front, il le baisa tendrement, puis ses lèvres, pour finir par chuchoter à son oreille sur un rictus audible :

« Content ?

—Prépare-moi. »

Plus rouge qu'une tomate mûr, Allen peinait à déglutir. En une traduction concise, oui, il était plus que content.

Ce fut lui qui se jeta sur les lèvres de son comparse, avec aussi peu de douceur que lui précédemment. Et cette fois, il se ficha amplement de son corps. Avoir eu confirmation qu'il plaisait à Kanda l'avait rendu plus serein. Il était encore plus décidé, d'autant que de son côté, il trouvait Kanda littéralement magnifique.

« Enlève tes vêtements, » murmura-t-il contre ses lèvres, « je te veux nu, toi aussi.

—Tch. Attends. »

Se reculant doucement, Kanda ôta sa ceinture, le son de la boucle sautant empêchant presque Allen de déglutir. Plus ça se rapprochait, plus il était… intimidé. Kanda aussi lui lançait des regards quelques peu étranges en terminant d'enlever le pantalon, comme si des pensées similaires lui traversaient le crâne. Dans une tension à couper au couteau, l'Asiatique fut bientôt nu comme un ver. Dans la fraîcheur du mois de février, c'était assez risqué… Allen pensa à la fenêtre éclatée juste en face d'eux. Ils allaient avoir froid, après, s'ils ne se réchauffaient pas… Une excuse pour quémander des câlins plus tard, pensa le jeune homme. Quoique, il hésitait. Il ne savait pas si après une telle… proximité, il se sentirait à l'aise d'être collé à Kanda. Quand ce dernier revint s'allonger au-dessus de lui, Allen eut déjà du mal à le regarder dans les yeux.

De nouveaux baisers suffirent à l'apaiser quelque peu. Les mains de Kanda caressaient ses côtes avec maladresses, ça se voyait que ses mouvements n'étaient pas fluides, et celles d'Allen redessinaient son dos d'une même démarche hésitante. Il eut un rictus en poussant l'autre de manière à le faire basculer, inversant ainsi la tendance et se retrouvant au-dessus de lui. Juste contre son ventre, il sentit l'érection du brun. Elle était grosse. Il commençait à se demander si le miel allait suffire, s'il n'allait pas avoir trop mal et s'il aurait du plaisir, au moins un peu… Les questions se bousculaient dans sa tête. Mais pas dans un sens négatif. Il était vraiment excité et content d'en arriver à une telle expérience.

En bougeant, Allen commençait lui aussi à être excité. Ils découvraient leurs corps et exploraient leurs nudités. Cette fois, c'était lui qui fouillait les flancs de Kanda, débordant sur ses cuisses bien faites et son bassin musclé. Avec possessivité, Kanda passa une main dans le creux de ses reins, et ils échangèrent un autre baiser langoureux tandis que ce dernier le soulevait par une jambe pour le remettre sous lui. Boudant, Allen se laissa néanmoins faire, frémissant en revenant un baiser sur la clavicule. Ils continuèrent à se caresser, bougeant de telles sorte que leurs jambes s'entremêlaient. C'était gênant, mais ça devenait petit à petit plus naturel.

Il fallait dire qu'ils étaient passés du coq à l'âne, tous les deux. De rivaux à camarades, de camarades à amants plus ou moins provisoire en attendant de voir si une relation fonctionnait. Ça leur allait, mais ça rendait peut-être un peu plus délicat leurs interactions présentes, vu qu'ils n'avaient pas réellement connue une évolution progressive. Quand la main du brun caressa sa fesse, glissant peut-être dangereusement entre les deux morceaux de chair, Kanda le toisa avec hésitation :

« T'es sûr que tu veux être en-dessous… ? Faire la fille ? »

Allen fut sincèrement surpris.

« Faire la fille ? Mais… ? On est tous les deux des garçons, Bakanda ! Il faut bien qu'il y en ait un de nous qui se-

—Je sais, » coupa Kanda, « mais tu sais ce qu'on dit. »

Allen soupira.

« Kanda, c'est des conneries, ça, excuse-moi. Qu'on soit en-dessous ne change rien et ne fera pas de l'un de nous une fille… Me dis pas que tu penses ça ? »

Le kendoka grogna.

