Thème : Musique 2
Notes : atelier drabble réalisé pour la fête de la musique, où chaque participant proposait un titre. On pouvait s'inspirer du contenu de la chanson et inclure des paroles, ou juste utiliser le titre.
Né en 17 à Leindenstadt (JJ Goldman)
Malgré sa morale toute particulière, qui lui permettait de tuer un homme sans sourciller s'il le considérait comme indigne, Hannibal Lecter ne faisait pas partie des alliés du régime. Pourtant, pour un scientifique comme lui, avoir des cobayes humains à profusion aurait été des plus intéressant, et il connaissait de nombreux confrères qui n'avaient pas les mêmes scrupules que lui. En retirant à ces gens jugés différents d'eux leur statut d'être humain, tout devenait permis. Il voyait tout autour de lui des voisins, des amis, des confrères, être brusquement enlevés dans la rue, parqués comme des bêtes, et envoyés vers de lointains abattoirs, à l'abri des regards des gens du commun. Il savait que son jeune voisin, et proche ami, Will, était sur leur liste, ainsi que sa collègue à l'université, Alana, et sa compagne Margot. Il devait agir avant qu'il ne soit trop tard. Ce soir-même, ils prendraient tous la fuite.
A nos souvenirs (trois cafés gourmands)
Will se demandait à quel point l'environnement influençait réellement le développement de la personnalité, mais pensait que ça jouait pour beaucoup. Aurait-il été aussi asocial, s'il n'avait pas constamment déménagé avec son père, ballotté d'une école à l'autre, d'une ville à une autre ? Oh, il n'avait pas que des mauvais souvenirs, il avait adoré l'aider sur les chantiers navals sur lesquels il travaillait à l'époque, et découvrir de nouveaux endroits, mais l'absence de repères stables avait laissé ses marques. Il avait besoin d'un point d'ancrage, plus qu'une autre personne. Ça avait longtemps été Wolf Trap, sa petite maison perdue au milieu de la nature, et ses chiens. Maintenant, alors qu'il était plus exposé que jamais sur le terrain, il avait besoin d'un point d'ancrage d'une autre nature. Il avait considéré Alana comme candidate potentielle, mais elle avait trop peur de son instabilité potentielle, alors il s'était tourné vers Hannibal Lecter. Pour le moment, il considérait que c'était un bon choix.
Jungle de la chope (Eddy de Pretto)
Will n'était pas à l'aise dans le domaine sentimental, et même pour se trouver une compagnie d'un soir, les échanges sociaux lui semblaient souvent pénibles. Chercher quelqu'un sur internet ne l'avait jamais attiré, mais il avait essayé, juste pour voir. Il avait rapidement trouvé une compagnie pour la nuit, mais ce genre d'échange ne le satisfaisait pas vraiment, en-dehors du bref plaisir éprouvé. Il avait essayé différents sites, en se disant que peut-être, le hasard ferait bien les choses, et il s'était même inscrit sur le site de rencontre haut de gamme que son amie Alana fréquentait. Il avait détesté dès l'inscription, en voyant les regroupements par niveau d'études, qui créait une distance supplémentaire entre les gens. Il se fichait de parler à un maçon ou à un docteur, pourvu que ce dernier ait une conversation intéressante. Finalement, après quelques échanges avec un ouvrier qui avait bossé sur le même chantier que Hobbs (le monde était vraiment petit), c'était un psychiatre qui avait attiré son attention. Ce dernier, charmant, avait lu son livre sur les serial killer, et Will, lui, avait lu l'ouvrage sur le phénomène de l'exclusion sociale de ce dernier. Ça avait été le point de départ de nombreuses conversations plaisantes, avant une première rencontre.
Tu vas me détruire (Daniel Lavoie – comédie musicale notre dame de paris)
Elle avait toujours eu une attirance pour lui, et elle avait lutté contre celle-ci, avec succès. Pourtant, quand Will avait été emprisonné, quand elle avait su qu'elle avait eu raison à propos de son instabilité, elle n'avait ressenti aucun soulagement. Elle aurait dû l'aider mieux. Elle aurait dû le protéger de Jack. Elle aurait aussi dû mieux se protéger elle-même, de ses sentiments, car même si elle n'avait pas été plus loin que le simple baiser avec lui, elle l'aimait. Elle avait fait la folle erreur par la suite, de se laisser aller dans les bras d'Hannibal. Elle le pensait plus stable, moins dangereux que Will, et comme elle s'était trompée. Elle avait baissé sa garde, s'était laissée aveugler, et elle en avait payé le prix fort. Elle aurait pu faire marche arrière, quand Will avait été innocenté. Elle aurait pu sortir avec lui, plutôt qu'avec le psychiatre, mais elle ne l'avait pas fait parce qu'elle avait toujours peur de lui. Elle aurait sans doute toujours peur de lui, malgré sa profonde affection à son égard. Elle se disait même parfois qu'elle aurait dû le laisser mourir entre les mains de Cordell, chez Mason, mais il ne méritait pas ça. Il n'était pas entièrement responsable de ce qu'il était devenu, et elle aurait aussi pu tuer Hannibal à ce moment-là, alors qu'il était entravé, ou même plus tard en prison, mais elle n'était pas ce genre de personnes. Elle ne voulait pas leur ressembler, mais si elle ne faisait rien, ensemble, ils allaient probablement la détruire. Hannibal avait juré qu'il la tuerait, et Will était maintenant son allié. Il lui fallait fuir, avec sa femme et son fils, pendant qu'il en était encore temps.
