Coucou !
Navrée, ça fait longtemps, j'ai été très occupée, mais me voici enfin pour poster le quatrième et dernier chapitre de cette petite épopée... Attendez-vous à ce que Kanda et Allen s'envoient en l'air dans les règles de l'art ;). Il y a toutefois pas mal de fluff entre eux, ça reste un lemon assez tendre à mon sens :).
Juste au cas où la question titillerait certains :P : Je sais bien qu'en vrai, le miel brut ne peut pas servir de lubrifiant pour une sodomie, au risque d'assécher l'anus. Les personnages ne le savent pas et vont vite le découvrir, et pas de drame, ils vont pallier au problème ;).
Un GROS MERCI à ma chère Ookami97 qui a eu la grande gentillesse de corriger ce texte x3 !
J'espère que ça vous plaira x3 !
Ocean Eyes
Fell for these ocean eyes…
Les yeux de Kanda étaient en effet un océan dans lequel Allen s'était littéralement noyé toute cette nuit.
En regardant la silhouette de Kanda endormie à côté de la sienne, Allen ne pouvait s'empêcher de se repasser les événements de la veille.
On a fait l'amour. Pour la première fois. Tous les deux. On s'est fait l'amour. Oh mon dieu. Je suis trop heureux.
Voilà ce qui tournait en boucle dans la tête du jeune Walker, il se savait niais mais il n'arrivait pas à le contrôler, et ses oreilles rougies dues à ses frissons ne l'aidaient pas à se calmer. Il avait peut-être un peu froid, aussi. Souriant malicieusement, il décida de se rapprocher de Kanda. Il se colla à son corps, bougeant délicatement ses bras pour qu'ils l'enserrent. Kanda était immobile, il se laissait faire, ne résistait pas. Allen réussit à se glisser au plus près, se blottissant et profitant de la chaleur de l'autre. Il déposa un baiser sur les clavicules du plus grand. Enfin, il ferma les yeux, décidant de se rendormir, serrant la couette souillée qui les couvrait.
Lorsqu'il regagna un état de somnolence, il fut surpris de sentir deux lèvres humides contre son front.
Il avait rêvé, non ?
« Respire-bien, Moyashi. »
Allen obéit, sentant les mains de Kanda sur ses fesses qui cherchaient à les écarter. Il dut lutter contre lui-même pour ne pas se débattre et résister. C'était tellement perturbant de se dire qu'il allait être touché et regardé là par un autre garçon, même s'il savait qu'il fallait bien procéder ainsi pour qu'ils puissent avoir un rapport sexuel et qu'il en avait sincèrement envie. Il entendit le bruit de Kanda enfonçant ses doigts dans le pot de miel, et appréhenda le moment où il les mettrait contre son entrée. C'était tellement gênant, bordel. Il ne pouvait s'empêcher de se dire que c'était embarrassant. Toutefois, l'embarras s'ajoutait à son excitation. Découvrir tout ça… Il l'avait déjà pensé, mais c'était quelque chose.
Les doigts enduits de miel se posèrent contre son anus. Le blandin frémit, luttant contre son réflexe de s'avancer pour fuir. Il en avait envie. Sincèrement. Le kendoka en poussa un, Allen se contractant suite à l'intrusion. C'était intense, tellement – tellement intense ! Il se sentait ouvert et pénétré au plus profond de lui-même, la sensation traversant tout son corps. Il ne savait pas dire c'était agréable ou pas. Il ne souffrait pas le martyr, mais ce n'était pas plaisant à proprement parler. Le souffle court, une lourde grimace figeant ses traits, il entendit Kanda râler parce que ça collait trop. Le symbiotique s'inquiéta un peu, en effet, ils n'avaient pas trop réfléchi à cet aspect-là. Le doigt bougeait en lui, tentait de dilater ses chairs. Allen n'arrivait pas à retenir ses gémissements d'inconfort légers. Il n'était pas encore trop loin, juste la deuxième phalange, et ça lui faisait une sensation assez rude, il ne savait pas si c'était normal. Il s'était attendu à ce que ça soit plus… facile. Le brun présenta un deuxième doigt.
Le maudit hésita à lui dire de s'arrêter lorsqu'il sentit son corps opposer une résistance, il avait l'impression que quelque chose n'était pas… comme il le faudrait…
Kanda l'embrassa sur une fesse. Allen glapit, retenant sa respiration alors que ses doigts s'enfonçaient lentement en lui. La face contre le sac qui faisait office d'oreiller de fortune, il était gêné. Totalement exposé, il avait froid. Kanda était doux et très tendre, là-dessus, il n'avait rien à redire. Ça lui faisait plaisir, il se disait que l'embarras partirait bien. Il se mordit la lèvre et son corps s'arcbouta en avant. Le brun parut comprendre qu'il avait mal.
« Moyashi, j'arrive pas à rentrer le deuxième. Je pousse ? Ça va aller ? »
L'hésitation revint de plus belle. Ça faisait vraiment sec au fur à mesure que Kanda étalait le liquide, et ses phalanges en lui faisaient un peu mal.
« Vas-y, » répondit-il après un silence.
Et se faisant, Kanda s'exécuta.
En sentant la pression et la douleur sourde, le blandin poussa un cri. Le kendoka retira immédiatement ses doigts, et Allen laissa tomber son crâne contre le sac, respirant un grand coup, portant ses mains à son derrière sous la douleur intense qui le lançait.
« Moyashi, » gronda le Japonais, « tu supportes pas ?
—Ça lubrifie pas, Kanda. Il va falloir autre chose sinon tu ne pourras pas…
—Mais quoi ? On a rien d'autre ici. »
Allen changea de position, attrapant en vitesse la couverture posée à même le sol pour cacher ses parties intimes. Il esquissa une grimace, il sentait toujours le poids de l'intrusion dans son intimité. Quant à Kanda, les doigts plein de miel, il les secouait, les toisant d'un œil agacé. C'était risible. Le blandin réfléchit. Les lubrifiants étaient souvent dilués, son maître le lui avait expliqué, et pour diluer une solution liquide, l'eau était le meilleur des produits. Alors autant en mettre dans le pot. Ça rendrait le miel moins collant, et ça éviterait également qu'il l'assèche trop vite.
« Faut mettre de l'eau. Il y en a encore dans la gourde ?
—De l'eau ? »
Le maudit opina.
« Ça rendra la préparation plus adaptée, pour ce qu'on va faire. Et peut-être que ça diminuera aussi les effets de l'aphrodisiaque.
—Mais on en aura plus après, et avec les Akumas, ce sera pas simple d'aller en rechercher.
—Eh bien tant pis, on a pas le choix ! » s'agaça le blandin devant sa mauvaise foi apparente. « De toute façon, il faudra bien qu'on remplisse la gourde demain matin dans tous les cas. Mais je ne continue pas sans ça. Désolé, ça fait trop mal. Et j'ai vraiment trop envie de toi. S'il te plaît, Kanda, je ne veux pas arrêter, mais il faut que ce soit bien lubrifié. »
Le Japonais hocha la tête. Il soupira.
