Chapitre 11 : Super Introspection

Une fois Pan partie, Piccolo avait observé Bardock toute la soirée puis était finalement parti quand le saiyen s'était endormi. Ce dernier était finalement resté dans le désert, ne souhaitant pas subir à nouveau les tourments de son hypersensibilité à toutes les énergies environnantes. C'était moins confortable que le lit de la chambre à sa disposition mais il n'en avait cure, l'inconfort du sol valait bien mieux que de somnoler une demi-nuit et de ne réussir qu'à dormir une ou heures de suite par intervalles irréguliers la deuxième moitié. Il avait également l'option de rester éveillé mais sa gymnastique mentale était trop épuisante. De plus, sa petite séance destructrice avec Pan l'avait un peu éprouvé physiquement. Il s'était alors aménagé un petit cratère à l'abri d'un énorme rocher où il s'était relativement rapidement endormi sur le dos, bras et jambes prenant toute la place qu'il leur était possible de prendre.

« Dégage Docteur Batard… » râla-t-il en se tournant sur le ventre dans la poussière de son nid, reconnaissant l'énergie de celui qui venait troubler son sommeil aux aurores.

Gohan n'était pas arrivé en déplacement instantané. Il était accroupi en équipement de combat au bord du « lit » de son grand-père depuis très peu de temps avant d'être apostrophé.

« J'ai été brièvement inquiet en ne te sentant pas à la maison en rentrant cette nuit. Heureusement, Piccolo m'a rapidement rassuré en m'apprenant que tu étais resté ici. »

« Super ! Comme tu vois, je ne fais pas de bêtises… Alors dégage ! »

« On rentre à la maison, s'il te plait. Miiky sera content de te voir avant de partir à l'école. On ne doit pas trainer. » il ne reçut aucune réponse. Il fit soudainement monter son énergie ce qui eut l'effet d'une décharge sur le saiyen qui s'en redressa sur les genoux, crispé.

« … Sale enfoiré. »

« Dans ton intérêt, lève-toi. »

Bardock le dévisagea d'un œil mauvais. Gohan faisait mine de ne pas voir sa mauvaise humeur augmenter proportionnellement à son énergie. Trouvant qu'il n'allait pas assez vite à son goût et ne désirant pas déroger à son programme chargé, il fit fluctuer une nouvelle fois son ki brusquement. Plus qu'agacé, le saiyen projeta un kiai sur le grand rocher qui le coupait du vent, il vola en éclats, projetant poussière et cailloux sur les deux hommes presque face à face.

« J'ai bien fait de ne pas prendre mes lunettes… Je ne pensais pas être sali si tôt le matin, je te félicite. » le demi-sang n'avait cependant pas bronché d'un iota, la déflagration n'avait pas été très forte. « J'en ai assez de tes sautes d'humeur. Aujourd'hui, c'est terminé. »

« Encore des pilules ? »

« Tout ne se résout pas avec des médicaments… Je ne te demande qu'une seule journée où tu ne me quitte pas d'une semelle. C'est impératif, tu viens. »

« Dans tes rêves... » grinça Bardock. Il reçut encore un choc mental. Plus vicieux celui-là : bien qu'il ne s'entrainait plus régulièrement de manière extrêmement intensive depuis sa majorité, Son Gohan maitrisait très bien son ki, il s'en servait à foison et pouvait donc amplifier son énergie de différentes manières, ainsi il émanait de lui en cet instant une force diffuse et lourde qui devait donner une migraine pointue à son grand-père. Celui-ci ne résista pas longtemps au besoin de se serrer le crâne entre les mains en grimaçant en entendant son petit-fils avancer vers lui. « …C'est horrible, j'ai envie de gerber… »

« Vu ton acuité, je peux faire bien pire si tu n'obéis pas. Tu dois juste me suivre et faire des efforts… à la moindre attitude désobligeante du genre faire éclater la première chose que tu trouves comme à l'instant, tu te sentiras très mal. Fais-moi confiance, tu me remercieras plus tard. » conscient de l'ambivalence de ces paroles, il posa une main sur l'épaule du saiyen après l'avoir libéré temporairement de son 'emprise' afin de se téléporter. Son Gohan sourit pour lui-même, se disant que cette journée de drill intense lui avait été inspirée par son mentor Piccolo, il était donc certain de son efficacité. Il était à sa propre surprise très excité par cette nouvelle mission qu'il s'était donné. La progression du ki était encore quelque chose qui l'intéressait très fort… Particulièrement depuis qu'il avait remarqué que tout le monde ne naissait apparemment pas égal par rapport au potentiel énergétique.

Malgré la visite d'urgence qu'il avait dû faire à son grand-père maternel - Gyumao avait encore perdu du poids et de la vigueur mais hélas il ne savait pas faire grand-chose de plus que de lui adapter légèrement sa médication pour améliorer son confort de convalescence - il gardait en tête ce nouveau challenge atypique qui était d'aider Bardock à se contrôler et n'avait pu résister au besoin de s'en occuper quasi immédiatement en rentrant. Il s'était finalement dit lui aussi que céder à ses obsessions était une manière de s'en débarrasser…

Vendredi en fin de journée, accompagné par Miiky et Yanu, Son Goten arriva au dojo. Il soupira profondément en passant le portail, dépité face à l'extravagance et le m'as-tu-vu du domaine : tout était fait d'or ou d'argent et les images rappelant le fondateur et gestionnaire principal du complexe foisonnaient : visage triomphant à l'entrée, statues colossales dans le jardin… Le tout portant aux nues Mr. Satan. Qu'est-ce qu'il détestait ça… Il se répéta qu'il avait accepté ce remplacement uniquement pour faire plaisir à sa belle-sœur ainsi que pour revoir des gamins et qu'il espérait ne pas être associé à tout ça trop longtemps…

« Papa, regarde ! » entendit-il vers le jardin. Il tourna la tête vers son fils qui était à cheval sur les épaules d'une statue dorée et qui, visiblement, en riait : il lui faisait des oreilles de lapin d'une main et mettait ses doigts dans le nez avec l'autre. Il lui sourit largement et se retint de pouffer de rire, sachant le petit-fils du moqué à ses côtés.

« Yanu… Ce n'est pas très gentil... » précisa-t-il quand même pour la forme.

« Mais elle est là pour ça ! » assura le petit en faisant une moustache de branche au champion du monde doré.

« C'est vrai, Papy a beaucoup de 'risions tu sais, tonton ! » confirma Miiky, avant d'éclater de rire à voir son cousin faire le pitre sur l'effigie.

« Tu veux sans doute dire autodérision. »

Ne souhaitant pas provoquer une conférence-débat animée par Son Miiky, il n'ajouta pas que, de son point de vue, c'était peu probable. Il n'estimait pas non plus que ça soit son rôle de casser la jolie image qu'il avait de son grand-père maternel.

Les trois descendances saiyennes entrèrent dans le dojo. Goten suivit les deux enfants, beaucoup plus habitués des lieux que lui. Ils le conduisirent vers le grand bureau vitré surplombant les quatre espaces d'entrainement alignés. Ils étaient venus en avance car l'entraineur remplaçant avait rendez-vous avec Videl, elle devait lui expliquer plus en détails comment se déroulaient les ateliers et le mettre à l'aise en lui présentant les lieux et le profil des élèves.

Une fois dans le bureau, Mr. Satan accueillit les enfants avec chaleur en s'accroupissant à leur niveau pour recevoir leur étreinte amicale. Ensuite il se redressa, fronçant les sourcils, comme surpris de voir arriver le père de Yanu. « Tiens… Qu'est-ce que tu fais là, Son Goten ? »

Le questionné fut déconfit en entendant cette question, constatant qu'il avait oublié parce qu'il n'en avait probablement rien à faire du fonctionnement pratique de son dojo. « C'est moi qui remplace Pan et Danuki jusqu'au tournoi… »

« Ah, effectivement… Je me souviens que Videl m'avait dit que tu l'avais supplié de te donner ce job parce que tu es au bord de la dépression suite à ton licenciement. J'espère que tu mesures la chance que tu as, j'ai dû refuser la proposition de nombreux maîtres renommés pour toi… »

« Je suis venu trop tôt ? Videl n'est pas encore là ? » il désirait arrêter de discuter avec lui au plus vite, détestant entendre ses énormités prononcées les unes après les autres…

« Elle ne viendra pas. Elle a un travail très important, tu sais. En tant qu'inspectrice générale, elle… »

« Je suis venu plus tôt pour en savoir plus sur les élèves que je vais avoir ! » il regretta immédiatement son ton un peu sec. Malgré le fait qu'il était principalement là pour faire plaisir, son petit cachet en fin de contrat de remplacement l'aiderait beaucoup… Ne désirant pas s'attirer les foudres du maître des lieux, il continua, radoucit. « Comme votre fille a un empêchement, pouvez-vous m'en dire plus sur eux, s'il vous plait ? »

Mr. Satan regagna son bureau nonchalamment avec un petit rire moqueur. Il s'alluma un cigare et consulta brièvement un document sur une pile de papiers à proximité, feignant une décontraction extrême. « Je ne suis pas en bas de l'échelle, mon grand… Ce n'est pas moi qui m'occupe des inscriptions, je gère d'en haut, je n'ai pas le temps de m'occuper du reste. »

Le nommé 'mon grand' se mordit la lèvre, cherchant à ne pas s'énerver. « Alors il y a certainement un dossier reprenant des informations qui pourraient m'être utiles quelque part ? »

« Je t'ai dit que ce n'était pas mon travail. C'est désolant que tu t'y prennes si peu à l'avance. »

Goten souffla longuement, se persuadant de ne pas se vexer ni de maudire Videl qui était très certainement de bonne foi quand elle lui avait donné rendez-vous. Déconcerté, il dévisagea le maître des lieux occupé à faire des ronds de fumée. Un silence s'installa, le jeune homme ayant encore un maigre espoir que Mr. Satan se bouge subitement pour lui trouver une solution pour le bien des leçons à dispenser dans son dojo.

