Chapitre 8 : Super métiers

Végéta entra dans la partie de la maison appartenant à son fils avec un air grave. Il portait sa petite-fille Zarina dans ses bras, évanouie. Un bras ballant et l'autre reposant sur son ventre dans un angle inquiétant. Un filet de sang coulait de sa bouche et l'un de ses mollets commençait à sérieusement bleuir.

Tressi avait été alertée par l'ordinateur général de la maison que sa fille et son beau-père étaient rentrés de leur petit entrainement matinal. Elle vint à leur rencontre.

Si la jeune femme fut effrayée de l'état de son enfant, elle ne manifesta que peu de choses. Elle croisa le regard de Végéta.

« Viens la déposer sur le divan à l'entrée. » il s'exécuta avec lenteur et bienveillance, prenant grand soin de ne pas agiter Zarina dans son coma. Son petit débardeur rouge et son short noirs étaient intacts, ce qui contrastait avec la violence des marques sur son corps. « Comment est-ce arrivé ? »

« Elle a insisté pour m'attaquer de toutes ses forces. Tu sais comme elle est exigeante avec elle-même depuis quelques temps… J'ai donc légèrement augmenté la mienne, comme je l'avais déjà fait. Elle a essayé de me frapper à l'arrière, entre les omoplates. Elle m'a touché. J'ai contre-attaqué, je lui ai attrapé la jambe et l'ai simplement envoyé à l'autre bout de la pièce. Elle n'a pas su se rattraper et à percuter de nombreuses fois les parois de la salle avant de tomber en syncope. »

« Elle est toujours aussi précise. » un fin sourire illumina le visage de Tressi tout en caressant doucement les cheveux châtains touffus portés vers l'avant de son enfant.

« Toujours. » un silence emplit la pièce. Végéta dévisageait sa belle-fille. Il était toujours épaté par la sérénité qu'elle dégageait. Il fut un temps, il aurait interprété ça comme de la faiblesse mais maintenant plus. Il avait remarqué à de nombreuses reprises qu'elle savait se faire respecter et imposer ses idées. Sans jamais hausser le ton. Il trouvait ça presque admirable. À la grande surprise de tout le monde, lui y compris, il avait très vite fait confiance à Tressi. Elle semblait tout comprendre. Rien ne semblait l'ébranler. Pourtant il sentait au fond d'elle de la peine et de la peur à voir sa fille si mal au point. Il se souvint en reposant le regard sur sa petite-fille comme Bulma l'avait assourdit et martelé physiquement et mentalement quand il lui ramenait Trunks inerte après une trop lourde session d'entrainement. « Trunks n'est pas là ? »

« Il est au bureau. Concentré sur un Conseil d'administration. » il en fut profondément soulagé. Son fils ne penserait pas précisément à sa fille pour le moment donc ne saurait peut-être pas à quel point elle avait été blessée.

« Ne perds pas ton temps à la soigner, je vais l'amener au palais de Dendé. Elle pourra même aller à l'école cet après-midi si tu veux. »

« C'est gentil. On verra ce qu'elle voudra faire. » elle se dit que sa fille ne voudrait sûrement pas expliquer à Miiky et Yanu les raisons de son absence matinale. Elle le regarda subitement dans les yeux. « Est-ce qu'elle progresse ? »

« Non. » répondit Végéta, sachant ses paroles dures. « Elle ne progresse déjà plus depuis des mois… C'est à n'y rien comprendre. Ses techniques et son intelligence s'affinent mais sa force, pas. » il ajouta, pour compenser. « Je ne voulais pas y aller si durement. »

« Je sais. J'ai vu ta surprise et ton inquiétude. »

Et Végéta voyait la sienne. « Elle ne s'en rend pas encore compte, si ça peut te soulager. » ça ne la soulagea que très peu. Elle savait qu'une fois qu'elle le découvrirait, sa fille serait dévastée par la peine de ne pouvoir se dépasser comme elle le voudrait. Le saiyen passa ses mains sous sa petite-fille et la souleva, décidé à partir réparer ses dégâts. « Tu devrais aller voir Son Gohan avec elle, prochainement. »

« Trunks ne veut pas de ça. »

« Dans sa petite vision du monde idéaliste, sous prétexte qu'il y a de 'vrais drames' dans la vie, tout le monde doit se soumettre à sa condition… Il a toujours eu la chance d'avoir tout ce qu'il voulait sans effort, ce n'est pas le cas de tout le monde… Va voir Son Gohan. Pour elle, pas pour lui ! » elle hocha la tête, un léger sourire sur le visage. « Si il a besoin de n'importe quel échantillon venant de moi, il sait où me trouver. »

« Tu es certain qu'il a recommencé ses recherches ? »

« Il a un cobaye jeune et brut inespéré à disposition. Bien sûr qu'il a recommencé. »

Après un échange de sourires entendus, il sortit de la maison et s'envola à la verticale dans l'objectif de faire soigner sa petite-fille.

« C'est rouge ! Attendez avant de traverser ! » dit Goten en agrippant le bras d'un des petits garçons de sa classe qui voulait se précipiter sur la route pour rejoindre l'autre trottoir. Il le remit dans le rang et s'approcha du poteau du feu de signalisation pour pousser sur le bouton qui accélérait, théoriquement, le passage du feu au rouge pour la route. Il eut à peine le temps de pousser un demi soupire qu'il fut attiré par la voix de sa stagiaire qui gérait le groupe d'enfants âgés d'environ six ans à l'arrière. Miiky, Yanu et Zarina ne faisaient pas partie de sa classe, il était instituteur dans une petite école à Niku city, en banlieue, tandis que son fils avait été placé dans la même école que les deux autres, dans la capitale de l'ouest. Deux petits se disputaient à l'arrière du rang, l'étudiante de première année essayait activement de les faire se réconcilier pour qu'ils se reprennent la main avant de traverser pour plus de sécurité. Sentant qu'elle ne s'en sortait pas seule, Goten décida d'intervenir.

« Mademoiselle ? Venez à l'avant, s'il vous plait. » La jeune fille s'exécuta, intimement soulagée de s'éloigner de cette dispute qu'elle n'arrivait pas à gérer. Ils échangèrent leurs places. L'instituteur s'accroupi au niveau des deux petits garçons qui n'arrêtaient pas leur « conversation » en gigotant dans tous les sens. « Alors, ici… Que se passe-t-il ? » Les deux garçons levèrent les yeux plein de larmes et de colère vers leur maître, leurs bras et poings crispés sur leur petite poitrine.

« Il me tape ! » fit l'un des deux, avant de reprendre sa moue fâchée.

« Parce que il dit des gros mots ! » ajouta l'autre, en tentant de nouveau de frapper son opposant.

Goten ne changea pas d'expressions, ce genre de dispute était courant à cet âge.

« Je vois… » fit-il. « Mais on ne puni pas le mal par le mal. Discutez de votre différent plutôt. »

« Mais il est bête ! »

« Il est méchant ! »

« Si vous ne vous réconciliez pas, vous ne pourrez pas entrer à l'aquarium. » déjà les enfants changeaient d'air. « Si les requins voient que vous ne vous aimez pas, ils vous mangeront tous les deux ! » La bouche des enfants s'agrandit de stupeur et de crainte. Moins d'une seconde plus tard, les deux petits se prenaient à nouveau la main sagement. « C'est bien. Et redevenez amis, c'est plus sage… Si les requins vous attaquent, vous pourrez mieux vous défendre si votre amitié est forte ! » Les deux petits se regardèrent discrètement, l'un d'eux se risqua à sourire à l'autre qui lui rendit aussi un signe de trêve en resserrant leur lien. Goten regagna l'avant du rang, la stagiaire l'avait regardé faire avec attention et avait été très impressionnée.

« Waw ! J'ai encore beaucoup à apprendre » réalisa la jeune fille.

