J'adore vos retours, ils me font très plaisir. Merci ma Fantomette34, LinetteD, Zeugma412, KikaInLove1 et Mrs Elizabeth Darcy31… La suite pour vous ce soir, j'espère qu'elle vous plaira, avec les pensées de Severus et celles d'Hermione… Bises à toutes et tous, bonne lecture.
Un merci spécial à JKR…
Chapitre 4
Severus sortit du pub, attacha sa cape et transplana dans le couloir d'entrée de chez lui. Il habitait dans un quartier calme du Londres moldu, tout près de Hyde Park. Sa maison était située dans un mews, ces petites rues sans voiture, anciennement des écuries, réhabilitées en habitations. La masure où il vivait encore pendant la guerre avait été détruite par Voldemort, furieux lorsqu'il avait su son rôle auprès de Dumbledore. Severus était plutôt content d'être débarrassé du logis de l'Impasse du Tisseur, située dans une obscure ville ouvrière du nord de l'Angleterre. Il n'y avait que de mauvais souvenirs. Quand il était sorti du coma où l'avaient plongés les médicomages, il avait appris par Minerva qu'il était sans toit. Il avait vécu un temps à Poudlard, officiant à son poste habituel de professeur. Puis il avait eu la proposition d'intégrer Sainte Mangouste comme maitre en potions. Enfin, grâce à la prime allant avec l'Ordre de Merlin qu'il avait reçu et à ses économies, il avait pu faire l'acquisition de cette agréable maison du dix-neuf, Hyde Park Gardens Mews.
Il appréciait la proximité des grands parcs de la capitale anglaise, avec sa variété de végétaux utiles à la confection de ses chères potions. Il aimait se promener dans les allées et les sous-bois le matin de bonne heure ou tard le soir pour récolter les plantes au moment propice.
Penser aux potions amena naturellement ses réflexions sur le sujet Hermione Granger. Mentalement, elle n'avait pas changé… Toujours volontaire et curieuse. Par contre, physiquement… La transformation en adulte d'Hermione Granger faisait oublier à Severus l'élève qu'il avait eu devant lui pendant six ans. L'agacement qu'il avait ressenti en voyant son nom sur la liste des infirmières était dirigé contre la Miss-Je-Sais-Tout. La femme qui s'était présentée devant lui au lendemain de son retour de vacances, n'avait rien de commun avec l'adolescente énervante du passé. S'il l'avait plus ou moins agressée verbalement, c'était plus par habitude que par réelle antipathie.
Sans en avoir l'air, il l'avait observée au pub, tout à l'heure, et l'avait trouvée tout à fait en phase avec son métier, épanouie et rayonnante. Quoique un peu troublée… Brillante, cela n'avait jamais fait aucun doute, intelligente, enthousiaste et pleine d'empathie. Elle avait travaillé à leur projet sans rechigner, en toute bonne foi. Il pouvait dire, avec surprise, qu'ils s'étaient très bien entendu et leur tâche avait été menée de mains de maîtres. Il avait le sentiment du travail bien fait.
Il avait failli s'étrangler de rire lorsqu'elle avait suggéré qu'un homme pourrait l'attendre à son foyer. Ainsi, elle semblait penser qu'il était gay… Il n'avait pas jugé bon de la détromper, pressentant qu'il pourrait s'amuser un peu à ses dépens. Ce ne serait que le juste retour des choses après les années pendant lesquelles elle l'avait exaspéré. Il la laisserait mariner un peu avant de lui faire comprendre qu'il était amateur de femmes. Même s'il n'avait pas eu une multitude d'expériences, il comptait tout de même quelques aventures agréables à son actif, dont la dernière remontait à plusieurs mois. C'est fou ce qu'un homme considéré comme un héros pouvait attirer la gent féminine, même avec un physique ingrat comme le sien ! Il en profitait allègrement dès qu'il en avait l'occasion et pouvait même se permettre une sélection. Il «prenait» les plus jolies…
Il avait appris à compenser sa laideur, somme toute relative, par une capacité indéniable à donner du plaisir. Celles qui avaient partagé son lit en était ressorties pleinement satisfaites et avec une seule idée en tête : y retourner. Il appréciait les hommes pour discuter et les femmes pour se détendre. Principalement dans un lit pour ces dernières.
