Idées Avortées
Scorpius & Rose
« L'Homme au Bouquet de Fleur »
Elle lui reprochait de manquer de spontanéité. D'être froid dés qu'il quittait leur chambre. D'être distant quand ils sortaient de chez eux. Elle, elle était tout le contraire. Amusante, spontanée, tendre, douce et chaleureuse. Elle avait besoin d'être aimée, mais surtout, elle avait besoin qu'il lui montre. Elle disait qu'il ne pouvait plus se cacher derrière une éducation rigide quand ils n'étaient que tous les deux. Et il voyait l'éclat dans ses yeux s'éteindre chaque fois qu'il ne prenait pas sa main en public. Chaque fois qu'il ne réagissait pas quand un autre lui faisait ouvertement la cour. Chaque fois qu'il partait le matin sans l'embrasser avec la passion qu'elle attendait.
Pourtant, il n'y avait rien qu'il n'aurait plus aimé au monde qu'entremêler ses doigts aux siens quand ils marchaient côte à côte. Ou tabasser à mort un des crétins qui ne comprenait pas que c'est à lui qu'elle appartenait. Ou l'embrasser chaque matin comme si c'était leur dernière étreinte.
Mais il ne pouvait pas. Il n'était pas comme ça. Il était ce qu'il était. Un homme hautain, froid et coincé, qui aimait rentrer chez lui et se poser dans son fauteuil préféré pour lire un livre. Savoir qu'elle était là, dans la même pièce, sur le fauteuil près du sien, ça lui suffisait. Il n'était pas du genre à rentrer chez lui le soir et à la surprendre avec un portoloin qui les emmènerait à Rome pour une semaine.
Pourtant, il était terrifié. Terrifié à l'idée de la casser. D'éteindre définitivement la flamme qui la caractérisait. Terrifié que sa sécheresse, son incapacité à être passionné, finisse par avoir raison de leur relation.
Terrifié qu'elle le quitte.
L'idée lui faisait mal au cœur. À tel point qu'il n'était plus capable de se concentrer.
En quittant le Ministère à dix-huit heures, pour la première fois, il avait peur de rentrer chez lui.
Et si elle n'était plus là ? Si elle avait fait ses valises et était retournée vivre chez ses parents ?
Il ne pouvait pas la perdre.
Il ne pouvait pas.
Il devait la surprendre. Etre romantique. Etre spontané. Etre drôle. Etre tendre.
Il ne savait pas comment il était supposé être tout ça à la fois, mais il y avait bien quelque chose qu'il pouvait faire non ? Un petit geste par lequel commencer ?
.:.
Des fleurs. Le bouquet n'avait probablement rien d'original. Il s'était tenu loin des roses en entrant dans la petite boutique de fleurs à la sortie du Chemin de Traverse, peu désireux de réveiller son allergie. Il avait toujours trouvé ça amusant qu'elle soit allergique à la seule fleur dont elle portait le nom. Elle, elle n'avait jamais apprécié l'ironie.
Alors, lorsqu'il lui tendit maladroitement le bouquet de lys blancs et roses avec un sourire contrit et qu'elle l'accepta en clignant des yeux, il pâlit.
Mais elle sourit, et son cœur s'allégea. Un peu.
Elle lui adressa le sourire qu'il aimait tant. Le sourire qui n'appartenait qu'à lui, depuis toujours, et pour toujours. Le sourire le plus doux du monde qui faisait briller dans ses yeux tout l'amour qu'elle avait pour lui, malgré sa difficulté à lui montrer qu'il ressentait exactement la même chose.
- Scorpius... Je ne pensais pas que tu prendrais ce que j'ai dit ce matin tant à cœur.
Sa voix était comme une caresse et il ferma presque les yeux pour la sentir.
- Je n'ai jamais voulu te changer. Je t'aime comme tu es, tu le sais ça, non ?
Il hocha difficilement la tête, avec un sourire triste, et il encercla sa taille de ses deux bras.
- Je sais, souffla-t-il d'une voix basse. Mais si... Si tu pouvais me dire pourquoi tu m'aimes, ça m'aiderait, ajouta-t-il en plantant son regard froid dans le sien.
Elle sourit, encore, et encadra son visage de ses deux mains.
- Je t'aime parce que tu es hautain, froid et distant, souffla-t-elle avant de déposer un baiser-plume sur ses lèvres. Je t'aime, reprit-elle, parce que ton sourire d'aristocrate est le plus doux du monde quand tu me regardes, parce que quand tu t'endors le soir, tu enroules tes bras autour de moi pour avoir chaud, et surtout, parce que même quand tu penses être distant, tu ne l'es pas vraiment. Tu es toujours là, tout près.
Le cœur de Scorpius se dégonfla comme un ballon de baudruche et il ferma les yeux, laissant son menton reposer sur le haut du crâne de sa fiancée avec sérénité. Peut-être qu'il n'était pas parfait, mais elle, elle l'était suffisamment pour deux.
N/A : Je sais... cette Drabble est bizarre. Et décousue. Mais allez savoir pourquoi, je l'aime quand même. Probablement ma favorite jusque-là.
