Une petite fic sur le couple Eraserhead/Present Mic ! J'espère qu'elle vous plaira!

Resumé: Depuis que l'internat a été contruit à UA, Shouta est de plus en plus absent et cela pèse sur Hizashi. Quand ce dernier se dispute avec son compagnon à ce sujet, il sent qu'il doit s'éloigner pour faire le point...

Disclaimer: Les personnages de My Hero Academia ne m'appartiennent pas.

Rating: T

Note: Pour UA (Yuei), je considère une semaine de cours 6 jours comme indiqué dans le My Hero Academia Official Character Book Ultra Archive. Le seul jour de congé est donc le dimanche. Les journées sont faites de 4h de cours le matin (8h40-9h30, 9h40-10h30, 10h40-11h30, 11h40-12h30) et de deux l'après-midi (13h20-14h10, 14h20-15h30). Shirakumo Oboro n'est pas mentionné. Histoire située après l'arc Yakuza.


Chapitre 1 : Lundi

Hizashi poussa la porte de son appartement, rentra et la referma rapidement. Il resta un moment le dos appuyé contre la porte, les mains à plat comme pour bien se signifier à lui-même que la soirée de la veille resterait sur le seuil. Il passa ensuite sa main sur le côté de sa tête d'où provenait une douleur lancinante qui pulsait sur le rythme de Bennie and the Jets. Il était pourtant parvenu à l'oublier sur le chemin qui menait chez lui. Il était arrivé ici en un temps record, ce qui lui valait d'ailleurs d'être essoufflé. Il regarda sa montre qui indiqua 9h et en fut soulagé car il vit qu'il aurait largement le temps de se préparer pour l'heure d'anglais qu'il donnait aux élèves de la 1-A à 10h40, c'est-à-dire, prendre une douche, changer de tenue, faire sa coiffure, traiter son mal de tête et mettre de l'ordre dans son cours. Il calma sa respiration, à la fois rassuré par cet état de fait et récupérant de la folle course qui l'avait ramené à l'appartement.

Il quitta la porte et emprunta le couloir menant au salon et entra directement dans la salle de bain. En passant devant le miroir, il se trouva en piteux état, pire que le récepteur Grammont de son grand-père (et il datait des années 40). Rien qu'en le regardant, on pouvait déduire que la soirée avait été longue et la nuit très courte. Il portait un jeans taille haute, une chemise et des lunettes ordinaires, c'est-à-dire le genre de tenue qu'il mettait pour ne pas être reconnu quand il sortait. Habituellement, ses vêtements étaient impeccables. Par conséquent, la tâche sur sa manche, les deux boutons manquants et la petite déchirure sur le côté de son pantalon ne pouvait être que les conséquences d'une soirée particulièrement mouvementée. Il ouvrit le miroir et prit immédiatement les anti-douleurs pour soigner sa migraine dont le rythme redescendait doucement sur Tiny Dancer. La douche ne fit que le soulager davantage. En sortant, il fut heureux de pouvoir gagner un peu de temps en voyant que sa tenue habituelle était à l'endroit où il l'avait laissé la veille, c'est-à-dire accrochée au radiateur, ses lunettes aux verres orange déposées juste à côté sur le lavabo. Quand il se regarda à nouveau dans le miroir, il se trouva bien mieux comme ça. C'était comme réenregistrer sur la bande magnétique d'une cassette où on avait osé mettre du jazz (le jazz, c'est seulement sur du vinyl, par pitié). Il ne prit pas le temps de relever ses cheveux car il avait un peu tardé à s'habiller. Le temps passait bien trop vite aujourd'hui, un peu comme si quelqu'un appuyait sur le bouton Fast Forward de façon aléatoire. Juste attaché, ça irait bien pour lui. Il avait de toute façon plus urgent à faire...

Il fallait absolument qu'il remette la main sur son téléphone portable. Il était parti sans hier soir et franchement, ça aurait pu être problématique. Sans essayer d'être discret, il laissa ses pas faire grincer le plancher car il savait que la chambre à côté de laquelle il passerait serait de toute façon vide, ce qui se confirma quand il jeta un œil sur sa gauche. Il franchit la porte du salon au bout du couloir. Alors qu'il s'attendait à tomber sur une pièce déserte, à peine troublé par le chat, Wilco, c'est une situation bien différente qui l'attendait. Shouta, son compagnon, était là... Assis sur le canapé, il lisait tranquillement le journal.

« Oh… Hello Shouta, fit Hizashi, troublé. You're home ?

-Je viens d'arriver. J'avais oublié un cours ici, dit Shouta tout en reposant ses eux sur le journal.

-Ah d'accord. »

Hizashi assomma sa propre bêtise. Evidemment que Shouta n'était pas rentré... Il était juste repassé ici pour le travail (sûrement pas pour autre chose) et allait repartir aussitôt. Il devait d'ailleurs avoir franchi la porte pendant qu'il prenait sa douche.

« Ton téléphone portable est sur la commode. », ajouta l'homme remarquant probablement que son compagnon parcourait la pièce du regard.

Hizashi le prit aussitôt et fut soulagé de voir qu'il n'y avait aucun appel en absence. Il se sentit vraiment idiot d'être parti sans toute la nuit et le rangea immédiatement dans sa poche arrière en se promettant mentalement de ne plus jamais être aussi distrait. Alors qu'il était plongé dans ses pensées, la voix de Shouta dans son dos le fit presque sursauter.