En pensant à elle, il ne put s'empêcher de trouver Granger bien appétissante. Il en ferait bien son quatre heures… Pour une fois qu'il était réellement attiré par une femme, il s'agissait probablement de la seule qui ne voudrait pas de lui. Des années de moqueries et de sarcasmes rendaient tout espoir vain.
Malgré tout, il pressentait un attachement de la part de la jeune femme. Il n'avait pas oublié ses larmes, deux jours auparavant. Le revoir alors qu'elle le croyait mort l'avait bouleversée. Vraisemblablement éprouvait-elle de la culpabilité pour l'avoir laissé dans la cabane hurlante, ce fameux jour. Peut-être pourrait-il jouer là-dessus pour la côtoyer… Son esprit Serpentard se mit en marche.
Granger était de ces personnes dévouées aux autres. Nul doute qu'il saurait jouer sur la corde sensible, l'homme malheureux qui avait tout perdu, son amour, sa maison, presque sa vie. Le héros solitaire et mal-aimé qu'il était, avait toutes les chances de s'attirer les bonnes intentions de l'infirmière. Ça pourrait devenir amusant de voir jusqu'où elle était prête à aller pour lui rendre la vie plus agréable.
Il se servit un verre de Whisky Pur Feu et le sirota en se préparant un plateau avec du pain, du beurre, du jambon, du fromage et un verre de vin rouge. Un semblant de sourire se fixa au coin de ses lèvres fines. Si au cours de ses futures rencontres avec Miss Granger, il réussissait sur un malentendu à la mettre dans son lit, ce serait la cerise dans son jus de citrouille…
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Hermione demeura songeuse plusieurs minutes. Elle repassait la soirée dans sa tête et était surprise d'avoir réussi à donner le change. Apparement, le maître des potions ne s'était pas aperçu de ses moments d'absence. Plusieurs fois au cours de leurs échanges sur les potions, elle était restée fixée sur les lèvres fines de Snape, semblant les découvrir. La voix qui s'en échappait la maintenait aussi dans un état quasi hypnotique. Sa tonalité de baryton, sans colère ni énervement, était d'une richesse et d'une profondeur qui l'ensorcelaient. Elle aurait pu passer des heures à l'écouter.
Le serveur qui se dressa devant elle la fit sursauter. Avec un sourire, il lui demanda si elle voulait un autre verre, ce à quoi elle répondit par l'affirmative, commandant en même temps une salade au poulet grillé. Autant manger avant de rentrer…
La jeune femme se demanda ce que pouvait bien faire Severus Snape, chez lui le soir. Probablement dinait-il et se plongeait-il dans un livre… Elle ne le voyait pas regardant la télévision ou surfant sur internet. Il ne devait pas son érudition aux moyens modernes moldus mais aux livres. Elle se souvenait avoir bavé d'envie, un jour qu'elle était allée dans son bureau, au fond des cachots pour rendre un devoir. Un bref coup d'œil par l'ouverture de la porte lui avait laissé entrevoir des murs tapissés de bouquins. Elle n'avait pas eu le temps d'en voir beaucoup plus car, sitôt le devoir entre ses grandes mains, il lui avait claqué la porte au nez.
Si elle avait un jour douté de son savoir, ce qu'elle n'avait jamais fait, elle aurait eu ce soir la preuve de ses connaissances et de ses compétences. Oh, elle savait pertinemment que son titre de Maître en Potions n'était pas usurpé. Pour avoir été pendant six ans son élève, elle pouvait contester ses méthodes pédagogiques… Par contre, sa science des potions était, assurément, infinie. Et il était indéniable qu'il adorait ça. Elle n'avait pas été sans remarquer sa verve, ses yeux noirs brillants, ses gestes calmes et précis, son écriture élégante pour écrire la liste.
Son écriture élégante…
Tout comme sa démarche, sa posture. Elle se remémorait ses déambulations dans les couloirs de Poudlard, sa cape volant derrière lui alors qu'il arpentait les corridors à longues enjambées, lui valant le surnom de « chauve souris des cachots ». Physiquement il n'avait pas changé. Toujours la même stature droite et fière, ses mouvements gracieux sans être précieux. Par contre ses cheveux semblaient moins gras et ses dents plus régulières et moins jaunes que par le passé. Peut-être s'était-il lancé un charme… Non, ce n'était pas le genre.
