Scorpius & Rose
Idées Avortées
"Break Up"
Il faisait nuit et froid, mais pour la première fois depuis le début de la semaine, depuis qu'ils étaient de retour à Poudlard après les vacances de Noël, Rose se sentait bien. Etendue dans la neige, elle n'avait pas froid du tout. Elle laissait les flocons tomber sur son visages et les larmes lui lécher les joues, mais elle se sentait bien.
Elle allait bien.
Elle était calme, sereine, heureuse.
Elle n'avait pas mal au cœur du tout.
Elle se fichait pas mal de sa rupture avec Scorpius.
Elle allait bien.
Ou peut-être qu'il faisait un peu froid tout compte fait, mais ce n'était pas si terrible. Les yeux ouverts dans la nuit, elle observait le ciel pleurer avec un sourire tranquille aux lèvres. Si elle se faisait prendre hors de son dortoir à une heure pareille, elle était bonne pour une semaine de retenue, mais elle s'en moquait. Elle voulait rester là pour toujours.
Parce qu'elle était bien.
Paisible même, jusqu'à ce qu'elle entende la neige crisser derrière elle. Elle ferma les yeux, retenant les larmes qu'elle avait jusque-là laisser couler. Elle ne voulait pas qu'il puisse la voir comme ça.
Elle resta immobile, même lorsqu'il s'assit à coté d'elle et qu'elle put sentir sa chaleur irradier.
- Rose, souffla-t-il d'une voix cassée, rentre, tu vas attraper froid.
Elle ne dit rien. Pourquoi le devrait-elle ? Elle ne lui devait rien.
Elle ne lui devait plus rien.
- Arrête de faire l'enfant, rentre au château, répéta-t-il.
- Tu ne peux plus me dire ce que je dois faire, répondit-elle finalement.
Sa voix était faible et enrouée. Elle n'avait pas émis un son depuis huit jours.
Elle l'entendit soupirer. Il capitula et s'allongea dans la neige à son tour.
- Bordel, c'est froid ! Marmonna-t-il.
Elle aurait pu rire, vraiment. Si elle n'avait pas eu si mal au cœur.
C'était ce qu'elle avait aimé chez lui dès le départ. Ce coté un peu grognon et hautain qui lui seyait comme un gant mais qui cachait un petit garçon avec de l'amour à revendre.
Mais elle s'était trompé sur son compte, n'est-ce pas ?
Ou peut-être que c'était justement le problème. Il avait trop d'amour à donner, et en distribuer un peu à Lucy pendant le Nouvel An chez les Potter n'avait été que la preuve de sa grande générosité…
Sa gorge se noua et les larmes franchir la barrière de ses cils une fois encore. Elle plaqua ses deux mains sur son visage et remercia la nuit d'être si noire, dissimulant sa mélancolie au garçon qui en était responsable.
- Parle-moi, demanda-t-il en tournant la tête vers elle. Parle-moi, Rose…
Les mots s'étranglèrent dans sa gorge et elle mit plusieurs secondes pour retrouver l'usage de sa voix.
- Je n'ai absolument rien à te dire.
- C'est pas grave, tu vas m'écouter alors, parce que j'ai beaucoup de chose à dire.
- Je n'ai pas envie de les entendre.
- Ça m'est égal, je vais les dire quand même. Tu es toujours ma petite-amie, que tu le veuilles ou non. Nous n'avons pas rompu. Tu t'es juste enfuie et tu as évité la confrontation, comme tu le fais toujours, comme tu l'as fait ces six derniers mois en cachant à ta famille que nous étions ensemble. Si on en est là c'est justement pour ça…
- Est-ce tu es en train de dire que c'est de ma faute ? S'offusqua-t-elle, les larmes faisant briller ses grands yeux bleus.
- Non, répondit-il calmement. Je dis seulement que tout ce que je veux, c'est être avec toi, et que tu passes ton temps à trouver des excuses pour me repousser.
- Je ne t'ai jamais repoussé ! On était ensemble ! Je t'aimais pour de vrai !
- Alors c'est pour ça que tu as sauté sur l'occasion pour rompre avec moi ?
- Tu as embrassé ma cousine ! Hurla-t-elle en se redressant brutalement.
Il l'imita et plongea un regard sévère dans le sien.
- Je ne l'ai pas embrassée, répliqua-t-il calmement. Ton idiot te cousin avait ensorcelé le gui pour nous y contraindre. Comment est-ce que je pouvais savoir que Lucy avait un faible pour moi ?
- C'est la même chose !
- Ça n'a rien à voir ! Hurla-t-il, perdant finalement son calme.
Rose sursauta et cligna des yeux. Perdue, elle vit Scorpius secouer la tête en soupirant. C'était la première fois qu'il perdait son calme, qu'il s'énervait. Elle ne lavait jamais entendu hausser la voix. C'était son truc à elle, ça. Lui, il était un Malefoy, fier et posé, capable de contrôler ses émotions et de ne jamais rien laisser transparaître.
Ça ne lui ressemblait pas.
- Tu sais très bien que tout ça ne serait jamais arrivé si tu avais eu le cran de dire à ta famille qu'on était ensemble. Tu parles d'une Gryffondor…
- Tu recommences à me blâmer pour ce qui est arrivé alors que ce n'est pas moi qui aie…
- Si Lucy avait su que je t'aimais, la coupa-t-il, et que Fred avait su qu'on était ensemble, tu crois qu'ils auraient mis au point ce petit numéro ? Si tu leur avais dit dès le départ, et si tu av…
- Tu m'aimes ? Lâcha brutalement Rose en écarquillant les yeux.
Scorpius serra la mâchoire et la regarda longuement, immobile. Puis il secoua la tête en soupirant.
- Pour quelle autre raison j'aurais supporté ton caractère de vielle chouette ces six derniers mois, tu peux me dire ?
Un sourire se dessina sur les fines lèvres de Scorpius, et Rose se sentit rougir, ce qui heureusement passa inaperçu dans la nuit et le froid. Elle vida ses poumons de l'air qu'elle y avait emprisonné et détourna les yeux. Elle releva le visage vers le ciel et sourit avant de se rallonger dans la neige.
Il faisait toujours nuit et froid, mais cette fois, elle allait bien. Pour de vrai.
Parce que maintenant, elle pouvait entremêler ses doigts à ceux de Scorpius et n'était plus obligée de prétendre qu'elle n'avait pas besoin de lui pour être heureuse.
- Peut-être qu'on pourra leur dire demain, dit-elle finalement d'une petite voix.
Scorpius sourit et s'étendit à nouveau à coté d'elle, le plus près possible de son corps frigorifié. Elle avait le visage tourné vers le ciel et il se demanda ce qu'elle pouvait trouver de si beau aux étoiles alors qu'il était certain d'avoir sous ses yeux à lui, la plus belle chose qui lui avait jamais été donnée de voir.
Ils auraient facilement pu imperméabiliser leurs vêtements ou se protéger du froid d'un coup de baguette.
Mais franchement, où aurait été la magie là-dedans ?
N/A : Honnêtement... j'ai vraiment adoré écrire celui-là, et je le dédie à Delfine, qui aimerait que j'en publie trois par jour. Alors au lieu de ça, en voilà un plus long.
