Chapitre 4 : Super mal à l'aise

Le lendemain, Bardock sortit de la salle de bain habillé de son habituel équipement. Malgré son statut de guerrier et ses airs d'homme bourru, se laver lui faisait toujours plaisir, particulièrement en revenant d'une mission bien remplie. Il avait également l'impression de laver ses idées noires qu'il avait très souvent depuis sa résurrection.

Les maisons de Chichi et Gohan étaient côte à côte et reliées par un couloir, le saiyen ne s'était pas encore habitué à cette configuration, il prit le mauvais chemin et se retrouva par hasard dans la salle à manger de Chichi. Bardock jura en réalisant qu'il n'était sans doute pas au bon endroit. Il s'apprêta à faire simplement demi-tour lorsqu'une voix féminine et aigue s'éleva :

« Gohan ! N'oublie pas qu'aujourd'hui je vais faire des courses alors je voudrais que Miiky ou Pan vienne avec moi pour m'aider à porter les sacs et… AAHHHHHHHH ! » Elle venait de rentrer dans la salle tout en parlant et avait vu le saiyen, il soupira lourdement en grognant à la réaction démesurée de Chichi. Il prit la décision de ne pas répliquer et se remis en marche. « Qui êtes-vous ? » hurla la vieille femme en brandissant son balais qu'elle venait d'attraper auprès d'elle. Le saiyen se moqua d'elle intérieurement, espérait-elle vraiment l'impressionner avec ce bout de bois ? « Répondez ! Je ne suis pas dupe des petites transformations ! Vous n'êtes pas mon mari même si vous essayez de lui ressembler ! Je n'ai pas peur de vous ! » en réalité, elle était terrifiée. Bardock eut une idée et voulu s'amuser un peu, il fit deux pas en avant vers elle, la femme recula en sursaut.

« Tu vois que t'as peur ! C'est mon travail… » ajouta-t-il calmement avant d'être interrompu par quelqu'un de presque familier.

« …De mercenaire au service du roi Végéta sur la planète du même nom. Il a été tué lors de l'explosion de cette même Végéta et a été ressuscité car il n'a pas d'auréole les seules choses dont je ne suis pas sûr c'est par qui ou quoi et surtout pourquoi il l'a été maintenant et sur cette planète ! » Gohan avait traversé la pièce calmement, il rejoignit sa mère et la pris par les épaules afin de l'apaiser.

« Bel exposé. Quel homme brillant. » commenta platement le saiyen en laissant sa serviette sur une chaise. « Je peux m'en aller alors vu que tu sais qui je suis ? » Gohan lui répondit non.

« Mais… Mais… » bredouilla Chichi. « Pourquoi il… On dirait ce monstre qui t'a kidnappé quand tu étais petit et surtout on dirait ton… Ton… »

« Oui, il ressemble à mon père. Kakarotto, de son nom saiyen. S'il avait un lien de parenté avec lui je suppose qu'il nous le dirait, maintenant que nous sommes de bonnes connaissances… N'est-ce pas Bardock ? »

« Alors comme ça, un saiyen t'a kidnappé ? » répéta le saiyen en s'adressant à Gohan en ignorant le reste de l'information. Il n'était pas encore assez à l'aise avec la situation pour l'assumer et penser à autre chose lui permettait de ne pas trop ressentir d'émotion à propos des découvertes justes de son petit-fils.

« Oui, si on veut… Mais j'ai le droit de garder un peu de mystère moi aussi. » répondit l'intéressé.

« Encore un point commun, moi c'est une bande de bâtards qui m'a kidnappé. »

Ils restèrent une minute à se dévisager, Gohan espérait que Bardock devienne plus loquace en découvrant que les énigmes commençaient à se résoudre. Le guerrier n'ajouta rien dans ce sens, pour la simple raison qu'il n'était sûr de rien non plus. Pour Gohan, la résurrection semblait être quelque chose de banal au ton de sa voix, ce qui n'était pas vraiment le cas pour lui. Il avait cependant accepté la chose possible vu qu'il avait la certitude de s'être fait tuer et d'être à ce moment précis vivant et dans le futur.