Je suis le même (Garou)
A quel point avait-il changé ? Il ne se sentait pas si différent du Will Graham qui était entré dans le bureau d'Hannibal pour la première fois, et en même temps, si. Les bases de sa personnalité était toujours là, ses goûts, ce qui définissait qui il était, et même sa morale, d'une certaine façon, était encore présente. Il avait longtemps résisté à ses désirs, pensant que ce ne serait que pur égoïsme et que cela créerait de nombreux drames, s'il cédait. Au final, Abigail était morte. Il n'avait rien évité du tout, au contraire. Aujourd'hui, suivre son cœur n'était plus qu'une question d'égoïsme. C'était une question de survie, et de santé mentale. Lutter constamment contre le courant était trop épuisant, et finirait par le rendre fou avec les années. Il espérait que Molly, Jack, et les autres, le comprendraient. Il essaierait encore, à petites doses, d'exercer une influence positive sur Hannibal, pour le bien de tous, mais il ne tenterait plus jamais de s'en prendre à lui. Et s'il devait tuer avec lui, par nécessité, ou s'il jugeait ça juste, il n'hésiterait plus. Finalement, non, il n'était plus le même.
Sans logique (Mylène Farmer)
Elle ne se reconnaissait plus par moment. La dualité avait toujours existé en elle, d'une part, il y avait la gentille étudiante, la jeune femme presque angélique, et de l'autre,celle qui amenait des proies humaines à son père. Elle avait toujours pensé que les circonstances, le besoin de survivre était à l'origine de son côté sombre, mais elle doutait à présent. Les deux part de son être semblaient vouloir se rejoindre pour n'en former qu'une seule. Elle était plus calculatrice, plus manipulatrice qu'avant, et même si la situation encore une fois, l'exigeait, elle sentait que ça lui était de plus en plus naturel. En tuant Nicholas, elle avait paniquée, du moins au début. Puis il y avait eu ce moment indéfini, de quelques secondes, ou elle avait pris la décision de descendre la lame qu'elle lui avait enfoncée dans le corps, alors qu'elle n'était pourtant plus en danger de mort. Un moment comme sans logique, où elle avait été quelqu'un d'autre. Ou peut-être, un moment ou elle avait été précisément elle-même.
Chanson française (Volo)
Hannibal était détendu, allongé sur le canapé, et c'était une vision presque étrange pour son amant qui avait l'habitude de le voir toujours en mouvement. De la musique était audible, basse, presque comme un bruit de fond, et ça ne ressemblait pas du tout à la musique classique qu'il écoutait habituellement. Les paroles étaient incompréhensibles pour Will, qui reconnu néanmoins la langue chantée : le français. Il alla s'asseoir près du psychiatre qui l'avait aperçu, les yeux entrouverts, et lui avait fait signe de venir auprès de lui. Will passa ses doigts dans ses cheveux, en souriant. Mettre ses beaux cheveux bien coiffés en désordre était un vrai plaisir pour lui, mais Hannibal n'appréciait pas toujours, alors il essaya de le distraire en l'interrogeant sur ce qu'il était en train d'écouter. La chanson française, cela ne lui disait rien, mais Hannibal avait le chic pour dénicher des perles rares dans tous les domaines, et dans tous les styles artistiques, et ce domaine ne devait pas échapper à son expertise. Il lui ferait sûrement découvrir un artiste qu'il aimerait.
Mon fils, ma bataille (Daniel Balavoine)
Alana ne laisserait personne toucher à son fils. Elle avait fuit avec Margot dès qu'elle l'avait pensé en danger, à cause d'Hannibal, et à présent elle faisait tout pour le protéger. Leur grande maison était gardée par un nombre de gardes presque plus important qu'au manoir, et les alentours étaient truffés de caméras, juste au cas où. Elle avait aussi une arme cachée dans sa chambre, hors de portée de leur fils, et cette fois, si Hannibal se trouvait à nouveau face à elle, il y aurait des balles dedans.
Ça mousse (Superbus)
A moitié immergé dans le bain à l'eau colorée, Will se redressa en entendant Hannibal entrer dans la salle d'eau. Ses cheveux bouclés étaient plaqués en arrière, et ruisselaient. Sa peau était constellée de petites gouttes d'eau brillantes, qui attirèrent le regard de son compagnon. Souvent, ce dernier s'asseyait sur le rebord de la baignoire et lui lavait les cheveux, mais pas aujourd'hui. Hannibal entreprit de se dévêtir, puis entra dans la grande baignoire où ils pouvaient se tenir à deux sans difficulté. Ses mains habiles s'emparèrent du savon au parfum fruité, et quand il eut de la mousse plein les paumes, il posa ces dernières sur le torse de Will. Ses doigts fins s'attardèrent un peu sur les tétons de ce dernier qui s'empara de son visage pour l'embrasser, collant son corps nu et glissant contre le sien.
Je me souviens de tout (Gerard De Palmas)
Will se souvenait de tout, de sa rencontre avec Hannibal, jusqu'à présent. Il y avait eu des moments d'insouciance et des moments terribles, mais au final, il ne regrettait rien. Il ne regrettait pas d'être parti avec lui, et d'être toujours un fugitif. Le FBI pouvait frapper à leur porte demain, mais il espérait que ce ne serait pas le cas, surtout pas maintenant. Ils se faisaient vieux, tous les deux, même s'ils étaient encore en bonne forme physique. Il espérait qu'ils mourraient tranquillement, sans trop d'écart entre eux, même s'il supposait qu'il vivrait un peu plus longtemps que son compagnon, à cause de leur différence d'âge. Il espérait qu'il se souviendrait de tout encore longtemps, et surtout de tout l'amour qu'Hannibal lui avait donné. Il avait été véritablement le premier, et le seul, à l'aimer et à l'accepter totalement, tel qu'il était, sans aucun jugement.