« Oh, voilà Mr. Boo. Lui, il pourra peut-être t'aider, papa ! » s'exclama Yanu qui avait le nez collé à la vitre donnant sur les salles d'entrainement.

Quelques instants plus tard, le gros extraterrestre sortit de l'ascenseur en fredonnant. Il salua chaudement le fils cadet de Son Goku, prenant de ses nouvelles. Ce dernier s'enquit également de son humeur.

« ça va très bien, la grande forme ! Je viens manger un morceau, je me sens un petit peu faible… C'est fatiguant d'entrainer des gens ! »

Goten eut un petit sourire, amusé de la contradiction de l'extraterrestre. L'évocation de son élève le soulagea immédiatement. « Danuki est ici ? C'est parfait ! Lui, il pourra me renseigner ! »

« Tu ne restes pas manger des gâteaux avec moi ? Et vous les enfants ? »

Il déclina poliment, autorisa les enfants à rester manger quelques gâteaux en attendant et quitta la pièce, se doutant que le jeune terrien devait se trouver là d'où venait Mr. Boo, c'est-à-dire du seul espace clôt de la longue salle.

En traversant les trois premiers espaces ouverts, il secoua la tête en lisant les noms des alcôves, toutes en rapport avec la soi-disant gloire ou avec l'égo de Mr. Satan : 'Cell', 'Beh', 'Great Saiyaman 2' et 'Great saiyaman' tout court. Il se souvint alors que les deux héros avaient aidés à la promotion de l'endroit à son ouverture avant de disparaitre pour de bon, Gohan et Videl attendant leur premier heureux évènement à cette période. Nouvelle qui avait définitivement mis fin à leur double-vie.

« Il profite vraiment de tout pour servir ses propres intérêts… Et quand il a plus d'idées, il honore son chien… »

En finissant de grommeler des choses qu'il savait finalement déjà depuis de nombreuses années, il fit coulisser d'un mètre la paroi menant à la salle désignée par l'alter-ego de son frère et se glissa à l'intérieur. Il chercha du regard l'ancien petit ami de sa nièce et ne tarda pas à le trouver. Le jeune homme, vêtu d'un kimono d'entrainement brun et noir, était étendu de tout son long au milieu de la pièce. Il l'appela en s'approchant, ne souhaitant pas l'effrayer. Il l'appela encore car il n'avait pas reçu de réponse. Une fois qu'il fut assez proche, il s'aperçut que Dan avait les yeux clos et qu'il respirait peu. S'inquiétant quelque peu après avoir constaté ses nombreux hématomes et égratignures, il secoua légèrement le garçon en le hélant une troisième fois plus fort. Il soupira de soulagement quand l'évanoui rouvrit soudainement les yeux en toussant, reprenant de grandes goulées d'air en se portant la main à la poitrine. Une fois sa respiration revenue plus ou moins à la normale, il se porta sur le côté dans un gémissement afin de se redresser. Goten l'observait attentivement, s'assurant qu'il reprenait bien ses esprits tout en détaillant ses nombreuses contusions.

« Desolé, je… Méditais. » dit-il en se frottant les yeux. Son interlocuteur les avait déjà remarqué rougis et ses vaisseaux gorgés de sang.

« Mr. Boo te laisse souvent… Méditer comme ça tout seul pendant qu'il prend une pause ? »

Dan s'était dirigé vers le banc où était posé son sac. Il s'en saisit, en sortit une bouteille, bu un peu d'eau, sentant le liquide le revigorer légèrement. Il s'assit alors en prenant une boite, en sortit une petite boule et se mit à la mâcher. « Ses méthodes sont peut-être peu déontologiques mais je n'ai pas le choix. Je n'ai pas de père aimant, bienveillant et prodige du combat pour m'épauler, moi. »

Son Goten ne s'offusqua pas de sa petite remarqua acerbe, plus préoccupé par l'état d'épuisement physique du jeune homme. « ça ne change rien au fait qu'il doit te ménager… Mort, tu ne pourras pas participer au tournoi. »

« Il me semble pourtant que ça s'est déjà produit… »

« Tu crois vraiment à cette légende ? » sourit le fils de l'évoqué. Danuki ne répondit pas à son sourire, il avait la tête appuyée contre le mur, la mine épuisée. « Tu n'es pas obligé de faire ça, Dan. Pan veut juste repasser du temps avec toi comme avant, pas que tu te crèves pour l'impressionner... »

« Vous aussi vous croyez aux légendes, apparemment… » son remplaçant le regarda sans comprendre. « Et de toute façon, Mr. Satan ne me laissera jamais abandonner maintenant. »

« À lui non plus tu n'es pas obligé d'obéir au doigt et à l'œil… »

« Sans ce dojo, je ne suis plus rien ! Je lui dois tout ! »

« Tu te trompes. Je suis certain que toutes tes victoires ne sont dues qu'à ton talent et ta volonté ! »

« C'est faux… Dès que j'arrête de m'entrainer, j'ai juste envie de me shooter comme avant… C'était plus facile finalement… » il fit une pause, fermant brièvement les yeux, recentrant ses idées et ses convictions. Il était impensable qu'il soit dévié de sa route, pour n'importe quelle raison. Il savait qu'il allait de toute façon crever de douleur, autant que ce soit l'une de celles qu'il savait le mieux maîtriser. « Que je la batte ou non au tournoi, j'ai conscience qu'elle ne me reviendra pas… Elle m'a remplacé depuis un moment… » Goten, désirant le laisser vider son sac, ne disait rien. Il avait la sensation que le jeune homme ne se rendait pas compte de la position qu'il occupait déjà dans leur monde ' à part'.

Le jeune homme reprit la parole, obnubilé par le contrôle de ses démons. « Votre soi-disant cousin… Alors que je sais que vous êtes son seul oncle et plus jeune que son père… »

« Tu ne trouves pas qu'il ressemble fort au mec mort du tournoi et accessoirement à moi-même pour ne pas être de notre famille, quand même ? »

Le terrien n'avait pas écouté la perche tendue par le jeune père de famille « Elle l'a regardé comme je rêve qu'elle me… » il ne finit par sa phrase, avalant difficilement sa salive. Si ses yeux n'étaient pas secs, ils se seraient peut-être gorgés de larmes. Goten remarqua qu'il ne trouvait pas de position où il n'avait pas mal. Il le vit se décoller du mur en grimaçant et appuyer ses coudes sur ses genoux dans un gémissement. Il grimaça à son tour en voyant ses avant-bras et extrémités brûlées et boursouflées par endroit, résultat probable d'exercices répétés pour contrôler des attaques énergétiques. « Je n'ai jamais été pour elle qu'un des petits vauriens de son grand-père… Comment est-ce que j'ai pu imaginer que je serais un jour digne d'être à ses côtés… »

Il tourna son regard vers Goten qui sortait une bande médicale roulée d'un sac de secours accroché au mur à proximité – chacune des salles en était muni – et posait un genou devant lui. Il se laissa faire quand le fils de Son Goku lui pris avec délicatesse un de ses avant-bras blessé et entreprit de le panser soigneusement. « J'ai servi de cobaye à mon frère… Je vais essayer de ne pas te couper la circulation sanguine comme lui la première fois ! J'ai failli perdre mon pied ce jour-là ! » le jeune homme était hagard, Goten compris qu'il n'était pas d'humeur à rire des petites anecdotes familiales.

Pris par une soudaine empathie et désirant en savoir plus sur l'état général du terrien, il reprit la parole. « Ma nièce ne sait pas comment gérer son côté hors-norme. Toi non plus apparemment. » il croisa brièvement son regard et son envie de lui faire confiance se renforçât. « Mon père est hors-norme aussi. Tu vois, c'est un extraterrestre envoyé à l'origine pour provoquer un génocide de la Terre afin de la revendre. Par chance, il en est finalement devenu le plus grand défenseur. Il est un des hommes les plus forts de la planète et probablement de l'univers. Il est également un grand tacticien et un grand pédagogue… en matière d'art du combat, uniquement. »

« C'est lui qui vous a appris ? »

« En partie, oui. Je ne suis pas mauvais, les élèves seront entre de bonnes mains si c'est ça qui t'inquiète. »

Il jeta encore un œil vers le jeune homme qui l'écoutait religieusement, sans discontinuer la mastication de son chewing-gum. Il sentit qu'il se détendait, sans doute apaisé qu'on s'occupe de bander ses blessures. Il eut soudainement la sensation de le voir plus jeune qu'il n'en avait l'impression d'habitude. À cause de son passif déjà mouvementé, Danuki semblait plus mature mais ne l'était que dans certains domaines, alors qu'il n'avait même pas vingt ans. «On est très copains avec les dieux, tu vois… Alors mon père a vraiment pu participer à un tournoi en étant mort. C'est même à cette occasion que je l'ai rencontré pour la première fois. Avant mes sept ans, j'ai été élevé par ma mère, mon grand-père et mon frère. Mais depuis, mon père est ressuscité… Là, il est vivant ! Juste en voyage… » il s'arrêta, se demandant si il devait dire encore autre chose, ne sachant si c'était une bonne idée de dévoiler lui-même tous les secrets de Pan à un garçon qui ne ferait peut-être jamais partie de sa famille. Danuki continuait de le regarder, aucunement effrayé mais toujours aussi avachi et abattu.