« Je te présente ma mère, Chichi. »

Sentant qu'il n'aurait pas de réponse et qu'il commençait à être mal à l'aise de voir sa mère se faire dévisager froidement, Gohan reprit : « Si je peux te donner un conseil : méfie-toi de Végéta, il serait vraiment capable de te blesser ou de te tuer si il ne reçoit pas les informations qu'il veut avec le ton qu'il veut. »

« Je peux moi aussi être imprévisible… » Il leur tourna le dos en se dirigeant vers la partie de la maison qu'il connaissait mieux.

« Bardock ! » l'arrêta une dernière fois le père de Pan. « J'ai visé juste… Mais je n'en resterai pas là pour autant. Je te crois lorsque tu dis que tu ne sais pas ce que tu fais ici et je voulais t'assurer que nous le découvrirons et seulement à ce moment-là tu pourras t'en aller. Ta situation doit être délicate avec tes malaises, tes questionnements… Et je suis désolé, les enfers et tout ça… »

« Ne parle pas de ce que tu ne connais pas ! » siffla le ressuscité. Gohan eut une pointe au cœur en entendant l'affliction dans le ton de son grand-père. Celui-ci sortit de la pièce sans rien ajouter.

Une fois qu'ils n'entendirent plus le pas du saiyen, Chichi fit volte-face vers Gohan. « Qu'est-ce qui se passe encore ? »

Son ainé soupira en se grattant l'arrière du crâne, il ne voulait pas parler du saiyen si tôt à sa mère mais là, il n'avait plus le choix. « Je ne voulais pas que tu le rencontres tout de suite pour pas que tu t'inquiètes… C'est un saiyen, comme Végéta. Il est sans danger mais on essaye de savoir ce qu'il fait là, il vit chez moi depuis quelques jours… »

Sa mère cliquait des yeux d'incrédulité. « Ton père est au courant ? Il revient quand ? »

« Non, il ne l'est pas et il le sera bientôt, quand il reviendra pour mon anniversaire. »

Gohan sourit sincèrement à Chichi ce qui acheva de la soulager. Elle considérait ses fils avec autant de fiabilité que son mari. D'autant plus que celui-ci avant déclaré en partant s'entrainer avec Oob qu'il ne se considérait plus comme l'officiel défenseur de la Terre. La responsabilité reposait sur les épaules de ses fils et de Trunks. Elle réfléchit une minute et déclara. « Bon, il me faudra deux personnes avec moi pour les courses. Je comptais faire les vôtres en même temps, donc si vous avez un invité qui mange autant que toi, il faudra acheter en conséquence ! Heureusement que tu me préviens assez tôt ! »

Le demi-sang acquiesça, soulagé que sa mère ne pique pas de colère ou n'insiste pour avoir plus d'informations sur l'inconnu.

Pan et Bardock s'étaient envolés haut dans le ciel à une vitesse modérée. Le saiyen était intérieurement émerveillé par les décors naturels de la Terre. Il pensa également à Son Gohan qui l'avait bien démasqué, il se demandait comment il devrait réagir à présent…

« On va voler jusque la ville et puis on devra faire le reste à pied. » dit Pan. Elle ajouta en regardant Bardock « Tout le monde n'a pas l'habitude de voir des gens voler, ici ! »

« Vous ne volez pas tous, sur cette planète ? » s'étonna le saiyen.

« Non, il n'y a que ma famille plus quelques rares exceptions faisant un certain type d'art martial de haut niveau… »

« Super… Pourquoi je m'étonne… » La fille de Gohan soupira, un peu déconfite, elle se demandait si un jour le saiyen allait réagir autrement qu'avec dédain à ce qu'elle lui disait.

Bardock ne répondit rien de plus, se souvenant que c'était justement parce que les habitants étaient faibles qu'on avait envoyé son fils Kakarotto sur cette planète. Il grogna en traitant son fils d'imbécile, non seulement les habitants étaient toujours en vie mais en plus il y vivait comme tous les autres, visiblement ! Comment en était-il arrivé là ? Il avait une femme et une maison… Et Végéta ? ça, il allait bientôt le savoir car il comptait bien avoir des réponses à ses questions dés aujourd'hui, il avait vu Végéta tuer Nappa dans ses visions nocturnes et en enfers mais n'avait rien vu d'autres à son sujet.

