Chapitre 7 : Super adaptation

Gohan avait exigé que le quotidien de la famille ne soit pas bouleversé à cause de leur invité, apportant comme argument que c'était à lui de s'intégrer à la vie terrienne et non pas à eux de s'adapter à lui. Videl était soulagée de cette déclaration, elle avait passé une semaine tendue, elle n'aimait pas quand leur quotidien était bousculé. Cela s'expliquait par son travail qui était tous les jours plein de surprises, elle aspirait donc à un peu de sérénité et de structure dans sa vie privée.

Pan était déçue de devoir laisser Bardock toute la journée seul à la maison mais elle n'était pas habituée à désobéir à ses parents. Particulièrement ce premier jour sans visions pour le saiyen, elle était curieuse de voir comment il allait réagir maintenant qu'il n'avait plus le cerveau pollué par autre chose que son nouvel espace de vie.

Le lendemain matin était donc presque habituel. Gohan était le premier à se lever, il aimait déjeuner en lisant plein de choses différentes sur son petit ordinateur portatif : articles scientifiques, les nouvelles du matin, les résultats du sport… ce matin-là il fut surpris de voir que la table de la salle à manger était déjà remplie d'assiettes sales. Il était pourtant certain d'avoir enclenché le robot ménager avant d'aller dormir hier.

En aidant le robot à ranger, il tendit son esprit pour identifier qui aurait pu se lever plus tôt. Dans un soupir, il comprit que c'était sans doute son grand-père en le sentant circuler dans la maison.

Ce dernier descendit les escaliers, lavé et séché.

« Bonjour ! » dit Gohan. « C'est toi qui t'es fait à manger ? »

« Non, crétin. C'est ta vieille mère qui m'a apporté ça pour s'excuser de je ne sais quoi… Concept étrange mais nourrissant. » son interlocuteur avait les yeux exorbités de surprise. « C'était empoisonné ? Elle aussi veut que je meure ? » le demi-sang hocha la tête négativement, consterné par le ton neutre et plat de son grand-père. « Super. »

Sur ce, il quitta la salle à manger pour s'enfermer dans le salon.

Videl descendit alors à son tour dans la cuisine. « Qu'est-ce que c'est que ce désordre ? »

« Ma mère est venue faire à manger à Bardock. »

« Pfff… Je l'avais presque oublié, celui-là ! » elle embrassa son mari qui souriait d'amusement et commença à préparer leur propre petit déjeuner.

Pan et Miiky dévalèrent les escaliers et jetèrent leur sac près de l'entrée. Le plus jeune se rua dans la cuisine, alléché par les odeurs qui en sortaient. La jeune fille prit une seconde de réflexions dans la salle de séjour, elle sentait son aïeul réveillé dans le salon fermé sur sa gauche. Elle se rappela des consignes de ses parents « aujourd'hui est un jour normal » et freinant sa curiosité, se dirigea vers la cuisine.

Le petit déjeuner ordinaire chez les Son se déroula sans encombre, à l'exception de Pan qui était inhabituellement silencieuse.

« Tu as bien préparé les leçons de ta journée, Pan ? Tu as su passer au-dessus de tes difficultés ? »

Elle sortit de ses pensées, réalisant que c'était à elle qu'on s'adressait. « Oui, oui. » et elle se replongea dans ses réflexions. Videl était vexée du manque d'attention de sa fille car elle pressentait qu'elle pensait à l'élément qui troublait leurs habitudes, elle décida de la ramener à la réalité plus brutalement. Elle avait d'autres choses à régler se disait-elle.

« Danuki a téléphoné. »

« Hein ! Quoi ? Quand ? Qu'est-ce qu'il me voulait ? »

« Il ne te voulait rien à toi, justement. Il a téléphoné pour s'excuser de ne pas être venu vendredi dernier. Il a commencé un entrainement particulier et ne se sentait vraiment pas bien le lendemain… »

« Hum… » grommela Pan. « C'était sûrement dans l'espoir de me parler qu'il a appelé. »

« Je ne crois pas. Il a appelé directement à mon bureau au dojo Satan. Il a aussi rappelé qu'il serait là la prochaine fois car il comptait bien doser correctement ses efforts pour tenir ses engagements. »

« Formidable. » Pan se renfrogna avant de terminer sa tasse, feignant l'indifférence. Sa mère était mécontente, elle aurait voulu que sa fille se livre un peu plus sur sa rupture. D'habitude, elle en parlait librement, soulagée de s'être débarrassé de quelqu'un de gênant pour elle mais pas avec Danuki. Elle faisait comme si tout était derrière mais Videl n'était pas dupe, elle avait que sa fille n'était pas au clair avec cette histoire.

La conversation avait rappelé quelque chose à Miiky. « AGP, il va venir à l'entrainement, comme promis ? »

« AGP ? » répéta son père.

« A comme Arrière, G comme Grand et P comme Père ! Arrière-Grand-Père ! » annonça fièrement le petit. « On a trouvé ça avec tonton Goten et on trouvait ça cool ! »

Le jeune fils de Gohan avait quelques soucis avec son alphabet et l'apprentissage de la lecture en général, il allait donc régulièrement faire ses devoirs avec son oncle, instituteur de profession et donc le plus à même de l'aider dans cette matière.

« Mais oui, c'est vrai ! Il nous a pas donné sa réponse à ce sujet ! Je vais lui demander ! » Pan se leva sur cette annonce, ravie d'avoir une excuse pour aller voir Bardock. Sa mère n'eut pas le temps de protester qu'elle avait déjà quitté la pièce. Elle n'avait toujours pas vidé son sac à propos de sa rupture, pensa-t-elle.

Elle ouvrit la porte coulissante sur leur salon. Seule la télé fonctionnait. Elle chercha un instant des yeux son arrière-grand-père et fut très amusée de n'apercevoir que ses jambes croisées sur le dossier du divan principal. Elle contourna le meuble pour mieux le voir : il était couché sur le dos, la tête-bêche tirée en arrière, les yeux rivés sur l'écran.

