Disclaimer:
Les personnages de Tolkien... bah ils sont à Tolkien. Le pauvre - qui doit à l'heure actuelle se retourner dans sa tombe - n'avait sans doute jamais pensé à la création de ses personnages, qu'un personnage secondaire de la Communauté de l'Anneau deviendrait le personnage principal de milliers d'adaptations écrites plus tard. :p Mais bon, il avait p'tête pas la gueule d'Orlando Bloom en tête quand il a créé ce perso ;-)
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ONLY ONE LIGHT
Chapitre 4 - Monde #11576
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Legolas avança d'un pas léger mais déterminé vers la grande tour imposante aux reflets ivoires et argentés qui se dressait un peu au nord du coeur du domaine de la dame de Lothlorien. Trois autres gardes elfiques l'accompagnaient, ainsi que le fils du Gondor. Boromir regardait la tour en écarquillant les yeux au fur et à mesure que leur groupe s'en approchait. 'Décidément', se dit-il, 'il ne faut jamais se fier aux apparences chez les elfes. Qui pourrait dire que cette merveille est en réalité une prison?'.
Les trois autres elfes les accompagnant ne semblaient pas gênés par la tour en elle-même. Ils jetaient plutôt des coups d'oeil nerveux au prince de Mirkwood. Ce dernier parraissait maître de lui-même, mais on aurait dit que de la lave circulait dans ses veines. Les trois elfes essayaient de se dire que Haldir avait exagéré. Que le jeune Legolas Greenleaf ne pouvait pas être capable de faire absolument TOUT ce dont leur capitaine l'accusait. Néanmoins, ils étaient sur leur garde. S'ils sentaient quoique ce soit de pas naturel... une peur étrange en eux... un violent mal de tête... des pensées qui n'étaient pas les leurs... Ils devraient lancer l'alerte et fuir au plus vite.
Legolas essayait de respirer profondément pour se calmer, mais il se sentait à deux doigts d'exploser. Il aurait voulu n'avoir jamais à se retrouver en présence d'Haldir... Et surtout pas sur son territoire! D'une manière un peu ironique, la présence de Boromir à ses côtés le rassurait. Mais par contre, parmi les trois elfes l'accompagnant à la prison de Lothlòrien, il y avant l'un des lieutenants d'Haldir, Illidan en personne. Le frère aîné du jeune Elloran. L'elfe de Mirkwood savait pertinement bien que la seule chose qui retenât l'épée d'Illidan était la méfiance que Haldir avait instauré en son coeur. Legolas lança une légère vague de détection mentale autour de lui. Suffisamment pour avoir les informations dont il avait besoin, mais pas assez pour que l'un des autres elfes ressente une quelconque poussée. Il sourit tristement en découvrant que les elfes gardaient une zone de sécurité entre eux et lui.
Ces elfes le haïssaient et le craignaient en même temps, sans savoir si leurs sentiments étaient réellement fondés. Mais Legolas en avait assez de leur regards curieux ou méfiants, de leurs chuchottements, de la manière 'discrète' dont il était montré du doigt... et des appellations 'orc' venant des plus hardis... Depuis un moment, il nourrissait une idée en son coeur... Une solution pour lui et pour tous. Maintenant plus que jamais il savait qu'il allait devoir en parler à Aragorn.
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Ils descendirent rapidement les marches de l'escalier en colimaçon menant aux différents sous-sols de la tour. De grande racines se torsadant sur les murs humides étaient la seule note de vie libre en cet endroit. Ils débouchèrent dans une salle circulaire d'où partaient quatre couloirs pointant vers les quatre points cardinaux. Illidan prit la tête du groupe et une des torches de la salle circulaire, et tous s'engagèrent dans l'aile Nord. Un fin grillage d'argent fermait chacune des cellules, mais Legolas ne s'y trompait pas: sous l'apparente fragilité de ces délicates grilles, se cachait du mythryl. Illidan finit par s'arrêter devant la seule cellule de cette aile comportant un prisonnier. Legolas se précipita vers la grille.
"Aragorn!"
Le ranger était assis dans un coin, les coudes sur ses genoux et la tête penchée vers l'avant. Il redressa la tête en entendant la voix de Legolas et parut soulagé de le voir sain et sauf, oubliant sa propre condition. Illidan ouvrit la grille avec une réticence qui ne fit aucun doute, et Legolas se précipita dans la cellule. Un moment, le lieutenant fut tenté de refermer la grille, mais l'autre humain ne laisserait pas les choses se faire si facilement. Et puis, si Haldir avait dit vrai, titiller les nerfs du prince de Mirkwood pouvait se révéler très dangereux.