Le feu passa enfin au vert et ils allèrent tous de l'autre côté sans autre forme d'incident. Goten rassembla sa troupe autour d'un banc à l'entrée d'un petit parc. Ils n'étaient pas encore arrivés à l'aquarium mais Goten avait une dernière petite chose à faire. « Je vais à la banque chercher l'argent pour le déjeuner et les billets d'entrée. Attendez-moi ici, j'en ai pour cinq minutes. » La stagiaire avait un peu peur de rester seule avec les enfants, elle savait qu'elle n'y était pas autorisée… « Je n'en ai que pour cinq minutes ! » répéta l'instituteur, sentant le doute dans les yeux de la jeune fille de dix-huit ans. Goten tourna les talons et traversa la rue en trottinant vers la banque qui était juste en face. Il fronça les sourcils en entendant la cloche de la ville sonner. Il leva les yeux pour apercevoir qu'il était déjà midi passé d'un quart d'heure… Il accéléra le pas vers la banque, priant pour qu'ils ferment à midi et demi et non pas à midi pile… « Et merde ! » s'exclama-t-il en voyant l'horaire. C'était effectivement fermé. Il posa quand même son front sur la vitre pour voir si il y avait encore quelqu'un dans le bâtiment. Il crut voir une silhouette alors il décida d'essayer quand même d'ouvrir la porte, il avait vraiment besoin de ces billets et de cet argent pour le déjeuner… Son visage s'illumina quand la porte s'ouvrit sur la pièce sombre. Soulagé, il referma derrière lui et se dirigea vers les guichets illuminés par les panneaux qui indiquaient la direction des sorties de secours, allumés en permanence. « Bonjour ! Désolé d'être entré, mais la porte n'était pas verrouillée et… »

« …Maintenant tu fermes ta gueule et tu poses tes mains à plat sur le guichet. » entendit-il après un petit clic et la sensation d'un objet froid frôlant sa tempe. Goten obéit, retenant un soupire lassé. Il se laissa traîner vers le fond de la salle à droite par un homme brusque qui gardait le revolver contre la tempe de son nouvel otage. Le malfaiteur ouvrit une porte et le poussa à l'intérieur. « Eh ! Les gars ! Qui a oublié de fermer la porte à clé ? » demanda-t-il une fois la seconde porte refermée.

« Crétin. C'est toi qui devais la verrouiller ! » lui répondit un de ses complices. « On est pas encore repéré ! On a besoin de temps ! Retourne faire le guet et ferme cette porte correctement ! On va bientôt téléphoner… »

« Mais… Pourquoi ne pas allumer et faire comme si c'était ouvert ? y'aurait plus de monde… » dit un deuxième homme dans la salle, satisfait d'avoir un otage supplémentaire.

« On serait repéré, je t'ai dit ! Les coffres ne sont pas encore tous vidés, et puis c'est moi le chef, c'est moi qui décide ! » Le kidnappeur de Goten soupira et sortit de la pièce pour retourner à son poste et fermer la porte.

Le demi saiyen n'avait pas été oublié, un pistolet n'avait jamais quitté sa tempe une seule seconde. « Assieds-toi là ! Et pas de blague ! De toutes façons, on est cinq hommes armés jusqu'aux dents. »

« J'ai compris. » dit Goten sans aucun ton particulier. Il essayait de faire le terrifié pour ne pas qu'on se méfie de lui mais il était bien un piètre comédien. Il s'assit maladroitement par terre tout en gardant ses mains levées et le regard baissé. Ils étaient dix-sept otages à présent, sept hommes, neuf femmes et un bébé. Calme, pour l'instant. Il n'y avait qu'une des femmes blessées, une brune d'une vingtaine d'années, elle tenait fermement son bras ensanglanté, le père de Yanu ne sut dire si elle le tenait pour calmer la douleur ou arrêter le saignement, il n'entrevoyait que ses yeux noisettes fixer avec insistance et haine l'un des malfaiteurs.

Après quelques longues secondes de silence, le surveillant le plus proche de Goten lui adressa la parole. « Et qui t'es, toi, le nouveau ? T'es quelqu'un d'important ? T'es riche ? » Il s'ennuyait et était content d'avoir un nouvel arrivant. L'intéressé tourna la tête lentement vers lui « Ben fais pas cette tête-là… C'est logique qu'on te demande si t'es riche… Plus t'es riche et important, plus on donnera de thunes pour te récupérer ! »

« J'ai un jeans qui commence à s'user et une chemise sans marque… ça se voit que je ne suis pas riche, non ? Imbécile… » pensa le demi-sang. Il ne répondit rien tout haut pendant un moment.

« Eh ! Je te cause ! » reprit le malfrat. Toujours aucune réponse de la part de Goten. Il voulait rester calme, il ne voulait pas faire d'excès de zèle, il voulait attendre les secours comme tout le monde, bien que ce fût difficile de résister à l'envie de se défendre. Mais là n'était pas son rôle. Il devait rester à sa place, Il devait se le persuader ! Si il se défendait, ça allait faire encore des histoires…

« Je… Je suis instituteur. » dit-il finalement avec une petit voix timide. Le ton inquiet qu'avait pris le frère de Gohan fit rire tous les kidnappeurs en chœur, avec la réponse tardive, il était vrai que la réponse de Goten dans le silence avait quelque chose de risible.

« Allez ! faites les tous reculer vers le fond ! Exécution ! » fit soudainement le chef de la bande après avoir jeté un coup d'œil à sa montre. Il regarda l'assemblée d'otages qui rampaient sur les fesses vers l'arrière, surveillés de près par leurs gardiens. « Dans moins d'un quart d'heure, on comprendra qu'il se passe des choses pas net, ici… On va téléphoner à la police avant et demander une rançon pour chacun d'entre vous… J'espère que vous resterez tranquille… Sinon… » il chargea et arma son énorme pistolet dans un bruit mécanique qui fit frissonner les trois quart des otages. « Et toi, arrête de faire l'imbécile ! Tu crois franchement qu'il va te le dire si il est riche ? » Cette remarque était évidemment destiné à son acolyte qui avait entamé une « conversation » avec Goten.

« Ben non, mais bon… On sait jamais, dans le stress il aurait pu parler… »

Le chef se tourna ensuite vers le fond de la salle où il y avait une autre porte ouverte. « Alors, là-bas, ça avance ? »

Un de ses hommes arriva vers lui, le sourire aux lèvres. « Ouais, chef ! C'est fini ! Tous les sacs sont remplis, il ne reste plus rien ! »

« Parfait… » il sortit alors son téléphone portable pour appeler la police. « Allô ?... C'est pour vous annoncer un cambriolage à la banque Couronne de la rue Sûpokiwi. » il éclata soudainement de rire au téléphone avant de continuer. « Non, non… Moi je ne suis pas blessé, je suis le responsable des cambrioleurs… Nous tenons en otage les employés, le directeur, sa famille et les quelques clients… Nous demandons deux millions de zénis par tête, le double pour les employés et le triple pour le directeur et chaque membre de sa famille. » Les sirènes de la police se faisaient déjà entendre au loin, le commissariat était tout proche. « Vous avez fait vite, comme je l'espérais… Vous verrez à quel point je ne rigole pas. » Il raccrocha sans attendre de réponse et fit à un de ses hommes. « Attache une des femmes avec une ceinture chargée et va sur le palier accueillir nos amis les poulets ! »

Goten était sidéré, non seulement ils cambriolaient une banque juste avant un temps de midi pour pouvoir vider les coffres sans peine d'être suspectés mais en plus, ils osaient demander une rançon… Et ils étaient bien équipés ! Les ceintures explosives étaient à commande à distance, chacun des malfrats portait un gilet pare-balle, ils étaient également armés jusqu'aux dents et nombreux. « Après tout, ils ont besoin de beaucoup d'argent pour que chacun ait sa part. » finit par raisonner le fils de Goku.