« Qu'est-ce que tu fais ? » demanda-t-elle avec bonne humeur. Sans se redresser, le saiyen lui jeta un regard indéfinissable.

« On mange déjà ? »

« Ben non, on vient de petit-déjeuner. Mes parents m'ont dit que ma grand-mère t'avait apporté à manger, c'est chouette ! »

« Elle n'a fait ça que parce qu'elle se reproduit avec mon fils. »

« Waw… C'est la première fois que tu parles de ton fils. »

Bardock ne releva pas la remarque. Pan sauta sur le divan dans la même position que le saiyen. Il grimaça en recevant les cheveux de sa descendance sur le visage.

« Qu'est-ce que tu regardes ? » reprit-elle.

« à toi de me le dire, je ne comprends rien. »

« C'est peut-être parce que tu regardes la télé à l'envers. »

« J'ai commencé à l'endroit. »

Quelques minutes passèrent à regarder le télé-achat dans un sens inhabituel.

« Comment tu fais pour rester si longtemps la tête en bas ? Je me sens déjà toute bizarre. »

« Le sang monte au cerveau, c'est fait exprès. Ça détend. »

« En gros, tu te shoot. » nouveau silence. « Pour répondre à ta question, tu regardes du télé-achat, on présente des trucs à la télé partout en même temps et ceux qui sont intéressés peuvent commander et ils recevront les produits directement chez eux en échange d'argent. »

« Un balais magique contre 390 quoi ? »

« Zénis. C'est notre devise monétaire. C'est du commerce quoi. »

Il pensa à sa propre définition du commerce et en geignît de consternation. « Que c'est chiant… Heureusement que j'ai la tête à l'envers. »

« Tu n'as pas choisi le programme le plus palpitant effectivement. » Pan n'avait pas totalement compris le sens de l'intervention du saiyen.

« Dans deux jours je vais donner mes leçons d'art martiaux, tu veux venir ? »

« Je retourne quand voir la vieille de Végéta ? »

« J'en sais rien ! Réponds un peu à ma question ! »

« J'en sais rien ! » il avait pris un ton moqueur feignant d'imiter celui de Pan.

« Pan, bouge un peu ! Tu vas être en retard ! » s'exclama Videl en ouvrant brusquement les portes du salon. Elle fut subjuguée par les quatre jambes qui dépassaient du dossier. « Mais qu'est-ce que vous faites ? » les mains de sa fille surgirent de part et d'autre de ses genoux sur le dossier pour se hisser afin d'apercevoir sa mère.

« On regarde le télé-achat ! » annonça-t-elle. « Ouille, j'ai la tête qui tourne, je me suis redressée trop vite ! »

« Débutante. » commenta Bardock.

Pan, sa nausée passée, sauta du divan. « Allez, je démarre ! Bonne journée ! » et elle quitta la pièce, rayonnante. Videl la suivit afin d'aller lui dire au revoir sur le pas de la porte. Elle sortit également de la maison avec Miiky après avoir dit au revoir à son mari qui lui rendit son salut.

« Tu as encore des visions ? » demanda Gohan en installant la sangle de son sac sur son épaule.

« Non. »

« Alors c'est quand même pas croyable que tu te remplisses déjà la tête avec d'autres images. Aussi stupides en plus. »

« ça m'empêche de trop me rappeler que j'ai tout perdu et que j'ai rien d'autre à foutre sur cette planète pourrie, trou du cul. »

Gohan grimaça, culpabilisant de sa remarque. Il n'avait pas été très diplomate sur ce coup-là.

« Je te conseille de regarder les infos à 11h30 sur cette chaine-ci. Ça sera beaucoup plus intéressant. Ou tu peux aller te promener. Du moment que tu ne vas pas trop loin et surtout que tu ne casses rien… »

« Pour le moment c'est surtout ta gueule que j'ai envie de casser… »

Gohan se tapa le front, se détestant d'avoir vexé son grand-père qui était appréciablement calme depuis la veille après-midi. En bredouillant un petit au revoir à peine audible, il quitta la maison à son tour. Le saiyen était alors seul dans la maison. Il le resta toute la journée.

La journée du lendemain se passa de la même manière, à la différence que Gohan ne faisait plus de remarques sur les goûts télévisuels de son grand-père. De plus, Chichi étant partie rendre visite à son propre père convalescent, Bardock était obligé d'aller chasser sa propre nourriture la journée. En effet, Gohan et Videl eurent l'idée d'obliger le saiyen à sortir un peu de chez eux, le demi-sang pensant que ça soignerait sa profonde mélancolie, pour ne pas dire sa dépression et la terrienne se disant que ça l'éloignait légèrement de leur quotidien.

Pan n'allait à l'école qu'une demi-semaine, les autres jours, elle avait des modules informatiques à suivre chez elle. C'était un tout nouveau système avant-gardiste auquel elle participait. Ça lui plaisait beaucoup car ça lui permettait de s'entrainer un peu plus tout en n'étant pas coupée du monde.

Elle cherchait régulièrement des moyens de communiquer avec Bardock. Même la plus courte interaction la mettait en joie. D'après elle, il faisait plus que regarder la télé, elle le soupçonnait d'assimiler plein d'informations.

Le troisième matin fut un peu différent.

« C'est quand ? » demanda Bardock en rentrant dans la cuisine où tout le monde était attablé.

« C'est quand, quoi ? » demanda Pan.

« Que tu fais des trucs autre qu'aller à l'école et me coller aux basques ? »

« Aujourd'hui ! Tu viens ? » elle rayonnait.

« Si le docteur bâtard l'accepte. »

« Tu veux bien, papa ? » demanda Miiky en se redressant debout sur sa chaise d'excitation. Videl soupira, consternée que son fils reconnaisse son père au terme « docteur batard » mais elle refoula ses sensations, constatant qu'il n'y avait qu'elle que ça faisait tiquer, même Gohan n'avait pas l'air perturbé.