Legolas s'agenouilla près d'Aragorn et posa ses mains sur les épaules du ranger. "Tout va bien", souffla-t-il, comme s'ils allaient mettre au point une conspiration, ou comme s'il ne voulait pas que ces elfes étrangers ne les entendent et ne profanent ce qu'ils avaient en commun. "La Dame Galadriel a reconnu ton innocence et a bien comprit que la provocation était venu ... d'Haldir...". L'elfe avait manqué de s'étrangler sur le dernier mot. Aragorn le regarda intensément et exerça une légère pression de la main sur son bras gauche, comme pour le rassurer. L'ombre qui était passée sur le visage de Legolas se dissipa aussi vite qu'elle était venue et il fit un sourire timide à Aragorn. "Tu peux sortir de cet endroit. Tu es libre, mon frère...".
Boromir, à l'extérieur, observa à la dérobée la réaction du lieutenant Illidan à ces mots. Sa main posée sur le manche de son épée s'était resserrée nerveusement. Le fils du Gondor se dit que leur innocent archer avait certainement du commettre quelque atrocité par le passé. Il était rare de voir des elfes dégageant une telle impression d'hostilité, surtout vis-à-vis de l'un des leurs. Boromir finit par se dire que Legolas lui avait probablement demandé de l'accompagner à la prison pour faire office de témoin et éventuellement de garde du corps. Il détestait être utilisé de la sorte. Mais d'un autre côté il était curieux. Si l'elfe qui les accompagnait portait un secret trop lourd, c'était peut-être à lui de décrouvrir si ce secret pouvait nuire à la mission de l'anneau ou pas.
"Comment vas-tu, mon ami?", demanda le ranger à voix basse alors que Legolas le détachait de ses chaînes. Legolas demeura un instant silencieux, fixant le vide devant lui, et Aragorn sut que les tourments du jeune elfe n'avaient pas trouvé de fin en ce lieu. Haldir avait vraiment du faire très fort! Il leva les yeux et entraperçut Illidan. Il comprit ce qui oppressait Legolas. Mais avant qu'il ne puisse esquisser le moindre geste rassurant envers l'elfe, ce dernier prit la parole. "J'ai prit ma décision Aragorn", il parlait à voir basse, profitant du fait que les deux autres elfes accompagnant Illidan avaient commencé à parler entre eux, couvrant ainsi leur propre conversation. "Je ne suis nulle part chez moi...". Son regard évitait toujours soigneusement le ranger. "J'ai passé trop de temps loin des miens, et je suis maintenant un étranger en leur terre". Il leva la main pour faire signe à Aragorn qu'il n'avait pas fini avant que le ranger ne prenne la parole. "Pour eux désormais, je suis un monstre. Un rescapé des prisons orques, un miraculé en quelque sorte... Mais un monstre quand même...".
Il leva les yeux vers le plafond de la cellule et eut un faible sourire. "Tu connais la règle n'est-ce pas? 'Aucun elfe ne blessera intentionnellement un autre elfe, sauf si cet elfe se révèle être d'intention maléfique; auquel cas, l'elfe attaquant se fera aider d'autres elfes'. Ce pacte protège tout ceux de sang elfique. Tout elfe en infraction avec cette Loi, que ce soit dans l'action ou dans le refus d'assistance, sera passible de banissement."
Il regarda alors Aragorn droit dans les yeux. "Mon banissement de la société elfique ne tient qu'à un fil. Ce n'est qu'une question de temps..."
Aragorn éleva alors la voix, espérant que l'ouïe fine des autres elfes au dehors de la cellule perçoive ces paroles. "Tu n'étais pas responsable! Tu étais enfermé dans cette prison depuis des siècles. Tu as agis inconsciemment. Tu n'as jamais voulu tuer ces elfes, n'est-ce pas?".Legolas secoua la tête et ferma les yeux. "Le résultat est le même. Nombre de vies justes et nobles ont péri tout simplement parce que j'ai lutté, parce que j'ai refusé de me laisser mourrir et de rejoindre le hall de Mandos."
Aragorn serra les poings. Comment faire comprendre à Legolas qu'on ne pouvait pas lui en vouloir d'avoir lutté pour sa survie? La manière dont les choses avait tourné lors de cette survie était indépendante de sa volonté. Il posa les mains sur les épaules frèles de son frère d'arme. "Ceux qui te critiquent, Legolas...", et son regard s'attarda un instant sur la silouhette des elfes dans le couloir, "n'ont pas comme toi passé près d'un millier d'année enfermé dans un puit!"