« Et c'est moi qui vais devoir me taper la corvée de l'eau…
—Imagine pas qu'après avoir reçu ta… enfin, après qu'on ait fait ça, je ne pourrai pas y aller ! »
Blêmissant, Allen s'était stoppé dans sa phrase. Kanda opina à son tour et ricana.
« Après avoir reçu ma quoi, Moyashi ?
—Tu sais très bien ce que je veux dire, » se renfrogna le maudit.
Ça n'eut pour effet que de faire marrer davantage l'épéiste.
« Le gars qu'a voulu me sucer et que je jouisse sur son visage n'ose pas prononcer le mot 'bite', c'est très drôle.
—Ta gueule, Bakanda ! »
Le teint prenant une couleur carmine, Allen sentit une vive chaleur lui traverser le dos. Ce n'était pas pareil, bon sang. Puis mince, c'était vulgaire, ça le gênait, ce sale connard le savait !
D'un mouvement rapide, tournant court à son ire, Kanda arracha la couverture qui obstruait son corps, et lui écarta les jambes pour se placer entre elles. Allen s'était laissé faire, hoquetant à peine, sentant la lourdeur du corps nu contre le sien. Kanda était si beau. Il était vraiment excité par sa beauté. C'était presque risible mais il se sentait très amoureux, pressé de se donner à lui de la manière la plus complète. Kanda posa ses lèvres sur les siennes, délicatement, ses mains repartant entre ses jambes. Il les lui ouvrit encore, pour frotter son bassin contre le sien. Allen gémit, la bouche du kendoka fondant dans son cou.
« Je vais préparer le miel, Moyashi, » chuchota-t-il d'une voix qui apparut bien trop sensuelle à Allen.
Ce dernier déglutit difficilement, le kendoka se relevant, le vide remplaçant sa masse chaleureuse.
« D'accord. »
Kanda versa le contenu de la gourde dans le pot. Il utilisa ses doigts pour mélanger, Allen gloussant en constatant sa grimace face au liquide gluant qu'il trifouillait. C'était comique à regarder, toute cette situation avait quelque chose d'absurde. Mais ils n'étaient plus vraiment à ça près. Devenant petit à petit imbibé, le miel se mit à ressembler à une solution plus lisse, et sans doute plus… applicable, en bas. Le blandin se passa la langue sur les lèvres, appréhendant, frissonnant. Ils allaient coucher ensemble, bordel de merde. Il n'était pas vulgaire, mais… bon sang. Il prenait de plus en plus conscience de ce qui allait se passer. Ça ne voulait pas dire qu'il hésitait.
Bien au contraire.
« Ça a l'air mieux, comme ça, » dit le maudit, tentant de réguler sa propre respiration, « Je crois que tu vas pouvoir réessayer de…
—OK. »
Un léger blanc s'installa. Dans son malaise, Allen choisit de se retourner et d'exposer sa croupe, regagnant à sa posture de départ. Il espérait que son idée avait été bonne et que ce serait plus facile pour Kanda d'introduire ses doigts en lui maintenant qu'ils avaient dilué le miel.
Bientôt, l'index et le majeur du kendoka s'enfonçaient en lui, le blandin écarquillant les yeux à la sensation nettement moins rude et plus plaisante que précédemment ! Ça passait sans problème ! Il poussa un soupir joyeux, car il avait tellement eu peur de ressentir la même douleur, qu'il était soulagé ! Il s'agissait de les faire bouger, maintenant. Le premier doigt passait sans encombre, et arrivé au deuxième, Kanda le prévint qu'il recommençait. Les deux membres rentrèrent facilement, Allen gémissant sous la sensation. Oui, c'était toujours un peu rude, oui, il se sentait s'ouvrir, mais il ne souffrait pas. C'était simplement étrange.
Lorsque Kanda commença des va-et-vient, son inconfort dura, le brun procéda doucement, lui demandant si ça allait, Allen analysant les sensations en ne sachant pas trop identifier si c'était agréable ou désagréable.
À force de mouvements, ses doigts se tordant dans son antre heurtèrent à un point en lui qui le fit se contracter. Un éclair de plaisir l'avait traversé, et il fut choqué, car s'il avait entendu parler de ce point précis, il ne savait pas que c'était si intense. Le rouge aux joues, les pupilles dilatées, Allen ressentit le bien-être jusque dans son sexe tendu.
« Problème, Moyashi ? »
Kanda s'inquiétait.
« Non, non… au contraire. Je… Je crois que c'est bon, Kanda.
—Bon ? Genre, tu veux continuer ? »
Le blandin opina, avant de répondre par l'oral parce que leur position ne permettait pas à leurs regards de se croiser.
« Oui, tu peux essayer de rentrer.
—Tu veux pas attendre encore ?
—Non, je… j'ai ressenti quelque chose d'agréable, Kanda. Je te veux en moi. »
C'était gênant à dire et Allen fut content que le Japonais ne puisse pas voir son visage après avoir prononcé ces paroles. Kanda eut un rictus. Ses doigts le quittèrent, suite à quoi Allen se retourna, son compagnon le toisant avec incompréhension.
« Je préfère te voir, si ça ne te dérange pas.
—Ça va être délicat dans cette position. Tu veux vraiment ?
—Oui. »
En guise de vérification qu'il était bien ouvert, Kanda le poussa à lever ses jambes, arquant son bassin. Il entra une deuxième fois ses doigts emplis de miel dilué, les ôtant après un va-et-vient pour la forme qui se fit sans heurt, juste une sensation diffuse pour le blandin. Enfin, enfin, il en étala sur son sexe, se gratifiant d'une longue caresse, et se positionna à son entrée. Allen le toisa, désireux, mais majoritairement flippé. Un curieux mélange. Il était vraiment gêné et stressé, sûrement parce que c'était sa première fois. Il déglutit en observant les traits concentrés de son amant. De son gland, Kanda poussa son anneau de chair, avec délicatesse et décision. La pénétration se fit ainsi. Allen se crispa, contractant involontairement son corps suite à l'intrusion qu'il ressentit particulièrement puissante. Il avait déjà chaud et ses yeux pleurèrent sous l'intensité !
Gémissant, il s'agrippa aux dos du brun. Ce dernier embrassa son front mais s'enfonça encore. Allen l'arrêta, trop surpris par la sensation qu'il ne pouvait supporter.