Il s'étonna que Pan ne dit rien sur le chemin, elle suivait enfin les consignes de son père qui était de ne pas trop lui parler de tout innocemment tant qu'on ne savait pas exactement les raisons de sa présence. Son père ne lui avait pas encore dit qu'il l'avait identifié avec certitude en tant que leur aïeul grâce à l'adn retrouvé dans la salive que le saiyen avait lassé sur sa bouteille d'eau. Mais la raison principale pour laquelle Pan lui demandait peu de choses était qu'elle se sentait de plus en plus idiote au fur et à mesure qu'elle lui parlait. Elle réalisait qu'en faire son ami serait beaucoup plus difficile que prévu.

« On atterrit ! » fit Pan en les tirant tous les deux de leurs réflexions. Il obtempéra et continua de la suivre dans les rues de la ville. Il était secrètement époustouflé de la qualité urbanistique des lieux, il réalisait que les terriens n'étaient pas aussi primitifs qu'il ne le pensait et que la planète avait une sacrée valeur. « Ne t'inquiète pas, on arrivera vite c'est le grand bâtiment arrondi que tu vois là-bas au loin. »

La Capsule Corporation avait été agrandie pour Trunks et sa famille, le P.D.G. devait absolument vivre près du bâtiment principal mais il voulait aussi son espace bien à lui. À l'inverse de celle de Gohan, la maison du fils de Végéta était une petite boule reliée à l'énorme maison-mère.

Pan sonna à la porte principale et regarda Bardock d'un air confiant, elle ne comprenait pas vraiment pourquoi Végéta voulait le voir si vite Pour elle, c'était seulement parce que l'ancien Prince était impatient de voir un autre membre de son peuple vivant.

La porte s'ouvrit devant eux sans qu'ils aient eu à s'annoncer, ce n'était pas étonnant car la maison était parsemée de Vidéophones et de détecteurs, l'entrée n'était pas épargnée. Ils firent quelques pas dans le grand couloir principal puis une des portes latérales s'ouvrit sur Végéta. Il posa son regard sur Pan.

« Bra est dans son bureau ou dans son labo de l'aile nord, elle t'attend. »

« D'accord, merci. Voilà, Végéta, je te présente… » répondit Pan sans noter le ton urgent et froid dans la voix du père de son amie.

« Laisse-moi et va voir Bra ! » coupa Végéta. Pan se raidit et obéit en marmonnant un petit « pas la peine de se fâcher » mêlé entre surprise, vexation et crainte. Une fois qu'elle les eut dépassés, elle tourna la tête en soupirant, se disant qu'elle aurait voulu assister à leur conversation.

Une fois qu'elle fut partie, Végéta dit au saiyen d'entrer dans une sorte de grande salle de séjour moderne comme il en existait plusieurs à Capsule Corp. Ils s'installèrent autour de la table ronde de façon à n'être ni trop éloignés ni trop proches l'un de l'autre. Végéta soupira lourdement en l'analysant du mieux qu'il pouvait en étant le plus discret possible. Il ne savait rien de Bardock, même pas son nom en réalité, juste que c'était un saiyen ou qu'il avait du saiyen en lui lorsqu'il l'avait vu, il avait compris qu'il avait eu raison de vouloir impérativement le voir.

« Alors… Tu es un saiyen ? »

Bardock prit un instant avant de répondre. « Et je crois que ça se voit ! »

« Charmante vieille armure… »

L'autre saiyen ricana légèrement avant de dire « La plupart des armures que tu as vu dans ta vie étaient celles commandées par Freezer en exemple sur les nôtres… »

« Et elles étaient de meilleure qualité, une des rares choses que ce lézard a su faire de correct. » ajouta Végéta rapidement en se rendant compte de son erreur, il n'imaginait pas possible que ce saiyen soit vraiment de l'époque de la planète Végéta, peut-être avait-il très bien été informé.

Bardock fronça les sourcils, ayant du mal à retenir une nouvelle vision provoquée par la rencontre avec l'héritier de sa planète détruite. « Tu l'as suivi sans broncher, traître. » ne put-il s'empêcher de dire entre les dents en fixant Végéta. Ça ne lui ressemblait pas mais l'intéressé fut piqué au vif, comprenant immédiatement de quoi l'autre saiyen parlait.