« Elle n'a jamais estimé que je mérite toutes ces confidences… »

« ça n'a rien à voir… Tu sais, c'est Gohan qui a tout balancé à mon épouse quand il a estimé que j'avais assez gardé de secrets et tourné autour du pot… »

« Comment a-t-elle réagi ? »

« Elle était furieuse contre moi, évidemment. Déçue, en fait. Elle s'est sentie trahie, insultée, elle pensait que je n'avais aucune confiance en elle, que je ne la voulais pas dans ma vie… Alors que j'avais juste peur qu'on ne soit plus nous-même à cause de mes anormalités. Elle était tellement merveilleusement ordinaire… Enfin c'est ce que je pensais ! En fait, elle est aussi originale que moi… dans son genre ! »

« Moi je suis un vaurien ordinaire ! Je n'ai pas réalisé tout de suite que Pan devenait si importante pour moi, vous savez… Ce n'était que la p'tite mioche riche et bien élevée de Mr. Satan, au début… »

« … Puis elle s'est mise à te coller. »

« Oui… Elle me trouvait doué. » il souriait, les yeux dans le vague, repensant à la toute jeune fille de treize ans qu'il avait rencontré à son premier tournoi régional officiel, dans la capitale de l'Est. Depuis deux ans dans le sillage de Mr. Satan, il avait été repéré dans une bagarre de petits malfrats avec d'autres vermines délinquantes. Le plan était qu'ils devaient être clean le plus rapidement possible, s'entrainer afin de gagner un maximum de tournois nationaux et internationaux afin de mettre en valeur la qualité de l'enseignement de Mr. Satan afin qu'il ne soit jamais oublié en tant que mythe des arts-martiaux mondiaux. En échange, ils étaient blanchis et nourris. Pan participait régulièrement à leurs exercices et Dan avait finalement commencé à se trouver attiré par la jeune fille de quinze ans qu'elle était devenue lorsque lui en avait dix-sept. « Un jour, elle a exigé que je devais apprendre à voler. Elle était tellement pressée qu'elle m'a poussé d'une falaise alors que je savais à peine flotter plus de deux minutes sans transpirer… J'ai été dans le plâtre pendant huit semaines… »

« ça ne m'étonne pas. C'est la technique de drague de sa mère. »

« Videl a appris à votre frère à voler ? »

Goten retint un éclat de rire, son frère faisait même illusion auprès du plus sérieux petit-ami de sa fille. Il était définitivement très fort. « Oui, un truc comme ça. »

Danuki continuait de parler. Goten le laissait faire, sentant que son cœur se libérait et qu'il semblait réellement se détendre, au-delà du bien-être procuré par les écorchures soignées. Il raconta qu'après un certain moment d'agacement de voir cette très jeune adolescente s'intéresser à lui, il l'appréciait de plus en plus. Il ne comprenait pas qu'on puisse lui porter de l'intérêt, lui le petit merdeux des bas-fonds de Satan City. Mieux encore, il se sentait de mieux en mieux au fur et à mesure qu'il la fréquentait. Bien qu'il fut relativement rapidement sevré à son arrivée à l'école Satan, Pan le faisait se sentir plus confiant, plus intelligent, plus respectable… Avec elle, il se sentait capable de grandes choses, il avait même pris la décision de rattraper le retard scolaire que ses problèmes d'addiction et familiaux avaient indirectement provoqué. Doué pour les arts du combat, il pratiquait avec les meilleurs de l'école, donc régulièrement avec Pan, ce qui avait peut-être aider à les rapprocher…

« Puis j'en suis tombé amoureux… J'aurais pu tout accepter d'elle, même quand elle me parlait de ses petits copains, je n'étais pas jaloux parce que je voyais que, sans avoir leur place, j'étais mieux à ses yeux quand même… Mais votre cousin là… Il me l'a enlevé… Je n'étais peut-être pas grand-chose mais là, je ne suis plus rien. Je me sens vide. Je ne pensais pas que ça me toucherait autant. »

Son Goten vit toute la tristesse et croyait facilement en les paroles fragiles du jeune écorché vif. Il comprenait finalement qu'il avait peut-être vraiment besoin de se réaliser personnellement indépendamment de Pan et ce, sans s'éloigner des arts martiaux, qui avaient apparemment vraiment été une bouée de sauvetage pour lui.

« Pan aime bien les vauriens. Sans te mentir, Bardock en est un fameux… » il sentit la désolation de Danuki se muer en désespoir. « Ne te laisse pas abattre, tu n'es pas n'importe qui non plus, pour elle. Elle a hâte de te rencontrer au tournoi, elle ne parle que de ça ! C'est un signe qu'elle ne te perd pas de vue ! Cependant… Elle a des facilités que tu n'auras jamais… ça ne sera pas évident de la battre. »

« Je ne l'ai jamais battue, en effet… Je dois encore m'endurcir… Encore et encore ! Je peux l'avoir… Je dois l'avoir… » le fils de Goku avait la mine embarrassée, toujours sceptique quant à l'intérêt de cet étrange défi et aux méthodes utilisées par le jeune homme et son maître extraterrestre pour se fortifier afin de le relever. Le terrien sentit que le fils de Goku était toujours inquiet. Jetant un rapide coup d'œil à son kimono déchiré à de nombreux endroits, il força un sourire. « Mais je vais pas trop mal, là… Je vous assure ! »

Goten capitula en se redressant. Dans le fond, il comprenait que Dan n'ait pas de solution moins extrême car il n'avait jamais eu l'habitude de la modération depuis son enfance : entre l'abandon de ses parents à la naissance, le ballotage en familles d'accueil jusque l'âge de dix ans, l'engrenage de la délinquance et la désintoxication à la méthode Mr. Satan, tout avait toujours été dans l'excès dans sa vie. « Merci pour les bandages, j'en avais besoin, je crois… »

« De rien. Une dernière chose : méfie-toi de Mr. Boo. Il n'est pas humain lui non plus… Il n'est pas très sensible à la douleur des autres. »

« Je sais. C'est pour ça que j'ai voulu m'entrainer avec lui. Pour moins avoir l'occasion de penser à ma minable condition. » l'autre leva un sourcil de perplexité. « C'est mieux que de se shooter, non ? »

« C'est un point de vue… » il l'aida à se redresser. Il pensa qu'il avait énormément changé : lors de sa première rencontre avec Danuki, il l'avait trouvé maigre et méfiant, insignifiant au milieu de la bande de crapules enrôlée par le dojo. Aujourd'hui, il réalisa qu'il était le dernier de sa 'promotion' à être encore là, il avait pris son destin en mains et son mauvais départ dans la vie était devenu invisible. Il avait à présent son propre appartement et gérait sa vie comme la personne respectable qu'il était devenu. « Je te trouve très courageux. Tout ce que tu accomplis, fais-le pour toi. Ton honneur n'en sera que plus grand. »

« Ne vous sentez pas obligé de me complimenter… » Goten soupira, se disant qu'il était dommage que le jeune homme ait une si basse estime de lui-même qu'il ne sache même pas accepter un compliment. « Je suppose que vous ne veniez pas pour me dire bonjour… » il redevenait amer.

Son Goten se gratta la tête, un peu gêné. Effectivement, il reconnaissait que si il avait eu ses infos directement sur les élèves, il ne serait sans doute pas passé le voir ni même inquiété de son état…

« Je voulais quelques infos sur les groupes. Particulièrement celui des ados, en fait. »

Danuki eut un faible sourire. « Videl ne vous a rien dit ? » après un hochement de tête négatif, le terrien enchaina, plus sérieux. « La plupart sont des jeunes de la rue dans mon genre… Ils sont douze inscrits. Cependant, vous n'en aurez pas plus de huit… »

« Pourquoi ? … » osa demander le remplaçant.

« Un est recherché donc il se planque, un autre est probablement trop camé pour savoir quel jour on est donc il ne vient pas pour le moment, deux sont en détention pour mineurs… »

Les yeux du fils de Goku s'agrandirent. Après avoir avalé sa salive, il demanda « Et les autres, ça va alors ?... »

« Bof… Y'en a quatre qui sont inscrits de manière régulière, deux sont tirés d'affaire mais pas très doués ou motivés… Quant aux deux derniers… Il va falloir que vous soyez indulgent avec eux… » Goten fixa le terrien, signifiant qu'il désirait la fin de la phrase, quoi qu'il en redouta la réponse. « … Ils ne sont pas tirés d'affaire du tout… Mais mis dehors du dojo, ils sont foutus ! Je ne veux pas en perdre un de plus ! Je vous en supplie… Ne dites rien, même si ils ont un comportement suspect ! »

« D'a… D'accord. Heureusement que je suis venu te demander avant, alors… » il était à moitié convaincu mais au regard suppliant et à l'air angoissé de son interlocuteur, il ne pouvait qu'acquiescer. Rendre service à sa belle-sœur, se rappela-t-il. Le jeune homme avait des soucis émotionnels à gérer et ne savait donc pas gérer les autres en ce moment… On aurait dit que Danuki lisait dans ses pensées.

« J'ai conscience que c'est un caprice d'abandonner mon poste et d'exiger de vous quelque chose qui ne correspond peut-être pas à vos valeurs. Mais c'est un caprice quasiment vital, je vous le jure. Videl voulait absolument que ce soit vous parce que vous seriez capable de comprendre. Merci de me remplacer, sans les juger… »

Ils furent interrompus par Boo revenant de son casse-croute. Il entra dans la pièce avec un gâteau à la crème dans une main.

« Me revoilà ! Je t'ai rapporté un petit gâteau, Dan ! » annonça-t-il, guilleret en approchant.

« Je n'ai pas très faim… » répondit l'intéressé, déjà nauséeux à l'idée d'ingurgiter quoi que ce soit.

