Je vous ai envoyé la semaine dernière un premier chapitre pour tester un peu vos réactions… Voici la suite. Comme à mon habitude, l'histoire est complètement écrite, elle compte 13 chapitres, vous êtes donc assurés d'avoir la fin. Merci pour vos retour, cela me fait chaud au cœur de vous retrouver.
Tout ce que vous reconnaissez n'est pas à moi mais à la géniale JKR… Merci à mon amie Fantomette34, Tralapapa, Zeugma412, Chocolat, Harryliada, Silverbutterfly209, Tekilou et CutieSunshine…Bonne lecture
Chapitre 2
Hermione se hâta de rejoindre son bureau en priant pour que le docteur Jillianson ne la demande pas. Elle s'effondra dans le fauteuil, au bord du malaise. Elle s'accouda à sa table de travail, se cachant le visage entre les mains puis éclata en sanglots. Le choc de revoir son ancien professeur la laissait tremblante et des images du passé tournaient en boucle dans son esprit. Le premier cours de potions, la méchanceté latente du professeur, sa protection quand il s'était, entre autre, jeté entre eux et Remus Lupin transformé en loup garou, son rôle caché lors de la guerre…
La jeune infirmière mit du temps à se reprendre. Petit à petit, la colère monta en elle. Harry et Ron allaient entendre parler du pays ! Ils savaient pourtant la culpabilité qu'elle avait ressentie envers Snape, agonisant dans cette vieille maison. N'avoir rien pu faire pour lui lors de son assassinat par Voldemort, l'avait fait se sentir terriblement mal. Ne pas avoir retrouvé son corps le lendemain de la bataille finale l'avait anéantie. Cet homme avait montré un courage extraordinaire tout au long des années d'études du Trio d'Or, donnant sa vie finalement pour la victoire de l'Ordre du Phénix.
Cette culpabilité l'avait poussée à se lancer dans des études d'infirmière. Elle n'avait pas pu sauver leur professeur, soit ! Alors elle soignerait et sauverait d'autres personnes. Elle n'avait pas voulu être médicomage, trop impersonnel, pas assez proche des patients, pas assez de temps pour chacun d'eux. Curieusement elle s'était épanouie dans son métier, repoussant aux confins de son esprit le souvenir du maître des potions. Sauf que chaque fois qu'un patient gravement atteint survivait, elle pensait à lui. Comme chaque fois qu'un patient gravement atteint mourait…
Elle se secoua et rédigea un mot qu'elle ensorcela pour l'envoyer à Harry. Elle lui donnait rendez-vous le soir même à leur pub habituel. Une explication s'imposait et il avait intérêt à être convainquant…
Pour l'heure, elle avait du travail et avait assez perdu de temps dans ses souvenirs. Elle entama sa tournée de distribution des potions aux malades de son service puis, tous les remèdes administrés, elle se dirigea vers le bureau d'accueil. Dolly la regarda arriver, les sourcils froncés.
— Qu'est-ce qui se passe ? Tu es toute pâle.
— Tu prends ta pause avec moi ? On va à la cafétéria ?
— Laisse-moi une minute pour classer ces dossiers et j'arrive. Je te rejoins là-bas, lui répondit son amie, la mine soucieuse.
Quelques minutes plus tard, les deux jeunes femmes s'installèrent à une table avec un thé et des muffins. Hermione prit sa respiration et commença à parler.
— Tu te souviens du professeur dont je t'ai parlé, celui qui nous a aidé pendant la guerre ?
— Oui, celui qui est mort de la main de Voldemort, acquiesça Dolly en gobant un gros morceau de gâteau.
— C'est ça. Et bien, il n'est pas mort…
L'Australienne cessa de mâcher le muffin, les yeux ronds.
— Quoi ? Comment ça, il n'est pas mort ?
— Je viens de le rencontrer… au laboratoire…
Dolly resta pensive quelque secondes avant de s'exclamer :
— Severus Snape était ton professeur ? Celui que vous détestiez et qui est mort en héros ?
Hermione leva les yeux au ciel. Si elle avait eu la curiosité de regarder l'organigramme de Sainte Mangouste, elle aurait vu son nom… La surprise aurait été la même mais elle ne se serait pas couverte de ridicule devant lui.
— Oui c'est lui et je viens d'avoir un choc en tombant sur lui au labo. Il a finalement survécu.
— J'imagine le coup que tu as dû recevoir en le voyant ! Tu as cru voir un fantôme, n'est-ce pas ?
