Idées Avortées

Scorpius & Rose

« Soixante-quatorze »

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- Qu'est-ce que tu veux, Malefoy ? Soupira Rose avec lassitude.

- Tu sais parfaitement ce que je veux, répondit-il en haussant les épaules, avec un sourire trop arrogant au goût de la jeune Préfète-en-Chef.

- Je t'ai déjà dit non.

- Soixante-douze fois, si mes calculs sont exacts, acquiesça-t-il sans se départir de son sourire. Mais pourquoi ça m'arrêterait ? Les Malefoy obtiennent toujours ce qu'ils veulent.

- Pas cette fois j'en ai peur, grogna Rose.

- Tu sais, le moyen le plus efficace de te débarrasser de moi serait encore de céder, souffla-t-il en se penchant vers elle avant qu'elle ne le repousse d'une main, avec un air dégouté.

- Ton petit jeu marche sûrement très bien avec les autres filles, mais pas avec moi.

- Quelles autres filles ? Tu sais très bien que je n'ai jamais été intéressé par la moindre autre fille.

- Je t'en prie, lâcha-t-elle avec un sarcasme aiguisé, tu n'es pas le moins du monde intéressé par moi. Tout ce qui t'intéresse vraiment, c'est de faire enrager ton père. Et quoi de plus efficace que de sortir avec une Weasley pour ça ?

- Si c'était vraiment le cas, je pourrais me contenter de n'importe laquelle d'entre vous, non ? Ou mieux, je pourrais sortir avec la sœur de Al. Mais ni Lily, ni Lucy, ou Molly ou Dominique ne m'intéresse. Tout ce que je veux c'est toi. Un rendez-vous. C'est tout ce que je demande, Rose.

- Je ne suis pas un objet ! S'écria-t-elle en serrant les dents. Tu n'as pas le droit de me « vouloir » ! Je ne suis pas une poupée que tu peux simplement ajouter à ta collection.

- Je n'ai jamais fait de collection, protesta-t-il en fronçant les sourcils, j'ai toujours trouvé ça terriblement ennuyeux. Et puis pourquoi je voudrais collectionner quoi que soit si je peux avoir la poupée édition limitée ? Ajouta-t-il, ses fines lèvres s'étirant à nouveau en ce sourire craquant plein d'arrogance qui faisait fondre trop de filles au goût de Rose.

- C'est tout le problème, Malefoy, tu ne peux pas. Tu ne m'auras pas. Jamais. Alors oublie-moi une bonne fois pour toutes, et trouve-toi quelque chose d'autre pour faire sortir ton père de ses gonds…

- Bon sang, Rose ! S'énerva-t-il soudain en frappant du poing sur la table avec colère. Pour la dernière fois, je n'en ai rien à foutre de ce que pense mon père ! Si je veux être avec toi, alors même que tu es la fille la plus bornée, la plus rancunière, la plus arrogante que je connaisse, c'est seulement parce que tu es aussi la plus brillante, la plus amusante, et la plus pétillante que je n'aie jamais vue !

- Tu mens, se borna-t-elle froidement.

- Comment tu pourrais le savoir ? Tu ne cherches même pas à voir au-delà de nos simples noms. Mais ce n'est pas parce que tu en es incapable, que moi je le suis. Tu es peut-être aussi bornée que ton père, mais je ne suis certainement pas aussi aveuglé que le mien.

- Mon père n'a rien à voir là-…

- Au contraire, il a tout à voir là-dedans ! Coupa Scorpius. Il est la raison même pour laquelle tu n'as jamais voulu me donner une chance… Même Al ne comprend plus pourquoi je m'acharne.

- Tu vois ? Répliqua Rose, qui commençait à faiblir sous le regard dur de Scorpius. Ça n'a aucun sens. Si ce n'était pas pour prouver quelque chose, tu ne t'acharnerais pas…

- Tu ne comprends pas, soupira Scorpius en passant une main sur son visage avec lassitude. Tu n'essayes même pas…

- Je ne vois pas ce que tu voudrais que je…

- Tu te souviens de la première fois que j'ai passé l'été chez les Potter ? Coupa Scorpius en relevant la tête vers Rose avec un sourire triste.

- Il y a deux ans ? Demanda Rose d'une petite voix, désemparée par l'expression perdue et défaitiste du jeune Gryffondor.

- Oui, dit-il en hochant la tête. Ton frère et toi, vous veniez tous les jours voir Al et Lily. On s'était toujours évités jusque là, parce que c'était plus facile. Toi, parce que j'étais un Malefoy, moi, parce que tu étais juste la cousine de Al… Mais ensuite… ensuite ça a changé pour moi… Te voir sourire tous les jours, te voir vivre, te voir débarrassée de ta pile de livre et de l'air hautain que tu trimballes partout avec toi dans le château… Je ne peux pas vraiment t'expliquer, soupira-t-il avec défaitisme. Je ne peux pas t'expliquer ce que j'ai ressenti, ce que je ressens maintenant, parce que tu ne veux pas comprendre…

- Je ne…

- Laisse tomber, coupa-t-il en se levant. Tu as raison. T'es une Weasley, je suis un Malefoy. Même pour énerver mon père, ça ne vaut pas la peine. Al a raison. Je laisse tomber.

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- Malefoy ! S'écria-t-elle alors qu'il était déjà loin. Est-ce… Est-ce tu pourras me redemander demain ? Demanda-t-elle d'une voix un peu tremblante, mal assurée, les joues écarlates. Peut-être que… peut-être que la soixante-quatorzième fois sera la bonne…

Il s'était retourné, mais ne répondait rien. Il se contentait de la fixer, la mâchoire crispée, ses joues habituellement pâles, légèrement colorées, les mains dans les poches comme s'il ne savait pas très bien quoi en faire, et cligna des yeux. Deux fois.

Puis, lentement, un sourire glissa au coin de ses lèvres, et il hocha la tête.


N/A :Pour celles qui aiment cette Drabble, sachez qu'elle a désormais une suite, écrite et publiée par DelfineNotPadfoot, dans son recueil appelé "Sa Majesté la Plume", p.2. Allez lire toutes les drabbles qu'elle y a publiées, vous ne serez pas déçues ;)