Un nouveau chapitre pour vous et pour moi l'occasion de vous remercier pour vos commentaires. C'est un pur bonheur ! Je rappelle que rien n'est à moi sauf quelques personnages et l'histoire. Merci à notre géniale inspiratrice et à son génial personnage, Severus… Bonne lecture, je vous embrasse. Merci à Fantomette34, Zeugma412, LinetteD, Mrs Elisabeth Darcy31, DGBA, KikaInLove1, Ana, Silverbetterfly209…

Chapitre 6

Severus sentait une légère migraine poindre à sa tempe droite. Il tressaillit en entendant soudain un cri aigu suivi d'un « Ma chérie » perçant. Une bouffée de parfum à dominance musquée l'assaillit, lui faisant plisser son grand nez délicat. À la vue de l'homme qui venait de se jeter sur Granger, il soupira. « Très discret » avait-elle dit… Un sourcil noir se haussa tandis qu'il détaillait son vis-à-vis. Grand, charpenté, typé tahitien, Paul arborait un piercing au sourcil gauche, des jeans noirs moulants, une chemise blanche agrémentée d'une cravate rose, elle-même assortie à un gilet de soie. Une veste noire complétait l'ensemble qui lui allait parfaitement, il fallait bien le reconnaître.

Les mains manucurées tenaient Hermione par les épaules alors qu'il l'embrassait sur les deux joues. Puis il se tourna vers Severus. Alors il siffla…

— Mimiiiie, présente-moi ce fascinant personnage, minauda-t-il tout en faisant courir un regard admiratif et gourmand sur ce qu'il voyait du maître en potions.

— Paul ! sourit l'infirmière, arrête un peu ton cinéma. J'ai dit à Severus que tu étais simple. Pas besoin de spectacle avec lui.

Aussitôt, le comportement et la physionomie du jeune homme changea.

— Ok, fit-il avec un sourire.

Puis il tendit la main à celui qui lui faisait face.

— Je m'appelle Paul Cogann, je suis ravi de vous rencontrer Severus.

La poigne était ferme, franche et le grand sorcier apprécia. Il inclina la tête en guise de salut.

— Bonsoir Paul. Severus Snape. Comment vous êtes-vous rencontrés ? Il n'y a pas si longtemps que Miss Granger est revenue en Angleterre.

— Oh, mais Mimie et moi, nous nous connaissons depuis plusieurs années. J'ai eu un accident il y a sept ans à Melbourne et j'ai atterri entre les délicates mains de cette jeune femme. Elle m'a soigné et nous sommes devenus amis. À chacun de mes voyages en Océanie, nous nous retrouvions pour passer quelques jours ensemble. J'ai été très heureux d'apprendre qu'elle revenait au pays. Nous pouvons ainsi nous voir beaucoup plus souvent.

Hermione se leva en leur disant qu'elle devait aller aux toilettes et s'éloigna en titubant légèrement. Paul la suivit des yeux en souriant mais son sourire disparut en se tournant vers le laborantin.

— Maintenant, jouons cartes sur table. Vous n'êtes pas plus homo que moi hétéro. Alors à quoi rime tout ça, Monsieur Snape ? gronda le jeune homme.

L'interpellé leva les mains en signe d'apaisement.

— C'est vrai Paul, je ne suis pas gay. Hermione s'est mis ça en tête et cherche à m'aider à trouver mon âme sœur.

— Pourquoi ne pas l'avoir détrompée ?

— J'avoue avoir trouvé cela amusant au départ. Puis je me suis dit que ça pourrait nous rapprocher, nous faire passer du temps ensemble, pendant lequel elle finirait bien par s'apercevoir de son erreur…

— Sauf qu'elle s'obstine dans son idée, soupira Paul. Je la reconnais bien là. Mais expliquez-moi pourquoi vous voulez passer du temps avec elle ?

Severus fixa le garçon dans les yeux.

— Parce qu'elle me plait, affirma-t-il.

— Elle vous plait pour une partie de jambes en l'air ou pour plus ?

La question directe ne surprit pas le potionniste. Il avait compris que Paul cherchait à protéger son amie. Il eut un geste vague de la main.