Boromir cligna des yeux dans la direction de la cellule. Ces informations étaient nouvelles et surprenantes pour lui. Voilà donc l'explication de l'allure étrange de leur archer et de son mutisme avec eux? La seule personne avec qui il semblait relâcher sa garde était Aragorn. Le ranger semblait connaître le lourd secret de l'archer et Boromir regrettait de ne pas avoir la même ouïe fine que les trois autres personnes qui se tenaient non loin de lui dans ce couloir. Mais de ces trois, seul Illidan semblait prêter attention à la conversation entre l'humain et l'elfe. Boromir réalisa que d'une manière ou d'une autre, le lieutenant était lié au secret de Legolas. Qu'avait dit Haldir à leur acceuil de Lothlórien? Comment avait-il qualifié Legolas? Etait-ce bien l'archer que le capitaine fixait au moment où il disait "l'anneau de pouvoir n'est pas le bienvenu ici, pas plus que les orcs" ?
"Ils ne pourront pas comprendre, Aragorn", souffla Legolas en regardant le sol sans réellement le voir. "Ils m'ont prit pour mort et ont fait mon deuil. Et non seulement je suis revenu d'entre les morts, mais d'autres ont du payer de leur vie pour que tu...", il manqua de s'étrangler à nouveau. "pour que tu me retrouves...". Il prit une profonde respiration. "Pour eux, il aurait mieux valu que je meure il y a mille ans. J'aurais vécu dans leur coeur et leur souvenir... Mais la malédiction n'aurait pas frappé les gens de Mirkwood...".
Aragorn exerça à nouveau une brève pression rassurante sur l'épaule de Legolas. "Laisse leur le temps... Il n'y a que cinquante ans que tu es revenu... Et ils t'ont cru mort pendant près de mille ans-".
"Je suis un monstre, Aragorn!", le coupa Legolas. Humain et elfes dans le couloir firent silence un moment. Le jeune elfe de Mirkwood serra les poings contre sa poitrine. "Cette chose en moi... est mauvaise... Elle fait du mal aux autres...!". Aragorn se pencha vers l'elfe, "Mais tu as appris à la maîtriser. Tu la contrôles maintenant, non?". Legolas ferma les yeux, comme épuisé. "Oui, mais il ne faudrait pas grand chose, Aragorn, pour qu'elle m'échappe à nouveau et ne tue quelqu'un...".
Il ouvrit à nouveau les yeux. "Combien de temps, Estel... Combien de temps avant que les elfes n'oublient ou ne comprennent? Jamais, j'en suis certain!" Il releva les yeux vers le mur derrière Aragorn. "Un jour, il comprendront que je n'avais pas le choix... Mais cela n'empêchera pas ces mains d'être tachées à jamais du sang qui les recouvrent...".Aragorn attira Legolas contre lui et maintint sa tête dans le creux de son cou. Il pouvait sentir Legolas trembler dans son étreinte.
"Aragorn... j'ai prit une décision...", le ranger pouvait sentir le souffle de l'elfe dans son cou, et souleva les sourcils, ne sachant pas s'il devait s'attendre ou non au pire de la décision en question. Legolas s'écarta du ranger, mais ne releva pas les yeux sur lui. "Je te dois la vie... Tu es celui qui m'a sortit de l'enfer où j'étais... Tu es celui qui m'a ramené à la lumière...". Il prit une autre respiration profonde. "Tu es le seul qui m'acceptes tel que je suis, et qui ne me craint pas... Tu es le seul qui me laisses une chance de réhabilitation... Mais tu es un mortel...". Un autre respiration. Aragorn eut le sentiment que Legolas avait peur de ce qu'il allait dire, car une fois qu'il l'aurait dit, il ne pourrait - ne voudrait - plus revenir en arrière. "Un jour toi aussi tu mourras... Et ce jour là, je me retrouverai seul à la surface de ce monde..."
Aragorn fronça les sourcils. Il avait une vague idée vers quelle voie Legolas se dirigeait, mais il préférait ne pas y songer. "Tu m'as sauvé la vie, Aragorn", reprit l'elfe, "mais ma vie n'a pas de signification si tu n'es plus de ce monde, aussi...". Il prit une autre respiration, et Aragorn sut alors ce que l'elfe allait annoncer. "J'ai décidé de renoncer à mon immortalité."
Legolas avait prononcé cette phrase fatidique en regardant le ranger droit dans les yeux. L'elfe savait d'avance que l'humain allait refuser, et avait préparé soigneusement son plaidoyer. "Tu ne peux pas, Legolas!", cria presque le ranger, essayant de faire son regard le plus dur possible. Il ne pouvait accepter l'idée que Arwen sacrifie son immortalité pour lui, pas question que Legolas suive le même chemin. Il ne voulait pas être celui qui amena cette mort sournoise parmi les premiers nés!