« Si, tu manges ! » insista le maître rose en fronçant ses sourcils imaginaires. Danuki se rassit lourdement en prenant l'assiette tendue.

« J'espère que tu ne lui fait pas manger que du sucre ? » demanda sur un ton léger le père de Yanu. Le gros rosé le regarda, étonné. « Peu importe… Bon, je vais y aller, l'heure approche ! Merci pour les infos, Dan ! Je passerai vraiment prendre de tes nouvelles la semaine prochaine ! Bon appétit et bon entrainement ! » l'élève acquiesça sans cesser de mâcher son chewing-gum ni sans quitter des yeux son gâteau avec un air de dégoût.

Végéta et Bulma étaient attablés dans la salle à manger familiale qu'ils utilisaient tous les jours. Ils mangeaient tranquillement, dans un silence perturbé uniquement par les bruits de vaisselle, de mastication du prince et des robots gravitant autour de lui pour le servir et désservir.

« Où est Bra ? » demanda-t-il en jetant un œil sur la place vide où s'asseyait habituellement leur fille. Manger ensemble était une des rares activités familiales qu'il appréciait.

« Dans son labo, j'imagine. »

« Trois jours de suite ? Et tu acceptes ça ? » Bulma lui répondit d'un haussement de sourcils, signe qu'elle ne comprenait pas le problème. « Qu'est-ce qu'elle a, encore ? Pan est venue, non ? »

« ça n'a rien arrangé. Elle ne veut plus la voir. Elle n'a rien dit de plus. Elle se soigne en s'enfermant dans ce qui lui plait et la sécurise le plus : son hangar. »

Végéta roula des yeux. « Vous me sidérerez toujours avec vos états d'âme ! »

« Aaahh mais ce mauvais côté-là elle le tient de toi, je regrette. C'est exactement comme quand tu t'enfermes dans la salle de gravité pendant des jours pour je ne sais quelle raison… Je ne sais rien y faire ! » elle le vit baisser les épaules, quelque peu décontenancé. « Tu vois que ce n'est pas agréable de manger seul sans savoir pourquoi…. » elle se remit à manger, estimant que la conversation était terminée. Elle ne s'énervait plus depuis bien longtemps à ce sujet-là.

« Quand tu en avais assez que je m'enferme dans la salle de gravité, tu la désactivais ! »

« Et en réponse, tu foutais le camp durant des jours à l'autre bout de la planète ! ça n'arrangeait donc rien ! »

« Tu n'avais rien à m'ordonner ! Par contre, Bra est notre fille et sa place est ici à table… » il attendit une réaction de sa compagne. Bulma continuait de manger calmement, feignant de ne pas comprendre le message. « Comme apparemment, tu ne bougeras pas… » il grogna en se levant, manquant de faire basculer son siège. Non seulement il était un peu contrarié du flegme de sa compagne, mais en plus il n'appréciait pas qu'elle n'agisse pas dans son sens.

« Tu vas l'engueuler comme moi je t'engueule ? ça n'a jamais marché… Végéta ! » il avait déjà quitté la pièce. Bulma soupira, à présent légèrement inquiète. Elle ne s'attendait pas à ce qu'il agisse 'à sa place'. D'habitude, il faisait ses commentaires sur l'éducation en faisant mine de s'en ficher et s'en tenait là… Elle était très partagée lorsque Végéta se comportait comme un parent, à la fois rassurée et heureuse de ne pas être la seule à s'inquiéter de leurs progénitures et en même temps, elle savait qu'il n'avait jamais un comportement paternel traditionnel.

Quelques minutes plus tard, le père entra à nouveau dans la salle à manger en trainant sa fille par le bras. Elle fut brusquement jetée à sa place.

« Le diner pour Bra ! » ordonna-t-il au robot qui passait par là en se rasseyant sur sa propre chaise.

« Il a détruit tous mes outils et les deux machines qui m'assistent. » déclara la jeune fille à sa mère, apparemment sereine. Elle était toujours en salopette de travail, les cheveux sortant négligemment de sa queue de cheval. Affalée sur sa chaise, telle une ado nonchalante, elle était tournée vers sa mère, cherchant mine de rien, un soutien. Ça fit mouche, Bulma dévisagea son compagnon, outrée.

« Tu sais la valeur qu'avait ce matériel ?! T'es vraiment une sale brute dégénérée ! »

Végéta l'ignora royalement. Il continua de parler à sa fille. « Mange ! »

« J'ai déjà mangé ! »

« Vingt-cinq tablettes de chocolat, ce n'est pas manger ! »

Elle ramena ses jambes croisées en tailleur dans un roulement d'yeux.

« Tu n'as mangé que ça ! Mais tu vas te rattraper immédiatement ma chère ! » se ravisa Bulma. Végéta jubila imperceptiblement, sa compagne s'investissait enfin dans la bataille.

Le silence s'installa dans la salle à manger, les parents attendant patiemment que la jeune fille se sustente. Bra, en contre-attaque, picorait littéralement dans ses plats en dévisageant successivement son père et sa mère.

« J'ai tout mon temps. » annonça Végéta. Il prit sur lui quand sa fille roula à nouveau des yeux avec arrogance en mettant en bouche un minuscule morceau de viande.

Au bout de quelques longues minutes de cinéma où les parents fixaient leur adolescente rebelle mâcher lentement un petit bout de nourriture à la fois en les toisant, Bulma soupira longuement. « Moi je n'ai pas tout mon temps. Si vous voulez que Bardock parte rapidement, je dois aller travailler. »

« Fais. Pendant ce temps-là, j'éduque. » il sourit vicieusement à sa fille qui feignit de ne pas l'avoir vu. Sachant que ses paroles pourraient servir son discours futur, il s'adressa à sa compagne. « à quoi passes-tu ton temps pour lui, encore ? »

« J'adapte la machine temporelle pour qu'elle soit à usage unique. Ce n'est pas chose facile. Aucun paramètre ne doit être ignoré sinon on risque de provoquer un désastre. »

« Tu ne peux pas t'empêcher de relever de nouveaux défis… Les machines et les technologies passeront toujours en premier. Toi, tu comprends ça, Bra. »

« Ah, mais il y a ça aussi ! Restituer le matériel détruit inutilement par ton père, Bra ! Quelle famille, j'vous jure ! » elle quitta alors la pièce en grommelant qu'elle n'était jamais tranquille et que rien n'était jamais fait pour l'aider.

Les minutes passèrent ensuite en silence, Végéta regardait sa fille qui commençait à manger un peu plus vite, légèrement mal à l'aise de l'attitude paternelle maintenant qu'ils étaient en tête à tête. Malgré tout peu habituée à se laisser décontenancer, elle le provoqua.

« Tout passe après la mécanique, disais-tu ? ça fait quoi d'être le numéro deux dans le cœur de Bulma Brief ? »

Végéta était toujours très calme, la discussion allait exactement là où il voulait. « Ce n'est pas aussi simple mais si tu veux que j'utilise tes termes, elle est également numéro deux dans le mien. » sa fille le fusilla du regard, comme prévu. « Je l'ai choisie en connaissance de cause et elle aussi. Elle sait bien que ma priorité c'est ma rivalité avec Kakarotto. Une vraie obsession… Comme elle et toi avec vos machines… »

« Elle ou une autre, c'était pareil, quoi ! »

« Absolument pas. J'ai très vite compris qu'elle était l'élite de cette planète à tous niveaux et que j'étais ce qui était de mieux pour elle pour lui faire une descendance idéale. Regarde-toi… » elle soupira en roulant une fois encore les yeux. Insensible à l'espèce de compliment formulé par son père, elle demanda si elle pouvait sortir de table. « Non, je n'ai pas fini. On ne choisit pas ses complices. Ils s'imposent à nous. » sans s'interroger du pourquoi, Bra comprit immédiatement qu'il abordait le sujet 'Pan'.

« Moi bien. J'ai fait ce que tu n'as jamais osé faire avec son grand-père, je l'ai sortie de ma vie purement et simplement. Tu essayes juste de te déculpabiliser d'avoir supporté et de supporter encore un type que tu hais. » Végéta encaissa, impressionné par le ton acerbe de sa progéniture.

« Tu as probablement été encore plus odieuse que maintenant avec Pan, comme j'aurais aimé voir ça… Mais ça ne change rien au fait qu'on ne choisit pas. Aussi insupportable soit-elle, tu vas devoir te la coltiner à vie. Elle et tout ce qui la compose. Autant t'y habituer tout de suite, ça ronge moins les nerfs. »

« Et pourquoi tu n'es pas avec Son Goku en ce moment vu que vous êtes tellement inséparables ? »

« Parce que, à l'exception de sa passion pour le combat, tout ce qu'il fait m'indiffère ou m'agace… L'avoir à mes côtés en permanence n'est pas l'important, c'est même préférable vu comme sa bienveillance et sa curiosité exacerbée me donnent des haut-le-cœur… Tout ce qui compte, c'est qu'il existe. »

« Merci pour ces belles histoires d'amour et d'amitié… Et de toute façon le détraqué qui obsède Pan va probablement la tuer prochainement donc autant que je m'en détache tout de suite. »

Végéta fronça imperceptiblement les sourcils. Loin de lui l'idée de s'inquiéter du sort de Pan mais il savait sa fille liée à elle et donc que sa disparition allait la faire souffrir comme la mort de Son Goku l'avait anéanti. Il ne fallait pas que ça arrive.

