Thème : Musique
Notes : atelier drabble réalisé pour la fête de la musique, où chaque participant proposait un titre. On pouvait s'inspirer du contenu de la chanson et inclure des paroles, ou juste utiliser le titre.
Les enfants sauvages (William Sheller)
Margot était plus casse-cou que son frère. Mason redoutait la douleur autant qu'il aimait l'infliger, elle, avait appris à faire avec, ce qui lui permettait d'avoir moins peur des jeux un peu brutaux pratiqués dans la cour de récréation, ou en-dehors. Elle n'avait pas peur de trébucher, ou de s'abîmer les mains. Elle n'avait pas peur de se battre contre un élève plus grand. Elle n'avait pas peur qu'on vienne lui tirer les cheveux. Elle vivait des choses bien pires à la maison, et pour pouvoir survivre à tout ça, elle était devenue une petite fille un peu sauvage.
Jeune et con (Saez)
Matthew était vu par son voisinage proche comme un adolescent difficile. Jeune et con, comme beaucoup d'autres, mais ils n'imaginaient pas à quel point les petites délinquances cachaient des choses beaucoup plus sombres. Les violences à l'école n'en était qu'un indice, que personne ne prenait assez au sérieux. On le disait un peu instable, asocial, peu empathique. Tout le monde savait qu'il s'en prenait à des animaux, mais personne ne réagissait, pas même ses parents. Personne n'imaginait que la future victime du jeune homme serait humaine.
Un trou dans les nuages (Michel Rivard)
Will était allongé dans l'herbe près de sa maison, les chiens blottis tout autour de lui. Il ne devait pas travailler aujourd'hui, et il en profitait pour enfin se reposer. Le soleil était chaud, juste assez pour que ce soit agréable de rester dehors sans risquer de coup de soleil, et pour pouvoir regarder le ciel sans être ébloui. Malgré la température idéale, de nombreux nuage couvraient le bleu du ciel, mais une trouée dans son centre était visible, comme un œil tout bleu, qui ne regardait que Will. Ce dernier repensa au tueur à la fresque, et supposa qu'il avait eu une vision semblable avant qu'Hannibal ne l'incorpore à son œuvre. Juste un disque bleu, tout en haut du silo dans lequel il se trouvait, lui et toutes ses victimes.
Juste toi et moi (Indochine)
Will voulait juste fuir avec lui. Tout recommencer, enfin, aimer son côté sombre et s'épanouir dans l'obscurité, comme une fleur noire aux épines d'acier, magnifique et dangereuse. La douleur irradiait dans tout son corps, mais il était vivant. Ils étaient vivants, et ils ne se feraient pas prendre. Pas maintenant, alors qu'une nouvelle vie s'offrait à eux. Ils avaient vaincu le Dragon avant de plonger dans les eaux noires, et ils en étaient ressortis différents. Ils ne faisaient plus qu'un, un même être mû par la même volonté, la même force, la même intelligence froide et calculatrice. Deux étoiles contraires qui s'étaient heurtées pour mieux se fondre. Plutôt mourir que de revenir en arrière. Plutôt mourir que de redevenir un être solitaire.
Appelle quand tu te réveilles (Renan Luce)
Jack se souvenait de sa rencontre avec Bella, en Italie, bien des années avant qu'ils ne se marient, bien des années avant qu'elle ne déclare cette horrible maladie. Il se souvenait de leurs promenades matinales, de leur rendez-vous secrets, de leurs sorties au restaurant, des heures passées à marcher le long de la de souvenirs qu'il avait envie d'évoquer à nouveau. Il ne savait pas quel jour serait le dernier, et il aurait aimé passer tout son temps avec elle, mais il ne pouvait pas prendre de longs congés à son travail. Il y avait des vies en jeu alors il mettait un peu la sienne entre parenthèses, mais il prenait quand même toujours un moment pour parler avec Bella dans la journée. Pour lui dire qu'il l'aimait, qu'elle était la femme de sa vie, ou parfois juste pour lui raconter les dernières nouvelles. Il lui avait laissé un petit mot affectueux le matin avant de partir. A la fin, il avait écrit la même chose qu'à son habitude : « Appelle quand tu te réveilles, je t'aime. Jack. »
L'avenir est un long passé (Manau)
Répétait-elle les mêmes erreurs, inlassablement ? Abigail avait échappé à son père, mais aujourd'hui, en compagnie d'Hannibal Lecter, n'était-elle pas à nouveau en danger ? Elle sentait que le psychiatre n'était pas ce qu'il semblait être. Elle savait depuis le début qu'il était l'homme au téléphone, que c'était lui qui avait appelé son père pour le prévenir de l'arrivée d'un agent du FBI, et pourtant...Pourtant, elle était là, chez lui, à boire le thé qu'il lui avait préparé. Elle était là, dans ses bras, dans la maison de ses parents. Elle était là, dans cette autre maison qui lui appartenait, perdue au milieu de nulle part. Elle était là, dans sa demeure à Baltimore, incapable de lui dire non. Incapable de refuser de saisir la main qu'il lui tendait, même si elle savait que le métal froid remplacerait bientôt les douces paroles de réconfort.