« Attends, Kanda, je… j'ai mal… »
En plus, le sol de la cabane avec la maigre couverture n'était pas très confortable, Kanda devait le cambrer pour s'enfoncer en lui et ce n'était pas pratique. Ses reins le lançaient. Mais ce n'était rien en comparaison de ce qu'il ressentait en lui. Le miel dilué l'avait dilaté, certes, ça avait marché pour ses doigts, ça restait un peu rude, mais supportable. C'était autre chose de recevoir son sexe, le kendoka était très bien muni… Il se demanda bêtement si ça pourrait passer en entier. Il se doutait que la douleur passerait, ses doigts lui ayant fait du bien en premier lieu. Oh, il savait bien que la première fois était douloureuse, et ce serait manifestement le cas pour lui. Il n'était pas refroidi, malgré tout. Le plus âgé était aussi délicat que possible, maladroit, mais il n'était pas brutal. C'était leur première fois à tous les deux, après tout, ils découvraient ensemble, alors ils feraient forcément des erreurs. Allen serra les dents alors que son — très nouvellement — petit-ami s'arrêtait de bouger. Kanda posa une main rigide sur sa hanche.
« Tu veux continuer ?
—Embrasse-moi, s'il te plaît… »
Chose surprenante, Kanda caressa sa joue et s'exécuta sans broncher une seule seconde. Doucement, ses lèvres rencontrèrent les siennes. Il était très tendre, très doux, toujours depuis qu'ils avaient commencé à faire ça, et ça faisait soulever le cœur de l'Anglais agréablement. Il se sentait bête, peut-être était-il mièvre, mais il était amoureux, encore plus en cet instant.
« Tu veux que je remette du lubrifiant ?
—Non, merci. Je crois que ça ira. »
Le blandin prit une respiration. Kanda l'embrassa encore, relevant son menton. Après le baiser, il posa son front contre le sien, respirant lui aussi de manière plus sereine. Le temps se suspendit soudain, il n'y avait que leurs fronts contre fronts, leurs respirations qui s'échouaient sur leurs visages, leurs nez qui se frôlaient, leurs lèvres encore proches — humides. Par ce geste, Allen comprenait qu'il cherchait à le réconforter. Il forma l'ombre d'un sourire. L'Asiatique gémissait faiblement, sans doute conquis par les sensations en lui. Allen était curieux, d'observer l'effet qu'il faisait à l'autre maintenant qu'ils ne formaient qu'un. C'était à la fois… grisant et impressionnant. Il aimait beaucoup voir Kanda prendre du plaisir grâce à lui. Dans son cas, ce n'était pas qu'une partie de plaisir, malheureusement. Pour l'instant, du moins. Il faisait cependant confiance à son amant pour faire attention.
Kanda parla doucement :
« J'arrive à rentrer donc je pense que c'est pas la faute du miel, ça doit être parce que c'est la première fois pour toi, t'es pas habitué. Je vais essayer d'y aller mollo. »
Allen opina du chef, les joues roses.
« Tu veux bien m'embrasser encore ? »
Le visage du brun format un rictus. Allen n'aurait jamais cru qu'il pourrait être si doux et si gentil avec lui. Bien sûr, leur engueulade aidait, ainsi que le tournant qu'ils avaient décidé de faire adopter à leur relation. Mais si Kanda le faisait maintenant, c'est qu'il en était bien capable. Il ricana à son tour.
« Qu'est-ce que t'as, Baka Moyashi ?
—Je suis bien avec toi. Et je te remercie pour ce moment que tu me fais passer. »
Le kendoka rougit et secoua la tête.
« Espèce d'imbécile, de quoi tu me remercies ?! »
Tendrement, Allen attira son visage vers le sien.
« D'être toi.
—Espèce d'imbécile. »
Malgré l'insulte, il termina le geste que le blandin avait initié et ses lèvres écrasèrent de nouveau les siennes. C'était doux et aérien. Bien sûr, Allen aurait pu rêver d'une première fois plus romantique, s'il avait eu le choix. Dans un lit, pour le confort, et il aurait peut-être aimé que Kanda soit amoureux de lui également. Cependant, l'autre le traitait bien, ils essayaient d'être un couple, et pour le moment, ça partait du bon pied. Ça n'aurait même pas pu mieux se dé y avait au minimum de l'affection et de la tendresse des deux côtés, à défaut de l'amour. C'était mieux que rien, et en soit, pas plus mal. Ils se faisaient confiance et ça plaisait à Allen. Oh, il aurait bien protesté pour l'insulte si les lèvres de Kanda ne s'étaient pas collées aux siennes. Encore une fois, c'était un baiser agréable, porteur de respect. D'intimité. Une intimité appréciable, nouvelle, sincère, bonifiante. Apaisante car elle lui faisait oublier la douleur, soulevant quelque chose dans son bas Japonais comprenait de lui-même qu'il avait besoin d'une pause et ne se mit pas à bouger tout de suite. Ses mains le caressèrent, sa langue s'infiltrant dans sa bouche. Involontairement, il s'enfonça à peine plus en lui. L'Anglais ouvrit la bouche de surprise. Il était si dur, putain ! Gémissant, le maudit, retenant les hanches de son amant, lui lançant un regard qui signifiait une demande de douceur, d'attente.
Encore, il se voyait exaucé. Kanda prononça une excuse. Il effleura ses tétons de manière appuyée, mais succincte. Sa main descendit jusqu'à son pénis, encore gorgé de sang. Le kendoka s'amusa à le caresser, son sexe demeurant hyper sensible suite à leurs mésaventures. Lorsqu'il frotta son gland de son pouce, les doigts encore humides de la solution lubrifiante, Allen vit des étoiles.
Il ressentait un plaisir fou, de fait, la douleur en lui ne l'atteignait qu'à moitié. Il avait envie que ça ne s'arrête pas, parce que c'était bon. Il était vraiment bien entre les bras du brun.
Kanda lâcha ses lèvres, sa main s'emballant. Sa bouche s'échoua dans son cou, parsemant son épaule de baisers. Cela le revigora. Allen lâcha un gémissement, la contraction de son corps augmentant son emprise interne sur le sexe de Kanda. Un mouvement fut plus intense que les autres, son excitation reprenant de plus belle.
« Je veux continuer, Kanda.
—T'es sûr ? »
Le maudit hocha la tête.
« Continue de me caresser, pendant que tu… ça me… fait du bien…
—D'accord. Panique pas si t'as mal, mais si tu peux vraiment pas supporter, dis-le moi.
—Ok, Bakanda. »
Allen se sentait de nouveau un peu anxieux s'il devait être honnête. Il avait peur de la douleur. Évidemment, ça ne changeait rien à ce qu'il avait dit. Il était prê serait sûrement douloureux mais une fois qu'ils auraient renouvelé la chose… Il prendrait plus de plaisir.
Peut-être même que cette fois, il y arriverait aussi. Il espérait… mais ça semblait assez dé Kanda le pénétra plus profondément, Allen fut repris par la même douleur profonde. La pression interne était une sensation totalement nouvelle, il ne pensait pas que ça ce serait comme ça. Il ferma les yeux un long moment, se mordant la lèvre, s'agrippant à Kanda.
