Thème : meurtre
Hérisson
Les meurtres de l'Éventreur de Chesapeake avaient été réalisés selon le même mode opératoire pendant toute une période, puis il en avait changé. C'était un artiste autant qu'un boucher, ou plutôt un chirurgien, si on prenait en compte la finesse de son travail en niveau des retraits d'organes, enlevés comme pour une transplantation. Will, sur les ordres de Jack, s'intéressait pour le moment aux photos de ses crimes les plus anciens, et à la figure de « l'homme blessé » qui avait inspiré ces meurtres. L'homme blessé était une illustration courante dans les manuels de médecine : il s'agissait d'un individu transpercé par toutes sortes d'instruments. Le profiler, après avoir regardé une énième fois une photographie d'un homme perforé par tellement de pieux, de lames et d'outils qu'il ressemblait davantage à un hérisson qu'à un homme, sourit. Il s'imagina un instant rendre son rapport à Jack avec comme titre : « Réflexions sur la figure du hérisson ».
Maladie
La maladie était une façon de tuer comme une autre. On pouvait en déceler une, et ne rien en dire, la laissant gagner du terrain jusqu'à ce qu'il soit trop tard. : c'était ce qu'il avait failli faire avec Will, avant de se raviser, et d'orienter les examens pour que son encéphalite soit découverte. Mais l'on pouvait aussi très bien provoquer la maladie, en mettant volontairement en danger un sujet, de façon physique ou psychique. On pouvait aussi carrément l'inoculer, et attendre patiemment que les effets se fassent ressentir. Tout ceci convenait bien pour une mort lente, et observer les étapes progressive n'étaient pas sans intérêt lorsqu'on y posait un regard scientifique.
Piège
Georgia Madchen risquait de devenir un problème. Elle l'avait vu, de face, alors qu'il était en train de sectionner les tendons de la mâchoire de Sutcliffe. Bien sûr, avec son syndrôme de Cotard, elle ne l'avait pas reconnu sur le moment, mais sa mémoire pourrait très bien lui revenir à présent qu'elle avait un traitement. Néanmoins, il n'était pas inquiet. A chaque problème, il existait une solution, et le caisson à oxygène dans lequel se trouvait la malade allait devenir le piège parfait. Alors qu'elle dormait, il laissa un peigne dans le compartiment des objets dont elle pourrait se saisir, de façon à ce qu'il soit peu visible par un visiteur. Will passa d'ailleurs la voir sans rien remarquer de suspect juste avant qu'elle ne commette le geste fatal. Un coup de peigne, une étincelle, et un brasier aussi soudain que ravageur avait pris forme dans le caisson.
Halluciner
Hannibal travaillait aux urgences en tant que chirurgien, mais alors qu'il sortait de l'hôpital à la fin de son service, habillé en civil, une voiture arriva juste face à lui. Deux hommes, sans doute les amis de celui qui se débattait en hurlant entre eux, sortirent du véhicule en traînant le troisième. C'était un drogué, en proie à des hallucinations. Hannibal aida à le ramener à l'intérieur de l'hôpital, où il fut immédiatement pris en charge par une collègue. Un type qui patientait non loin, en pleine possession de ses moyens et dont l'urgence n'en était pas une, fit un scandale parce que le jeune homme était passé avant lui. Hannibal pris sa carte, et des années plus tard, le drogua et l'abandonna en forêt. Il aurait pu s'assurer de le tuer, mais il avait été curieux de voir ce qu'il adviendrait de lui. Lorsqu'il avait appris qu'il était tombé d'une falaise, il avait été fort satisfait.
