Thème : Miroir du Riséd

(j'ai uniquement repris cet élément de l'univers d'Harry Potter, le reste de l'univers d'Hannibal reste inchangé).

Hier (Hannibal Lecter)

Il se souvenait comme si c'était hier de la première fois où il avait contemplé le miroir du Riséd. L'objet lui avait montré la même chose qu'aujourd'hui : ce désir inatteignable qui lui étreignait toujours douloureusement le cœur. La main sur la glace froide, il contemplait la petite main qui essayait de toucher la sienne de l'autre côté. La main de sa petite sœur, Mischa. Sa petite sœur dont il ne voyait plus les sourires que grâce au miroir. Sa petite sœur qu'il n'avait pas pu sauver. Sa petite sœur qu'il avait mangée.

Grognement (Randall Tier)

Randall adorait le miroir qui se trouvait dans le cabinet du docteur Lecter. Il aurait aimé passer toutes ses séances à le contempler, mais le thérapeute ne le lui permettait pas. Il disait que cela pouvait lui nuire, à force, car jamais la réalité ne serait aussi belle que ce qu'il y voyait. Le psychiatre lui avait demandé de décrire en détail ce que renvoyait son reflet, et Randall s'était exécuté avec plaisir. Il se voyait, lui, avec des dents immenses, une fourrure dense, et de grandes griffes, poussant des grognements ou pourchassant des proies humaines et animales. Il voyait la bête qu'il ne serait jamais, mais dont il pourrait peut-être s'approcher.

Préférence (Garett Jacob Hobbs)

Garett Jacob Hobbs souriait devant le miroir. En le regardant il voyait sa famille, et surtout sa fille, Abigail, blottie contre lui. Elle n'était plus une enfant, mais pas encore une adulte. Un âge charnière qu'il aurait préféré qu'elle garde toute sa vie, ainsi, il n'aurait pas eu cette peur viscérale qu'elle s'éloigne de lui. Il aurait préféré de pas avoir a tuer toutes ses filles qui lui ressemblaient pour la garder elle, ou quelque chose qui se rapprochait d'elle, à l'intérieur de lui en ingurgitant leur chair. Pour ne pas avoir à lui faire du mal. Cependant, il savait que si on venait la lui voler, il la tuerait plutôt que de la laisser aux mains d'inconnus. C'était sa triste réalité, et il recouvrit le miroir d'un drap, fataliste. Il savait qu'il allait se faire prendre, et qu'il ne vivrait plus longtemps.

Humain (Will Graham)

Will pleurait devant le miroir du Riséd. Il y voyait Hannibal, le bras passé autour de ses épaules, et entre eux, Abigail Hobbs. Il ne se remettait pas de la mort de la jeune fille, et imaginait souvent à quoi la vie aurait ressemblé si elle n'était pas morte, si seulement il avait fait un autre choix, ou si Hannibal avait été plus clément. Il avait de la peine également en voyant la tendresse dans le regard de celui-ci, et la douceur des gestes qu'ils échangeaient. Il avait réveillé une étincelle d'humanité en lui, mais il souhaitait davantage qu'une petite lueur dans les ténèbres. Peut-être que s'il le pardonnait, il aurait une chance d'atteindre la vision que lui offrait le miroir, même si Abigail lui manquerait toujours. Peut-être qu'un jour, Hannibal et lui pourraient pleinement se faire confiance, et qu'il se sentirait enfin à sa place, à ses côtés.

Rideau ( Frederick Chilton )

Le miroir était caché derrière un rideau. Il le regardait, de temps en temps. Souvent. De plus en plus souvent. Il se revoyait beau, jeune, loin de la chose affreuse qu'il était devenu, sans lèvres, avec un œil aveugle et à la peau brûlée. Il se voyait avec tous les honneurs, serrant les mains de personnalités en vogue, reconnu par ses pairs, idolâtré par les fans de son bouquin qui s'était vendu à des millions d'exemplaires. Il se voyait avec plusieurs hommes et femmes dans son lit. Il se voyait riche, célèbre et aimé, après quoi, il gémissait, parce qu'il ne parvenait même plus à pleurer. Plus jamais il ne serait sur le devant d'une scène. Comme son miroir maudit, il resterait caché derrière un rideau.