"Ce renoncement n'est pas identique à celui d'Arwen, Estel...", Legolas sourit faiblement comme s'il avait lu les pensées d'Aragorn. 'C'est peut-être ce qu'il a réellement fait', se dit le ranger. 'Qui sait ce dont il est réellement capable s'il a apprit à maîtriser cette ... force?'
"Je ne veux pas rester en arrière alors que tu meurs, sans aucun ami, à errer sur ces terres mortes, et à laisser cette chose me ronger de l'intérieur."
"Tu ne sais pas ce que tu dis! Je refuse de te voir perdre ta vie tout simplement parce que la mienne sera arrivée à son teme! Laisse leur le temps d'oublier et de comprendre, Legolas!"
"Mais il ne comprendront jamais, Aragorn!", Legolas lui aussi élevait la voix. "Crois-tu que j'ai prit cette décision sur un coup de tête?", continua-t-il plus bas. "Mais après ce qu'il s'est passé, penses-tu que les elfes me feront jamais assez confiance pour me laisser librement évoluer au milieu d'eux? A Mirkwood, on me craint et on me regarde comme un animal sauvage. Ils n'arrivent pas à se mettre en tête que je suis Legolas. Ici, je suis haï grâce à ce cher Haldir qui ne m'a jamais apprécié de toute manière! Quand aux elfes de Rivendell... Ils sont polis avec moi, mais ne sont aucunement amicaux. Et si je reste à l'écart, aucun ne viendra me chercher pour qu je me joigne à eux. Ils me tolèrent, et éprouvent peut-être de la pitié pour moi... Mais ne m'acceptent pas comme l'un des leurs...". Le prince de Mirkwood était lancé dans son discours tout préparé et rien ne semblait pouvoir l'arrêter. Aragorn l'avait rarement vu parler autant en une fois. L'elfe poursuivit: "Crois-tu qu'un jour une femme elfe voudra se lier à moi, et risquer de passer une vie dans la terreur d'un moment de colère de ma part où une seule de mes pensées pourrait la tuer? Ou de craindre de dormir à mes côtés, sans savoir si elle se réveillerait jamais... au cas où je perdrait le contrôle de cette chose lors d'un cauchemar et que je la tuais par inadvertance?"
Aragorn demeurait abasourdit par la véhémence des paroles de Legolas. Il semblait avoir une image assez négative de son avenir. Mais tout avait été bien pensé. 'Et puis', dit une voix au fond de lui,'il est quand même le mieux placé pour savoir la manière dont cette force évolue en lui et les moments où il en perd le contrôle...'. Mais le ranger refusait d'accepter le pacte de Legolas. Il avait refusé celui d'Arwen, et il refuserait celui de cet elfe aussi. "Mais tu n'as pas que moi comme ami", essaya-t-il doucement. "Je ne suis pas aveugle, et ai remarqué que toi et Gimli avez beau vous chamailler sans cesse... il n'est pas loin d'être un ami pour toi..."
Legolas sourit faiblement. "Mais il est également un mortel. Quel ironie, Aragorn, que d'être né être de lumière, j'ai grandit au fond d'un puit. Que d'être censé porter l'amour de la vie au fond de moi, je porte en mon coeur cette force meurtrière... Et que d'être né immortel, je ne trouve d'âmes soeurs que parmi les mortels..."
Aragorn sentait le désespoir qui habitait le coeur de son ami. Il avait espérer le libérer du tourment de sa prison, mais il semblait que l'elfe était encore emprisonné quelque part. La prison était dans son coeur désormais. Il lui faudrait du temps...
Mais Legolas souriait doucement, avec cette pointe de tristesse qui le caractérisait tant. "Comprends moi, mellon... Je préfère vivre une vie humaine auprès de toi... Que de traverser l'éternité seul...". Aragorn plissa légèrement les yeux, comme blessé. Il avait déjà entendu discours similaire. Et de douloureux souvenirs remontaient à sa mémoire.
Et quand Legolas lui dit qu'il annoncerait officiellement son renoncement à la dame Galadrielle ce soir, Aragorn ferma les yeux de désespoir, et nota mentalement d'aller voir la dame de Lothlòrien avant que Legolas ne dise quoi que ce soit... Qu'elle l'aide à le persuader de ne pas faire cette folie! Lui, vulgaire humain et descendant de celui qui avait causé la chute de ce monde dans un nouveau chaos, ne voulait pas en plus causer la perte de deux elfes qui étaient chers à son coeur.
