Auteur : Suzan
Note : Tous les personnages canoniques appartiennent à JKR, je ne fais que m'amuser avec.
Résumé : Hermione Granger est une jeune femme de vingt-et-un ans parfaitement saine de corps et d'esprit… Il y a juste un léger détail, trois fois rien, une broutille, une paille comme dirait sa mère. Hermione a quelques soucis avec ses pulsions.
Crédits : Photographie E.W. pour The Bling Ring (Pathé Distribution) et Abaca. Montage par Suzan.
Avertissement : Cette histoire met en évidence des relations entre adultes consentants - c'est même un peu le thème central de la fiction comme l'indique son titre - considérez-vous comme prévenus.
NDA : Bonjour à tous et bon weekend ! Voici le nouveau chapitre d'HGN. Merci à tous ceux qui ont mis en favoris et en alerte cette histoire ainsi que tous ceux qui ont laissé un commentaire sur le chapitre précédent. Cette fois-ci Hermione découvre ce qu'il en est réellement de ses pulsions... Ce sera le chapitre "sérieux" de l'histoire qui permettra d'expliquer un bon nombre de choses... Bonne lecture et on se retrouve en bas !
SOLUTION N° 2 : SAVOIR DE QUOI IL RETOURNE
Le lundi matin arriva bien trop tôt au goût d'Hermione. Severus et elle avaient convenu qu'il viendrait la chercher pour l'escorter jusqu'à Ste Mangouste. En attendant qu'il se présente, elle essaya de retrouver l'état de sérénité qu'elle avait ressenti samedi soir en rentrant de Poudlard.
En effet, lorsqu'elle s'était ouverte de ses problèmes à son ancien professeur, elle avait ressenti quelque chose qui lui manquait depuis longtemps : un soutien, une aide, une sorte de compréhension. Désormais des émotions contradictoires se succédaient dans son corps à intervalles réguliers : elle redoutait le diagnostic d'une quelconque autorité médicale mais elle s'en réjouissait, elle ne voulait pas assumer ce qui lui arrivait devant un médicomage mais cela lui permettrait d'agir concrètement sur ses pulsions…
Pourtant la confession qu'elle avait faite à Severus lui avait procuré une sensation de soulagement intense ainsi qu'un apaisement. Elle avait pu sereinement envoyer un courrier à Minerva pour s'excuser et la rassurer sur son état de santé avant d'enchanter un gallion et de l'envoyer à l'actuel professeur de DCFM. Hermione s'était même préparé un encas avant de se mettre au lit et fait notable, elle n'avait utilisé aucun de ses jouets ou romans érotiques pour s'endormir. Elle se prit alors à espérer.
Cet espoir fut balayé lorsqu'elle se réveilla le dimanche matin. La sensation de manque était de retour et elle fit ce qu'elle put pour l'ignorer, forte de ses nouvelles résolutions. A la fin de la matinée, même ses plus puissants souvenirs heureux ne purent agir sur son état. Elle se résolut à envoyer une alerte au Directeur de Serpentard avant de se précipiter vers la première cheminée disponible.
Son arrivée dans les quartiers de Severus restait floue et comme embrumée dans sa mémoire, Hermione n'était alors que désir et pulsions. Pourtant elle se rappelait très clairement et avec une grande acuité de leurs actions quelques minutes après. La jeune sorcière tenta d'occulter cette partie de ses souvenirs car malheureusement ils éveillaient en elle les pulsions qu'elle redoutait tant.
Hermione avait pu passer le reste du dimanche en compagnie de Severus. Elle avait ressenti plusieurs fois la sensation de manque mais une discussion intéressante ou la lecture que lui proposait l'ancien maître des potions avaient constitué des dérivatifs suffisants pour qu'elle puisse passer à autre chose. Il l'avait raccompagnée poliment à ses appartements et elle était partie se coucher, exténuée d'avoir lutter toute la journée et pourtant fière de son accomplissement.
La sonnette de sa porte d'entrée révéla à Hermione la présence de Severus Rogue et la tira de ses souvenirs récents. Elle se leva en sursaut et ouvrit prestement à son accompagnateur.
- Miss Granger, bonjour.
- Hermione, proposa-t-elle dans un sourire. Bonjour, Severus.
Un rictus tordit les lèvres de l'ancien maître des potions, contredit par une lueur de bienveillance cachée dans ses orbes noires.
- Y allons-nous ? S'enquit-il en lui proposant son bras.
- Mais certainement, répondit-elle en tentant d'imiter son ton guindé.
Il ne fit pas grand cas de sa tentative d'humour. Elle ferma la porte de son deux-pièces et agrippa le bras de son ancien professeur. Elle sentit alors son corps se rétrécir pour passer à travers un tuyau vraiment trop petit pour sa corpulence. Ils atterrirent dans une ruelle sombre de Londres et Hermione mit quelques secondes à se remettre du transplanage d'escorte.
