Chapitre 5 : Super incompréhension
En sortant de chez Végéta, Bardock s'était envolé comme une furie sans faire attention à ce que personne ne le voit décoller.
Pan cria après lui en sortant du dôme, dans l'espoir vain qu'il s'arrête. Elle le vit déjà haut dans le ciel, elle soupira en vérifiant si quelqu'un aurait pu être témoin de l'envol du saiyen puis mettant de côté ce questionnement, elle s'envola à son tour, se disant que ne pas le perdre de vue était le plus important. Le mercenaire était déjà loin mais elle réussit à le rattraper. « Attends ! »
Il ne l'écouta pas et continua sur sa lancée, quittant la ville et traversant les plaines en regardant droit devant lui. Au bout d'une dizaine de minutes il regarda en arrière pour voir si Pan le suivait toujours, ce qui était le cas. Il soupira, sentant qu'elle ne lâcherait pas l'affaire, il s'arrêta net et l'obligea à s'arrêter en lui faisant face. Surprise, elle ne ralentit pas assez vite et manqua de le percuter. Il n'y fit pas attention.
« Laisse-moi ! » lui dit-il sèchement. Il respirait fort.
« Je ne peux pas ! » haleta-t-elle.
« Si ! » imposa le saiyen, agacé. Ils reprirent tous deux leur souffle. « Que veux-tu qu'il se passe ? Vous savez sentir où je suis et vous savez tous me massacrer en un clin d'œil si je fais quelque chose qui ne vous plait pas ! Je suis prisonnier ! Prisonnier de votre ignoble planète et de vos jérémiades ! »
« Tais-toi ! Cette fois, j'en ai assez ! T'exagères ! » hurla Pan en gesticulant de colère.
« Un petit caprice ? » se moqua Bardock, malgré tout frappé par l'agitation de la jeune fille qui ne le brossa pas dans le sens du poil pour la première fois.
« Quoi ! C'est toi qui dit ça ? Alors que depuis que t'es là, c'est toi qui n'arrête pas de faire des crises de toutes sortes ! Comme celle que tu fais maintenant ! » L'autre ne répondit pas et continua en la regardant droit dans les yeux, les bras croisés. Elle soutint son regard placide. Elle soupira de dépit sans détacher son regard. Sentant la pression légèrement retomber, elle réessaya de communiquer « Qu'est-ce qui t'as pris de partir comme ça ? et surtout… Pourquoi as-tu dis ça à Bra ? »
« Et qu'est-ce que j'ai dit ? »
« … Qu'elle devrait… être morte. » répondit-elle difficilement, elle repensait au ton abominablement haineux et hostile qu'elle avait entendu. Elle secoua tristement la tête, encore totalement sidérée. « Elle ne méritait pas ça, tu ne la connais même pas ! C'était cruel ! »
« Tu es donc surprise et déçue que je sois cruel ? »
« Arrête avec ces sarcasmes ! » elle réfléchit un moment. Malgré sa colère, elle réalisa qu'elle cherchait encore à arrondir les angles avec lui, c'était plus fort qu'elle. « Tu rends la tâche si difficile… Je suis déçue, oui… Je crois de moins en moins en ton innocence… Pourquoi tu lâches des vérités immondes à Bra ou à Végéta et pas à des gens qui te font confiance et qui se fichent de ton passé ! Tout ce qu'on demande ma famille et moi c'est un peu de sincérité ! On ne veut pas de toute cette hostilité et de ces querelles ! »
« Je n'ai jamais demandé à me retrouver là-bas, ni ici et encore moins d'être épié et jugé jour après jour par une bande de bâtards et de déchu au pouvoir invraisemblable ! J'ai toujours l'impression d'être dans un nouvel enfer ! Tout ce en quoi je croyais n'a plus de sens ici ! »
« Comme ?… » Pan avait décelé une once de désorientation et de vulnérabilité dans sa voix, elle plongea dedans.