« Tant qu'il se comporte bien, il n'y a pas de problème ! »

« Sauf en cas d'extrême urgence, je ne mange pas de chair humaine. Je serai délicieux comme un agneau. » assura-t-il en pensant à la fois à la chasse qu'il avait mené la veille pour se nourrir et à l'émission culinaire qu'il avait regardé.

« Formidable ! Dés que l'école est terminée, je reviens te chercher Bardock puis on filera chez Goten et Mady qui auront été rechercher Miiky à l'école ! » promit l'ainée. Elle termina d'engouffrer son repas, prépara son repas de midi et partit à l'école plus rondement que d'habitude, comme si le fait de commencer sa journée plus vite allait la faire passer plus rapidement.

Elle tourbillonnait dans le ciel, euphorique depuis la réponse de son arrière-grand-père. Ce comportement enchantait Pan, enfin il était un peu coopératif ! Elle n'avait plus du tout peur de lui parler, même si il n'était pas encore totalement à l'aise dans une conversation et qu'il ne lui témoignait pas une sympathie remarquable, elle ne doutait plus qu'il n'avait aucune intention de les nuire et voulait tout faire pour qu'il s'intègre parfaitement dans sa nouvelle vie.

Goten, Mady et leur fils Yanu vivaient à Ginger Town, préférant cette petite ville paisible et conviviale, à la grande métropole toujours en activité qu'était la capitale de l'Ouest. Ils n'avaient pas non plus choisi la campagne, la trouvant trop loin de tout. Particulièrement pour Mady qui désirait pouvoir voir Tressi et Trunks régulièrement sans dépendre de Goten. Ils vivaient dans une petite maison deux façades à deux étages. Le loyer n'était pas énorme mais était adapté à leurs salaires, ils avaient tous les deux un travail mais devaient d'abord rembourser de vieilles dettes du côté de la famille de l'épouse.

Goten était assis devant un petit bureau qui se trouvait dans la salle à manger. Il semblait nerveux vu comme il serrait son pantalon avec les mains. Mady arriva dans la pièce, ses longs cheveux blonds tressés sur l'épaule, elle déposa un miroir devant lui et se posta debout derrière son mari.

« Alors… Voyons… » commença-t-elle en ouvrant et refermant ses ciseaux. Goten fondit légèrement sur sa chaise, tout en la fixant par l'intermédiaire du miroir. « Tu vas arrêter de tirer cette tête-là ? » Il avait l'air à la fois terrifié et en rogne. « Goten… Tiens-toi droit au moins… »

« C'est même pas des vrais ciseaux de coiffeur… »

« C'est normal. Je ne suis pas coiffeuse… »

« Justement… Je crois que je vais aller voir Videl. Après tout, c'est toujours elle qui me les coupe, et… » il se leva mais Mady le remis en place en poussant sur ses épaules.

« Elle n'est pas coiffeuse non plus. Et d'ailleurs elle en a marre de ton cinéma à chaque fois ! »

« C'est vrai qu'à chaque fois je revenais avec des bosses et un mal de crâne mais… »

« Mais quoi ? » Mady commençait à se vexer. « Je commence à comprendre pourquoi tu revenais avec des bosses... ! »

« Mais Gohan ne se fait pas toujours coiffer par Videl et puis il a des cheveux beaucoup plus facile que les miens donc il est moins énervant et… » Mady décida de ne plus l'écouter et mit les ciseaux en position pour couper sa première mèche. Son mari anticipa le mouvement et se pencha en avant pour qu'elle rate sa tignasse.

« Goten ! ça suffit ! Arrête de bouger ! » Elle le tira contre le dossier de la chaise.

« Mais pas si vite ! Tu sais où se trouve la mèche à ne pas couper n'est-ce pas ? Tu sais à quel point je ne veux plus que ma grosse mèche remonte sur le côté et… »

« … Et tu ne les veux pas trop court non plus parce que tu trouves ça laid. Je sais, je sais… » Elle allait renouveler son mouvement pour commencer le travail mais Goten fit tourner la chaise à roulette pour se trouver face à son épouse, un air pathétique sur le visage.

« Je ne veux vraiment pas avoir la tête de mon père à nouveau… Tu sais combien c'est important pour moi. Et c'est encore plus important maintenant que j'ai un grand-père jumeau dans les parages... » Sa femme prit sa figure entre ses mains, attendrie par son désarroi, sans lâcher l'instrument de coiffure. Elle l'embrassa. A ce moment, ils entendirent une porte claquer et des voix s'élever dans l'entrée. Mady sursauta et coupa une mèche de cheveux de son mari qui s'était détourné pour éviter qu'il soit éborgné.

« Goten, Mady, c'est nous ! On vient chercher les enfants ! » fit la voix de Pan. Elle fit irruption dans la pièce, suivie par son arrière-grand-père, les bras croisés, qui observait tout calmement de son air impassible et détendu qui devenait habituel.

« Pan ! J'ai failli être éborgné ! » s'écria Goten. Pan était surprise de la réaction de son oncle. Mady secoua la tête et se remit de sa surprise.

« Bonjour. Fais un peu plus doucement en arrivant la prochaine fois, j'ai failli mettre fin à ma carrière de coiffeuse avant même qu'elle n'ait commencé ! » ironisa la tante de la nouvelle arrivée. Pan eut un large sourire en comprenant ce qu'elle venait d'interrompre.

« Tonton, t'es sur que tu ne veux pas retenter la coiffure dont tu as hérité ? Regarde, à Bardock ça lui va bien. » Le nommé, qui avait commencé une exploration plus minutieuse du nouvel endroit dans lequel il était, se retourna en entendant son nom. Goten croisa son regard et grimaça.

« Non ! J'ai justement voulu changer de coiffure pour qu'on arrête de me dire que je ressemble à mon père, c'est pas pour dire que je ressemble à mon grand-père ! » Et il s'enfonça à nouveau dans son siège.

« Ou plutôt à ton frère… » se moqua Pan, qui avait eu vent du quiproquo entre son père et Goten.