Il y eut un silence un peu long, Allen tendant le regard vers son partenaire pour analyser ses réactions, puis celui-ci eut l'air de réfléchir sérieusement. Suite à quoi, une réponse tomba :

« Non. C'est con. »

Satisfait, le blandin sourit. Kanda reprit :

« T'es quand même sûr de vouloir… ?

—Oui. J'ai envie de toi en moi. Je le ressens. C'est bien, de fonctionner au ressenti, tu crois pas ? » Kanda fronça les sourcils, et Allen eut un rire coquin. « À moins que tu ne veuilles ma place… Auquel cas, on peut s'arranger. »

Le brun hoqueta, et prit soudainement quelques couleurs. Quant à lui, le maudit en fut profondément amusé.

De nouveau, Kanda ne paraissait pas beaucoup s'être posé la question. Il semblait découvrir lui-même ce qu'il ressentait, Allen pouvait voir dans son regard le mécanisme de réflexion, si son visage n'en reflétait pas autant. Et c'était adorable.

« J'ai envie… d'être au-dessus, pour une première fois. Je préfère. Ça te gêne pas ?

—Absolument pas, si j'en ai envie, crétin. »

Ils sourirent, et Allen ajouta, se rappelant au dernier moment qu'il fallait qu'il lui parle au sujet du miel.

« Par contre, hm, j'ai un peu peur que ça fasse mal, je te l'avoue.

—Si t'as trop mal on arrête direct, on verra déjà si avec mes doigts ça passe pas. On est pas obligés d'aller jusqu'au bout. »

Le blandin hocha la tête.

« Il y a aussi autre chose.

—Quoi ?

—Le miel. À cet endroit… les effets seront accélérés. Ça parvient plus vite à l'estomac, et je serai sans doute encore plus…

—À l'ouest, » termina le kendoka.

Allen se mordit l'intérieur de la joue. Lui n'aurait pas tellement utilisé ce mot. Le brun dut interpréter ça comme une expression d'inquiétude.

« Si tu veux, je peux en prendre aussi.

—C-Comment ça ?

—Le miel. On peut en prendre tous les deux. »

Le blandin devait certainement avoir l'air du dernier des imbéciles, puisque Kanda développa de nouveau :

« Si on en prend tous les deux, on sera dans le même état.

—Mais j'avais compris ça, Bakanda ! Seulement, t'es sûr de… ?

—Certain. »

Il y eut, de nouveau, un gros silence. Tout simplement parce qu'ils se rendaient compte que les dès étaient jetés, ils ne pouvaient pas y couper… Ils allaient passer à l'acte. Allen dardait des pupilles à demi-insolentes, à demi-hagardes sur Kanda, et ce dernier lui lançait le même regard. Exactement. Ils se guettaient, en quête de qui flancherait le premier, qui poserait le premier les questions, qui serait l'instigateur des initiatives. Un typique jeu de pouvoir, mais sans réel enjeu, et sans autre réelle pression que celle de la curiosité. Ils utilisaient ce procédé, paradoxalement, parce qu'ils étaient tous deux en position de faiblesse. Ils avaient beau être plutôt débrouillards et dégourdis sur le sujet, ils n'en restaient pas moins inexpérimentés et pas tout à fait sûrs d'eux-mêmes.

Allen s'avança vers Kanda, ayant la sensation que ça risquait d'être long s'il attendait une réaction de son comparse. Il vint timidement saisir son poignet, ses doigts débordant sur la peau chaude, interrogateur et désireux. Muettement, il exprimait l'envie de reprendre. L'autre se pencha jusqu'à baiser son front, Allen étouffant sa légère surprise lorsque Kanda parla :

« J'ai une idée. Allonge-toi. »

Et il trempa ses doigts dans le pot de miel, le liquide brillant se mêlant à la couleur basanée de ses phalanges. Allen sourcilla quand il se mit au-dessus de lui avant de les présenter devant les lèvres. Le liquide contre sa bouche, il pouvait le sentir, de même qu'il sentait l'odeur de Kanda. Le kendoka se passa la langue sur les lèvres.