C'était si étrange ! Il ne savait même pas s'il avait mal. Mais c'était inconfortable et dur. La substance lubrifiante avait bien fait son travail, il s'en sentait allégé, parce que sans ça, il aurait encore plus douillé. De l'autre côté, il se demandait s'ils devaient en remettre, finalement… Kanda avait dit que non mais il hésitait vraiment vu comment c'était vif, comme tenta de se raisonner : bien sûr que ça serait plus douloureux ce qu'il avait imaginé, il ne savait pas du tout ce que c'était, son amant le lui avait dit, c'était le début, et Kanda avait plus d'expérience théorique que lui, visiblement. Puis, en soit, peut-être bien que le miel dilué n'était peut-être pas un lubrifiant excellent. Ça ne changeait pas qu'ils n'avaient pas mieux. Il ne pouvait que se fier à Kanda.
« Moyashi, ça va pas ?
—Si, si, si. »
Kanda secoua la tête.
« Tu dois me dire ce que tu ressens. Putain, me dis pas que c'est moi qui vais t'apprendre à communiquer.
—Mais ça va, je te dis ! »
Allen s'agaçait. La façon brusque qu'avait son amant de parler ne lui plaisait qu'à moitié.
Parce que d'une part, il s'était déjà plain et il ne voulait pas passer pour un fragile. Surtout qu'il était entre plaisir et douleur depuis tout à l'heure. Il ne voulait pas avoir l'air de se rétracter soudainement. C'était bête, lui-même le savait, mais dans une situation si intime, il avait du mal à dire réellement ce qu'il ressentait. Son stress montait en flèche et il était perdu. Il frissonna.
« Moyashi, sérieusement…
—Je suis sérieux, Kanda. »
Ce dernier soupira. Il acquiesça tout de même.
« Respire bien, je reprends. »
Et il rentra encore.
Allen cessa de respirer, ses jambes tremblantes s'enroulant désespérément autour du dos de bon sang, ça faisait si mal ! Il amorça d'instinct un mouvement pour se reculer, une chaleur désagréable montant dans tout son corps. Croyant sans doute que c'était un réflexe, Kanda redéposa un baiser sur son front, et il s'avança. Allen se sentait mal. Il essaya de se calmer, mais dès que Kanda amorça un mouvement supplémentaire, et il ne put en supporter plus. Au bord de l'explosion, il se mit à pleurer. Agitant la tête nerveusement de gauche à droite, Allen le repoussa faiblement.
« St-stop, je… je peux plus, je peux plus, j'ai…trop mal… »
Le brun le toisa sévèrement. Allen ne s'en occupa pas plus, en larmes. Oui, il lui avait dit de bien respirer, mais il paniquait complètement, ça faisait beaucoup d'émotions différentes d'un coup. Il avait eu sa fierté, sauf qu'à l'instant, elle était partie se rhabiller. Finalement, ça avait vraiment fait trop mal, et il regretta franchement de ne pas l'avoir dit à Kanda quand ce dernier le lui avait demandé.
« Bouge pas, je sors. »
Allen secoua la tête, reniflant piteusement. Non, ce n'était pas ce qu'il voulait. Il le retint par les bras, le coupant dans son mouvement.
« Non, Kanda, non. Je veux continuer. J'ai vraiment envie.
—Ouais, mais t'as mal. Reconnais-le. Je finis pas dans ces conditions. Tu chiales, merde. »
Le blandin se sentit honteux. Ça n'eut l'effet que de faire couler ses larmes davantage. Comprenant qu'il avait besoin d'être rassuré, Kanda n'entreprit aucun mouvement et l'étreignit de nouveau. Il avait tout cessé, Allen se sentant coupable.
« Ça va aller. C'est pas grave. Je suis là. » Allen opina, mais il avait toujours honte. « Pourquoi tu m'as pas dit que tu avais aussi mal ? »
Se mordant la lèvre, Allen haussa les épaules.
« Je voulais pas avoir l'air de pleurnicher, » articula-t-il d'une voix nouée, « et… j'avais peur d'être chiant, je ne sais pas.
—Tu me prends pour qui, du con ? » aboya Kanda. « Tu crois que ça m'amuserait de te faire mal plutôt que ça se passe bien pour nous deux ? »
De nouveau, Allen se sentit bête, mais pas pour la même raison. Intérieurement, il était soulagé des paroles de Kanda, parce que ça signifiait qu'il pensait à lui. Mais il avait trop fait le fier, trop pressenti les réactions de son compagnon, et résultat… ça se finissait mal. C'était totalement stupide de sa part. Il allait falloir qu'il s'ouvre un peu plus. Il bégaya, son emprise sur la peau de son amant chancelant, ses larmes et sa respiration se stabilisant à moitié. Kanda le caressait toujours, ses doigts rasant son corps tendrement de bas en haut, malgré son regard empreint de sévérité. Ça l'aidait à se détendre. La tension en lui retombait légèrement. C'était inconfortable, mais pas si douloureux.
« Je… Je sais que tu as dit de parler mais je… je sais pas, j'avais peur d'avoir l'air d'en faire trop et que tu… »
Allen se coupa. Kanda parut comprendre.
« Écoute, on a décidé d'essayer tous les deux. Je ne suis ni doué avec le sentimental ni avec la tendresse mais j'essaie. Maintenant, surtout si on essaie sérieusement, faut se faire confiance tous les deux. Alors merde, fais-moi confiance. Parle si ça ne va pas, Moyashi. »
Le maudit ne put qu'hocher la tête. Puis il se passa la langue sur les lèvres.
« Je ne suis pas d'accord. Tu es très doué. » Devant le regard de Kanda, il précisa : « Avec la tendresse, je veux dire. Tu es vraiment très doux.
—Tch. Alors si j'y arrive bien, parle. »
Kanda rosissait au moins autant que lui. Le jugeant adorable, Allen agréait, cette fois. C'était logique, il était totalement partisan de cette pensée de base, sauf que ça ne marchait pas si facilement quand il s'agissait de lui, tout compte fait. Ça pouvait être effrayant, d'être honnête dans ce genre de cas. Il hocha la tête, s'essuyant les yeux.
« Je suis désolé.
—C'est pas grave. C'est aussi ma faute, j'ai peut-être pas été assez doux.
—Du tout, tu as fait ce que tu as pu…
—Je vais essayer d'y aller plus doucement quand même. »
Allen lui en fut reconnaissant.
« Tu peux attendre un petit peu avant de… ?
—Tch. Bien sûr. Pas tant que tu ne seras pas calmé. »
Encore chez le maudit, ce sentiment de reconnaissance prit le pas sur son stress, mais avec une pointe de culpabilité.
« Désolé, j'espère que ça te frustre pas trop… »
Le brun ricana alors qu'il se mordait la lèvre.
« Arrête de t'excuser. Je te l'ai dit, je veux pas te faire mal. Ça m'amuse pas.
—Ouais mais…
—Mais rien, Moyashi. Une sodomie, ça fait mal. Si on veut pouvoir partir d'ici, faut que tu puisses marcher. »
Le blandin ne put s'empêcher de rigoler.
