Chapitre 2 : Super connaissances

Son Gohan arriva auprès des jeunes chasseurs de dragon balls.

« Est-ce que ça peut vraiment être un saiyen ?... » demanda sa fille. Le métis s'accroupit près de l'assommé et se risqua à lui frôler la queue de singe brune entourée autour de la taille. Il hocha la tête positivement. « Vraiment ? Comment ça se fait ? La planète est détruite, non ? Il n'y en a plus maintenant, à part grand-père et Végéta ! »

Gohan se redressa « Il n'est pas forcément de pure race, il peut être métissé comme nous… Enfant, avant qu'on enlève ma queue, j'avais tout d'un saiyen ! »

« Ah… Il viendrait d'un peuple qui ressemblerait à la Terre alors ? » Gohan la regarda en haussant les épaules, signe de son ignorance.

« Papa, c'est qui ? Tu le connais ? » renchérit Miiky.

Gohan réfléchissait les sourcils froncés, il ne répondit pas tout de suite.

« On fait quoi alors ? » dit Zarina qui en avait marre de rester sans rien faire. Yanu demanda si il fallait le ramener ou le laisser là. Il commençait à avoir envie de rentrer lui aussi.

Gohan hésitait… l'étranger ne dégageait pas une grande puissance mais rien ne prouvait qu'il ne camouflait pas sa force en feignant l'inconscience. D'un autre côté, le laisser là c'était risqué des dégâts évitables en le gardant sous surveillance.

« Oui, on le ramène. » décida-t-il. Il le retourna prudemment sur le dos. A la vue du visage de l'inconscient, il respira profondément afin de contrôler une vague de souvenirs et de mauvais pressentiment…

« Il ressemble vraiment fort à grand-père ! » dit Miiky.

En le portant dans ses bras toujours avec prudence, son père lui répondit que tous les saiyens se ressemblaient. Il avait prononcé ces paroles pour se convaincre lui-même car il trouvait également que l'inconnu était le portrait craché de Son Goku. Il hissa l'inconnu sur son épaule. Son père lui avait appris le déplacement instantané, il demanda aux jeunes d'entrer en contact physique avec lui puis il porta deux doigts de sa main libre à son front et se téléporta.

Une fois à la maison, Gohan allongea le probable saiyen dans le lit de la chambre d'amis.
« J'espère que tu ne nous poseras pas trop de problème… » pensa-t-il en l'observant. Il descendit au salon où Videl l'attendait.

« Selon toi, il se réveillera quand ? » demanda-t-elle.

« Je ne sais pas, ça dépend du choc qu'il a reçu.»

A ce moment, Pan entra dans la pièce avec Miiky, ils avaient été reconduire les deux autres enfants chez eux.

« Il est réveillé ? » demanda le plus jeune.

« Non. Dès qu'il le sera, faites attention tant qu'on ne sait pas qui il est ! » répliqua leur père.

« Il n'a pas l'air méchant et tu es très fort… »

« C'est vrai mais on ne sait jamais, ne te fie pas aux apparences, Miiky. Peut-être cache-t-il sa force ? De plus, il n'est peut-être pas seul… Il peut être le sbire ou le complice de quelqu'un de beaucoup plus fort et dangereux. »

« Papa ! On ne sait pas du tout qui il est et tu le considères déjà comme un ennemi ! Tu ne crois pas que t'exagères ? » se fâcha Pan.

« Il n'y a plus de planète des saiyens ! D'après Végéta, il n'y en a plus nulle part. Freezer aurait bien fait le ménage... La seule possibilité est qu'il était en mission sur une planète très lointaine au moment de l'extinction de la planète Vé... »

« Justement ! » Le coupa-t-elle, « Il a peut-être fuit sa planète pour de bonnes raisons ! Et maintenant il essaye de recontacter des gens comme lui ! Grand-père vient de cette planète aussi et tu vois tout le bien qu'il a fait pour la Terre ? Pourquoi cet étranger ne serait-il pas comme lui ? »

Gohan était étonné de l'étrange pertinence de ce que venait de dire sa fille. Malgré tout raisonnable et fidèle à son expérience personnelle, il finit par répondre :

