Thème : Fantasmes
Drabbles du Collectif Noname
Thème 1 : première fois
Will tituba. C'était la première fois qu'il était ivre dans la demeure de son ami et psychiatre, mais heureusement, Hannibal ne sembla pas s'en formaliser. Il referma même ses bras autour de sa taille, sans doute pour l'aider à rester debout, et posa ses lèvres chaudes dans son cou, sans doute pour...Il ne savait pas. Ce n'était pas important. C'était la première fois qu'ils s'embrassaient, et Will se laissa entraîner dans la chambre du médecin. Les vêtements tombèrent sur le sol, les mains explorèrent maladroitement la chair mise à nu, et les corps s'unirent sous la chaleur des draps. C'était la première fois que Will laissait un homme le toucher si intimement. La première fois qu'il accordait autant de confiance à Hannibal. Cela allait probablement tout changer, mais c'était pour le mieux. C'était la première fois depuis longtemps qu'il se sentait aussi heureux.
Thème 2 : jouet
Il n'avait jamais été très attiré par les jouets, sauf peut-être quand ses partenaires féminins en usaient devant lui. Mais imaginer Hannibal Lecter choisir des sextoys, l'idée seule le faisait sourire. Ils les imaginaient fait dans les matériaux les plus précieux possibles, hors de prix, ou de forme suspecte. En forme d'organes, ou d'armes diverses peut-être. Will rit, ne pouvant se retenir, puis afficha une moue presque déçue en découvrant la vérité en fouillant un peu dans les affaires de son compagnon. C'était tout ce qu'il y avait de plus classique. A part peut-être le jouet en verre...Et diverses choses dont il ignorait parfaitement l'utilité. Il se releva, sa curiosité satisfaite, puis sentit une présence dans son dos qui lui arracha un long frisson d'excitation et de peur mêlés.
Thème 3 : à partir d'une image (machine à écrire)
Le profiler n'aurait jamais pensé que voir Hannibal furieux serait à ce point excitant. Un autre tueur venait de s'approprier une de ses œuvres macabres, et cela lui donnait clairement des envies de meurtres. Ses longs doigts pianotaient sur son bureau, et de temps à autre, l'index se posait sur le scalpel qu'il utilisait pour tailler ses crayons, effectuant un petit mouvement de va et vient qui faisait avancer et reculer la lame. Will aurait bien mis ses merveilleuses mains à contribution pour autre chose impliquant des va et vient, mais il attendit sagement qu'Hannibal termine la lettre qu'il tapait sur une vieille machine à écrire. Une lettre qu'il épinglerait sans doute sur le cœur encore battant du criminel qui avait osé lui voler la vedette.
Thème 4 : Fais de moi ce que tu veux.
Il pouvait encore lui faire mal. Il pouvait le blesser, jouer avec son esprit jusqu'à le rendre fou. Il pouvait le tuer. Il pouvait le manger. Le détruire. Le posséder. Will ne lutterait pas, il n'en avait plus la force. Il n'en avait plus l'envie. Il préférait la douleur à une énième fuite. Il préférait la mort, plutôt que de le voir s'en aller, mais Hannibal ne semblait pas en avoir l'intention. Ses baisers brûlants avivaient le feu dans ses veines, faisaient monter la fièvre, mais ça n'avait pas d'importance parce que ça le rendait plus proche. Il voulait ne plus faire qu'un avec le monstre, se fondre en lui, fondre sous lui, encore. Plus profond. Plus fort. Jusqu'à sombrer dans les ténèbres avec lui, jusqu'à porter sa marque dans sa chair.
Thème 5 : Cuir
Si le Dragon Rouge réussissait à le kidnapper, Frederick Chilton savait qu'il risquait gros. L'homme tuait ses victimes d'une ou plusieurs balles, abusait parfois de leurs corps encore chauds, et plaçait des morceaux de miroir sur leurs yeux. Un dingue, un vrai. C'est pourquoi, quand il sentit un coup violent sur sa nuque, Frederick songea qu'il était fini. Lorsqu'il se réveilla, nu et lié à une chaise par des sangles de cuir, il vit son ravisseur et l'état d'excitation dans lequel ce dernier était, à la vue de son corps entravé. Il remercia le ciel d'avoir un sourire ravageur et de si beaux yeux. Il serait peut-être le seul homme à apprivoiser le Dragon, en le tenant par la queue.
Thème 6 : Nous étions trois
Ils étaient seuls sur une route déserte, et Will était encore dans un état d'excitation important suite au meurtre qu'il venait de commettre. Pendant l'acte, son cœur n'avait pourtant pas battu plus rapidement, mais ensuite, lorsque les mains fermes de son amant s'étaient posées sur les siennes pour lui montrer comment récupérer les organes, ça avait été tout autre chose. Et maintenant, il ne pouvait plus penser à autre chose qu'à ses mains sur son corps. Il entraîna Hannibal sur la banquette arrière, pressé de sentir son corps nu contre le sien. Alors qu'ils se caressaient mutuellement, une légère secousse lui rappela qu'ils étaient trois. Leur victime suivante attendait dans le coffre, et elle risquait d'attendre encore un moment.