Bardock regardait dans le vide, oscilla puis il grogna en la regarda en face. « Comme de parler au-dessus d'une prairie à une petite bâtarde ! » et il s'envola vers la forêt à toute vitesse. Indécrottable, Pan le suivit de nouveau.
Au même moment, à la Capsule Corporation, Végéta était toujours dans la même salle de séjour, à la même place, à réfléchir à sa conversation avec Bardock qui avait eu lieu quelques instants plus tôt. Bulma fit son apparition dans la pièce et s'assit en face de lui en soupirant.
« Je viens d'avoir Chichi au téléphone… Elle est anéantie ! D'après elle, Goku l'aurait trompé ! C'est ridicule ! Il n'y a pas plus loyal que lui. »
« Puh ! Toujours en plein délire, celle-là… ça ne s'arrange pas avec l'âge, visiblement. » répondit le prince des saiyens, moqueur.
« Et toi, est-ce que ça va ? »
« Pourquoi ça n'irait pas ? »
« Visite inhabituelle, commandes automatiques explosées… »
Végéta planta son regard noir dans les yeux bleus de Bulma qui ne sourcilla pas, elle ne sourcillait plus depuis longtemps. « Es-tu sûr de me connaître ? »
« Oui. » fit-elle simplement en changeant l'ordre du croisement de ses jambes.
« Pourquoi suis-je resté sur cette planète ? »
Elle réfléchit un instant ils avaient eu souvent cette discussion et chaque fois ça tournait en dispute, Bulma était trop arrogante et anxieuse, quant à Végéta, trop orgueilleux et de mauvaise foi. « Parce que tu avais des comptes à régler avec Goku dans un premier temps et puis… Tu voulais voir les cyborgs ! »
« C'est bien, tu n'essaies plus de me faire dire que je suis resté pour Trunks et toi. »
Bulma était chaque fois vexée et peinée quand il lui disait ça car elle savait qu'il disait la vérité : avant que le Trunks du futur ne débarque en montrant un potentiel suffisant pour lui, il ne se disait pas père. Sans cette intervention, il est possible que le prince n'ait jamais ne serait-ce que poser un regard sur son fils. Ou pas. Bulma avait toujours une petite voix en elle qui lui disait qu'il l'aurait reconnu malgré tout. « Et pourquoi tu reparles de ça ?… » reprit-elle, blessée d'avoir repensé à cette éventualité inacceptable mais plausible. « Tu vas partir de nouveau pour devenir le maître de l'univers avec ton nouveau compagnon ? Ton rêve se réalise enfin ? » Elle détourna le regard pour ne pas s'énerver davantage.
« Avec Bardock ? Mais tu divagues ! » il était toujours très calme, ce qui interloqua Bulma : C'était lorsqu'elle devenait « insolente » ainsi que la discussion dégénérait d'habitude. « Nous n'avons rien en commun à part peut-être qu'il n'a aucune envie d'être maître de l'univers ! Tout ce qui l'a intéressé dans la vie c'est se battre en compagnie de ses congénères pour gagner des cacahuètes ! » il eut un rire bref et narquois puis ajouta « C'est assez limité ! »
« Et toi, alors ? » elle ne comprenait pas vraiment où il voulait en venir. Lorsqu'il le constata, il grogna, contrarié de devoir être encore plus clair qu'il pensait l'être.