« Et qu'aurais-je du faire ? Il a fallu attendre trente ans avant de pouvoir envisager d'avoir une chance de le vaincre ! J'ai subi trente ans d'humiliation ! » s'emporta Végéta. Ce sujet le blessait toujours, inconsciemment. Soudain, il réagit qu'il se défendait aveuglément sans savoir à qui il parlait. Ce saiyen savait qui il était, il n'avait pas à lui parler sur ce ton. « Et d'abord pour qui te prends-tu à me parler ainsi ! Je suis vivant donc je suis encore ton souverain ! »

« Souverain de quoi ? La planète Végéta est détruite ! »

« Eh alors ! Je suis le fils du roi Végéta et donc tu me dois respect et obéissance ! »

« Te souviens-tu seulement comment était ta planète, Prince ? »

Végéta fut saisit de cette question mais il refusa d'y réfléchir, ce n'était pas le plus important à ce moment même. Il prit un instant pour calmer son esprit et décida de reprendre le dessus. Il dévisagea Bardock, réfléchissant à toute vitesse. Il se savait perspicace et avait une bonne mémoire. Il réfléchit à plusieurs vieux évènements passés, fouillant dans ses maigres souvenirs. Heureusement, une intuition vint. « Je sais qui tu es… Tu as le regard de Raditz et surtout tu ressembles comme deux gouttes d'eau à ton fils cadet. » Ils se regardèrent dans le blanc des yeux et Végéta sourit, constatant qu'il avait visé juste. Bardock devait faire attention à ses dires, il savait que tant que Végéta aurait des choses à lui demander il ne serait pas en danger de mort, il faisait donc attention à poser les bonnes questions dans le bon ordre pour avoir en même temps des réponses, lui faire des reproches et rester en vie.

« T'en as mis du temps à me reconnaitre ! » c'était du bluff, il avait été très surpris de la rapidité de déduction du prince. « ça ne fait pas de toi mon chef ! Et un saiyen qui en tue d'autres ne me donne pas envie de le respecter. » Le prince saiyen fut saisit à nouveau à son tour. Comment savait-il ça ? « Tu dois te demander comment je sais que tu as tué ton second Nappa ? Comment je sais que tu as endoctriné mes fils ? C'est une histoire aussi invraisemblable que ma résurrection. »

« Abstiens-toi donc de me l'expliquer alors ! » cracha Végéta. « Je n'ai endoctriné personne ! Ils avaient confiance en moi ! C'est eux qui voulaient qu'on retrouve Kakarotto, comme si ça aurait pu changer quelque chose ! Et j'ai tué Nappa parce qu'il devenait un poids ! Il pouvait m'empêcher de… Puh ! » Il détourna le visage en frappant du poing sur la table en repensant à tout ça… Cette époque de sa vie était celle qu'il aimait le moins, voir celle qu'il détestait ! Cette époque où il était rempli de colère et de haine et seulement de ça ! Il n'aimait plus personne, ne faisait confiance à plus personne, il manipulait tout le monde pour arriver à ses fins, à son but… Il reprit de nouveau son sang-froid et reprit vers Bardock « Que fais-tu ici ? Tu es tout seul ? »

« Oui. »

« Tu as conscience que tu n'es pas très fort ? Qu'est-ce que tu veux ? Finir le travail avorté par ton fils ? » reprit le prince des saiyens en voyant qu'il répondrait pas à ces questions-là car il ne savait pas réellement les réponses. «… Quel est le nom du père de Raditz et Kakarotto ? »

Bardock attendait cette question avec impatience, il espérait grandement que Végéta se souviendrait de son nom, même si Freezer ne lui avait sûrement pas dit clairement qu'il allait détruire la planète Végéta et qu'il devait être ailleurs à ce moment, il aurait sans doute entendu son nom dans le vaisseau comme celui d'un sot qui aurait tenté aveuglément d'atteindre S.A.R. Freezer. « Je suis Bardock. »