« Parce que si fallait pas partir, tu t'en serais fichu ?
—Bien sûr que non. »
Allen rit encore, Kanda l'embrassant.
« Pour la énième fois, » prononça le Japonais, « je m'inquiète pour toi. »
Allen se sentit touché, malgré tout. Kanda savait être adorable et cajoler ses cordes sensibles quand il le fallait. Au moins, cette discussion lui avait fait du bien. Il se sentait un peu mieux. L'ambiance était revenue au beau-fixe. C'était nettement plus adapté pour ce qu'ils allaient faire. Moins ils stresseraient, l'un comme l'autre, mieux ça se passerait. Il frissonna, envahi par un sentiment frileux, mais toujours une sensation de bien-être. Kanda lui montrait vraiment du respect et de la considération. Dire qu'il avait longtemps cru que son coéquipier le détestait, c'était tout l'inverse. Il en était heureux, surtout avec ce qu'ils partageaient.
« Merci. »
De nouveau, ses lèvres furent volées. Kanda alla gratifier ses hanches de caresses, tout en l'embrassant affectueusement. Allen appréciait beaucoup cela. Le sexe du kendoka se trouvait presque au fond de lui mais il ne sentait plus perforé de part en part. Ça annonçait une amélioration, il l'espérait du moins.
Kanda lui sourit.
« Bon, alors ça va se passer simplement. Je remets du miel et je continue doucement, et si tu souffres trop, je sors et on arrête. Vendu ? »
Le blandin acquiesça. De manière possessive, il enroula ses bras autour du cou du kendoka.
« Ce sera sans doute plus agréable pour moi avec un peu plus de lubrifiant, mais oui, si vraiment ça ne marche pas, on aura essayé. Tu… Je te remercie de ta considération, Kanda.
—C'est normal, j'mérite pas une médaille. Arrête de me remercier, tu m'gonfles. »
Allen rigola.
« Ouais, peut-être, mais je le ressens.
—Tais-toi donc. »
Kanda sortit délicatement de lui, s'excusant en l'entendant gémir et avisant sa grimace qui plissa ses traits. Allen fit un mouvement de négation de la tête, signifiant que ce n'était pas grave. Il l'observa enduire de nouveau son sexe de liquide, et frémit lorsque Kanda se replaça face à son entrée endolorie. Il serait encore plus dilaté avec l'épaisse couche de miel sur le pénis de son amant, et il pria pour que ça suffise à alléger la douleur de la pénétration. Il offrit à son amant un regard d'encouragement lorsqu'il chercha son autorisation du sien.
« Ça va aller, Moyashi ? »
Ils se jaugeaient, dans l'attente. Un sentiment étrange en Allen s'éleva, mais il était satisfait du comportement de son amant. En confiance. Alors oui. Oui. Ça irait.
Ça ne pouvait qu'aller.
Il sourit, lui demandant muettement de recommencer. Kanda s'exécuta. La sensation diffuse de douleur en Allen n'avait pas disparue, elle revint, mais avec moins d'intensité. Comme avec ses doigts, il fut surpris de se sentir s'élargir, de sentir Kanda pénétrer au plus profond de lui-même, et tout de même satisfait de voir que l'insertion se faisait avec davantage de facilité. Le kendoka réussit à aller plus loin, procédant aussi délicatement que possible. Entre chaque poussée, il se penchait sur lui et l'embrassait rapidement, sur les joues, le front, le nez, la bouche. Allen gémissait faiblement, les yeux clos, vivant chaque sensation avec une sorte de curiosité et d'appré brun essayait de le calmer, de le faire se sentir bien, et ça fonctionnait.
Lorsqu'enfin, après un temps qui parut à la fois court et long au symbiotique, le Japonais lui annonça qu'il était entré jusqu'à la garde, quelque chose figea l'instant – à nouveau. Kanda ne remuait pas en lui, il se suspendait pour son aval, pour qu'il se remette, qu'il lui permette de continuer ou lui donne l'ordre de tout kendoka fixa gravement Allen, avant d'essuyer des petites larmes qui avaient coulé sur ses joues d'un geste doux.
« Tu pleures encore, Allen. » Le susnommé sursauta de l'entendre utiliser son prénom. « Ça va ? Réponds-moi sans mentir.
—Promis, ça va. » Cette fois, il ne mentait pas. « Ça fait un peu mal mais… c'est surtout l'intensité. Je suis heureux de faire ça avec toi. »
Bêtement, Allen avait envie d'ouvrir un peu ses sentiments. Kanda eut un rire bref. Il approcha son visage du sien, plaquant un baiser appuyé sur son front.
« Tu es adorable, Moyashi. »
Cette phrase le fit rougir.
« Pourquoi ? Je dis juste ce que je pense.
—Tu te donnes entièrement à moi. C'est ça, qu'est adorable. »
Si un violent frisson érotique naquit en lui, de sorte que Kanda lui-même dut le ressentir puisqu'il clôt les paupières un bref instant. Oh, Allen était touché par ses paroles. Mais il ne put résister à la gêne de voir son amant pointer les choses de cette façon-là. Il aimait que Kanda puisse ressentir son affection et qu'il en soit content, mais merde, présenter les choses comme ça, c'était tellement embarrassant pour lui… Il devint littéralement cramoisi.
« Dis pas des choses comme ça, c'est pas drôle du tout !
—Je me moque pas, Baka Moyashi.
—C'est Allen ! »
Sa répartie menaçait peut-être de devenir un disque rayée, surtout en cet instant. Kanda se marra, l'ignorant royalement, et happa ses lèvres. Allen se laissa aller, réalisant que Kanda ne bougeait pas, qu'il attendait toujours, et surtout, que son sexe ne le gênait plus. Plus encore, il était de nouveau excité et prêt. Autant physiquement que psychiquement. Les mains du kendoka repartirent entre ses jambes, ce qui acheva de le mettre au supplice.
Bientôt, l'une des mains de Kanda imitait un délicieux mouvement de pompe sur son sexe. Allen gardait les bras enroulés autour de ses épaules, tandis qu'il se faisait caresser gentiment. Kanda torsadait sa langue dans sa bouche, léchant la sienne, la suçotant, toutes les sensations explosant dans son corps. C'était parfait. Vraiment parfait. Il mourrait de hâte que Kanda bouge en lui. Sérieusement. La douleur commençait à s'estomper, elle était encore là, mais c'était bien. Kanda devait forcément comprendre qu'il était prêt, avec les légers mouvements de bassins qu'Allen attentait lui-même. Il s'attaquait cependant à ses points sensibles, prenant volontairement son temps.
Impatient malgré lui, Allen se tendit dû aux sensations trop profondes, lorsque le brun frôla une veine de son membre. Le liquide pré-éjaculatoire perlait. Il fallait que Kanda se dépêche de le prendre pour de bon, sans quoi, il allait jouir.