« Ça a été dimanche ?

-Oh... YES ! Nothing to report. », s'empressa de répondre Hizashi.

Rien à signaler... Ce n'était pas tout à fait vrai. C'était même carrément un mensonge mais Hizashi ne préférait pas parler de sa soirée de la veille en ayant les idées aussi peu claires. Il ne voulait pas mentir à Shouta mais il n'avait pas envie de parler de ça maintenant et s'il pouvait l'oublier et effacer la bande, ce serait mieux. C'était... compliqué. Ses yeux revinrent sur son compagnon qui lisait toujours et avait froncé les sourcils sur son "YES", dit un peu trop fort. C'était presque bizarre en fait... Il ne le faisait pas souvent, lire comme ça dans le canapé. Même "être assis" n'était pas sa position privilégiée sur ce sofa tellement confortable.

Une petite voix intérieure lui fit remarquer que Shouta et lui étaient enfin dans un lieu qui n'était ni l'extérieur, ni UA, à une heure inférieure à 23h... et juste tous les deux. Une situation comme celle-là était extrêmement rare ces derniers temps, voire unique. Et c'était ainsi peut-être le moment de parler de cela: le fait que ce genre de situation soit rare. D'un autre côté, Hizashi devait admettre qu'il n'était pas complétement en état pour avoir une conversation difficile (car oui, cette conversation allait être difficile) et que le temps manquerait probablement. Finalement, il décida de se lancer sans trop réfléchir :

« Shouta… »

L'homme releva immédiatement les yeux vers lui et posa son journal, ce qui surprit beaucoup Hizashi qui s'attendait à devoir le solliciter plusieurs fois. A 8h du matin, sur une échelle de 1 à 10, le niveau de conscience de Shouta était habituellement situé juste en-dessous de 4 quand celui d'Hizashi était déjà à 11 (sauf aujourd'hui). Un peu déstabilisé, ce dernier aligna avec difficulté une demande qu'il méditait pourtant depuis des semaines.

« Euh… Shouta… En fait… Il faudrait qu'on parle. »

A la minute où il prononça cette phrase, il sut que c'était une entrée en matière extrêmement nulle et maladroite. Néanmois, il fallait bien commencer par quelque part.

« De quoi veux-tu parler ? », dit Shouta.

Hizashi remarqua que le visage de son compagnon n'avait absolument pas changé. Il n'avait l'air ni surpris, ni intéressé, ni spécialement impatient. No signal. Ce n'était pas vraiment inhabituel mais dans ce cas précis, Hizashi aurait bien voulu être encouragé dans sa démarche. Il interpréta cela comme un signe plutôt négatif. Shouta lui accordait probablement de l'attention pour ne pas le laisser en plan et espérait que c'était quelque chose de bénin dont il s'acquitterait facilement. Cependant, c'était loin d'être le cas. Ok, cancel. Fin de l'opération. Retraite. Hizashi sentit donc que ce n'était pas le bon moment. Mais il fallait ne pas pour autant que cette première tentative n'aboutisse à rien.

« Ahem. Ça ne doit pas être forcément now, reprit Hizashi. Je dis simplement qu'il faudrait qu'on prenne le temps de discuter... quand on pourra se capter... »

Un tout petit pas pour préparer l'esprit de Shouta, juste pour ouvrir le canal... Il serait ainsi de meilleure composition. Mais alors qu'il sentait la tension redescendre en lui, cette dernière remonta immédiatement quand Shouta croisa les bras et leva un sourcil en lui disant :

« J'ai le temps maintenant. »

La réponse troubla Hizashi car il lui semblait que son compagnon lui envoyait plutôt de mauvaises ondes. Shouta avait une posture fermée, un visage neutre et une pointe d'agacement dans la voix. Il n'avait pas l'air de vouloir discuter et pourtant l'y encourageait. Les voyants étaient au rouge... Mais peut-être qu'il avait raison. Pourquoi attendre après tout ? De toute façon, ça devait bien être le genre de discussion pour lequel, personne n'était jamais vraiment prêt. Shouta serait toujours un peu de mauvaise humeur et lui, jamais certain de trouver les mots pour dire les choses. Se rassurant lui-même, Hizashi décida de se lancer :

« Shouta, tu as presque passé toute la semaine à l'internat et tu es à peine revenu mercredi.

-On s'est vu jeudi aussi, corrigea son compagnon

-Oui…»

« Ok, si tu veux, Shouta… », pensa Hizashi. Ce n'était pas vraiment la définition qu'il donnait à « se voir ». En fait, ils avaient mangé ensemble à l'extérieur comme tous les jeudis mais Shouta lui avait à peine adressé la parole, balayé la plupart des sujets de conversation et était directement reparti à l'internat après le repas. Genre Hello Listeners et directement après, fin des programmes, au revoir. Out. Mieux valait-il ne pas parler de mercredi où Shouta était arrivé très tard et dont tout ce dont Hizashi se souvenait était simplement le mouvement du matelas quand son compagnon était revenu et le deuxième mouvement de matelas quand il était reparti aux premières lueurs de l'aube. Il décida d'être plus explicite :

« Je ne te vois plus beaucoup, Shouta.

-Je suis à l'internat... », répliqua immédiatement son compagnon, un peu sur la défensive.