« C'est possible mais extrêmement peu probable ! Ce qui m'inquiète particulièrement, c'est qu'il a une tunique typiquement saiyenne sur lui. Avec le détecteur qui va avec… Si il les avait fuit comme tu le supposes, il ne garderait pas leur équipement. Et c'est un modèle ancien ! Je pense que ça ne peut être qu'un homme de Freezer… En tout cas, un de ses alliés. »

« Mais il est mort depuis des années ! Deux fois ! Tu me l'as dit toi-même ! Et son empire avec. Et tu as vu comme l'homme qu'on a ramassé est jeune ! Il a une trentaine d'années au maximum. »

« Freezer a peut-être encore des hommes qui veulent servir sa cause ou le venger ! Et le fait qu'il soit jeune ne change rien ! Je sais de quoi je parle ! Ils ont peut-être un moyen de garder la jeunesse des gens sur une autre planète fidèle à la doctrine des Cold. On ne sait jamais présumer de l'avancée technologique de l'univers. » Pan n'en revenait pas, son père était vraiment suspicieux. « Maintenant on arrête de parler de lui ! Tu ne l'approches pas de trop près, c'est un ordre, point à la ligne ! Je vais voir Piccolo et Dendé, ils ont peut-être des informations qui sortent du secret des Dieux. » Il n'attendit pas de réponse et quitta la maison. Pan tapa du pied de colère.

« Il m'énerve quand il est stressé et parano comme ça ! » râla-t-elle. « On pourra quand même le nourrir ? On va pas le laisser mourir de faim ?... » Elle regarda sa mère fixement pour qu'elle comprenne son allusion. Videl ne dit rien puis soupira lorsqu'elle comprit. Pan aimait prendre des risques et désobéir… Comme toute sa famille.

« Oui, Pan, tu pourras lui apporter son repas à son réveil ! Mais uniquement si ton père est à la maison ! »

Elle fit un petit saut de joie avec un grand sourire, remercia sa mère et fila dans sa chambre.

Le lendemain après-midi, Goten arrivait chez son frère pour voir le nouvel arrivant. Sa nièce l'emmena avec plaisir le voir. Ils ouvrirent doucement la porte et entrèrent dans la pénombre. Pan se dépêcha d'aller ouvrir le rideau pour faire entrer la lumière de l'après-midi puis se mit de l'autre côté du lit. L'évanoui n'avait pas bougé d'un iota.

« Bah, il nous ressemble pas tant que ça ! » dit son oncle. « Y'a juste les cheveux quoi… Sinon on n'a pas plein de cicatrices comme ça… »

« Il vient de loin sûrement. » commenta Pan pour expliquer le teint halé du rescapé. Elle l'imaginait déjà traverser des dizaines de planètes luxuriantes et ensoleillées.

« Par contre, son armure me dit quelque chose... »

« Oui… Papa dit que c'est très mauvais signe parce que c'est un style démodé, comme à l'époque de Freezer et la tentative de conquête de la Terre par les saiyens, kidnapping, grosse crise, et bla bla blaaa... »

Goten sourit. Il imaginait bien son frère analyser la situation et donner des consignes de sécurité strictes afin d'anticiper ou minimiser un danger.

« Bah, ton père a connu cette époque et c'était pas très agréable… En tout cas, moi, je me dis qu'aujourd'hui, on a pas trop à s'inquiéter d'un type pareil, d'où qu'il vienne ! »

Le saiyen portait une armure classique kaki, blanche et jaune sable au dessus avec des cuissières kaki sur un pantalon noir. Il portait également des espèces de mitaines de couleur rouge foncé qui montaient jusqu'à la moitié de ses avant-bras ainsi qu'une sorte de grosses chevillières sur ses bottes de la même teinte. Un bandeau rouge sale ornait également son front.

« Il a sûrement vécu de durs combats pour arriver jusqu'ici… » rêva Pan en suivant des yeux la cicatrice marquée sur sa joue droite. « Je suis sûr qu'il est venu demander notre aide ! J'ai une excellente intuition. On va se battre pour la bonne cause ! »

Goten rit à sa réflexion et ajouta. « Ou bien il vient essayer de tous nous tuer et c'est contre lui qu'on va devoir se battre !... » Au regard noir de sa nièce, il rigola encore plus. Puis il regarda plus attentivement l'inconnu et fronça les sourcils.