Et Végéta eut la réaction qu'il désirait. Il resta figé encore une fois, cette fois Végéta se disait que la famille de Kakarotto commençait à l'énerver à toujours être là à un moment opportun : Raditz qui survit par grande chance parce qu'il était en mission mixte avec des troupes de Freezer, Kakarotto qui partait pour la Terre à ce moment et qu'il n'a jamais su dépasser longtemps, Gohan doté d'un talent infini, Goten devenu super saiyen comme si c'était la chose la plus évidente du monde et maintenant il apprenait que le propre aïeul de cette famille avait été le premier à tenter une attaque de face contre son premier ennemi juré ! Il se reprit pour la troisième fois, pas question de montrer sa surprise à ce guerrier de basse classe. « Alors tu es le fou qui a cru possible avec une force minable de vaincre Freezer ? »

« J'aurais essayé. Je n'ai aucun regret de ce côté-là, j'ai tout donné pour sauver mon peuple ! » Il gardait toujours un calme impeccable.

« Et comment t'es-tu débrouillé pour ressusciter ? Vu ton jeune âge tu n'as sûrement pas survécu durant tout ce temps ! »

« C'est assez drôle de se retrouver devant le prince Végéta qui avait cinq ans la dernière fois que je possédais un corps et qui a maintenant… Plus de soixante ans… »

« Et près de soixante fois la force de Freezer… Normal pour un super saiyen. »

Ce fut au tour du saiyen ressuscité d'être atterré, il les savait tous beaucoup plus fort que lui et Freezer mais à ce point ! Et encore, il imaginait mal la force de Végéta car il n'avait jamais vu Freezer à 100% … Végéta profita de son trouble pour reprendre le dessus.

« Et maintenant dis-moi ce que tu fais ici ? J'ignore comment tu as été ressuscité et comment tu sais que j'ai tué Nappa et c'est sans importance, mais si tu es ici dans l'espoir de refonder un empire saiyen c'est… »

« Le reformer avec quoi ? Il n'y a plus que des bâtards ! »

Végéta perdit le léger sourire qui arrivait sur son visage. « Ces bâtards ont des capacités que tu n'auras jamais ! Mais tu as raison, ça ne serait plus jamais pareil vu qu'il n'y a plus de femme saiyen de sang pur… »

Bardock soupira, même si il savait que Végéta ne voudrait pas reformer un empire et qu'il n'avait pas envie de le faire avec lui, il avait tout de même l'espoir tout au fond de lui qu'il restait une femme saiyen et qu'il aurait pu peut-être un jour reprendre ses activités et sa vie d'antan.

« Alors que fais-tu ici ? Même si tu n'as pas grandi sur Végéta et que tu as dénaturé notre nature en tuant des saiyens, je ne comprends pas pourquoi tu restes ici ! »

Végéta n'eut pas le temps de répondre qu'une voix retentit à un interphone non loin de lui, il reconnut la voix de Zarina, sans broncher il éleva sa main au niveau de l'appareil et le désintégra presque proprement, sans abîmer le mur d'aucune manière.

« Tu essaies de m'impressionner ? » demanda l'invité qui n'avait pas prêté attention à la voix sortant de l'interphone.

« Non, je sais que tu es déjà bien assez impressionné comme ça ! » Il réfléchit un instant puis dit, condescendant : « C'est bon, j'en sais assez, tu n'es ni intéressant, ni fort, je ne sais pas ce que tu fais là mais ce n'est plus très important à mes yeux, tu peux t'en aller, je t'épargne pour cette fois. »

« Merci de ton bon cœur, de ton humour et de ton hospitalité. » répondit Bardock sur le même ton sarcastique. « Mais j'ai une dernière question… C'est toi qui as tué Freezer ? »

Végéta désirait à présent qu'il parte le plus vite possible. Cependant, il décida de s'amuser de sa dernière réponse, il inspira profondément pour faire un peu mariné le saiyen. « J'aurais bien voulu. Mais c'est presque ça… C'est mon fils qui l'a éliminé pour de bon ! »

« Ton fils ? » ricana Bardock. « Ainsi tu as participé à la propagation des petits bâtards ! Super ! De mieux en mieux… »

Végéta grogna mais réussi à se contenir et réfléchit pour bien formuler sa réponse, hélas à ce moment, la porte s'ouvrit sur Bra qui commençait déjà ce qu'elle avait à dire. « Papa ! Zarina t'attend dans la salle de gravité depuis plus d'une heure ! Elle fait un boucan incroyable dans le couloir ! Je ne sais pas me concentrer dans ces conditions et… »

« Sors d'ici ! » cria Végéta vert de rage en jetant une boule d'énergie sur le contrôleur de la porte qui explosa en transperçant le mur, ratant Bra de peu. La porte se referma sur elle. Il guetta la réaction de Bardock qui attendit d'avoir bien capté son regard pour lui sourire cruellement.