Hizashi s'attendait à cette réponse et heureusement, il avait réfléchi à comment réorienter la conversation. Oui, l'internat de UA devait être surveillé mais pas uniquement pas Shouta Aizawa, le Héros Underground...

« Je sais. Mais tu pourrais déléguer cette tâche, dit alors Hizashi.

-A toi ? »

Hizashi ne comprit pas cette réponse et son ton n'augurait rien de bon. Mais il continua :

« Alors, oui, éventuellement... Dans ce cas, autant emménager à l'internat à deux, dit Hizashi sur un ton sarcastique. Plus sérieusement… Je ne suis pas assigné à cette tâche. Néanmoins, d'autres le sont comme Vlad, Nemuri, All Might et j'en passe... Alors...

-Tu n'as pas l'air de t'en rendre compte mais la situation est problématique. », le coupa Shouta.

Problématique. C'est vrai que le mot était faible. Pour une école, même destinée à former les héros professionnels, deux attaques majeures sur les élèves de première année, des blessés et un kidnapping ne constituait pas une situation problématique. C'était carrément une crise, voire un état de guerre. Le fait qu'il n'y ait pas eu de morts relevait du miracle.

« Bien sûr que si, dit Hizashi sur un ton ferme. Mais tu ne trouves pas que tu exagères un peu ? Tu passes toute la semaine là-bas.

-Oh... Je ne savais que je devais me justifier auprès de toi quand j'assure la protection d'élèves, continua Shouta avec sarcasme.

-C'mon, Shouta... Tu fais vraiment ça pour eux ? Ou c'est juste parce que tu te sens mal car la plupart des événements sont arrivés sous ta surveillance ? »

Hizashi regrettait déjà d'avoir dit ça car c'était un sujet extrêmement sensible mais... Cette mauvaise conscience... Elle était injustifiée. Hizashi savait à quel point que Shouta n'était pas responsable des attaques et qu'il avait géré les situations du mieux qu'il pouvait. Mais il savait aussi à quel point, il ne parvenait pas à l'entendre. Alors que tout cela n'était pas sa faute...

« En tout cas, je ne ferai pas les choses différemment pour combler ton besoin de compagnie », dit Shouta d'un ton sec.

Mais so what ? Hizashi fut déstabilisé. Pourquoi Shouta réagissait aussi mal ?Sentant qu'il perdait le contrôle de cette conversation, il répliqua le fond de sa pensée qu'il aurait préféré garder pour lui et de façon plus brutale qu'il aurait voulu :

« N'inverse pas les rôles. Ce n'est pas moi qui aie un problème parce que tu n'es pas là. C'est toi qui n'es pas là parce que tu as un problème. »

Il aurait voulu ajouter quelque chose comme « Et si tu as un problème Shouta, moi aussi j'ai un problème... » mais les mots se perdirent dans son esprit, effacé par le visage de Shouta qui restait impassible. « Please... Shouta, est-ce que tu me reçois, là ? », pensa-t-il. L'atmosphère était si pesante qu'Hizashi avait l'impression de la porter sur ses seules épaules. Shouta ne voulait pas parler. C'était évident. Il prenait tout de travers alors que ce dont ils parlaient ne devait pas générer tant de conflits. Il fallait juste souffler sur le disque et puis le remettre en place pour faire repartir la musique... et pas démonter toute la chaîne hi-fi.

« Je sais quoi faire de mon temps et je sais exactement où je dois être, dit brusquement Shouta. Je ne pense pas qu'une personne qui fait son boulot de héros à quart de temps puisse comprendre ça. Retourne animer ta radio et laisse-moi travailler. »

Wait over. Hizashi ne réalisa pas immédiatement ce que Shouta venait de dire. Tout d'abord ce fut l'incompréhension. Puis suivit la sidération. Et enfin, la tristesse. Pas besoin de Read back, il avait parfaitement entendu. Roger, bien reçu. Loud and clear. Mais il ne se mit pas en colère. C'était un vieux conditionnement qui le suivait depuis longtemps et dont il n'arrivait pas à se défaire. Alors qu'il laissait le silence s'installer, Hizashi se revoyait parfaitement dans un autre salon, moins éclairé et un peu plus traditionnel, face à un grand homme qui le surplombait de toute sa hauteur, les bras croisés et l'œil sévère.

Évidemment, ce n'était pas la première fois que son partenaire de vie était un peu rude avec lui. Shouta avait son caractère. Quand Hizashi parlait trop, il le lui disait sans détour. Quand il mettait la musique un peu fort, il lui jetait ce regard qui voulait dire « sérieusement ? ». Quand il avait trop d'énergie à revendre, il n'hésitait pas à le lui faire remarquer. Il y avait parfois des choses un peu plus rudes qui pouvaient lui échapper. Mais ici c'était différent car contrairement aux autres situations, il n'y avait pas ce petit quelque chose dans les yeux de Shouta qu'Hizashi avait toujours traduit comme "non, mais je t'aime quand même". Et le fait qu'Hizashi consacre moins de temps à son travail de héros que Shouta, étant donné ses activités en radio, n'avait jamais été mentionné dans la moindre dispute. Cela n'avait jamais eu la moindre importance.

« J'ai cours, je dois y aller. Tu me mets en retard. », dit Shouta en quittant la pièce.