« Si tu crois que ça me fait plaisir de retrouver mes traits sur des bâtards… » fit le saiyen, toujours sans regarder personne. Il réalisa une chose. « En fait, t'es né avec des cheveux comme les miens ? Comment peux-tu les avoir aussi long, si… » Il regarda Pan qui faisait des gestes qu'il ne comprenait pas, elle essayait de lui faire comprendre sans parler que les cheveux des terriens poussaient mais son arrière grand père ne comprit pas. « Et on se demande qui c'est le singe… » se moqua-t-il. Pan fit un genre de moue et allait répondre.

« Nos cheveux poussent ! Et heureusement ! » dit Goten avant que sa nièce n'intervienne.

« Heureusement que vous n'avez vraiment que ça à faire ! »

« Bardock ! » fit Pan, trouvant que sa remarque pouvait être vexante.

Mady ne se démonta pas et en profita même pour repartir dans son travail. « Non, justement, nous n'avons pas que ça à faire ! Goten, tiens-toi droit et ne bouge plus ! Tu ressembles vraiment trop à un singe avec cette tignasse qui commence à pendre ! » Elle jeta un petit regard en coin à Bardock qui ne releva pas la boutade.

Goten soupira lourdement et ferma les yeux comme un gamin. « Je veux pas voir ça ! » personne ne lui répondit. Mady commença sa coupe.

Yanu et Miiky dévalèrent les escaliers avec chacun un sac à dos. « On est prêt ! » annonça le petit de Goten en faisant papillonner ses grands yeux bleus vers Bardock qu'il était ravi de revoir après une bonne semaine.

« Cela dit… Les yeux bleus c'est encore plus gerbant que les cheveux filasses ou qui poussent. »

Un silence suivit cette remarque pendant que Mady soupirait en reprenant sa coupe. « Alors tu dois vraiment être dérangé par mon apparence. »

« Non, j'm'en cogne, tu es un incubateur à bâtards, je me sens moins concerné par ton apparence. »

« Un incubateur ? » s'étonna Yanu en regardant sa maman, se demandant bien ce que ça voulait dire.

La terrienne blonde éclata de rire. Elle ne se sentait pas du tout insultée. Goten était quant à lui complètement choqué.

« Eh ! Tu deviens bien à l'aise, toi ! »

« Je n'aurais pas bien mangé ce matin, je l'aurais sans doute bouffé, sois content qu'on en reste là ! »

Pan était partagée entre le plaisir de voir Bardock avoir un semblant de conversation et la peur de le voir avoir la même attitude avec des étrangers.

« Alors, on y va ? J'ai hâte, moi ! » dit Miiky.

Pan réprima ses impressions, excusant encore l'attitude de son aïeul. C'était mieux qu'il soit trop spontané que pas assez.

Ils prirent la direction de leur destination. Ils avaient encore pas mal de temps de vol pour rejoindre Satan City qui était plus proche de la capitale de l'Est que celle de l'Ouest.

« Tu n'as pas été très agréable avec Mady… » souffla Pan pendant leur vol.

« Parce qu'en plus de venir avec vous, il faut que je sois agréable ? » Pan ne savait plus quoi répondre, elle hésitait à lui demander d'arrêter les provocations, de peur qu'il ne se renferme totalement. Bardock prit mal son mutisme. « Si mon attitude ne te convient pas, je peux me barrer immédiatement. »

« Non ! » s'exclama la quarteronne.

« C'est bien ce qui me semblait… »

Il ne comprenait pas tout à fait ce qu'il avait fait de mal et il n'avait pas l'intention de se soumettre totalement aux desideratas de la jeune fille. Il savait parfaitement qu'il y avait des limites à ne pas atteindre et il n'estimait pas que ses paroles pouvaient être mal prises. Il avait juste été honnête et sarcastique. Il remarqua ensuite que jouer avec les humeurs de Pan l'amusait. Il avait accepté de les suivre pour s'occuper en attendant l'avancement des recherches sur sa présence sur Terre. Cette planète le mettait encore mal à l'aise mais il avait besoin d'avancer, de ne plus être seul avec ses pensées. Il n'avait jamais été seul de toute sa vie alors la compagnie de ces gens-là valais mieux que rien ou que la télévision.

Yanu le sortit de ses pensées quand il s'exclama :

« On arrive ! »

« J'espère que je vais pas être déçu… Après tout ce chemin… » dit Bardock avec l'intention de faire mousser son arrière-petite-fille.

Ils atterrirent et entrèrent en ville. « D'habitude c'est Goten qui ramène Miiky et Yanu chez nous et qui nous attendent pour ne pas qu'on fasse trop la route… Aujourd'hui, je pensais que faire le chemin nous-même te permettrait de changer encore plus de paysage. Je me suis encore trompé, visiblement. »

Bardock voulait encore en rajouter une couche mais au regard inhabituellement terne de Pan, il décida de s'abstenir. Ils s'arrêtèrent devant un grand portail où les deux enfants les attendaient.

« Bienvenue dans le dojo tout arts martiaux et techniques de combat confondues de mon grand-père ! » annonça fièrement Miiky. Bardock ne dit rien, fixant l'énorme pancarte au-dessus de l'entrée. Un énorme buste d'un Mr. Satan tout sourire « décorait » le portail. Bardock prit un air perdu, un peu effrayé. Un rictus nerveux déformait son visage petit à petit. « Quoi ? » Pan était étonnée de la subite expression sur le visage de Bardock, elle se pencha pour regarder dans la même direction que lui. « Heu… Il parle bien sûr de notre autre grand-père… Le père… de ma mère ! » Son aïeul baissa la tête vers elle, sans perdre son air décontenancé sur le visage. Il ne l'avoua pas mais une brève milliseconde il avait cru que c'était la créature qu'il engendré… Peut-être qu'il avait terriblement mal vieilli.

Pan sourit pour elle-même, un peu plus détendue. Son optimisme et sa bonne humeur avaient une fois de plus repris le dessus, excusant encore le saiyen et sa situation peu envieuse.

Ils entrèrent tous les quatre dans le bâtiment. Il était composé de quatre grandes salles ouvertes qui se suivaient les unes après les autres. Ils venaient d'entrée au bout du quatrième espace. De l'autre côté, il y avait un haut mur qui se terminait par une grande baie vitrée qui était utile à Mr. Satan pour observer ses élèves en permanence depuis son grand bureau. Ça lui permettait de voir… et surtout d'être vu !