L'épéiste poussa un gémissement en modifiant légèrement sa position, le blandin écarquillant les yeux, ravis par ce son.
« T'es tellement étroit, bordel. T'es sûr que je te blesse pas ? »
Allen frémit longuement. Il réfutait totalement. L'heure des blessures sonnait son glas, tombant en ruine. Et ce genre de commentaire qui envers et contre tout étaient si gênants l'excitait. Kanda aimait être en lui. Il aimait les sensations de son intérieur, et ça le ravissait un peu plus à chaque instant. Sa main, joueuse, le caressait toujours avec dextérité. Ils respiraient forts, tous les deux. Ça devenait bon. La douleur inconfortable demeurait vivante, le froid ambiant, mais l'envie de plus était là. Allen avait envie qu'ils cessent d'attendre. Il voulait que Kanda le fasse sien pour de bon.
« Tu me blesses pas du tout. Je suis prêt, c'est très bon. »
Déterminé, il offrit un sourire détendu à son homologue. Ce dernier le lui rendit, quoiqu'avec un air plutôt carnassier.
« Ok, je vais y aller. Interromps-moi s'il y a un problème.
—Promis, Kanda. »
Le brun baisa son front.
« Rappelle-toi de bien respirer, Moyashi.
—C'est Allen, Bakanda. »
Mais la tendresse de leurs regards ne trompait personne, même pas eux. Quand bien même ils se taquinaient, un lien tangible se créait entre eux dû fait de cette union charnelle. Leurs affects grandissaient.
Kanda effectua un premier mouvement, une lente gêne qu'Allen supporta en sachant que ça irait mieux petit à petit. La brûlure de la pénétration le décontenançait. Il avait envie de la recevoir, de la sentir, de vivre ce moment. Se donner à son amant corps et âme. Si la mission avait mal commencé, elle se terminait en beauté, et Allen se sentait bien. Une sensation déconcertante, au final. Ses pensées se mélangeaient un peu. Certes, ce n'était pas parfait, loin de là. il avait toujours le cœur gros des pertes humaines, et il savait qu'il en pleurerait sûrement cette nuit, lorsqu'il serait à moitié assoupi, qu'il n'y aurait rien pour le distraire de ses tourments. Sauf qu'il était vivant, en ce moment. Il avait survécu, il avait protégé son coéquipier, il avait été protégé et il se sentait traité avec bienveillance. Ça l'émouvait quelque peu. Ses yeux déversèrent un peu de perles salées, mais cette fois, ce n'était pas la douleur. C'était un curieux sentiment. De l'émoi.
Un afflux qu'il ne pouvait maîtriser.
Kanda le remarqua, et il cessa de bouger, Allen agitant sa tête pour signifier que tout allait bien, lui demandant de le serrer contre lui. Il s'en fut. Avec tendresse, le kendoka lui murmura qu'il était là, qu'il prendrait soin de lui. Le cœur gros, Allen sourit. Le plaisir ne naissait pas encore, les mouvements de bassins de Kanda lui faisaient accuser des gémissements du fait de se modeler à lui, mais petit à petit, c'était moins dur. Il se doutait que tôt ou tard, il retoucherait cet endroit qui lui avait fait tant de bien. Alors il se laissait aller.
Il n'aurait pas pu davantage s'abandonner.
Le Japonais procédait à la pénétration, allant et venant en lui d'un rythme doux. Ses cuisses se cognaient à ses fesses, Allen sentait même ses testicules quand il entrait au plus profond de lui, son sexe avalé par son antre. De temps en temps, il lui vantait sa moiteur et sa chaleur, de longs frissons cascadant la colonne vertébrale du jeune Walker. Kanda caressait son sexe, en même temps qu'il accusait des mouvements de bassin en lui. C'était plaisant. De son côté, l'Anglais murmurait des paroles inintelligibles, mélangeant le nom de son amant, une demande de douceur, et des gémissements mal contenus.
Cela dura ainsi quelques minutes, Kanda lâchant un son rauque.
« Je ne vais pas tenir. Désolé, Moyashi, je crois que…
—C'est pas grave. Tu peux jouir, si tu veux. »
Se mordant la lèvre, Allen se prépara à l'idée de recevoir la semence de Kanda, celle d'un autre garçon, en lui. Il se raidit cependant en pensant au miel et au fait qu'ils n'avaient rien pour se nettoyer.
« Et toi ? » râla Kanda, gémissant de pair, au supplice.
Le blandin accusa un autre à-coup en lui, la main du kendoka ralentissant sur son sexe, ce qui le frustra un peu.
« Tu pourras t'occuper de moi ensuite. Mais, dis… retire-toi avant de… tu vois. J'ai peur qu'avec le miel ce soit… »
Il n'eut pas à en dire plus pour se faire comprendre. Kanda se renfrogna.
« Je vais essayer de tenir. Est-ce que c'est bon ? »
Allen se mordit la lèvre, pour l'instant, c'était surtout moins inconfortable, et avec les caresses de son amant, il avait des petits sursauts de plaisir en le sentant bouger en lui. Sans doute quelques secondes, une minute peut-être, et ça deviendrait pleinement agréable.
« Je crois qu'il faut encore un peu de temps. »
Il lança à Kanda un regard d'excuse, qui fut dénié. À la place, Kanda l'embrassa et d'un rictus, changea sa position en lui. Allen grimaça de prime abord, mais lorsqu'il sentit le sexe du kendoka toucher enfin le point sensible qui lui avait tant de bien tout à l'heure, il gémit de plaisir, son amant ayant un regard satisfait. Il ne parviendrait pas à jouir comme ça. C'était trop tôt par rapport à une première pénétration, il y avait encore trop d'inconfort, mais au moins, il prendrait un peu plus de plaisir et Kanda et lui apprécieraient la chose à égalité. C'était génial, aux yeux du blandin. Il remercia son amant d'un œil tendre.
Le branlant délicatement, Kanda bougea en lui, touchant encore cet endroit délicat avec son gland, le bousculant chaque fois qu'il finissait d'entrer, ressortant et le heurtant de nouveau. Le plaisir devint rapidement plus intense, et après un gémissement plus fort de sa part, le kendoka se retira. Il éjacula sur le ventre d'Allen, sa semence se mêlant avec un reste de lubrifiant sur sa peau blanchâtre. Ils haletaient, tous les deux, Allen étant un peu frustré de ne plus le sentir en lui et de ressentir l'arrêt de la stimulante tension sexuelle dans ses membres.
Pourtant, Kanda se remit à le caresser. Sa bouche baisa la sienne furieusement, et de son autre main, ses doigts s'enfoncèrent en lui. L'Anglais lâcha un couinement, ne pouvant s'en empêcher. Il avait réussi à heurter sa prostate, c'était moins douloureux qu'avec son pénis, et un grand plaisir maintenait son corps dans un état d'excitation intense.
Il allait jouir, lui aussi.