Hizashi resta un seul dans le salon et entendit la porte de la porte se refermer quand Shouta s'en alla. Out, terminé, pas de réponse attendue, fin des communication, fermeture du canal. À présent, c'était le bruit blanc dans le combiné. Comment les choses avaient-elles pu en arriver là ?

Shouta et lui se connaissaient depuis longtemps. Ils s'étaient rencontrés à UA et avaient fait leurs classes ensemble, partageant toujours le même banc. Dès le début, Shouta avait fait battre les baffles du cœur d'Hizashi et mis ses sentiment au volume maximum. C'était comme si on avait mis le courrant dans sa vie et branché le bonheur. Hizashi avait aimé Shouta dès la première note comme une chanson culte dont on ne se lasse jamais. Shouta, c'était son tube planétaire, le premier de son top 50. Le problème avait juste été qu'ils n'étaient pas sur la même fréquence. Ce n'était pas réciproque. Enfin, c'est ce qu'Hizashi avait cru comprendre à travers les soupirs agacés de Shouta quand parlait trop fort et trop proche de lui. Cela avait parfois été difficile d'être juste son ami sans que ses sentiments ne viennent brouiller son esprit. La Friend Zone n'était pas toujours facile... Les années à UA étaient de bons souvenirs. Si sa vie commune avec Shouta n'existait pas, elles auraient été les meilleures. Il y avait eu des moments sombres mais Hizashi les balaya immédiatement. Ce n'était pas la peine d'y repenser. Ce n'était pas la peine de se faire du mal comme ça. Il fallait garder les bonnes choses, surtout à quel point UA avait été bien plus chez eux que les endroits où ils habitaient respectivement.

Finalement, ils étaient arrivés au bout de leur formation et avaient ainsi débuté leur carrière de héros en même temps. Néanmoins, Shouta était parti de son côté pour travailler seul et Hizashi savait bien pourquoi. Shouta était comme ça, un talkie en zone blanche. Il n'avait jamais connu ses parents, il avait vécu dans un foyer. Il avait toujours été seul et il ne voulait pas s'encombrer d'un partenaire qu'il pourrait perdre. Hizashi avait ainsi perdu son signal et lui aussi avait commencé à tracer sa route. Il n'aimait pas trop se rappeler cette longue année passée sans voir Shouta qui ne répondait presque jamais au téléphone. Il avait enchaîné les relations sans lendemain, espérant probablement que ses sentiments finissent par s'estomper. Il faisait aussi beaucoup la fête. Mais on ne met pas ce genre de choses sur mute bien longtemps. Shouta était finalement réapparu et Hizashi avait pu renouer avec lui. Il semblait aussi plus accessible. Une banale soirée devant un film les avait définitivement rapprochés et ils étaient restés depuis sur la même longueur d'ondes, jusqu'à revenir à UA pour enseigner. Mais tout ça, c'était le passé. Hizashi se concentra sur les évènements récents.

Cette année à UA avait été particulièrement difficile. Peu après la rentrée, le centre d'entraînement avait été attaqué par l'Alliance des Vilains. Heureusement, leur plan initial de massacrer la classe 1-A échoua. Shouta, Numéro 13 et quelques élèves avaient pu contenir les assaillants jusqu'à l'arrivée des renforts dont Hizashi faisait partie. Il se souvenait encore de la colère qui était montée en lui en découvrant l'état de son compagnon. C'était comme si un effet Larsen lui avait explosé les tympans. Midnight l'avait d'ailleurs vite compris et s'était précipitée pour l'empêcher de combattre davantage, l'incitant à aller au chevet de Shouta. L'Alliance était déjà vaincue de toute façon. Ainsi, Hizashi s'était rapidement rendu à l'hôpital pour veiller sur Shouta mais Recovery Girl lui avait finalement dit de sortir pour qu'elle puisse travailler. Hizashi avait alors attendu dans le couloir durant des heures qui lui avait semblé être des jours. Quand enfin il avait pu revoir son compagnon, celui-ci était inconscient et Hizashi ne s'était pas résolu pas à quitter la chambre avant de voir apparaître des signes de conscience.

La première chose que Shouta lui avait demandé en ouvrant les yeux était si tous les élèves allaient bien. La deuxième fut évidemment quand il serait rétabi... Et la réponse de Recovery Girl ne l'avait pas vraiment satisfait. Ses bras avaient subi plusieurs fractures et la guérison complète prendrait des semaines. Ces semaines furent longues pour lui mais Hizashi avait été là pour l'assister et tenter de lui faire oublier son manque d'autonomie. Ce n'était pas évident car Shouta n'était pas du genre à demander de l'aide. Alors Hizashi avait tout mis en œuvre pour qu'il n'ait pas à le faire, anticipant à l'avance ce dont il aurait besoin avant même qu'il n'y pense. C'était du travail mais Hizashi sourit en pensant à quel point, il avait été heureux de voir l'état de Shouta s'améliorer de jour en jour.