« Où est-ce que tu vas ? Ton hangar est hors service… » demanda-t-il en suivant sa fille d'un regard suffisant quand elle se levait de table. Elle s'arrêta à mi-chemin dans un grognement. Il continua dans une vilaine voix. « Viens dans la salle gravitationnelle. Le générateur central se détraque en pleine montée de l'attraction… C'est très gênant. Il faut agir immédiatement. Je suis très pressé. » Bra se crispa en marmonnant davantage de rage. Elle savait qu'elle allait passer un sale quart d'heure rien qu'au ton mauvais qu'employait son père. « C'est un ordre ! Tu crois que tu peux te moquer de ton père en toute impunité, petite insolente ? Tu es bien naïve… J'espère que tu as pris des forces en suffisance ! »

Il avait très vite accepté le peu de goût de sa fille pour les arts du combat, d'autant qu'elle était très performante dans un autre domaine, ce qui lui suffisait au final… Mais ce n'était pas une raison pour l'éloigner totalement de son univers et ne jamais stimuler son sang saiyen. Il exigeait de temps en temps qu'elle éprouve son corps de manière extraordinaire, ainsi elle était régulièrement contrainte à évoluer dans la salle de gravité en action. Elle ne devait pas se battre avec lui, juste être dedans et supporter la pression. Avec la danse de l'air, c'était la seule manifestation de sa puissance saiyenne qu'il lui avait imposé.

Plusieurs heures plus tard, Goten était étendu dans son divan, les mains derrière la tête, il regardait le plafond distraitement, réfléchissant à ces heures étranges qu'il avait passés au dojo. Yanu et Miiky dormaient depuis un moment, épuisés de leur journée. Il fallait dire qu'ils avaient prolongé leur entrainement dans une salle adjacente pendant qu'il s'occupait de la leçon des adolescents.

En repensant aux fameux cours qu'il avait donnés… Dans quoi s'était-il encore embarqué ? La leçon avec les enfants avait été formidable et correspondait tout à fait à ses attentes : il avait passé un excellent moment ! Les enfants étaient souriant, motivés et réceptifs, il avait également constaté les grands progrès de son neveu, celui-ci ayant développé des compétences techniques remarquables au point de battre son propre fils trois fois sur cinq duels, événement que Yanu ne lui avait encore jamais rapporté auparavant. Il le croyait cependant possible car ils s'entrainaient de temps en temps chez lui en pouvant élargir un peu leur puissance, ainsi le fils de Gohan avait également progressé dans ce domaine. Les autres enfants du cours étaient adorablement ordinaires, certains plus doués que d'autres mais tous, presque sans exception, s'appliquaient à répéter ses mouvements de maître avec sérieux et parfois courage.

Ensuite, c'était l'heure de l'entrainement du groupe d'adolescents de Danuki. Il soupira profondément en amenant ses mains à son front, se disant qu'il n'avait vraiment pas hâte de les revoir la semaine suivante… Il se demandait si Videl était au courant de qui fréquentait vraiment ces leçons… Les deux jeunes « pas tirés d'affaire » selon les termes de Danuki étaient de vraies plaies… L'un avait essayé de l'intimider en l'attaquant en traitre avec un couteau, que Goten avait facilement évité mais ce geste l'avait particulière choqué. Quant à l'autre, il était persuadé qu'il planquait de la marchandise illicite quelque part dans le dojo au vu de son intérêt pour les lattes de certains murs de la salle. Une partie de lui, lui hurlait de dénoncer tout ce petit monde… Et une autre lui intimait de faire confiance au jeune homme qu'il remplaçait… Il décida de laisser encore passer une semaine, se souvenant que la dernière fois qu'il avait laissé parler sa spontanéité, ça ne s'était pas idéalement terminé.

Il sortit de ses pensées à cause d'une vibration ressentie sur sa cuisse droite. Il se mit à tâtonner son pantalon de survêtement rouge avant de sortir son téléphone portable. Il répondit rapidement en voyant le prénom de sa femme sur l'écran, réalisant alors qu'il n'était pas normal qu'elle ne soit pas encore rentrée à cette heure avancée.

« Ah, enfin ! ça fait près d'une heure que j'essaye de te joindre ! »

« Désolé, j'avais la tête ailleurs. Tu vas bien ? »

« Je reviens de chez Trunks et Tressi… D'ailleurs, tu as des messages… ! »

Goten jeta un rapide coup d'œil et grimaça en voyant qu'en effet Trunks avait essayé de l'appeler trois fois, laissé deux messages vocaux et un message texte. Il constata qu'il y avait également deux appels de Mady et deux de Videl. Il reporta attention à son épouse en communication.

« Tu veux que je vienne te chercher à la Capsule Corporation ? »

« Non, non… Là je suis sur le toit de notre maison. Je veux bien que tu viennes m'y chercher, quand même… AAahh… ! »

Le cri de détresse de Mady le fit bondir hors du divan et se précipiter vers leur cage d'escalier afin de monter sur le toit. Il surgit à l'air libre dans la nuit noire. Il fronça les sourcils, ne voyant Mady nulle part. Une vague d'inquiétude le submergea quand il faillit écraser une des ballerines blanches de son épouse.

« Je suis là… » gémit une voix lointaine venant du ciel. Aux aguets, il leva les yeux vers les étoiles et ce qu'il vit le stupéfia au premier abord. Un nouveau cri et la contemplation de la scène lui arrachèrent un petit sourire. Oui, il s'agissait bien de sa femme, bien qu'il ne pouvait qu'apercevoir une tresse blonde, des mains crispées et des pieds - dont l'un dépourvu de chaussure - dépasser de part et d'autre d'un nuage jaune en suspension à quelques mètres en hauteur.

« …Et notre jet ? » demanda-t-il une fois qu'il se fut élever à son niveau, les bras croisés. Il vit la gratitude dans son regard.

« En panne… » bredouilla-t-elle sans déraidir ses mains de l'amas duveteux ni sans perdre sa concentration.

« Et Trunks et Tressi ne pouvaient pas te dépanner ? ça m'étonne… »

« J'ai pas demandé… Trop la honte… »

« Et le bus, c'était la honte aussi ? »

Elle lui jeta rapidement un coup d'œil avant de produire un nouveau petit gémissement, probablement effrayée par le vide ou le léger frémissement du nuage. Goten secoua la tête, malgré tout bluffé par la situation : sa femme avait choisi d'appeler Kinto-un au détriment de tout autre moyen de transport moins original pour elle et le pire, c'était que la chose lui était venue apparemment spontanément.

« Tu ne descends pas ? » reprit le mari avec un air innocent, s'amusant beaucoup de la situation.

« Il… Il ne m'obéit plus… Aaahh ! » Kinto-un venait de faire une brève oscillation nerveuse.

« Kinto, tu es contrarié, je comprends… Mady, on ne parle pas à la troisième personne de quelqu'un de présent, voyons ! Redemande-lui de te descendre gentiment. »

Mady n'était pas enchantée de la petite leçon que lui donnait son mari, elle voulait qu'il vienne simplement la chercher. Cependant, elle le connaissait assez pour savoir qu'il ne plaisantait pas totalement ou plutôt que Son Goten prenait certaines choses drôles et absurdes au sérieux. C'était un trait de caractère hérité de son père. Trait qui d'habitude plaisait beaucoup à Mady, quand elle n'en était pas la « victime ». Elle relâcha sa pression brièvement, désireuse de se justifier.

« Mais c'est lui, qui… » elle ne termina pas sa phrase, afin de ne pas tomber, elle dut renforcer sa prise d'urgence sur le nuage doré qui recommençait à se remuer pour l'embêter.

« Sois gentille… » dit encore Goten sans faire attention à la posture inconfortable de son épouse. Dans un petit soupir et désirant se sortir de ce mauvais pas au plus tôt, elle renonça à s'obstiner à avoir raison.

« Kinto… En douceur, peux-tu me redescendre au niveau du toit afin que je puisse descendre… S'il te plait… » grommela-t-elle entre ses dents après avoir compris que Goten ne lui parlerait pas lui-même.

Le nuage démarra alors tranquillement sous le regard bienveillant du demi-saiyen qui redescendait en même temps. Le nuage se stabilisa à un mètre du sol. Une fois que Mady fut certaine de l'immobilité de son moyen de transport, elle bredouilla un remerciement. Elle atteint le sol du toit sur son pied chaussé, finalement aidée d'une main galante de son mari.

« Merci de l'avoir ramené ! à la prochaine ! » dit ce dernier au nuage. Le cumulonimbus les encercla une ou deux fois en réponse puis disparut vers le ciel sous les salutations du couple. Il se tourna ensuite vers Mady qui s'occupait à remettre sa chaussure perdue. Elle se sentit soudainement brièvement désorientée, il venait de la prendre dans ses bras, la serrant chaleureusement de tout son corps contre le sien.

« Merci. Tu es hors norme. » lui souffla-t-il à l'oreille.

Elle était interloquée mais absolument contente de cette étreinte de son amoureux. « Je suis surtout stupide d'avoir pensé à Kinto-un avant le bus… Il est pas aussi facile à conduire que je ne le pensais… »

« Il est très taquin. » justifia-t-il après s'être légèrement détaché d'elle afin de la regarder. « Tu as beaucoup de chance qu'il t'accepte seule sur lui. Tu l'as appelé toi-même et il est venu ! C'est génial ! Ça me rend très fier ! »

Mady fut très touchée de ces paroles, elle serra le t-shirt de son mari, émue à en avoir les larmes aux yeux, à cause de son aventure personnelle mais surtout de le voir si content. « Et paradoxalement je m'obstine à emporter un barbecue quand on part camper… Je n'ai pas de sens ! »

« Ne change jamais ! » il la dévisagea encore, savourant le visage pâle et épanoui de cette femme qu'il avait rencontrée il y a plus de dix ans et qui arrivait encore à la surprendre si souvent. « Tu peux pas savoir comme ce moment me remonte le moral ! »

« Pour que tu en oublies de voir le temps passer, tu devais vraiment être plongé dans des inquiétudes… »

« Ce soir, j'étais dans la quatrième dimension, j'crois… »

« Allez, viens, tu vas m'expliquer tout ça à la maison ! J'ai des choses à te raconter, moi aussi ! »

Rayonnante et dynamique comme à son habitude, elle prit sa main et l'emmena vers la porte leur permettant de redescendre chez eux.