Équilibre (Francis Dolarhyde)

Francis aurait aimé arrêté d'être déchiré en deux. Il savait grâce au miroir que son désir profond n'était pas d'être le Dragon Rouge, mais dans la réalité, il se disait que c'était ce qui pouvait lui arriver de mieux. Que jamais, il n'obtiendrait ce qu'il voyait dans la glace...Lorsque l'antiquaire lui avait vendu l'objet, en lui expliquant son fonctionnement, Francis avait pensé qu'il verrait sa famille. Sa mère, sa grand-mère, son père...tous heureux et réunis. Mais ce n'était pas le cas. Ils l'avaient rejeté, blessé, et il n'avait plus d'amour pour eux, sauf peut-être un petit quelque-chose, enfoui, pour sa grand-mère. Elle avait été maltraitante, mais aussi la seule à lui montrer un peu d'affection. Néanmoins, elle n'était pas là, dans le miroir. Ce qu'il voyait, c'était Reba en robe de mariée, éblouissante à ses côtés. Lui, en costume sombre, tenait leur petite fille dans ses bras. La vision lui faisait tellement envie que c'était douloureux, mais c'était impossible...Il avait déjà tué deux

familles. C'était trop tard.

Empoisonnement (Alana Bloom)

Elle avait l'impression d'avoir été empoisonnée peu à peu par le mensonge. Les belles paroles, les gestes doux, elle ne savait plus ce qui avait été vrai ou faux. Hannibal l'avait-il seulement aimée un jour, même d'une façon bien à lui ? Elle ne le pensait plus, et il était une menace. Elle avait pensé à l'empoisonner, mais avec son odorat exceptionnel, il sentirait le poison à des kilomètres. De plus, il ne fallait pas que l'on sache que cela venait d'elle. Non, finalement, le poison ne conviendrait pas. Elle allait devoir trouver autre chose, il le fallait. Pas parce qu'elle désirait sa mort, ça n'avait jamais été le cas et elle ne le voyait pas convulser dans le miroir. Elle voyait juste sa famille saine et sauve, et pour cela, il n'y a qu'une chose à faire.

Laboratoire (Beverly Katz)

Elle avait toujours voulu travailler dans les sciences. Mathématiques, médecine, physique, elle avait longuement hésité, mais à présent qu'elle travaillait pour le département des sciences comportementales de Jack Crawford, elle ne regrettait rien. Elle aimait faire des analyses, et participer de temps à autre aux autopsies réalisées par ses collègues, Jimmy et Brian. Dans le miroir que le docteur Lecter avait tenu à lui montrer, elle s'était vue davantage aider les autres. Réaliser une grande découverte, permettre des guérisons, et vieillir tranquillement, entourée de sa famille. Oui, avant de mourir, elle avait été presque parfaitement heureuse.

Savoir (Katherine Pimms)

Elle aurait aimé avoir la capacité de les soigner, mais elle ne le pouvait pas. Ce n'était pas grave. Si elle n'avait pas le savoir nécessaire, elle avait la volonté et les moyens de soulager leur douleur. Une aiguille, un petit marteau, elle n'avait besoin de rien de plus. Bien sûr, cela gommait définitivement leur personnalité. Parfois même, cela les tuait, mais on n'avait rien pour rien dans la vie. Et puis, elle était récompensée quand elle les voyait délivré de leur souffrance, comme avec ce vieux monsieur dont elle avait crevé les yeux pour mieux atteindre son cerveau, et qui souffrait de rhumatisme et d'arthrose. Il avait quitté sa demeure en marchant, lui qui avait de la peine à mettre un pied devant l'autre. Quand elle regardait dans le miroir, elle ne voyait que son reflet. Elle était déjà une sainte qui se dévouait au service des autres, qu'aurait-elle pu vouloir de plus ?

Racine (Freddie Lounds)

Freddie, comme beaucoup de personnes regardant le miroir, se voyait riche et célèbre. Elle avait toujours eu ce désir de reconnaissance, même enfant. Elle n'avait pas besoin que le monde entier connaisse son nom, mais suffisamment pour que ça lui rapporte, et pour ne pas risquer d'être ignorée. Elle savait qu'elle y parviendrait, en tant que journaliste. Elle avait juste besoin d'un bon sujet, comme les crimes de l'Éventreur par exemple. Savoir qui il avait été. Aller jusqu'aux racines du mal, c'était ça, qui intéressait les gens. Et les détails ou les photos gores, aussi. Ça ne lui faisait pas peur. Si un jour prochain, l'Éventreur tuait quelqu'un sous son nez, elle tenterait de prendre un cliché avant de prendre la fuite !