« Ou bien c'est son fils. »

« À qui ? »

« À Goku. »

Pan était bouche bée. « Goten… Tu accuses ton propre père d'avoir fait un enfant dans le dos de ta mère ? »

Le cadet Son haussa les épaules. « Il part sans arrêt et longtemps, peut-être a-t-il fait un… écart. Il doit avoir dans les environs de mon âge il aurait très bien pu… Sur Yardrat, par exemple. »

« T'es vraiment dégueulasse ! Grand-père ne serait jamais capable d'un truc pareil ! Il adore sa femme ! » susurra-t-elle presque en « criant ».

« Ne t'emballe pas ! Tu vas le réveiller ! Je ne fais qu'une supposition tout à fait plausible ! » se défenda-t-il en remuant les mains. Pan sortit en furie. Son oncle la suivit en soupirant, regrettant d'avoir partagé ses idées avec sa nièce. « Alors qui c'est d'après toi, pour lui ressembler autant si c'est pas son fils ? » Pan ne répondit pas et alla ouvrir la porte pour lui faire comprendre qu'il fallait qu'il sorte de la maison. « Mais, Pan… »

« Sors. Je veux pas te parler tant que je sais pas vraiment qui c'est ! Toi et papa vous m'agacez à dire autant de bêtises ! » répondit-elle en le poussant jusque l'allée.

« Et toi, tu l'idéalises sûrement déjà trop ! » Il dut faire un pas en arrière rapidement pour ne pas se ramasser la porte sur le nez.

Elle en avait assez de s'entendre dire ça ! Oui ! Elle croyait en la bonté des gens, était-ce un crime ?

Gohan était assis sur le bord du palais et réfléchissait. Il rendait encore visite régulièrement à son mentor et son ami de toujours. Particulièrement quand quelque chose l'inquiétait. Piccolo arriva près de lui.

« Il n'est pas encore conscient. » dit le namek.

« D'où vient-il ? Dendé n'a vraiment rien vu ? Enfin… Il ne veut vraiment rien nous dire ? » demanda Gohan.

« Non. De toute façon, tu sais bien qu'il ne sait pas tout !... Le Dieu omniscient est un concept erroné. Mais n'allons pas trop vite pour le condamner, sait-on jamais que ta fille ait raison... Et tu sais que j'ai les saiyens en horreur. »

« Je me sens bizarre… Raditz est un de mes pires souvenirs, tu sais ! C'est sans doute parce que j'étais encore très jeune mais surtout j'étais dégoûté que ce monstre fasse partie de ma famille ! » il se tourna plus franchement vers son ami de toujours. « Tu penses quoi, toi ? Tu crois que papa peut avoir un autre frère ou plutôt que c'est un métis comme Goten, Trunks et moi venant d'une autre planète ? »

« Tout est possible. »

Son ami soupira profondément en regardant Piccolo, se souvenant que quoi qu'inconditionnelle et d'une sincérité à toute épreuve était leur lien d'amitié, il voudrait que parfois il soit moins philosophe et un peu plus bavard.

Pour la énième fois il vit cette planète rouge qui lui était si chère, exploser en mille morceaux à l'impact d'une énorme boule d'énergie. Il se redressa subitement assis sur le lit en portant ses mains à son visage en grognant fortement de douleur psychologique. Il serrait les dents et les yeux afin de s'empêcher de hurler de rage. Il en avait assez de s'entendre hurler de terreur. Inconsciemment, il se mit à réfléchir.

« Ça recommence ! Marre de cette vision de merde !... Marre qu'on me fasse payer ma vie ! Qu'on me réincarne, merde ! J'ai assez expié comme ça ! Merde, merde, merde ! Meeeeeeerde. J'ai… » Il s'était arrêté de penser parce qu'il avait senti le contact de ses doigts sur son visage. « Qu'est-ce que les enfers me réservent encore comme supplice ? Je hais être seul, je hais ne pas pouvoir me défendre, quand est-ce que ça va s'arrêter ? Je hais ça ! Souffrir sans pouvoir me défendre... »

Il réalisa soudainement qu'il n'était plus torturé comme avant et surtout qu'il réfléchissait librement. Un moment de répit ? Impossible, au purgatoire il n'y avait pas de répit ! Il le savait alors pourquoi réfléchissait-il, sentait-il sa peau sur sa joue ? Il resta longuement sans bouger, toujours à l'affût d'une douleur inimaginable dans le monde des vivants. Il grogna intérieurement, ça l'insupportait de devoir subir ça, d'être impuissant, de ne rien contrôler depuis il ne savait même plus combien de temps ! Trois minutes ? Trois ans ? Mile ans ?