Le vendredi chez l'ainé des Son avait été effectivement mouvementé pour Bardock, bénéficiaire privilégié d'une session d'entrainement intensive visant à l'aider à gérer ses nouvelles capacités.

La journée avait donc commencé par un petit déjeuner en famille à la fois savoureux et migrainant, Gohan titillant son grand-père de manière aléatoire durant tout le repas sous les yeux perplexes, amusés et exaltés de respectivement son fils, sa femme et sa fille. Ensuite, le saiyen avait été contraint de regarder son petit-fils travailler dans son laboratoire sous un flot quasi-continu de questions auxquelles il était tenu de répondre, questions allant d'un petit calcul gentillet à des interrogations plus personnelles et douloureuses, avec comme consigne de ne pouvoir changer d'humeur énergétique sous peine de se voir attaquer spirituellement. L'exercice suivant, Bardock devait suivre des yeux l'entrainement de Pan et son père à une distance raisonnable, il devait monter et descendre sa force en suivant celles de ceux qui se battaient ce qui nécessitait de pouvoir mettre en veilleuse les perturbations que pouvaient engendrer la faune environnante une autre difficulté résidait dans le fait qu'il arrivait au demi-sang d'attaquer son grand-père d'une boule d'énergie, offensive que le saiyen devait lui renvoyer avec la même intensité ou encaisser, sous peine de recevoir une nouvelle charge cérébrale pas piquée des vers. Enfin, en guise de récompense, le saiyen avait pu retourner dans le désert afin de se défouler un maximum en remodelant le paysage à sa guise. L'ultime consigne avait été de ne pas descendre en-dessous d'un certain seuil de force. Ce dernier test avait deux avantages : le vider au maximum de ses réserves et enfin avoir un aperçu clair de son potentiel.

Le lendemain, Pan était en train de travailler sur ses leçons dans sa chambre. Enfin, elle rêvassait à son bureau plutôt. Ce matin-là, avant de partir au dojo pour régler des problèmes administratifs et voir son père, sa mère lui avait demandé de travailler un peu pour l'école afin qu'elle n'ait pas trop de mal à reprendre le rythme après le tournoi lorsqu'elle recommencerait les cours. Son Gohan avait soutenu l'initiative, il avait lui-même du travail à rattraper, sa session matinale de la vieille avec Bardock avait été moins productive que celles des jours précédents. Cependant la jeune fille n'était pas très concentrée, elle aurait préféré passer sa propre matinée avec Bardock… Elle se dit que la vie sera bien monotone une fois qu'il serait parti et que le quotidien fade reprendrait totalement son court après le tournoi… à ce moment, elle n'aurait plus ni l'amitié de Bra et peut-être même plus la compagnie de Danuki…

Pan sursauta quand la porte de sa chambre claqua soudainement. Bardock s'approcha vivement d'elle en terminant d'ajuster ses brassières.

« Vous m'avez laissé dormir mille ans, putain ! » lui dit-il en guise de salut.

« Salut ! Si tu as dormi autant c'est que t'en avais besoin, je pense. » elle était soudainement joyeuse, à son propre insu. Elle était ravie de l'intrusion dans sa chambre, elle avait craint qu'il ne file par la fenêtre à son réveil, comme d'habitude après un événement dérangeant.

« Et le gnome bavard, il est mort ? » il remarquait qu'il avait des sensations étranges depuis son réveil… Pour être plus précis, il vivait une absence de perceptions. C'était sans doute dû à la nécessité d'ajuster ses capacités après l'entrainement mental extrême qu'il avait subi.

« Miiky ? Non… Il est chez Goten pour le week-end ! Papa voulait un minimum de perturbations pour ton entrainement d'hier et ton repos d'aujourd'hui. »

« C'était une torture. » Un silence s'installa. Le saiyen la dévisageait, un genre indéfinissable sur le visage. Il essaya de repérer les énergies ambiantes et il réalisa alors que même Son Gohan dans la pièce d'à côté raisonnait de manière ténue en lui et qu'il n'avait plus l'impression d'être touché de toutes parts par les organismes vivants environnant. Il ne se sentait plus non plus nauséeux…

« Hier, c'était dur mais tu as bien géré ça ! Concentre-toi encore un peu calmement, tu vas retrouver des sensations communes et apaisantes… ! Et t'as super bonne mine, ce matin ! »

« Super… Je n'avais rien demandé ! Qu'est-ce que ça peut vous foutre que je dorme bien ou non que j'apprécie ressentir à outrance ou non ?! Vous me faites vraiment chier ! … » il s'approcha d'elle et s'appuya sur le bureau d'une main et sur le dossier de la chaise où était assise Pan de l'autre, l'invitant à bien le voir lorsqu'il continua son discours, d'un effroyable calme. « … Et soyons bien clair… Si tu recommences la petite crise que tu m'as faite avant-hier, si je ressens encore une seule seconde ce que tu m'as fait subir… Sans dernier avertissement… Je te bute ! »

Les pupilles de la jeune fille se dilatèrent lentement, assimilant progressivement les paroles menaçantes de Bardock. Sans avoir l'air de mesurer le désenchantement qui se peignait sur les traits de Pan, il quitta la chambre, d'un pas sûr mais pas énervé. Elle resta pantoise quelques instants, ravalant difficilement sa salive. Elle s'attendait à tout sauf à ça… Elle se dit alors que ses parents avaient peut-être raison, qu'il n'avait absolument pas la même perception du monde qu'eux… Qu'avait-elle pu faire pour le déranger ainsi ? Inexplicablement, elle fut encore tentée de le suivre puis se ravisa, elle avait promis à ses parents d'éviter de le poursuivre de manière irrationnelle, se persuada-t-elle. Elle se convainquit enfin qu'il avait formulé sa menace sous la colère. Sauf que son discours n'avait vraiment pas l'air irréfléchi…

Chassant ces impressions déprimantes, elle tenta de se recentrer sur son travail mais ce ne fut que de courte durée. Au bout de quelques minutes, Bardock revint dans sa chambre et s'assit sur le lit, sans dire un mot. La situation était étrange, il n'avait rien ajouté à son retour et elle n'osait plus rien dire de peur qu'il ne la menace ou seulement ne parte à nouveau. Elle était soulagée de l'avoir vu revenir. Elle fit mine de reprendre son étude. Le silence était pesant, Pan n'osait pas se retourner, elle ne comprenait pas l'attitude du saiyen. Elle tenta finalement une approche :

« Tu … »

« Quoi ? » coupa-t-il d'un ton dur et cassant.

«… attends quoi ? »

« J'attends que tu quittes ce bureau pour qu'on aille bouffer. »

« Pourquoi ? » elle était rouge comme un coquelicot tant elle était décontenancée puis émue de cette annonce.

« Parce que tu me l'as demandé, tiens ! Un jour tu me demandes pour rester avec moi, j'accepte malgré le fait que tu m'emmerdes à m'écraser avec ton énergie puis maintenant tu veux plus ? C'est quoi ton problème ? »

« Je ne comprends pas… tu n'as pas l'air content quand… »

« Et alors ?… Je ne suis jamais content sur cette planète de merde, est-ce qu'un jour ça va rentrer dans ton p'tit cerveau de terrienne limitée ? »

« Je vois. » elle fut étrangement aussi touchée par ces paroles que par les menaces de mort, pas par l'insulte mais parce qu'elle avait eu le vain espoir que la gestion de son potentiel l'aiderait à se sentir mieux parmi eux et à voir qu'ils ne voulaient que améliorer son bien-être.

« J'le dis plus, on y va ! J'ai la dalle ! » il n'avait absolument pas l'air de voir le trouble de son arrière-petite-fille encore une fois… Il n'avait qu'un seul objectif : quitter cette maison pour aller manger avec elle comme c'était prévu dans son esprit. En analyser les raisons n'avait aucun intérêt.

Pan ne réfléchit alors pas une seconde de plus et le suivit, ils quittèrent la chambre puis la maison et rejoignirent la clairière aux cerisiers.

« Qu'est-ce qu'on va chasser ? » demanda-t-elle en se posant sur l'herbe, décidant de ne plus écouter ses états d'âme.

« Rien, tout est déjà prêt à cuire… J'ai un stock à finir avant que ça ne pourrisse. À cause des conneries de ton père, c'était presque foutu. Je déteste le gaspillage. » elle regarda dans la direction pointée par son index gauche et eut un haut-le-cœur en voyant un des cerisiers rempli de cadavres de rongeurs pendus par la queue aux branches. Elle trouva le tableau très glauque.

« Lequel tu veux pour commencer ? » s'entendit-elle demander. Elle ne sut que répondre par un bredouillement. « Si tu râles, t'en auras pas, Gamine… » voyant qu'elle contemplait encore bêtement l' 'arbre à nourriture' il tendit le bras, arracha une branchette de l'arbre, se saisit d'un gros rat gras, enfonça le bâton le long de la colonne vertébrale de l'animal et le montra à Pan. « Je le dépèce et je le cuis, je suppose ? » un rictus d'amusement surgit sur ses lèvres en voyant la jeune fille acquiescer lentement, tentant de cacher son écœurement. D'un geste maitrisé, il retira la peau de la bestiole proprement, la jeta puis cuit le rat d'une efficace boule de feu.