« La petite sœur du tueur de Freezer ? Aa ah Végéta… J'ai tellement visé juste… Une… « Princesse » ? Bâtarde ?… Ton père ne serait pas très fier… » sur ce il se leva et s'apprêta à sortir, certain d'avoir eu le dernier mot.

« Il n'est surement pas moins fier que toi, c'est certain… » Bardock se retourna au ton venimeux et sur le souffle qu'avait pris le prince Végéta, il eut soudainement peur de se faire attaquer, même si il n'aurait rien pu faire si ça avait été le cas. « Que fais-tu ici ? nous n'en savons rien… En tout cas, tu n'es sûrement pas venu ici pour rendre visite à ton fils Kakarotto ! Tu dois être honteux… L'une des fiertés de notre peuple est d'avoir des enfants puissants ! ou en tout cas de ne pas se tromper à ce point sur le compte d'un des nôtres, n'est-ce pas… »

« Je n'aurais jamais pu savoir que… »

« Non mais à présent tu sais, tu ressens la honte… Tu es plus faible que ton fils ne l'était à ton âge ! Tu l'as méprisé, tu as méprisé un des tiens pour des mauvaises raisons. Tu préférerais être encore mort en sachant ça, n'est-ce pas ? Il n'est même pas venu t'accueillir… Tu n'es qu'un misérable pour lui. Ta force est tellement dérisoire qu'il ne s'en inquiète pas ! ça serait dommage que tu te fasses tuer par ta propre progéniture ! »

Bardock continua sa route vers la porte et l'ouvrit à la main comme le mécanisme automatique était détruit. Il tremblait. « Oui, Kakarotto me dégoûte… Il avait une misérable chose à faire pour être digne et il ne l'a pas faite ! J'assume totalement le fait qu'il me déteste comme moi je le déteste ! Qu'il me tue, je m'en fiche de son avis à mon égard il me dégoûtera toujours, super saiyen ou pas… » et il disparut à l'angle du couloir sans un regard en arrière. Il posa la main sur son cœur qui battait à tout rompre. Il ne savait dire si c'était de la colère ou de la déception qui était ce qui résultait de cette conversation ? Et si finalement, sa résurrection n'était qu'une nouvelle punition du purgatoire ?

Il sortir de ses pensées en entendant des voix s'élever un peu plus loin dans le couloir. Une indicible haine s'empara de lui, elle devait s'échapper mais il refusait d'exploser, c'était trop de risque de s'évanouir sous des visions, ici. Il avait peur de ne jamais se réveiller.

« Mais calme-toi, Bra, ça ne peut pas être aussi grave… » disait Pan à son amie qui filait, raide d'indignation.

« Si ! Je n'ai jamais vu mon père réagir ainsi ! Comment a-t-il osé ?! Il est vraiment dingue par moment ! et… » elle s'arrêta en voyant Bardock passer près d'elles.

« On t'entend probablement à l'autre bout de la galaxie, bâtarde qui n'aurait jamais dû voir le jour ! » lui cracha-t-il.

« Comment ? » répondit la fille de Végéta dans un souffle.