Sa petite fille alla déposer son sac au fond de la première salle là où elle allait donner son cour.

« Bonjour, Pan ! » s'exclamèrent quelques enfants en courant vers elle.

« Bonjour tout le monde ! » répondit-elle. Les politesses de circonstances s'engagèrent. Une petite fille prit la main de Pan en se collant contre elle après avoir croisé le regard envenimé de Bardock. « Quoi ?... » demanda-t-elle au saiyen après avoir compris que c'était à cause de lui que la petite était agrippée à sa main. Son arrière-grand-père fixait la gamine d'un air un peu inquiétant. « Arrête de la regarder comme ça ! »

« C'est qui… ? » demanda un autre gamin, pas plus rassuré que la petite fille.

« C'est un ami. Ne vous inquiétez pas, il n'est pas méchant. »

Le saiyen soupira longuement, se demandant ce qu'il fichait au milieu d'une bande de gamins qui avaient tous moins de dix ans. Les enfants commençaient à l'agacer à le regarder comme ça, c'était normal qu'il les fixe en retour…

« Arrêtez ça tout de suite ! » fit-il, devenant mal à l'aise face à tous ces petits regards ébahis.

« Mais c'est toi, arrête de les regarder ainsi ! » répéta Pan. Il leva les yeux vers elle, elle en sourit d'amusement, il avait vraiment l'air perdu face à autant de gosses, il semblait se retenir de hurler, de les frapper ou de les insulter… « Si j'éternue, j'en tue au moins deux. » Pan ne fut pas troublée par ses paroles car ce n'était pas une moquerie, juste une constatation. Bardock inspira profondément en fermant les yeux. Il allait vraiment exploser. Totalement sidéré et dépassé par la situation, il s'attendait à avoir une vision de son dernier fils pleurant dans son berceau ou de Gohan rouspéter dans les bras de Raditz. Heureusement l'hallucination ne vint pas, mais il finit par se reculer vivement pour ne pas faire des choses qu'il pourrait regretter plus tard. « Qu'est-ce que je peux haïr les mioches… » pensa-t-il en s'éloignant au maximum de la horde de petites puces agaçantes pour lui. Avec un signe de dédain vers lui et roula des yeux en s'essayant contre le mur du fond, se demandant ce qui lui avait pris de venir avec eux. Pan se défit de ses petits élèves, elle devait finir de s'équiper. « Allez vous mettre en place, j'arrive ! Et laissez notre ami aussi, il est juste là pour regarder. » Elle s'assit à côté du saiyen qui ne regardait plus rien de particulier en face de lui.

« Imagine que tu as la tête en bas ? » proposa-t-elle. « Merci pour tes efforts. » elle retira ses chaussures de ville. Elle n'eut aucun mot ni aucun regard en réponse. Elle finit de s'apprêter puis se redressa, se disant que tant qu'elle ne sentait pas l'énervement du saiyen monter, il n'y avait pas de danger.

« On va rester ici longtemps ? » demanda Bardock.

« L'entraînement commence dans un quart d'heure, il dure une heure, et quand tous les parents sont venu chercher leurs enfants après, eh bien on peut s'en aller. » Elle regarda Bardock soupirer. « Et interdiction que tu partes avant tout seul ! T'es pris en otage ! » se risqua-t-elle d'ajouter sur le ton de l'humour.

« Comme d'habitude, quoi ! Merci du cadeau ! »

Pan sourit largement, satisfaite du fait que Bardock commençait enfin à lui parler normalement et de plaisanter avec elle même si ce n'était peut-être pas encore tout à fait volontaire et toujours cynique de la part de son arrière-grand-père.

« A moins que tu ne veuilles t'entrainer avec les petits ? »

« Va mourir. »

Elle éclata franchement de rire, elle ne s'attendait pas à la réponse calme et froide qu'il lui avait faites.

« Pan ? »

Elle sursauta en reconnaissant la voix. Elle se retourna, le rouge aux joues. C'était exactement la personne qu'elle ne voulait pas voir… Le jeune homme qui lui faisait face avant l'air un peu plus vieux qu'elle, il était très grand et musclé avec les cheveux bleus royal ramenés en arrière et ses beaux yeux clairs en amende. Elle remarqua qu'il était rasé de près derrière les oreilles et qu'il portait une tenue de combat noire qu'elle lui avait offerte.

« Dan… » répondit-elle après un long silence.

« ça va ? Excuse-moi de ne pas être venu la semaine dernière. J'ai remercié ta mère de m'avoir remplacé. »

« Je sais… Pas de problème. Tu m'apportes le registre de présences ? »

Il acquiesça et lui tendit le carnet. Ensuite ils restèrent l'un en face de l'autre sans rien dire. Le saiyen sentit la tension entre les deux. Il en profita pour s'occuper en taquinant un peu cette chère gamine qui le collait tant… « Bon, il est là, le gringalet, alors on peut s'en aller, non ? »

« Non ! J'ai envie de m'occuper de ces enfants, et… »

« T'en prends un pour taper sur un autre ? Je peux t'aider pour ça. »

Dan allait poser sa main sur le bras de Pan mais elle s'était retournée et hérissée au ton sadique qu'avait pris Bardock en présence de son ancien petit ami. Elle lui lançait un regard assassin.

« Arrête un peu de raconter n'importe quoi ! »

Dan soupira, il se dit qu'il était impossible de lui parler si ils n'incluaient pas cet homme auquel elle faisait tant attention. Il n'avait pas remarqué la menace du saiyen, trop absorbé par l'idée de renouer un contact avec Pan. « Je ne le connais pas... Qui est-ce ? » demanda-t-il sur le ton de la conversation.

« Je suis son arrière-grand-père ressuscité d'une planète de mercenaires détruite depuis longtemps ! » dit le saiyen.

