Bonjour/bonsoir tout le monde et bienvenue sur le troisième chapitre de cette fanfiction ! J'espère ne pas vous avoir fait trop attendre ? Le chapitre en lui-même est terminé depuis un petit bout de temps (j'ai juste ajouté deux-trois détails ce soir), mais vu que j'écris de base sur mon téléphone c'est galère de transférer mes fichiers. Ouais.
Bref ! Cette fois-ci le chapitre est plus long que d'habitude, avec 2K5 mots à peu près. En même temps, il s'en passe des choses ! Vous voulez de l'émotion ? Vous voulez du cute ? Vous voulez voir Eri ? Vous allez être servis !
(sinon mais qu'est-ce que vous faites là au juste ?)
Pour le titre, j'ai pas mal hésité. Au début je comptais l'appeler "Un peu la vanille et beaucoup le sucre", puis je me suis arrêté sur "consoler un enfant qui pleure", puis j'ai rajouté cette expression au dernier moment pour en faire mon titre parce que je l'aime trop. Voilà. J'espère que ça vous plaira :)
Bonne lecture !
Sèche tes larmes
...
Ce jour là, Eri avait réussi à se faufiler en douce hors de sa chambre dans laquelle elle était d'habitude confinée. Une infirmière avait malencontreusement laissé la porte déverrouillée. Eri était douée à l'évasion, dès qu'on lui laissait l'opportunité, elle savait qu'elle devait saisir sa chance. Elle ne comptait pas vraiment sortir de l'hôpital, parce qu'elle attendait toujours la visite de Aizawa Shota, mais elle voulait aller voir son Papi. Elle aurait aimé pouvoir s'échapper plus tôt, pour voir comment les héros qui l'avaient sauvée allaient, mais ça faisait assez longtemps maintenant, et elle doutait qu'ils fussent encore là. Eri n'était pas sotte et encore moins sourde. Elle avait entendu dire que certains avaient « succombé », donc étaient morts.
La petite fille se faufila discrètement à travers les longs couloirs blancs et bleu ciel. Elle s'arrêta un court instant pour observer la rue depuis une fenêtre. De sa chambre elle ne voyait que la cour, mais d'ici, on voyait presque toute la ville ! Il y avait des gens qui courraient au travail ou à l'école, dans des uniformes bleus et noirs, et des voitures de toutes les couleurs qui se croisaient au milieu des rues. En face de l'hôpital, il y avait une avenue qui laissait apercevoir les montagnes au loin. On voyait aussi beaucoup de bâtiments, dont un centre commercial à la devanture moderne et travaillée, en néons et en bandes de métal. En entendant le cliquetis rapide de talons haut sur le sol carrelé, Eri fut tirée de sa contemplation et reprit sa petite course. Elle partit se cacher derrière une autre porte.
Ses pieds nus ne faisaient pas un bruit le sol était propre et lisse, mais très froid. Enfin, et après avoir espionné quelques conversations à droite à gauche, elle arriva devant une porte dont les inscriptions disaient le nom de son Papi et les chiffres qu'elle avait entendus. Ici, les couloirs étaient orangés, donnant une impression plus chaleureuse qu'à la sortie de sa chambre.
Après avoir vérifié que personne ne regardait dans sa direction, Eri ouvrit doucement la porte. Elle essaya de faire le moins de bruit possible, mais la grosse poignée émit quand même un lourd « clac » quand elle fut abaissée. Eri poussa à peine assez pour pouvoir se glisser dans l'ouverture, et referma aussitôt qu'elle fut passée, priant pour que personne ne l'ait vue. Les portes fermées n'étaient pas faites pour qu'Eri les ouvre et passe, elle le savait, mais elle savait aussi outrepasser les règles quand elle le voulait, et maintenant elle voulait voir son Papi.
Dans la chambre, il faisait bien plus sombre que dans le couloir. Les néons du plafond étaient éteints, mais le grand soleil filtrait à travers les rideaux épais tirés devant la large fenêtre. Les motifs du tissage se répandaient dans toute la pièce en rayons plus ou moins lumineux, créant des petites tâches noires, grises ou beiges sur les murs. Les deux pans n'avaient pas été tirés parfaitement, et entre eux s'infiltrait un rayon de soleil particulièrement fort, qui créait un liseré doré coupant la salle en deux. Il partait de la fenêtre, et il passait sur la couverture du lit du fond où personne ne dormait, avant de venir caresser les mains fripées de Papi.