Peuplier
Il avait déjà incorporé un homme à un arbre, et il n'avait pas pensé recommencer de sitôt, mais à présent que lui et Will formaient une équipe, il l'envisageait sérieusement. Leur victime avait le même profil que celle qui avait fini avec une composition florale intégrée dans le buste : quelqu'un qui ne respectait rien ni personne. Cependant, il y avait une différence notoire entre eux, l'homme qu'ils allaient tuer n'était pas riche, comme le promoteur immobilier qui avait voulu rasé un espace protégé pour construire un parking. C'était un squatteur, qui pour se venger d'avoir été reconduit hors d'un parc par un gardien, y avait mis le feu et l'avait presque entièrement détruit. Il se trouvait maintenant artistiquement empalé sur les branches noircies d'un peuplier.
Fumée
Henry, énième patient du docteur Lecter, avait écrasé son mégot de cigarette sur le fauteuil en cuir de ce dernier. Il ignorait que ce fauteuil en remplaçait un autre, tailladé par Mason Verger, et que son psychiatre était très chatouilleux sur le sujet. Il avait trouvé la note de la consultation trop salée, et l'avait fait savoir de cette façon, sans savoir qu'il venait de signer son arrêt de mort. Ce fut avec la surprise la plus totale qu'il croisa Hannibal des mois plus tard, et avec horreur qu'il se fit maîtriser par ce dernier. Il se réveilla chez lui, et frémit quand le médecin lui expliqua qu'il comptait faire de lui du jambon fumé.
Musique
Hannibal retint une grimace en rentrant dans la boîte de nuit. La musique était assourdissante et de mauvais goût, mais il avait donné sa parole à Will qu'il l'aiderait à interroger le suspect principal de leur affaire en cours. Le meurtrier présumé aurait pu être boulanger, coiffeur, dentiste, mais non, il avait fallu que ce soit un DJ. En tout cas une chose était sûre, même s'il se révélait que finalement, il n'était pas l'assassin de la jeune femme retrouvée sous forme de puzzle à quelques rues de là, il restait un meurtrier. En fait, le DJ était même de l'espèce qu'abhorrait le plus le psychiatre, un iconoclaste, un tueur d'œuvre d'art. L'homme ne le savait pas encore, mais son remix de Vivaldi lui vaudrait une mort longue et douloureuse.
Corde
Cela faisait des années que Dortlich avait trouvé la mort, mais Hannibal se souvenait encore parfaitement de son exécution. Il se souvenait de la corde, graissée avec la mayonnaise du sandwich de ce dernier afin qu'elle coulisse mieux, de la chanson, du vieux cheval avançant à chaque sifflement, et de la panique du condamné. Il éprouvait de la satisfaction à ce souvenir. Il avait eu sa vengeance, et si c'était à refaire, il ne changerait pas la moindre chose.
Lampadaire
Will était souvent surpris en arrivant sur une scène de crime, mais aujourd'hui, c'était vraiment...original. Le meurtrier avec empalé sa victime sur un lampadaire, et Jimmy et Price étaient en train de discuter de la façon dont il s'y était pris. Le pied de la lampe avait été vissé au sol afin de ne pas basculer sous le poids du cadavre, et la tige de métal qui partait du corps de la lampe et supportait l'ampoule à son extrémité, avait été sciée, laissant les fils apparents. Le tueur avait ensuite empalé sa victime, l'ouverture de la bouche au niveau de la jonction de la tige de métal, et avait simplement remis les fils à l'intérieur de celle-ci avant de la coller à son support principal. Pour prouver à Will que la lampe fonctionnait toujours, Jimmy l'alluma et l'éteignit à plusieurs reprises, faisant clignoter l'ampoule qui ressortait de la bouche du défunt.
― Jour, nuit, jour, nuit...ahem, s'interrompit Jimmy, sous le regard réprobateur de Jack, puis il reprit ses explications sur les circonstances de la mort.
Taché
Le sol de la cuisine présentait à nouveau une large tache sombre. Abigail avait perdu tout son sang à cet endroit, et puis l'imitateur avait dû s'occuper de son cadavre de la façon dont la pie grièche s'occupait de ses victimes. Ils n'en retrouveraient donc jamais rien. Tout ce qui restait de la jeune fille était là, dans la lumière crue et blanche du matin. Rien qu'une tache écarlate.