Thème 7 : Tu aimes ce que tu vois ?
Tu m'as invité chez toi. Je savais que tu avais une chambre d'amis, mais pour nous deux, l'amitié était une chose nouvelle, un peu floue. Je ne m'attendais pas à ce que tu veuilles de moi, de l'odeur de mes chiens dans tes draps précieux, de mes manières disgracieuses à ta table. Pourtant, tu as insisté. Alors je suis venu. J'ai passé une bonne soirée, mais lorsqu'une fois dans ma chambre, j'ai commencé à me dévêtir, j'ai su. J'ai su que tu me regardais, par le trou de la serrure. J'ai su que le mot à mettre sur ce que tu ressentais pour moi n'était pas « amitié ». Ce que moi je ressentais pour toi, je ne sais pas...J'ai fait comme si de rien n'était. Peut-être ais-je ralenti mes gestes, juste un peu. Je crois que tu as aimé ce que tu as vu. Et moi...je crois que j'ai aimé sentir ton regard sur moi.
Thème 8 : Sacré toi ! (dans un lieu de culte)
Will écoutait d'une oreille distraite les explications d'Hannibal à propos de l'architecture du lieu, se contentant d'apprécier la beauté de la petite église, le cerveau sur off. Cela faisait des années qu'ils n'avaient plus remis les pieds dans un lieu de culte, mais il se rappelait de l'offrante sanglante que lui avait laissé son amant dans la chapelle de Palerme. Il ne pouvait dire si le souvenir était bon ou mauvais, mais le baiser lui, était indubitablement bon. Tient, depuis quand Hannibal avait-il cessé de parler ? Et voilà qu'il l'entraînait vers le confessionnal, sans plus d'explications. Will sourit, le taquinant un peu « : « J'espère que tu ne comptes pas te confesser, parce que nous en avons pour la journée. » Lorsque son amant se mis à genoux devant lui,l'ex profiler compris qu'il avait tout autre chose en tête. Et il était bien plus partant pour ça que pour un cours d'histoire de l'art .
Thème 9 : image (demi-nu)
Les amants tueurs s'étaient gâtés pour Noël. Les cadeaux avaient été nombreux, et les meurtres, sanglants. Pas un plat du dîner ne contenait pas au moins un ingrédient d'origine humaine, et Will avait aidé, de la chasse jusqu'à la touche finale dans l'assiette. Comme présents, Hannibal lui avait offert des produits de luxe, bien sûr, mais également ce que Will souhaitait le plus, un autre chien. Et il avait laissé ce dernier lécher les assiettes, à la fin du repas. Le profiler était aux anges, mais il lui restait un dernier cadeau à offrir à son compagnon : lui-même. Hannibal lui avait souvent demandé de poser pour lui, mais il avait toujours refusé. Aujourd'hui, il lui promettait de poser nu au moins une fois par semaine. Un peu ivre, il se dénuda partiellement pour prouver sa bonne foi, et Hannibal réalisa un croquis rapide. Will ne portait que sa chemise et lui tournait le dos, profitant de la chaleur du feu. Hannibal, lui, profitait de la vue, mais il ne termina pas le dessin, n'ombrant que partiellement les fesses rebondies de son amant. L'art pouvait attendre.
Thème 10 : Hors soirée Drabbles, écrit pour MmeChilton qui voulait du Chilgram, ship aussi nommé choupiesquement « ChillyWilly ».
Le directeur de l'établissement psychiatrique observait son patient favori, Will Graham . Le jeune homme avait fait partie de l'entourage de Lecter, et il avait été retrouvé couvert de sang au domicile de ce dernier. Il avait totalement perdu la mémoire suite à cet incident, et on ignorait s'il avait participé ou non au meurtre de l'homme dont provenait le sang : Freddy Lounds, un journaliste à la réputation douteuse. Lecter avait disparu après ça, bien sûr. Frederick était persuadé de l'innocence de Graham et cherchait à le faire parler, sans grands résultats, mais ses séances de thérapie n'étaient pas pour autant inutiles. Will acceptait de manger sans faire de crises à présent, et il se laissait soigner. Comme il se mutilait parfois, sa chambre était sous vidéosurveillance, ce qui ne l'empêchait pas de se masturber quand le besoin s'en faisait trop sentir. Et de temps à autre, comme ce soir, il souriait à la caméra, connaissant les heures pendant lesquelles Frederick était celui qui se chargeait de la surveillance des écrans. Parfois, le directeur faisait effectuer à la caméra un petit mouvement, prévenant Will qui l'observait bien, et il se masturbait en s'imaginant le prendre sur le matelas blanc de sa chambre. Ce n'était qu'un fantasme. Cela devait rester un fantasme, mais sa volonté faiblissait de jour en jour.