Pan se saisit de la brochette avec une main tremblante. « Merci… »

Elle évita de regarder sa viande pendant que le saiyen se servait lui-même. Il s'assit alors en tailleur sur l'herbe et commença à se sustenter.

« Tu manges avec les yeux ? »

Elle s'assit alors rapidement et contempla encore sa nourriture. Afin de retarder encore le moment de son repas, elle ajouta « Je suis étonnée que les charognards n'aient pas dévalisé ton… Garde-manger. »

« J'ai pissé tout autour de l'arbre pour marquer mon territoire. » elle rit jaune à ce qu'elle prit comme une blague. Son regard sérieux et interrogateur la convainquit qu'il ne plaisantait pas. Elle porta alors définitivement son attention sur son repas et entama son morceau de viande en croquant dans une des cuisses arrière de l'animal. À sa grande surprise, elle trouva ça plutôt bon, bien cuit et au goût tendre et juteux.

« On va devoir partager… Y'en a pas tant que ça, finalement. Et à cause de ton père, la chasse sera moins facile qu'avant-hier, je vais devoir faire des efforts pour les trouver, maintenant… » Personne ne se fit la réflexion qu'il s'était, comme d'habitude, vite accoutumé à ses capacités vu que dans sa précédente vie il ne devait pas non plus avoir facile de repérer les petits animaux. Il avait déjà fini son premier mustélidé. Elle l'observa se lever, sélectionner, nettoyer et préparer ses trois pièces de viande suivantes avec le même soin que la première.

« Tu sais que pour aller plus vite, tu peux chasser des animaux plus gros ? »

Il fronça les sourcils. « Mouais… Disons que chasser des rats c'est plus discret que de massacrer des dinosaures géants. »

« Pourquoi tu as besoin d'être discret ? On sait que tu dois te nourrir… Tu peux faire comme tu faisais avant ! »

Un fin sourire s'étira sur son visage, il sentait que Pan avait une vision erronée de son ancien quotidien « Et d'après toi, comment je faisais, avant ? » son rougissement et sa précipitation à prendre une nouvelle bouchée de cuisse juteuse lui indiqua qu'elle réalisait aussi qu'elle allait dire une bêtise. « Nous étions rarement sur des planètes où on pouvait se permettre d'envoyer des feux d'artifice et exploser toute la faune en arrivant… On devait souvent se faire discret ! Et garder nos forces… Les p'tits soldats dans mon genre n'étaient pas une grosse perte alors on nous envoyait souvent sur des planètes fort peu connues, on y allait alors mollo par prudence … Donc on mangeait des p'tits trucs en attendant de savoir à qui on avait affaire… » Pan l'écoutait religieusement en entamant les pattes avants de sa grosse bestiole. Le saiyen détaillait du regard sa propre nourriture en réfléchissant. « Et puis j'aime bien les rats, je trouve qu'ils sont assez proche de nous ! Ils vivent en bande, s'entendent bien entre eux, ils sont nuls quand ils sont tout seuls mais balaise ensemble, envahissent progressivement des territoires pour leur propre intérêt, mangent beaucoup… Et en les chassant je dois avouer que je me sens un peu comme devait être Freezer… Je les ai observé, laisser se reproduire, me montrer des coins sympas, j'ai profité de ce qu'ils savent… Et puis je les ai cerné et massacrer tous en même temps… ! » il marqua une petite pause. « Ouais, c'est ça… Nous nous sommes fait avoir… Comme des rats ! »

Pan était navrée de son air désabusé. Décidant de ne pas parler plus longtemps de choses tristes, elle chercha un nouveau sujet de conversation et le trouva encore dans sa pitance originale.

« Tu ne l'a pas vidé, mon rat ? »

« Tu rigoles ? C'est le meilleur, les entrailles ! » il la vit faire une nouvelle grimace. « Quoi ? Tu vas vomir ? Y'a pas intérêt, j'en ai marre de gerber et c'est communicatif… »

« Tu as déjà vomi il n'y a pas longtemps ? Quand ? »

« Chez la vieille, dans le couloir juste avant de venir essayer de t'assommer. »

« Hah ! Dans les quartiers où Bra évolue ! Trop bien, j'espère qu'elle a marché dedans ! »

« Tu souhaites que ta pote marche dans mon vomi, super… »

« C'est plus mon amie, c'est elle-même qui le dit ! »

« Elle est morte ? »

« Non… »

« Ben alors c'est toujours ta pote ! ça l'est toujours ou ça ne l'a jamais été… » elle haussa les épaules, peu convaincue et surtout pas motivée à continuer à parler de ce sujet encore douloureux. Bardock avait toujours la tête dans sa nostalgie métaphorique. « Tu crois que les rats ont le luxe de se choisir leurs camarades ? Je les ai observés, certains ne peuvent pas se blairer mais bon, ils sont tout le temps coltinés les uns avec les autres, c'est plus fort qu'eux. Je les ai pas tous tués en même temps pour voir… Les autres étaient très fâchés, voir au bord de la folie… J'ai été sympa d'abréger leurs souffrances… »

Elle ne répondit rien, déjà en train de chercher une nouvelle conversation pour éviter d'être triste en pensant à son amitié perdue ou jamais acquise ou alors à continuer de discuter de chasse sadique ou de peuple saiyen décimé.

Prenant son courage à deux mains, elle mordit dans le gros ventre de sa nourriture et fronça les sourcils en perdant un élément gluant de l'animal sur ses jambes croisées. Après avoir mâché et avalé ce qu'elle avait en bouche, elle posa le regard sur ce qu'elle avait perdu, pensant tomber sur un morceau de viscère. En identifiant ce qu'elle avait sur le genou, elle se mit à hurler en reculant sur les fesses d'un mètre, tenant toujours fermement sa brochette d'une main crispée.

« Quoi encore ? » soupira le saiyen sans cesser de mastiquer.

« C'est un bébé rat qui n'est même pas encore né ! » réalisa-t-elle avec horreur.

« Oui, je t'ai donné une rate pleine, c'est plus gras… C'est beaucoup plus nourrissant, tu devrais être contente ! » il était sincèrement interloqué de la réaction outragée de son arrière-petite-fille. « Des viscères ça va mais ça, non ? J'comprends rien… »

« Mais ce sont des bébés ! Ils devaient vivre ! Et puis cette pauvre mère… Je peux pas manger ça ! »

« Cette sacrée famille… ça vous obnubile vraiment apparemment… ça change quoi franchement ? Ils auraient vécu, je les aurais bouffés dans quelques semaines maximum. Au moins là, ils ont pas la honte de perdre la vie en se faisant massacrer… »

Pan fronça les sourcils, froissée. « Oui, c'est très important. On a du respect pour les gens qui nous ont mis au monde, qui nous apprennent tout sur le monde et on aime nos descendants qui nous aiment en retour. Le lien du sang est le plus fort. »

« C'est pour ça que les terriens sont faibles. Nous les saiyens on met toutes les considérations pouvant trop influencer notre instinct de côté du genre orgueil filial. Moins de prises de tête, plus de force ! »

« Nous on est pas comme ça. » grommela Pan, toujours vexée mais dans l'incapacité de se défendre, principalement pour ne pas se disputer avec lui. Bardock continua de parler.

« Ton grand-père saiyen est aussi comme ça, tu sais… » Pan fronça les sourcils, perplexe. « Il a tué son frère… Alors que Végéta est toujours là… » un fin sourire s'étira sur ses lèvres en voyant la jeune fille bouche bée, cherchant un contre-argument.

« C'est pas… C'est pas pareil du tout ! »

« En plus de trouver de quoi se défouler et de la bouffe, la seule chose essentielle pour un saiyen c'est de se trouver des complicités incontestables et solides. Liens du sang ou non. C'est comme ça. » elle continua de le dévisager en faisant la moue, peu convaincue. Elle voulait parler de tout et de rien avec lui, pas de sujets sérieux où ils sont en désaccord comme celui-là. Il se leva, il avait terminé ses brochettes. « Allez, arrête de faire la tronche ! Finis tes bébés rats, je te ramène ses oncles et ses potes pour leur tenir compagnie dans ton système digestif ! » il vit que son regard ne changeait pas. Un petit sourire apparut alors sur son visage. « Tu veux un autre et que je mange celui-là ? » elle se dérida aussitôt en hochant vigoureusement la tête. « Gamine capricieuse. »

« J'assume ! » il avait déjà réussi à la remettre de bonne humeur.

Il revint bientôt vers elle avec une nouvelle brochette cuite à point. Il l'échangea avec celle qu'elle portait encore à distance raisonnable d'elle avec répulsion. « Avec celui-là tu n'auras plus de problème… C'est un gros mâle ! »

Elle le remercia. Elle passait à présent un excellent moment ! Elle n'aurait jamais pu parier que déguster des rongeurs en compagnie de son arrière-grand-père lunatique pouvait être qualifié comme tel quelques jours auparavant…

Au bout de quelques minutes, Son Gohan apparut à quelques mètres d'eux.

« Je n'ai pas sursauté ! Qu'est-ce que j'ai gagné ? » s'exclama Bardock. Pan félicita son aïeul en applaudissant, prenant soin de ne pas faire tomber sa nourriture. Elle se tourna vers son père, désireuse de partager leur bonne humeur mais elle ne vit que son air soucieux. Soudainement embarrassée et surprise de le voir en tenue de ville, elle lui dit alors :

« Papa ! Je te promets que l'arbre sera vidé de tous ces cadavres avant le retour de grand-mère ! »

« Ce n'est pas pour ça que je suis là. » répondit-il, monotone.