Cependant, il trouvait vraiment étrange ce qui lui arrivait à ce moment même. Il ne souffrait pas continuellement. Il se sentait presque bien. Il baissa prudemment ses mains sans vraiment réaliser son geste. Rien n'était douloureux. Il ouvrit lentement les paupières et vit pour la première fois ses paumes de mains depuis longtemps. Il les vit trembler. Il ne comprenait vraiment rien ! Quel était ce rêve sadique qu'il faisait ? Ça devait être le pire de tous ! Se revoir lui-même lorsqu'il était vivant ! Quelle cruauté. Il ne voulait pas se laisser faire. Il ne bougerait plus jamais ! Sans s'en rendre compte, il bloqua sa respiration. Au bout d'une ou deux minutes il fut forcé de souffler par le nez et d'ouvrir la bouche afin de respirer à nouveau. Là, sa peur disparu un instant pour laisser place à l'étonnement. Avait-il vraiment pris sa respiration ?... Plus rapidement que la première fois il regarda ses mains et ses avant-bras sous tous leurs angles. Puis il observa doucement les alentours. Les murs étaient jaune pâle, une fenêtre donnait sur la nuit claire et quelques étoiles, la campagne et l'entrée de la forêt, des montagnes se profilaient au loin. En face de lui trônait une armoire simple et sur le côté du lit deux personnes dans lequel il était assis, il y avait une table de nuit avec son détecteur posé simplement dessus.
Il ne comprenait vraiment rien. Toujours avec prudence il se pencha en arrière doucement pour atteindre sa machine. Soudain, entendant un cri venant du couloir, il sursauta violemment en tombant à la renverse sur le sol.

« Bonne nuit maman, bonne nuit papa ! Tu viens me border ? » disait Miiky penché sur la balustrade à côté de la porte de la chambre d'amis.

Gohan lui répondit qu'il arrivait dans une seconde. Toutefois, le petit frère de Pan avait entendu une voix venant de la chambre d'amis. Il colla son oreille à la porte pour continuer à écouter. A l'intérieur, l'inconnu était sur les genoux au sol une main plaquée contre sa bouche ; il avait juré par réflexe en tombant et il avait été très surpris d'entendre à nouveau sa voix, il n'en revenait décidément pas de tous les événements qui se précipitaient. Il finissait par le croire, qu'il n'était plus en enfers.

« Miiky ! Au lit ! » gronda Gohan en voyant son fils écouter à la porte.

« J'ai entendu du bruit… » se justifia le petit en étant entraîné vers sa chambre.

Lorsque le silence se fit, le ressuscité se redressa doucement pour tester ses jambes, un sourire un peu fou sur le visage ; il vivait un vrai rêve !... Mais à peine fut-il debout qu'il vit la poignée de porte se tourner et un mécanisme se mettre en marche pendant que la porte s'ouvrait. Il ne lui en laissa pas le temps et sauta dessus pour la refermer. Il ne voulait voir personne, pas pour l'instant en tout cas, il devait d'abord être sûr de ce qui lui arrivait pour pouvoir faire face à toutes les situations.

C'était Pan qui venait lui apporter un plateau-repas. Son père étant à la maison, elle avait été autorisée à aller voir si il se réveillait ou non. Elle avait fait un pas en arrière lorsque la porte s'était refermée soudainement. Elle prit une grande respiration et sourit, contente d'avoir entendu du mouvement.

« Vous êtes réveillé ? » demanda-t-elle au travers de la porte. « Nous ne vous voulons aucun mal, nous vous avons trouvé étendu par terre dans la campagne au nord ! Comment vous appelez-vous ? On peut prévenir quelqu'un qui vous cherche peut-être ? » Elle ne reçut aucune réponse. Le rescapé était appuyé contre la porte et l'écoutait, totalement paralysé. Il entendait mais ne comprenait pas encore tout à fait ce qu'il se passait... On lui parlait, il entendait, il avait également dit un mot, sans oublier qu'il avait marché et puis bondit et tout cela sans aucune douleur. Comme si ... Comme si il était vivant. « Moi, je m'appelle Pan ! » Il sursauta à nouveau, mais ne dit toujours rien. Il se concentra pour oublier ses sensations une seconde afin d'écouter ce qu'on lui disait. « D'accord, prenez votre temps. Vous devez avoir faim ? Voici un plateau-repas. Je le dépose devant la porte ! N'hésitez pas, tout est pour vous ! Vous pourrez en avoir un autre après si ce n'est pas assez ! » Elle déposa soigneusement le plateau. Mais à peine redressée, son père la tirait déjà vers les escaliers pour redescendre avec lui.

