Thème : Miroir du Riséd 2

Haine (Jack Crawford)

Il n'y avait pas de haine dans le cœur de Jack. Il aurait pensé en retombant sur ce fameux miroir du Riséd qu'il se verrait en train d'attraper enfin Hannibal, ou de le tuer. Après tout, le cannibale avait disparu avec Will, et Jack ne pensait pas que ce dernier ait opposé beaucoup de résistance. Le psychiatre lui avait enlevé un ami. Il avait joué à pile ou face avec la vie de sa femme, pourtant, le plus grand désir dans le cœur de Jack n'était pas la vengeance, même s'il savait qu'il tirerait sans hésitation sur le cannibale s'il devait le revoir. Tout ce qu'il voyait dans le miroir, c'était Bella en bonne santé, lui tenant la main.

Concert (Mischa Lecter)

La petite Mischa adorait écouter Hannibal jouer du clavecin. Elle aimait autant ça que la couleur mauve, peut-être même plus. La musique était un peu comme un câlin qu'on ne pouvait pas toucher avec les mains, mais qui vous faisait du bien quand même. Et elle savait exactement quand Hannibal jouait spécifiquement pour elle. Parfois, elle était un peu jalouse aussi, parce qu'il savait tout faire sans avoir besoin de travailler très dur. Un jour, elle était tombée sur un grand miroir dans le grenier, et elle s'était vue jouer mieux que lui, mais ce n'était pas ce qu'elle avait préféré dans la vision. La plus jolie chose dans le miroir, avait été le sourire très fier de son grand frère.

Architecte (Matthew Brown)

Il était l'architecte de son destin. Il n'était qu'un aide soignant, et un petit tueur solitaire et inconnu, mais cela ne durerait pas éternellement. Quand il se voyait dans le miroir du Riséd, ses ailes, métaphoriques, s'étendaient dans son dos. Son désir profond était de prendre son essor, de passer à un autre niveau, de briller aux yeux de quelqu'un, ainsi qu'aux siens. Il avait commencé par éliminer l'Éventreur. Nul ne le savait encore, mais il était l'homme ayant surpassé celui-ci. Lecter lui avait dit qu'il ne deviendrait le nouvel Éventreur que s'il consommait sa chair, mais il n'en avait rien fait. Il n'en avait pas envie, et c'était lui qui dictait les règles à présent. Au niveau privé, Matthew avait atteint son premier objectif, mais maintenant, il devait aussi briller en public. Il avait vu le regard vert du directeur de l'établissement s'attarder sur sa silhouette, et lui avait sourit. Ce dernier, sous le charme, lui avait sourit en retour. Être le compagnon de cet homme-là serait son tremplin social. Une autre étape vers une position plus élevée, d'où il pourrait toiser les autres, non plus comme un faucon mais comme un aigle royal.

Persil (Peter Bernardone)

Peter aimait jardiner. Il plantait toutes sortes de légumes lorsqu'il était enfant : persil, navet, carottes, laitue...En grandissant, il avait gardé cette habitude. Il croquait parfois un bout de persil cru, juste comme ça, mais la majorité de ce qu'il récoltait servait à nourrir ses animaux. Avec eux, il se sentait heureux. Lorsque son conseiller social lui avait demandé ce qu'il voyait dans le miroir du Riséd qu'il lui avait amené, Peter avait répondu qu'il se voyait dans un grand refuge, entouré d'animaux de toutes sortes, mais aussi de bonnes personnes, qui ne prêtaient aucune attention à son handicap.

Détresse (Abigail Hobbs)

Le miroir reflétait sa silhouette brouillée. C'était normal, elle était tout sauf heureuse. Mais il ne lui montrait pas de désir profond non plus. Elle pensait qu'elle aurait vu sa famille telle qu'elle aurait dû être, une famille normale, mais ni son père ni sa mère n'apparaissait. Peut-être que le docteur et Will Graham auraient pu apparaître à leur place, mais ils n'étaient pas là non plus. Que voulait-elle ? Qui était-elle réellement, dans le fond ? La jeune fille qui avait souffert des agissements de son père ? La jeune fille qui avait apprécié certains moments passés avec lui, à traquer d'autres étudiantes de son âge, comme si tout ça n'était qu'une partie de chasse ? Victime, tueuse, tout ça à la fois ? Toujours aussi perdue, Abigail se vit enfin dans le miroir. Deux fois. Les deux Abigail étaient visiblement perdues, puis elles se trouvèrent et s'étreignirent. Son désir le plus profond actuel, était de savoir qui elle était vraiment, sans influence d'aucune sorte.