Eri retenait sa respiration quand elle s'approcha du lit occupé, n'osant regarder ailleurs que ses mains éclairées. Rien ne bougeait, mais elle entendait une machine émettre des « bips » réguliers dans son dos. Il faisait chaud sans la pièce, le sol n'était plus aussi froid que dans le couloir. Son Papi dormait, remarqua-t-elle quand elle leva les yeux vers son vieux visage. Il était accroché à plus de machines qu'elle n'en avait jamais vu, et c'était probablement mauvais signe. Elle partit s'asseoir sur une chaise à côté en attendant qu'il se réveillât.
Elle sursauta quand la porte s'ouvrit en grand. Le rayon de soleil avait disparu, et elle s'était peut être endormie. Elle n'avait jamais vu l'infirmier qui entra, et il ne l'avait probablement jamais vue non plus.
《 Qu'est-ce que tu fais là petite, qui t'a laissée entrer ? 》
Son ton n'était pas particulièrement méchant mais Eri sentit quand même un air réprobateur qui la fit trembler. Comme l'infirmier ne disait rien et continuait de la regarder, elle en conclut qu'il attendait d'elle une réponse. Rien à voir avec l'infirmière qui s'occupait d'elle, qui lui parlait gentiment mais repartait aussitôt. Rien à voir avec Aizawa Shota qui lui parlait parfois mais respectait son silence.
《 Je voulais voir mon Papi. 》
L'infirmier lui sourit gentiment. Il traversa la salle et vint ouvrir les rideaux.
《 C'est gentil de ta part. Il est très malade tu sais, il a besoin de se reposer. Tu peux rester un peu mais après tu retournes dans ta chambre, d'accord ? 》
Eri acquiesça pendant que l'infirmier réveillait doucement son Papi. Il lui donna un plateau-repas et Eri approcha un peu sa chaise pour se faire remarquer. L'infirmier sortit et Papi tourna la tête vers Eri. Il n'avait pas encore touché sa nourriture.
《 Eri, c'est toi petite ? Approche, viens là. 》
Elle descendit de sa chaise d'un bond et d'un autre vint s'asseoir sur le bord du lit de Papi. Il était haut, mais en poussant un peu sur ses bras frêles elle y arriva sans peine. Il avait l'air encore plus fatigué que Aizawa Shota, et encore plus vieux que la plus vieille personne qu'elle eût jamais vue. Papi leva un bras tremblant, il voulut caresser sa tête mais ne parvint qu'à son épaule et se contenta de son bras nu, autrefois bandé entièrement.
《 Ma petite-fille, qu'est-ce qu'on t'a fait subir ? 》
Il y avait plein de petites cicatrices sur les bras de la fillette, qui faisaient des aspérités sur lesquelles butaient les doigts calleux de Papi.
《 Qu'est-ce qu'on t'a fait Papi ? 》
Eri savait que les gens vieillissaient, mais en moins de deux ans ce n'était pas normal de passer d'une parfaite forme à un état qui nécessitait qu'on vous allongeât dans un lit d'hôpital, et ça aussi elle le savait. Un sourire se dessina sur son visage ridé.
《 On m'a trahi ma puce. Chisaki a de bonnes intentions, mais il ne se rend pas compte du mal qu'il fait pour y parvenir. Il a trahi les valeurs du clan, et quand j'ai voulu l'en empêcher, il a cassé quelque chose à l'intérieur de moi. Maintenant je ne peux plus me lever, et vais mourir parce qu'il ne peut plus me réparer. 》
Papi toussa un peu, couvrant sa bouche avec son autre main, à laquelle était attachée une autre machine. Eri essuya une larme sur sa joue.
《 Moi je peux te réparer Papi ! Je peux te rembobiner jusqu'à avant que tu sois cassé. C'est mon pouvoir, je sais le faire !
- Non Eri. Tu ne contrôles pas assez bien ton Alter, je suis comme ça depuis trop longtemps. 》
Il avait raison. Sans Aizawa Shota pour l'arrêter, Eri risquait de faire disparaître complètement son Papi. D'autres larmes s'échappèrent de ses yeux sans qu'elle ne puisse les retenir, alors que la vieille main de Papi descendait le long de son bras strié de marques rouges et brunes, pour attraper la sienne, petite et blanche. La main d'Eri était tellement petite que quand Papi l'attrapait, ça lui faisait tout un cocon un peu froid mais protecteur.