« Non, laissez ma femme ! Pitié ! Ne lui faites pas de mal ! » dit soudain un homme, en larmes, non loin du demi-saiyen. Sa femme avait été sélectionnée pour être équipée de la ceinture tueuse et suivre un des kidnappeurs pour faire pression sur les policiers pour leur faire comprendre que rien de tout ceci n'était une plaisanterie.

« T'inquiète pas ! » répondit le malfrat qui coupait la sécurité de la bombe. « ça sera de la faute des flics si elle meurt… Puis ça sera pas une énorme perte, c'est une cliente, elle ne vaut qu'un million, eheh… » et il emmena la femme impuissante avec un rire goguenard sous le regard désespéré du mari. Le comportement des kidnappeurs dégouttait de plus en plus Son Goten. Il vit le chef appeler quelqu'un d'autre.

« Les gars, ici, tout est ok, les coffres sont vidés et la rançon ne devrait pas tarder ! Et de votre côté ? » il écouta la réponse de l'interlocuteur puis continua « Bien, vingt-trois otages, c'est pas mal du tout, bravo ! Je contacte les trois autres points ! A plus tard ! » il raccrocha et rangea son téléphone, visiblement satisfait, tout se déroulait comme il le voulait.

« Vous… Vous faites plusieurs casses en même temps ? » comprit Goten, estomaqué. Il n'avait pas pu se taire, c'était sorti tout seul. Il avait de plus en plus de mal à se comporter comme un simple petit instituteur de banlieue.

« C'est ça, mon pote… Mais tu sais que c'est pas poli d'écouter les conversations et de poser des questions comme ça ? » Il gifla furieusement Goten qui se laissa tomber sur le côté, feignant que le coup lui avait fait quelque chose.

« Eh ! C'est injuste de le frapper ainsi ! » intervint la seule blessée. « Votre coup ne marchera jamais ! » Goten fit mine de se redresser difficilement vers elle. Elle continua dans sa direction. « Ils prennent cinq banques en même temps, ils sont une cinquantaine dans cette bande ! Ils sont totalement mégalo ! »

« Ta gueule ! » se fâcha le garde le plus proche d'elle en la giflant furieusement. Elle s'étala de tout son long dans un gémissement de douleur. Dignement, elle se remit en position assise. « On devrait les bâillonner, chef ! »

« Non ! C'est tellement marrant de les frapper quand ils l'ouvrent trop ! »

« Ren…Rendez-vous ! Aaah !... » entendit-on crier de manière craintive et étouffée à cause de la distance, depuis l'extérieur. C'était le responsable de la police, qui était totalement dépassé. Des coups de feu retentirent, c'était le malfrat en face d'eux qui venait de leur faire peur pour qu'ils reculent se réfugier derrière leurs voitures.

Goten grimaça, ils étaient vraiment dans une toute petite ville et le commissariat n'était pas préparé à ce genre de grosse attaque. La police de la capitale, bien plus conséquente, devait sans doute faire face à une prise d'otages bien plus importante que celle-ci, ils ne pouvaient donc pas venir aider la brigade de ce gros village.

« Eheh… C'est encore plus facile que prévu… » marmonna le chef armé qui regardait par les stores ouverts les policiers désemparés à l'entrée de la banque.

« Voi…Voilà une partie de la rançon, libérez le nombre de gens qui valent cette somme à vos yeux, la suite arrive ! » annonça le chef de la police.

Goten soupira, la police avait cédé bien vite… Mais avaient-ils un autre choix ? Il sursauta et sentit sa colère monter en entendant le chef des brigands prendre la parole pour parler à celui qui venait d'amener une partie de la rançon à l'intérieur.

« On en profite. Ne libérez personne. » l'homme à qui il s'était adressé acquiesça puis il prit son talkie-walkie et dit à un autre qui était dehors, près de la femme-bombe. « Fais monter les enchères. Et vite, on a pas toute la journée, donne-leur une heure. Enclenche une minuterie sur la femme et éloigne-toi. On sait jamais, ils pourraient être trop lent… »

« Meurtriers ! » hurla l'effrontée du fond de la salle déjà blessée à deux reprises pour avoir intervenu à tort et à travers. Goten n'en pouvait plus lui non plus.

« Tu ne tiens pas à ton genou, pouffiasse ? » demanda le gardien qui s'était déjà énervé une fois sur elle en la braquant avec son pistolet. Il tira. Tout le monde retint son souffle avant d'entendre l'os craquer et l'effrontée hurler. Aucun des deux ne vint. La balle avait été déviée par une mystérieuse force. Un silence perplexe emplit la salle. Personne n'avait remarqué que Goten n'était plus dans la même position, il était tourné vers l'attaque. Personne ne le vit non plus ranger la balle discrètement dans sa poche. Il espérait secrètement que la jeune femme arrêterait ses provocations. C'était la première fois qu'il se trouvait dans cette situation et il avait un peu peur d'empirer les choses au lieu de les arranger si il continuait ainsi. Il reprit sa respiration lorsqu'il fut certain que les malfrats ne l'avaient pas capté.

Hélas, la jeune femme inconsciente et en colère ne comptait pas se taire.

« Avec un pistolet en plastique, vous n'irez pas loin ! » se moqua-t-elle.

Goten grimaça en sentant que cette fois, il allait être plus difficile de sauver la situation sans se faire voir. Tout alla très vite. Un autre garde avait tiré dans le dos de la fille, le demi-sang se déplaça à grand vitesse pour intercepter la balle et pour que les bandits ne s'interrogent pas sur son déplacement dans la pièce soudain, il neutralisa un autre pistolet tout proche qui glissa à terre. Dans l'incompréhension et la panique soudaine, un troisième gars à l'opposé de la pièce avait tiré sur le flingue volant, créant un mouvement de panique dans les otages qui reculèrent tous dans un mouvement de défense, se collant les uns les autres.

« Qu'est-ce qui se passe, ici ? » hurla le chef qui avait assisté à la scène, toujours à l'avant de la pièce. Un silence remplit d'angoisse suivit son cri. « Je répète ! Qui est responsable de tout ça ? » Pas de réponse, chacun savait qu'il allait souffrir si il répondait…

« M… » Goten évita une nouvelle fois la catastrophe en posant sa main sur la bouche de la fille en colère qui ne cessait d'énerver davantage les preneurs d'otages.

« Taisez-vous ! Vous n'arrangez rien avec un comportement pareil. » lui murmura-t-il à l'oreille. Elle lui lança un regard désespéré et en colère. Le saiyen soupira et la lâcha. Elle grimaça de douleur, sa blessure au bras s'était réveillée.

« Eh ! Arrêtez le copinage, là ! » Sur ces mots, le chef arpenta la salle en enjambant les otages et empoigna la blessée sans ménagement. Elle ne put retenir un cri de douleur qui fendit le cœur de Goten.

« Vous lui faites mal ! » fit-il remarquer vivement. Le patron lui lança un regard méprisant et moqueur avant de continuer sa route, tirant une nouvelle fois sur le bras de la jeune femme qui pleurait de mal. Pire encore, par jeu, il arracha un morceau du t-shirt de la prisonnière et la bâillonna avec, sans aucune douceur, se délectant de la colère qui montait petit à petit en Goten. Toujours sans le lâcher des yeux, il termina d'enfler sa colère en attachant une ceinture explosive autour de la taille de la fille. Le fils de Goku baissa les yeux, non pas par soumission mais pour ne pas amplifier sa colère et risquer de blesser les autres otages. Mais il décida qu'il était temps d'agir. Le chef de bande avait fait une bêtise… Une énorme bêtise.

« Comme ça, tu te tairas, l'instit' ! » termina le malfrat en jetant la jeune fille à terre à l'écart des autres.

Les négociations à sens unique continuaient à l'extérieur, la police était vraiment dépassée et commençaient à être à court d'argent.