Aigu (Myriam Lass)

Myriam avait toujours eu un sens aigu de la justice. Toute petite, elle défendait les élèves les plus introvertis, et tentait de gérer les conflits entre ses camarades. En grandissant, elle était entrée au FBI, et puis, il y a avait eu l'Éventreur. Ses souvenirs étaient confus, mais elle ne se souvenait d'aucune douleur aiguë. Même s'il lui avait pris un bras, il ne l'avait fait souffrir à aucun moment, par contre, psychologiquement, les dégâts étaient terribles. Elle avait peur de le recroiser un jour, puisqu'il n'avait pas été arrêté. Peur de rester un pion sur son échiquier. Lorsqu'elle se regardait dans le miroir du Riséd, elle se revoyait jeune étudiante. Elle découvrait la véritable identité de l'Éventreur, l'arrêtait et entamait une grande carrière au FBI. Si seulement, ça avait pu se passer comme ça.

Siamois (Margot Verger)

Margot et Mason n'étaient heureusement pas nés frère et sœur siamois, mais c'était presque tout comme. Ils étaient faux jumeaux, et Mason la collait constamment, qu'elle le veuille ou non. Héritier de la famille de par son statut de mâle, son père lui donnait tous les droits. Mason pouvait frapper, mordre, insulter, alors qu' elle ne pouvait rien faire de ce genre. Lorsqu'ils avaient grandis, Mason avait commencé à la toucher de plus en plus intimement. Leur mère avait fait comme si de rien n'était, et leur père avait donné raison à Mason, comme toujours, sans même écouter de quoi elle l'accusait. Lorsque Margot passait devant leur miroir du Riséd, toute petite, elle voyait son frère être gentil avec elle, et ses parents l'aimer autant que lui. A présent, elle se voyait libre, parce que Mason était mort. Elle finirait sans doute par l'étrangler de ses propres mains pour réaliser son souhait.

Construire (Bedelia DuMaurier)

Lorsque Bedelia se regardait dans le miroir du Riséd, elle se voyait reconnue, du moins, davantage qu'elle ne l'était dans la réalité. Elle se voyait également être crainte, et pouvoir obtenir tout ce qu'elle désirait sans difficulté. Dans le reflet, elle n'était jamais seule : Hannibal se tenait à ses côtés, et elle ne ressentait plus de danger émaner de lui. Elle n'éprouvait pas exactement de l'amour à son égard, bien qu'elle ait pour lui de l'affection. S'il était là, c'était avant tout à cause de son important ego. Elle tirait une fierté immense d'être celle qui, entre tous, était parvenue à dompter le monstre. Avec lui comme compagnon, personne ne pouvait plus lui résister. Sur un simple geste de sa main, Hannibal se débarrassait des gêneurs. Lorsqu'il tuait pour elle, elle ressentait la même chose que lorsqu'elle avait tué son patient dans son cabinet : la sensation de dominer l'autre. Le pouvoir.

Epreuve (Lady Murasaki)

Elle le voyait changer, lentement, et c'était une véritable épreuve que de voir l'enfant qu'elle avait aimé devenir cet adolescent ivre de vengeance, et prêt à tout pour punir ceux qui avaient tué sa sœur. Elle pouvait néanmoins le comprendre, ou du moins, elle essayait. Elle l'avait même aidé à plusieurs reprises, en cachant les preuves de sa culpabilité, mais à présent, elle ne pouvait plus rien pour lui. Elle avait essayé, une dernière fois de faire appel à l'humanité en lui, mais il s'en était détourné, dévorant à vif le visage de son ennemi. A présent qu'il était loin d'elle, elle le voyait faire l'autre choix, le bon choix dans le miroir du Riséd, mais elle savait bien que ce n'était pas la réalité. Elle l'avait perdu, et elle le vivait autant comme un échec que comme une blessure profonde.

Père (Mason Verger)

Il était riche, et il pouvait tout s'acheter, même une conduite. Quelques travaux d'intérêt général lui avait évité la prison. Il aimait l'industrie d'abattage de porcs que lui avait laissé son père, martyriser sa sœur, et traumatiser les enfants pauvres quand ils venaient visiter les écuries, ou jouer dans le parc. Quand il était retombé sur le vieux miroir du Riséd familial, il avait supposé qu'il se verrait en train de faire ce qu'il faisait tous les jours, mais ce ne fut pas le cas. Ce que Mason voyait, c'était son père, et cela lui faisait monter les larmes aux yeux. Rien ne l'émouvait, ni la détresse de sa sœur, ni celle des enfants dont il abusait, au contraire, il aimait ressentir leur douleur, mais voir son père lui dire qu'il était fier de ce que son petit garçon était devenu, ça, c'était autre chose. Il se blottit contre le miroir, et contre l'image de l'homme qui avait en partie construit le monstre qu'il était devenu.