L'ombre et la lumière (Calogero et grand corps malade)
Will était quelque part entre la lumière et les ténèbres, prêt à se faire engloutir par ces dernières, ou peut-être prêt à y plonger. Il voyait de plus en plus l'attrait de se comporter comme Hannibal, de pouvoir gérer son empathie pour ne pas être noyé par les sentiments et les sensations dégagés par les autres. Pouvoir prendre de la distance, ne plus s'accrocher à son idée de justice comme le naufragé s'accroche à un radeau, mais nager par lui-même, quitte à devenir un prédateur. S'arrêter de réfléchir, et suivre ses instincts, tout en couvrant ses arrières. Et l'idée, si tentante, d'avoir un ami comme Hannibal à ses côtés.
Quand viendra l'heure (Acwl et Nicola Sirkis)
La confrontation serait inévitable avec Dolarhyde. Il voudrait les dévorer, imprimer les marques de ses dents sur leurs corps, les transformer en quelque chose de...différent, pour alimenter la splendeur de la Bête. Will avait un choix à faire, à présent. Tenter de tuer Hannibal en même temps que Dolarhyde, ou après, ou faire front avec lui et devenir une bonne fois pour toute son allié et son complice. Son choix était fait depuis longtemps, mais il ne le réalisait pleinement que maintenant. Il était l'heure de faire face à ce qu'il était vraiment, et à ce qu'il désirait depuis des années. Aujourd'hui, il allait combattre aux côtés d'Hannibal. Aujourd'hui, les anciens ennemis faisaient le serment de se soutenir, et de laisser les torts qu'ils s'étaient infligés l'un à l'autre derrière eux. Il était l'heure de répandre le sang, puis d'avancer ensemble.
On meurt pas d'amour (Clara Luciani)
Il devenait de plus en plus aveugle aux mauvais côtés d'Hannibal, tant il aimait sa compagnie, et la sensation de pouvoir être pleinement lui à ses côtés. Il pouvait se souvenir de tout ce qu'il lui avait fait endurer, de son corps perclus de douleur, de sa tête sur le point de se fendre en deux, de son cerveau peu a peu enflammé par la maladie, et pourtant, il pouvait lui pardonner. Hannibal l'avait emprisonné et blessé mais n'en avait-il pas fait autant ? Et pourrait-il vraiment vivre sans lui ? Il avait essayé un temps, mais il avait rejoint le cannibale dès qu'une possibilité de le faire s'était présentée. Will savait bien qu'il ne pouvait pas mourir d'amour, et que la disparition d'Hannibal ne le tuerait pas, mais le vide immense qu'il laisserait derrière lui était un prix trop cher à payer pour s'accrocher sa moralité de plus en plus vacillante.
C'est beau la vie (Jean Ferrat)
Après avoir failli mourir dans des flots glacés, et après avoir vécu de trop longs jours cachés et redoutant d'être arrêté, Will revivait. Le climat du pays où ils avaient trouvé refuge, lui et Hannibal, était chaud et doux, jamais étouffant. Il était heureux d'être en vie et de ne pas trop souffrir malgré le fait que certaines de ses plaies pas encore cicatrisées, et il profitait de chaque instant, que ce soit boire un verre sur la terrasse ensoleillée de leur nouvelle demeure, faire des promenades le long de la plage, nager dans l'eau turquoise de la mer en compagnie d'Hannibal...Et il y avait les soirées, bien sûr. Les promenades nocturnes, les dîner mondains, et les meurtres partagés. Ils ne tuaient pas beaucoup, se montraient discrets, et étaient toujours prêts à partir précipitamment, mais tout ça lui convenait. La vie était belle.