Enfin libéré de ses chaînes, Aragorn se leva, suivit de Legolas. Ensemble ils se dirigèrent vers la sortie de la cellule, et marchèrent dans le couloir. Aragorn croisa le regard d'Illidan et y lu de la colère, de la souffrance et une question silencieuse. 'Pourquoi défends-tu ce meurtrier? Toi qui a été élevé dans la maison d'Elrond, n'es-tu pas censé comprendre nos moeurs?'
Aragorn détourna le regard et se concentra sur la silhouette de Legolas qui marchait devant lui. Oui, il lui avait sauvé la vie, mais c'était comme pour libérer un oiseau de sa cage et le voir s'envoler librement dans le bel azur... Pas pour lui attacher une lanière à la patte et le garder comme animal de companie. Aragorn n'avait pas peur du pouvoir de Legolas. Il y avait fait face un jour et avait survécu. L'elfe n'avait pas voulu le tuer à l'époque. La manifestation de sa force n'était qu'un appel à l'aide... Et par la suite, mainte fois ils avaient du affronter des enemis communs, et le ranger n'avait eu la vie sauve qu'aux interventions de l'elfe. Il réalisa lors quelque chose: seulement cinquante ans s'étaient écoulés depuis la libération de Legolas... Mais peut-être que les seuls moments de franchise et de liberté d'action que Legolas avait connu, n'avaient été qu'avec lui, Aragorn. Voilà pourquoi il était tellement attaché à l'humain, et gardait des distances avec ceux de sa propre race, persuadé qu'il était que les siens le haïssaient, sans exception!
Un être si frèle, trop sensible... qui aurait du mourrir dans la prison orc... Mais qui avait tenu bon contre toute attente. Un être brisé qui pouvait être un ami loyal. Quelqu'un à qui Aragorn devait la vie à de nombreuses reprises. Non, ce n'était pas Legolas qui avait une dette envers lui, c'était plutôt l'inverse. Aragorn se promit intérieurement de protéger cet être qui errait encore à la recherche de repères. De le protéger jusqu'à ce qu'il soit capable de voler de ses propres ailes. S'il ne réussissait déjà que cela dans toute sa vie, alors il pourrait fermer les yeux en paix.
Ils atteignirent l'extérieur de la tour, et même si Aragorn n'avait passé que trois heures dans sa sombre cellule, il fut quand même aveuglé par le soleil brillant de cette après midi. La lumière semblait faire du bien à Legolas, dont l'expression se radoucit. Il en avait été privé pendant si longtemps, qu'il en savourait chaque instant comme un enfant qui (re)découvre le monde. Aragorn sentit son coeur se serrer. C'était ça, Legolas... Un enfant dans les mains duquel on avait mis une arme trop puissante, et qui était obligé d'errer dans un monde trop cruel d'adultes...
Tous étaient sortis de la prison de Lothlórien et s'avançaient vers le coeur de la cité. Ils allaient devoir traverser un petit bois avant d'y arriver, mais ce n'était guère loin d'où ils se trouvaient. Aragorn jeta un coup d'oeil à Boromir et vit que ce dernier surveillait Illidan. Aragorn hocha imperceptiblement de la tête et reporta son attention sur le jeune elfe près de lui alors que leur marche continuait. Legolas marchait dans cette lumière, le coeur battant, impatient, bien que redoutant un peu, des événements de la soirée. Quand il renoncerait officiellement à son immortalité et lierait son destin à celui du ranger. Il éprouvait ce mélange curieux de joie et de crainte... Mais il savait au moins qu'après ce soir, il n'aurait plus à s'inquiéter de son avenir...
Mais ils n'avaient pas fait une dizaine de mètres pourtant, que Legolas s'arrêta brusquement. "Attendez!". Un des elfes marchant derrière lui faillit le heurter et dut déployer une grande grâce pour éviter l'impact. Mais Legolas ne semblait pas y prêter attention. Aragorn s'avança à sa hauteur alors que Illidan et l'autre elfes se retournaient vers lui, un sourcil sceptique relevé. Le ranger vit que le visage du prince de Mirkwood ne reflétait plus la joie d'être en pleine lumière. Quelque chose le préoccupait et dessinait un pli inquiet sur son front. Il était concentré sur une sensation qu'il semblait être le seul à percevoir. Illidan se prépara au pire et posa sa main sur le manche de son épée. Si ce maudit elfe essayait un de ses tours contre eux, il aurait peut-être le temps de lui trancher la gorge.