— Complètement ! Je n'en reviens toujours pas. Je vois Harry ce soir et il va devoir m'expliquer pourquoi il ne m'a rien dit, sachant le poids de sa mort sur ma conscience.
— Tu n'es pas la seule Hermione à regretter sa conduite envers lui. Le monde sorcier en totalité s'en est voulu d'avoir douté de lui. Heureusement que la vérité a éclaté grâce à Harry, Ron et toi. N'oublie pas que c'est vous qui avez transmis ses souvenirs.
— Oui, je sais, enfin c'était surtout Harry… mais cela n'empêche qu'on aurait dû prendre soin de lui, tenter de le sauver quand nous l'avons trouvé blessé…
— Ça ne sert à rien de ressasser des faits vieux de plus de dix ans, Hermione ! la coupa sa collègue. Ce qui est fait est fait et tu ne peux rien changer. Il est en vie finalement, tes regrets et tes scrupules n'ont plus de raison d'être.
— Je ne peux pas m'en empêcher… Quand je pense que ces moments ont dirigés ma vie jusqu'à choisir le métier d'infirmière !
— Et une sacré bonne infirmière, soit-dit en passant. Mais tu développes un peu trop d'empathie pour ton équilibre, Hermione. Il faut te blinder un peu plus.
— Facile à dire ! Je me rends compte aujourd'hui que je le voyais dans chaque patient.
— Tu as fait des transferts et ce n'est pas bon. Maintenant que tu sais qu'il n'est pas mort, tu t'impliqueras peut-être un peu moins.
— C'est dingue, je suis ébranlée et pourtant je me sens soudain sereine, comme jamais je ne l'ai été.
— Non ce n'est pas dingue, c'est un processus d'apaisement. Une partie de ton cerveau était occupée par tes remords et maintenant, cet endroit est apaisé. Avoir vu Severus Snape en pleine possession de ses moyens t'a guéri en fait.
— Oui, je pense que c'est une bonne analyse. Je ne vais pas aller consulter, finalement, pouffa Hermione avec un clin d'œil à son amie.
Celle-ci regarda sa montre et se leva brusquement.
— Il faut qu'on retourne travailler, ma Poulette, sinon on va se faire souffler dans la baguette…
Quelques minutes plus tard, les deux jeunes femmes reprirent le travail. La journée passa rapidement pour Hermione, entre les urgences qu'elle avait à traiter, la tournée des patients avec le docteur Jillianson, les sorties et entrées des hospitalisés…
Peu après midi, elle rédigea la liste des potions pour le lendemain et l'envoya au laboratoire en se demandant quels étaient les horaires de travail de Snape. Peut-être pourrait-elle lui proposer d'aller boire un verre un soir ?
Hermione sortit de l'établissement de soins magiques et transplana dans la petite rue de Londres où se situait leur pub favori. Elle entra et repéra tout de suite Harry assis à une table au fond du bar. Le jeune homme n'avait pas beaucoup changé. Ses cheveux étaient toujours ébouriffés, son regard vert toujours protégé par des lunettes rondes. Il s'était étoffé avec les années et arborait une jolie musculature fine, résultat des entraînements intensifs nécessaires à son métier d'auror.
Quand il vit son amie, il se leva avec un grand sourire et la serra dans ses bras. Elle le laissa faire avec plaisir, l'amitié qu'ils partageaient depuis près de vingt ans était sincère, totalement désintéressée et sans équivoque. Ils s'assirent et Hermione regarda Harry dans le blanc des yeux.
— Harry ! Je suis furieuse contre toi. J'ai reçu un choc ce matin…
— Qu'est-ce qui t'as choqué Hermione ? fit-il ahuri.
— Tu devrais me demander QUI m'a choqué !
Le jeune homme la regarda, surpris. Rarement il avait vu Hermione dans un tel état d'agitation. Elle le fixait comme si elle lui en voulait. Et cela le rendait mal à l'aise. Il ne voyait pas pourquoi elle s'en prenait à lui.
— Je suis tombée nez à nez avec une personne… Une personne que je croyais décédée… Quelqu'un que j'avais vu mourir et qui s'est dressé devant moi... au laboratoire !
— Snape ! Tu as vu Snape, et alors ? Tu sais bien qu'il a survécu !
— NON HARRY ! JE NE LE SAVAIS PAS !
Harry, ébahi, saisit la main de son amie pour la calmer. Elle avait crié ces mots et plusieurs clients du pub les regardaient avec curiosité.