« Tu parles trop, Pan, je te rappelle qu'on ne sait pas qui il est… » dit Gohan entre ses dents. Sa fille se contenta de soupirer en se laissant entrainer vers le rez-de-chaussée.

Après cela, le silence revint. Lentement, l'inconnu se détacha de la porte et pu enfin atteindre son détecteur. Il le rajusta à son œil et le mit en route dans l'espoir d'avoir peut-être des informations sur l'endroit où il était. En vain. Aucune de ses missions ne consistait en la conquête de la Terre, elle était destinée à se faire attaquer par un enfant saiyen de bas niveau, les informations de la planète n'étaient donc pas encodée dans son propre détecteur. Il commençait à réaliser qu'il était bien en vie ! Il ne savait pas par quel miracle mais il l'était bien. Il eut ensuite l'espoir de ne pas être le seul à revivre. Il chercha sur son détecteur la trace de ses équipiers. En vain. D'après son fidèle scouter, il était entièrement seul. Il prit une grande inspiration et chassa le sentiment négatif. Il était en vie, c'était un excellent début.

La famille Son alla se coucher. Même Gohan, qui gardait cependant ses sens aux aguets.

Une fois qu'il constata un silence total, le saiyen inconnu se faufila en dehors de la chambre pour trouver des éléments qui lui permettraient de savoir où il se trouvait. Personne ne soupçonna son déplacement car sans même s'en rendre compte il avait baissé sa force au point de la rendre insignifiante. Il descendit les escaliers sans faire de bruit en délectant la sensation de ses pas sur le sol, ça lui faisait tant de bien de marcher à nouveau ! Il arriva dans la salle à manger. Sous l'escalier, Gohan avait installé une partie de sa bibliothèque ; il jeta un coup d'œil à un des livres pour peut-être deviner où il était grâce à la langue employée. Mais ça ne donna rien, le langage utilisé lui était totalement étranger. Il remit le livre, sceptique. Puis reprit sa route et passa dans le salon. Une veilleuse était encore allumée. L'ameublement lui était également inconnu. Rien ne lui indiquait d'indice. Ça l'ennuyait fortement, la dernière manière de découvrir clairement où il était, était d'interroger quelqu'un ! Soudain il paniqua et alla fermer la porte du salon en espérant que Miiky qui descendait les escaliers pour aller boire un verre de lait, ne l'avait pas entendu. Le visiteur se dit soudainement qu'il n'avait encore jamais vu à quoi ressemblait ses « sauveurs ». Discrètement il fit glisser la porte et observa Miiky, les yeux entre-ouverts et la mine à moitié endormie, sortir de la cuisine pour remonter les escaliers jusqu'à sa chambre. Le saiyen était vraiment étonné de l'apparence de l'enfant, il avait des cheveux noirs et touffus à sa manière et dans toutes les planètes qu'il avait visitées, personne n'avait les cheveux comme les leurs… Mais ça ne voulait rien dire ! Ou bien… Sa planète était-elle encore debout ? Ça aurait fait beaucoup de bonnes nouvelles d'un coup, il n'y pensa donc par trop, d'autant que son détecteur n'avait rien trouvé de familier.

Il décida de remonter dans la chambre qui lui était attribuée pour ne pas se faire voir. Le fils de Gohan avait laissé les lumières de la cage d'escalier, il fut attiré par les trois photos affichées contre le mur : la première était une photo de mariage de Gohan et Videl ; la deuxième était une photo de Pan portant son petit frère qui ne devait pas avoir plus de quatre ans à l'époque. La dernière le marqua plus… Elle représentait Gohan, Goku et Goten avec Pan sur les épaules de son grand-père lorsqu'elle avait elle-même quatre ans. Il appuya sa main contre le mur pour observer mieux la photo, il avait un air effaré. La lampe s'éteignit car comme Miiky l'oubliait souvent, son père avait installé une minuterie qui l'éteignait automatiquement au bout de quelques minutes. Le visiteur resta inerte un instant, réfléchissant à ce qu'il venait de voir, l'homme au milieu lui ressemblait énormément ! Il secoua la tête, il ne pensa plus à la photo, il tentait de chasser un flash de souvenirs qui commençait à lui envahir la tête.