« Moi, j'ai su m'adapter à cette planète parce que je ne m'étais adapté nulle part ailleurs… avant. »
« Et ta planète Végéta ? Tu ne cesses de répéter que tu en es le grand prince et… »
« Ce n'est pas pareil ! Ce titre a déterminé mon éducation et me sert à me faire respecter ! Voir à m'identifier moi-même fut un temps… Et ma planète… pff… Je n'en ai quasiment aucun souvenir... Je n'ai même jamais été désolé de l'avoir perdue ! Elle ne m'a jamais manqué, je n'y ai jamais eu aucune attache ! » Il coupa la parole à Bulma en entendant qu'elle prenait sa respiration pour dire quelque chose. « Je ne dis que je ne suis pas content d'être un saiyen, loin de là mais j'ai été élevé très peu de temps sur la planète Végéta et en tant que prince, je n'étais pas proche de la vie quotidienne des guerriers… Après la disparition de la planète, tout ce que je voulais c'était devenir plus fort personnellement, surtout pour vaincre Freezer ! C'était mon unique objectif, j'étais prêt à manipuler et tuer tout le monde, ce que j'ai fait d'ailleurs ! » Il regarda à nouveau sa terrienne dans les yeux « Et toi tu le savais, que je n'étais attaché à rien après la mort de Freezer… »
Bulma sourit doucement, elle aimait quand Végéta lui parlait ainsi, c'était rare mais ça arrivait… Elle aimait quand il lui parlait de lui, quand il lui faisait confiance et qu'il le lui sous-entendait… Depuis le jour où elle l'avait accueilli chez elle, elle espérait avoir cette place de choix ! Au début par fierté « d'aider son prochain » puis elle s'y était attachée, irrémédiablement attirée par tout ce qu'il dégageait… « Or, si j'avais eu une jeunesse exaltante et sans souci sur ma petite planète prospère… Je ne me serais jamais habitué à cette planète… et à ses petits microbes de terriens et terriennes aux modes de vie pitoyables… »
« Tu penses que Bardock n'y arrivera pas ? »
« Précisément. Contrairement à moi, il a aimé sa vie, son peuple et sa planète… Et un saiyen n'aime pas le changement et ça, s'en est un énorme ! Tout ce dont en quoi il croyait a changé ou était faux ! Sans compter ses innombrables années en enfers qui n'arrangent pas l'état mental ! Et il savait des choses bizarres en plus, mais ça, ça n'a sans doute rien à voir… »
Bulma était maintenant fort proche de Végéta, une main sur un de ses bras croisés et l'autre sur la table. Il sortit une de ses mains qu'il posa simplement sur la sienne sans changer d'air. « Je le hais et je ne veux plus le voir. Ou je le tue. C'est clair ? »
Elle ne releva pas sa menace. « Je me doute. Mais moi, je suis curieuse, j'aimerais le rencontrer ! Le père de mon meilleur ami, je ne veux pas rater ça ! »
« ça ne m'étonne pas… Tu t'es toujours portée volontaire pour ramasser les brebis égarées. »
Un fin sourire étira ses lèvres. Bulma le lui rendit franchement.
Bra entra à ce moment en se recoiffant légèrement, encore légèrement empourprée de l'évènement traumatisant.
« Oh ! Mes parents qui s'embrassent presque, c'est le monde à l'envers ! A moins que je ne sois déjà au paradis vu que je devrais être morte ! » fit-elle, amère. Elle renifla légèrement.
« Tu écoutes aux portes maintenant ? » demanda sèchement son père.
« Non mais ton barbare de copain m'a dit ça en sortant… », elle lui sourit faussement. « En plus que je devrais être brûlée, violée, éviscérée… et d'autres joyeusetés que je vous épargne ! »
« Et tu as pleuré devant lui ? »
Bra garda un air digne. « Presque, de rage ! J'étais sous le choc ! Un espèce de grand machin agressif qui me dit ça comme ça sans rien comme contexte, ça m'a fait un peu éclater ! »
« Merci pour l'image de la famille ! »
Elle sentit son ton ironique. « La prochaine fois mon papa sera là pour me défendre ! »
« Dommage que tu ne puisses te défendre seule ! »
« ça t'enlèverait le plaisir de me protéger et de m'entendre te crier à l'aide ! »
« Je n'ai aucun plaisir à te protéger et tu sais très bien que sans ta mère je t'aurais en effet tué. »
« Non, sans ma mère je n'aurais jamais vu le jour ou j'aurais été laide ! »
Végéta ferma les yeux de dépit à la réplique de sa fille. Il tenait énormément à elle et appréciait son tempérament, elle était plus égoïste, orgueilleuse et prétentieuse que Bulma, et si elle avait développé sa force, elle aurait vraiment été redoutable… à quelques moments opportuns elle savait également être attentive et altruiste. Trunks, de par son éducation et son environnement plus clément, était plus égocentrique et arrogant que son homologue d'une autre dimension mais il était aussi extrêmement gentil dans le fond, généreux et il pensait peu les méchancetés qu'il lui arrivait de dire… Bulma était fière de ses enfants, sa fille était belle, intelligente et indépendante et son fils compétent, fort et bienveillant.