« On a pas assez pour tous les otages, dépêchez-vous, dans cinq minutes, madame ici présente explose. » dit le malfaiteur à l'extérieur qui était chargé du chantage, déjà à l'écart pour ne pas être blessé par l'explosion imminente.

Les malfrats n'avaient aucun l'air de s'y connaître assez en arts martiaux pour suivre ses mouvements. Neutraliser toutes les armes et les ceintures explosives permettrait à la police de prendre le dessus. Il analysa la situation et le matériel qui leur restait. Et il passa à l'action. Il neutralisa un premier pistolet qui vola des mains du malfrat sans que celui-ci ne comprenne.

« Eh ! Mais… Qu'est-ce qui se passe ? »

« Arrête tes bêtises, c'est pas drôle ! On a pas que ça à faire… » intervint un autre.

« Mais je vous jure, mon arme a sauté toute seule ! »

Comme pour appuyer ses dires, une deuxième arme en face sauta « toute seule » des mains d'un de ses collègues… un troisième, pris de panique et croyant avoir vu une forme bouger, pointa son propre pistolet dans le vide et appuya sur la gâchette ! Rien de sortit… Quand il regarda son arme, il constata qu'elle était toute tordue et hors d'usage.

Un silence livide et tendu emplit la salle. Aussi bien les malfrats que les otages avaient peur de la nouvelle tournure des choses. Aucun ne comprenait.

Vlan ! Une nouvelle arme vola. Puis une autre. Un des propriétaires des armes voulu se pencher pour ramasser un des pistolets qui avait valsé à terre. Il constata avec horreur qu'ils étaient tous mis hors d'état de marche.

« Cette banque est hantée ! » paniqua soudainement un autre complice.

Histoire d'empirer encore les choses, Goten reprit ses actions invisibles en se mettant même à frapper soudainement – pas trop fort – les malfrats. L'effet fut immédiat, la panique s'empara d'eux et bientôt, le demi saiyen pu courir dehors en arrachant en passant la ceinture explosive de la dame qui tomba sous le choc. Goten continua de courir et lança directement la ceinture dans le ciel le plus haut possible, avec le choc, elle allait éminemment exploser. Un feu d'artifice éclata au-dessus de la foule et les policiers qui étaient devant la banque. Ces derniers firent une ovation à Goten qui, dans le stress de rater son coup, s'était arrêté lui aussi pour regarder la ceinture exploser. Il comprit à ces acclamations qu'il avait été repéré. Il n'eut pas le temps d'être déçu, le kidnappeur qui avait emmené la dame dehors tira sur lui à bout portant. Il éjecta la balle avec son bras et assomma l'homme d'un coup de poing. Les policiers en profitèrent pour venir menotter l'assommé.

Goten retourna à l'intérieur et attaqua franchement les autres qui étaient toujours dans la panique, pensant être dans une maison hantée. Le fils de Goku s'occupa de tout le monde très rapidement, la bande de voleurs était trop hébétée pour répliquer de manière raisonnable et efficace.

« C'était toi ! » entendit Goten dans le capharnaüm qu'il avait engendré.

« Sortez tous ! Maintenant ! » cria le sauveur aux otages avant de finir d'assommer les kidnappeurs.

Dans l'agitation, le patron comprit que c'en était fini de leur opération… Ils n'avaient pas été assez prudents… Il décida d'assurer ses arrières en emportant la fille du directeur, celle qu'il avait déjà blessée et attachée près de lui. Il sortit par la fenêtre. Les policiers, trop occupés à menotter les malfrats et à récupérer les otages, ne firent pas attention à lui.

Quelques minutes plus tard, Goten, plus calme, sortit à son tour du bâtiment, portant deux sacs d'argent sur le dos.

« Tenez. » dit-il au policier le plus proche. « Les autres sont au fond de la banque près des coffres. »

« Merci beaucoup, jeune homme, vous nous avez beaucoup aidé ! Quel est votre nom ? Comment pouvons-nous vous remercier ? » demanda le chef de la police qui venait de le rejoindre.

« Oh… Ne vous inquiétez pas, je ne veux rien comme récompense, oubliez moi, merci beaucoup. Mais… » en parlant, il avait jeté un coup d'œil aux otages sauvés et il vit l'un d'eux, un homme en costume, parler de manière paniquée à un agent de police… Il jeta un coup d'œil aux otages et remarqua qu'il manquait la blessée elle n'était pas là et il n'avait pas touché au chef des bandits qui avait dû filer à l'anglaise avec elle. « Merde ! » jura-t-il pour lui-même. Deux policiers étaient encore à le remercier et à lui demander ce qu'il voulait en retour. Goten ne les écoutait plus. Il réfléchissait… Devait-il retourner près de ses élèves ou partir à la poursuite de la fille du directeur ?

« Sois raisonnable, Goten… » se dit-il en lui-même, regardant vers le parc où attendaient sagement et anxieusement sa classe et sa stagiaire.

« Monsieur ? Monsieur ! » appelait un des policiers près de lui. Il vit Goten secouer la tête, il venait de se décider. Il tourna les talons vers l'opposé du parc et se mit à courir dans la direction où avait probablement dû partir le kidnappeur et son dernier otage.

« ça me perturbe assez de te voir regarder la télé tous les jours. Tu vas faire ça jusque quand ? » dit Gohan, appuyé sur les coudes au dossier du divan où était vautré son grand-père.

« On va voir quand la vieille de Végéta ? » demanda Bardock sans détourner les yeux de l'écran.

« Demain. » il ne faisait plus attention à la manie du saiyen de ne pas répondre aux questions directement.

« Tu as déjà dit ça, hier. »

« J'ai eu une urgence, hier. Il y a eu un accident de car, je devais être prêt à mon poste à l'hôpital pour soigner les gens. Je n'étais donc pas disponible pour toi. »

« Alors on ira pas encore demain. »

Gohan soupira. Il avait l'impression de discuter avec un enfant égoïste qui ne croyait plus aux promesses de son père. « Pourquoi ? »

« Parce que ça ! » il porta sa main à l'oreille en pavillon pour feindre d'écouter plus attentivement le programme télé, incitant son petit-fils à être plus à l'écoute.

Le journal montrait des images d'une explosion qui venait de se produire une heure plus tôt dans le sud de la planète.

« Oh… ça devrait aller, c'est dans le Sud du monde. Je ne suis principalement appelé que pour des catastrophes qui surgissent dans l'Est. » il fronça malgré tout les sourcils devant les images de terreurs qui défilaient. Des bâtiments en flammes étaient effondrés, il pouvait entendre les victimes hurler ainsi que les sirènes d'ambulances et de pompiers.

« Pourquoi ça te titille autant l'énergie, si tu t'en fout ? »

Le demi-sang ne releva pas les progrès spectaculaires du saiyen en analyse énergétique, trop absorbé par les nouvelles. L'accident était en fait un attentat. Deux régions de l'île du Sud se faisaient la guerre depuis de nombreux mois. L'une des parties passait à la vitesse supérieure en bombardant des quartiers complets sans se soucier des dommages collatéraux.

« La guerre s'amplifie là-bas, des civiles sont touchés maintenant. »

« ça, une guerre ? » pensa Bardock, trouvant les forces de frappe ridicules. « Vous vous faites la guerre entre vous ? » demanda-t-il de manière audible.

« Oui, ça arrive… Nous sommes six milliards et une minorité cherche des noises à une autre ou au monde entier, de temps à autre. »

« Et les Super Saiyens n'interviennent pas ? »

Gohan ne releva pas l'ironie. « Pas dans ce cas-là. Les terriens sont capables de protéger leurs territoires… Et puis que nous les protégions à chaque crise, ça ne changerait pas leur nature profonde, parfois destructrice, malheureusement… »

Le médecin se remis à écouter attentivement les commentaires et surtout disséquait toutes les images du sauvetage, serrant le poing en entendant encore la détresse des gens et la cruauté des terroristes. La réalité était qu'il voudrait être sur place pour agir mais qu'il ne pouvait être objectivement partout à la fois, à son grand désarroi.