« Ah, super ! C'est pas fini, ça ? J'espérais ne plus avoir de visions... La vie n'a pas que des avantages... »

Il frôla du pied le plateau de nourriture apporté quelques heures auparavant, auquel il n'avait pas touché. À sa vue, son ventre cria famine, ce qui le réjouit ! Il était bien vivant ! vivant !... Il emporta le repas dans sa chambre et le dévora avec un plaisir inouï ! Ensuite il attendit le réveil de la famille… Il avait décidé d'interroger Pan, elle semblait la plus disposée à parler, il allait se servir d'elle pour avoir ses informations… Et de la nourriture supplémentaire.

Le jour arriva bientôt et Gohan, Videl et leurs enfants se levèrent l'un après l'autre. Gohan avait repéré la disparition du plateau, indice officiel du réveil de l'inconnu. Il tenta de capter la nature de l'énergie de l'étranger mais une fois de plus, il n'identifia pas grand-chose. Tout en espérant ne pas prendre une décision trop dangereuse, il demanda à Pan d'entrer en contact la première avec le saiyen. Il resterait cependant en bas, à l'écoute de la moindre sensation anormale.

Heureuse de l'autorisation de son père, la jeune fille s'approcha de la porte pour frapper doucement. Elle ne reçut pas de réponse mais la porte s'entrouvrit légèrement sur la pièce plongée dans le noir. Par réflexe, la jeune fille se mit sur ses gardes. La silhouette de l'homme se détacha de la pénombre les bras croisés pour se planter en face d'elle toujours dans l'encadrement de la porte. Il devait avoir une tête de plus que la jeune fille.

« Bonjour. » dit prudemment la fille de Gohan. « Vous ne voulez pas sortir ? »

« Non, je suis bien, ici. Par contre, j'ai quelques questions importantes. »

« Vous vous appelez comment ? »

L'autre soupira. « Réponds à ma question, avant ! On est où ? »

« Dans le village de… »

« Quelle planète ? » coupa-t-il, déjà agacé de la réaction désinvolte de Pan. Celle-ci était très étonnée de la question.

« Nous… Nous sommes sur Terre. » finit-elle enfin par dire. « Quel est votre nom ? » répéta-t-elle après un temps de pause qu'elle trouva interminable. L'autre encaissait l'information. « Vous ne saviez pas que vous étiez sur Terre ?... »

L'autre ne répondit toujours pas. Il était sous le choc ! La Terre… Il connaissait cette planète mais d'où ?... Enfin, il fit le lien en repensant à la photographie. Cette planète et l'homme si proche de lui physiquement…

« Putain… » Laissa-t-il échapper, réalisant qu'il avait vu en photo son propre fils.

« Dites-moi votre nom maintenant. ça nous aidera peut-être à vous ramener chez vous… » insista doucement la jeune fille.

« Ça te regarde ? ! » il referma alors sèchement la porte. Pan resta bouche bée un instant, elle n'avait pas compris grand-chose de cet étrange échange… Chassant sa déception, elle finit par descendre prendre son petit déjeuner. Gohan s'empressa de lui demander ce qu'il s'était passé. Elle répondit qu'il ne s'était passé rien de significatif. Le père en était assez déçu. Il n'était pas patient pour les choses qu'il ne contrôlait pas totalement.

Dans la chambre d'ami, le saiyen était toujours debout en face de la porte, il transpirait de stress. Il paniquait, même. Il était sur la planète où son fils avait été envoyé… Mais comment se faisait-il qu'il était adulte et que les garçons autour de lui sur la photo avaient un… Air de famille. Il soupira profondément, essayant de chasser cette question dont il refusait la réponse.