Hermione se sentait frustrée. Elle ne pensait pas passer un moment avec lui aussi tôt. Elle avait été surprise qu'il accepte aussi facilement un rendez-vous avec elle dans un pub. Tellement surprise qu'elle en avait perdu ses moyens en le retrouvant et l'avait laissé mener la conversation. Sans lui permettre de prendre la main sur la discussion et s'enquérir sur ses projets ou ses envies. Tout était à refaire et elle n'était pas sûre de réussir à l'entraîner une nouvelle fois au bar…
Sa salade terminée, elle se rendit au comptoir, régla sa note et sortit pour transplaner chez elle. Elle se coucha en soupirant. Allons, demain serait un autre jour et sans doute parviendra-t-elle à reprogrammer une soirée avec Severus…
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Fidèle à elle-même, Hermione arriva en courant dans le hall de l'hôpital. En retard de seulement quelques minutes cette fois, elle ne perdit pas de temps à discuter avec Dolly et s'engouffra dans la première salle d'examen. Le docteur Jillianson se montra particulièrement odieux et tyrannique lors de la tournée des hospitalisés. À tel point qu'Hermione se sentit sur le point d'exploser et de lui dire ses quatre vérités. Elle réussit néanmoins à se contenir, elle tenait à sa place.
C'est rouge de colère qu'elle croisa le Maître des Potions à la fin des visites des malades. Celui-ci haussa les sourcils devant l'air revêche de l'infirmière.
— Un problème Granger ? fit-il narquois.
— Faites-moi penser à écrire au Ministère pour faire intégrer au cursus des médicomages, des cours de civilité et de respect ! bougonna-t-elle.
— Quel est le problème avec Jillianson ?
— C'est lui le problème ! Lui et sa supériorité infecte. Il ne serait rien sans les infirmières et il ne s'en rend même pas compte !
— Et bien, ronronna-t-il, la journée a bien commencé, dirait-on. Moi qui voulais vous rendre votre invitation ce soir, je vais plutôt attendre que vous soyez calmée. D'ici peu, vous en aurez après les maîtres en potions…
Hermione soupira.
— Je suis désolée de vous imposer ma mauvaise humeur Severus. Je vous rassure, je n'ai rien à vous reprocher. Enfin, pour l'instant, fit-elle mutine.
Le rictus moqueur qui fleurit sur les lèvres de Severus l'amusa.
— Je serais ravie d'aller boire un verre avec vous ce soir. Ça me détendra…
— Alors à dix-neuf heures au même pub ?
— C'est d'accord ! À tout à l'heure… Oh, puis-je vous donner ma liste de potions pour demain ?
— Exceptionnellement, que cela ne devienne pas une habitude ! Il est hors de question que je vienne tous les jours à votre bureau pour avoir votre commande !
— Non, bien sûr ! Je m'en voudrais de vous tuer à la tâche, rit-elle. Vous avez avancé dans l'élaboration des remèdes ?
— J'ai des chaudrons qui bouillonnent en ce moment même. Je devrais avoir un bon stock de tout dans deux ou trois jours. Il ne tiendra qu'à moi, ensuite, de le renouveler progressivement pour honorer les demandes.
Hermione le pria de la suivre dans son bureau. Ils entrèrent dans la pièce et l'infirmière s'installa dans son fauteuil pour rédiger sa liste selon ses notes. Pendant ce temps, Severus déambulait en cherchant des yeux des indices sur la vie privée d'Hermione. Il jeta un œil sur une photo inanimée posée sur un classeur métallique, y vit un couple de cinquantenaires, ses parents moldus. Une autre image, mouvante celle-ci, la représentait avec Potter et Wesley, probablement datant de leur sixième année à Poudlard. Une autre sur laquelle il reconnu, avec Miss Granger, l'infirmière d'accueil, Dolly Quelque-chose… Visiblement en Australie puisque les deux jeunes femmes posaient devant le célèbre opéra, reconnaissable à sa toiture en forme de voiles de bateau.
Et c'était tout ! Pas d'homme autre que ses amis d'enfance. Il savait qu'il ne s'était rien passé avec Potter mais qu'elle avait un temps fréquenté le rouquin. Il ignorait combien de temps. Et c'était de toute façon terminé car il avait appris par le balafré que le dernier des garçons Wesley s'était marié en Hongrie.