— Je n'en sais rien. Comment le savoir d'ailleurs ? Évidemment que je la veux dans mon lit ! Alors peut-être serait-ce le prélude à quelque chose de plus sérieux…

— J'apprécie votre honnêteté Severus. D'ailleurs je n'en espérais pas moins de vous. Je vous connais, vous savez ? Tout au moins j'ai entendu parler de vous et de votre histoire, il y a quelques années. Notre monde est petit. Votre rôle dans la guerre est connu et célébré. Je sais que vous êtes un puissant sorcier, un homme d'honneur mais aussi quelqu'un d'assez renfermé, taciturne, secret.

— J'aime la tranquillité. Croyez-moi, quand on a traversé ce que j'ai vécu, on aspire à la paix et à l'oubli. Sans pour autant vouloir renoncer aux bonnes choses de la vie.

— Et les femmes en font partie, sourit l'autre.

— Assurément, plus précisément Hermione Granger. Elle revient…

— Je vais jouer le jeu Severus. Mais gare à vous si vous lui faites du mal… eut le temps de prévenir le jeune homme.

Aussitôt il reprit une posture plus en accord avec son personnage. Curieux phénomène, pensa Severus. Côté pile un garçon enjoué, ne cachant pas ses préférences, toujours en représentation. Côté face un homme profond, sincère, gagnant aussi à être connu pour cette autre facette. Et ces deux personnalités cohabitaient sereinement en Paul.

— Alors les garçons, vous avez fait connaissance ? s'exclama Hermione, ragaillardie par son passage aux toilettes.

Severus eut une grimace en s'entendant qualifier de « garçon ». Il avait largement passé l'âge ! Paul lui lança un regard éloquent, semblant s'être fait la même réflexion.

— Oui ! s'écria le plus jeune. Nous venons même de décider de sortir en boite et je sais où nous allons passer une soirée. Quand seriez-vous libre tous les deux pour une virée au XXL ?

Les trois amis s'accordèrent sur un vendredi soir, deux semaines plus tard. Ils décidèrent de se quitter à ce moment-là ; il commençait à se faire tard et ils travaillaient tous le lendemain. Ils gagnèrent une petite rue tranquille et chacun transplana vers son chez-soi.

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Quand Hermione arriva à l'hôpital, Dolly ne fit aucune remarque sur son retard ni sur la trace de l'oreiller qui lui barrait la joue. Elle en avait l'habitude et tout en étant amusée, s'inquiétait pour son amie et son déficit de sommeil.

Après l'avoir saluée, Hermione s'empara du dossier des patients en attente de soins et commença à se rendre dans le premier box.

— Hermione ! l'interpella-t-elle. Il y a un message pour toi de Maître Snape…

La jeune infirmière haussa un sourcil. Qu'avait-il donc à lui dire si peu de temps après s'être vus ? Elle revint sur ses pas pour prendre la note. Elle ouvrit le pli et eut un petit soupir de dépit en en prenant connaissance. Son ancien professeur lui demandait de passer le voir le plus rapidement possible pour résoudre un problème sérieux. Que se passait-il donc ? Était-ce en relation avec la soirée de la veille ? Ne voulait-il plus qu'elle s'immisce dans sa vie ? Peut-être à cause de Paul… ?

Elle remercia sa collègue d'un sourire et se rendit en salle de soin. Une heure et demie plus tard, elle frappait à la porte du laboratoire, un peu anxieuse. Quand la porte s'ouvrit sur le grand potionniste, elle redressa les épaules, prête à subir ses foudres.

Il l'invita à entrer d'un geste avant de refermer la porte derrière elle. Prenant une profonde inspiration, elle dit d'une petite voix :

— Bonjour Severus. Que se passe-t'il ?

— Ça ! gronda-t-il en lui montrant son index.

Ne comprenant pas, Hermione ouvrit de grands yeux. Il était pâle et une grimace de douleur déformait son visage.

— Qu'est-ce que c'est ?

Le Maître des potions haussa les siens.

— Mais vous ne voyez rien par Merlin ! Comment allez-vous m'enlever cette énorme écharde si vous ne la voyez pas ?