Il n'avait pas été facile de convaincre son compagnon de rester à ses côtés durant le championnat de UA. Shouta détestait être exposé. Cependant, il avait dû réaliser que c'était préférable comparé à rester seul immobile devant une télévision ou assister au championnat dans le public bruyant et agité. Hizashi avait vraiment adoré pouvoir le garder près de lui mais il avait dû aussi lutter contre lui-même pour ne pas se laisser aller à une démonstration d'affection envers son compagnon qui n'aurait clairement pas apprécié, étant donné la caméra braquée sur eux. Shouta n'aimait pas ce genre de choses quand il y avait du monde. Ça avait l'avantage de préserver leur intimité. Ainsi, ils ne s'étaient jamais retrouvés pas dans les magazines qui colportaient des ragots sur la vie des héros professionnels. De toute façon, avec ses blessures, les gestes tendres étaient difficiles. Shouta acceptait tout juste qu'Hizashi lui touche le visage.

Après son rétablissement, Shouta resta malheureusement distant. Hizashi avait patiemment attendu, laissant de l'espace à son compagnon qui devait avoir besoin de reprendre ses habitudes. En y repensant, il s'en voulait aujourd'hui de ne pas avoir creusé la question à ce moment-là car il était clair que son compagnon avait été habité par des pensées très sombres qui l'avait éloigné de lui. Cependant, cela avait été vite oublié car Shouta était revenu vers lui après l'examen final des étudiants. Hizashi se rappelait d'ailleurs douloureusement son affrontement contre Kyoka et Kota qui étaient parvenu à l'atteindre en utilisant une de ses plus grandes faiblesses : son entomophobie. Il se revoyait à terre en train de péniblement tenter de se débarrasser de ces centaines de petits monstres qui grouillaient partout sur lui mais ce n'était pas évident à faire, surtout les yeux fermés. La panique ne faisait que grimper. Il se souvenait parfaitement de l'étreinte qui l'avait saisi, le soulevant du sol pour l'emmener plus loin, en dehors du champ des caméras. Il n'avait pas eu besoin d'ouvrir les yeux pour voir qui c'était car il n'y avait aucune chaleur avec laquelle il aurait pu confondre celle qui venait de l'enlacer. Dans les bras de Shouta, il avait pu calmer sa respiration. Les choses allèrent bien mieux quand son compagnon le déposa à terre pour passer sa main sur ses vêtements et enlever les insectes qui étaient encore sur lui. Alors qu'Hizashi s'était relevé pour s'appuyer sur la grille de l'arène et se calmer définitivement, il s'était attendu à pas mal de choses comme un sermon de Shouta sur le fait qu'il serait grand temps de traiter cette peur irrationnelle des insectes. Il fut surpris quand son compagnon s'était contenté de le serrer contre lui. Certes, ils étaient seuls loin des étudiants et des caméras mais Hizashi n'espérait en général pas ce genre de gestes autre part qu'entre quatre murs (et si les rideaux étaient tirés, c'était préférable). Mieux encore, Shouta avait posé ses lèvres sur les siennes et l'avait enlacé encore plus fort. Ils étaient partis bien plus tôt que les autres professeurs pour rester l'un près de l'autre et laisser à l'obscurité de leur chambre le soin de les rapprocher davantage. Ils étaient revenus sur les mêmes ondes.

Hizashi avait pensé que cela serait derrière eux mais les évènements en avaient décidé autrement. L'attaque du camp d'été avait laissé deux élèves blessés et un garçon de la classe de Shouta avait été enlevé. UA avait dû faire un communiqué à la télévision pour expliquer la situation et s'excuser publiquement. Evidemment, Shouta avait dû y participer. Hizashi n'avait pu s'empêcher de le trouver beau dans son costume mais savait très bien au fond de lui-même que son compagnon vivait un véritable calvaire. L'internat avait été construit et Shouta y avait finalement quasiment élu domicile. Il n'avait cessé de s'éloigner et Hizashi l'avait laissé faire, attendant sûrement qu'il revienne de lui-même comme la dernière fois. Mais le temps n'avait cessé de s'écouler. Un mois, puis presque deux... Il avait encore perdu le signal et pire, Shouta n'émettait presque plus...


Hizashi finit par trouver l'énergie pour faire ses affaires et se rendre à UA. Il pénétra discrètement dans la salle des professeurs où il trouva immédiatement Nemuri devant la machine à café. Elle ne portait pas son habit d'héroïne aujourd'hui mais un joli tailleur bleu foncé. Ce n'était pas inhabituel car la jeune femme aimait varier ses tenues, surtout quand elle avait une tâche précise dans sa journée, comme une évaluation ou une réunion. Néanmoins, Hizashi devait bien avouer que parfois, il avait bien du mal à la reconnaître quand elle s'habillait ainsi.

« Salut mon chou, lança-t-elle en le voyant.

-Hello Nemuri, tu es trop pretty comme ça !

-Merci ! Et toi, ça te va bien les cheveux attachés ! Tu veux un café ?

-Oui, je veux bien. »

Un café ne serait en effet pas de trop étant donné la journée l'attendait. Nemuri lui tendit une tasse en disant :

« Je vois que tu as survécu à ta folle soirée. »

La dernière fois qu'Hizashi avait croisé la belle Midnight, c'était en effet la veille au soir, juste avant de rentrer dans une boîte de nuit du quartier de Shibuya, endroit dont il était ressorti dans un état qui ne lui inspirait qu'une immense gêne et c'est bien entre autres pour cela qu'il n'en parlait pas. Il éloigna immédiatement ses souvenirs et se concentra sur sa réponse.

« Oh, elle n'était pas si folle que ça, mentit-il

-Vraiment ? insista Nemuri, tu avais l'air de vouloir décompresser.