« Lèche, Allen. »

Cet ordre, sa voix, leur position… Rien n'aurait pu être plus érotique pour le jeune Walker. Il frissonna de la tête aux pieds. Sa bouche s'ouvrit d'elle-même, engloutit les doigts, le goût de chair et de miel envahissant son palais. Rapidement, les effets apparaissaient. Une légère sensation de tournis, une série de frisson dans son dos, et le bien-être sexuel qui grandissait dans son ventre. Il n'eut pas mal au ventre, cette fois – sans doute en avait-il vraiment trop mangé avant. Il se sentait bien. Kanda ôta ses doigts, qu'il remplaça bien vite par ses propres lèvres, et sa langue. Écrasé par l'autre corps, mais sans que ce soit désagréable, Allen était assailli par ses pulsions. Il avait envie de Kanda. Tellement. Sa langue se frottait à la sienne, la sueur lui courant dans le dos, sentant en caressant celui du plus âgé qu'il n'était pas le seul à avoir chaud. Ils étaient tous deux bouillant.

Le blandin gémit malgré lui aux frôlements intenses de leurs peaux. Il eut à peine le temps de voir Kanda revenir plonger ses doigts dans le pot. Il sursauta lorsque le miel fut étalé sur ses tétons. Surtout, son instinct – un instinct qu'il ignorait posséder –s'éveillait et il commençait à comprendre. Le kendoka descendit baiser sa poitrine, juste entre les deux pectoraux bien dessinés. Puis, sa bouche fondit sur les morceaux de chair, qu'il téta goulument. Allen gémit quand les dents de l'épéiste raclèrent la peau, deux de ses doigts s'amusant à le barbouiller de miel. Il voyait Kanda de plus en plus entreprenant et de plus en plus décidé sur ce qu'il faisait. Sa bouche arriva bientôt au niveau de son nombril, Allen ne comptant plus les frissons qui lui courraient dans le dos et entre les jambes. Kanda lui écarta bientôt les cuisses, s'agenouillant entre elles.

Déglutissant, Allen était submergé par cette vision érotique. Et surtout, il réalisa qu'il n'avait plus froid du tout. Il se sentait comme en plein été, comme si la pièce baignait dans une chaleur infernale, ce qui était le cas en lui. Il pouvait sentir l'énergie, le désir, le remuer entièrement, lui insuffler de se laisser faire, de s'ouvrir davantage, de se laisser complètement aller. Il oubliait toute gêne, il était on ne peut plus prêt. Le kendoka saisit son pénis entre ses mains, et le lâcha de l'une pour la tremper dans le pot à côté d'eux. Ses yeux bleus aux pupilles dilatées criaient la luxure. Lorsqu'il parcourut sa verge d'une grosse lampée de miel, Allen gémit faiblement entre ses dents. Il n'eut pas le temps de se préparer – avec l'excitation, et sans doute parce que lui aussi était sous l'emprise du miel, Kanda le prit en bouche sans attendre.

À la sensation humide contre son pénis, l'intensité de la stimulation arracha un son aigu à Allen, doublé d'un sursaut. Le maudit ne savait plus où se mettre. Kanda le suçait sans vergogne, dévoué à la tâche, sa tête dodelinant sur son membre. Il butait peut-être un peu mais semblait parvenir à se dominer, découvreur de la sensation comme lui précédemment. Lorsqu'il réussit à le prendre entièrement, Allen fut au supplice. Il s'agrippait maladroitement à la couverture pour garder contenance, ses jambes se serrant contre le buste de Kanda malgré lui. Ce dernier ne se bougeait pas d'un pouce. L'un de ses bras musclés enserrait l'une de ses cuisses pour le maintenir ouvert, et sa tête s'appliquait encore. Tremblant de plaisir, Allen se mit à murmurer le nom de Kanda avec ferveur.

Ce dernier écarta davantage ses cuisses, sa tête se redressant lentement alors que sa main le pompait encore. Il relâcha son pénis, un léger filet de bave le reliant au membre irrigué. Allen tremblait intérieurement, se sentant complètement mis à nu devant un Kanda au-dessus de lui. Même si l'autre était agenouillé entre ses jambes, ce n'était pas lui qui avait l'avantage. Aucun d'entre eux ne l'avait vraiment. Sauf qu'en cet instant, le blandin se sentait presque vulnérable.