« En tout cas, Pan ne parle que de ce déchet de l'espace ! Elle se mêle constamment des affaires des autres… elle ne s'intéresse qu'aux choses insipides et aux causes inutiles ! » ajouta Bra, n'ayant pas apprécié que son amie file à la poursuite de son agresseur sans s'assurer qu'elle allait bien.
« Ne lui en veut pas, c'est de famille ! » ne put s'empêcher de dire Végéta. La porte derrière eux s'ouvrit sur la petite Zarina, raide comme un piquet, la tête rentrée entre les épaules, les yeux rouges, le nez coulant et le regard assassin. « Tu ne t'échauffes pas ? »
« ça fait deux heures que je m'échauffe ! Et toi, tu viens pas ! Et tu m'as raccroché au nez ! Pi tu m'énerves ! Je te déteste ! Et je veux plus jamais te parler ! Jamais de toute ma vie entière et pour toujours ! ! » cria-t-elle, puis elle tourna les talons et s'en alla sans fermer la porte. Végéta soupira lourdement en regardant à tour de rôle sa fille et Bulma en se disant que malgré le fait qu'il soit fière de « ses femmes », il était parfois pénible de supporter leurs bruyants caprices…
Bardock s'était arrêté dans une clairière, il commençait à fatiguer. Réalisant que Pan ne le lâcherait pas de toutes manières, il s'était allongé dans l'herbe et regardait négligemment le ciel bleu, tentant de ne plus penser à rien et surtout d'ignorer les images de saiyens qui rigolent puis meurent qui lui défilaient devant les yeux. Ses visions, il avait l'impression de plus en plus les contrôler... Enfin, il ne se crispait plus à chaque fois qu'il en avait une, à part certaines qui étaient soit trop longues, trop violentes, voir les deux… là il entendait simplement quelques voix en rapport avec la conversation qu'il avait eu avec Végéta : Ce dernier tuant Nappa, Gohan enfant pleurer bruyamment, Freezer rire cruellement et d'autres images qu'il feignait de ne pas prendre en considération.
Pan était assise à côté de lui, les sourcils froncés, jouant nerveusement avec des brins d'herbe. Le saiyen la regarda du coin de l'œil arracher des poignées d'herbe avec excitation et en déchirer un par un les brins avec irritation et précision.
« Si tu rentrais chez toi ? » demanda-t-il.
« ça change quoi que je reste ou parte ? Tu m'ignores. »
« ça change que j'ai besoin d'air ! »
« De quoi vous avez parlé avec Végéta ? »
Bardock soupira en se prenant la tête entre les mains. Il n'avait pas l'intention de répondre à la jeune fille. Brutalement, il eut une plus grosse vision désagréable, elle lui fit serrer légèrement les dents et pincer les lèvres, espérant qu'elle passerait plus vite, il voyait son fils se transformer en super saiyen et propulser un rayon d'énergie surpuissant.
« Je l'aurais parié que tu ne dirais rien… » dit la fille de Gohan, morose. Elle ne le regardait plus.
« Je suppose que Végéta est un super saiyen aussi ? » Dans sa recherche pour comprendre comment gérer ses visions, il essayait à présent d'assumer leur contenu et de s'y intéresser, pensant les faire partir ainsi. Comme une sorte de thérapie.
« Evidemment ! Mais c'est mon grand-père à l'être devenu en premier ! »
Bardock ricana au ton subitement fier qu'avec employé Pan. « Vraiment ? »
« Oui. Tu sais m'avouer qui tu es par rapport à lui, s'il te plait ? » reprit-elle, plus doucement.