Hermione s'approcha et faillit éclater de rire. Effectivement, un minuscule point noir au bout de l'index droit du laborantin ressemblait à une écharde. Mais de là à dire qu'elle était énorme…

— Hum hum… Bien… Je vois…

La jeune infirmière retint un sourire d'autant que le grand homme semblait souffrir le martyr.

— Avez-vous une aiguille, Severus ?

— Qu'est-ce que vous croyez ? Que je me promène avec ma boîte à couture ? Non, je n'ai pas d'aiguille ! Et je vous défends de rire ! Ça fait un mal de chien…

— Je n'en doute pas… Comment vous êtes-vous fait ça ?

— Sur une étagère de la réserve.

— Bon, je vais chercher une aiguille, je reviens.

Dans le couloir, Hermione ne put retenir un rire incrédule. Comment cet homme immensément courageux, qui avait subi les infâmes traitements du Seigneur des Ténèbres, survécu à la morsure d'un horrible serpent, pouvait-il être près de s'évanouir à cause d'une minuscule écharde ? Les hommes étaient-ils si douillets ? Et pourquoi n'avait-il pas résolu le problème d'un Sort ?

La jeune femme revint bientôt avec le matériel nécessaire à l'extraction de la poutre fichée dans le doigt de Severus. Celui-ci subit l'opération bravement, et sembla respirer plus librement alors qu'Hermione désinfectait la terrible blessure et la recouvrait d'un pansement.

Sans s'en rendre compte, la jeune infirmière garda la main de Severus dans la sienne, admirant ses longs doigts fins, ses ongles coupés courts, ressentant les callosités des bouts de doigts et de la paume de la main, stigmates des années passées à couper, râper, trancher divers ingrédients utiles aux potions.

Severus retenait son souffle. Il gardait les yeux fixés sur Miss Granger, appréciant son petit nez retroussé et ses minuscules taches de rousseur, sa peau fraiche, ses lèvres pleines et ses cheveux soyeux emprisonnés en queue de cheval, à son habitude.

Dans un raclement de gorge, Hermione lâcha la main qu'elle tenait et se détourna pour cacher son émoi. Il l'avait laissée faire, ne s'était pas dégagé. Que pensait-il ? Elle avait senti son regard sur elle…

Elle se racla la gorge.

— Expliquez-moi quelque chose… Pourquoi ne pas avoir utilisé un sort pour enlever cette vilaine écharde ?

Il la regarda comme si elle était folle.

— Vous ne savez pas les risques de lancer des sorts dans un laboratoire Granger ? Pas étonnant que vous ne soyez pas devenue maitresse en potions…

L'interpellée se maudit de n'avoir pas réfléchi avant de poser cette question idiote. Bien évidemment que dans l'élaboration de potions, l'utilisation de sorts était à proscrire pour ne pas risquer d'incidents. Elle éluda la critique et lança :

— Je retourne travailler… Si vous vous sentez mal, appelez-moi, lui lança-t-elle moqueuse.

— Ça ira Granger ! Fichez-moi le camp !

Alors qu'elle refermait la porte derrière elle, elle entendit :

— Merci Hermione…

Avec un sourire, elle s'éloigna dans le couloir, le cœur en fête. Sa mine réjouie fit plaisir à Dolly. La rousse la héla :

— Et bien ! Il a l'air d'avoir été agréable, le rendez-vous avec le terrible maître Snape !

Hermione éclata de rire. Elle entreprit de raconter à sa collègue l'agonie du grand professeur. Les deux amies furent prises d'un fou rire irrépressible. Finalement, le froid potionniste avait un point faible : il pouvait être douillet comme un petit enfant.

— Je le trouve attendrissant, en fait. Lui qui a subi tellement d'épreuves, se montrer démuni face à une écharde le rend beaucoup plus abordable.

Dolly eut un ricanement.

— Autant qu'un Pit Bull… Fais attention à toi, il fait semblant d'être tout doux pour mieux te croquer…

— Et qui te dis que ça ne me plairait pas d'être croquée par lui ? murmura Hermione.

La rouquine ouvrit de grands yeux.

— Quoi ? Il te plait ?