Severus la guida vers la vitrine de Purge & Pionce et parla poliment au mannequin de la devanture en annonçant qu'ils avaient rendez-vous avec le Guérisseur-en-chef de l'hôpital. Hermione retint de justesse une exclamation de surprise. Lorsque Severus lui avait proposé de prendre rendez-vous pour elle avec l'un de ses amis, elle était loin de penser que c'était avec le médicomage le plus en vu de l'hôpital sorcier.
Ils passèrent tour à tour à travers la vitrine du magasin faussement abandonné pour apparaître dans le hall de Ste Mangouste. D'un pas sûr, Severus la guida à travers les différents étages jusqu'à une salle d'attente. Il s'assit sur l'un des sièges, la laissant s'annoncer au comptoir où la secrétaire en charge accueillait les patients. Elle le rejoignit quelques secondes plus tard, partagée entre une terreur abjecte et la certitude qu'elle faisait ce qu'il fallait. Pour se changer les idées, elle demanda à voix basse :
- Comment avez-vous connu ce Guérisseur ?
- Il était le médicomage chargé du cas d'Arthur Weasley suite à sa morsure avec Nagini, raconta Severus en chuchotant. J'ai réalisé l'antidote à lui administrer. Je suis revenu le voir lorsque j'ai été blessé pendant la guerre et il n'a jamais refusé d'effectuer les soins alors qu'il savait que j'étais un Mangemort. Il a plusieurs spécialités à son arc et c'est quelqu'un de correct.
Hermione hocha la tête à ses paroles, se rassurant grâce aux dires de Severus.
- Pou… Pourriez-vous venir avec moi dans le cabinet ? Questionna-t-elle en essayant de masquer le stress que ce rendez-vous faisait naître en elle.
Severus la sonda calmement pendant quelques secondes avant d'hocher la tête. A cette vue, le soulagement courut dans les veines d'Hermione avec l'efficacité d'un filtre de Paix.
- Miss Hermione Granger ? Appela une voix d'homme.
Elle se releva si brusquement de sa chaise que ses muscles protestèrent.
- C'est moi, répondit-elle en s'avançant.
- Guérisseur Smethwyck, si vous voulez bien me suivre.
Elle lui emboita le pas, rassurée de voir Severus l'accompagner. Elle inspira et expira calmement. Tout se passerait bien.
Hermione se tordait sur sa chaise, incapable de rester immobile malgré le regard noir que son ancien professeur des potions posait sur elle. Elle avait raconté tout ce qui lui arrivait au médicomage. La présence de Severus avait étrangement facilité cette confession. Il put apporter quelques détails et plusieurs hypothèses qu'elle-même n'avait pas envisagées. Le guérisseur avait noté soigneusement tous les détails avant de l'examiner derrière un paravent. Il avait alors sorti sa baguette et pris en note toutes ses constantes, son poids, sa taille, son âge et ses habitudes alimentaires. Il lui fit ensuite un check-up complet.
La sorcière avait reconnu plusieurs sorts visant à déterminer si elle avait été empoisonnée ou ensorcelée. D'après ses maigres connaissances, rien de tout cela ne lui était arrivé mais aucune piste n'était à négliger. Finalement, il l'examina de la façon la plus clinique et la plus dépassionnée qui soit. Hermione ne se souvenait pas d'avoir éprouvé un tel malaise et cela inhiba toute réaction sexuelle aux agissements du Guérisseur. A l'aide d'un énorme coton-tige, il toucha plusieurs zones de son corps et lui demanda de décrire ce qu'elle ressentait.
L'examen était certes gênant au possible mais la jeune femme s'y soumit de bonne grâce si cela pouvait lui donner la réponse à toutes ses questions. Le Guérisseur hocha plusieurs fois la tête et conclut en allant faire analyser un prélèvement. Hermione attendait depuis en se tortillant sur sa chaise. Qu'est-ce qui pouvait prendre autant de temps ? Était-il si compliqué de poser un diagnostic sur son état ?
Lorsque la porte du cabinet s'ouvrit, Hermione était sur de tels charbons ardents qu'elle ne savait plus si elle devait être heureuse ou apeurée du sourire qu'affichait le Guérisseur-en-chef.
- Miss Granger, mon confrère, le gynécomage Speculum et moi pensons que vous souffrez d'un syndrome méconnu, le SEGP dont l'acronyme signifie syndrome d'excitation génitale persistant. Ce syndrome est une perception d'excitation génitale prolongée malgré l'absence de désir sexuel ou de stimulation sexuelle. Il affecte essentiellement des femmes.
La stupéfaction s'abattit sur Hermione, la laissant incapable de réagir ou de poser la multitude de questions qui lui venaient à l'esprit une seconde plus tôt. Elle avait un syndrome ?
- Le diagnostic repose sur cinq critères dont une excitation génitale et clitoridienne persistante pendant une durée allant de plusieurs heures à plusieurs jours, une sensation d'excitation non liée à un désir sexuel, une excitation génitale physique qui ne disparaît pas après un simple orgasme et en nécessite généralement plusieurs et enfin une sensation d'excitation intrusive, indésirable et, au minimum, modérément pénible.