En fin d'après-midi, il se dit qu'il devait sortir car plus personne ne lui apportait à manger. Or, depuis qu'il avait repris un repas, il savait qu'il ne pourrait s'en passer bien longtemps. Il eut été plus raisonnable de filer par la fenêtre mais cette idée ne lui traversait pas l'esprit, il devait savoir exactement ce qu'il se passait avant, à commencer par la raison pour laquelle il était de nouveau vivant et qui était ces… gens. Prenant son courage à deux mains, il se faufila discrètement dans le couloir et s'appuya légèrement contre la balustrade pour écouter la conversation qui avait commencé dans la salle à manger où se trouvaient Gohan, Videl, Miiky et Pan.

« Pourquoi il sort pas alors ?... » demandait Miiky à ses parents.

« Je ne sais pas Miiky mais ne t'inquiète pas, je le surveille. » répondit son père.

« Il est certainement très timide. Il n'a vraiment pas l'air méchant ! Je peux te l'assurer, je l'ai vu et je lui ai parlé, moi !» dit Pan d'une voix convaincue.

« Boo avait l'air méchant tu crois ?... » rappela Gohan.

« C'est pas pareil… »

« Peut-être même que c'est pire ! Tu n'as pas idée des horreurs qui existent dans l'univers, Pan ! » Sa fille ne savait plus quoi dire, son père n'arrêterait pas de se méfier. « Soixante ans que la planète Végéta est détruite ! Ce n'est pas possible, il y a une astuce… »

À ce que dit Gohan, l'inconnu sursauta et fit grimper légèrement son énergie inconsciemment ce qui attira l'attention du fils de Goku qui, en réponse, fit grimper la sienne. Le ressuscité vit les chiffres grimper à une vitesse folle sur son détecteur, tellement vite qu'il implosa ! Il le détacha de son oreille afin de ne pas se brûler et le regarda d'un air effaré flamber par terre.

« Bon, ça suffit maintenant. Tu peux descendre et arrêter de nous espionner. » dit Gohan, posément. Il avait parlé suffisamment fort pour que le saiyen comprenne qu'il s'adressait à lui.

L'autre tressaillit et descendit d'une marche pour obéir à l'injonction tout en continuant à surplomber stratégiquement tout le monde.

« Bonjour ! » dirent Miiky et Pan, tous deux rayonnant.

Videl se contenta de faire un demi-sourire, amusée du contraste entre son mari, prêt à sauter à la gorge de l'étranger et ses enfants tout heureux de découvrir une chose extraordinaire. Elle ne semblait pas non plus inquiète par la présence de cet inconnu, elle avait trop confiance en Gohan si il y avait un problème. Ce dernier ordonna à nouveau au saiyen de descendre les rejoindre.

L'espion obéit à regret. Il descendit doucement en les toisant, impassible, puis se posta debout près d'eux. Pan l'invita à s'asseoir, proposition qu'il ignora royalement. Un silence s'installa puis il finit par dire presque sur le souffle en regardant Gohan.

« Comment t'as fait ça ?... »

« Le détecteur ? » le saiyen acquiesça d'un extrême léger hochement de tête. « C'est très démodé, ce petit appareil… J'ai plus de force que peut compter cette machine. Et je ne suis pas le plus fort de cette planète. » répondit le père de Pan, d'apparence calme, presque froid. Mais ça n'impressionna pas l'inconnu pour autant qui répondit d'un sourire provocateur. L'instinct chez lui repoussait en permanence la peur, même si il savait qu'au fond de lui, il croyait sur parole le demi-sang.

« Alors pourquoi tu te méfies autant de moi ? »

« Parce que je n'ai aucun excellent souvenir des saiyens… »

« Tu sais que j'en suis un c'est déjà ça !... » Un nouveau silence prit place et il changea d'air. « Qu'est-ce que je fais, ici ? »

La petite famille se jeta un regard étonné. Gohan était décontenancé de sa question. Il se demanda si il devait être honnête ou non.

« Nous n'en savons rien… ! Comment tu t'appelles ?... C'est quoi la dernière chose dont tu te souviens ? »

« Huh !... » Répondit-il avec un air de dédain, comme si il allait leur raconter les souffrances qu'il avait enduré en enfers alors qu'il ne savait même pas exactement à qui il s'adressait.

« Moi, je m'appelle Miiky et j'ai six ans ! » fit Miiky, à genoux sur sa chaise, les bras appuyés sur la table.

