Idées Avortées

Scorpius & Rose

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Six ans plus tôt

Scorpius regarda Rose disparaître à l'angle du couloir menant à la Salle Commune de Gryffondor, un sourire accroché aux lèvres, les mains plongées dans les poches, heureux comme il ne l'avait jamais été de toute sa vie. Habitué aux regards méprisants et aux remarques blessantes, il avait passé la majorité de son temps à Poudlard a éviter la compagnie des élèves de son âge, à l'exception de celle d'Albus. Mais Albus était comme lui silencieux. Être le fils d'un ancien Mangemort n'était apparemment pas plus facile que d'être le fils d'un héros de guerre.

Pourtant, ce n'était pas six longues années d'amitié avec Albus qui avaient sorti Scorpius de sa solitude. C'était Rose. Rose Weasley, son sourire, ses boucles folles, et ses tâches de rousseur. Il ne savait toujours pas ce qu'il avait fait pour mériter son cœur, mais chaque fois qu'elle glissait sa main dans la sienne, il tombait un peu plus amoureux encore, et lorsqu'elle l'embrassait, à l'abri des regards derrière une tapisserie ou dans une salle de classe déserte, il se sentait vivant. Incroyablement vivant.

- Qu'est-ce que tu fous là, Malefoy ? Grinça une voix dans son dos.

Scorpius se figea aussitôt. Son sang se glaça et il pivota lentement.

Devant lui, se tenait Oscar Wellington, flanqué de ses deux acolytes aux capacités intellectuelles limités, comme tout méchant qui se respecte.

L'expérience avait appris à Scorpius qu'il valait généralement mieux ignorer Oscar. Alors c'est ce qu'il fit. Il demeura résolument silencieux, son regard charbonneux soudain voilé et dur.

- Alors ce qu'on dit est vrai… Rose et toi ?

Cette fois, le regard de Scorpius s'assombrit très nettement et il serra les poings dans ses poches pour retenir la haine qui engloutissait peu à peu son cœur. Ce n'était un secret pour personne : Oscar avait des vues sur Rose depuis toujours.

- Tu me fais pitié, cracha-t-il avec un sourire mauvais et un regard dédaigneux. Tu crois que ça va durer ?

Il était de plus en plus difficile pour Scorpius de demeurer silencieux alors que sa baguette lui chatouillait les doigts, mais il était en infériorité numérique, et même s'il doutait que Tweedle Dee et Tweedle Dum étaient capables de tenir la leur dans le bon sens, Oscar en revanche, était un sorcier très doué auquel il valait mieux ne pas se frotter.

- Tu ne la mérites pas, reprit le jeune Gryffondor avec un regard soudain très froid.

Cette fois, Scorpius réagit. Son regard noir rencontra celui d'Oscar, et il fit un pas en avant.

- Tu ne sais pas de…

- Tu es un Malefoy, coupa sèchement Oscar, tu n'as rien à faire avec une Weasley. Elle est trop bien pour toi !

Scorpius ravala sa salive, la mâchoire crispée, le cœur tremblant.

- C'est faux, souffla-t-il finalement, d'une voix bien plus basse que d'ordinaire.

- Vraiment ? Ricana le jeune Gryffondor. Alors dis-moi, qu'est-ce que tu crois qu'il va se passer quand le reste de sa famille apprendra que vous sortez ensemble, hein ? Vous avez réussi à garder le secret jusque-là, mais combien de temps encore ça va durer ?

- Ça ne te regarde pas.

- C'est ce qu'on verra, Malefoy, lâcha sèchement Oscar.

Ce dernier cracha par terre aux pieds du jeune Serdaigle, et adressa un signe de tête à ses deux sbires. Scorpius, incapable de bouger, les regarda s'éloigner, le cœur au bord des lèvres. Lorsqu'il fut seul, il laissa enfin échapper le cri douloureux qu'il avait retenu pendant tout ce temps, et se laissa tomber par terre en se faisant glisser contre le mur.

Et la voix qu'il avait tenté de faire taire durant six mois explosa à nouveau dans sa poitrine, libérée de ses chaines.

Les Weasley et les Malefoy ne se mélangeaient pas. Et lui, moins que quiconque, ne méritait pas Rose Weasley.

Elle était trop bien pour lui. Elle avait toujours été un rêve, une illusion.

Rose était une Weasley, fille de héros, promise à un grand avenir, et lui un Malefoy. L'héritier d'un triste passé, plus lourd encore que les souvenirs qu'il rappelait.


N/A : Je suis désolée si j'en rends certains désorientés, ou confus. Cette drabble en trois parties est un bordel sans nom, on est bien d'accord.