Hermione reconnut chacun de ses maux dans la description du Guérisseur. Elle ne sut si elle devait rire ou pleurer.
- Existe-t-il un traitement ? Questionna la voix grave de Severus Rogue.
Sa diction impeccable, l'absence d'émotion dans sa voix, toute son attitude représentait un point d'ancrage, stable et solide pour Hermione. Intérieurement, la jeune éditrice le remercia de posa le questions qu'elle était pour l'heure incapable d'émettre.
- Miss Granger est l'une des rares patientes déclarées souffrant de ce syndrome, expliqua le Guérisseur en prélude à sa réponse. La plupart des femmes en souffrant le cachent et ne souhaitent pas être diagnostiquées, préférant gérer seules. Nous connaissons son existence grâce à des recherches moldues et aucune recherche dans le monde magique n'est pour le moment programmée.
Hermione cilla, pressentant la suite du discours.
- Tout ce que je peux vous dire sur ce syndrome c'est qu'il se déclare généralement suite à un traumatisme et correspond, grosso modo, à l'inflammation d'un nerf qui innerve la région pelvienne, entre les organes génitaux et l'anus. Pour ce qui est des traitements, nous pouvons endormir le nerf ou la sensation par des potions mais malheureusement il n'existe pas de médicament ou de sortilège ciblé. Le monde moldu poursuit des recherches pour soulager les patientes mais il n'existe pour l'heure que des expédients qui ne règlent pas définitivement le problème.
Le corps d'Hermione s'effondra à l'entente de la réponse du Guérisseur. Elle resterait ainsi à tout jamais et personne ne pourrait rien pour elle.
- Miss Granger, n'abandonnez pas, l'exhorta le médicomage en essayant de capter son regard. Si nous ne pouvons vous guérir définitivement, nous pouvons vous aider à mieux vivre avec ce syndrome. Il existe plusieurs choses à tenter. Par exemple, la masturbation dans certains cas permet un soulagement mais d'en d'autres aggrave la sensation. Si tel est le cas pour vous cette pratique est à proscrire et il faut trouver des activités de remplacement.
La sorcière hochait la tête sans vraiment bien comprendre ce que le Guérisseur tentait de décrire. Elle espérait que sa mémoire exceptionnelle enregistrerait le tout pour elle et que Severus était attentif parce qu'elle avait complètement perdu pied avec la réalité.
- Certaines patientes ont bien réagi à un traitement psychologique, cela a diminué leurs troubles. Au vu du stress généré par les symptômes, il est toujours bon de consulter un psychomage. Enfin, plusieurs potions inhibitrices permettent de mieux gérer votre excitation permanente pendant la journée par exemple. Dans ce cas, tout est affaire de dosage. En tout état de cause, il nous faut trouver ce qui fonctionne le mieux pour vous.
- Que préconisez-vous ? S'enquit Severus.
- Pour l'heure, trois choses, répondit le médicomage d'un ton clinique. Il faut que nous ayons plus d'informations sur la façon dont fonctionnent les symptômes de Miss Granger. Un carnet détaillé des sensations qu'elle ressent associés aux émotions qui ont précédé peut nous être utile pour comprendre les déclencheurs. A partir de cela, on pourra préconiser la prise de telle ou telle potion pour telle situation.
Severus hocha la tête comme si tout ceci était parfaitement logique.
- La seconde chose est d'aller consulter un psychomage pour apprendre à gérer au mieux cette situation. L'expert anglais dans ce domaine est le professeur Helbert Spleen. Voici sa carte.
Incapable de se saisir de la carte du psychomage, elle vit Severus ramasser d'un geste souple le morceau de carton.
- Et enfin, voici un Filtre de Paix moyennement dosée. Au vu de la corpulence de Miss Granger, une gorgée devrait suffire pour atténuer les symptômes. En tant qu'expert en potions reconnu, vous pourrez voir comment cela agit sur elle et si cela apaise ce qu'elle ressent. Sinon nous tenterons une autre potion. A utiliser en cas d'ultime recours bien entendu.
Severus prit les fioles de potion et entama une discussion sur le dosage du Filtre de Paix. Hermione avait l'impression qu'entre son corps et le reste du monde, une espèce de sensation ouatée avait élu domicile. Elle admit au bout de quelques secondes de réflexion être profondément choquée par l'annonce qui venait de lui être faite. Elle laissa donc les deux sorciers discuter de son cas, se laissant bercer par la sensation et s'enfonça profondément dans son cocon au point de plus rien voir ni entendre.
Papotage et chocolat
Ok... Alors que pensez-vous de ce chapitre légèrement différent dans le ton et dans la forme (nous n'avons pas de scènes explicites ici) ? De la raison des pulsions d'Hermione ? De sa réaction ?
J'attends avec impatience vos réactions, bon weekend et à la semaine prochaine !
