Idées avortées

Scorpius & Rose

« Plume de Paon »

Deuxième partie


- Papa, tu m'étouffes, grogna Rose qui venait de retrouver sa famille sur le quai de la gare.

Elle était désormais une adulte. Elle avait quitté Poudlard pour la dernière fois, fait ses adieux à une école où elle avait passé les plus belles années de son enfance, et elle était désormais prête à passer à autre chose. Il était difficile de croire que trois semaines plus tôt seulement, elle manquait de s'effondrer de fatigue, sous la pression, à la bibliothèque, devant Scorpius Malefoy, le garçon qu'elle avait cru haïr pendant des années. Jusqu'à ce qu'il laisse tomber son masque d'arrogance. Enfin presque. Il était toujours aussi arrogant qu'auparavant, mais au moins, maintenant, elle savait qu'il pouvait aussi être drôlement attentionné - à sa façon.

- Désolé, ma chérie, dit Ron en la laissant respirer. C'est juste que ça me fait bizarre de savoir que c'est la dernière fois que…

Mais Rose ne l'écoutait déjà plus. Elle tourna la tête, et chercha du regard le Serpentard qui occupait ses pensées depuis plusieurs semaines. Elle ne mit pas longtemps à le repérer dans la foule. Grand et blond, il ne passait pas facilement inaperçu. Elle sourit, mais son cœur s'affola quand elle vit qu'il se dirigeait vers la sortie avec ses parents.

Elle attrapa le sac qu'elle avait laissé tomber en embrassant ses parents et retourna brièvement son attention vers son père.

- Désolée ! S'exclama-t-elle. Tu m'excuses un moment ? Je dois dire au revoir à quelqu'un !

- Quoi ? Demanda Ron en clignant des yeux. Rosie attends, tu…

Il s'interrompit en voyant que sa petite fille avait déjà filé. Il grogna, espérant qu'elle ne l'abandonnait pas pour aller retrouver un petit-ami, ou quelque chose de pire encore. (Ne lui demandez pas ce que « pire » signifiait, il ne voulait pas y penser non plus.)

Rose se fraya facilement un chemin parmi la foule, et lorsqu'elle arriva à la hauteur des Malefoy, elle attrapa Scorpius par la manche pour le faire se retourner. Il pivota lentement en fronçant les sourcils et blêmit lorsqu'il vit Rose Weasley se tenir devant lui, un grand sourire aux lèvres. Ses parents s'étaient arrêtés eux aussi et fixaient leur enfant et la jeune fille sans savoir quoi dire ou penser. Ils étaient persuadés que ces deux là se détestaient.

- J'ai quelque chose pour toi ! Fit finalement Rose en fouillant dans son sac.

Elle trouva rapidement ce qu'elle cherchait et sortit de son sac un petit étui rectangulaire en cuir bleu nuit. Elle lui tendit, sans se défausser de son sourire, et il l'accepta avec un air embarrassé et complètement perdu, comme s'il ne réalisait pas très bien ce qu'il était en train de se passer.

- Ouvre-le, vas-y, l'encouragea Rose avec un sourire éblouissant.

Il s'exécuta lentement et ses yeux s'écarquillèrent lorsqu'il vit ce qu'il y avait dans l'étui. Une superbe plume de paon vert émeraude reposait sur un petit coussinet en velours de la même couleur.

- Oh, dit-il en souriant nerveusement. Tu aurais simplement pu me rendre l'autre, ce n'était pas la peine d'en acheter une nouvelle...

Rose haussa les épaules avec nonchalance et leva les yeux vers lui avec un éclair de malice.

- J'avais envie de garder la tienne, alors je me suis dit que je t'en offrirai une nouvelle en échange.

Il posa sur elle un regard perplexe, mais ce n'était rien comparé à ceux de ses parents et des siens. Tous les regardaient avec une drôle d'expression, entre l'incrédulité et la panique.

- Pourquoi faire ? Demanda-t-il en la regardant comme si elle était tombée sur la tête.

Ce qui était probablement le cas, vu qu'elle lui parlait et lui souriait, comme s'ils étaient amis depuis toujours.

Vous a-t-il déjà dit à quel point il aimait le sourire de Rose Weasley ? Parce que, vraiment, ce sourire le rendait dingue. Dingue de chez dingue même, comme dirait Lily Potter.

- Parce que… jusque là, elle m'a porté chance, admit-elle, le regard pétillant. Et je voudrais que ça continue.

Il cligna des yeux - deux ou trois fois - mais n'hésita pas. Il se pencha vers Rose, come un automate (une sorte de monstre métallique moldu dont il ne comprenait pas très bien l'utilité), et prit son visage entre ses mains pour l'embrasser.

Devant tout le monde.

Heureusement, ils avaient tous les deux fermé les yeux, et ne purent voir les mâchoires de leurs parents s'écraser au sol.

Et franchement, si Scorpius avait su que tout ce qu'il avait besoin de faire pour avoir le droit d'embrasser Rose Weasley, c'était de lui prêter une plume, il l'aurait fait des années plus tôt.


N/A : DelfineNotPadfoot a exigé une suite après avoir lu la drabble 14 , et moi, qui suis-je pour lui refuser, hein ?