— Hermione, je t'en prie, calme-toi. Comment as-tu pu l'ignorer ? Son retour a fait la une des journaux en Grande-Bretagne, il n'y a pas loin de dix ans !
— Mais Harry… J'étais en Australie, à la recherche de mes parents ! Comment as-tu pu me laisser dans l'ignorance de cet évènement ? Tu savais à quel point je culpabilisais à propos de lui !
— Je pensais que tu le savais et j'évitais de parler de lui avec toi, pour ne pas raviver de douloureux souvenirs. Et puis je pensais aussi que tu étais passée à autre chose.
—Bon sang Harry, tu ne te souviens pas des cauchemars horribles que je faisais ? Tu me calmais souvent pendant notre septième année.
Les larmes perlaient aux coins des yeux d'Hermione. Le cœur d'Harry se serra. Il lui caressa la joue, d'une main tremblante.
— Hermy, regarde-moi… Rappelle-toi, au moment où Snape a réapparu, tu étais en plein dans tes études d'infirmière et moi en formation chez les aurors. J'ai témoigné pour lui au Magenmagot et j'étais persuadé que tu l'avais lu dans la presse. C'est vrai que je n'ai aucun souvenir d'en avoir parlé avec toi et les semaines et les mois ont passé, sans que l'on se donne beaucoup de nouvelles…
La jeune femme sécha ses larmes.
— Je suis désolée Harry… Le choc que j'ai eu ce matin explique mon attitude mais ne l'excuse pas. C'est curieux quand même que ni toi ni Ron n'en ayez parlé à un moment ou à un autre.
—Je te signale que nos entrevues ont été rares en dix ans. On ne se voit souvent que depuis que tu es rentrée…
— Il m'a dit que tu le… dérangeais souvent pour avoir des potions.
Le jeune auror éclata de rire.
— Je suis sûr qu'il a utilisé une autre expression ! Je le vois régulièrement, c'est vrai. Il n'a pas changé, que ce soit physiquement ou de caractère. Quoiqu'il se soit un peu adouci envers moi. On n'a pas encore partagé un whisky ensemble mais il nous arrive d'avoir des discussions de plus de deux phrases…
— C'est dingue… Et qu'en est-il de Ron ?
— Oh, Ron l'évite. Tu sais qu'il ne l'aimait pas beaucoup.
Cette fois, ce fut au tour d'Hermione de rire.
— C'est un euphémisme ! Il le détestait cordialement et Snape le lui rendait bien. Tu as raison, il n'a pas changé. Toujours incisif dans ses propos et violent dans ses gestes. Inconsciemment, je crois qu'avant de l'avoir reconnu, j'ai su que c'était lui à sa façon d'ouvrir la porte.
Harry pouffa.
— Tu te souviens du premier cours de potions ? Comme il nous a fait peur en entrant dans les cachots ?
— Oui, fit Hermione avec le sourire. Et je me souviens aussi de toutes les fois où il nous a protégé… Oh, Harry, tu sais s'il est marié ?
— Non, il n'est pas marié. On le voit de temps en temps accompagné, mais jamais de la même femme.
— Peut-être est-il gay ?
L'auror resta pensif un moment.
— Cela expliquerait qu'il n'ait pas d'épouse. Maintenant que tu le dis, c'est fort possible. On le voit plus souvent avec des hommes qu'avec des femmes. Enfin, quand je dis on le vois avec des hommes, on le voit dans des pubs avec des hommes…
— Et ça expliquerait aussi qu'il ne soit jamais avec la même femme.
Plus Hermione réfléchissait, plus elle trouvait des indices confirmant l'homosexualité de Snape. Le fait qu'il soit toujours seul, pas encore marié à son âge. Il avait fait partie des Mangemorts, majoritairement des hommes. Harry l'avait vu plusieurs fois dans des bars, accompagné d'amis masculins.
Les gay et les lesbiennes étaient très mal vus dans la société sorcière. La population était en fort déclin, encore plus depuis la guerre et le ministère poussait les sorciers à se marier et à avoir des enfants. Rares étaient ceux qui dévoilaient leurs préférences pour le même sexe. Certains pouvaient très mal le vivre et devenir acariâtres, cruels et sectaires… comme l'était Severus Snape.
Oui, se dit Hermione, le Maître des Potions préférait les hommes. Elle ne sut pourquoi mais elle en fut intimement persuadée. Ce ne fut que lorsque Harry agita une main devant son visage qu'elle se rendit compte qu'il lui avait parlé.
— Comment ? Oh, pardon Harry, j'étais perdue dans mes pensées.