Le saiyen ne disait rien, continuant à fixer les images désastreuses défiler devant ses yeux. Son petit-fils lui jeta un regard discrètement, il vit apparaitre sur son visage un fin sourire, le reflet de l'écran dansant dans ses pupilles, il ne sourcillait pas, il ne semblait ressentir aucune empathie. Pris d'une soudaine angoisse, Gohan se saisit de la télécommande et éteint la télévision.

« Je confirme : ça me perturbe de te voir regarder la télé. » Bardock le dévisagea, perplexe. « Va un peu prendre l'air ! Et éloigne-toi des villages ! Enfin, souviens-toi que la moindre manifestation de violence sera repérée et punie ! »

« Si arrêter de regarder des bâtiments s'effondrer t'aide à te calmer… »

« Des bâtiments s'effondrer ? » répéta Gohan, abasourdi. Sa tension baissa soudainement. Il ne vit plus la même lueur dans le regard de son grand-père. Il avait cru voir de la cruauté mais en fait, ce n'était que de l'indifférence. Ou en tout cas, le saiyen avait l'air d'avoir un œil distant sur toute la détresse et le drame survenu dans le Sud. Le demi-sang compris qu'il en avait encore beaucoup à apprendre sur son grand-père, qu'il ne devait pas le perdre de vue.

« Dans tous les cas, nous irons voir Bulma demain. Il faut qu'au moins ça, ça avance. » Il regarda alors sa montre, constatant qu'il devait se mettre en route incessamment sous peu pour ne pas être en retard à son travail. Il mit Bardock hors du salon et de la maison puis s'envola après l'avoir salué. Il n'utilisa pas le déplacement instantané. Il avait besoin de réfléchir sur le chemin et savait que si il y avait une urgence, il serait rappelé sur son bipper.

Il entra dans le Centre Hospitalier Universitaire de la Capitale de l'Est où il travaillait depuis déjà quinze ans. Successivement à plusieurs postes : interne en chirurgie, doctorant en génétique, titulaire en chirurgie, assistant puis directeur de recherches en génétique et pharmacologie et enfin chef de la chirurgie depuis trois ans.

C'était une situation prestigieuse et confortable, malgré son jeune âge pour le poste, il avait toujours su se faire respecter grâce à sa réputation de professionnel efficace et précis ainsi que sa bienveillance naturelle. Il avait le loisir d'organiser son temps, ce qui lui permettait de ne pas perdre de vue tous ses talents et passions. Mais ça l'empêchait également certaines amplitudes, il n'était pas envoyé sur les situations d'urgence, une partie trop importante à son goût de sa garde était consacrée à toutes les tâches administratives : rapports, emplois du temps des gardes des médecins, conférences, formations des internes …

C'était même par ça qu'il commençait ce matin, il était derrière une étudiante de première année en pleine opération.

« Du calme, ça se passe très bien. » assura le docteur Son, la voix assourdie par un masque de chirurgien. Il était penché sur un patient, les mains derrière le dos. « Ne tremblez pas, vous vous débrouillez très bien, vous avez toute la place qu'il vous faut. »

« Facile à dire. » pensa la jeune femme dont c'était la première pratique sur être humain vivant. Deux autres chirurgiens regardaient la scène de l'extérieur de la salle, à travers une galerie vitrée. Ils semblaient avoir des doutes malgré la grande confiance qu'ils avaient en l'éminent Docteur Son Gohan.

La nouvelle termina ce qu'elle avait à faire à l'intérieur du patient.

« Eh bien, voilà ! » fit Gohan d'un air enjoué. Sa stagiaire soupira de soulagement. « Aiguille et fil. » ordonna-t-il ensuite. « Non, non, pour elle, encore. Elle doit finir le travail. »

L'infirmière obéit et donna le matériel pour refermer le corps du patient à l'interne qui n'osa pas discuter. « La chirurgie c'est pas compliqué… C'est toujours le même schéma : ouvrir, opérer et refermer. Il faut être sûr de soi et précis. Toujours. » Il avait dit cette dernière phrase avec un air un peu las. Il attendit de rencontrer les yeux de la jeune fille qui avait entamé son travail de couture pour lui dire. « Voilà, vous n'avez plus besoin de moi. Au revoir, mademoiselle. » et sous les yeux ébahis et abasourdis des deux médecins chargés d'observer et de l'interne qui n'avait pas fini de recoudre le patient, Gohan quitta la salle d'opération en retirant ses gants et son masque d'un air des plus naturel.

Il se dirigea vers la salle de repos pour échanger sa blouse stérile contre une blanche de médecin plus traditionnelle. Une fois fait, il prit un café à la machine à disposition et s'assit à table pour le siroter au calme. Il avait besoin de réfléchir à ce qu'il avait l'intention de faire dans quelques heures.

La porte s'ouvrit soudainement et un groupe de médecins et d'infirmiers fit son apparition, en criant.

« Bon anniversaiiiire ! »

Gohan sursauta, manqua de se brûler en renversant du café sur sa chemise jusque là propre. Il attrapa une serviette à proximité « Mais, heu… Non ! » bredouilla-t-il en commençant à frotter la tâche. « C'est pas aujourd'hui ! »

La joyeuse troupe fut arrêtée dans son élan par cette annonce plutôt surprenante, elle s'attendait plutôt à de l'émotion, un cri, un grand sourire ou des remerciements… Du coup, ils étaient un peu perdus, ils se consultèrent du regard, cherchant comment réagir à ce comportement inattendu.

« Non ! Enfin, merci, c'est génial ! » dit soudain Gohan, comprenant que c'était lui qui les bloquait à cause de sa réaction peu conventionnelle. « C'est juste… Je ne m'y attendais pas… Comme mon anniversaire c'est dans environ trois semaines… »

« Mais c'est fait exprès ! » dit une des infirmières en se détachant du groupe. « Si on avait fait ça le jour même, la surprise aurait été moins grande ! »

Gohan sourit franchement à l'infirmière. Il s'agissait de son amie Erasa, qu'il avait rencontré au lycée en même temps que Videl.

Les autres acteurs de la surprise se détendirent, encouragés par le sourire qu'avait Gohan depuis quelques secondes. Ce dernier prit sur lui pendant que ses collègues lui offraient deux ou trois cadeaux et une bouteille de vin dans une belle haute boite rouge, d'il ne savait plus trop quel endroit… Il n'écoutait pas vraiment le flot de paroles continu qui déferlait à son attention, les médecins et infirmiers parlaient tous en même temps ou presque, émerveillés et fiers d'être les premiers à avoir souhaité un bon quarantième anniversaire à Son Gohan qu'ils appréciaient tous beaucoup. Le fêté remercia tout le monde le plus chaleureusement qu'il le pu.

« Je dois bientôt y aller, j'ai rendez-vous avec le directeur de l'hôpital. » dit-il soudainement dans une petite accalmie de paroles, tout le monde avait quelque chose à lui dire et il n'y avait pas moyen d'en placer une, il avait sauté sur la première occasion.

Cette annonce refit partir les questionnements et les paroles vers lui dans tous les sens. Tant et si bien que Gohan ne suivait plus rien, il leva les bras en signe de défense et tout le monde se recula en se taisant, réalisant qu'ils l'assaillaient un peu de trop…

« En réalité, commença Gohan calmement lorsque le silence ce fut fait, je souhaite changer de service. » il s'apprêta à devoir refaire le calme si besoin était mais ce ne fut pas le cas, son petit auditoire l'écoutait attentivement, à présent. « J'ai besoin de changement ! » tous le fixaient avec intensité, attendant une autre explication. Commençant à être tendu face à tous ces regards, il ajouta « Place aux jeunes ! »

« Mais enfin… Tu es le plus jeune à ce poste depuis longtemps ! » dit Erasa, assise sur la table, sceptique car elle connaissait son ami étrange…

Il sembla entrer dans une profonde réflexion intérieure. Il en fut tiré par les sanglots d'une des infirmières. « heu… Est-ce que ça va ? »

« Oui, mais… » elle renifla une bonne fois. « Vous êtes si gentil, vous… Vous allez nous manquer ! »

Des « ohhh » émus des autres infirmiers et médecins s'élevèrent avant d'aller consoler l'infirmière sensible. Gohan sourit, touché. Malgré tout, il renforça ses convictions, il avait besoin de mettre ses atouts en avant, car il avait des qualités que les humains n'avaient pas. C'était la première fois qu'il avait cette impression en trois ans mais là… il ne se sentait plus à sa place.