Pan, sans perdre son calme ajouta : « Il plaisante bien entendu ! C'est… un cousin éloigné. Il est pas d'ici, je le fais visiter. »

« T'as oublié de dire que je mangeais les enfants. » Il reçut un coup de pied par l'arrière de la part de Pan qui lui tournait le dos.

« Ne l'écoute pas, évidemment, il dit n'importe quoi. » et elle rit nerveusement pour essayer de se détendre. Au regard méfiant de son ancien petit ami, elle ajouta. « Ne t'en fais pas, il ira dans le bureau de mon grand-père pendant le cours. »

Il finit par lui sourire tendrement. Un peu trop pour elle. « Je te fais pleinement confiance. Je sais que tu as une famille... originale. » il se pencha un peu plus vers elle après avoir jeté un coup d'œil au saiyen, se demandant si il pouvait les entendre, il murmura à l'oreille de la jeune fille « Je voudrais te parler… Tu… »

« Grande sœur ! » Pan bénit intérieurement Miiky qui venait de la tirer d'une situation embarrassante, elle savait exactement ce que voulait lui dire son ancien petit ami. « Papy nous attend ! »

« Je dois y aller. Après j'ai l'entraînement à donner. Alors… A un de ces jours. » sans ajouter un seul regard au terrien, elle trottina le plus rapidement et naturellement possible vers le fond de la salle où se trouvait l'ascenseur qui menait directement au bureau du patron de la maison.

« Tu as oublié Bardock » fit remarquer Yanu. « Je vais l'appeler, t'en fais pas ! » il avait bien vu que sa cousine ne voulait pas parler au garçon qui était tout près. « Bardock ! A.G.Pééééééééééééééééééééé ! Vieeeens ! » Pan se frappa le front, c'était pas vraiment la manière la plus discrète de faire.

De toutes façons, c'était trop tard, Dan avait déjà compris qu'elle ne voulait pas lui parler, il la regardait de loin, un peu déçu, mais pas désespéré. Le saiyen se leva en grognant, décidément, il n'appréciait vraiment pas ce surnom ridicule que les enfants lui avaient donné. Il réalisait surtout qu'il ne le comprenait pas. Il devrait réfléchir à la question.

« Elle saura bientôt assez tôt que je suis bien digne d'elle. » dit le terrien pour lui-même.

Bardock l'avait entendu, il se tourna vers lui, la perche était trop bien tendue. « Il faudrait déjà en avoir une de dignité pour faire une comparaison. » Au regard éberlué de Danuki, il partit rejoindre ses arrière-petits-enfants.

Dan était estomaqué de l'intervention du saiyen.

« L'ascenseur est très petit, je monte en premier avec Miiky, prends le suivant avec Yanu. Je vous le renvoie tout de suite après. » lui dit Pan précipitamment en appuyant frénétiquement sur le bouton de l'appareil pensant le faire arriver plus vite ainsi. Elle ne voulait pas voir Dan une seconde de plus. Enfin, les portes s'ouvrirent, elle s'engouffra dedans, tirant son petit frère par l'épaule pour qu'il se dépêche. Bardock soupira.

« Les histoires de cul, maintenant… »

« Je suis d'accord, c'est nul. » répondit Yanu, frimeur.

Le saiyen ne releva pas. Ils attendirent l'ascenseur en silence.

Pan et Miiky arrivèrent à l'étage de Mr. Satan. Il attendait en effet non loin des portes. Lorsqu'elles s'ouvrirent, il entoura de ses grand bras la tête de Pan qui avait eu à peine le temps de sortir de la cage d'ascenseur. « Ma petite chérie d'amour ! »

« …Bonjour, papy. » répondit-elle écrasée contre le torse du père de sa mère. Elle était habituée aux expansions de l'ex-champion du monde.

« Tu m'as teeeellement manqué, ma grande championne ! » Mais cette expansion-là, il la réservait pour les grandes occasions ou pour les publics importants… Elle tourna péniblement la tête vers le bureau. Ils étaient seuls avec Boo. Satan la lâcha et alla faire tourbillonner Miiky.

« Mon petit bouchon si costaud ! C'est bien, tu m'as vite ramené ta sœur ! Tu seras bientôt aussi fort que Mr. Boo ! »

Pan croisa les bras, son papy faisait beaucoup trop de compliments par rapport à d'habitude, c'était pas naturel… Le gros bonhomme rose n'avait, au contraire de son ami, pas bougé de son siège, ce qui était rare vu qu'il était aussi très expansif avec elle et son petit frère.

« Satan et Boo ne sont plus les meilleurs du monde… » gémit-il tristement dans son fauteuil.

Satan grimaça, son compagnon avait parlé trop vite, ça l'avait cassé dans son jeu, il avait calculé précisément la manière dont il allait parler à ses petits-enfants.

« Qu'est-ce qui se passe, papy ? » demanda Miiky. Satan le déposa au sol et les invita à s'asseoir face à son bureau.

Le « ding » caractéristique de l'ascenseur qui arrive à destination retentit. Les portes s'ouvrirent sous les yeux étonnés de Satan qui ne s'attendait plus à voir personne. Le fils de Goten fit irruption dans la pièce en faisant un grand salut des bras.

« Mais… Qui êtes-vous, vous ? » s'exclama le maître des lieux après s'être levé de son siège à la vue du deuxième arrivant.

Bardock mit une ou deux secondes avant de réagir qu'on s'adressait à lui. Il contempla Satan et rit intérieurement, se moquant des grands airs que prenait le terrien tout gris de cheveux et à moitié chauve. « Tiens, encore un qui n'a pas oublié de vieillir. »

« Très drôle, monsieur. » Satan se dégagea de son bureau et commença son show « Ce n'est pas le moment, je ne reçois pas de fans aujourd'hui et l'annonce que je vais faire maintenant n'est pas encore officielle et puis vous n'avez aucune chance, je sais que mon titre attire tous les jeunes de votre âge, mais il faut être réaliste... Peu d'entre vous ont mon talent et le courage nécessaire pour arriver à un tel niveau de force et de sagesse. De plus, les inscriptions pour mon école d'arts martiaux sont clôturées pour cette année. Donc… »

« Papy ! » coupa Pan, qui commençait à perdre patience, elle voulait savoir ce qu'avait à dire son grand père. Elle se tourna nerveusement vers Bardock. « Evite de faire d'autres commentaires, s'il te plait, je voudrais aller vite, j'ai un cours à donner et … »

« Eh ! Mais il ressemble à Son Goku ! » s'exclama Mr. Boo qui avait enfin levé la tête pour voir celui à qui parlait son ami Satan.