« Demande à ton père, il a tout deviné ! » Il réfléchit un instant puis reprit ses investigations. « Il n'y a qu'eux… N'est-ce pas ?… »
« Non. » répondit naturellement Pan. « Enfin, si tu veux parler de la transformation en super saiyen, ils sont cinq à la maitriser… Mon père, Végéta, mon grand-père,… »
« …Le frère de ton père et le fils de Végéta ? »
« C'est ça. » Pan lui répondait naturellement, c'était tellement évident pour elle… Bardock, tout au contraire n'en croyait pas ses oreilles, ni… son cerveau.
« C'est impossible. »
« Et pourtant c'est vrai ! » Pan avait à présent totalement abandonné tout ton hostile, ravie d'avoir entamé une conversation plus acceptable avec le saiyen.
« Il n'avait pas menti… Il l'avait dit lui-même, ce monstre, que seul un super saiyen pouvait ne serait-ce que l'égaler… »
Sa conversation avec Végéta ajoutée à ces constatations, il réalisait encore un peu plus l'ampleur des changements en soixante ans… Sur ce, il se leva, Pan avec lui.
« Tu n'as pas la force d'un super saiyen ? »
« Non… Je ne fais pas partie des élus visiblement… » dit-il, sarcastique, en réajustant ses brassières. Pan était étonnée de cette révélation, elle savait Bardock bien moins puissant que son père ou autre mais pas à ce point. A son air qu'elle identifia comme dépité, elle décida de tenter de le rassurer.
« Mais tu sais, tout saiyen peut devenir un… » Elle s'interrompit, entendant Bardock gémir en regardant le vague, les yeux écarquillés, elle ne pouvait pas le deviner mais Bardock subissait une attaque très violente, non seulement il revoyait encore sa planète exploser mais il voyait aussi des attaques d'un super saiyen aux cheveux longs ainsi que de toutes les autres transformations spectaculaires comme celle de Gohan face à Cell. Il essayait de les repousser mais tous ses efforts étaient vains. Il s'accroupit en écrasant ses paumes sur ses yeux dans l'obsession que toutes ces images cessent. « Bardock… ? ça ne va pas… ? »
Il était dans l'impossibilité de répondre, luttant contre ses hallucinations violentes, ça le désorientait totalement qu'il lâcha prise comme souvent à cause de ces crises aigues. Encore une fois, il perdit connaissance. Alarmée, Pan se précipita sur le corps effondré qui s'était calmé d'apparence. Elle le secoua un instant. Voyant qu'il ne se réveillait pas, elle le porta sur son dos et retourna en direction de la Capsule Corporation, il n'était pas naturel qu'il s'évanouisse ainsi sans raison. Cette fois, il n'était pas spécialement énervé. Par crainte que son cas soit minimisé une nouvelle fois, elle décida de l'emmener voir Bulma afin d'avoir un avis neuf.
Au même moment, chez Gohan :
« Papa… » fit Miiky avec un air triste vers son père qui était plongé dans ses dossiers au rez-de-chaussée.
« Oui ? Tu es déjà revenu ? Tu devais faire un gâteau avec grand-mère… » s'étonna-t-il.
« On a commencé et puis elle m'a dit de rentrer parce qu'elle se sentait pas bien, elle pleurait… »
Gohan referma son ordinateur et se leva. « Je vais aller voir ce qu'elle a. »
« C'est grave ? C'est de ma faute ? »
« Sûrement pas ! Je viendrai te rechercher pour que vous finissiez votre gâteau, attends-moi là, d'accord ? »
Son fils acquiesça et Gohan traversa les couloirs qui le séparait de sa mère à grandes enjambées. Toute caractérielle qu'elle était, Chichi se mettait rarement à pleurer lorsque cela ne se justifiait pas. Il devait se passer quelque chose d'important.
« Maman ? » il la trouva assise à regarder le vide en pleurant à chaudes larmes, un mouchoir tout froissé et mouillé en mains. Il se précipita vers elle sans rien dire et la prit dans ses bras, elle répondit à l'étreinte sans discussion.