« J'avoue ne pas comprendre. Vous êtes chef, maintenant, et… » dit un médecin.

« …c'est le problème. » coupa le père de Pan et Miiky, vivement, comme si il allait dire quelque chose qui devait vraiment sortir. « C'est ennuyeux. Je ne fais plus rien à part conseiller et former certains étudiants qui savent très bien se débrouiller sans moi. Sans parler de toute la paperasse sur laquelle je m'endors, c'est ma femme qui me rappelle que je dois les faire ! » Erasa sourit à cette anecdote qu'elle imaginait si bien. « Etre chef de la chirurgie c'est prendre une distance et avoir des horaires aussi ennuyeux que tous les autres ! Et puis j'ai envie de faire autre chose, d'être en extérieur, de bouger, enfin bref !... Je le faisais déjà mais en me cachant parce que, en effet, je suis quand même débordé dans cet hôpital parce que je sais pas m'empêcher d'aller me mêler aux autres services un peu plus vivant et intéressant à mon goût à certains moments … Je veux du terrain. Faire avancer le monde concrètement. J'ai plus de… » il allait ajouter qu'il avait plus de potentiel que les autres mais un regard vers Erasa lui rappela que ça n'entrait pas tout à fait dans l'image que le monde se faisait de lui.

« C'que c'est beau, c'que vous dites… » commenta une autre infirmière pendant que sa collègue finissait de sécher ses larmes. Un silence perplexe suivit d'un reniflement emplit la pièce.

« Allez ! L'heure de la pause est finie ! » s'exclama Erasa en tapant sur l'épaule de ses collègues. Gohan trouva le moment opportun pour s'éclipser.

« Bon ! Mon rendez-vous ne va pas tarder, je vais y aller. Merci beaucoup pour les cadeaux ! » Il se leva de sa chaise en emportant les quelques paquets tout en remerciant d'un clin d'œil son amie.

La maison de Goten et Mady était équipée d'une petite salle d'entraînement à l'arrière de la salle de séjour. Goten, justement, s'y trouvait et répétait plusieurs mouvements pour se défouler un peu quand il entendit sa femme rentrer. Il s'arrêta et soupira, il devait prendre son courage à deux mains et lui faire face… Il sortit de la salle et déboula dans la cuisine où Mady déballait les quelques courses qu'elle avait été faire en revenant du travail.

« Coucou, mon Gogo ! » dit-elle joyeusement en tournant brièvement la tête vers son mari. « Tu ne devineras jamais combien j'ai payé les courses ?... C'est pas croyable, ils augmentent tout sans arrêt ! Je sens que je vais arrêter d'acheter des petits pains et demander à ta mère de m'apprendre à en faire parce qu'avec les quantités que vous mangez toi et Yanu, on aura vite plus rien. » elle ne disait absolument pas ça d'une manière catastrophée mais le constatait simplement. Mady était une personne très joyeuse et expressive. La question n'attendait pas de réponse. Elle poussa un petit « eh ! » faussement indigné quand son fils attrapa un de ces petits pains et sauta dans les bras de son père.

« Ils ont de la chance dans ta classe d'avoir été à l'aquarium ! Moi aussi j'aurais bien voulu y aller ! » s'exclama-il avant de mordre dans son butin.

« Si ça peut te rassurer, on est jamais arrivé à l'aquarium, finalement… » répondit son père, morose.

« Quhoi ? Alors Fou afez été hoù ? » s'emporta Yanu en gigotant dans ses bras, la bouche pleine. « au Zoo ? » reprit-il après avoir avalé. « Je voulais encore plus aller au zoo ! On fait jamais rien de bien dans mon école ! »

Goten sourit à la vivacité de son fils, il aimait vraiment les enfants à cet âge… ça découvrait tout et commençait à avoir un avis sur tout… Il soupira en regardant Mady finir de ranger les achats. Elle se tourna ensuite vers lui, il allait devoir tout lui raconter…

« Comment ça se fait que vous n'avez pas fait l'activité prévue ? » demanda-t-elle.

« Ben… Il y a eu une prise d'otages à la banque où j'allais chercher les billets. »

« Oh, mince… ! Les enfants vont bien ? »

« Oui, très bien. Ils m'attendaient dans le parc avec l'étudiante… C'est moi qui était parmi les otages… »

Mady fronça les sourcils à l'air ennuyé de son mari. « Tu as fait comment pour t'en sortir ? »

« Je voulais passer inaperçu mais ils devenaient fort dangereux et agressif, tu devrais voir ça au journal télévisé régional tout à l'heure. » Il arrêtait sans arrêt de parler pour retarder le plus possible la fin de l'histoire.

« Et ça a pris tant de temps que ça que vous n'avez pas eu le temps d'aller à l'aquarium. » conclut Mady qui voulait que son mari termine.

« Pas exactement. » Sa femme fut surprise de la réponse, Goten était vraiment douteux. « Assieds-toi. » demanda-t-il en s'installant lui-même en face d'elle après avoir déposé Yanu au sol. Il se tourna vers ce dernier. « Va te changer pour l'entraînement de tout à l'heure, d'accord ? » il obéit puis le père se tourna vers Mady. Après un silence court, il continua son histoire « Le chef des otages s'était enfui en emmenant la fille du directeur de la chaîne de banques… Alors je l'ai suivi pour la récupérer, elle était blessée, la pauvre. »

« Avec les enfants ? » demanda Mady sans trop y croire. Le hochement négatif et honteux de son époux la fit pâlir. « Tu les as laissés seuls avec la stagiaire ? » Un « oui » inaudible s'échappa des lèvres de Goten. « Mais t'es malade ! » s'exclama-t-elle en se redressant.

« Mais ils étaient plus en sécurité que l'otage ! » se défendit-il.

« Combien de temps ? »

« Je suis sorti du commissariat de la capitale de l'Ouest à 17h30… » les yeux de son épouse s'écarquillèrent « Et puis la stagiaire était là... Pour les encadrer... »

« Ce n'est pas la question ! Tu étais responsable de ces enfants et de cette étudiante ! Une fois sorti de la prise d'otages tu te devais soit de les faire raccompagner à l'école, soit de les rejoindre mais pas de courir après les méchants ! » se fâcha Mady.

« Je sais… C'est exactement ce que m'a dit le proviseur de l'école… »

« Il est au courant de tout ? »

« Juste que je suis parti… »

Mady était de plus en plus surprise et de plus en plus désappointée.