Bardock sursauta à la voix étrange du gros bonbon rose. Il voyait décidément de tout sur cette planète. A cette remarque, Satan étudia plus attentivement le « look » de Bardock. Puis il sourit étrangement, Pan redoutait le pire. Ce pire arriva sans tarder. Elle vit son grand-père maternel prendre une casquette dans un de ses tiroirs puis approcher du saiyen.

« Je vois. » fit-il « Encore un jeune trois guerres en retard… Le look « Son Goku » est dépassé, mon ami. Certes, comme la mode fut courte, c'est bien de vous en être souvenu et de l'avoir adopté mais maintenant, c'est mon look à moi, le look de véritable champion qui est à la mode et qui reçoit tous les honneurs depuis tant d'années. » Avant que Satan ne fasse la bêtise de mettre la casquette à son effigie sur la tête du saiyen qui avait l'air de rire de moins en moins, Pan cria.

« Papy, ça suffit ! Ce n'est pas un admirateur de Goku mais bien son père, ressuscité pour on ne sait encore trop quelle raison mais qui est là ! Je l'ai emmené pour lui faire découvrir la Terre mais ça reste quelqu'un d'assez peu maniable donc ton petit cinéma ne l'enchantera guère ! Rappelle-toi comment Végéta sait si bien te remballer, dis-toi qu'avec lui ça pourrait être pire, il n'a pas une Bulma derrière pour l'empêcher de se soulager ! »

Satan avait arrêté tout mouvement au cri de sa petite fille. Lui, c'était avec les saiyens et sa belle-famille qu'il avait appris à tout croire sur parole. Et au fin grognement qu'émit Bardock, il recula doucement d'un pas.

« Il ne mange pas les vieux, juste les enfants ! » dit Yanu dans le silence gêné ambiant.

Satan alla se rasseoir à son bureau, sans faire d'autre commentaire. Il estimait avoir été assez ridicule comme ça pour aujourd'hui et ne comptait pas recevoir de coup. Il s'imaginait aussi que de ne plus rien dire ferait peut-être qu'on oublierait cet incident.

« Certes… » dit-il tout de même. « J'ai énormément d'humour, il ne faut pas l'oublier, huhuhhu… » et il finit de rire tout seul un instant. Bardock alla s'asseoir près de la baie vitrée comme si il était chez lui et qu'il ne s'était rien passé. Personne ne dit rien sur son acte, même si Satan n'était pas heureux qu'il n'ait pas demandé la permission.

« Bien. » finit par dire le maître de maison. Bien décidé à enfin parler de ce qu'il avait à dire. « Est-ce que tu t'entraînes bien, pour le moment ? » demanda-t-il sur le ton de la conversation à sa petite fille.

« Pas plus que d'habitude. » Pan avait un ton sec, elle était toujours aussi stressée et contrariée depuis Dan et le cinéma de son papy, elle avait hâte que ce dernier finisse, son cours devait commencer dans deux minutes.

« Parce que le 7 mai, n'oublie pas que c'est le tournoi. Et je compte sur toi pour participer. »

« Ah non ! » s'exclama Pan. « ça ne m'amuse plus ! »

« Mais si ! S'il te plait mon petit cœur de beurre… »

« J'ai dit non ! »

« Si ! Je veux que… »

« Que je devienne championne, oui je sais, mais non, je ne veux pas être médiatisée comme toi. Je ne me bats pas pour ça, tu sais bien. Et c'était très bien la fois passée, Danuki et Boo en finale. Victoire de Boo, ton premier poulain. Fête ! »

« Non ! Place aux jeunes qu'il a dit. » grogna le dernier cité.

Pan se leva de son siège. « Si tu n'avais que ça à me demander, j'ai répondu. Je vais m'occuper des enfants maintenant. »

« T'es vraiment comme ta mère ! » maugréa Satan.

« Oui, exactement ! »

« Eh bien, j'avais donc raison ! J'ai de quoi te faire changer d'avis !» triompha le papy en appuyant sur un bouton sous son bureau. Pan arrêta son mouvement vers l'ascenseur quand la grande fenêtre de la baie s'ouvrit. Pan était surprise du nouveau comportement de son grand-père maternel qui l'étonnerait toujours. Elle fut encore plus surprise de voir Danuki voler vers eux calmement. Le jeune homme se posa sur le bord de la fenêtre au niveau du sol, face à Pan.

« Tu l'auras lui, comme rival en finale ! » continua Satan d'un air triomphal. « Vous serez le couple champion ! »

Pan était sans voix. Elle ne s'attendait vraiment pas à ce que son ancien petit copain s'allie à son grand père pour la convaincre de participer à un tournoi.

« J'ai beaucoup progressé, Pan. Je suis plus fort que Satan. » Ce dernier fit un signe de tête entendu, satisfait. Il ajouta :

« Il s'entraîne avec Boo, tu vois comme il vole bien ! C'est le disciple de mon disciple ! Il s'y connaît bien en magie, maintenant ! Il pourrait t'étonner. »

« Il a appris à voler avec moi, papy ! Pas avec toi, ni avec Boo. » rappela Pan. Elle se tourna vers Danuki. « C'est pour ça que t'étais crevé la dernière fois, tu t'entraines avec Boo ! »

Les enfants ne disaient rien, fascinés par la tournure qu'avait pris les choses. Quant à Bardock, il était attentif, plus concentré sur les émotions ambiantes que les mots prononcés.