Mais Legolas semblait ignorer ses pairs. Il avait ressentit une présence familière... horriblement famillière... mais ne pouvait placer un visage sur cette présence... Et cela l'effrayait... non, le terrorisait... Rien de bon ne pouvait venir de cette sensation.
"Restez sur vos gardes!", il se redressa et jeta des coups d'oeil inquiet autour de lui. "Il va se passer quelque chose!".
Illidan comprit mal les paroles de Legolas et pensa que l'elfe sentait que la force ou quoi que ce soit qui résidait en lui, avait brisé ses contrôles. Parfait, en une manière, cela allait lui donner l'excuse qu'il attendait pour venger son frère. Boromir le vit dégainer son épée et voulut crier un avertissement.
"LEGOLAS! ATTENTION!"
Mais ce n'était pas le fils du Gondor qui avait crié ces paroles... La voix était celle d'Aragorn. Pour Legolas, tout ce qui suivit sembla alors se passer au ralentit. Aragorn avait crié l'avertissement en regardant dans la direction de la prison. Legolas avait voulu se retourner, mais le ranger s'était brutalement jeté sur lui pour le pousser au sol. Legolas entendit un sifflement aigü passer près de lui. L'instant d'après, il vit Aragorn projeté en arrière, une flèche plantée dans sa poitrine. Le ranger tomba au ralentit sur le sol alors que Legolas sentait sa propre respiration s'arrêter et un grand froid l'envahir.
Ca ne peut pas arriver... C'est encore un cauchemar... Ca n'est pas réel...
Le corps du ranger heurta le sol en un bruit mat. L'elfe entendit une voix hurler le nom d'Aragorn, avant de réaliser qu'il s'agissait de la sienne.
"Là-bas!", cria Boromir en montrant quelque chose sur la paroi de la tour argent et ivoire. Illidan et les deux autres elfes regardèrent dans la direction que l'humain montrait et virent une forme sombre encapuchonée qui bondissait de la paroi, un arc en main, et déjà en train de recharger.
Legolas réagit au quart de tour. Il n'avait pas vu celui qui avait tiré sur Aragorn, mais il avait perçut les mouvements des quatres autres personnes autour de lui. Il roula sur lui même pour faire face à la tour d'où était venu l'attaque. Il entraperçut la forme encapuchonée qui bandait son arc, la pointe de la flèche dirigée dans sa direction.
Il a tiré sur Aragorn. Aragorn va mourrir. Il ne peut pas mourrir. Pas mourrir. Pas maintenant. C'est à moi de le protéger. Il ne doit pas mourrir. BONDIS!
Legolas, sous l'effet de la panique et de la fureur mélangées laissa la chose en lui sortir et jaillir. Il s'était toujours raisonné de ne pas s'en servir pour tuer. Une poussée de temps à autre pour décontenancer un ennemi, sans plus. Mais toutes ces années de craintes s'envolèrent et il laissa une haine jaillir de lui... Un jet brutal d'énergie...
qui toucha sa cible.
Boromir, Illidan et les deux autres elfes virent l'assaillant sombre, près à tirer à nouveau, se tordre légèrement en l'air avant de lâcher la flèche. Boromir suivit la trajectoire du projectile des yeux et vit Legolas partir brusquement en arrière. 'Ses craintes étaient fondées... Les elfes de Lothlòrien ne semblent pas le porter dans leur coeur...', fut sa première pensée, avant de foncer sur l'elfe et le ranger en un vaine tentative de les aider. Il n'était ni elfe, ni numenor... Mais c'était des membres de son groupe qui étaient prit pour cible, et en terrain ennemi, ils devaient tous oublier leurs querelles. Il entendit le cri de douleur que Legolas n'avait pu contenir, et au même instant - mais de l'autre côté - le bruit mat d'un corps qui heurte le sol depuis une hauteur non négligeable.
Legolas roula sur son côté et Boromir vit que la flèche s'était plantée dans son épaule, la traversant de part en part. 'il faut une solide force pour tirer une flèche et faire ce genre de dégât'. Mais il fut coupé court dans ses pensées par l'expression sur le visage de Legolas. Oublié l'air timide, doux et réservé qu'il arborait durant leur longue marche. Boromir se pétrifia sur place en découvrant un visage empli d'une immense fureur, les yeux brûlant une haine sans borne.
"CRÈÈÈÈVE!"