« Qu'est-ce que j'ai encore fait ? » demanda le saiyen ironique avant d'arracher la tête de son rat et de la recracher plus loin. Sous son ricanement provocateur, Pan s'offusqua du manque de charme de l'action.

« Il faut que je te parle en tête à tête, Pan. »

Sa fille planta alors sa brochette dans le sol. Avec appréhension, elle se leva doucement et suivit son père à quelques centaines de mètres.

« Je te promets que je l'ai même pas suivi, c'est lui qui m'a demandé de venir ! Pour manger… » elle s'arrêta au milieu de sa phrase, repérant une nouvelle émotion dans le visage morne de son père : la peine. « Qu'est-ce qui se passe, papa ? »

« Gyumao vient de mourir. » il se reprocha instantanément sa déclaration abrupte mais il avait lui-même encore du mal à encaisser la nouvelle. Il venait de raccrocher avec sa mère puis Videl.

Un blanc interminable s'installa entre le père et la fille. Celle-ci assimilait l'information avec difficulté. « C'est pas possible… Tu viens d'y aller et tu es revenu. Il était vivant, tu étais serein ! »

« Le dernier traitement que je lui ai donné n'a… rien changé. » il le ressentait comme un échec et ne savait pas encore l'expliquer. « Je suis vraiment désolé, Pan. »

Elle ne réagit pas, totalement amorphe suite à cette nouvelle. C'était la première fois qu'elle était confrontée à la mort de quelqu'un de sa famille. Tout se bouscula progressivement en elle, le manque s'installa quand elle chercha nettement la source d'énergie de son pétillant arrière-grand-père terrien. Elle ne trouva que le vide. Son père voulut lui prendre la main pour l'amener à lui mais elle se recula brusquement, interdite. Elle ne voulait pas de cette étreinte qui se voudrait réconfortante qui confirmerait le désastre qu'elle vivait : elle ne sentirait plus jamais la présence rassurante de Gyumao. Après Bra, elle perdait une nouvelle personne qu'elle avait négligé.

Elle reprit en partie ses esprits en entendant la voix de Son Gohan. « … devons nous rendre au mont Fry Pan le plus tôt possible. » il lui expliquait sans doute le déroulement des heures suivantes.

Gohan ne savait que dire de plus pour sortir sa fille de sa torpeur.

Il fut interrompu dans ses propres introspections par la sensation de devoir se protéger lui et sa fille. Instinctivement, il rejeta son bras droit en arrière, éjectant alors une salve d'énergie blanche qui se dirigeait droit sur Pan. L'instant suivant, il en éjectait une deuxième et se saisit du bras de Bardock qui se ruait littéralement dans la même direction que ses attaques.

« Je te l'avais dit que je te tuerais si jamais tu recommençais cette persécution ! C'est insupportable ! » il essayait d'aller vers la jeune fille alors qu'il était retenu solidement par son petit-fils qui enserrait ses poignets, commençant seulement à assimiler ce qu'il venait de se passer. Bardock avait soudainement attaqué Pan.

Celle-ci restait impassible, les yeux encore dans le vide, elle ne réalisait pas vraiment ce qu'il venait de se passer. Ni le décès de Gyumao, ni l'attaque du saiyen.

« ça, c'était la dernière chose que j'imaginais arriver aujourd'hui… » gronda Gohan en brusquant le saiyen afin qu'il porte son attention sur lui. « Tu viens de commettre un acte que tu ne feras qu'une seule fois… » le voile bleuté qui traversa les pupilles du demi-sang fit naitre un rictus méprisant sur le visage du saiyen.

« Tu mets jamais tes menaces à exécution, pourquoi ça serait différent, maintenant ? » cracha-t-il. Son Gohan sentit une énorme vague de colère en lui. Il jeta un coup d'œil à sa fille, prostrée. Il crut que ça allait renforcer sa rage, mais au contraire ça l'apaisa.

« Il y a eu assez de mort pour aujourd'hui… Va t'en ! » une fois qu'il sentit que son grand-père avait compris que sa demande était irrévocable, il relâcha la pression de sa main l'instant suivant, Bardock repoussa sèchement son étreinte dans un énorme grognement. Il s'envola dans un cri de rage.

« Je m'occupe de lui. Vous avez d'autres choses à penser et à faire. » C'était Piccolo qui venait de se stopper à leur niveau. Son pupille eut à peine le temps de le remercier qu'il s'était déjà envolé à la poursuite du saiyen.

Gohan eut à peine le temps de souffler qu'il dut encore tendre le bras afin d'attraper la cheville de Pan qui s'était envolée à son tour dans la même direction. Il la ramena au niveau de ses yeux, saisissant son bras afin de capter son attention.

« Il va le tuer. » s'écria-t-elle, éperdue.

« C'est toi qu'il vient d'essayer de tuer, Pan ! Reviens à la raison ! Tu ne comptes pas pour lui ! » elle écarquilla les yeux, surprise de la dureté de son père fulminant et de ses paroles qui la toucha encore plus. « Un membre important de notre famille vient de mourir ! Tu rentres à la maison te préparer et nous partons l'honorer. Lui qui nous a aimé et respecté toute sa vie ! N'est-ce pas plus important ? » elle acquiesça finalement, les larmes aux yeux. Tremblante, elle s'écarta alors de son père et s'envola vers leur maison afin de lui obéir.

Quelques heures plus tard, Bardock s'était finalement arrêté de voler tout azimut, épuisé et éperdu. Piccolo le suivait toujours à distance raisonnable. Ce dernier soupira, constatant que le saiyen avait encore choisit un endroit qu'il connaissait pour se poser : le fameux désert rocheux. Le namek se demandait si il le faisait exprès ou si c'était uniquement son instinct qui le guidait.

Le saiyen était accroupi au milieu des dunes, des rochers et des cratères, regardant dans le vague, les mains enserrant ses tempes. Comment était-ce possible de passer d'un état à un autre comme il le faisait depuis des jours ? Il n'en pouvait plus. Il avait essayé toutes les pistes pour retrouver des sensations familières, pour se sentir comme avant… Avant l'explosion de son monde. Tout était plus facile alors. Mais tout avait disparu. À jamais. Dans un grand geste de colère, il éclata ses poings sur le sol, celui-ci se fissura rapidement et une grande onde de choc s'étala, affaissant le sol autour de lui et allant provoquer l'effondrement des montagnes de pierre avoisinantes. Il sursauta au choc, il ne s'attendait pas à cette réaction en chaine. Il ne savait même plus évaluer sa propre force ? Tout foutait le camp… Un ombre le sortir de son introspection :

« Mon geôlier verdâtre vient m'exécuter parce que j'ai cassé trop de cailloux ? »

« J'aime les paysages terriens. Je n'aurai aucun scrupule à te renvoyer en enfers si tu les détruits trop, effectivement. »

« Il ne tient qu'à vous que ça n'arrive pas. Je veux partir loin de cette planète épuisante, à tous les niveaux ainsi que de ses habitants étouffants avec leurs états d'âme pitoyables, du genre à geindre pour leurs géniteurs, les animaux ou la nature ! »

« La philosophie de vie terrienne est effectivement très complexe pour des êtres ulta-simplistes comme les saiyens. »

« Je m'en fout d'être con. Il vaut mieux être con que fou. Je veux m'en aller. »

Piccolo soupira, décidément les saiyens l'étonneraient toujours. Il pensait vraiment que Bardock se sentirait insulter et voudrait réagir… Le namek essayait de le pousser à bout, il avait rapidement remarqué que Bardock était beaucoup trop dans le contrôle… Ce qui empêchait l'entourage de l'homme et lui-même à se positionner et évoluer. Piccolo n'avait que pour objectif de rétablir une harmonie, avec ou sans le saiyen dans l'équation.

« Tu n'as nulle part où aller. L'inconnu et la solitude t'effrayent. Tu es perdu dans tous les cas. » il attendit la fin du grondement en réponse pour continuer. « Tu n'as peut-être qu'une seule solution : agir maintenant sur ce qui t'oppresse. Quitte à en mourir. »

Il s'éloigna de lui, désirant l'isoler afin qu'il murisse ses ressentiments. Ils étaient multiples et contradictoires, rien ne le satisfaisait : quand il s'isolait de toutes les énergies environnantes, il s'angoissait, quand il captait trop les forces, ça l'énervait. Il repensa alors à toutes ces journées qu'il avait passé depuis qu'il était sur Terre et ne trouva que peu de choses réconfortantes. Tout était tellement mieux avant, ses amis et des combats alternés avec des moments d'oisiveté et de calme sur sa petite planète sèche et sans surprise. C'était ce rythme clair, ces contacts humains-là qu'il aimait. Que devait-il faire pour le retrouver ?

Bardock resta dans ses tourments de longues minutes qui parurent une éternité à Piccolo qui patientait, lévitant en tailleur à une distance raisonnable. Il avait hâte d'en finir avec lui, il voulait rejoindre Son Gohan, celui qui l'avait aidé à aimer cette planète et apaiser son âme. Depuis quasiment toujours, il voulait être auprès de son précieux ami durant les moments douloureux comme celui qu'il était en train de vivre. Sans lui et sa famille par extension, il serait parti depuis longtemps, fusion divine ou non.

Enfin, le saiyen se remit debout, de la poussière coulant de ses deux poings fermés, résultat des pierres qu'il écrasait machinalement durant ses longues réflexions. Les choses s'étaient éclaircies. Il avait repéré ce qui l'empêchait d'être l'être simple et équilibré qu'il était avant. Il avait identifié ce qui le rendait fou, ou plutôt qui. Il décida d'agir. Peu importait les conséquences. À cet instant, être mort valait mieux qu'être fou.

« Je vais la broyer. »

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