— Je ne sais pas… Il ne me plait pas vraiment mais… comment dire ? Si je fais abstraction des années d'école et de sa propension à être désagréable, j'avoue que physiquement, il ne me laisse pas indifférente.

— Ouais… Il est vrai qu'il est assez intéressant… Une attitude droite et fière, des gestes mesurés, gracieux sans être efféminés, il est très classe je trouve. Dommage que sa belle voix ne prononce pas beaucoup d'amabilités… Il a aussi un regard envoutant. J'ai rarement vu des yeux aussi noirs. Ils sont magnifiques. Il me plait bien aussi, finalement.

Hermione regardait son amie, les bras croisés, les sourcils froncés, les lèvres pincées.

— Dis-donc ! Tu oublies que tu es mariée ? Depuis quand as-tu repéré le professeur Snape ?

Dolly éclata de rire.

— La jalousie est un vilain défaut Hermy ! Ne t'inquiètes pas ! Je te le laisse Ton Severus ! Je suis très amoureuse et très heureuse avec Mike.

Hermione haussa les épaules en saisissant des dossiers et s'en alla au premier étage pour l'habituelle distribution des potions. Dolly sourit en l'entendant bougonner : «C'est pas Mon Severus »…

En sortant de son travail, la jeune sorcière eut la bonne surprise de recevoir un appel de ses parents sur son téléphone portable moldu. Cela faisait trois semaines qu'elle ne les avait pas vus puisqu'ils étaient partis en croisière dans les Caraïbes. Elle répondit avec joie à leur invitation à diner pour le soir même.

Quand elle arriva chez Emma et John Granger, une délicieuse odeur de rôti et de tarte aux pommes flottait dans l'air. Elle serra ses parents dans ses bras et écouta le récit de leurs vacances d'une oreille inattentive. Voyant qu'elle était ailleurs, sa mère s'enquit :

— Tout va bien ma chérie ?

— Oh… Oui maman, ne t'inquiètes pas. Je suis un peu distraite. Je suis heureuse que vous ayez passé de bons moments.

— Dis-moi ce qui te préoccupe, avança Emma. Je vois bien que tu es dans la lune. Tu as rencontré un beau jeune homme ? sourit-elle.

À ces mots, son père leva la tête de son journal.

— Oui et non. J'ai retrouvé quelqu'un. Un homme que je croyais mort depuis la bataille finale…

— De qui s'agit-il ? demanda John.

— De Severus Snape, notre professeur de potions et des forces du mal…

— Celui qui a tué Dumbledore, le mangemort qui a été réhabilité après sa mort ? Il est vivant ? s'étonna John.

— Oui, c'est bien lui. Il avait en fait avalé un bézoard, pour contrer le venin du serpent avant l'attaque et a réussi à boire des potions avant de perdre connaissance, après notre départ.

— Oui, je me souviens de ce que tu nous a raconté. Tu étais retournée chercher son corps mais il avait disparu.

— Minerva McGonagall l'avait trouvé et emmené à l'hôpital…

— Mince alors ! Quelle histoire ! Où est-il alors ?

— Il tient le laboratoire des potions de Sainte Mangouste !

— Tu le vois souvent donc… observa sa mère.

— Oui, assez souvent… Nous… nous avons prévu de sortir un soir, avec Paul…

— Mais c'est génial ! Euh… il me semble me souvenir que cet homme était assez difficile, je me trompe ? s'inquiéta Emma.

— Il a un caractère fort et entier mais c'est quelqu'un de droit, honnête et profondément respectueux. Il est aussi très intelligent et cultivé. Il excelle dans son art des potions.

Sa mère pencha la tête, regarda sa fille et eut un petit sourire discret vers son mari. Tous deux pensaient la même chose. C'était la première fois que leur fille leur parlait d'un homme en termes si élogieux. Il devait avoir près de 20 ans de plus qu'elle mais ils savaient que pour les sorciers, une différence d'âge pareille équivalait à cinq ou six ans chez les moldus.

Le sujet fut clos. La famille Granger apprécia cette soirée de retrouvailles, l'amour qu'ils se portaient se lisait dans chaque geste, chaque regard.