« Je sais que tu veux plus que quelqu'un capable de surpasser les champions du monde. Tu veux quelqu'un qui te surpasse toi. Je peux être cette personne. Je te battrai ce jour de tournoi et tu comprendras que c'est moi qui te protège et non pas le contraire. »

« Le tout, en finale du Budokai ! » jubila le vieux champion, imaginant déjà la scène.

Pan fulminait. « ça va ? » demanda Miiky, inquiet de sentir l'énergie de sa sœur monter.

Comment osait-il la provoquer ainsi ? Et comment son grand-père avait-il pu imaginer un stratagème pareil pour arriver à tout ce qu'il voulait : la voir championne au côté d'un garçon qu'il aurait choisi personnellement. Ça ne se passerait pas comme ça. Elle se fit le serment que ce terrien de pacotille ne la battrait jamais !

« Gamine ! » apostropha le saiyen. « Ton énergie grimpe là, non ? » demanda Bardock.

Cette question ramena un petit sourire sur le visage de Pan. « Oui ! » elle allait ajouter des félicitations au progrès du saiyen mais Dan reprit encore la parole.

« Alors ? Tu relèves le défi ou non ? » il avait un air très sérieux lui aussi. Mais le regard plein de fierté et de colère de Pan le décida à se radoucir. Il aimait sincèrement Pan. Il ne voulait pas qu'elle le haïsse. « Je n'ai trouvé que ce moyen pour te prouver que j'étais fort, que j'étais capable d'être à tes côtés. Tu ne veux jamais te battre avec moi sérieusement. Je t'aime, Pan ! C'est plus fort que moi ! Tu es unique, je pourrais tout accepter de toi, tu es celle à côté de qui j'ai envie de vieillir ! Et si il faut pour ça que je te mette K.O. sur un ring, je le ferai ! Si il faut ça pour être digne de toi, je le ferai ! » il ne put réprimer son envie de guetter une réaction du saiyen derrière, qui ne vint pas. Il reprit et termina. « Tu es celle dont j'ai besoin Pan. On s'est toujours entendu à merveille. Je te le jure ! Tu es faite pour moi et moi pour toi. Si il faut que je te secoue comme un prunier je te ferai ! »

Le monde s'arrêta de tourner un moment pour la fille de Gohan. Les phrases prononcées par Danuki raisonnaient dans sa tête. Elle avait la sensation d'avoir déjà entendu ça quelque part. Oui… C'était bien ça, c'était une partie du vœu qu'elle avait fait à Shenron. Enfin, elle pensait. Son esprit était confus à ce moment et elle ne se souvenait plus bien ce qu'elle avait exactement souhaité. Était-ce ça ?

« D'accord. » finit-elle par lâcher. Dan et Satan soupirèrent. C'était la réponse qu'ils attendaient depuis longtemps. « Je relève le défi. Je me battrai de toutes mes forces alors ! Si je te bats, Danuki… »

« Tu ne me reverras plus jamais. Je renoncerai à toi. Ça aussi, je te le promets. »

Elle regarda le sol un moment puis son petit frère qui avait un grand sourire. Elle lui frotta la tête affectueusement. Il était toujours heureux lorsqu'il entendait parler de combats. Elle prit sa respiration une dernière fois et tendit sa main vers son rival. Ils s'échangèrent une poignée de main, signe de leur accord. Derrière eux, Satan et Boo avaient entamé une danse de la joie, Yanu riait aux éclats en les regardant.

Ils sortirent de leur emphase en entendant trois applaudissements saccadés de la part du saiyen cynique.

« Bon ! » s'exclama Satan, son moment d'euphorie passée et gâché par les applaudissements moqueurs de Bardock. « Alors c'est entendu. Maintenant, dépêchez-vous d'aller donner votre cours, vous êtes en retard ! Les élèves attendent ça fait une demi-heure que je vous le dit ! Hop hop ! On y va ! »

Pan ne releva une nouvelle fois pas la mauvaise foi de son papy. Après lui avoir expliqué que Bardock resterait dans son bureau en attendant la fin du cours, elle descendit avec Dan, Miiky et Yanu. Les cours se passèrent et quand tous les enfants furent récupérés par leurs parents, ce fut au tour de Pan de rentrer chez elle avec son arrière-grand-père, son petit frère et son cousin. Elle n'avait plus adressé la parole à Dan et ne comptait plus le faire avant le 7 mai, jour où elle devrait l'affronter.

« Tu t'es bien amusé ? » demanda Pan à Bardock, avec humour, sur le chemin de la maison de Gohan.

« Je n'ai rien compris à vos histoires de cul ni à l'intérêt de gigoter comme vous l'avez fait pendant une heure. »

« Comment tu sais qu'il y a une histoire de cul ? » rougit Pan. Pensant que Bardock n'avait rien écouté de leur conversation.

« Il te violait du regard. »

« C'est quoi les histoires de cul ? » demanda Miiky.

« C'est rien ! » répliqua vivement sa grande sœur, embarrassée. « Ne faites pas attention, Bardock dit des bêtises vulgaires… »

Ils accélérèrent leur vol. Pan regardait son arrière-grand-père à côté d'elle, elle espérait ne pas avoir été trop jugée et de n'avoir rien raté d'important comme changement chez lui mais elle était contente qu'il commence à repérer les énergies seul, ce n'était évidemment pas très difficile mais il fallait tout de même avoir le truc et il l'avait trouvé rapidement… Elle avait hâte qu'on en sache plus sur sa présence sur Terre et qu'on constate qu'il n'y avait aucun danger ni pour maintenant ni pour plus tard. Elle avait hâte d'avoir de moins en moins de tabous avec lui, elle espérait qu'il ait un jour envie de devenir fort, pourquoi pas qu'ils s'entrainent ensemble, bref qu'il ait de nouveau l'envie de progresser et qu'il devienne, finalement, un peu plus comme eux…

Elle admirait cet homme, elle ne savait pas expliquer pourquoi mais même si il n'approuvait pas vraiment ce qu'était devenu la descendance des saiyens et que elle était dégoutée de son statut de mercenaire sanguinaire, elle se sentait fière de sa famille, elle était fière de descendre de lui…

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