— Je le vois bien, fit-il, narquois. Je te disais de ne pas t'en faire pour notre professeur. Il m'a l'air bien dans ses baskets. Il est fidèle à lui-même et ne semble pas souffrir de solitude. Il se plait seul, c'est une évidence. Souviens-toi à Poudlard, il restait souvent dans ses appartements, rares étaient les fois où il mangeait le soir dans la grande salle.
— Oui, oui…
Mais Hermione était ailleurs. Elle entrevoyait une mission pour elle. De tous temps, elle s'était intéressée aux autres, toujours à défendre et plaider pour une cause. La plus connue était la S.A.L.E, la Société d'Aide à la Libération des Elfes. Bon, il faut dire que cette action n'avaient pu aller bien loin, les elfes eux-mêmes ayant manifesté pour qu'elle abandonne l'idée. Ils étaient, pour la plupart, attachés à leurs maîtres et ne voulait pas être libres et devoir les quitter. Là, elle avait envie d'aider leur héros à être heureux et si pour cela, elle devait se mettre à la recherche d'un compagnon pour lui, elle le ferait.
Harry fit une grimace. Il connaissait bien son amie et pressentait qu'elle allait au-devant d'ennuis si elle se frottait de trop près au maître des potions.
— Hermione, promets-moi de ne pas t'emballer, de ne pas te mêler de la vie de Snape. Tu l'as connu. Il est dur, asocial et il te fera manger ton chapeau si tu le gênes. N'oublie pas que tu vas travailler avec lui en quelque sorte. Alors reste en dehors de sa vie privée et tout ira bien.
— Mais oui, Harry, ne t'en fais pas pour moi, glissa la sorcière avec un sourire. Bon, ce n'est pas le tout, tu as une famille à t'occuper, il est temps pour toi de rentrer.
Son ami la regarda avec un air suspicieux. Elle avait soudain l'air pressée de se débarrasser de lui. Il leva les yeux au ciel, sachant très bien que si elle avait décidé quelque chose, Hermione Granger fonçait sans écouter les mises en garde. Pourvu qu'elle n'aille pas au devant de gros ennui en envahissant l'espace de la terrible chauve-souris des cachots…
Les deux ex-Gryffondors s'enlacèrent en se souhaitant bonne nuit et chacun regagna ses pénates. Arrivée chez elle, Hermione se jeta sur son ordinateur, saisit un papier et un crayon et réfléchit à un plan d'action. Elle soupira d'aise en lançant le moteur de recherche internet. Il n'y avait rien de plus intéressant pour elle que de se perdre dans des explorations et le monde moderne avec sa toile lui facilitait grandement le travail.
Elle nota en entête de son papier « Comment aider Severus Snape ». Elle tapa sur son clavier «coming out» et lu des dizaines de témoignages. La feuille se retrouva bientôt couverte d'une petite écriture ronde, avec des flèches reliant certaines idées à d'autres. Maintenant, il lui fallait déterminer, selon le caractère du concerné, la ligne à suivre pour lui permettre de rencontrer des hommes susceptibles de lui plaire.
Tout d'abord, le physique. Il fallait que son futur compagnon soit aussi sobre que lui dans les tenues vestimentaires. Il semblait aimer le noir et bannir toutes couleurs criardes. Un partenaire flashy ne lui conviendrait certainement pas. Brun, probablement.
Ensuite, le psychisme. Intelligent, pour ne pas se laisser écraser par la forte personnalité du maître des potions. Sorcier bien évidemment, chercheur ou professeur, et travailleur. En tout cas, quelqu'un qui partageait sa passion pour la lecture et la recherche. Et courageux. Severus Snape n'aurait aucun respect pour un couard.
Bon, les grandes lignes de l'espèce recherchée étaient établies. Il fallait à présent trouver cette perle rare et faire en sorte que les deux se rencontrent. Auparavant, Hermione projetait de rencontrer souvent Severus pour essayer de faire concorder ses désirs avec la liste qu'elle venait d'écrire. Pourquoi ne pas lui proposer d'aller boire un verre au pub un soir ? Oui, décida-t-elle, elle l'inviterait à sortir, entre collègue, avec l'excuse de discuter travail. Mine de rien, elle le piocherait pour en apprendre un peu plus sur ses espoirs, ses envies, sa façon de voir sa vie future. Et ainsi affinerait ses notes.
Constatant qu'il était près de minuit, elle régla son réveil au plus fort du son et se coucha, fière du travail accompli.