« Sur Végéta, il n'y a pas de reine, donc pas de princesse, tout roi ou prince qui engendre une fille s'en débarrasse en l'utilisant comme un objet ! Elle est donnée à des guerriers assoiffés où elle est tour à tour dans un ordre aléatoire battue, humiliée, brûlée, violée, éviscérée et mangée … » et il continua son chemin, évitant exagérément Bra avec une grimace de dégoût. Celle-ci était pétrifiée par la dureté et la cruauté des paroles et du ton employés. Sans même faire attention à Pan qui était restée aussi interdite que Bra, il continua sa marche, imperturbable. Elle qui se pensait que Bardock disait peu de choses tout en s'intégrant relativement bien dans la vie de la maison…

« Désolée, Bra, je dois le suivre ! Mais il doit sûrement raconter n'importe quoi… » sur ces paroles maladroites et inégales par rapport à la gravité de la situation déclaration pour son amie, Pan partit à la suite de Bardock sans pouvoir mieux consoler Bra qui s'accroupit en réprimant ses larmes au milieu du couloir, glacée.

Au même moment, chez Chichi, Goten rendait sa visite hebdomadaire à sa mère, Mady et Yanu devaient arriver d'une minute à l'autre.

« J'ai vu… L'invité de Gohan. Il m'a surpris en rentrant ici, soi-disant par erreur. » déclara-t-elle sans détours après avoir embrassé son jeune fils.

« Il ne t'en avait pas encore parlé ? » s'offusqua-t-il.

« Gohan dit de ne pas m'inquiéter, qu'il n'y a aucun danger ! Mais cet homme ressemble à un voyou ! Je suis sûr que c'est un super machin ! »

« Non maman, ce n'est pas un super saiyen, rassure-toi… Il n'est pas très fort, Gohan a raison, il n'y a aucun danger ! » lui assura son fils cadet. « C'est dingue que Gohan ne sois quand même pas venu t'en parler tout de suite. Si j'avais su… » Chichi lui sourit, elle aimait beaucoup ses enfants qui lui rendaient très bien mais elle avait un rapport différent avec chacun d'eux : Goten lui disait tout ou presque, même ses bêtises avec Trunks, il les racontait à sa mère qui s'énervait beaucoup moins qu'avec Gohan. Elle lui avait donné une éducation différente, elle avait moins « étouffé » cadet que son ainé, inconsciemment : le résultat était que maintenant Gohan, bien que plus proche d'elle géographiquement et excessivement surprotecteur avec elle, était plus complice et proche de son père psychiquement. Ça n'avait rien à voir avec l'amour, Gohan aimait profondément sa mère mais même quand tout allait bien, Chichi n'était pas toujours parfaitement sur la même longueur d'ondes que son fils aîné et à l'inverse, Goten et Goku ne se comprenaient pas toujours bien quoi qu'ils étaient toujours très heureux de se voir !

« Mais je voudrais comprendre pourquoi il ressemble si fort à votre père ! » reprit Chichi en serrant sa tasse de café. « Et ton père, justement ? Jamais là quand il faut ! Il se mêle toujours des affaires des autres, un peu partout dans l'espace ? »

« Il estime qu'il n'a plus rien d'autre à faire d'indispensable ici alors je suppose, oui. » Goten réfléchissait sur les agissements de son père et pensa à une hypothèse pouvant justifier la ressemblance entre les deux hommes, exactement comme lui ressemblait à son père. Un lourd silence suivit pour permettre à Goten de prendre une grande respiration, ce qu'il allait dire allait être difficile à encaisser pour sa mère. « Tu sais… Ce saiyen qui t'a fait peur… Je crois savoir qui il est… »

« Ah oui ? Dis-moi ! »

« Il ressemble à papa, tout comme Gohan et moi… Son gène saiyen est fort. » il rit un peu pour se détendre et se donner du courage. « Et il a à peu près mon âge… D'après mes calculs, il est tout à fait possible que papa ait rencontré quelqu'un, une femme, durant l'un de ses voyages et… » Il n'eut pas le temps de finir sa phrase que sa mère comprit, elle lâcha sa tasse qui éclata contre le sol et poussa un gémissement de douleur.

« Comment… ? Tu… Tu le crois vraiment ? »

« J'y ai beaucoup réfléchi… Je ne vois pas ce que ça pourrait être d'autre… »

Des larmes emplirent les yeux de Chichi et roulèrent doucement sur les cernes et les rides de son visage.

« C'est évident, quelle idiote j'ai été… » songlota-t-elle. Goten la pris dans ses bras pour tenter d'apaiser sa peine. Il fallait qu'il lui dise la vérité, se persuada-t-il.

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