《 Ma petite-fille, sèche tes larmes car c'est toi qui vas vivre. Tu vas remettre notre clan sur pied et tu seras une Yakuza magnifique. Tu l'as dans le sang, tu es une survivante, tu es une gagnante. 》
Le sourire de Papi s'élargit dans une grimace heureuse alors qu'une des machines s'arrêtait de biper. Presqu'aussitôt, les médecins affluèrent dans la chambre. On écarta Eri sans se préoccuper d'elle et elle finit dans le couloir orange sans savoir comment elle y été retournée. Elle n'osa pas revenir embêter les docteurs qui s'occupaient de son Papi, et retourna dans sa chambre plutôt, en fredonnant sa chanson peut-être un peu trop vite par rapport au tempo auquel elle était habituée. Sur le chemin du retour elle croisa son infirmière qui s'inquiétait. Elle lui confia son plateau repas et pensa à verrouiller la porte, cette fois.
…
Ce jour là, quand l'homme au regard fatigué passa le seuil de la porte de sa chambre, Eri accourut vers lui pour l'accueillir. Puis, elle resta plantée là sans trop savoir que faire. Elle n'osait pas parler. Elle voulait lui demander de l'aider à rembobiner son Papi, mais c'était un Yakuza, et Aizawa Shota était un héros. C'était délicat.
《 Eh bien, tu as l'air tourmentée aujourd'hui. 》
Il avait un sac en papier au bout d'une main et un bol sous le bras, remarqua Eri quand elle baissa le regard pour ne pas croiser celui de l'homme. Elle mentit :
《 Je te demande pardon, je sais pas ce qui m'a pris. Ça va. 》
Les excuses si bien formulées de la petite avaient quelque chose d'automatique, comme si elle les avait répété des dizaines de fois. Shota eut un pincement au cœur en se souvenant que c'était probablement le cas, puisqu'elle avait grandi séquestrée par des criminels. Il posa son bol sur la table de chevet, et y laissa le sac en papier à l'intérieur.
《 Je suis passé à la boulangerie, et j'ai pris une pâtisserie. Ce n'est pas à proprement parler un être vivant, mais c'est fait de matière organique. Elle est dans ce sac. 》
Eri sortit un gros muffin du sac en papier. Il était doré et luisant de beurre, encore chaud du four dans lequel on l'avait fait cuire. Des groseilles séchées avaient été dispersées un peu partout à la surface avec quelques pépites de chocolat blanc, et leurs pigments carmin s'étaient légèrement répandus dans la pâte qui sentait un peu la vanille et beaucoup le sucre.
《 Si tu arrives à le rembobiner, il devrait retourner à l'état de pâte crue et peut-être même que la farine redeviendrait du blé. 》
Shota avisa rapidement le regard brillant que la petite envoyait à la sucrerie, et sourit intérieurement.
《 Est-ce que tu veux essayer ?
- J'ai envie de le manger…
- On pourra toujours le faire cuire à nouveau, et tu le mangeras après ? 》
Shota ne savait pas vraiment faire cuire un gâteau, et encore moins un muffin aux fruits secs, d'autant plus qu'il n'était pas sûr de pouvoir arrêter le rem-bobinage à temps. C'était rapide à faire, un gâteau. Mais heureusement pour la petite, et elle l'ignorait, il était un homme prévoyant. Enfin. Il avait aussi reçu de l'aide d'un ami plus avisé que lui sur le sujet. Et la boulangère avait aussi été une bonne conseillère.
La fillette accepta, alors il sortit de la chambre et resta dans le sas pour observer par la vitre teintée. Il vit la petite fille placer le gâteau avec précautions dans le bol, qu'elle plaça sur ses genoux. Elle souffla un coup et ferma les yeux. Elle remua légèrement les lèvres et Shota supposa que c'était sa chanson qu'elle murmurait encore, pour se donner du courage. Il n'entendait rien d'où il était.
La corne dorée s'illumina, comme traversée d'un éclair qui illumina la pièce comme un nouveau soleil. En quelques secondes, la pâtisserie avait complètement disparu, et Shota avait à peine eu le temps de l'apercevoir se liquéfier dans le bol qu'elle n'existait déjà plus. Il allait activer son Alter en entrant dans la salle, pour ne pas que la fillette ne s'épuisât trop avec le sien, mais il se retint.