« Il a dit quoi ? »

« Ce que tu viens de me dire… Et il a voulu me renvoyer. »

« C'est normal, tu as fuis ton boulot selon lui ! »

« N'exagère pas ! » s'emporta légèrement Goten à son tour. « Je suis désolé mais j'étais le seul à pouvoir le poursuivre, je savais où il allait, il allait rejoindre ses complices, la situation était délicate et la fille était blessée, j'avais pas… »

« Si, tu avais le choix ! »

« Oui et j'assume mon choix ! » un silence suivit cet entretien qui montait de plus en plus haut, Goten repris, plus doux. « Les enfants étaient en sécurité et l'otage non. Je m'en serais voulu toute ma vie si j'avais choisi de me remettre à ma place. »

Mady avait un air plus triste qu'en colère à présent. « Alors tu t'es fait virer pour négligence ? »

« Pas tout à fait… J'ai démissionné. J'étais pas d'accord avec ce qu'il racontait, je trouve ça ridicule et injuste d'être puni parce que j'ai aidé mon prochain ! Sans moi, toute la région était dans la merde ! J'étais plus utile à poursuivre le kidnappeur, je regrette ! » Il coupa une nouvelle fois sa femme qui allait intervenir. « Et non, je ne lui ai pas dit ça, il a juste pris ça comme une fuite ce qui n'a pas arrangé mon cas, mais quand je l'ai vu me déblatérer ses inepties sur le devoir de l'instituteur et tout ce qui s'en suit, j'ai compris qu'il allait me virer alors j'ai anticipé et j'ai démissionné ! »

Mady frotta son visage de ses mains en se rasseyant dans un long soupir. Goten l'observait, il attendait sa réponse, c'est une voix pleine de dépit qui dit « Tu aurais dû te laisser virer. » ça l'étonna, sa femme n'était pas souvent en désaccord avec lui. Il attendit ses raisons. « En démissionnant, tu n'auras aucune indemnité ! Alors que si tu t'étais laissé virer, tu en aurais eu ! Là tu n'auras même pas ton salaire complet ! Mais enfin, Goten, où avais-tu la tête ? » elle était maintenant fâchée sur lui, ce qui était encore bien plus rare que les désaccords…

Goten trouvait tout de même sa réaction démesurée… Bien que… Il posa les yeux sur le calendrier une seconde et blêmit. Non, la réaction de Mady était loin d'être démesurée… « On est que mi-avril… »

« Bravo, quelle perspicacité ! On n'a pas encore payé les factures non plus ! Et je ne gagne pas assez pour tout payer ! Sans parler du crédit pour la maison et la salle d'entrainement ! Et en plus les dettes que je tiens de ma mère qu'on a promis de ne pas abandonner ! Tu comprends où est le problème ? On est déjà tout pile tous les mois et faut que tu fasses cette stupide erreur de démissionner au lieu de te faire virer et indemniser ! »

« Ça va, c'est bon, remue pas le couteau dans la plaie ! »

« Si ! C'est vraiment la cata ! On va devoir aller mendier près de ton frère ou de Trunks et ça je ne le supporte pas, tu le sais que c'est ce qui m'insupporte le plus ! »

« Mais non, on aura pas besoin de leur demander de l'argent, je vais… Je vais trouver une solution, je le jure ! »

« Tu vas faire quoi ? Prostituer Yanu ? » Continua Mady, cynique et en colère.

« Non, ça ne marchera pas, personne ne voudra d'un gamin aux parents pauvres plein de dettes… » Il vit le regard de sa femme changer, elle comprenait mieux son propre cynisme que celui de son mari. Celui-ci éclata d'un rire nerveux. « Mais enfin, Mady, c'était pour rire… ! » il avança sa chaise vers elle et pris sa femme dans ses bras. « Je te promet que ça va aller… Et on n'aura pas à demander d'argent à qui que ce soit, je te jure ! » il obligea sa femme à le regarder en face. Il lui essuya les larmes qui commençaient à sortir de ses yeux. « Pardon d'avoir été si idiot et orgueilleux… »

« On est vraiment des nuls pour gérer notre argent... » pleurnicha-t-elle.

Yanu revint dans la cuisine, habillé pour l'entraînement de son kimono bleu royal. Il perdit son sourire en voyant l'air de sa mère. « Maman, pourquoi tu pleures ? » Il se précipita vers ses parents. Mady sourit tristement et accepta le câlin de son fils qui lui fit beaucoup de bien. Goten caressa la tête sombre et ébouriffée du petit, la mine à moitié souriante… Il allait devoir priver son fils pendant un moment indéterminé, c'était vraiment ce qui lui faisait le plus de mal… Il aurait vraiment dû réfléchir avant d'agir spontanément incognito au nom de la justice… « Qu'est-ce qu'il y a ? » répéta le petit, qui n'aimait pas la mine accablée de ses parents.

« On a plus d'argent. » avoua Mady avant de serrer plus fort le petit corps costaud de son fils. Goten grimaça, doutant du côté pédagogique qu'avait cette annonce.

« Oh. » fit Yanu, qui malgré son jeune âge, avait compris que « pas d'argent » signifiait moins de choses et plus de problèmes. Il réfléchit deux minutes puis son visage s'illumina. « Mais si, on va en avoir ! Je vais gagner le tournoi et on aura plein d'argent ! »

Ça ne réconforta pas vraiment sa mère, qui lui sourit tout de même après avoir sorti son visage du cou de Yanu. « C'est gentil, mon cœur… Mais tu gagneras des jouets ou un voyage dans un parc d'attraction, pas de l'argent… »

« Mais moi bien ! » s'exclama fort Goten derrière eux, dans une soudaine illumination. Sa femme le regarda, intriguée. « Le 7 mai c'est le tournoi adulte ! Je vais y participer ! La solution est toute trouvée ! Pourquoi je n'y ai pas pensé plus tôt ! » il fut satisfait de voir sa femme se remettre à sourire sincèrement et reprendre espoir. Il serra sa famille dans ses bras, soulagé et heureux d'avoir une chance de réparer sa bêtise. Yanu était évidemment ravi, non seulement ses parents avaient de nouveau le sourire mais en plus, son père allait se battre pour du vrai et ça le rendait très fier !

Gohan était tout seul dans sa salle de séjour, devant le gâteau d'anniversaire offert par sa désormais, ancienne équipe. Il voulait le partager avec sa famille. Principalement avec Videl. Il espérait surtout qu'elle allait comprendre son changement de stratégie professionnelle… Vu l'actualité, son épouse éprise de justice devrait comprendre. Elle devait rentrer d'une minute à l'autre. Il sentait ses enfants circulaient un peu plus loin dans la nature. Bardock était il ne savait trop où … Sans doute pas loin de Pan. Il était à la fois rassuré de son observable entente avec sa fille mais également encore perplexe sur sa présence parmi eux. S'il s'avérait qu'ils devraient se débarrasser de lui, ça serait dur à accepter pour elle. D'autant que lui aussi commençait à difficilement envisager de ne plus l'avoir dans les parages, il devait bien le reconnaitre… Son grand-père avait ce drôle de don, celui d'être intéressant tout en étant totalement inadapté au paysage. Il fallait vraiment qu'il se concentre sur son cas. Dès le lendemain, il pourrait le faire. Il pourrait également travailler sur tous les échantillons qu'il avait pris lors de son dernier malaise. Il entendit la porte d'entrée claquer.

« Tu es déjà rentré ? » s'étonna Videl en le tirant de ses pensées quand elle pénétra dans la pièce.

« Oui, j'ai fini plus tôt. J'ai été cherché Miiky puis nous voilà. C'est l'avantage depuis que Bardock est là. Un point d'ancrage pour rentrer facilement à la maison en déplacement instantané. »

« Il y en a au moins un… » soupira son épouse en s'effondrant sur un siège près de Gohan. Elle l'embrassa et se blottit contre son bras musclé. « Oh. Le gâteau du service de chir'. Erasa a essayé de me téléphoner, surement pour me raconter la petite sauterie. » elle lança un regard amusé et cerné vers lui.

« Tu as l'air épuisé… » sa femme était inspectrice générale à la police de Satan City depuis longtemps maintenant et aimait cette place, un juste milieu pour elle entre le terrain qu'elle affectionnait et un peu plus de réflexions et d'enquêtes sérieuses.