Le kendoka embrassant ses clavicules, son pouce touchant son prépuce et ses doigts en lui envoyant la décharge plaisante dans tout son corps, il se tendit, éjaculant, au summum du plaisir.
Allen se remit de son orgasme avec difficulté. Ils avaient joui, tous les deux. Ils avaient fait l'amour.
Épuisés, les deux garçons s'embrassèrent, Kanda se laissant retomber à côté de lui. Allen se colla vivement contre son torse, car il eut froid. Timidement, il demanda d'un coup d'œil hésitant si ça ne gênait pas son petit-ami. Ce dernier ouvrit son bras pour qu'il se blottisse plus franchement, l'attention répondant pour lui.
D'un échange d'œillade amusé, ils se réembrassèrent. Puis, dans les bras l'un de l'autre, tout semblait indiquer qu'ils allaient s'endormir. Il était tard, après tout. Dehors, il faisait déjà nuit.
« Pourquoi t'as pleuré, tout à l'heure ? » demanda Kanda.
Allen mit un temps à réaliser qu'il parlait du moment où il était entré entièrement en lui. Il avait dit qu'il ne pleurait pas à cause de la douleur. Ça amenait son lot de question.
« Je sais pas, » dit-il, embarrassé, mais voulant être honnête. « Je suis content qu'on soit là, tous les deux. Qu'on s'en soit sortis. Et que tu sois avec moi. »
La pensée lui remettait les larmes aux yeux sans qu'il ne sache pourquoi.
Kanda l'embrassa sur le front.
« Ouais, moi aussi. »
Le cœur battant, le maudit fut rassuré par cette marque d'affection, et ferma les yeux.
Il ne leur en fallut pas plus pour rejoindre les bras de Morphée.
Le lendemain arriva bien vite.
Allongé contre Kanda, le corps en compote, Allen ouvrit les yeux. Il s'était noyé dans ceux de Kanda toute cette nuit, oui. Il se souvenait de sa phase de micro-réveil, réalisant qu'il s'était rendormi. Cette fois-ci, il vit que le Japonais était réveillé également et rougit furieusement. Le souvenir de leurs ébats de la veille valsait dans son esprit. Ils se saluèrent, Kanda l'embrassant affectueusement sur la bouche. Cela détendit le maudit. Idiotement, il aurait pu avoir peur que tout ça n'ait été qu'un rêve – quand bien même son corps portait l'empreinte de ce qui s'était passé – et que Kanda ait changé d'avis, qu'il le repousse. Ce ne fut pas le cas.
Le baiser s'échauffa, leurs mains se baladant sur leurs corps, cherchant de nouveau à explorer ce territoire déjà conquis la veille. Les gémissements ne tardèrent pas à éclore de nouveau. Délicatement, Kanda releva la couverture, s'attaquant à leurs érections matinales, demandant du regard si Allen en avait envie. Ce dernier gémit en réponse, hochant vivement la tête. Comme il restait du miel, et que c'était bien plus agréable que de faire ça à sec, ils enduisirent leur sexe du liquide. Allen se laissa faire tandis que la main du Japonais travaillait pour les amener tous les deux à l'orgasme. Il tenta de se joindre aux caresses, mais son amant lui intima de se laisser faire. Allen ne voulut pas batailler, pour une fois.
Bientôt, ils jouirent, le maudit embarquant les lèvres de l'épéiste dans la foulée, le baiser étouffant son cri.
Échangeant un énième baiser suivi d'un regard complice, ils se nettoyèrent comme ils le purent avec la couette souillée – qui aurait résolument besoin d'un lavage – et envoyèrent Timcanpy en éclaireur pendant qu'ils s'habillaient.
Kanda alla remplir la gourde d'eau, Allen ne pouvant que moyennement marcher avec la douleur dans le bas de ses reins. Il mit du temps avant de pouvoir se tenir bien droit sans chanceler. Comme quoi, le miel dilué avait réussi à dépanner, mais il y aurait pu y avoir mieux, pensait-il amèrement. Il rangea leurs affaires pendant ce temps. Le Japonais revenu avec de l'eau, ils burent, utilisèrent le reste pour se faire un brin de toilette des plus sommaires, et furent ravis de voir le Golem revenir.
Ils visionnèrent les images que Timcanpy avait enregistré. Les Akumas semblaient avoir déserté.
Mieux encore, sur le chemin plus haut, une charrette abandonnée se trouvait là, un cheval encore harnaché. Une masse de vêtements déchirées non loin ne laissait que peu de place aux doutes. Le pauvre fermier qui voyageait par ces montagnes n'avait pas eu de chance. Les Akumas avaient encore fait une victime avant de partir ailleurs.
Le prochain village, quant à lui, était à environ 30 kilomètres. À pieds, ça aurait été rude, mais avec ce moyen de transport, c'était parfait. Une triste aubaine, Allen en eut le cœur lourd. Toutefois, ils ne pouvaient rien faire. Il fallait qu'ils avancent.
Ils portèrent leurs bagages et quittèrent la cabane, Allen lançant à la bâtisse délabrée un dernier regard. C'était très étrange, toute cette expérience. Cet endroit les avait fortement marqué par la tragédie qui s'y était produite, mais aussi par ce qui s'était passé entre ses planches de bois. Il peinait à se dire que ce qui s'était produit n'était pas qu'un mirage irréel tant l'étrangeté des derniers événements valdinguait dans son crâne.
En partant, Kanda s'était mis en tête de prendre la plus grosse charge, étant donné qu'Allen avait encore mal aux reins – toutefois il arrivait à tenir debout, il fallait pas déconner. Néanmoins, son coéquipier avait catégoriquement refusé de le laisser porter plus que les deux valises, se coltinant pour sa part le gros sac. Quelque part, Allen était touché de l'attention, s'il n'avait pas envie d'être materné. Il avait voulu râler mais une pichenette suivie d'un baiser au sommet du crâne l'avait arrêté.
Il n'avait pas rêvé cette partie-là. Kanda se préoccupait de lui, c'était en effet très prévenant de sa part.
Ils arrivèrent en haut de la pente, trouvèrent la charrette, y posèrent leurs sacs. Kanda prit la place du cocher, tandis qu'Allen s'assit derrière, son compagnon lui ayant intimé de se reposer dans le calme, pour apaiser ses douleurs.
Protestant pour la forme, Allen le trouva néanmoins adorable. Oui, ses attentions ne lui déplaisaient pas complètement, s'il ne l'avouerait pas.
Hormis ces égards, on aurait pu penser que rien ne s'était passé entre eux, hier. Mais les quelques petits gestes de Kanda ne trompaient pas.
Alors, pendant qu'ils se préparaient à avancer sur la route dégagée, escortés par un ciel gris et un vent frais, Allen se redressa depuis sa place à l'arrière pour embrasser Kanda sur la joue.