-Finalement ça n'a pas pris. Parfois, il y a des soirées qui ne décollent pas. »

Hizashi n'aimait pas trop mentir en général, surtout à des personnes qu'il appréciait comme Nemuri mais le problème c'est que s'il commençait, il allait devoir lui raconter la totalité et ça… C'était no way sur ce coup-ci. Hors de question d'exposer ses problèmes de couple. Il s'installa à une table et commença à travailler sur ses cours même s'il peinait à se concentrer. L'heure tournait et Hizashi savait qu'il devrait se rendre à un moment donné au local de la classe 1-A... où Shouta donnait cours. C'était hors de question de le croiser, même à l'inter-cours. Il décida donc d'arriver avec cinq minutes de retard et laissa le temps filer.

« Hizashi, tu vas être en retard, l'avertit soudainement Nemuri semblait aussi avoir un œil sur l'heure.

-Oh yeah tu as raison, je n'avais pas vu le temps passer. À plus tard.

-Oui, à plus tard... »

En quittant la salle, il sentit le regard de Nemuri dans son dos. Il savait bien ce qui la travaillait car durant les trois quart d'heure où ils étaient restés ensemble à travailler côté à côte, il n'avait pas dit un mot. Il se rendit extrêmement lentement jusqu'au local de la 1-A. Il arriva comme prévu avec cinq minutes de retard et fut soulagé de trouver simplement les élèves, pas vraiment impatients de commencer le cours. Hizashi constata dans leurs yeux un mélange de surprise et d'appréhension. Certes, ses cheveux étaient différents aujourd'hui mais il était aussi très taiseux. De toute évidence, ça les déstabilisait... Alors qu'Hizashi déposait ses affaires, il sut immédiatement qu'il ne pourrait se comporter comme d'habitude et encore moins donner cours normalement, surtout si on le fixait de cette façon. Et pourtant, c'était le chapitre sur le langage, la communication et le vocabulaire radio professionnel... Son thème préféré... Son thème... Mais aujourd'hui, c'était impossible. Plan B. Il prit immédiatement la parole en se forçant à faire comme d'habitude :

« HELLO, le chapitre sur le past simple étant terminé depuis deux semaines, prenez une feuille. Racontez-moi votre dimanche au passé en plus de 500 mots avec minimum trois verbes irréguliers. "être" et "avoir" ne comptent pas évidemment. Vous avez toute l'heure. N'oubliez pas votre nom.

-C'est coté ? demanda la voix fébrile de Denki Kaminari.

-Yes, it is. Ne perdez pas de temps. »

Tous les élèves de la 1-A sans exception affichèrent une expression à la fois terrifiée et scandalisée face ce qu'ils pouvaient appeler un véritable coup de poignard dans le dos. Néanmoins, ils s'exécutèrent rapidement et prirent une feuille pour commencer la lourde tâche qui les attendait. Ils allaient clairement lui en vouloir quelques temps mais Hizashi se promit de ne pas être trop strict dans la cotation. Il déculpabilisa en se disant qu'il n'était au moins pas trop sévère avec le thème de la rédaction. Ils avaient en effet étudié le past simple dans le cadre du chapitre précédent : la rédaction de rapports d'intervention en anglais. Traduction : Le pire thème qui n'ait jamais existé. EVER. Hizashi prit place derrière le bureau en s'empêchant de penser que Shouta s'était trouvé là une dizaine de minutes auparavant.

Ça ne pouvait pas continuer ainsi. Cette discussion avec Shouta avait été un echec. Hizashi le réalisait pleinement à présent. L'heure était grave et il ne savait pas quoi faire. Tout ce qu'il savait, c'était qu'il se sentait terriblement mal (et son travail pourrait bien en être affecté). Il fallait qu'il fasse le point, un genre de petit break, pour mettre de l'ordre dans ses idées. Juste baisser le volume et repartir plein baffle juste après. Le silence qui régnait dans la classe lui permettait de réfléchir à sa situation actuelle (une petite musique n'aurait quand même pas été de trop) et il constata immédiatement que c'était plus facile que dans l'appartement, rempli de choses qui évoquaient Shouta et lui. Il parvint ainsi rapidement à la conclusion que s'il devait faire le point de sa relation avec Shouta, il valait mieux le faire dans un terrain neutre, où aucune interférence ne viendrait brouiller sa réflexion. Il était évidemment hors de question de passer ses nuits à l'internat car la présence de son compagnon rendrait la chose contre-productive. Le petit hôtel non loin de l'école lui revint en mémoire. Il pourrait passer quelques jours là-bas... Cette pensée lui noua l'estomac et il écarta d'abord cette possibilité qui lui semblait bien trop radicale. Cependant, après avoir éliminé ses amis qui poseraient bien trop de questions et sa mère qui n'était même pas une option envisageable vu qu'elle était retourné vivre aux Etats-Unis depuis presque dix ans, il se rendit à l'évidence que c'était en fait la seule viable. Il serait seul dans en zone blanche et comme il était fort probable que Shouta ne revienne pas vers lui cette semaine (mis à part jeudi où ils mangeaient toujours ensemble), il ne devrait même pas lui expliquer quoi que ce soit. Il laisserait alors le chat Wilco à Madame Tanaka qui habitait dans l'appartement d'en face en prétextant n'importe quoi. Elle adorait les animaux, particulièrement les chats et ne raterait pour rien au monde une occasion de garder Wilco qui était une usine à câlins. Il pourrait facilement réserver avec son téléphone portable, revenir à son appartement prendre ses affaires, confier Wilco à Madame Tanaka et partir dormir là-bas le soir-même.