« Oh mon fils, tu es là… » elle sanglotait sans cesse. « Je suis si triste… »
« Pourquoi, maman ? Qu'est-ce qu'il t'arrive ? C'est grand-père ? Ou c'est moi ? Je suis désolé, en ce moment je suis pas très présent, j'ai beaucoup de travail, je devrais aller le voir plus souvent, c'est vrai et… »
« Oh non ! » fit-elle en se redressant pour le regarder. « Mon père ne va pas trop mal, tu sais bien que je te le dirais si ça n'allait pas. Je sais que tu fais de ton mieux, Gohan, tu es devenu un grand chercheur très cultivé, tu es un bon médecin et tu fais tout ce que tu peux pour que tout se passe toujours bien, je suis très fière de toi et de ton frère aussi ! Et Miiky est un adorable petit garçon ! J'espère ne pas lui avoir fait peur, en pleurant ? »
« Il s'inquiète… Qu'est-ce qui ne va pas ? » Sa mère renifla, ouvrit la bouche mais ne sut rien dire, elle recommença à pleurer à gros bouillon en se collant à son fils. « Courage, maman, je sais que c'est pas facile, mais papa va bientôt revenir, ça fait un bout de temps qu'on a plus eu du tout de nouvelles et ça fait environs deux ans et en général, il… »
« Ah non ! Ne me parle pas de lui ! Plus jamais, tu entends ? Je comprends que tu ne me l'aies pas dit pour me protéger mais je ne veux plus que tu me parles de lui ! » Interloqué, son fils voulut protester, ne comprenant rien au discours de sa mère. « Tu lui trouves toujours de bonnes excuses mais là c'est impardonnable ! »
Là, Gohan était estomaqué… Qu'avait bien pu faire son père pour mettre sa mère en colère ainsi. « Ecoute, si tu parles de Bardock, je suis désolé de ne pas t'en avoir parlé plus tôt… Papa ne pouvait pas savoir qu'il allait débarquer comme ça, sans raison et… »
« Si, justement je parle de lui ! Comment ton père a-t-il osé me faire un enfant dans le dos ?! C'est monstrueux ! » elle ne pleurait plus mais hurlait tant elle était furieuse tout en froissant la chemise de Gohan. Puis elle se calma et éclata de nouveau en larmes en se rasseyant, à bout de force. Inconsciemment, son fils fut soulagé qu'elle se mette en colère pour une chose fausse et qu'il trouvait ridicule connaissant la véritable identité du saiyen faiseur de troubles.
« Ecoute, maman, tu es dans l'erreur… »
« Non ! Arrête ! Tu as toujours protégé ton père et été de son côté mais un homme aussi jeune qui lui ressemble autant avec une queue de singe, je ne suis pas dupe ! » et elle continua de pleurer.
« Maman… » soupira Gohan, sachant sa mère têtue. « Bardock est un saiyen de la planète des saiyens, il est plus vieux qu'il n'en a l'air, il a connu Végéta quand il était encore tout petit… Maman… Bardock n'est pas le fils de papa ! Mais bien son propre père ! »
« Mais arrête Gohan ! » se fâcha Chichi. « Pourquoi tu me mens sans arrêt ? Depuis tout petit, tu fugues, tu me mens, tu suis ton père dans ses délires de sauvetage de l'univers et maintenant, tu couvres ses infidélités ! Tu me déçois ! » c'était typique de la terrienne, elle changeait de discours très rapidement…
« je n'ai pas tant menti que ça ! Tu ne comprenais pas qu'il n'y avait que nous qui… » Gohan s'arrêta, ils commençaient à changer de conversation et l'objectif était d'abord de convaincre sa mère que Goku ne l'avait pas cocufié. « Tu l'as dit toi-même, Bardock a une queue de singe et il t'a fait peur ! Il a une armure ancienne, il parle sans arrêt de sa planète Végéta, il… Il me traite de bâtard, il… Il est né il y a plus de quatre-vingt ans, maman, il avait vingt-sept ans tout au plus quand papa est venu au monde, c'est lui qui l'a envoyé sur terre ! »
« Mais… »
« Maman… Papa tient à toi ! Il a le cœur pur, il est honnête et loyal envers toi comme envers tout et tous. Il est maladroit, c'est vrai qu'il ne t'a pas toujours ménagé, il n'est pas non plus délicat ou ponctuel mais jamais il ne te trahirait ainsi ! »
Elle ne dit rien un moment en le fixant intensément. Gohan soupira en tenant les mains fébriles et moites de sa maman totalement vulnérable.