Sursautant, deux iris meurtrières se posèrent sur lui, avant qu'Allen ne lui tire la langue en riant gentiment. Finalement, un rictus complaisant lui répondit. Le kendoka lui colla une autre pichenette, le maudit lui beuglant un « salaud ! » qui fut savamment ignoré.
Puis, le cheval avançant, après un silence, Kanda l'interrogea :
« Ça va changer quoi, concrètement, d'être en couple ? »
Depuis sa place aux rennes de la charrette, Kanda se retourna à peine pour fixer Allen, devant prendre un angle légèrement douloureux. Ce dernier se marra.
« Bah, on pourra faire plus ou moins souvent ce qu'on a fait ce matin… Si tu en as envie aussi. »
Allen rougit un peu, un sentiment tendre l'envahissant. Kanda fronça les sourcils.
« Finir le pot de miel ? »
Ok, ils n'avaient vraiment pas compris la même chose. Et autant dire qu'après ça, Allen ne voulait plus jamais manger de miel de sa vie. Le blandin leva les yeux au ciel, ayant du mal à repousser son agacement face au caractère obtus de Kanda.
« Non, idiot ! Les câlins ! »
Kanda resta coi une petite poignée de secondes. Il réémergea soudainement.
« Ah, ça.
—Oui, ça, » insista Allen, fâché par son ton dédaigneux, « c'était vachement agréable, tu trouves pas ? Ça t'a plu ? »
Il lui sourit, se voulant encourageant. Kanda grommela entre ses dents.
« Mouais, j'suppose que de temps en temps, j'serai d'accord.
—Super ! »
Cette fois, le sourire d'Allen était heureux. Le ciel au-dessus de leur tête, gris, laissait pourtant présager que le soleil percerait ces nuages épais plus tard dans la journée. Il ferait beau, plus tard. L'astre réchaufferait la forêt, les arbres, la terre, le chemin boueux et cahoteux qu'ils serpentaient.
Kanda émit brusquement un ricanement, le toisant avec un appétit qui ne lui déplut pas complètement.
« On pourra aussi faire l'autre chose qu'on a fait hier soir et ce matin, si tu en as envie. »
Allen reprit des couleurs.
« Bien sûr que j'en ai envie. Mais, hm, tu sais, pour le refaire… il va falloir du temps à mon corps pour récupérer, et une solution plus adaptée, si tu vois ce que je veux dire.
—Tch. Évidemment. Ce soir, on trouve une auberge et tu restes au repos. Mais le sexe ne s'arrête pas à la pénétration, Mo-ya-shi ~. »
Le salopard se foutait de lui !
Agacé, Allen fit une moue boudeuse.
« Je sais très bien, merci. Je te prévenais juste.
—T'inquiète, je te taquinais.
—Très drôle. »
Un autre « tch » lui fit office de réponse, et Allen l'ignora à son tour. De temps en temps, les cahots de la route lui faisaient mal, Kanda s'excusant. La forêt était drue et le sentier finissait par grimper une côte qui passait par une montagne, laquelle les mènerait enfin au prochain village. Ils en auraient pour au moins trois heures. Si le kendoka commanda au blandin de dormir, ce dernier s'y refusa, offrant même de prendre sa place aux rennes s'il était trop fatigué.
Kanda paraissait comprendre que l'exhorter à prendre soin de lui ne ferait que le mettre de travers, alors il se taisait, respectant sa volonté — l'abandonnant surtout à son entêtement. Allen avait sa fierté, encore une fois, et s'il était peut-être un peu bête de s'obstiner, c'était comme ça. Il finit néanmoins par s'endormir, sans s'en rendre compte, sa conscience évanouie au milieu des valises et du sac.
Lorsqu'il se réveilla, ils étaient sur la place du village, et Kanda lui lançait un rictus mi-goguenard, mi-satisfait.
Une cabine téléphonique se trouvait sur place, ils purent l'utiliser pour appeler Komui et demander un rapatriement d'urgence. Heureusement, un train partait le lendemain. Allen fut soulagé, ils rentraient chez eux. Ils prirent une chambre dans l'auberge la plus proche, ravis de se dire qu'ils auraient enfin accès à une salle de bain, un lit et un repas décent.
Kanda demanda à ce qu'ils soient servis en chambre, Allen l'en remerciant – il ne pouvait pas attendre pour manger, mais hors de question qu'il s'affiche en étant vêtu comme un pouilleux au milieu de la salle de restauration. Kanda n'avait pas plus fière allure que lui, d'ailleurs. Se laver était prioritaire.
Une fois dans leur chambre, qui comportait deux lits d'une personne, Allen fonça à la salle de bain, pressé, Kanda restant pour attendre les repas.
Il revint propre comme un sou neuf, le doux fumet de nourriture envahissant son odorat. Le kendoka le prévint qu'il allait se doucher à son tour, et lui dit de ne pas l'attendre pour manger. Allen ne se fit pas prier, il n'en aurait de toute façon pas été capable, en toute honnêteté. Il laissa de côté les plats de son amant, enchanté de se sentir sustenté. Il reprenait des forces et c'était revigorant.
Définitivement ravi pour la journée, le jeune garçon se laissa tomber sur le lit, Kanda le rejoignant. Il mangea brièvement, Allen notant que son appétit était nettement moins à vif que le sien, ce qui le choquait étant donné qu'ils avaient peu mangé pendant plusieurs jours. Il s'inquiétait un peu que Kanda ne se nourrisse pas assez. Lorsqu'il lui fit part de son doute, il se fit envoyer paître, alors il ne chercha pas plus loin.
Kanda restait Kanda.
Enfin, les plats vidés et le silence régnant dans la chambre, l'épéiste se redressa, avançant jusqu'au lit où Allen était couché, emmitouflé dans un peignoir de chambre. Il l'attira entre ses bras et l'embrassa sur la joue. Le rouge aux joues, interdit devant l'attention, le maudit murmura :
« Pourquoi tu… ?
—Pose pas de question, Moyashi. Si ça te dérange, je le fais plus.
—Oh non, pas du tout. Recommence, Bakanda. »
Et il lui tira la langue. Kanda grogna.
« Viens par-là. »
Il entreprit de le faire basculer au-dessus de lui, Allen riant bientôt aux éclats. Le jeune couple batailla un peu avant de s'endormir, n'entendant même pas les coups de la femme de chambre contre la porte qui demandait à récupérer les plats… Ils étaient crevés et avaient besoin de repos.
Ils en avaient vu de belles avec toute cette histoire de miel, mais les choses rentraient dans l'ordre. Ils rentreraient chez eux, et maintenant, ils étaient ensemble. Allen en était sincèrement heureux.
Kanda, lui, pensait qu'il pourrait bien finir par tomber amoureux de ce petit crétin qui dormait entre ses bras.
Fin
On peut dire que ça se finit en beauté, dans l'amour et l'eau fraîche ;). Ça leur annonce du bon x3.
Reviews ?
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Merci d'avoir lu ! :D