Visiblement, la place près de Miss Granger était libre et il avait bien l'intention de s'y glisser. Enfin, si elle le lui permettait. Elle l'accueillerait probablement comme un pauvre chaton perdu, ce dont il avait bien l'intention de profiter. Serpentard un jour, Serpentard toujours…
Quand Severus arriva au pub, Hermione était installée à une petite table ronde, devant la cheminée. En approchant, il admira le port de tête de la jeune femme, ses joues rougies par la chaleur de l'âtre, ses cheveux emprisonnés en queue de cheval… Elle parcourait du regard un journal, « le Chicaneur », lut-il quand il fut devant elle. Un demi sourire retroussa le coin de ses lèvres à la vue du mensuel. Il reconnaissait bien là Hermione Granger et sa fidélité en amitié. Nul doute qu'elle était restée en contact avec l'écervelée Lovegood qui avait repris le flambeau de son tout aussi écervelé père.
Hermione leva les yeux sur l'ombre immense qui lui cachait la lumière. Elle sourit au maître des potions alors qu'il s'installait en face d'elle en retirant sa cape.
— Bonne idée la cheminée, Granger. Il fait un froid polaire ce soir.
— En effet, l'hiver est précoce et sévère pour Londres. Heureusement que la Terre se réchauffe, ricana-t-elle.
Severus eut un rictus amusé.
— Alors, votre journée s'est-elle mieux terminée qu'elle n'avait commencé ?
— Oui, heureusement, soupira-t-elle. Je crois qu'un jour je lui volerai dans les plumes, à ce coq arrogant et méprisant.
— Et vous perdriez votre poste. Ce serait dommage, non ?
L'infirmière fit une grimace.
— Oui, c'est vrai, il n'en vaut pas la peine. Mais franchement, il est insupportable !
— Réellement ? Autant que moi ?
Hermione haussa les sourcils.
— Vous cherchez les compliments Severus ? s'esclaffa-t-elle. Je vous assure que vous ne lui arrivez pas à la cheville ! Même lors de mes années d'études, vous ne vous êtes pas montré aussi déplaisant. Moqueur, sarcastique, acerbe, dur, certes ! Mais pas injurieux ni odieux comme lui.
— Diantre ! Moi qui espérais avoir été le professeur le plus haï de Poudlard !
— Oh ! Vous l'étiez, vous avez bien fait en sorte qu'il en soit ainsi… Pour ma part, je ne vous haïssais pas. Je vous admirais, au contraire.
Le laborantin haussa un sourcil.
— Oui, oui, reprit la jeune femme. J'admirais votre savoir, vos compétences. Vous étiez pour moi l'un des sorciers les plus doués et puissants de notre monde. Juste derrière Dumbledore, le plus grand.
— Tient donc ! Et le Seigneur des Ténèbres ? Je vous prie de croire qu'il m'était supérieur.
— Pas du tout ! C'est vous qui l'avez berné pendant des années ! Grace à vos talents d'occlumens et votre discernement vous avez réussi à le faire tomber. Sans vous, sans tout le travail et les missions que vous avez réalisés pendant des années, jamais nous n'en aurions été débarrassé.
Severus se contenta de la regarder dans les yeux, ne sachant quoi dire. Il était surpris et assez ému par cette déclaration. Il n'en montra rien, évidement, mais cela lui fit chaud au cœur. Pour la première fois depuis des années, il se sentit valorisé. Comme lorsqu'il était jeune garçon, ami de Lily Evans, sa petite voisine à qui il avait révélé être une sorcière. Il lui avait appris des sorts simples et elle le regardait avec cette même lueur dans le regard, cette même admiration. Merlin, qu'il se sentait bien !
Hermione, quant à elle, était étonnée de l'absence de réaction de son ancien professeur. Il avait l'air incrédule, ses yeux noirs étaient fixés sur elle, semblant lire dans son esprit. Et c'était peut-être bien ce qu'il était en train de faire ! Ce léger frémissement dans sa boîte crânienne, cette intensité du regard…
La jeune femme se tut, attendant une réaction de sa part alors qu'elle laissait échapper de sa conscience ce qu'elle pensait de lui.