Videl soupira. « Mes deux enquêtes piétinent… Les témoins sont mauvais et on a aucun suspect valable. Mon père m'a laissé quatre messages… Je n'ai pas le courage de le rappeler, il me donne de plus en plus de travail au dojo, je vais lui conseiller d'engager quelqu'un en plus. Et j'ai eu Pan au téléphone trois fois… Elle veut qu'on lui signe une autorisation pour ne plus aller aux cours jusqu'au tournoi. Urgence. Elle doit être prête, elle n'est pas concentrée, Danuki lui a coupé le sifflet, alors qu'elle l'a appelé pour lui conseiller d'abandonner son défi… Donc pas le temps de travailler, elle se rattrapera, et bla, bla, bla… Elle va certainement nous prendre la tête avec ça ce soir ou demain, il va falloir qu'on soit concertés et solidaires… » Gohan la regarda, avec un air qu'elle identifia comme compatissant. « Et toi, ta journée ? »

Il plongea son regard dans les grands yeux de la femme qu'il aime et déclara sans détours. « J'ai démissionné de mon poste de chef. Je commence le 1er mai comme ambulancier urgentiste. » elle était totalement abasourdie. « Heu… ça va ? »

« Vous aurez ma peau toi et ta fille et mon père… » murmura-t-elle.

Ne sachant pas quoi répondre, il dit finalement : « Prends un morceau de gâteau. » Videl, comme un automate livide, obtempéra.

« Tu sais à peine conduire… Comment tu vas faire avec une ambulance ?... » elle mâcha son morceau, morose. Un haussement d'épaules pitoyable de son mari lui fit jeter sa part sur la table avant de demander, sévère. « Quel est l'évènement déclencheur cette fois ? »

Le demi-sang s'écarta d'elle, étonné de cette colère subite. Gêné, il se gratta l'arrière de la tête. « Qu'est-ce que tu veux dire par là ? »

Agacée par l'air ahuri dont il avait hérité de son père, elle se leva, se planta devant lui les poings sur les hanches et enchaina.

« Il y en a toujours eu un d'élément déclencheur ! Je ne vais te citer que les évènements dont j'ai été témoin : Great saiyaman … C'est sans doute à cause de moi ! Ton envie subite de dédoubler tes études, c'est la naissance de Pan ton désir de te stabiliser avec ta famille en réfrénant ton attirance pour les arts martiaux, c'est le départ de ton père avec Oob le changement d'hôpital et le triomphe de tes recherches, c'est la naissance de Miiky combiné au retour de ton père et enfin, ton élévation au titre de chef de la chirurgie c'est l'échec de tes recherches personnelles et le nouveau voyage de ton père… Je continue ? J'ai une excellente introspection du genre à propos de Cell et Namek… »

Gohan avait la mâchoire pendante. Il n'avait jamais entendu une analyse pareille de ses choix de vie. Surtout venant de Videl.

« Alors ? » insista-t-elle en le fixant intensément.

« Papa ! Maman ! » Gohan s'affaissa sur sa chaise, soulagé de l'interruption de ce moment tendu pour lui par le cri de sa fille qui arrivait à grand bruit vers eux. Elle glissa à leur hauteur, les poings sur les hanches exactement de la même manière que Videl au même moment. « Vous tombez à pic, tous les deux ! Je l'ai encore appelé ! Il ne veut pas être raisonné ! « Môsieur » Danuki ne veut pas revenir sur sa parole, « Môsieur » ira jusqu'au bout ! « Môsieur » a raccroché parce qu'il allait commencer son entrainement pour me battre ! Eh bien alors moi aussi, je ne rigole plus ! Il va saigner ! Laissez-moi trois semaines de concentration et je le pulvérise et après tout pourra revenir à l'état normal… Je rattraperai mes cours intensément, promis ! Je ne vous ai jamais rien demandé de la sorte ! Pitié ! »

« D'accord ! » dit Gohan. Videl sursauta et protesta qu'ils ne s'étaient pas encore concertés sur le sujet. Le père repris son air ahuri comme quand il ne savait pas quoi répondre. Leur fille profita du trouble.

« Merci ! Vous êtes les meilleurs parents du mooooonde ! Même si papy est très loin d'être étranger à toute cette pagaille ! D'ailleurs, papa, je connais déjà ma tenue pour le jour J ! Je veux une tenue orange avec un grand « SON » écrit devant, derrière, sur les genoux, les bras … partout quoi ! »

« Impossible, tu fais partie de l'école Satan ! » protesta sa mère.

« Pour les trois prochaines semaines, non ! Papy veut du spectacle, il en aura ! »

« C'est d'accord aussi ! » s'exclama Gohan en se levant, frappant les mains sur la table. « Trunks nous fera les modèles, il va adorer le projet ! »

« Gohan ! » s'estomaqua Videl.

« Mais quoi ? Avoue que deux élèves de la même école en finale, c'est pas le top du palpitant niveau spectacle et Monsieur Satan veut du top de chez top ! » son épouse se rassit doucement sur sa chaise, consternée. Gohan ajouta à sa fille. « Je commence ton entrainement dés demain matin ! Mon changement de situation professionnel tombe à pic ! J'ai deux semaines de congés pour t'aider à te perfectionner ! Après tu auras une semaine pour te relaxer et te concentrer pour être en forme le jour J ! Tout est parfait ! Je suis content ! »

Pan trépignait d'enthousiasme et exulta sa joie en criant et en sautant qu'elle aimait son père de tout son cœur et qu'elle était aussi très heureuse. Ils entamèrent tous les deux une petite danse du bonheur.

« Miiky ? » le ton surpris de la mère de famille interrompit les débordements de Pan et Gohan. Le petit garçon venait de rentrer à la maison. Son t-shirt et son pantalon étaient sale, mais bien moins que ne l'étaient ses mains. Il regarda sa mère en continuant de mastiquer ce qu'il avait en bouche. Son visage était également maculé de traces de ce qui semblait être de la terre. « Qu'est-ce que tu manges ? »

« Ben… » il finit de mastiquer, inspira et commença une tirade dont lui seul avait le secret. « En fait, je voulais voir grand-mère ! Mais j'avais oublié qu'elle était pas là… Alors je me suis dit que c'était pas grave, que j'allais aller me promener, ça faisait longtemps que j'avais plus vu Toby 2 ! Alors j'ai été lui rendre visite dans la forêt ! Puis j'ai commencé à avoir faim… Alors j'ai pris le chemin du retour… Me disant que grand-mère avait surement quelque chose de bien pour le goûter ! Puis je me suis souvenu encore une fois qu'elle était pas là … Alors j'ai fait demi-tour à nouveau et j'ai été près des grands arbres et là, AGP est arrivé ! Je lui ai demandé ce qu'il faisait, il m'a demandé ce que moi je faisais, je lui ai dit que je faisais rien, je lui ai dit que j'avais faim alors il m'a dit qu'il avait un truc super qui donne plein de forces. Il a enfoncé sa main dans la terre et en a sorti plein de vers. Il en a mangé deux, m'en a filé trois puis j'ai goûté. J'ai trouvé ça plutôt pas mal alors on a essayé d'en cuire et c'était moins bien alors j'en ai repris plein des frais et je suis revenu. » il fit une petite pause, s'essuya les mains terreuses sur son pantalon et repéra le gâteau entamé sur la table. « Waw ! Du gâteau ! Je peux en avoir ? » il s'approcha puis grimaça lorsqu'il vit l'état de ses mains. « Je vais me laver les mains, d'abord. » et il se dirigea vers la salle de bain sans attendre de réaction.

Gohan, Videl et Pan étaient pantois. Soudain, la maman du petit se mit progressivement à glousser pour finalement franchement éclater de rire. Le père et la fille échangèrent un regard perplexe. Une fois son fou-rire passé, elle s'essuya les yeux en regardant sa famille. « Je réalise que je suis contente qu'il soit heureux de manger ses petits vers, que j'ai hâte de voir mon père pour l'engueuler tout en étant ravie de vous écouter parler de votre entrainement jour et nuit pendant trois semaines en plus de la gestion d'un saiyen bizarre… ! » et elle repartit dans sa crise de rire sous les regards des personnes qu'elle aimait le plus au monde et qui lui rendaient bien.

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