« Tu… Tu as peut-être raison… » finit-elle par articuler sur le souffle en sanglotant toujours un petit peu.
« Bien sur… » il lui caressa la joue en lui essuyant ses larmes et en profita pour lui sentir le front. « Tu es brûlante… »
« Mais je deviens vieille, Gohan, il sera normal qu'il veuille une femme plus jeune et… » dit-elle sans écouter ce que son médecin de fils lui disait.
« Ne dis pas de bêtises ! Papa ne se soucie pas de ton âge ! Tu es sa seule et unique femme pour toujours et c'est tout ! »
« Je l'aime ton père malgré tout ce qui a pu se passer… »
« Je sais, maman, je sais… » il la serra contre lui car elle se mettait à trembler. « Crois-moi, maman, je ne sais pas qui t'as mis ça en tête mais… »
« C'est Goten qui… ahh… » gémit-elle sur l'épaule de Gohan.
« Maman ? » elle continuait de trembler légèrement mais elle ne parlait plus, elle commençait à flageoler. Gohan comprit que si il ne la retenait pas, elle s'effondrerait. Il se redressa alors en la portant délicatement dans ses bras. Il alla la déposer dans son lit puis lui apporta un linge frais sur le front. Il s'assura qu'elle était bien calme pour se téléporter vers sa femme qui était en train d'étendre du linge dehors. Elle avait un sèche-linge chez elle mais Chichi refusait obstinément de l'utiliser. Pour ne pas la contrarier, sa belle-fille l'aidait de temps en temps, même si elle trouvait ça ridicule.
« Gohan ? » fit-elle, surprise de le voir apparaitre subitement alors qu'elle le savait à l'intérieur.
« Tu sais veiller à ce que la température de ma mère baisse, je dois aller voir mon frère, je ne serai pas long. » demanda Gohan.
« Oui, mais que se passe-t-il ? »
« Je te raconterais… J'arrive. » il l'embrassa rapidement et posa deux doigts sur son front pour se téléporter une nouvelle fois.
Il apparut devant son petit frère qui le regarda très étonné de le voir avec autant de force dans le regard et les muscles si tendus que sa chemise en était presque entrain de craquer. Ni une, ni deux, l'aîné empoigna le cadet et le colla solidement contre le mur sous les yeux effarés de Mady. Elle allait demander quelle mouche pouvait bien avoir piqué Gohan mais celui-ci éleva une main vers elle sans la regarder.
« Mady, reste en dehors de ça… »
Elle regarda son mari qui lui fit signe de rester en arrière, ce qui la rassura légèrement.
« Qu'est-ce qui te prend ? » demanda simplement Goten.
« C'est plutôt à toi que je devrais demander ça… Qu'est-ce qui t'es passé par la tête lorsque tu as parlé à maman ? »
« Quoi ? Quand ? de… »
« Pourquoi lui as-tu dis que papa l'avait trompé ? »
« Ah… ça… » Goten soupira et se dégagea de l'emprise de son frère qui laissa faire. « C'est un peu logique, elle avait le droit de savoir… Elle s'en doutait d'ailleurs et… »
« Goten ! Maman est une femme malade de stresse à longueur de temps et tu vas lui dire des choses inutiles et non fondées qui peuvent l'anéantir ? » il voulut intervenir « Laisse-moi finir ! Goten, tu parles et agis beaucoup trop avant de réfléchir ! Tu n'as pas à faire part à notre mère de tes petits états d'âme ! »
« Mes états d'âme ?… » répéta Goten, estomaqué.