L'heure se termina et Hizashi ramassa les copies sous les mines déconfites des élèves qui avaient réellement tout donné. Dans le couloir qui le menait au local de la classe de la 1-B, il consultait sur son téléphone le site de l'hôtel avec fébrilité. Il avait encore l'impression que cette solution était trop radicale et hésitait fortement. Il s'arrêta juste avant de rentrer dans la classe et finit par confirmer les informations qu'il avait encodé. C'était décidé, il s'éloignerait une semaine de l'appartement.

Arrivé dans la classe de la 1-B, il réalisa qu'il devrait faire subir la même interrogation par soucis d'équité. S'il ne le faisait pas, Vad King ou pire Shouta n'hésiterait pas une seconde à le lui faire remarquer. En pénétrant, dans le local, il devina d'ailleurs que l'information avait déjà filtré car tous les élèves étaient bien assis à leur place et particulièrement silencieux. Certains comme Tetsutetsu relisaient en catastrophe leur liste de verbes irréguliers. Hizashi s'installa au bureau près du tableau et annonça à contre-cœur l'interrogation surprise, à des élèves dont le visage se décomposait littéralement. Il ne dit rien de plus mais il fallait vraiment qu'il arrête d'être aussi silencieux. De toute évidence, ça faisait peur aux gens. Il était temps de remonter le volume.


Un paquet de copies dans son sac, Hizashi décida de sortir durant le temps de midi car il voulait vraiment éviter Shouta. Il veilla à ne croiser aucun des professeurs, particulièrement Nemuri dont il ne doutait pas des soupçons. Il se remémora son planning de la journée. Cet après-midi, c'était les deuxièmes. Il ne donnait évidemment pas cours d'anglais à toutes les classes de UA. Les sections étaient bien trop nombreuses. Il était normalement uniquement associé à la filière Héroïque et voyait peu les autres professeurs d'anglais. On lui avait cependant exceptionellement demandé de prendre deux classes de section Générale.

L'après-midi, il se rendit dans le bâtiment des deuxièmes années où il trouva une classe 2-A (*) particulièrement calme. Des informations avaient aussi filtré jusqu'ici de toute évidence. Comme le courage lui revenait, il décida de donner cours normalement.

« HEY ! Un peu de MOTIVATION, PLEASE ! Prenez votre BOOK ! Nous allons continuer de lire le texte de la page 86 ! »

Un soupir de soulagement à peine voilé parcourut la classe. Il enchaîna les deux classes 2-A et 2-B. Il retrouva une certaine motivation à donner anglais et même un peu de bonne humeur. Après les cours, il fila immédiatement à l'agence où il travaillait avec Snipe pour la réunion hebdomadaire. Il essaya d'être attentif au planning des patrouilles et aux quartiers qui devait bénéficier d'une vigilance particulière. Tokyo connaissait une recrudescence des braquages éclair et il fallait être vigilant. Hizashi détestait être assis sur une chaise pendant plus d'une heure mais fut tout de même heureux d'avoir de quoi s'occuper l'esprit. Quand la dernière heure de la journée se termina, une mélodie un peu sombre parcourut son esprit car il savait ce qui lui restait à faire. Il devait à présent rentrer chez lui et se tenir à ce qu'il avait prévu.

Il mangea sur la route et rentra rapidement. Sans surprise, il n'y avait personne. Il se rendit dans sa chambre et en essayant de ne pas trop réfléchir à ce qu'il faisait, prit un sac en haut d'une armoire et commença à y mettre le nécessaire pour une semaine. Il passa dans la salle de bain prendre ce dont il aurait besoin et termina ainsi son sac qu'il referma. Il alla dans le salon et attrapa Wilco qui opposa un peu de résistance mais fut bien plus coopératif après une série de caresses. Il alla le déposer le chat chez Madame Tanaka qui fut ravie et qui, au plus grand bonheur d'Hizashi, ne posa aucune question. Il revint ensuite dans l'appartement où il se changea. Avoir un habit de héros aussi voyant avait toujours eu un avantage: on devenait méconnaissable quand on le retirait. Il veilla à éteindre toutes les lumières et sortit. Il aurait pu marcher jusqu'à l'hôtel car il était à peine plus loin que UA mais prit plutôt sa voiture car il en aurait besoin vendredi pour aller dans le centre de Tokyo. Il se gara cinq minutes plus tard dans une rue plutôt déserte. Le réceptionniste ne le reconnut pas et Hizashi atteignit rapidement sa chambre. Elle était exactement comme sur la photo, plutôt grande avec un petit bureau pour qu'il puisse travailler. Il s'y installa rapidement.