Au moment où Legolas hurla ce mot d'une voix rauque, Boromir sentit quelque chose le frôler à grande allure, le dépasser, et se ruer derrière lui. L'instant d'après il entendit derrière lui un gémissement de douleur. Curieusement, la voix ne lui semblait pas étrangère... Il se retourna et vit que leur assaillant se tordait au sol, en se tenant la tête entre les mains. Le capuchon noir masquant toujours son visage. Les trois autres elfes semblaient pétrifiés, ne sachant pas quelle action mener. Illidan se retourna vers Legolas, et Boromir put lire dans ses yeux comme s'il l'avait écrit noir sur blanc sur un parchemin. Il en est capable. Oh Valar, ce n'est pas qu'une exagération d'Haldir...! Il en est réellement capable... !
Legolas s'était relevé sur ses genoux et serrait sa main sur son épaule blessée. Dans sa tête repassait sans cesse le moment où Aragorn avait été frappé de la flèche. Cette vision passée en boucle dans son esprit suffisait à alimenter en énergie cette force qui ne demandait qu'à sortir de lui. Mais au lieu de la laisser s'éparpiller comme cela lui était maintes fois arrivé par le passé, Legolas la canalisait sur son enemi. Ironie du sors, il se rendait compte qu'il n'aurait pas réagit si promptement si c'était sa propre vie qui avait été mise en danger.
Mais cet enemi avait osé s'en prendre à Aragorn. Aragorn sans qui sa vie n'existait pas.
Bien sur, Legolas ne pensait pas en termes si calmes et si étudiés, mais laissait sa terreur, sa fureur et... ce quelque chose en lui... éclater au grand jour.
Crève! Crève! Crève! CREVE!
Il était désormais debout et continuait à fixer l'assaillant avec un masque de furie sur le visage. Boromir qui à ce moment là levait les yeux sur lui - car entre temps il était tombé à genoux - ne se souvenait plus de quand datait le même degré de terreur que ce qu'il ressentait à l'instant. Car le visage de Legolas était contortionné par cette fureur sans nom et il semblait beaucoup plus dangereux que les orcs, et gobelins qu'ils avaient affrontés dans la Moria. Même le Balrog n'avait pas réussi à lui insuffler une telle peur. Mais au fond de son esprit, une voix souffla à Boromir que cette peur était peut-être due au fait qu'à la base, Legolas était un ami... Un ami dont il découvrait un nouveau visage... Boromir se retourna vers leur ennemi et à ce moment-là se produisit un événement pivot de l'histoire.
Si l'assaillant avait continué à se tordre sur le sol en hurlant sa douleur, Legolas l'aurait achevé de quelques poussées destinées à lui faire éclater le crâne. Et beaucoup d'autres mondes auraient ainsi poussé un soupire de soulagement. Mais au lieu de cela, l'assaillant sembla rassembler ses quelques forces demeurantes et joua son atout: il leva une main vers le capuchon de sa toge sombre. D'un geste brusque il le tira vers l'arrière, révélant son visage.
Et tous alors eurent un hocket de surprise...
Quoi?
Plus d'un pensa être devenu fou. Mais le hurlement de Legolas derrière eux les ramena à la réalité.
Legolas avait brusquement arrêté la poussée et fixait son enemi avec des yeux exorbités. Le masque de fureur qui recouvrait son visage un instant auparavant avait été remplacé par un mélange de stupeur et d'horreur.
Car c'était son propre visage qu'il voyait sur son ennemi.
Boromir, se retourna à nouveau vers leur ennemi, essayant bien de comprendre le degré de réalité face à lui.
Un autre Legolas?
Puis une pensée plus rationnelle. 'Lequel est le vrai?'
Celui revêtu de la toge sombre retomba un moment sur le sol, le visage crispé sous le souvenir de la douleur qui lui avait vrillé le crâne. Illidan vit qu'un filet de sang coulait de son nez et qu'une fine pellicule de sueur recouvrait sa peau. Puis il ouvrit les yeux à nouveau. Derrière eux, Legolas tomba à genoux. Toute idée de meurtre l'avait quitté.
C'est moi... C'est moi qui ai tiré sur Aragorn...?
L'autre Legolas porta rapidement son regard sur les personnes présentes, puis sur son jumeau blessé. Il dut comprendre qu'il était en position d'infériorité, car il roula sur lui-même et bondit dans les fourrés. Illidan et les deux autres elfes marquèrent un temps d'arrêt avant de se lancer à la poursuite de cet étrange ennemi. Ils avaient l'air de ne pas savoir s'ils devaient arrêter le fuyard, ou son jumeau... ou peut-être les deux... Boromir se retourna alors vers Legolas, les yeux écarquillés. Avait-il réellement vu ce qu'il venait de voir? Après tout, ces elfes avaient tous des visages fins, une peau pale, des cheveux blonds... ils étaient peut-être tous pareils pour des yeux non exercés.