« Parfaitement ! Et… »
« Non ! Là c'est moi qui parle ! Tu vis à côté de chez elle et tu lui caches des choses ! Je n'ai jamais menti à ma mère ! Ce n'est pas maintenant que je vais commencer ! »
« Lui mentir ? tu lui as dit des choses dont tu n'étais même pas sûr ! Tu n'as plus dix ans, Goten ! Là tu ne lui as pas raconté que tu soupçonnais ton camarade de classe de t'avoir volé ton goûter, tu lui as dit que l'homme qu'elle aime depuis près de cinquante ans l'a trompé alors que c'est entièrement faux ! »
« Qu'en sais-tu si c'est faux ? »
« Enfin, Goten ! » le raisonna Gohan. Ils se regardèrent un moment et Goten baissa la tête. « On parle de notre père ! »
« C'est vrai que… Je ne l'en sens pas vraiment capable en fin de compte. »
« C'est grave ce que tu as fait. » renchérit Gohan, implacable, comme si il grondait un petit garçon. « Maman a de la fièvre, elle s'est fait du souci. Pire, elle s'est rongé les sangs et s'est épuisée toute la journée ! » voyant qu'il ne répondait pas, il ajouta sur le souffle. « t'aurais pu la tuer… »
Goten culpabilisa en entendant que sa mère était si mal à cause de ses paroles mais il n'avait pas tous les tors tout de même selon lui ! « Je n'ai même pas passé un tiers de ma vie avec papa, comment veux-tu que je le connaisse à cent pour cent… »
Son aîné lui répondit, toujours en colère. « Je n'ai pas eu plus de temps globalement avec papa, tu sais… Il ne tient qu'à toi d'en profiter quand il est là ! Vous avez eu dix ans de suite ! Il est même plus que probablement rester dix ans au même endroit pour toi ! Mais non… Toi tu préférais faire les quatre cents coups avec Trunks alors évidemment… »
Goten fut piqué au vif. « Là, c'est toi qui exagère Gohan ! » ils se fusillèrent et ne rajoutèrent rien. « J'irai voir maman… »
« Et t'excuser auprès d'elle ! »
« Oui ! C'était l'idée, je ne suis pas stupide ! » répliqua Goten, vexé. Il posa sa main sur l'épaule de son frère. « Qui c'est ce type alors si ce n'est pas notre frère ? »
Gohan respira et se calma avant de répondre « Tu n'étais pas si loin que ça en fin de compte mais tu as inversé… Ce n'est pas Bardock qui est le fils de Son Goku mais bien Kakarotto qui est le fils de Bardock. »
« Il te l'a dit ? »
Gohan était toujours agacé par son petit frère. Il ne comprenait vraiment pas comment ce n'était pas évident pour lui. « J'ai fait un test ADN pour être certain ! Tu crois que je t'ai demandé de garder une bouteille vide pour le plaisir de faire les poubelles ? » Goten ne répondit pas à cela, il n'avait rien à ajouter à la logique implacable. « Tout correspond. Il nous a dit la vérité. Et je crois qu'il sait que nous sommes sa descendance… Mais il n'a pas encore évoqué une seule fois de papa, je me demande vraiment ce qu'il fait là… »
« Tu recommences tes recherches ? » demanda subitement Mady en essayant de cacher son trouble. « Yanu m'a encore demandé si ça serait possible… »
« Il va falloir qu'il s'y fasse. » Gohan avait repris un ton doux et désolé. Mady hocha la tête.
Goten détourna le regard, sachant de quoi Mady et son frère parlaient. Il ne voulait pas que ce sujet soit de nouveau évoqué. « Je devrais aller voir maman, tout de suite. Emmène-moi. »
« Excuse-moi, Mady… Pour la scène. » dit tout de même Gohan. Elle hocha la tête, sentant que son beau-frère s'excusait pour autre chose que l'incident fraternel. Il posa sa main droite sur l'épaule de Goten et deux doigts de sa main gauche sur son front et ils s'évaporèrent.
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