Hizashi mit un peu de musique et commença directement à corriger les copies en entamant celle de la classe 1-A. La plupart s'en était bien sorti malgré le fait d'avoir été pris au dépourvu et il était clair que tous avaient certainement passé un meilleur dimanche que lui. Celui de Yaoyorozu était aussi luxueux et faste que son anglais était excellent. Le gala de charité auquel elle avait assisté le matin n'était que paillettes, bijoux et montres hors de prix et son "petit goûter" qui avait suivi semblait d'une grande simplicité en comparaison, si on oubliait évidemment le fait que quarante personnes y étaient présentes et la montagne de beignets qu'elle avait fait faire par un cuisinier français. Uraraka avait également une bonne copie car elle avait habilement utilisé le vocabulaire appris les semaines précédentes et avait ainsi pu produire un texte assez riche bien que ce qu'elle racontait ne devait pas correspondre à la réalité. Il lui accorda aussi une très bonne note et passa à la suite. Kirishima était allé acheter de nouveaux vêtements et était passé à la pharmacie où il avait croisé Mina. Puis il avait passé l'après-midi chez Bakugo, ce que ce dernier confirma. Ils étaient ensuite allés au cinéma le soir. Néanmoins, Hizashi constata que chacun avait une version différente de la fin de la soirée. Eijiro prétendait qu'après le cinéma, ils étaient encore allés boire un verre et s'étaient séparés vers 22h. Katsuki racontait de son côté qu'après leur film ils s'étaient rendus à la salle d'arcade. L'un des deux ne disaient pas la vérité ou alors ils ne s'étaient tout simplement pas accordés sur leur version. Hizashi sourit en comparant les deux copies et fut indulgent sur les fautes de syntaxes qu'elles présentaient car il se doutait bien de ce qui se dissimulait sous ce pieux mensonge. Jiro était allée à un concert, ce dont l'envia Hizashi car il aurait vraiment dû faire de même. En lisant la copie de Iida qui était allé voir son frère, il se rappela du jour où il avait rendu visite à Tensei à l'hôpital et réalisa qu'ils ne s'étaient pas reparlé depuis. Il faudrait qu'il remédie à cela... Tous n'étaient pas parvenu à réussir l'exercice. Malgré ses efforts Kaminari avait échoué et sans surprise, la copie de Mineta était aussi très mauvaise. Et il était évident que ce qu'il racontait n'était que pure affabulation. Hizashi ne savait pas ce qui le navrait le plus dans ce texte, entre l'évidence même que toutes ces filles qui l'avaient invité à prendre un verre n'existaient pas ou le fait d'avoir écrit boobs avec un seul "o". Il mit cette copie rapidement de côté et prit la dernière du tas de la classe 1-A qui était celle de Midorya.

Hizashi ne savait pas quoi penser de ce garçon auquel All Might semblait beaucoup tenir et qui était une source de conflit perpétuel entre Shouta et l'ex-numéro un. Son anglais était assez simple. Il ne s'encombrait pas de phrases longues pour raconter qu'il s'était entraîné à UA, sauf en fin d'après-midi où il avait emmené Eri au parc avec Mirio. Ensuite, il était rentré et avait confié la petite fille à "Monsieur Aizawa". Hizashi fronça les sourcils en lisant le nom de la petite fille et se laissa aller contre son siège. Il savait très bien qui elle était. Il savait aussi que si Shouta restait autant à l'internat, même le dimanche, c'était aussi pour s'occuper d'elle. Mais ça, c'était juste impossible de lui en parler. Hizashi n'avait même pas essayé de le faire ce matin, tant le sujet était tabou. Il ne comprenait pourquoi Shouta était si discret. C'était incompréhensible. Il coupa directement le son de ses pensées. Il se sentit étrangement détendu et comprit rapidement pourquoi. Il n'attendait pas Shouta. Cette incertitude sur ses allées et venues avait disparu car ici, son compagnon ne pouvait venir le rejoindre vu qu'il ignorait qu'il s'y trouvait. Hizashi ne pouvait être déçu par son absence.

Fatigué, il se prépara finalement pour aller dormir. C'était la première qu'il dormait sans Shouta à dessein. Évidemment, il y avait déjà eu des disputes, c'était presque inévitable avec des caractères aussi opposés. Cependant, ça n'avait jamais été au point que l'un des deux quitte l'appartement. Shouta était peut-être parfois parti faire un tour après une altercation et même lui-même avait parfois pris le temps de respirer de son côté. Mais ils continuaient à cohabiter jusqu'à ce que ça s'arrange après discussions, concessions ou potentielle intervention d'une tierce personne qui leur disait d'arrêter leurs conneries. Et même s'ils n'étaient pas réconciliés le soir, ils passaient la nuit ensemble et il y avait d'ailleurs de grandes chances pour les choses s'apaisent au matin après une bonne nuit de sommeil. Mais aucun d'eux n'avait pris ses affaires pour aller dormir dans un autre endroit et là, Hizashi venait de le faire. Il s'enfonça davantage dans les couvertures. Les nombreuses absences de Shouta, les tensions et même la dispute de ce matin, tout ça, il pouvait le supporter. Ce n'avait été que des pierres jetées à l'eau, qui remuaient la surface sur le moment mais dont l'agitation finissait par se dissiper avec le temps. Même pour aujourd'hui, il savait que la nuit apaiserait son esprit, le libérant des émotions et du désordre que les pierres instantanément avaient causé. Ce qui l'inquiétait en revanche, c'était la profondeur à laquelle elles avaient coulé.


Merci de m'avoir lue ! J'espère avoir vote avis :)

(*) ATTENTION SPOILER

On apprend plus tard que la classe 2-A a été réintégrée dans UA.