Sauf que l'expression perdue dans les yeux de Legolas lui disait qu'il n'avait pas rêvé ou mal perçut la réalité. C'était bien un deuxième Legolas qui les avaient attaqués. Et le premier semblait paralysé, semblable à une statue, si ce n'était les larmes qui apparaissaient au coin de ces yeux. Et Boromir se sentait impuissant à l'aider, ne comprenant pas lui-même la situation.
"Le... Legolas..."
La voix faible d'Aragorn tira Legolas de ses pensées et il se retourna rapidement vers le ranger, le visage toujours empreint de stupeur, d'horreur... et aussi de tristesse et de culpabilité. "Aragorn! Non, ne bouge pas!", lui cria-t-il en se précipitant près de lui. Il prit alors conscience de la gravité de la blessure du ranger, oubliant un instant la sienne. Mais Aragorn ouvrit les yeux et la remarqua tout de suite au sang qui s'écoulait de l'épaule de son frère d'arme.
"Je n'ai pas pu te protéger correctement...", la voix du ranger n'était qu'un faible coassement. Sa main tremblante se posa sur le côté du visage de l'elfe. "Mais au moins... tu es... vivant...". Il serra les dents sous un bref assaut de douleur alors qu'il prenait une respiration. "C'est... le principal...", continua-t-il, l'air soulagé.
Legolas sentit les larmes monter à ses yeux et secoua la tête. "Idiot!", il avait une envie brusque de le frapper. "Ne parle pas! On va te soigner... Tu vas voir, tu vas t'en sortir, Estel...!". Aragorn sourit faiblement à Legolas. "Oh ne t'inquiète pas... pour cette blessure...". Il prit une autre respiration, moins crispée que la précédente. "Elle ne doit pas être très grave... Je ne sens déjà plus la douleur...".
Et le regard du ranger devint fixe.
Dans le silence qui s'ensuivit, Legolas le regarda un moment, avant que la réalisation ne le frappe.
"Aragorn... ?"
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A suivre...
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Bon, le chapitre précédent a été un peu en déphasage par rapport aux deux premiers... Et maintenant que l'on est de retour dans le classique OOL-style (dirons nous), ça va mieux pour s'y retrouver? ;)
Elysabeth : baaah, comme s'il me fallait un an pour updater des fics... ;) M'enfin... hein...? ;) *regarde à gauche et à droite à la recherche d'un soutien moral*... snif... chuis une incomprise... ^^;
:P
Gaelle: mici pour la review ;) Je suis contente de lire que tu supportes le "petit à petit" au niveau information... quelque fois j'ai peur de faire évoluer les informations trop lentement au gout des gens ^^; mici :)
Alana Chantelune: *clin d'oeil* ;-)
Nefra: C'est plus clair maintenant? :) De toute façon, j'avais prévenu que sans le chapitre 4, le chapitre 3 était dur à capter à 100% ;-)
Orianne: ah! enfin quelqu'un qui comprends que le chapitre 3 était un passage obligé (chiant, mais obligé) pour l'évolution de l'histoire *reniflement ému* :,-)... Sorry à toutes et touts de vous avoir imposé ça ;) Quand à la chanson... *rougis du dégat de santé mentale qu'elle inflige aux lecteurs* houlààà ;) Maintenant, ce que tu me dis me donne une idée... Je vais la recomposer (la musique de base) et faire la vraie chanson en elfique... (le reste est de trouver un endroit où taper le mp3 après ;) ). Des intéressé(e)s? :)
Quand à RING, j'y travaille, sois rassurée ;)
Y avait une surprise dans ce chapitre... Un dessin LOTR au choix pour la première (premier?) qui trouve ;)
(maintenant si vous trouvez pas, C pas grave, ça sera mieux pour le suspens ;) )
Voilà, C tout pour cette fois... il est ... 4 heures du mat -_- et moi qui devait dormir tôt... -_-
Sorry pour les fautes d'orthographes... J'ai pas de correcteur ici et mes nyeux collent... Je corrigerai plus tard... ;)
bisous :*
::Roselyne::
(traumatisée parce que je viens d'entendre une récente chanson française dite 'à la mode' et ai reconnu tout les sons comme provenant d'un vieux synthétiseur (PSR-4500) datant de 1991 ^^;;;;;; Oskour... ^^;;;;; J'ai eu l'impression de réécouter de vieux essais que j'avais faits il y a + de 10 ans :p C flippant... Et ça me rajeunit pas tout ça ^^;;;;;; *nyeux de perdue qui dort pas assez* )