Kanda, de son côté, eut le visage qui se fendit d'un sourire séduisant.

« Fais pas cette tête. J'vais pas te faire jouir maintenant, j'voulais te remettre en condition. Tourne-toi. »

Devant son expression de plus en plus incertaine, le brun laissa retomber les coins de ses lèvres.

« Ça va pas ? »

Il s'inquiétait, ça s'entendait à sa voix. La pression en Allen chuta quelques peu. Il se força à avoir l'air nonchalant.

« Si, ne t'en fais pas. C'est juste un peu…, » il rougit, « enfin, laisse tomber.

—Pour moi aussi c'est bizarre. »

Le blandin eut un petit mouvement de recul, choqué d'entendre Kanda dire ça. Il fut quelque peu rassuré qu'il exprime lui aussi ses émotions.

« C'est ça, oui. Mais j'ai toujours envie.

—Tch. La même pour moi. »

Riant gentiment, Allen se redressa. Il tendit ses mains de manière à les apposer sur les épaules de Kanda, ses doigts caressant timidement sa peau, et il baisa ses lèvres, le plus s'étant penché pour lui faciliter la tâche. Ce fut un baiser chaste, qui contrastait pour le moins avec ce qu'ils allaient faire ensuite. En dépit de son hésitation, Allen relâcha son étreinte. Le kendoka l'avait suivi des yeux avec un regard presque tendre.

Alors, calmement, le maudit s'allongea, présentant sa croupe à l'épéiste. Fermant les yeux en essayant de toute ses forces d'oublier qu'il se sentait complètement exposé, les fesses à l'air libre, les parties génitales visibles et son excitation elle aussi palpable, il prit une longue inspiration silencieuse. Une main toucha l'une de ses fesses, caressant. Lorsqu'Allen ouvrit les yeux, il eut à peine le temps de voir Kanda retirer son autre main du pot de miel, une portion assez généreuse lui colorant les doigts.

« Respire bien, Moyashi. »

Immédiatement, d'instinct, Allen obéit.

Oh mon dieu…

À suivre...


Ehhhh oui, cette coupure est sadique ! Mais ne m'en veuillez pas, la suite arrive bientôt ! Très bientôt, et le vrai bientôt, promis !

Blague à part, vous aurez vu, malgré le fait qu'ils aient les instincts plutôt réactifs pour une première fois (la faute au miel, lolol), ils ont quand même tous deux des réactions de "débutants" (ou de puceaux, en gros), si je puis m'exprimer ainsi, pour un petit peu de réalisme, parce que ça ne fait pas de mal X). (En relisant j'ai aussi remarqué qu'ils se faisaient quand même pas mal de bisous aussi, on va dire que c'est dû au fait qu'ils savent pas toujours comment agir par maladresse et se replient sur ça - ce qui reste en soi plausible, ou, sans aucune mauvaise foi, simplement que le fluff a pris le pouvoir \o/ !)

Je crois que c'est la scène de smut la plus longue que j'ai jamais écrit et je compte bien m'améliorer dans le domaine, on va voir ce que ça va donner au chapitre suivant MDR. Donc voilà, même si c'est très explicite, ça reste fluffy, je suis Madame Smutty Fluff, ne cherchez pas ! XD La suite sera du même acabit, tho, avec la reprise de l'intrigue !

(Parce que qu'on se le dise, que font les Akumas ? Pourquoi Kanda et Allen n'ont pas été repérés ? Ne sont-ils pas dérangés par tous ces gémissements et ces engueulades à peines camouflées ? Un problème de surdité, peut-être, du fait d'un dysfonctionnement systémique ? Ils prennent le thé ? Les paris sont ouverts !)

Reviews ? N'hésitez surtout pas, ça fait toujours plaisir et je serai ravie de savoir si cette scène vous a plu, si l'avancée entre les persos vous a plu, si ça vous a amusé, etc... n'hésitez point ^^ !

Merci d'avoir lu, et à la prochaine !