Le saiyen ne dit toujours rien, étonné de l'intervention de l'enfant. Le silence s'installa une nouvelle fois dans la maison. Personne n'osait bouger, ni intervenir. Une lourde méfiance planait. Ni Gohan, ni le saiyen ne désirait entamer la conversation : le premier avait peur de braquer le saiyen au point de le faire fuir et le second ne savait pas quoi demander, ayant du mal encore à comprendre ce qu'il était en train de vivre. Son corps le rappela à la réalité, son ventre se mit à gargouiller.

« Tu as faim ! Je suis désolée ! Je vais vite t'apporter quelque chose ! » dit Pan en se levant pour courir vers la cuisine. Gohan avait les yeux écarquillés de stupeur mais la réaction naturelle du saiyen le détendit légèrement. Dans un soupir, il s'affaissa sur une chaise de la salle à manger. Videl rejoignit sa fille en cuisine, habituée de l'impossibilité d'une seule personne à porter d'un seul coup tous les plats nécessaires pour rassasier un saiyen.

« Quoi ? » ne put s'empêcher de demander l'affamé en voyant que Miiky ne le quittait pas des yeux.

« Pourquoi tu veux pas dire comment tu t'appelles ?... C'est secret ? »

L'autre soupira mais s'amusa de l'air naïf du petit. « Mon nom ne te dirait sans doute rien. »

« Ton âge, alors ? » Gohan serait intervenu pour interrompre la conversation naïve entamée par son fils si l'invité surprise ne lui répondait pas. Le demi-sang voulait des réponses et était satisfait de voir que Miiky pourrait peut-être en avoir. « Allez ! Moi, je t'ai dit mon âge ! »

L'inconnu, sidéré par autant d'insistance sur une question si insignifiante, finit par vouloir lui dire la vérité.

« J'avais vingt-sept ans la dernière fois que j'ai eu le plaisir d'y penser !... » Gohan grimaça à la formulation.

Pan et sa mère sortirent à ce moment avec plusieurs énormes plats fumants.

« C'est tout ce qu'on avait pour faire cuire rapidement » déclara Videl en déposant l'énorme plat qu'elle portait.

Sans même les regarder ou les remercier, il s'assit devant son repas et commença à l'engloutir sans autre forme de procès.

« Ne t'inquiète pas, rien n'est empoisonné. » ironisa la fille de Mr. Satan, éberluée devant la vitesse de changement d'humeur du saiyen : une minute il semble mal à l'aise et angoissé et la suivante il dévore son repas sans même envisager qu'il pourrait être piégé.

Sans leur adresser un regard supplémentaire, il répondit « Vous avez l'air trop bête et innocent pour envisager de m'empoisonner. »

« C'est agréable... » dit Pan, légèrement vexée.

Elle n'eut pas le temps de se formaliser plus longtemps que Miiky prit la parole.

« Il a vingt-sept ans et ça fait plaisir quand il y pense ! »

La mère et la fille se regardèrent, amusées. Elles se tournèrent vers Gohan qui haussa les épaules sans préciser les réelles paroles du saiyen que le petit avait interprété à sa sauce.

« Et ton nom, c'est quoi ?... » demanda Videl. Comme il ne disait toujours rien et qu'il ne daigna même pas la regarder, elle haussa un peu la voix en claquant un poing sur la table. « C'est fatiguant ce silence !... »

« Bardock… » grommela-t-il entre deux bouchées. Remarquant qu'il ne l'avait pas dit assez fort, il répéta après avoir bien avalé. « Je m'appelle Bardock. Que vous me croyez ou pas, c'est le même prix. »

Gohan, Videl et Pan se détendirent, soulagés d'avoir enfin eu une réponse.

« Enchanté ! » s'exclama Miiky, qui avait eu l'impression de vivre une grande conversation d'adultes. « Bon appétit ! » il se mit à se servir et à manger à son tour, sous le regard ébahi de ses parents qui, après s'être regardés une dernière fois, envisagèrent également d'entamer ce petit-déjeuner décidément bien étrange.

Pan avait également commencé à se servir en continuant de dévisager Bardock. Elle était assez satisfaite de ce premier échange. Malgré son mutisme et sa froideur, elle sentait qu'il pourrait être sympathique. En réalité, elle était surtout touchée par la joie et le plaisir qu'il avait à manger, elle n'avait jamais vu un air aussi réjoui, comme si il n'avait plus rien mangé depuis des années. Elle ne se savait pas encore à quel point elle avait raison.