Eri pleurait à chaudes larmes, le bol en métal complètement vide dans ses doigts tremblants, et toute la lumière avait disparu. Encore plus étonnant, le bonsaï qu'il lui avait offert était encore là. Il n'avait pas bougé malgré la quantité d'énergie qu'elle semblait avoir déployé, et une fois que le muffin avait disparu, elle s'était arrêtée d'elle-même. Ce constat fit sourire Shota, et les larmes de la petite redoublèrent, se sentant incomprise. Aussitôt il s'inquiéta et s'approcha pour la consoler.
Comment on faisait pour consoler un enfant qui pleure déjà ? Shota n'était pas à l'aise avec les enfants de base les adolescents il pouvait gérer, mais les enfants c'était juste pas son truc. Et les larmes ? Il n'avait jamais été doué avec les gens qui pleuraient, et ça faisait un bail qu'il n'y avait pas eu à faire. Bien sûr au début de sa carrière, il y avait quelques enfants en pleurs à sauver, mais ses responsables s'en chargeaient toujours mieux que lui.
Pris au dépourvu, il tapota maladroitement le haut du crâne de la fillette, qui sursauta au contact.
《 Qu'est-ce qui te rend si triste petite ? 》
Eri renifla tandis qu'elle essuyait ses larmes avec ses bras couverts de cicatrices de de bandes blanches.
《 Je n'y arrive pas, je, je peux jamais l'arrêter… Je fais toujours disparaître ce que j'aime… 》
Ses mots étaient difficilement discernables entre ses sanglots, mais Shota comprit parfaitement.
《 Tu as beaucoup plus de contrôle que tu ne veux le croire Eri. Tu t'es arrêtée sans mon aide, et regarde : le bonsaï est toujours là, alors qu'il n'avait aucune protection. 》
Eri tourna la tête vers le petit arbre qui poussait tout doucement et elle arrêta un peu de pleurer. Ils le mesurèrent ensemble et Eri constata qu'il avait encore un petit peu grandi.
《 Tu le maîtrises assez pour ne pas affecter ce que tu ne vises pas, et tu peux t'arrêter toute seule. On doit juste travailler la dessus pour que tu le fasses de manière consciente. 》
Ils discutèrent encore à propos de ses pouvoirs, et les mots d'Aizawa Shota rassurèrent efficacement la petite fille.
《 Vu que tu as réussi, j'ai un cadeau pour toi.
- Un cadeau ?
- Oui, une récompense. 》
Eri avait déjà reçu des cadeaux, mais jamais de récompense. Aizawa Shota lui expliqua qu'elle avait mérité un cadeau en réussissant à rembobiner la pâtisserie comme il lui avait demandé. Il retourna dans la pièce d'à côté pour récupérer son sac, et en sortit un nouveau sac en papier. A l'intérieur, il y avait exactement le même muffin que celui qu'elle venait de faire disparaître. Mais lui, il était là. Aizawa Shota lui tendit le petit gâteau avec un air bienveillant, et elle l'attrappa avec des mains tremblantes.
《 Tu m'as dit que tu avais envie de le manger, non ? 》
Eri le remercia, la salive lui montant déjà à la bouche. C'est vrai que ça sentait bon, quand même. Plus par curiosité que par faim, elle mordit dans la chair dorée qui sentait bon la vanille mais surtout le sucre. Elle lui en proposa bien un peu, alors qu'elle avait presque fini, mais Aizawa Shota ne devait pas avoir faim, ou peut-être qu'il n'aimait juste pas les groseilles, parce qu'il lui laissa finir. Il lui donna aussi quelques conseils pour s'occuper du bonsaï, et quand il repartit, Eri avait oublié de lui demander pour son Papi.
...
Et voilà, j'espère que vous avez aimé, n'oubliez pas de laisser vos impressions en review ! Quelle partie avez-vous préférez ? Qu'est-ce que vous pensez de l'idée de Eri Yakuza quand elle sera adulte (ça à l'air cool mais ce sera probablement pas pour cette fic sorry not sorry) ? Qu'attendez vous pour les prochains chapitres ? Quels sont vos parfums de muffin préférés (moi je suis comme tout le monde, j'adore le chocolat) ? Qu'avez-vous pensé du dernier épisode (y a eu un bug sur ADN et il s'affichait pas, j'ai flippé pendant un moment !) ? Vous dites La Brava ou Love Lover ? Vous aimez la nouvelle robe d'Eri (je SAVAIS que le rouge lui irait comme un gant !) ?
Je veux tout savoir !
Et rendez-vous pour le prochain chapitre, je pense faire entrer en scène les élèves de UA :D
Ciao !
…