Severus était intérieurement stupéfait. Elle n'avait pas menti en déclarant qu'elle l'admirait pendant sa scolarité. Il est vrai que contrairement à Potter ou Wesley, elle ne s'était jamais montrée arrogante ou méprisante avec lui. Il s'insinua un peu plus dans les tréfonds de son âme. Ce qu'il décrypta lui confirma qu'elle le croyait homosexuel. Puis soudain il capta une chose qui le laissa pantois. Hermione Granger le… désirait !?
Un discret sourire se posa sur les lèvres du maître des potions. Mettant de côté pour l'instant la legilimencie, il se contenta d'analyser son comportement. Visiblement, elle n'en était pas à son premier verre. Ses yeux étaient brillants, son sourire un peu trop vif et elle n'osait le regarder en face. Le rouge sur son visage n'était pas seulement dû à la chaleur de la cheminée. Le Whisky pur feu lui enflammait les joues et lui déliait la langue, ou plutôt le cerveau…
— Alors dites-moi, commença Severus, comment se déroule une soirée type pour Hermione Granger, héroïne de guerre et infirmière célibataire ?
La jeune femme eut un sourire crispé.
— Il n'y a pas de soirée type. L'avantage d'être célibataire, c'est que je suis libre de mes mouvements et ouverte à toutes opportunités de sortie. Quelques fois, je sors boire un verre avec des collègues, ou avec Harry et Ginny, quand ils peuvent faire garder les enfants, ainsi qu'avec d'autres amis. Sinon, je regarde la télévision ou je surfe sur internet.
— Pas bien passionnant tout ça…
— Oh ! s'amusa Hermione. Parce que vous, vous avez une vie sociale trépidante ?
Severus eut la bonne grâce de sourire.
— Pas plus qu'à Poudlard ! Mais c'est mon choix. Ma propre compagnie me comble. J'aime être assis dans mon fauteuil, au coin de ma cheminée, à siroter un Whisky en lisant un bon livre. Je n'ai aucun attrait pour autre chose.
— Pourtant vous êtes un homme encore jeune ! Vous devez bien avoir des…besoins. N'avez-vous pas envie de partager vos soirées avec un compagnon qui aurait les mêmes goûts que vous ?
Le potionniste retint un éclat de rire.
— Oui… fit-il mine de réfléchir. Ce ne serait pas désagréable… Quoique…
Il laissa sa phrase en suspend.
— Quoique ? le pressa Hermione.
— Je ne suis pas persuadé qu'un « compagnon » à demeure comblent tous mes besoins, comme vous dites. Je ne suis pas sûr…
Encore une fois, il ne termina pas sa phrase, semblant réticent à se confier à la jeune femme. Et celle-ci tomba dans le panneau.
— Vous n'êtes pas sûr de… vos préférences ?
Elle chercha à déchiffrer le beau regard sombre mais n'y vit aucun indice sur ses pensées. Elle leva le bras pour que le serveur leur apporte une autre tournée, pressentant qu'il avait besoin d'un coup de pouce. Elle attendit que le jeune homme se soit éloigné pour se pencher vers son ancien professeur et murmurer :
— Dites-moi ce que vous attendez de celui qui partagerait votre vie, Severus.
—Et bien… que cette personne ait les mêmes centres d'intérêts que moi, le même goût pour le calme, la lecture, les potions… et le sexe.
Hermione faillit s'étouffer avec sa gorgée d'alcool. Décidément, ce breuvage était très fort.
— Qu'y a t-il Granger ? Vous pensez que je suis un être asexué ? sans désir ? sans envie ? qui ne fait jamais l'amour ?
Il fut satisfait par le visage cramoisi en face de lui. Il lui asséna le coup de grâce.
— J'aime le sexe Granger. À en croire mes partenaires, je suis même plutôt doué. Personne ne s'est jamais plaint de mes performances et beaucoup en redemandent, susurra-t-il de sa voix de baryton.
Hermione se trémoussa sur sa chaise. Imaginer le maître des potions au lit, en pleine action, l'émoustillait. La longue période d'abstinence involontaire qu'elle subissait se rappelait à elle et sa frustration atteignait à ce moment des sommets. Elle finit son verre cul-sec puis relança une tournée…
